The Holy Virgin vs the Evil Dead (Chun Yeung-Wong, 1990)

Hum hum… le plus dur va être de résumer tout ça.
Le film commence alors que le héros joué par Donnie Yen (un prof d’université apparemment) fait un pique-nique avec ses étudiantes et que tout d’un coup la (pleine) lune devient rouge (mon dieu !). C’est alors qu’un gros démon sort de terre, vole dans tous les sens et zigouille toutes les demoiselles et laisse Donnie KO. Dur dur d’expliquer ça à la police qui le considère comme principal suspect. Il sort quand même en payant sa caution, mais a grand peine à mener son enquête tout en étant dans le collimateur de la justice. Par dessus le marché, Donnie se fait cocufier par un des flics (tant qu’à faire ; ça sert à rien mais c’est l’occasion d’une scène de cul supplémentaire, c’est toujours ça de pris). Mais cela ne l’empêche pas de découvrir que tout cela est lié à une étrange divinité indochinoise, la déesse de la lune. Enfin, j’ai pas tout compris sur le coup, c’est une déesse mais elle a des moustaches et en fait c’est un mec.

J’avoue de base ne pas être super doué pour les résumés mais là ça dépasse vraiment mes capacités. The Holy Virgin vs the Evil Dead est en effet au cinéma ce que Dash super méga + alpha est à la lessive en poudre : du 6 en 1.
Ça commence tout gentiment comme un bon Cat III des familles, avec enchaînement sans complexe de scènes de cul et de gore, ça fait toujours plaisir, y a du téton et ça éclabousse. Puis le film devient une sorte de film d’enquête alors que les héros essayent d’en découvrir d’avantage sur cette fameuse déesse au système pileux développé. Honnêtement, ce passage est chiant comme la mort. Mais qu’on se rassure, le film bifurque une nouvelle fois, on se retrouve je ne sais pourquoi au Laos, dans une jungle qui serait pas du tout déplacée dans un film de cannibale rital des années 70, pour assister à un Wu Xia Pian avec cascades câblées, le combat d’une princesse guerrière volante au sabre magique qui lance des éclairs (glop !) contre le gros démon du début. Ça commence dans la jungle et ça se termine dans des ruines, dans lesquelles la belle atomise le gros pas beau à grand coup de flèches explosives (re-glop !).
Arrivé à ce niveau on pense en avoir pris pour son grade, mais c’est sans compter la folie furieuse des scénaristes qui nous parachutent au beau milieu de tout ça une sorte d’organisation mafieuse qui kidnappe une copine de nos héros, parfaite occasion pour une splendide bataille à la mitraillette comme dans James Bond (mâtiné de kung-fu, ça va sans dire). Au beau milieu de cette bataille on trouve le moyen de se trouver dans une grotte (merde ! encore loupé un épisode !) et confronté à toutes une batterie d’animaux exotiques (au choix : panthère, tigre, piranhas, crocodiles,…) qui ne servent absolument à rien, si ce n’est à l’exotisme, passage obligé de tout nanar qui se respecte. Suit alors un émouvant passage karaoké alors que nos héros s’enfoncent dans la jungle avant d’aller tataner le démon.
C’en est déjà trop pour n’importe quel cinéphile lambda, mais sachez que ce n’est pas fini. En effet, la scène finale, dantesque, ne propose pas moins qu’un gros panaché de tout ce qu’on a pu voir jusqu’à présent ! Au menu donc, une cérémonie sacrificielle avec à nouveau des filles à poil et de la tripaille arrachée, le retour de la princesse et de son sabre éclair magique et encore des gun-fights ! Les héros se démerdent même pour nous dégotter une mitrailleuse et un lance-flammes ! Qu’est ce que c’est bon !

Mais The Holy Virgin vs the Evil Dead ne serait rien sans sa mise en scène exceptionnellement naze, compilant pour notre plus grand bonheur tous les poncifs du genre voir même plus qu’il n’en faut pour être tout à fait honnête. Les amateurs de « vlan ! pouf ! paf ! » à chaque coup de latte seront servis, de même que ceux qui ne jurent que par les bastons en accéléré, méthode que le réalisateur ose même utiliser pour les gun-fights ce qui provoque chez le spectateur réceptif un bonheur proche de l’orgasme.
N’oublions surtout pas les effets spéciaux démentiels, le must étant les flammes vaguement numériques qui passent devant les personnages au lieu de rester tranquillement au dernier plan, mais les filtres rouges font toujours leur effet, de même que les éclairs roses de l’épée magique et les yeux électriques lumineux du démon, summum du kitch horrifique. Et je ne parle même pas de la gerbe colorée qui accompagne la désintégration du monstre, grand moment psyché.

Et, comble du bonheur, le support est à la hauteur du film !
Comprendre par là que le VCD hongkongais – si visuellement il paye moins de mine que l’extraordinaire VHS anglaise – dépasse toutes nos espérances en terme de qualité merdique. Encodé avec les pieds à tel point que le contraste saute dans un même plan, bénéficiant de sous-titres (doubles chinois + anglais) à la limite du lisible quand il ne sont pas invisibles en blanc sur fond blanc, voir même parfois amputés du début de la phrase lorsque celle-ci est trop longue et dépasse sur la gauche. Bref, des conditions de visionnage vraiment hardcore comme il se doit. J’ai vu qu’il existait aussi un DVD américain. Mais même dans le cas où il s’agirait d’un bootleg pompé du VCD, boycottez ! ne vous privez surtout pas de la joie du changement de disque au milieu du métrage.
Car c’est bien connu, un nanar (et The Holy Virgin vs the Evil Dead c’est du haut vol) se doit d’être visionné dans la pire édition possible pour être apprécié à sa juste valeur.

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