The Matsugane Potshot Affair (Yamashita Nobuhiro, 2006)

A la lecture de la plaquette de Kinotayo j’avais classé The Matsugane Potshot Affair dans la catégorie « pas la peine de voir » (et pour le coup j’avais raison), avant que la veille de la dernière projection je me rende compte qu’il s’agissait d’un film de Yamashita Nobuhiro. Oui, vous avez bien lu, le réalisateur du très très sublimissime Linda Linda Linda !!! Malheureusement le réalisateur n’était pas présent aux projections, sinon je lui aurais fait part de mon fanatisme absolu pour son film (et il aurait sûrement pris peur).
Malheureusement The Matsugane Potshot Affair n’a pas la fraîcheur de Linda Linda Linda, ni son dynamisme naïf, sa légèreté et son formidable pouvoir d’immersion (comprendre : vous devez voir Linda Linda Linda ! c’est important).

Ça se passe en hiver dans une petite ville de la campagne japonaise, de celles qui semblent coincées dans des années 60 qui auraient connus les téléphones portables. Une femme est retrouvée quasi morte sur le bord de la route, renversée par un chauffard qui a pris la fuite. La femme s’en sort plutôt bien (même si au début ils étaient prêts à l’incinérer) et sort de l’hôpital, mais réagit avec détachement à l’enquête de police, ne faisant rien pour aider à retrouver le chauffard. L’affaire aurait donc été classée faute d’éléments si elle n’était revenue quelques jours après, car elle a visiblement quelque chose à y faire.
Le film tourne autour de deux frères jumeaux et de leur famille. Le premier est flic, le deuxième n’est autre que l’auteur du délit de fuite. Et quand ce dernier est reconnu par sa victime, elle et son compagnon exercent sur lui un chantage pour qu’il l’aide dans leurs magouilles. Avec un pitch pareil, on pense bien évidemment à Fargo : intrigue policière dans un village de pécors sous la neige, policier par hyper futé, malfaiteurs encore moins, humour noir et le tout tiré parait-il d’une histoire vraie. Je ne doute pas une seconde que le film des frères Coen ait inspiré Yamashita (même s’il disposait lui aussi de son coté d’un fait divers).
The Matsugane Potshot Affair n’a malheureusement pas la force de Fargo, malgré des bons branquignols, et surtout un humour noir assez subtil (si on veut) bien que tordu et très porté sur le scabreux. Pour vous donner une idée, la scène d’ouverture montre la découverte de la femme inanimée (qu’on pense morte) par un gamin, gamin qui après avoir hésité un petit moment entreprend d’explorer son corsage et de la peloter joyeusement, avant de s’aventurer sous sa jupe ! Un nécrophile prépubère de dix ans, ça le fait. Et c’est complètement inattendu.

Yamashita n’étant comme chacun le sait pas un fangio de la mise en scène le tout est aussi un peu plat. Ce n’est heureusement plus les plans séquences fixes de Linda Linda Linda, c’est beaucoup plus découpé (sans non plus être du Tony Scott, hein), mais moins intime, moins immersif. C’est bien là le problème de The Matsugane Potshot Affair, on a du mal à se sentir impliqué. Même si on se demande « bon dieu c’est quoi le tireur fou du titre ? », parce que pour l’instant y a pas trop de gun-fight ! Ce titre, c’est d’ailleurs de la grosse couillonnade, mais l’unique scène qui y fait référence n’en est que d’autant plus savoureuse et absurde. Mais voilà le problème (qui fout tout par terre), c’est le plus souvent chiant.
Ça sera jamais un film comique comme on l’entend dans nos contrées (avec blagues de blondes en renfort), mais The Matsugane Potshot Affair, dans sa peinture des habitants de cette petite ville, reste assez drôle et intéressant, caustique parfois. Comme toute cette intrigue avec la coiffeuse qui prostitue sa ville handicapée mentale que tous les mâles de la ville ont baisée, ou encore la rencontre avec les parents de la copine du flic et le père de ce dernier qui part totalement en sucette.
Mais ça vaudra jamais Linda Linda Linda (comment ça je radote ?).

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