Tu avances et tu recules, comment veux-tu que je t’en(ta)cule ?

Double programme #4 : Angel of Darkness, suivi de Heroine Tentacle Insult.
(assister au double programme #3)

Un double programme un peu spécial aujourd’hui, puisque je vais parler non pas de films mais de séries de films. Ce ne sont donc pas moins d’une douzaine de films qui vont vous passez devant les yeux ! Vous êtes gâtés !
Et comme promis il sera question de tentacules ! Ouéééé !

Note 1 : Je consacre une nouvelle fois mes efforts sur les films live. Pas que je boude les films d’anim’ (peut-être même que je leur consacrerai un prochain article ; en attendant, lisez Drink Cold), au contraire je suis un esthète averti et apprécie en tant que tel les possibilités qu’offre l’animation. Mais faut avouer que je suis également plus réac qu’otak’, donc convaincu que 3D>>>2D et que (c’est vrai quoi !) des vrais nénés barbouillés de lotion par des tubes d’aspirateurs recouverts de caoutchouc, ébé c’est plus inspirant que n’importe quel dessin sur celluloïd.

Note 2 : le débat fut âpre à la rédaction de l’Insecte Nuisible, mais j’ai décidé de m’en tenir ici au soft-porn. Si je voulais faire du teasing je dirais que c’est pour mieux parler de hard la prochaine fois mais faut avouer que le hard, même avec des tentacules, y a pas des masses de chose à en dire (mis à part quelques observations fort pertinentes du genre qu’il faut attendre l’épisode 7 de Touch of Tentacle Orgasm pour enfin voir une double pénétration, alors que c’est la première chose à laquelle on pense et que scrogneuhgneuh ça devrait pas poser de problème à un monstre tentaculaire d’outre-dimension). Enfin, y a un peu de mosaïques dans la deuxième partie, c’est donc qu’il doit y avoir quelque chose à mosaïquer, mais on va dire que l’intérêt n’y est pas uniquement du va-et-vient en cavité humide.

Angel of Darkness 4 (Hattori Mitsunori, 1995)

On commence en douceur avec un classique, adapté de l’anime du même nom, cinq films vidéo tournés entre 94 et 96 par Hattori Mitsunori (illustre inconnu, mais j’apprends qu’il fut assistant réal sur Face of a Fig Tree) et Shimizu Atsushi (dont on avait déjà dit beaucoup de bien du segment de Ten Nights of Dream)(un peu moins son épisode du Umezu Kazuo’s Horror Theater, d’ailleurs on vous en a pas parler). Il s’agit globalement d’honnêtes séries Z, même s’il faut préciser que leur réputation en tant que film de tentacules est un tantinet usurpée, ou plutôt trompeuse : s’il y a effectivement des tentacules (l’honneur est sauf) et des scènes érotiques, ces dernières sont souvent « traditionnelles » et d’une manière générale ces films considèrent les tentacules dans un registre horrifique plus qu’érotique.
De toute façon, quand on pense que 1/ une des marque de fabrique de Angel of Darkness c’est que pendant les scènes tentaculaires l’écran devient tout vert avec des ralentis et du flou (parfois même des stroboscopes !) et 2/ les tentacules sont très cheap (parfois seulement deux ! un peu limite pour à la fois assurer le maintien de la victime et la chatouiller comme il se doit), on se dit que de toute manière on voit un peu rien durant ces scènes. Ça ne rend pas forcément les films pires qu’il ne le sont, mais vous voilà prévenus : l’érotomane y trouvera un petit sentiment de « on s’est fait avoir » et leur préférera sans la moindre hésitation La Blue Girl (films qui, faut-il le rappeler, sont très très chouettes).
La recette de base de Angel of Darkness ce sont – en plus des démons qui prennent possession des esprits faibles et les rendent fous de sexe et de sang – des lycéen(ne)s et leurs profs. Dans le premier (réalisé par Hattori) c’est un prof, chargé de rondes nocturnes afin de s’assurer que les élèves ne se prostituent pas, qui se découvre être un démon trucideur de jeunes filles en fleur. C’est le plus mauvais de tous, malgré le fait que cela soit le plus érotique.
Le deuxième (Shimizu) est bien moins branquignol, il est même plutôt sympa avec quelques moments nawak (le démon qui sort un truc du genre « avale mon salami »), mais on n’y trouve malheureusement aucun viol tentaculaire ! Y a de la lesbienne donc on lui en voudra pas trop, mais quand même. Le troisième (Hattori) enchaîne direct à la fin du deuxième, et a la bonne idée de rajouter à la recette de base une infirmière et un curé. Résultat des courses, le film (persistant sur la pente « horrifisante » de la série) s’achève en gros bis de L’Exorciste, avec la gamine attachée sur le lit et le prêtre qui s’excite dessus pour faire sortir le démon.
Le quatrième film (Hattori encore) repart sur une nouvelle histoire mais garde la teinte religieuse introduite par le troisième épisode dans une intrigue foisonnante et pas si conne que ça. Bon, série Z oblige, ça reste très vite expédié ; ce qui est presque dommage. On y trouvera quand même quelques joyeuses bizarreries, comme une bonne soeur embrochée par un paratonnerre ou des flashback tourné dans un pseudo style expressionniste allemand. Sans oublier que, pour une fois, ce sont les hommes qui sont abusés par les tentacules ! (enfin, jusqu’à ce que le réal se dise que ça serait pas mal que les femmes, pourtant les succubes démoniaques de l’histoire, en profitent à leur tour)

Angel of Darkness 5 (Shimizu Atsushi, 1996)

Mais rien de tout ce qui précède – des petites séries Z pas forcément mémorables – ne pouvait préparer le spectateur persévérant à ce festival de déviance cinématographique qu’est Angel of Darkness 5 (mis en scène par Shimizu). La preuve que de temps à autre un film, grâce à un scénario malin, une mise en scène bien sentie et (pour faire court) d’excellentes idées, peut faire oublier sa production design inexistante, sa photographie de boulard 80s, ses codes visuels et sonores bien kitch hérités des épisodes précédents, ses acteurs à coté de leurs pompes et (pour faire court encore une fois) son budget inférieur au salaire journalier d’un chômeur Sierra-Léonais.
Il est cette fois question d’une lycéenne (encore !) aux prises avec un professeur fou proposant des cours du soir d’un genre bien particulier : pas de leçons, mais des séances d’hypnose avec des images subliminales. Le problème, c’est que les élèves bénéficiant du traitement se mettent à fantasmer sur tout ce qui bouge, à faire des rêves bizarres avec des tentacules dedans, à devenir des somnambules fous de sexe et à clamser en un dernier orgasme ! Le pire étant que cela se passe toujours dans des endroits pas glop, genre en plein court de japonais ; et que franchement ça le fait pas que la dernière chose de vous dont vos camarades se souviendront avant que vous ne mourriez les doigts poisseux soit que vous êtes une femme fontaine (scène très mouillée et absolument géniale).
Par dessus le marché la scénariste (oui, « la », c’est une femme qui a écrit un truc aussi dérangé) fait du film un trip gigogne un peu dickien sur les bords, avec des rêves dans le rêve et autres artifices scénaristiques faisant perdre totalement pied au spectateur. C’est une manoeuvre à double tranchant (quand cela consiste à donner une fausse complexité au film) mais effectuée ici de bien belle manière, désamorçant l’intérêt artificiel pour l’imbroglio scénaristique au profit d’une vision sensorielle et intuitive du film. Peu importe alors de distinguer le vrai du faux, mais plutôt de faire corps avec l’héroïne et de s’immerger dans sa confusion.
En accord avec cette intrigue à plusieurs niveau de réalité, le film joue sur le décalage de ton, confrontant la crudité des scènes érotiques à la greluchitude des filles dans un petit jeu de va-et-vient stylistique. Ce qui fait de Angel of Darkness 5 le seul de la série, peut-être pas jusqu’à pouvoir être qualifié de comédie, à être vraiment drôle. Mais pas de la comédie bas du front (même si comme déjà évoqué ça vole parfois au niveau d’une éjac féminine) comme on en croise souvent en série Z ;  c’est toujours fait avec mépris du bon goût mais le grand guignol ne prend jamais le dessus. C’est au contraire une vraie comédie de cinéma, jouant sur le montage et la confrontation des images, également sur quelques effets de surprise bien gérés. Bref, un machin surprenant et inventif qui vous réveillera même après une nuit de zèderies molles du gland : vous pouvez sans regret faire l’impasse sur les quatre premiers, mais ne passez pas à coté de celui-là.

Heroine Tentacule Insult vol.04 (Sakata Toru, 2008)

C’est bien beau d’avoir trouver un bon film dans le tas, mais on nous avait promis de la tentacule et pour l’instant cet article est fort radin. C’est donc pour remplir les quotas que je suis allé chercher loin, très loin, dans l’insondable nullité filmique (vous pensiez qu’on avait touché le fond ? nous voilà sous terre). Pas dans le catalogue de l’immanquable Zen Pictures mais chez leurs concurrents de chez Giga, boite spécialisée dans le sentai érotique bas de gamme (pléonasme ?) – en gros le viol de nanas en costume – avec des séries aux titres évocateurs tel que Heroine Suppression the Dead in Hell et autres Heroine Lesbian Fight.
Aujourd’hui nous nous pencherons sur le cas de leur série Heroine Tentacle Insult (sept numéros à ce jour), déclinaison tentaculaire de leur franchise phare Heroine Insult. Une série forcément sublime dont la raison d’être est simple : cosplay + tentacule = insta win!
Par contre pour pouvoir l’apprécier il va vous falloir passer sur la totale absence de scénario, sur le fait que ça soit torché avec les pieds en une demi-journée de tournage, que tous les films soient filmés dans un hangar même pas aménagé (j’exagère même pas, même à l’échelle de ce genre de productions ces films sont cheap) et j’en passe et des meilleurs, en gros que ce genre de films c’est la raclure de cuvette du 7e art qu’à coté même Joe d’Amato c’est Kubrick.
Bon, soyons honnêtes trente secondes, quand je dis que ces films sont tournés dans un hangar c’est pas complètement vrai. Prenons le numéro 2 par exemple : on a droit à dix bonnes minutes de tournage en extérieur ! Dix minutes très nanardes qui plus est, en tournage guérilla avec des figurants involontaires dont le visage est flouté (!!!) et un bruit d’hélico qui couvre la voix de l’actrice sans qu’il ne vienne l’idée à personne de faire une seconde prise (ou un peu de post synchro). Mais ne rigolons pas trop vite ! Ce film montre une évidente volonté de bien faire, avec un semblant de structure scénaristique et plusieurs lieux de tournage (trois, pour être précis). C’est le grand luxe !
Mais en passant sous silence ces audaces, voilà comment ça se passe. Scénario de type 1 : le monde est en danger et l’héroïne va taper les méchants. Scénario de type 2 : une fille se fait kidnapper et il s’avère qu’en fait c’est une héroïne. Dans un cas comme dans l’autre on a droit à quelques minutes de baston entre l’héroïne et des sbires en combinaison moulante, dans un semblant de tokusatsu : c’est pas chorégraphié trois secondes, les actrices ne savent pas se battre et lèvent la jambe à peine assez haut pour montrer leur culotte. Parfois, on a droit à un mix avec un autre fétiche typiquement nippon (uniforme scolaire, tenue de sport,…). Puis apparaît un gros méchant pas beau qui immobilise l’héroïne avec ses tentacules, la livrant à la merci de toute sorte de sévices qui grosso modo vont durer tout le reste du film, soit un peu plus d’une heure.
C’est méga fauché, avec un mélange très croustillant d’effets spéciaux numériques sous-traités au Pakistan et de techniques old-school comme les tentacules soutenus par des fils de pêche absolument invisibles. Sans compter que bon paquet de plans sont tournés à l’envers, afin de permettre aux tentacules d’enserrer les membres de la jolie héroïne ou de pénétrer ses orifices. Inutile de préciser également que le rythme est absolument palpitant, je défie quiconque d’en regarder un en entier sans user de l’avance rapide : si vous y parvenez, félicitations vous êtes un authentique pervers !
Cela dit il ne faut pas croire que ces films sont tous pareils ! Non ma petite dame. Tout dépend bien entendu du costume, mais on peu même parfois reconnaître le style personnel des réalisateurs (par exemple Kan Shaku est incontestablement le plus branque, mais dans ses films les méchants arborent une combinaison lycra aux motifs zébrés absolument irrésistibles). A l’heure actuelle, le volume 4 est mon préféré, ne serait-ce parce qu’il y a des boules de feu.
Pour conclure, je tiens à prévenir les amateurs de corps dénudés : ce sont des films de cosplay, il y a donc moins de chair à l’écran que d’accoutumé. Mais croyez moi si je vous dis qu’on ne perd pas au change : moins de peau mais plus de fétiche, plus de tentacule et plus de faux sperme,… personne ne peut rester de marbre alors que les héroïnes mollement attachées gémissent sous les assauts des tentacules et que leurs combinaisons sont dissoutes aux endroits stratégiques par les sécrétions acides de leurs assaillants lubriques.

(assister au double-programme #5)

§ 2 commentaires sur “Tu avances et tu recules, comment veux-tu que je t’en(ta)cule ?”

  • Guillaume says:

    Rien ne vaut celui avec Maria Ozawa !
    Sinon j’avoue que le combo 1/je fais acte de piétée en effacant un article ancien trop pourvoyeur de mauvais visiteurs et 2/ je commence mon nouvel article en placant rapidement tentacules et double pénétration m’a beacoup fait rire. J’ai un article similaire, plus didactique peut etre, qui attire tjs autant les foules. Mais par contre je ne tiens pas à l’enlever ^-^
    Sur le fond de cet article, à part que les tentacules c’est la vie, je dirai juste que je ne suis pas fan des Angels of Darkness. Tous. Mais là comme ça tu me donnes presque envie de revoir le 5

  • Epikt says:

    Attention, j’ai pas supprimé le premier article tentaculaire (il est même en lien à gauche), je l’ai juste enlevé de la liste des articles populaires (sur la home). C’est un peu à cause de ce nouvel article d’ailleurs, je me suis dit qu’à force il n’y aurait que du porno dans cette liste (parce que ne doute pas une seule seconde que celui-là va m’attirer du monde !).

À propos de ce texte