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	<title>Insecte Nuisible &#187; portnawak</title>
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	<description>Le cinéma qui grouille</description>
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		<title>Long live Uwe Boll!</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Sep 2009 22:54:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma allemand]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma canadien]]></category>
		<category><![CDATA[festivals et rétrospectives]]></category>
		<category><![CDATA[portnawak]]></category>
		<category><![CDATA[Uwe Boll]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

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		<description><![CDATA[Autoproclamé meilleur cinéaste du monde, quasi unanimement dénoncé comme le plus gros tâcheron de ces dix dernières années, Uwe Boll est un réalisateur et producteur qui fait grincer pas mal de dents. Présentation de trois films du réalisateur teuton, projetés lors de la 15e édition de l'étrange festival.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Autoproclamé meilleur cinéaste du monde, quasi unanimement dénoncé comme le plus gros tâcheron de ces dix dernières années, Uwe Boll est un réalisateur et producteur qui fait grincer pas mal de dents mais qu’ici on a toujours défendu – disons plutôt, cet article étant le premier se penchant vraiment sur son cas, qu’on en a toujours pensé du bien –, peut-être davantage qu’il ne le mériterait. Du commun des cinéphiles, le bonhomme est surtout connu pour ses adaptations de jeux vidéo. Force est, même pour le fan, d’admettre qu’on y croise le pire (<strong>House of the Dead</strong>, superbement nul mais très drôle), voire l’infâme (<strong>Alone in the Dark</strong>, superbement nul mais même pas drôle), mais également des séries B assez plaisantes (<strong>Dongeon Siege</strong> ou encore <strong>BloodRayne</strong>, deux films pas top mais qui passent très bien avec des pizzas et de la Kro). Mais même si le cinéaste allemand semble trouver un malin plaisir à massacrer des licences (plus ou moins) chères aux gamers (on avait parlé de lui pour faire <strong>World of Warcraft</strong> !) sa filmographie est très loin de s’y réduire (ce qu’oublie par exemple <a title="Uwe Boll sur Wikipédia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Uwe_Boll" target="_blank">sa notice Wikipedia</a>, aussi drôle qu’orientée à charge) puisqu&#8217;il a entre autres touché au teen-movie (<strong>Heart of America</strong>), au film de guerre (<strong>Tunnel Rats</strong>), d’horreur (<strong>Seed</strong>) ou encore de prison (<strong>Stoic</strong>, qui calma tout le monde lors de la dernière édition du BIFFF), des films souvent bien loin des bouses annoncées par ceux qui, n’ayant vu que <strong>House of the Dead</strong>, font du <em>Boll-bashing</em> systématique.<br />
C’est ce que rappelle la quinzième édition (parisienne) de l’<a title="Etrange festival" href="http://www.etrangefestival.com/">étrange festival</a> – festival dont on ne dira jamais assez de bien – qui a programmé trois de ses films (projetés en sa présence !), des films qui, loin des images préconçues, dressent le portrait d’un cinéaste ne faisant certes pas dans la dentelle et érigeant la<em> fuck-you-attitude</em> en art de vivre, mais également éclectique, frondeur, subversif et iconoclaste – en un mot « pas normal », et c’est pour ça qu’on l’aime.</p>
<p><a name="amoklauf"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/amoklauf-01.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Amoklauf </strong>(1994)</div>
<p>Le troisième film de Boll est ma foi un drôle d&#8217;objet qui ajoute encore à la curiosité de sa filmographie. Étrange à la vue de l’orientation que prendra par la suite sa carrière, <strong>Amoklauf </strong>s’inscrit dans cette vague(lette) de cinéma underground allemand des années 80-90, sombre, violente, politiquement incorrecte et/ou nihiliste, quelque part entre Olaf Ittenbach et Jörg Buttgereit – plus proche de ce dernier d’ailleurs (on pense notamment à <strong>Schramm</strong>, réalisé l’année d’avant).<br />
Typiquement dans ce genre de cinéma, <strong>Amoklauf </strong>peint l’existence d’un homme vidé de toute substance, sans perspectives et pour qui chaque minute est plus morne et blasée que la précédente, en quelque sorte un désert existentiel et affectif de très haut niveau. Il soulage (et cultive) vaguement sa frustration devant des enregistrements d’exécutions et des vidéos porno, mais même ce voyeurisme ne le stimule pas plus que cela. A ce sujet et en lien avec les conditions de projection, le fait que les dialogues des émissions de télé qu’il regarde ne soient pas sous-titrés (drôle d’idée quand on réalise qu’il s’agit de deux tiers de tous les dialogues !) accentue cette sensation de vide et de misère, rendant la chose totalement anecdotique et automatique, sans substance (et d’ailleurs pas difficile à saisir, car après tout ce qui y est raconté, que ce soit au Juste Prix ou dans un film porno, est toujours la même chose et n’a aucune espèce d’importance). Et forcément (sinon c’est pas rigolo), le bonhomme finira par exploser et buter tout le monde.<br />
Le film est réalisé avec un budget de trois deutschemarks cinquante, ce qui se voit, mais ça fait parti du plaisir (on peut pas être underground avec une équipe de cent personnes). Très brut de décoffrage donc, propices à l’illustration sans fioriture de la misère humaine, avec (ce qui n’est pas incompatible, bien au contraire) une grande présence d’écrans filmés et de percées arty (gros grain inside) donnant à la chose une texture plus brouillée et physique. Résultat des courses, malgré un budget ridicule l’image est loin d’être dégueulasse (enfin, si, mais vous me comprenez). Il y a même parfois pas mal d’idées, des points de vue surprenants (par l’ouverture d’une branchie sur les humains en train de découper et d’observer le poisson, assez cocasse comme renversement de point de vue). On reprochera par contre à Uwe Boll, sans doute soucieux d’exprimer la dépression de son personnage, de faire durer ses scènes (et certains plans) plus que nécessaire. Pas particulièrement parce qu’elles deviennent ennuyeuses (je pense que certains n’auront pas besoin de cela pour s’ennuyer devant <strong>Amoklauf</strong>) mais parce que cela rend inutilement démonstratifs leurs procédés, pourtant souvent intéressants. Ainsi je ne doute pas une seconde que le cinéphile curieux de bizarreries glauques trouve la scène de masturbation absolument démente (même si, en effet, tirant en longueur). Idem du carnage final, qu’Uwe Boll décompose à l’extrême, multipliant les angles de prise de vue et opérant par micro flashs-back successifs, montrant les actions de multiples fois en étirant la scène. Très réussi dans sa plus grande partie.<br />
Le même constat pourrait s’appliquer au film, qui certes ne contrôle pas toujours sa fougue et ses idées (Uwe Boll pensait à l’époque que cela serait son dernier, pour cette raison il a dû charger la mule) mais se trouve être une authentique bizarrerie.</p>
<p><a name="postal"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/postal-01.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Postal </strong>(2007)</div>
<p>Le cliché raconte qu’Uwe Boll tourne des adaptations toutes pourries de jeux vidéo, on n’est pas forcément obligé de le démentir. La preuve avec <strong>Postal</strong>, adaptation du jeu du même nom (le deuxième de la série) et pour le coup très très naze ! Sauf que – accrochez-vous c’est concept – contrairement à d’autres adaptations de Boll la nullité cosmique de <strong>Postal </strong>est la raison même de sa réussite. Pour ceux qui n’auraient pas eu la chance d’y jouer, rappelons que <strong>Postal 2 </strong>est un jeu aussi débile que jouissif où on se faisait poursuivre par des talibans et des associations de protection familiale, et qui par dessus le marché en voulait sérieusement à la gent féline (leu jeu se terminait par l&#8217;apocalypse, avec des chats qui pleuvaient du ciel et s&#8217;écrasaient toutes tripes dehors sur les trottoirs). Et autant on peut être sceptique concernant, disons, <strong>Alone in the Dark</strong>, autant pour porter <strong>Postal 2</strong> à l’écran Uwe Boll, parce qu’il n’a aucune retenue, était sûrement le meilleur choix possible. En gros : « Vous trouvez que je fais des films merdiques ? Et bien je vais en faire un encore pire, et ça sera mon meilleur film ! »<br />
Pari réussi, pour peu qu’on accroche à cette note d’intention peu ordinaire et à la connerie insondable de ce qui va suivre. Adaptation fidèle du jeu, on aura droit à des islamistes débiles qui courent en criant « yalla yalla ! », des peluches en forme de couilles, à un chat sodomisé par un flingue, à un nain violé par des chimpanzés,&#8230; Uwe Boll en rajoutant une couche parfois bien sentie, en accentuant le coté post 11 septembre par exemple (Oussama Ben Laden qui suit la conférence d’un entrepreneur capitaliste pour apprendre à fanatiser ses employés !) ou en se foutant de sa propre gueule (Uwe Boll joue son propre rôle de cinéaste médiocre et pédophile qui produit ses films avec l’or nazi). Vous l’aurez devinez mais je confirme, le film ne fait pas dans la finesse, pas une seule seconde. Par exemple quand il se moque des codes hollywoodiens il n’y va pas avec le dos de la cuillère, que ce soit en faisant prononcer à son héros un long et ridicule discours sur la tolérance et l’amitié entre les peuples ou en filmant une fusillade où les enfants se prennent systématiquement les balles perdues.<br />
Le mieux dans tout ça, c’est que le film est atrocement mis en scène. Aucune photo, encore moins de cadre, un montage asthmatique,&#8230; ça ressemble à une mauvaise sitcom et les scènes d’actions doivent être les pires tournées dans l’année. Le revers de la médaille est que (du point de vue purement technique encore) le rythme en prend lui aussi pour son compte, ce qui pour le coup est vraiment dommage.<br />
Finalement, on comprendrait presque la frilosité des distributeurs devant ce film dont le rire gras peut faire mouche chez le cinéphile pas très regardant mais pour le reste absolument indéfendable !</p>
<p><a name="rampage"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/rampage-01.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Rampage </strong>(2009)</div>
<p>On passe à tout à fait autre chose avec <strong>Rampage</strong>, sans doute le meilleur film de Boll – d’ailleurs quand on suit ses derniers films, non seulement ils vont globalement de mieux en mieux mais aussi Uwe Boll s’y montre de plus en plus vénère, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Dans <strong>Rampage </strong>il met en scène un ado qui va prendre les armes et faire un carnage dans sa tranquille petite ville, tuant les gens au hasard et sans état d’âme. La faute aux jeux vidéo sans doute ? à une existence morne et aux humiliations quotidiennes ? à la planète qu’il faudrait dépeupler ? à moins que&#8230; la suite du film dévoilera que cela n’est pas si évident. Le personnage d’<strong>Amoklauf</strong> (qui lui aussi sortait dans la rue pour buter les passants) avait au moins l’excuse de la médiocrité de son existence, ce qui pouvait nous le rendre sympathique (façon de parler, disons qu’on lui trouvait des excuses), celui de <strong>Rampage</strong> n’est que l’incarnation du capitalisme poussé dans ses retranchements.<br />
Ce qui fait plaisir au <em>Boll-fan</em> à la vue de <strong>Rampage</strong>, c’est qu’il y a vraiment du mieux là où justement Uwe Boll pèche souvent, même dans ses films « respectables » (<strong>Tunnel Rats</strong> par exemple). Par exemple la photo qui, accompagnée par la prise de vue très proche de l’action, rend le film très sec. La narration aussi est chouette, le film est écrit (si si). Les multiples inserts (des flashs-forward du massacre) rythment la première partie avec une grande efficacité : c’est très éclaté et c’est brutal, Boll a tout bon pendant au moins une bonne demi heure, vraiment très bonne. Malheureusement il met (quasiment) fin au dispositif (et pour cause, on peut guère <em>falshforwarder</em> l’action présente) lorsqu’arrive la fusillade, du coup beaucoup plus linéaire. On commence à se dire qu’on va finir par se lasser si le reste du film continue la tuerie sur ce mode, mais arrive bientôt un scène absolument géniale, lorsque le tueur débarque avec ses pistolets mitrailleurs et sa tenue de combat dans un hall rempli de vieux en train de jouer au bingo – j’en dirai pas davantage.<br />
Quand à la mise en scène proprement dite, désolé de vous décevoir mais Boll est loin d’être mauvais, ce qui ne date d’ailleurs pas de ce film (il lui arrive par contre de tâcheronner, je ne prétends pas le contraire). Ici il opte pour une caméra portée (qui bouge donc beaucoup, trop selon ses détracteurs) assez spontanée et collée aux basques du personnages. Le montage donne un peu d’air à un cadre qui en manque en oscillant entre deux extrêmes, d’un coté un grand éclatement, aussi bien temporel que spatial, avec des <em>cuts </em>dans tous les sens et de l’autre des plans parfois longs genre cinoche indépendant pseudo-réaliste. Au sujet de ce dernier mot, si on reste bien loin du <em>portnawak </em>d’un <strong>Postal</strong>, <strong>Rampage </strong>donne lui aussi dans l’exagération et je ne doute pas une seconde qu’on trouve ici et là des gens pour trouver le script pas crédible. Grand bien leur fasse ! Combinée au premier degré des prises de vue (aucune distance n’est opérée) cette exagération rend le film assez fascinant.<br />
Un petit mot pour conclure sur la fin du film. Si certains éléments de sa mise en place peuvent un premier temps sembler décevants, comme un renoncement au jusqu’au-boutisme qui caractérise le film, – l&#8217;action du personnage pouvant un premier temps être prise comme l&#8217;expression d&#8217;un malaise (social) et/ou comme portant une revendication politique (en gros des trucs bien, un comportement engagé, y compris de la part du cinéaste) mais prenant en fin de compte la forme de préoccupations parfaitement égoïstes – elle se trouve finalement terriblement cynique et immorale.<br />
Uwe Boll n’a pas finir d’emmerder le monde, hourra !</p>
<p>Pour compléter ce compte-rendu, je vous encourage vivement à regarder le documentaire <a title="Visiting Uwe [WS Avant-Garde]" href="http://www.ws-avantgarde.de/visitinguwe/"><strong>Visiting Uwe</strong></a> réalisé par le site allemand Wildscreen Avant-Garde.</p>
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		<title>Windstruck (Kwak Jae-Yong, 2004)</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/windstruck-kwak-jae-yong-2004/</link>
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		<pubDate>Tue, 21 Apr 2009 17:57:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[cinéma coréen]]></category>
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		<description><![CDATA[Windstruck est un grand film nawak et généreux, hyper larmoyant et de la finesse d’un rhinocéros, mais aussi plus sophistiqué et profond qu’il n’en a l’air au premier abord. C’est aussi un film superbement troussé, débordant de séquences d’anthologie jouant avec culot sur le décalage entre les situations et les codes du genre, avec une bande originale du feu de Dieu et une actrice super mignonne.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au début, je pensais intégrer cette critique dans un cycle à venir, dont le but affiché ne sera pas moins que de proposer une alternative au cinéma coréen ordinairement mis en avant. Dès le début je savais que c’était limite, mais j’ai fini par me dire que c’était vraiment<em> too much</em> : en effet, ce film représente en quelque sorte la quintessence du cinéma coréen commercial, le blockbuster <em>Seoulywood </em>par excellence. Je n’en renonce pas pour autant à publier cet article (ne serait-ce parce qu’il est déjà écrit, et qu’il faut pas gâcher).<br />
Pourquoi <strong>Windstruck </strong>donc ? Et bah justement parce qu’il s’agit du meilleur blockbuster coréen de ces dix dernières années. Et aussi parce qu’il y a quelques années j’ai parié avec quelqu’un (je ne sais plus qui, qu’il se dénonce) que si <strong>Windstruck </strong>sortait un jour en France j’écrirais un article dessus, parce qu’il le vaut bien, ma crédibilité dusse-t-elle ne jamais s’en remettre. Et justement, le film vient de sortir en DVD (une sortie au cinéma eut été tellement plus grandiose, mais on va s’en contenter).</p>
<p>Avant de se plonger dans le film à proprement parler il est nécessaire de le remettre dans son contexte. Trois années auparavant, Kwak Jae-Yong réalisait <strong>My sassy Girl</strong>, sympathique comédie romantique dont le succès monumental dans toute l’Asie changea la face du cinéma coréen – éwé, quoi qu’on puisse penser de ses qualités cinématographiques très moyennes, <strong>My sassy Girl</strong> est le film coréen le plus important de ces dernières années (rien que ça) et son influence se fait toujours sentir sur la production (même si la mode commence à passer, et c’est sans doute une bonne chose, le mal est déjà fait). Bref, difficile de poursuivre après un tel succès et un tel impact. Surtout quand Kwak Jae-Yong se lance dans un film avec la même actrice, se présentant suivant l’humeur comme une suite ou une préquelle de son film culte – une sorte de spin-off on va dire.<br />
Gardons ceci à l’esprit en regardant <strong>Windstruck </strong>– et même si cela fait parfois un peu gadget il est même préférable d’avoir vu <strong>My sassy Girl</strong> avant de s’y plonger.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/windstruck-1.jpg" alt="" /></p>
<p><strong>Windstruck </strong>c’est l’histoire d’un bonhomme qui, suite à une série de malentendus (elle le prend pour un voleur de sac à main et l’embarque au poste), rencontre une nana, une fliquette un peu <em>sassy girl</em> justement – le genre de nana qu’il faut pas trop faire chier car de toute façon avec elle vous avez tord, qui vous fait porter les sacs de courses, qui cuisine trop salé, etc&#8230; bref qui est trop chiante mais qu’on ne peut s’empêcher d’aimer car elle est kro kro mignonne et que de temps à autres elle sait vous montrer tout son amour.<br />
Enfin&#8230; même si elle est (au moins en partie) racontée en voix-off par le gars c’est surtout l’histoire de la fille. Une fille qui au delà de son apparence joviale et assurée cache des parts d’ombres non assumées, en particulier la mort de sa soeur jumelle – parallèle, encore une fois, à faire avec la <em>sassy girl</em> originale dont le petit ami était mort (oui, c’est très gai les comédies romantiques coréennes).<br />
La première partie du film est alors dans la veine de <strong>My sassy Girl</strong>, en moins enlevé sans doute, à savoir une petite comédie romantique plutôt sympa mais tout ce qu’il peut avoir de plus classique : ils se rencontrent sur un malentendu, au début le gars ne veut pas d’elle (et on le comprend) mais comme elle a la bonne idée de le menotter il va quand même tomber amoureux d’elle (et on le comprend). C’est mignon tout plein, avec une poignée de scènes romantiques et décalées comme les coréens savent le faire. C’est aussi nunuche comme tout, et la petite chose fragile et émotive que je suis en est toute émue.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/windstruck-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Cette partie de comédie romantique est rapidement expédiée (en général il leur faut deux heures de film pour commencer à se prendre la main, là non, leur relation est rapidement établie) et pour cause le film bifurque bientôt radicalement dans le mélodrame. Le spectateur attentif qui a noté que le film s’ouvre par la fille qui se suicide en se jetant du haut d’un building aurait du s’en douter. Et dans le genre, <strong>Windstruck </strong>donne sans complexe dans le gros mélo qui tache. On aura même rarement fait plus radical (il doit bien y avoir deux trois films HK allant aussi loin dans le nawak larmoyant).<br />
Il y a donc des pleurs, des cris et des violons dans tous les sens, avec une emphase peu commune. Plus que ça, <strong>Windstruck </strong>est un foutrak filmique de grande envergure, mêlant fantastique et scènes d’action à sa romance coconne et à son mélo larmoyant, sans grande finesse mais avec culot : en tournant <strong>Windstruck</strong>, l’esprit de Kwak devait être « ça passe ou ça casse » – la seule option possible après le carton de <strong>My sassy Girl</strong> si vous voulez mon avis. Et en effet, ça casse pour pas mal de monde, déstabilisés par ce film qui, tout en étant moins fun et moins prenant, donne beaucoup plus que son aîné, sans trop savoir où donner de la tête.<br />
Film sur siège éjectable, blockbuster mutant (comme j’aime bien le qualifier), <strong>Windstruck </strong>est un peu son <strong>Resurrection of the little Matchgirl</strong> (certains apprécieront l’ironie de la chose) : un film de très mauvais goût flirtant constamment avec les limites de l’acceptable, en faisant constamment trop, poussant sa mécanique putassière de gros film commercial dans ses retranchements, jusqu’au point de rupture. Tous les poncifs du mélo y passent, à la puissance mille : les personnages meurent, puis ressuscitent pour mourir à nouveau avec une reprise de &#8216;Knocking on Heaven’s Door&#8217; en fond sonore ; la caméra tourbillonne dans tous les sens autour de Jeon Ji-Hyeon en pleurs ; certaines scènes ressemblent à une pub pour bagnole, d’autres à un polar hardboiled ; on s’y fait des promesses avec le petit doigt ; y a des avions en papier et des lâchés de ballons à chaque plan ; on y poursuit les bad-guys sur un fond de lover-boy-hip-hop remixé avec les dialogues les plus émouvants du film ; &#8230; j’en passe et des meilleures, c’est hardcore.<br />
<a name="text"></a>On regrettera juste que comme bande son ils n’utilisent que &#8216;Tears&#8217; de X-Japan et pas &#8216;Forever Love&#8217; ce qui aurait été encore plus radical – incontestablement moins larmoyant, mais terrible sur le plan symbolique [<a href="#note">1</a>]. Enfin bon, je rigole mais la bande son – aussi excellente que racoleuse – est utilisé de manière plutôt intéressante, créant constamment le décalage avec l’image, tour à tour désamorçant les effets puis les exacerbant. En résulte un film peut-être pas constamment surprenant mais joliment déstabilisant.<br />
Du coup, pour quelqu’un comme moi que le nouveau cinéma coréen dégoûte par sa constante grandiloquence et son manque total de retenue, <strong>Windstruck </strong>est en quelque sorte (que cela soit délibéré ou non de sa part) le film qui combat le mal par le mal.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/windstruck-3.jpg" alt="" /></p>
<p>Mais ce n’est pas tout. Il se trouve qu’au delà de son caractère franchement outrancier, <strong>Windstruck </strong>est un film, à défaut d’être particulièrement fin, plutôt sophistiqué. Outre donc ses évidentes qualités lacrymales (je suis très client) une bonne part de l’intérêt que je lui porte et de la fascination qu’il peut exercer sur moi est à porter au crédit des rapports ambigus qu’il entretient avec <strong>My sassy Girl</strong>, et la manière avec laquelle l’articulation entre les deux films met en évidence la structure et la narration particulières de <strong>Windstruck </strong>(et/ou inversement).<br />
Et là, désolé, je vais être obligé de spoiler : ceux qui s’en soucient sont donc invités à se rendre directement à la conclusion (ils ne regretteront rien : la démonstration s’annonce ennuyeuse, lourdingue et capilotractée).</p>
<p>A la fin de <strong>Windstruck </strong>est rejouée la scène de la rencontre de <strong>My sassy Girl</strong> : Hyong-Jin (qui n’a pas de nom dans <strong>My sassy Girl</strong>) est sur un quai de métro, s’approchant dangereusement de la voie alors que le train approche (dans <strong>My sassy Girl</strong> elle est bourrée, mais cela ne change pas grand chose), et est retenue <em>in extremis</em> par un jeune homme, qui se révèle être incarné par l’acteur de <strong>My sassy Girl</strong>. Bien sur on ne pourrait n’y voir qu’un clin d’oeil aux fans du premier film (comme peut l’être l’apparition, lors de la scène où les prétendants font la cour à la princesse, de l’acteur de <strong>The Classic</strong> qui s’évanouit tout le temps), mais il y a à mon sens plus que cela. On ne peut pas décemment affirmer, sur la seule base de cette scène, que <strong>Windstruck </strong>est une préquelle à <strong>My sassy Girl</strong>, le raccord est beaucoup trop grossier. Mais cette scène, trop mise en évidence pour être anecdotique, semble exister pour nous faire comprendre que les deux films sont bien plus liés qu’ils en ont l’air au premier abord.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/windstruck-4.jpg" alt="" /></p>
<p>La clé de l’articulation entre les deux films est à mon sens à aller chercher au niveau de la gémellité de l’héroïne – celle-ci avait une soeur jumelle, extrêmement semblable au point où elles échangeaient fréquemment leurs identités malgré des personnalités différentes, dont elle n’arrive pas à faire le deuil de la mort – et d’une manière générale on se rend compte que le film est entièrement structuré autour de la notion de double, de miroir, fonctionnant comme un ensemble de pièces dont on verrait successivement les cotés pile et face.<br />
Première pièce, l’ensemble <strong>My sassy Girl</strong> / <strong>Windstruck</strong>, mais nous verrons ça plus tard. Deuxième pièce, la bipolarité du film, entre comédie romantique / mélodrame : un premier temps léger et presque insouciant, le film devient grave (et larmoyant !) à partir de la mort du jeune homme. Troisième pièce, les deux soeurs, ou plutôt la manière avec laquelle la survivante s’acharne à vivre pour la disparue. Mais aussi, et là ça commence à devenir foutrak, on remarque que toutes les scènes significatives fonctionnent par paire, l’une pendant de l’autre, présentant à chaque fois des événements similaires sous des visages différents. En vrac, sans volonté d’exhaustivité : Myung-Woo « meurt » deux fois, une où il est sauvé de justesse, l’autre où il meurt (cette phrase est géniale) ; Kyung-Jin tente par deux reprises de se jeter du toit, la première on l’en empêche, la seconde elle parvient à ses fins ; Myung-Woo part deux fois au secours de sa fiancée poursuivant des <em>bad guys</em>, la première est traitée sur un ton comique, voire absurde (il reste coincé entre deux murs), la seconde est mélodramatique au possible ; de la même manière il y a deux principaux <em>gun fights</em>, dans le premier (avec les trafiquants de drogue), projeté sur une musique guillerette qui joue sur le décalage, on ne prend pas le danger au sérieux, contrairement au second (dans le parking) où l’atmosphère est beaucoup plus lourde et le danger bien réel (d’ailleurs elle se prend une bastos en pleine carafe) ; etc&#8230; il y en a d’autres mais je m’arrête.<br />
(quoiqu’il en soit essayez, c’est un petit jeu rigolo)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/windstruck-5.jpg" alt="" /></p>
<p>Peut-être plus important, on remarque aussi que Myung-Woo revient deux fois (oh oh) d’entre les morts. La deuxième fois il revient « pour de vrai », c’est bô, c’est magique et c’est émouvant tout plein. Mais auparavant il est apparu dans le rêve de Kyung-Jin inconsciente – dans cette scène, c’est pas tant de son petit ami dont elle apprend à faire le deuil, mais de son poumon gauche (dans le rêve c’est le petit ami qui est affublé de ce handicap, mais ne nous laissons pas abuser : c’est bien elle qui l’a perdu), autrement dit sa soeur jumelle. Comme si son histoire d’amour (certes tragique) avec Myung-Woo lui permettait de ne plus se sentir coupable de la mort de sa soeur, d’arrêter de vivre en son nom, et surtout de vivre pleinement sa vie à elle (il lui peint les touches du piano en blanc, trop chou). Deux deuils pour le prix d’un. Deux fois plus de larmes aussi, tant qu’à faire.<br />
Et <strong>My sassy Girl</strong> dans tout ça ? Pseudo suite sans doute. Mais ne pouvons-nous pas considérer ces deux films, alerté par la structure particulière de <strong>Windstruck</strong>, comme des films jumeaux ? (vous le sentez l’enculage de mouches <em>cahiers du cinoche staïle</em> ?) Les deux films ne racontent-ils pas finalement la même chose, un deuil et l’histoire d’amour permettant de le surmonter ? Mais, à l’image des deux soeurs de <strong>Windstruck</strong>, ces deux films pourtant semblables (jusqu&#8217;aux gimmick d’écriture de Kwak, par exemple avec l’introduction d’histoires dans l’histoire qui font écho au film) montrent deux visages bien différents : alors que <strong>My sassy Girl</strong> joue la carte de la frivolité, ne se mouillant pas à explorer son sujet pour se contenter d’être une comédie romantique bien sympatoche, <strong>Windstruck </strong>l’aborde de manière frontale, quitte à en mettre une deuxième couche et à y aller au bulldozer – du coup, dans <strong>My sassy Girl</strong> on ferait bien de se foutre du petit ami mort comme de son premier rot (et effectivement, je sais pas vous mais moi j’y ai jamais vraiment fait attention, c’est surtout un argument scénaristique bien commode mais n’est jamais réellement incarné à l’écran). D’une certaine manière, avec <strong>Windstruck</strong> Kwak Jae-Yong refait <strong>My sassy Girl </strong>en allant au bout des choses.<br />
Enfin voilà, c’est sans doute aussi cohérent qu’un film de <a title="Sono Sion" href="http://insecte-nuisible.com/tag/sono-sion">Sono Sion</a>, mais vous savez que j’aime ça, me prendre le chou sur les oeuvres bancales (et les défendre avec des arguments tout aussi branlants).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/windstruck-6.jpg" alt="" /></p>
<p>Qu’en dire alors ?<br />
Que <strong>Windstruck </strong>est un grand film nawak et généreux, hyper larmoyant et de la finesse d’un rhinocéros, mais aussi plus sophistiqué et profond qu’il n’en a l’air au premier abord. C’est aussi un film superbement troussé, débordant de séquences d’anthologie jouant avec culot sur le décalage entre les situations et les codes du genre, avec une bande originale du feu de Dieu (même si, comme le film, elle n’hésite pas à donner dans le très mauvais goût) et une actrice super mignonne (très important).<br />
Une remarque en passant, une réflexion que je me suis faite avec le temps : j’ai l’impression que souvent les fans de <strong>My sassy Girl</strong> ne sont pas particulièrement friands de ce film, et inversement. Choisissez votre camp.</p>
<div class="note"><a name="note"></a>[<a href="#text">1</a>] pour les chanceux qui ne connaissent pas X-Japan, &#8216;Forever Love&#8217; est le morceau qui a été joué aux funérailles de hide, guitariste du groupe, devant quelques dizaines de milliers de fans en pleurs. Bref, vous voulez faire pleurer en Asie vous jouez cette chanson, c’est limite pavlovien.</div>
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		<title>Tachiguishi Retsuden (Oshii Mamoru, 2006)</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Apr 2009 17:18:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Grand film. Déconseillé aux cinéphiles du dimanche – sauf bien sur à ceux qui douteraient encore de l’existence de films à la fois beaux, intelligents, profonds et novateurs.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est l’arlésienne de ces deux dernières années, sa sortie ayant été annoncée puis constamment repoussée depuis, jusqu’à sa présence dans les bac en janvier 2009 (enfin !). C’est peut-être même bien la sortie cinéma de ce début d’année, pour les amateurs de cinéma bizarre en tout cas. Une preuve encore une fois – je ne l’ai pas encore vu, mais il est possible que <strong>Southland Tales</strong> de Richard Kelly vienne confirmer – qu’en France on préfère sortir les vrais films en DVD, abandonnant les salles obscures à une production d’inspiration télévisuelle bas du front où l’expérimentation n’a pas le droit de citer. Tout va bien, ne vous en faites pas.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/tachiguishi-retsuden-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Un secteur français de l&#8217;exploitation en salles qui ne semble de toute manière pas très favorable à Oshii Mamoru puisque si son dernier né (le pourtant à priori plutôt accessible et tout public <strong>Sky Crawlers</strong>) est sorti au Japon plus ou moins en même temps que le <strong>Ponyo sur la falaise</strong> de son confrère Miyazaki Hayao (comparaison abusive, j’en ai bien conscience, puisque déjà dans leur pays Miyazaki est une méga star et Oshii à peine un inconnu célèbre) ce dernier est déjà largement montré chez nous alors que le premier n’a pas encore de date annoncée – quand bien même Oshii est le réalisateur de quelques honnêtes succès et, en toute subjectivité, un des cinéastes les plus importants de ces vingt dernières années.<br />
Dans nos contrées il est surtout connu pour sa brillante adaptation du manga de Shirow Masamume <strong>Ghost in the Shell</strong>. Moins de gens savent qu’il aussi réalisé un certain nombre de films en prises de vue réelles (on connaît tout de même <strong>Avalon</strong>), tellement la frontière entre les deux mondes, cinéma d’animation d’une part et cinéma live de l’autre, semble hermétique (tenez, regarder sur Allociné : « animation » est un genre, comme si cela suffisait à qualifier et à catégoriser l’oeuvre) et les cinéastes cantonnés à l&#8217;un ou à l&#8217;autre. Cette règle qui veut que chacun reste sagement chez soi, Oshii semble s&#8217;en foutre, cela fait maintenant vingt ans qu’il navigue sans complexe entre les deux. Et c’est pas avec <strong>Tachiguishi Retsuden</strong> qu’il va rentrer dans le rang, tant on serait incapable de décréter si ce film est de l’animation ou de la prise de vue réelle – preuve que tout cela n’est finalement que du chiqué et/ou une invention du marketing.</p>
<p>La science-fiction a toujours été un élément majeur de l’oeuvre de Oshii Mamoru, dès ses débuts. Et depuis que celle-ci s’est structurée de manière forte de sorte à ce qu’on voit s’en dégager des thématiques récurrentes et des grands axes de recherche, on pourrait distinguer dans sa démarche science-fictive deux principales facettes. Tout d’abord sa plus connue, composée des deux <strong>Ghost in the Shell </strong>et de <strong>Avalon</strong>, qu’on pourrait qualifier de cyberpunk et qui questionne sans relâche la réalité dans un monde construit par et pour le virtuel. Mais aussi, et c’est ce qui nous intéresse aujourd’hui, une oeuvre uchronique se situant au sortir de la seconde guerre mondiale – étrangement <strong>Jin-Roh</strong>, le seul film de cette mouvance vraiment connu, n’est pas de lui (il n’est que l’auteur du scénario) mais réalisé par son disciple Okiura Hiroyuki.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/tachiguishi-retsuden-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Il n’est donc pas inutile de revenir sur cette série dite « Kerberos » (d’après le tricéphale gardien des Enfers, Cerbère) déclinée à partir d’un feuilleton radiophonique d’où ont été tirés plusieurs mangas et films. On y distingue deux arcs. Le premier suit principalement les Panzer Cops, une unité militaire d’élite surarmée qui doit faire face à son démantèlement et dont les membres doivent trouver leur place dans une société qui les exclut – au cinéma on compte <strong>Lunettes rouges</strong> (1987), <strong>Stray Dogs</strong> (1991) et <strong>Jin-Roh</strong> (1999). Le second s’intéresse aux « écumeurs de gargotes », marginaux dont l’activité principale est de tromper les tenanciers des baraques à nouilles et autres établissements de restauration rapide – au cinéma le cycle se compose à ce jour de <strong>Tachiguishi Retsuden</strong> (2004), <strong>Onna Tachiguishi Retsuden</strong> (2006) et <strong>Shin Onna Tachiguishi Retsuden</strong> (2007), peut-être même aussi de <strong>Lunettes rouges</strong> qui par bien des aspects semble à cheval sur les deux.<br />
Énoncé ainsi on pourrait se demander quel peut-être le rapport entre un arc dont rien que le résumé fait clairement montre d’un engagement et d’une réflexion politique et un autre qui semble tout avoir de la bonne blague potache. Il se trouve qu’au delà d’un univers (après-guerre uchronique) et de personnages (Ginji, le premier personnage de <strong>Tachiguishi Retsuden</strong>, apparaît déjà dans <strong>Lunettes rouges</strong>) communs toutes ces oeuvres s’attachent avant tout à peindre un tableau de la marginalité et de l’exclusion, que ce soit à travers les Panzer Cops ou les écumeurs de gargotes.<br />
Ainsi, les écumeurs escrocs de <strong>Tachiguishi Retsuden</strong> sont des insurgés, des artistes, des activistes, des bandits, des rêveurs, des vagabonds&#8230; Nés de la reconstruction du pays après 1945, ils sont le grain de sable dans la belle machine japonaise que les institutions tentent d’afficher au monde, la lie honteuse qu’on aimerait voir disparaître au profit d’une façade lisse et glorieuse (d’où l’importance primordiale de la digression sur la traque aux chiens errants lors de la préparation des JO de Tokyo en 64), expression de l’individualisme et de la singularité dans un monde standardisé, allant jusqu’à employer des méthodes terroristes pour détruire le système en le poussant dans ses retranchements (splendide scène où une bande d’écumeurs commande en grande quantité des nouilles, puis des hamburgers, mettant à mal le système de production en série et son exigence de qualité uniforme ; scène montrée à la manière d’une opération militaire dans toute sa complexité stratégique). Un point de vue singulier pour décrire l’évolution de la société japonaise depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, à travers le prisme de ses marginaux et de ses légendes urbaines.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/tachiguishi-retsuden-3.jpg" alt="" /></p>
<p><strong>Tachiguishi Retsuden</strong> est donc un film bien moins trivialement portnawak qu’il n’y parait à première vue, qui pouvait laisser penser à un bon et innocent délire sur la bouffe – à ce sujet, essayez de relever la place que peut avoir la nourriture dans les films de Oshii Mamoru, de <strong>Lunettes rouges</strong> à <strong>Ghost in the Shell 2</strong>, c’est loin d’être accessoire : tout surprenant qu’il puisse être pour le néophyte, <strong>Tachiguishi Retsuden</strong> ne sort définitivement pas de nulle part et est très cohérent dans la filmo de Oshii, autant dans ses thèmes que par les figures qu’il met en scène.<br />
Cela dit, force est de constater que <strong>Tachiguishi Retsuden</strong> est complexe et pas facile à apprivoiser – il est donc à déconseiller à ceux qui ne sont pas familiers avec l’univers du réalisateur, qui seront bien inspirés de s’y plonger avec des films plus « accessibles » (qu’ils n’en attendent toutefois pas le schématisme d’un Disney, hein) comme <strong>Ghost in the Shell</strong> ou<strong> Jin-Roh</strong> (qui, rappelons-le, n’est pas de lui). Dans l’oeuvre de Oshii Mamoru, le film le plus proche de <strong>Tachiguishi Retsuden</strong> est <strong>Talking Head</strong> (réalisé en 1992, son chef d’oeuvre à mon humble avis, aux cotés de <strong>GitS 2</strong>), à savoir une oeuvre expérimentale, conceptuelle, excentrique et particulièrement bavarde.<br />
Avec sa narration qu’on pourrait rapprocher d’une conférence (un homme raconte les exploits des écumeurs de gargotes, s’appuyant sur des ouvrages et des articles de journaux, de manière très documentée), <strong>Tachiguishi Retsuden</strong> est comme <strong>Talking Head</strong> un film autoréflexif, analysant constamment la scène en cours, la décortiquant sous tous les angles pour mieux en dévoiler le sens. C’est également un film qui forge sa propre logique (certes d’une manière moins évidente que <strong>Talking Head</strong>), développant sa pensée dans un environnement parfois contre intuitif, ou plutôt non naturel. C’est flagrant dans la manière avec laquelle sont dépeintes les techniques des écumeurs sensées leur permettre de manger à l&#8217;oeil : celles-ci ne sont pas tant des stratégies réalistes d’escroquerie qu’une représentation fantastique des rapports de force.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/tachiguishi-retsuden-4.jpg" alt="" /></p>
<p>Un mot tout de même de la technique, tant celle-ci est remarquable.<br />
Le film est réalisé avec un procédé appelé « superlivemation », déjà utilisé à petite dose dans <strong>Avalon </strong>(les explosions qui, plutôt qu’être réalisées en 3D, étaient constituées d’une succession de photos en 2D)(de même que, si ma mémoire est bonne, la désintégration des cadavres des joueurs éliminés), qu’on pourrait rapprocher de l’animation en papier découpé, sauf que les éléments 2D sont ici intégrés à un environnement 3D et peuvent y évoluer, tout en n’ayant aucune épaisseur – un peu comme pourraient le faire des marionnettes plates en papier, comme l’apparaissent parfois les personnages (avec la baguette qui les soutient !). Les personnages, les décors et les accessoires sont donc un assemblage disparate de photographies (certains personnages sont alors incarnés par quelques grands noms de l’animation ou de l’équipe de Oshii loin d’être des acteurs, comme le producteur du studio Ghibli Suzuki Toshio ou le compositeur Kawai Kenji)(le réalisateur en profite aussi pour caser des photos de ses chiens, forcément), de dessins, d’images d’archive, etc&#8230;<br />
Les différents témoignages concordent, pour un animateur, du point de vue technique en tout cas, il n’est pas très intéressant de bosser sur un film de Oshii Mamoru : ils sont en effet très statiques et on n’y trouve finalement pas grand chose à animer ! (tout le contraire de Morimoto Koji et du Studio 4°C dont les réalisations sont des monuments à la gloire du mouvement et de l’animation)(à ce sujet, le DVD nippon de leur omnibus <strong>Genius Party Beyond</strong> est sorti et à priori ça poutraille sévère) Il en fut sans doute différemment sur <strong>Tachiguishi Retsuden</strong> compte tenu du caractère novateur et expérimental du procédé, mais cela ne change rien aux remarques que l’on peut faire sur la mise en scène. Réalisateur fondamentalement contemplatif, Oshii accorde bien davantage d’attention à la subtilité et la composition d’un plan fixe qu’à la réalisation du mouvement qui le suit ; ce qui ne l’empêche pas, en bon perfectionniste, d’aller chercher parmi les meilleurs animateurs pour l’exécuter (l’un dans l’autre faisant que les films de Oshii sont à chaque fois techniquement irréprochables). On comprend alors mieux pourquoi ce procédé convient parfaitement à la mise en scène de Oshii Mamoru, puisqu’il consiste avant tout à manipuler des éléments fixes.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/tachiguishi-retsuden-5.jpg" alt="" /></p>
<p>Beau film donc, grand film même.<br />
Déstabilisant à la première vision, il nécessite de s’y coller une deuxième fois (et sans doute d’autres ensuite) pour se défaire de l’impression de rouleau compresseur qui l’accompagne : complexe, extrêmement dense et bavard, <strong>Tachiguishi Retsuden</strong> est en effet un film épuisant à regarder, sollicitant l’attention du spectateurs à tous les postes. Du coup, il est conseillé de le revoir en essayant de se détacher de son écrasant verbiage afin de pouvoir admirer son étonnante plastique, à couper le souffle, et véritablement apprécier le film dans toute sa richesse.<br />
Déconseillé aux cinéphiles du dimanche – sauf bien sur à ceux qui douteraient encore de l’existence de films à la fois beaux, intelligents, profonds et novateurs.</p>
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		<title>Coleção Zé do Caixão (José Mojica Marins)</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Nov 2008 17:23:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<category><![CDATA[cinéma brésilien]]></category>
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		<description><![CDATA[Plongée dans le monde halluciné de Zé do Caixão, croque-mort mégalo et psychopathe.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vous le savez peut-être déjà, j’aime beaucoup le cinéma de José Mojica Marins et je m’étais déjà réjoui sur mon blog (le vieux, qui n&#8217;existe plus) de l’annonce de son nouveau film. C’était l’occasion ou jamais de revenir sur son oeuvre atypique, je ne vais pas la manquer. Un panorama partiel car je ne connais pas tous ces films (je ne sais même pas trop dans quelles conditions ils sont disponibles&#8230; ou non), mais je vais vous présenter l’intégralité du coffret Coleção Zé do Caixão édité par Cinemagia (une édition brésilienne, mais non-zonée et proposant dans sous-titres français&#8230; parfois un peu étranges, mais ce genre d’attention est si rare).<br />
L’occasion de découvrir un cinéma Z et abracadabrantesque, avec du carton pâte, des filtres colorés, de la violence exercée sur des femmes à moitié nues, de la sauce tomate et des dialogues qui ne veulent rien dire débités par des acteurs à coté de leur pompes, mais également une des oeuvres les plus proprement hallucinantes du patrimoine cinématographique mondial.</p>
<p><a name="ze"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/ze-do-caixao-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Cette nuit je m&#8217;incarnerai dans ton cadavre</strong> (1964)</div>
<p>Les deux premiers films du coffret – <strong>A minuit je possèderai ton âme</strong> et <strong>Cette nuit je m&#8217;incarnerai dans ton cadavre</strong> – forment le diptyque fondateur de la mythologie « Zé do Caixão ». On y découvre le personnage de Zé do Caixão (« Zé du cercueil », connu comme « Coffin Joe » dans sa version anglaise), croquemort mégalomane et blasphémateur, obsédé par l’immortalité de sa lignée et cherchant la femme parfaite qui portera son fils, qu’il fantasme comme l’homme supérieur/parfait/immortel. En bon mégalo Zé ne se fixe aucune limite à la réalisation de son projet, il tue donc tous ceux qui osent se dresser face à lui (il assassine son meilleur ami car il pense que sa femme sera une bonne génitrice !). Et forcément il est considéré comme le démon par tous les habitants du village, qui le craignent comme le Diable. Lui de son coté moque continuellement leur superstition, leur naïveté, leur lâcheté et leur faiblesse dans de grandiloquentes tirades – par ailleurs le plus souvent filmées en un seul plan séquence où Mojica fait son show, cabotinant un max.<br />
Parce qu’il faut avouer que pour le cinéphile sortant guère des sentiers battus du bon goût le cinéma de José Mojica Marins a de quoi déstabiliser, un premier temps par une écrasante mégalomanie et une propension à partir en live qui ne connaissent pas de limites, et donc un discours abracadabrantesque qui pousse souvent jusqu’à l’incohérence. Ajoutez des acteurs souvent branquignols, et le tout à un petit parfum, pas désagréable, de nanar. Mais attention ! De cette race de nanars qui tendent vers le bon film plutôt que vers le navet, et dont la faute n’est pas la médiocrité mais au contraire le brin de folie hors norme qui les anime.<br />
Il en est de même de la mise en scène, qui part dans tous les sens dans des effets parfois kitch et sans nul doute un certain nombre de faux raccords. Mais c’est classouille. Surtout le premier, le deuxième étant dans sa plus grande partie plus sage (sur la réalisation), à l’exception du voyage infernal de Zé qui préfigure les exubérances graphiques de <strong>L’Eveil de la bête</strong>.<br />
<em>Bad guy</em> inflexible et sans contradicteur, Zé n’en est pas moins un personnage au traitement ambigu et troublant, qui fait planer le doute sur les intentions du réalisateur (probablement aussi à l’ouest que son personnage/avatar). Et quelque part c’est là tout le sel de Zé do Caixão, cette ambiguïté, non pas du personnage qui lui reste droit dans ses bottes (sauf peut-être dans sa tentative de rédemption finale), mais de son traitement qui ne peut s’empêcher, après l’avoir vu défier la terre entière et les dieux avec, de le confronter à ses démons et à son arrogance. Rien que de plus normal dans une fiction traditionnelle, mais dans ce cas très particulier où personnage et réalisateur se confondent voilà qui étonne et qui laisse sur la langue (qui a dit que le cinéma ne pouvait pas être gustatif ?) comme un petit goût de schizophrénie : Mojica/Zé met en scène dans ses films à la fois son scepticisme athée, voir même son arrogance parjure, mais également son indécrottable culture catholique (ne serait-ce son obsession filiale, fortement teintée d’Antéchrist) qui, quoi qu’on en dise, imprègne le moindre de ses films.</p>
<p><a name="monde"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/ze-do-caixao-2.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Tara</strong> (1968)</div>
<p>Le titre du troisième DVD, <strong>Le Monde étrange de Zé do Caixão</strong>, n’est malheureusement qu’une honteuse accroche racoleuse, puisque nous n’y verrons quasiment pas notre croquemort favori. Triste. Nous aurons quand même droit à une introduction de sa part, un moment sublimement nanar soit dit en passant, où sur fond de ciel d’orage Zé nous balance de longue minutes d’un monologue incohérent au possible (retranscription pêle-mêle : « C’est quoi le néant ? C’est le tout. C’est quoi le tout ? C’est le néant. Vous avez peur du néant car vous craignez la mort. C’est quoi la mort ? C’est le début de la vie. C’est quoi la vie ? C’est le début de la mort. » et ça continue, c’est anthologique).<br />
La suite est une collection de courts/moyens métrages réalisés par Mojica, mais sans Zé (ou presque).<br />
Le premier (<strong>Le Fabricant de poupées</strong>, <strong>O Fabricante de bonecas</strong>) n’a pas grand intérêt – à l’exception peut-être de la « fusillade » finale qui alterne gros plans sur le flingue qui recharge et tire et très gros plans sur les yeux des hommes se faisant descendre (un classique de la mise en scène de Mojica) et qui fait son petit effet. Pour le reste, c’est l’histoire d’un vieux pépé et de ses quatre filles qui fabriquent des poupées magnifiques en utilisant des yeux humains&#8230; déjà vu cinquante fois, et sans intérêt dans la forme.<br />
Le deuxième (<strong>Tara</strong>) est par contre beaucoup plus chouette. Quasiment (totalement ?) muet, il prend la forme d’un conte bizarre, peignant la fascination d’un vendeur de ballons (saltimbanque, <em>freak</em>, débile,&#8230; tout ce que vous voulez) pour une jeune femme qui a tout de la petite bourgeoise, pas la même classe sociale donc. Et effectivement pendant tout le film notre bonhomme semble transparent à ses yeux, à tel point que j’ai pu me demander si il avait effectivement une existence physique. La mise en scène est jolie, avec une photo un peu cheap comme dans tous les films de Mojica mais qui fuit l’homogénéité (donc c’est bien), d’autant plus intéressant que la bande son opère elle aussi de bonnes grosses ruptures comme on aime. Et sans spoiler le final, faut avouer qu’il est joliment malsain mais aussi, tout surprenant que cela puisse paraître de la part d’un bisseux comme Mojica, dépourvu de complaisance voyeuriste et voire même tendre en dépit de ce qu’il illustre.<br />
Le troisième et dernier film (<strong>Ideologia</strong>) est moins joli (il est même assez commun de ce niveau là) mais voit enfin apparaître Zé, de manière détournée, sous les traits du professeur Oãxiac Odéz (nom qui insiste auprès du spectateur distrait que le personnage n’est qu’un nouvel avatar de Zé/Mojica). Dans une scène d’introduction qui préfigure <strong>L’Eveil de la bête</strong> (où José Mojica Marins joue son propre rôle et expose ses théories sur un plateau de télé) le professeur tient, avec le sens de la logique fumeuse de son auteur, la position selon laquelle l’amour n’existe pas, seul existe une attraction instinctive. Un des journalistes reste sceptique et Odéz le convie lui et sa femme dans sa demeure ou il lui prouvera ses théories. La petite expérience autour d’un verre de bourdon se révèle rapidement être une orgie sadomaso cannibale, avant que le professeur ne soumette ses invités à une épreuve (grossièrement) calquée sur la Genèse pour tester leur volonté façon messe païenne vampirique. Ça n’en a donc pas le nom mais c’est du pur Zé do Caixão, aussi abracadabrantesque que sadique.</p>
<p><a name="bete"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/ze-do-caixao-3.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>L’Éveil de la bête</strong> (1970)</div>
<p>On se frotte à présent au gros morceau de ce coffret, à savoir le chef-d’oeuvre de José Mojica Marins : <strong>L’Éveil de la bête</strong> (parfois aussi appelé <strong>Le Rituel des sadiques</strong>, <strong>Ritual dos Sádicos</strong>, qui strictement est le titre du film dans le film).<br />
Un film bien étrange dans son genre, une sorte de méta Zé do Caixão, même si on ne voit pas immédiatement où il veut en venir. Il est même probable que l’entame du film traîne en longueur et en digression en tout genre. Il s’agit en effet d’une succession de scènes de débauche qu’un psychologue prend comme exemple pour illustrer les méfaits de la drogue. Certaines sont d’ailleurs plutôt rigolotes, comme la première (assez impressionnante en fait, et joliment mise en scène) qui fait très hippie, et surtout celle au fort sous-entendu zoophile où une bourgeoise cocaïnée mate sa fille baiser avec un domestique tout en caressant son poney de compagnie (miam miam). Mais voui, ça tire en longueur. On en arrive enfin au fait : notre brave toubib réalise une expérience d’hypnose sous LSD où il soumet ses cobayes à un stimulus visuel traumatisant, en l’occurrence une affiche de notre ami Zé do Caixão (pour être précis, l’affiche du <strong>Monde étrange&#8230;</strong>). On assiste alors à leurs hallucinations, hautes en couleurs et terriblement psychées, où Zé apparaît en maître de cérémonie d’une série de tortures et autres jeux sadiques. Il apparaît et disparaît au gré des coupes (un peu comme un ninja dans un film de Joseph Lai mais sans bombinette, ou pour prendre une référence plus glorieuse, comme dans un film de Méliès !), désintègre des femmes à la chaîne, tire des boules de feu,&#8230; tout ça dans un déluge d’effets spéciaux, visuels ou de montage, aussi excitants (et parfois inventifs, comme celui où il bat la femme en se téléportant à chaque coup qu’il donne) que kitch !<br />
En gros et pour faire bref, dans ce film Mojica se pose comme grand traumatisme psychique de la culture brésilienne ! Rien de moins ! En quelque sorte il cultive son image de gusgus transgressif (il s’aventure sur des terrains interdits) et insaisissable (chacun des cobayes le considère d’une manière différente, certains comme le démon d’autres comme un héros), mais surtout incroyablement populaire (avec ses films, mais aussi ses bandes dessinées).<br />
(en passant, dans ce film le père Mojica se permet d’enchaîner sans complexe neuf fois de suite le même faux raccord, ce qui doit être le record du monde toute catégorie)</p>
<p><a name="finis"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/ze-do-caixao-4.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Finis Hominis</strong> (1971)</div>
<p>Pas (du tout du tout) trace de Zé dans le cinquième film du coffret, le bien étrange <strong>Finis Hominis</strong>. Un film qui, un temps du moins, semble d’ailleurs suivre une orientation très différente de celle des Zé do Caixão.<br />
Ça commence donc avec l’apparition d’un homme nu sur une plage. Le bonhomme semble réaliser des miracles (à sa vue une grand-mère paralysée remarche, des violeurs sont mis en fuite,&#8230;) ce qui, allié à son caractère insaisissable, le type semblant apparaître et disparaître à volonté, commence à attirer l’attention, voir même le culte de certains. L’illuminé fini par trouver des vêtements (un accoutrement très indou dans son genre, très new-age, voir même <em>wannabe-Katmandou</em>) mais continue sa déambulation, souvent suivit par une cohorte de « fidèles », et continue ses miracles : il sauve une femme adultère du lynchage, il fait guérir une fillette, il « ressuscite » un milliardaire tué par sa famille pour toucher l’héritage,&#8230; mais toujours avec ce flegme si particulier aux personnages incarnés par Mojica ainsi que son anti-conformisme parfois étrange (comme lorsque, salué comme le messie par une bande de hippies, il leur balance de grandes poignées de pièces de monnaie et les regarde se battre pour l’argent).<br />
<strong>Finis Hominis</strong> est une film « déambulatoire » avec pas vraiment d’action si ce n’est une succession de scénettes (un peu à la manière du début de <strong>L’Éveil de la bête</strong>) qui observent tour à tour un milieu et/ou des personnages, l’arrivée de l’énergumène et sa « réaction » face à la situation. Le plus comique étant de voir Mojica construire un personnage qui a tout du Messie, lui qui d’habitude se moque tant de la religion (rassurons les fans, c’est finalement ce qu’il fait ici aussi).</p>
<p><a name="delires"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/ze-do-caixao-5.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Délires d’un anormal</strong> (1978)</div>
<p>Et pour finir, quoi de mieux que le totalement extravagant <strong>Délires d’un anormal</strong>, mon préféré avec <strong>L’Éveil de la bête</strong>, et qui fonctionne sur un principe similaire à ce dernier. Dans ce film un psychiatre sombre dans la folie et est assailli d’hallucinations où Zé do Caixão, toujours en quête de la femme parfaite pour acquérir l’immortalité de son sang, convoite sa fiancée. Pour le guérir ses collègues font appel à José Mojica Marins (qui joue donc une nouvelle fois son propre rôle) qui va essayer de convaincre le malade que Zé do Caixão n’existe pas (super idée !).<br />
<strong>Délires d’un anormal</strong> se situe donc dans la droite lignée de <strong>L’Éveil de la bête</strong>, entre délire psychiatro-psychanalytique et imaginaire psychédélique, sauf que dans ce nouveau film Mojica va encore plus loin dans la facette expérimentale de sa démarche, délaissant le peu de scénario pour principalement s’intéresser à ses délires visuels. La partie « histoire » est en effet très réduite (disons une vingtaine de minutes à tout casser, soit un quart du film), le reste étant composé d’élucubrations visuelles où Zé règne en maître, succession (qu’on qualifierait volontiers de sans queue ni tête) d’orgies, tortures, scènes de cannibalisme, animaux à sang froid et autres visions infernales.<br />
Un des points marquants de ce film (et qui en un sens prolonge la démarche autoréférentielle de <strong>L’Éveil de la bête</strong> d’une manière moins littérale) c’est que ces scènes de délire sont pour une bonne moitié composées de stock-shots des précédents films de Mojica (double objectif : 1/ réinjecter la mythologie Zé do Caixão dans le film, 2/ réaliser un film à moindres frais !). Le remploi n’est pas chose nouvelle dans l’oeuvre du réalisateur, mais jusqu’à présent il se limitait à des plans de coupe et d’insert, n’ayant pas de véritable signification. Par la suite <strong>L’Éveil de la bête</strong> utilisera un extrait de <strong>Cette nuit je m&#8217;incarnerai dans ton cadavre</strong> lorsque les personnages vont voir le film au cinéma, utilisant cet extrait comme terreau des hallucinations qui vont suivre et de l’imaginaire des personnages. <strong>Délires d’un anormal</strong> systématise cette démarche, à un point tel (les stock-shots constituent au bas mot la moitié des scènes d’hallucination) qu’on pourrait y voir une entreprise de remix des films de Zé do Caixão. A ce sujet, le jeu entre les scènes empruntées à des films différents mais ici juxtaposées les unes avec les autres et mélangées à de nouvelles prises de vue est parfois très convaincant.<br />
Et surtout il formalise, et utilise au coeur de l’oeuvre, un constat que pour ma part je vais livrer en conclusion : les films de Zé do Caixão sont la matrice d’une imagerie extrêmement puissante, foisonnante et stimulante.</p>
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		<title>Débordements #4 : Ninjas lesbiennes vs. Monstres visqueux</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/debordements-4-ninjas-lesbiennes-vs-monstres-visqueux/</link>
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		<pubDate>Mon, 28 Jul 2008 16:39:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma japonais]]></category>
		<category><![CDATA[film érotique]]></category>
		<category><![CDATA[Iguchi Noboru]]></category>
		<category><![CDATA[Kobayashi Yo]]></category>
		<category><![CDATA[Kuramoto Kaoru]]></category>
		<category><![CDATA[lesbiennes]]></category>
		<category><![CDATA[Nakano Takao]]></category>
		<category><![CDATA[portnawak]]></category>
		<category><![CDATA[tentacules]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd'hui on racole avec des films bien déviants : Killer Pussy (Nakano Takao, 2004), Sukeban Boy (Iguchi Noboru, 2006) et la trilogie La Blue Girl (Kobayashi Yo &#038; Kuramoto Kaoru, 1994-1996).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>(un petit article racoleur au service d’un cinéma déviant comme on aime)</p>
<p>Séance de rattrapage pour ceux qui auraient quelque chose à rattraper :<br />
- <a title="Débordements #1 [nihon-eiga]" href="http://nihon-eiga.over-blog.com/article-21288110.html">Débordements #1 : esclavagisme et domination</a> (sur Nihon-eiga)<br />
- <a title="Débordements #2" href="http://insecte-nuisible.com/debordements-2-des-fleurs-et-des-peaux/433/">Débordements #2 : des Fleurs et des Peaux</a> (ici même)<br />
- <a title="Débordements #3 [wildgrounds]" href="http://wildgrounds.com/index.php/2008/07/25/debordements-3-cocktail-sulfureux/">Débordements #3 : Cocktail sulfureux</a> (sur Wildgrounds)</p>
<p>Dans mon premier débordement j’avais été assez classe, mettant en avant des films d’une certaine qualité artistique. Aujourd’hui vous allez me suivre dans les méandres d&#8217;un cinéma dégénéré, celui où on compense un sens de la mise en scène somme toute limité par l’absence d’inhibition et une forte propension au grand n’importe quoi.</p>
<p><a name="pussy"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/killer-pussy-1.jpg" alt="" /></p>
<p><span class="titrerevue">Killer Pussy (Nakano </span><span class="titrerevue">Takao,</span><span class="titrerevue"> 2004)</span></p>
<p>Dans cette spécial érotisme nawak il aurait été impensable de ne pas évoquer le grand Nakano Takao, pape de l’érotisme ras du slip, de l’humour pas drôle et du gore mal fait. Un cinéma merveilleux où les filles se baladent en sous-vêtements et ont une durée de vie proportionnelle à leur volume mammaire, et où finalement le nazissime devient synonyme de sublime.<br />
Dans <strong>Killer Pussy</strong> – sans doute son film le plus accessible en occident, et le plus connu, parfois sous le titre <strong>Sexual Parasite</strong> – une bande jeunes gens neuneux (deux crétins et trois dindes) ont une panne de voiture en pleine forêt et s’en vont donc chercher de l’aide. Ils tombent sur une maison abandonnée où, après que les filles se soient mises en petite culotte, ils ouvrent la chambre froide où était conservé le corps d’une femme infestée par un immonde parasite plein de dents, se logeant dans le vagin de ses hôtesses et les rendant folle de baise cannibale.<br />
Tout ça n’est évidemment que prétexte (même si on sait que Nakao s’en passe volontiers !) pour un gros délire qui oscille entre vidéo d’idol en bikini et série Z gore. Rien n’est épargné au spectateur libidineux et mentalement perturbé, des cat-fights pseudo-saphiques en milieu humide aux délires gorets à base de monstre tout pas beau et d’arrachage de mamelon, sans oublier l’indispensable plan-nichons subaquatique.<br />
Avec en plus, summum du bon goût, des plans intra-vaginaux en images de synthèse !!!</p>
<p><a name="boy"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/sukeban-boy-1.jpg" alt="" /></p>
<p><span class="titrerevue">Sukeban Boy (Iguchi </span><span class="titrerevue">Noboru,</span><span class="titrerevue"> 2006)</span></p>
<p>Encore un film n’ayant d’autre ambition que d’être un grand délire rempli à ras bord de gros fan service qui tache, <strong>Sukeban Boy</strong> est adapté d’un manga de Nagai Go, bien connu chez nous en tant que papa de <strong>Goldorak </strong>mais que les gens de bon goût connaissent également pour ses oeuvres violentes (<strong>Violence Jack</strong>) et/ou déshabillées (<strong>Kekko kamen</strong>). C’est donc l’histoire d’un gamin vexé de ressembler à une fille et qui donc adopte un comportement de voyou. Le problème c’est qu’il finit par se faire virer de toutes les écoles de garçons, et alors la seul solution pour lui de continuer sa scolarité est donc de se travestir pour intégrer un lycée de filles. Et c’est là que commence le gros nawak, le lycée étant le lieu d’affrontements de gangs féminins hauts en couleurs – signalons entre autres des nonnes nue se battant avec des pinces à téton – mais aussi d’une mystérieuse ninja lesbienne topless. Que du bonheur. Et encore je vous dis pas qu’il y a des nénés-canons et des combats de femmes (presque) nues.<br />
Il ne faut certes pas être allergique au graveleux ou à l’humour dessous la ceinture, mais <strong>Sukeban Boy</strong> est un film extrêmement drôle. Cela joue principalement sur sa manière totalement décomplexée, d’autant plus jouissive que les ficelles sont grosses, de jouer sur le fan-service et les bas instincts du spectateur. Alors en bon tâcheron généreux Iguchi s’en donne à coeur joie : la moindre technique de combat est l’occasion de plan culotte (un peu) et/ou de plan nichons (beaucoup), plutôt que de tuer les balles dégrafent les chemisiers et les actrices se tapent dessus en poussant des gémissements d’actrice porno (ce qu’elles sont pour certaines).<br />
C’est même parfois bien plus « fin », en particulier la scène dans le club de féminité : dans une savoureuse parodie des fantasmes d’AV les filles y apprennent à cultiver leur féminité en éprouvant la honte, rougissant et jouant les mijaurées lorsqu’on les déshabille ! Une scène d’anthologie.</p>
<p><a name="girl"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/la-blue-girl-1.jpg" alt="" /></p>
<p><span class="titrerevue">La Blue Girl <em>live-action</em> (Kobayashi </span><span class="titrerevue">Yo &amp;</span><span class="titrerevue"> Kuramoto </span><span class="titrerevue">Kaoru,</span><span class="titrerevue"> 1994-1996)</span></p>
<p>Pour finir en beauté j’ai l’immense plaisir de vous toucher un mot de cette excellente trilogie qu’est <strong>La Blue Girl</strong>. Il s’agit à l’origine d’un manga de Maeda Toshio, dessinateur génial et pervers à qui on doit <strong>Urotsukidoji</strong>, bien entendu décliné en anime mais ayant également fait l’objet d’un portage en film live (hourra !).<br />
<strong>La Blue Girl</strong> c’est le récit d’une lutte millénaire entre deux clans ninja : des méchants qui ont conclu un pacte avec les forces infernales et sont eux-mêmes devenus des démons libidineux à tentacules et un clan (les gentils) de femmes ninjas en tenues sexy. La mécanique scénaristique est fort simple, les démons débarquent toutes tentacules dehors, l’héroïne et ses copines se battent contre eux et tombent dans leur piège, se font violer dans tous les sens en poussant des gémissements par des tentacules qui leur massent les nénés et les badigeonnent de leurs fluides poisseux, avant qu’elle ne trouvent finalement la force de leur casser la figure.<br />
Il faut avouer que cette trilogie (qui même si elle a été réalisée en deux fois constitue une seul histoire) commence un peu mollement : le premier épisode est rigolo, fait office de mise en bouche appréciable, mais est bien loin du niveau des deux suivants. Car faut dire que ça y va fort, le deuxième réservant exclusivement, à l’exception d’une petite et sympathique baston, ses quarante dernières minutes (sur un film d’une heure dix !) aux scènes de viols tentaculaires. On y trouve là aussi des plans de pénétrations vues de l’intérieur, mais cette fois réalisés avec des effets spéciaux old-school à grand renfort de caoutchouc et de gel qui fait splouch splouch ! Et c’est l’apothéose avec le troisième épisode et ses ninjas nymphomanes qui se pelotent sous la douche, guérissent leurs blessures grâce à l’énergie sexuelle et ouvrent les portails dimensionnels en se masturbant – on ne peut alors que lui pardonner une petite baisse de rythme au milieu et une apparition tardive des tentacules.<br />
Donc vous me croirez sur parole lorsque je vous dis que <strong>La Blue Girl</strong> est un must-see pour tous les amateurs de cinématographie déviante et visqueuse. Totalement dingue, inventif et assumé, <strong>La Blue Girl</strong> est en quelque sorte la synthèse ultime de <strong>Urotsukidoji </strong>et <strong>Pretty Guardian Sailor Moon</strong>. Sugoi !</p>
<p>A suivre chez Hard-Boiled avec <a title="Débordements #5 [hard-boiled]" href="http://hard-boiled.over-blog.com/article-21549189.html">Débordements #5 : Amours Dépressifs ou le Spleen Urbain dans le Pinku</a></p>
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		<title>Burst City (Ishii Sogo, 1982)</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Jul 2008 20:50:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
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		<description><![CDATA[Burst City est un de ces films radicaux et improbables qui font recracher leur cinéphilie aux apparatchiks du cinéma normal.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A l’origine, tout à mon envie de parler de Ishii Sogo, je pensais aborder le cas de <strong>Dead End Run</strong>, film récent (2003) et loin de faire l’unanimité même parmi les aficionados du cinéaste (moi j’aime et ce n’est que partie remise). C’est en écrivant l’introduction de l’article, où j’exposais mon choix à priori étrange et concluais en me jurant de revenir sur Ishii Sogo à travers certains de ses films plus « importants », que je me suis dit que c’était trop bête. Donc me voilà qui change d’avis, efface tout, change de DVD dans la platine. On parlera donc de <strong>Burst City</strong>. Un choix plus « consensuel » probablement, comme peut l’être la décision d’encenser un film plus ancien (1982) d’ores et déjà consacré culte, mais ne vous y trompez pas pour autant : <strong>Burst City</strong> est de ces films radicaux et improbables qui font recracher leur cinéphilie aux apparatchiks du cinéma normal.</p>
<p>Et puis finalement consacrer un article à <strong>Burst City</strong> sur ce blog n’est pas une mauvaise chose. Car vous m’y entendrez probablement chanter les louanges ou tout simplement vous toucher un mot de cinéastes comme Tsukamoto Shinya, Miike Takashi ou encore Fukui Shojin, cinéastes pour qui les films punk de Ishii Sogo – et en particulier <strong>Burst City</strong> qui en est l’accomplissement – ont été d&#8217;une énorme influence. Il est même pas rare chez ces réalisateurs de retrouver des plans, souvent parmi les plus marquants et les plus expressifs, directement empruntés chez Ishii. Un exemple parmi tant d’autres : le type qui dans <strong>Burst City</strong> attaque la ville debout sur son bulldozer, repris pour la scène finale de <strong>Tetsuo</strong>.<br />
Et on comprend que ce film ait marqué ces réalisateurs, tant celui-ci est une folie furieuse au niveau visuel (à tous les niveaux en fait). A coté de passages à la cinématographie beaucoup plus <em>roots</em>, le film foisonne de bizarreries qui ne dépareilleraient pas dans un court métrage expérimental – c’est même parfois bien plus barge que bien des trucs soi-disant « extrêmes » que j’ai pu voir dans des expos. Pas étonnant, <strong>Burst City</strong> étant à la fois un grand film d’esbroufe et un grand film laboratoire où tout est permis.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/burst-city-1.jpg" alt="" /></p>
<p>La scène d’ouverture est d’emblée anthologique. La réunion de fulgurances cyberkeuponnes typiquement ishiiennes (<em>highways </em>nocturnes en vue subjective syncopée), de barbares de la route à la <strong>Mad Max</strong> (le film de Miller est sorti trois ans auparavant et sa manière très frontale de cadrer les engins et de faire entendre les moteurs a du déteindre sur Ishii) et de plans dans une tradition de yakuza-eiga. Un simple avant-goût de ce qui va suivre.<br />
Puis suivent quinze bonnes minutes de plans backstage tournées dans un noir et blanc métallique, de concerts punk et de comédie musicale ponctuée de yakuza et de prostituées. Avant d’enchaîner sur un rassemblement de jeunes excités qui se défient au 400m départ arrêté avec leurs bolides customisés, le tout éclairé au phare de bagnole. Les mêmes gosses, et les mêmes punks, qui le jour venu glandent dans leur squat tout pourri. Le tout avec un petit arrière goût « documentaire » qui fait qu’on se demande si Ishii n’est pas en train de nous faire sa version portnawak du <strong>Godspeed You! Black Emperor</strong> de Yanagimachi Mitsuo, déjà peinture documentaire d’une certaine jeunesse marginale.<br />
A cet amas bruyant d’où on commence à peine à trouver un commencement de scénario Ishii rajoute la dernière pièce de son puzzle : des terres dévastées, des friches industrielles, des décharges qu’on croirait conséquence d’une catastrophe nucléaire (« ça sent l’énergie atomique ici » dit un des personnage) et qui semblent entourer la ville. Ou inversement, comme si la ville s’était bâtie sur ces terres incultes, telle une Neo-Tokyo corrompue dès l’origine.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/burst-city-2.jpg" alt="" /></p>
<p><strong>Burst City</strong> est alors une oeuvre au statut ambigu, entre film de SF post-apocalyptique dont il semble vouloir arborer l’esthétique – on a même droit à un gros mutant tout irradié – et sorte d’autofiction de la scène punk – on y retrouve, dans leur propre rôle, des groupes phares du mouvement comme The Stalin. A la fois représentation revendicatrice et brutale d’un présent fantasmé et extrapolation <em>indus </em>d’un futur qui lui revient dans la gueule. Deux faces d’une même pièce finalement liées, formellement par la dimension musicalement excitée du film et au niveau du fond dans leur volonté commune de raser la ville de la carte.</p>
<p>Alors même si on pourrait y voir comme une utopie punk, il est presque vain de se demander si <strong>Burst City</strong> est un film de SF : « no future » qu’il nous scande, balayant toute ambition de prospective. Un vrai manifeste punk quoi, qui certes dénonce ci et là quelques faits plus ou moins dérangeants (main mise de yakuza sur les quartiers et trucs du genre), mais qui surtout n’a envie que de tout casser en faisant le plus de bruit possible. On ne s’étonnera alors pas que le dernier tiers du film ne soit qu’une immense baston ; punks contre punks contre CRS contre freaks contre yakuzas ; jusqu’à l’arrivée de troupes d’élite dont l’accoutrement a tout d’un bis de stormtrooper et qui dans un déluge pyrotechnique fusionneront concert punk et série B <em>post-nuke</em>.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/burst-city-3.jpg" alt="" /></p>
<p>Après – tout fan du film que je sois et ravalant pour quelques lignes ma mauvaise foi – <strong>Burst City</strong> est un film assez bancal. Un premier temps parce qu’il n’y a pas de scénar et que finalement le peu qu’il y a (l’histoire avec la prostituée qui veut fuir) on s’en passerait. Mais j’aime les films sans scénario, vous le savez. Ensuite parce que le film souffre d’un rythme un peu bizarre, Ishii n’ayant pas encore acquis la maîtrise narrative qui sera la sienne. Seule la plus grande honnêteté du monde n’amène à vous dire ça, car personnellement cela ne me dérange absolument pas ! D’ailleurs Ishii lui aussi semble un peu s’en foutre, pour se consacrer principalement sur l’instant ; pour lequel il est d’ailleurs très doué.<br />
Sa mise en scène est vive, brutale. Tout est dans le mouvement, l’énergie, le soulèvement ; ne nous étonnons alors pas que le cadrage soit des plus sauvages puisque seuls comptent les déplacements fous furieux de la caméra (parfois comme mise dans un mixer) et un montage au plus serré. Alors <strong>Burst City</strong> a beau être par certains cotés un peu superficiel, il fait preuve d’une énergie punk hors du commun et est ma foi terriblement fascinant. Et qui plus est il a manifestement profondément changé, sinon la face du monde, celle d’un certain cinéma japonais d’excités.</p>
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		<title>Nice no mori (Ishii Katsuhito feat. Aniki &amp; Miki Shunichiro, 2005)</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Jul 2008 19:34:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nice no mori en perturbera certains, ceux qui veulent à tout prix sortir d'un film en y ayant compris quelque chose et en pouvant raconter ce qu'il s'y passe ; il en enchantera d'autres, ceux qui n'en ont rien à faire de toute sorte d'intrigue et ne vont au cinéma que pour prendre leur pied face au dernier film d'un cinéaste généreux, bourré d'audace et de talent.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Parmi les nouveaux réalisateurs japonais, Ishii Katsuhito est sans aucun doute un des plus intéressants – intéressant pour ses films en eux-mêmes, mais aussi intéressant à suivre en tant que cinéaste aux talents polymorphes. Chez nous il est principalement connu pour <strong>The Taste of Tea</strong>, son seul film ayant eu les honneurs d’une sortie dans notre pays, ainsi que pour sa soi-disant participation à la séquence d’animation de <strong>Kill Bill vol.1</strong> (c’est probablement à son compère Koike Takashi qu’on doit ce pour quoi Ishii est crédité). Sa carrière est pour l’instant relativement courte (il fait ses premiers pas en 1998), mais est déjà riche de bien des choses réjouissantes. Il est même probable qu’à l’exception de ses vidéos comiques autour des frères Hokuro (à l’humour assez typique et aussi difficile à suivre pour qui ne parle pas la langue) sa filmographie complète soit un <em>must-see</em>. Ses films <strong>Shark Skin Man &amp; Peach Hip Girl</strong> ou encore <strong>Party 7</strong> comme ses incursions dans le cinéma d’animation avec l’excellente (mais malheureusement avortée) série <strong>Trava: Fist Planet</strong>, la moindre de ses réalisations est une oeuvre rare et iconoclaste, personnelle et pleine d’inventivité. Et, « film » auquel participent également (à la manière de musiciens invité sur l’album d’un autre) Miki Shunichiro et Ishimine Hajime (aka Aniki), <strong>Nice no mori</strong> – ou <strong>Funky Forest</strong> – est en quelque sorte l’aboutissement de la <em>Ishii Katsuhito touch</em>, où ses délires ne rencontrent pas de limites (en particulier scénaristiques ou de construction) et peuvent réellement s’épanouir dans tous les sens.<br />
Allergiques aux films qui ne ressemblent à rien s’abstenir.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/nice-no-mori-funky-forest-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Je ne résumerais pas le film, c’est presque pas possible.<br />
Je me contenterai d’un petit mot sur la forme qu&#8217;il prend, loin de toute structure traditionnelle : une succession de scénettes mettant en scène (entre autres) trois frères totalement à l’ouest, deux amis qui se racontent leurs rêves, un chien scénariste de dessins animés, des extraterrestres et des filles à couettes (!!!) ; où vous apprendrez des techniques imparables pour retirer un parasite de sous l’aisselle, décliner l&#8217;invitation d&#8217;un gros lourdo à boire un verre ou organiser un pique-nique de célibataires avec que des hommes, ainsi qu’à jouer de tout plein d’instruments de musique bizaroïdes. Exit tout semblant d&#8217;histoire (limitée à des récurrences de personnages) qui parasiterait le film à trop vouloir être développée et boufferait toute la place. Ici, c&#8217;est 100% je pars en vrille, une compil&#8217; parfois cohérente, parfois moins, de sketchs tous aussi tordus les uns que les autres. Ça en perturbera certains, ceux qui veulent à tout prix sortir d&#8217;un film en y ayant compris quelque chose et en pouvant raconter ce qu&#8217;il s&#8217;y passe ; ça en enchantera d&#8217;autres, ceux qui n&#8217;en ont rien à faire de toute sorte d&#8217;intrigue et ne vont au cinéma que pour prendre leur pied face au dernier film d&#8217;un cinéaste généreux, bourré d&#8217;audace et de talent.</p>
<p>Soyons honnête quand même, il est délicat de rentrer dans le film, d’autant plus que la première moitié du film me semble moins prenante que la deuxième – quand à savoir si cela est effectivement le cas ou si le film nécessite un temps d’adaptation, mystère et boule de gomme.<br />
D’autant plus que Ishii et ses compères aiment prendre leurs aises, faire durer les scènes, se faire plaisir, quitte à parfois en oublier le spectateur qui lui n’est pas toujours dans le même trip. Certaines scènes tirent alors un peu en longueur, tournant parfois au délire monomaniaque et/ou à la démonstration technique. C’est la limite de <strong>Nice no mori</strong>, mais c’est justement cette absence de compromis qui est sa plus grande qualité et en fait un des plus grands portnawak filmiques de ces dernières années. <strong>Nice no mori</strong> persiste donc dans ses délires, prend le temps de les faire durer autant que nécessaire, comme pour les déguster longuement. On ne pourra pas dire qu’il n’approfondisse pas ses idées, malgré son zapping et sa structure complètement atomisée, au contraire il les décline constamment en variantes. Ainsi le film revient de temps à autre sur ses personnages pour un nouveau sketch suivant les mêmes codes : les trois filles de la station thermale racontent chacune leur histoire, les guitar brothers reviennent inlassablement avec guitares et Snickers et les séances de « HOME ROOM !!!!!!!!! » (une méthode pédagogique qui ferait peur à l’éducation nationale) s’enchaînent avec frénésie.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/nice-no-mori-funky-forest-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Je ne connais ses deux collaborateurs ni d’Eve ni d’Adam, mais aucun doute que l’influence et la patte de Ishii Katsuhito (qui à lui seul signe deux tiers du métrage) se fasse sentir même dans les parties qu’il n’a pas réalisés. Exemple flagrant avec le segment &#8216;Takefumi’s dream&#8217; réalisé par Aniki (dans lequel Takefumi fait un battle de danse contre toute sorte de « choses ») qui reprend nombre d’éléments déjà vus dans le cinéma de Ishii : le danceur contorsionniste de <strong>The Taste of Tea</strong>, les expérimentations graphiques animés de Koike Takeshi, le costume de Notti qui (bien que noir) rappelle curieusement celui de Cap’tain Banana dans <strong>Party 7</strong>,&#8230;<br />
Les acteurs aussi proviennent pour beaucoup d’entre eux de la petite équipe du cinéaste, et on déjà collaboré avec lui sur un ou plusieurs projets : l’immense Asano Tadanobu tout d’abord, fidèle depuis les débuts tout comme l’inénarrable Morishita Yoshiyuki, Kase Ryo (depuis <strong>Party 7</strong>) ou encore Anno Hideaki (le réalisateur de la série <strong>Neon Genesis Evangelion</strong>) et la petite Banno Maya qui jouaient déjà dans <strong>The Taste of Tea</strong>. Parmi les nouvelles recrues (car avec le nombre astronomique de personnages il y en a forcément) on est tout frétillant d’accueillir Fukiishi Kazue (la Noriko du film de Sono Sion) et surtout l’excellente Ikewaki Chizuru (<a title="Strawberry Shortcakes" href="http://insecte-nuisible.com/strawberry-shortcakes-yazaki-hitoshi-2006/114/"><strong>Strawberry Shortcakes</strong></a>).<br />
Alors tout ce qu&#8217;on avait pu dire de Ishii Katsuhito – avec toutes ses contradictions – à la lumière de ses précédentes réalisations se retrouve à des degrés divers dans <strong>Nice no Mori</strong> : de l’outrance dans les cadres et les incrustations d&#8217;images animées jusqu’au calme posé lorsque dans de longs plans séquences il laisse toute latitude à ses acteurs (qui eux aussi oscillent entre totale décontraction et franc pétage de plomb), en passant par son utilisation très particulière de la rupture de ton, du son et de la musique. Il serait fastidieux et vain de lister tous les petits plaisirs parsemant ce métrage, de la bataille de polochon filmée comme une baston de manga aux scènes nonsensiques avec des créatures étranges, qui sont autant d&#8217;occasions pour le réalisateur de faire preuve d&#8217;un humour et d&#8217;une invention totalement désinhibés.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/nice-no-mori-funky-forest-3.jpg" alt="" /></p>
<p>Au beau milieu du film on trouve trois minutes totalement incroyables : un panneau qui annonce la fin de la « face A » puis un entracte durant lequel un compte à rebours égraine lentement ses secondes, avant le lancement de la « face B ». Face A, face B, comme sur un vieux disque vinyle. Et là ça fait tilt : <strong>Nice no mori</strong> est construit à la manière d’un album de musique, avec son enfilade de chansons qui l’une à coté de l’autre ne donnent pas toujours une impression de cohérence mais qui prises dans leur ensemble avec un peu plus de recul forment un tableau de la carrière de l’artiste à un moment donné. Aucun doute, <strong>Nice no mori</strong> est un <em>concept album from outer space</em>.</p>
<p>Dès lors on ne va pas s’étonner qu’une bonne moitié des sketchs ait un lien avec la musique ou la danse. De la musique parfois tout à fait normale comme celle des guitar brothers, parfois moins à l’image des rêves psychés de Notti et Takefumi (en particulier l&#8217;extraordinaire scène de remix qui clot le film), voir même carrément bizarres si on s’intéresse à la classe de musique et à ses « instruments » vivants (et aux connotations sexuelles évidentes).<br />
Dans le cadre d’un film la musique est dans son utilisation traditionnelle un moyen de souligner une action, de rendre les images plus agréables, une manière facile de faire pleurer et d’autres raisons d’être de musiques d’accompagnement. Il est beaucoup plus rare que comme dans <strong>Nice no mori</strong> elle s’y greffe comme un parasite, qu’elle n’ait pas pour but d’accompagner les images mais au contraire se dresse contre elles, squattant le film pour s’y épanouir tranquillement sans impératif narratif et qu’alors le film vive à travers la performance musicale. Ce qui en fin de compte n’est que l’expression de la narration très lâche du film, qui ne fonctionne pas en progressant vers un but mais au contraire ne fait que jouir du moment présent, sans s’inquiéter de combien de temps cela va lui prendre ni d’où cela le mène.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/nice-no-mori-funky-forest-4.jpg" alt="" /></p>
<p>Dans <strong>Nice no Mori</strong> chaque scène est plus réjouissante que la précédente, même si certaines le sont plus que d&#8217;autres (ne cherchez pas une quelconque logique dans cette phrase), et c&#8217;est avec des yeux écarquillés de grand môme que l&#8217;on regarde le film. Le plaisir de la découverte et la simple jouissance de spectateur sont trop rares pour se permettre de snober <strong>Nice no Mori</strong> sous prétexte qu&#8217;il est incompréhensible. Sans compter que dans une vie de cinéphile il est encore trop rare de pouvoir admirer un film réalisé par des extraterrestres.</p>
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		<title>Compte-rendu bordélique d’une Nuit Excentrique (quatrième du nom)</title>
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		<pubDate>Sun, 30 Mar 2008 12:46:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma américain]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma français]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma hongkongais]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma sud-africain]]></category>
		<category><![CDATA[Emile Couzinet]]></category>
		<category><![CDATA[Hua Shan]]></category>
		<category><![CDATA[Ivan Hall]]></category>
		<category><![CDATA[nanar]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Mora]]></category>
		<category><![CDATA[portnawak]]></category>

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		<description><![CDATA[Au programme : Le Congrès des belles mères (Emile Couzinet, 1954), Karaté Olympia (Ivan Hall, 1980), Hurlements 2 (Philippe Mora, 1985), Super Inframan (Hua Shan, 1975) et tout plein d'autres trucs nanar !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="video"><object width="480" height="381" data="http://www.dailymotion.com/swf/xrdya_les-pieds-dans-la-gueule_creation&amp;related=1" type="application/x-shockwave-flash"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/xrdya_les-pieds-dans-la-gueule_creation&amp;related=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /></object></div>
<p>La nuit excentrique, grand moment de poésie filmique, c’est un peu <em>ze plèïce tou bi zere</em> pour tous les cinéphiles un peu pointus et/ou un peu déviants, la soirée où il est de bon ton d’être aperçu au bras d’une charmante demoiselle (ou damoiseau) et de parader dans sa plus belle robe, le <em>WTF event</em> de l’année, l’endroit où se nouent les cinéphilies extrêmes et où quatre cents malades mentaux se rassemblent pour admirer la lie du cinéma avec la caution intellectuelle de la Cinémathèque de France (dont on ne soulignera jamais assez les efforts en matière de promotion du cinéma pas normal). Mais vous savez déjà ça, car vous avez lu <a title="Nuit Excentrique 3" href="http://insecte-nuisible.com/compte-rendu-bordelique-d%E2%80%99une-nuit-excentrique-troisieme-du-nom/248/">mon compte rendu de l’année dernière</a>. Cette année, j’avoue j’ai triché, je me suis permis une petite sieste avant de rédiger mon article, car j’avais un méga coup de barre en rentrant (à plus de dix heures du mat’ tout de même) et je voulais surtout pas me réveiller avec les marques du clavier imprimée sur la figure. Vous pouvez me balancer des tomates pourries, car l’expérience en est d’autant moins <em>gonzo</em>.<br />
Cette quatrième édition, tout en restant peut-être moins spectaculaire que la précédente, s’est en tout cas révélée un cru plus que sympathique, avec des films intéressants (même si pas forcément inédits pour certains, c’est dommage), des séries de <em>cuts </em>excentriques de beau niveau et une ambiance qui, malgré comme chaque fois quelques assoupissements, fut toujours aussi bon enfant.</p>
<p>Rien de tel alors pour se mettre en jambe que quelques bandes annonces gratinées et autres extraits de nanars fameux. Au menu donc de cette première session, des classiques fédérateurs (<strong>Rien n’arrête la musique</strong>, comédie musicale des Village People) aussi bien que des raretés exotiques (<strong>Mon corps a soif de désir</strong>, film érotico-baston-mollesco-érotique pseudo tzigane).</p>
<p><a name="congres"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/congres-des-belles-meres-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Ah les belles mères ! Ah les belles mères !<br />
(bizarre, je croyais pourtant que le film de loup-garou c’était dans 4 ou 5 heures)</div>
<p>Au niveau des films à proprement parlé, comme à l’accoutumée cela commence par du franchouillard beauf d’après guerre, une de ces bobines sorties des caves de la cinémathèque et qu’on se demande pourquoi il prend l’idée farfelue à certains de les restaurer : <strong>Le Congrès des belles mères</strong> de Emile Couzinet, parait-il un habitué du genre. En deux mots, une bande de belles mères plus qu’acariâtres décide de faire un putch pour s’emparer du conseil municipal d’une petite bourgade du sud de la France, dans le but de mettre les hommes aux fourneaux. Heureusement, la vigilance virile (pas très virile d’ailleurs) a la réaction très prompte et voilà donc les belles mères et les gendres se mettant sur la gueule dans la joie et la bonne humeur avec un sens aiguisé du coup bas, entre tracts de propagande pas subtile, réductions sur les bas nylon et le pinard, kidnappings en série et bataille de fruits pourris. Dialogues d’anthologie truffés de jeu de mots foireux (mais vraiment foireux, du style « patati se faisant patata – Quel faisan ? » ou encore tous les nom de familles du niveau de « Gronichon »), beaufitude élevée au rang de philosophie de vie et par dessus tout passages musicaux totalement cultes. Car oui, <strong>Le Congrès des belles mères</strong> est un film musical ! Avec des paroles bien craignos, du genre « Comme les puces, les rats et puis le choléra, des belles-mères toujours y’en aura ! ». Merci donc à la nuit excentrique de remettre un peu sur le devant de la seine le nanar franchouillard, genre trop souvent injustement boudé par les nanarophiles, même s’il a finalement tendance à traîner un peu en longueur.</p>
<p>C’est la deuxième série de <em>cuts </em>nanar qui si je me souviens bien proposait une sélection des « recalés au casting de Jurassic Park », films de dinosaures et autres sauriens géants totalement nazes. Il faut le voir pour le croire, mais y en a pour oser faire des films avec des figurines en plastique de dix centimètres de haut – espèrent-ils sincèrement que ça fasse illusion, nul ne le saura jamais.<br />
Autre encas de qualité, un <a title="le reportage en question [nanarland]" href="http://www.nanarland.com/nanarland_tv.php?vid=1">petit reportage exclusif</a> de l’équipe de Nanarland sur le pape du cinéma indépendant ricain Lloyd Kaufman – tête pensante de la célèbre firme Troma coupable de grands moments de cinéma tels que <strong>Toxic Avenger</strong>, <strong>Sergent Kabukiman NYPD</strong> ou <strong>Surf Nazis must die</strong> – interviewé lors de la tournée en festival de son nouveau film (<strong>Poultrygeist: Night of the Chicken Dead</strong>, film de poulets zombies dans un fast-food, sorte de <strong>Supersize me</strong> trash). Difficile de faire mieux que <a title="l'exceptionnel docu en question [nanarland]" href="http://www.nanarland.com/nanarland_tv.php?vid=2">l’exceptionnel docu sur Richard Harrison</a> présenté l’année dernière (mais à part une master-class croisée Chuck Norris + Steven Seagal + Dolph Lundgren je doute qu’on puisse faire plus culte), mais très sympathique.</p>
<p><a name="karate"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/karate-olympia-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Le grand méchant <em>bad guy</em> de <strong>Karaté Olympia</strong>, grâce à qui on réalise qu’un croisement improbable et parano entre Adolf Hitler et Fidel Castro a de bonnes chances de ressembler à Sean Connery</div>
<p>Deuxième long métrage de la soirée, <strong>Karaté Olympia</strong> remplit à lui seul le quota de coups de tatane de la soirée. Rare exemple de coproduction hollywoodo-sud-africaine, <strong>Karaté Olympia</strong> part du principe qu’un bon synopsis est un synopsis à la simplicité extrême alliée à la sophistication la plus absolue. Soit donc un ancien officier nazi qui entraîne une équipe de karaté pour défier un japonais qui l’a battu par le passé (donc oui, on apprend que Hitler organisait des tournois de karaté). Le nazi s’appelle Von Rudloff, et suite à l’affaire il a été dépossédé de son grade de capitaine (c’est pour ça qu’il est vénère) et est maintenant général (ne cherchez pas à comprendre). Dans l’équipe il y a Steve, un type qu’il est trop fort, et sa nana dont j’ai oublié le nom, une cruche qu’elle est trop bonne ; mais voilà Steve il sent le coup fourré et les tourtereaux s’enfuient à travers le désert sur une VW customisée en char à voile. Steve s’engage dans l’équipe adverse, sa nana se fait kidnapper par un gros sbire qui n’aime pas la musique (il casse une guitare sur son crâne et met un grand coup de latte dans un piano, le sagouin) et les minutes qui suivent sont un bis du <strong>Jeu de la mort</strong> entrecoupé de séance de Fort Boyard avec un nain (le bras droit du méchant) qui essaye de faire évader la fiancée du héros. Finissons sur une séquence d’anthologie, où après avoir fait un tour de 4&#215;4 dans le désert en prenant exprès les creux et les bosses, faisant un ou deux tonneaux pour l’occasion, là où les autres vont tout droit, notre héros interpelle Von Rudloff qui est alors pris dans la spirale infernale d’un flash-back dantesque, avec vraies apparition d’un sosie de Hitler sous mescaline. Un grand moment que ce film. Les rétissants seront convaincus par des stock-shots parmi les plus pourris du monde, car il ne s’agit ni plus ni moins que de photos et autres cartes postales filmées.</p>
<p>C’est reparti pour des BA et des extraits, avec notamment une spéciale effets spéciaux numériques foireux : incrustations au pied de biche, détourages approximatifs et autres filtres Adobe Premiere version familiale. A noter aussi la bande annonce de l’inénarrable <a title="Le Bras armé de Wang Yu contre la guillotine volante" href="http://insecte-nuisible.com/compte-rendu-bordelique-d%E2%80%99une-nuit-excentrique-troisieme-du-nom/248/#wangyu"><strong>Bras armé de Wang Yu contre la guillotine volante</strong></a>, projeté l’année dernière.<br />
[Edit du 31/03/08 : le blog de Nanarland me rappelle qu'on y a admiré un extrait fa-bu-leux d'un certain <strong>Jaguar Force</strong>, défiant littéralement l'imagination, et je me demande vraiment pourquoi je vous en ai pas parlé. Peut-être parce qu'il s'agit d'une de ces erreurs de la nature tellement improbables qu'il faut le voir pour le croire.]</p>
<p><a name="hurlements"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/hurlements-2-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Christopher Lee et ses lunettes disco dans <strong>Hurlements 2</strong><br />
(il jura mais un peu tard que l’on n’y prendrait plus)</div>
<p>Sans répit on embraye sur <strong>Hurlements 2</strong>, suite opportuniste du film de Joe Dante au sujet duquel j’ai jamais trop compris l’engouement, mais très correct dans son genre, ne méritant de toute façon pas un tel affront.<br />
C’est donc l’histoire d’un bonhomme qui, le jour de l’enterrement de sa soeur, apprend que sa soeur est un loup-garou ! Forcément, il n’y croit pas, et s’en va faire la peau à l’énergumène (Christopher Lee qui a décidément joué dans des grosses bousasses) qui a pour projet de planter un stylet en titane dans le coeur de sa défunte soeur. Pendant ce temps là à Véra Cruz, un pauvre groupe de new-wave vraiment naze joue dans une boite de nuit et Christopher se pare de lunettes qu’à elles seules on regrette pas d’avoir vu le film. Mais le frère est bien obligé de reconnaître que les loups-garous existe quand en train de s’engueuler dessus le cercueil la fille se réveille avec des grandes dents et plein de poils sur la gueule, et qu’un bataillon de lycanthropes les assaille. Rassurons nous, ils vont tous les buter avec des balles en argent, avant de partir pour la Transylvanie où se trouve la grande prêtresse de la secte loup garou qui a 10000 ans et qui prépare un coup de pute. Là, y doit bien y avoir un ou deux plans avec le groupe de new-wave tout pourri. La grande prêtresse endosse une tenue SM-cuir, s’accouple dans des partouses bien glauques entre loups garous à moitié transformés et enlève la copine du héros pour la couvrir de sang et s’en servir d’appeau (désolé, jeu de mot authentique du <strong>Congrès des belles mères</strong>). Re-partouze, re-groupe de new-wave et le héros trucide la méchante (qui on l’apprend est la soeur de Christopher Lee, ou l’inverse, ce qui veut dire que lui aussi a 10000 ans ! niark niark ! tu la vois ta profondeur oedipienne dans ta face !) et sauve sa nana. Le générique de fin, sous forme de best-of, est l’occasion de nous remettre une couche avec le groupe de new-wave et d’enfiler rien de mois que dix-sept (17 !!!) fois le même plan nichon de la méchante et de son bonnet E.</p>
<p>Bonne transition, car il faut avouer que cette année plus que jamais les extraits et autres bandes annonces furent très portés sur la fesse plus ou moins suggérée – <strong>Désirs inassouvis</strong>, <strong>Canterburry interdit</strong>, <strong>Les trottoirs de Bangkok</strong> ou encore la très étrange BA à la caution pseudo-documentaire <strong>Par exemple : adultère</strong> qui nous explique que l’adultère c’est hachement bien même si ça résout pas tout et qu’il n’y pas de raison que l’église ne soit pas d’accord avec ça). Tant mieux, car le nanar de cul est encore trop peu exploré mais regorge (hum hum&#8230;) de moments savoureux ! Les classiques bandes annonces pornos, traditionnellement réservées à la conclusion de la nuit, ont même débordé sur la quatrième partie, avec notamment <strong>Le Bijou d’amour</strong>, film fantastico-érotique invitant le spectateur à « succuber » au charme des créatures suceuses, et <strong>Les contes de Grimmy</strong>, dessin animé de pervers qui ferait passer <strong>La Honte de la jungle</strong> pour un programme 7-77 ans.</p>
<p><a name="inframan"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/super-inframan-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Prend ça dans ta gueule Ultr&#8230; Inframan !</div>
<p>Afin de finir en apothéose, les organisateurs ont eu la bonne idée de sélectionner le très bon <strong>Super Inframan</strong>, bis HK du <strong>Ultraman </strong>japonais par les studios Shaw Brothers, petit bijou de kitch et de bzoing-bzoing dans ta face. L’histoire est connue, des grands méchants extraterrestres venus du fond des âges (j’ai pas tout compris) commandés par une ptérodactyle garou psychédélique veulent détruire la Terre, et il n’y a qu’Inframan pour les arrêter ! Même diminué par la fourberie de ses adversaires qui cache le soleil (sa source d’énergie) avec de la fumée Inframan les marave sévère avec ses rayons laser, ses points thermodynamiques (authentique) et ses talonnettes-fusées de la mort qui tue, et les écrase littéralement comme des morpions. Mais les fourbes kidnappent (décidément quelle belle série !) la fille de l’inventeur d’Inframan (et probablement fiancée d’Inframan) pour le forcer à créer un nouvel Inframan qui serait à leurs ordres. Mais heureusement Inframan est là pour combattre les félons et sauver la donzelle, le tout dans un déluge totalement psyché de coups de lattes, de laser gribouillés direct sur la péloche et de costumes tous plus grotesques les uns que les autres.</p>
<p>Et pour se finir (hum hum&#8230;) en beauté rien ne vaut les désormais indispensables bandes annonces de films X – mention spéciale pour celle, très gratinée, de <strong>Elle suce à genoux</strong> – au milieu desquelles s’est glissée celle des <strong>Bisounours</strong>.<br />
Ne cherchons pas à comprendre.</p>
<div class="note">Extrait vidéo tiré du cultissime Braddock, portés disparus 3<br />
Iconographie volée à <a title="Nanarland" href="http://www.nanarland.com/">Nanarland</a></div>
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		<title>Hera Purple: Devil Goddess (Chung Gil-Chae, 2001)</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/hera-purple-devil-goddess-chung-gil-chae-2001/</link>
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		<pubDate>Sun, 16 Sep 2007 14:35:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[2001]]></category>
		<category><![CDATA[Chung Gil-Chae]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma coréen]]></category>
		<category><![CDATA[démon]]></category>
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		<category><![CDATA[film érotique]]></category>
		<category><![CDATA[Hong Suk-Chon]]></category>
		<category><![CDATA[Kim Chung]]></category>
		<category><![CDATA[Lee Ho-Sung]]></category>
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		<category><![CDATA[portnawak]]></category>

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		<description><![CDATA[Le doublage américain particulièrement mauvais doit bonnifier un peu la chose. Associé à des dialogues parfois surréalistes et des faux raccords rigolos, il est possible que cela procure à ce gentil navet comme un petit parfum de nanar.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hop ! Un nouveau film coréen pas connu, et aujourd’hui messieurs dames c’est du lourd ! Un film dans le genre que les coréens – tout occupés à promouvoir une bonne image de leur industrie cinématographique en exportant des gros films et des grands réalisateurs – ils disent pas qu’ils en font aussi des comme ça ! Mince, trois phrases exclamatives de suite&#8230; <strong>Hera Purple</strong> donc (vous m’épargnerez le « devil goddess » qui semble n&#8217;être qu&#8217;un sous-titre rajouté à la version américaine, enfin, j’en sais rien) n’est pas le genre de film à rendre les coréens fiers de leur cinéma national : mais il va leur falloir se rendre à l’évidence, eux aussi font des films d’horreur érotiques. Ça n’a jamais fait de mal à personne d’ailleurs, et si je ne fondais pas un petit espoir que ce film puisse être digne d’intérêt je serais pas allé le chercher. On a tous nos petits défauts.</p>
<p>Ce genre de film a donc un avantage certain, celui de ne pas s’embarrasser d&#8217;un scénario fouillé. Ça se passe donc sur le divan d’un psychanalyste, où une femme plongée dans un état d’hypnose se rappelle et lui raconte ce qui se cache au plus profond de son être pervers. Ahah ! La donzelle (pourtant une femme d’âge mur et mariée) est habitée par une sorte de démon qui prend possession de son corps, la transforme en une vamp qu’on dirait la méchante dans <strong>Xena la guerrière</strong> et tue des hommes – après avoir baisé bien entendu. C’est donc parti pour une succession de flash-back – le premier, en faisant intervenir le psy au coeur du récit de sa patiente, contient ce qui doit être une des rares vraies bonnes idées du film –, où on va suivre les parties de jambes en l’air et les meurtres de la madame en folie, et alternativement l’enquête de la police sur ces assassinats bizarres. Ils ne tarderont d’ailleurs pas à se douter que la coupable n’est autre que Hera, et oui, la déesse grecque vengeresse des femmes bafouées ! On a le droit de trouver que c’est du n’importe quoi.<br />
J’en viens à pourquoi j’aime ce genre de films : justement parce que c’est du n’importe quoi ! Mais le n’importe quoi sur le papier ne garantit malheureusement rien, encore faut-il trouver la délicate alchimie à base de tétons, des tripes et de démons qui fera de ces quatre-vingt-dix minutes un souvenir cinématographique inoubliable (dites-moi quand je commence à en faire trop) ! Et c’est justement là que <strong>Hera Purple</strong> se met le doigt dans l’oeil, l’équilibre ! Car c’est une loi dans ce genre de film, si les passages de nénés sont parfois rigolos, ils sont souvent chiants à la longue et il est indispensable de les rehausser d’un peu de bidoche ou d’effets spéciaux. Or, <strong>Hera Purple</strong> n’est quasiment qu’érotique ! Alors c’est clair c’est varié, on aura de la baise sur lit (normal), sur neige (froid), dans l’eau (mouillé), la tête en bas (acrobatique), sur un cheval (sportif), avec un curé (blasphématoire) ou encore homosexuel (sulfureux) (notons tout de même qu’il s’agit de sexe homosexuel masculin, et pas lesbien, ce qui surprend agréablement dans ce genre de productions calibrées pour les mâles)&#8230; bref, dans une débauche d&#8217;acrobaties il s’en donne à grande joie le petit cochonnou !</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/hera-purple-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Ce qui ne l’empêche pas de nous mentir sans complexe sur la marchandise ! Car je sais pas ce que vous en pensez, mais avec un pitch pareil (et une jaquette de DVD super kitch avec des pentacles laser dessus) on est en droit d’espérer des effets spéciaux numériques vraiment fauchés griffouillés par dessus le film, ce genre de cochonneries ! Et un peu de tripaille aussi ! Les démons, c’est plus ce que c’était&#8230; Tout au plus des yeux qui rougeoient quand la fille se transforme en déesse folle de sexe et un mauvais coup de ventilateur en guise de super pouvoirs. C’est un équilibre je vous disais, car sans délire gore (ou associé), l’exploitation érotique tourne vite à la beaufitude, n’est-ce pas ? Regardez pourtant un petit Takao Nakano (j’y pense parce qu’hier j’ai justement regardé le très sympathique <a href="http://insecte-nuisible.com/debordements-4-ninjas-lesbiennes-vs-monstres-visqueux#pussy"><strong>Sexual Parasite: Killer Pussy</strong></a>), en voilà un réalisateur qui, s’il ne saura sûrement jamais cadrer avec un minimum d’inspiration ni diriger des acteurs, sait foutrement bien marier les plans de petites culottes et de nibards à des scènes de bébête de l’espace !</p>
<p>Donc voilà, un ch’tit film dont je ne conseillerais pas la vision. Quoique le doublage américain particulièrement mauvais (réalisé par des immigrés chinois sans papiers et à la maîtrise plus qu’approximative de la langue de George Bush) puisse bonnifier un peu la chose. Associé à des dialogues parfois surréalistes (le scénariste a visiblement tout appris sur la police criminelle dans les séries télé) et des faux raccords rigolos (indispensables dans un film érotique si on ne veut pas s&#8217;embarrasser de scène d&#8217;effeuillage), il est possible que cela procure à ce gentil navet comme un petit parfum de nanar.</p>
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		<title>Compte-rendu bordélique d’une Nuit Excentrique (troisième du nom)</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Mar 2007 11:22:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Alberto De Martino]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Mattei]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma français]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma hongkongais]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma italien]]></category>
		<category><![CDATA[Henri Lepage]]></category>
		<category><![CDATA[Jimmy Wang Yu]]></category>
		<category><![CDATA[nanar]]></category>
		<category><![CDATA[portnawak]]></category>

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		<description><![CDATA[Au programme : L’Ile aux femmes nues (Henri Lepage, 1953), L'Homme puma (Alberto De Martino, 1980), Les Rats de Manhattan (Bruno Mattei, 1984), Le Bras armé de Wang Yu contre la guillotine volante (Jimmy Wang Yu, 1976) et tout plein d'autres trucs nanar !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>« Tu vas regretter d’être à l’existence. »<br />
<span style="font-style:normal;">Wang Yu dans <strong>Wang Yu contre la guillotine volante</strong></span></p></blockquote>
<p>Alors pour ma soirée d’hier j’avais deux options. Je pouvais aller faire un tour à Bercy pour le concert de Polnareff, mais faut avouer que c’est pas trop mon genre. Et pis c’était complet, enfin, je crois. Et je pouvais glander à la troisième nuit excentrique. Double avantage, c’est juste à coté de Bercy, donc du concert de Polnareff et puis il restait environ 80 places en vente sur place. Donc me voilà qui me pointe à la Cinémathèque un peu en avance (genre cinq heures et demi en avance) histoire d’être sûr de pouvoir rentrer. J’en profite pour discuter avec des gars du forum de Nanarland, boire de la bière à la saucisse et manger du saucisson au roquefort (ou est-ce au fromage de chèvre ?), oui, en gros je me suis tapé la grosse incruste – mais bon, j’ai quand même payé mon tribut, mon pack de binouzes j’ai qu’à peine tapé dedans, c’est bien qu’il y en a qui ont éclusé. Quoi qu’il en soit, on était au tout début de la file et hourra ! on a pu rentrer (ce qui vue la longueur de la queue n’a pas du être le cas de tout le monde).<br />
Bah tout d’abord pour ma <em>very first</em> nuit excentrique (malheureusement incompatibilité de calendrier pour les deux premières), c’est hachement plus grand et plus pro que mes premières projections Nanarland sur le campus grenoblois il y a quelques années ! Le petit scarabée est devenu grand comme dirait l’autre. Et puis merde, trêve de blabla, c’est parti pour une nuit de folie, de 20h30 à 9h30 concentré 100% nanar !</p>
<p style="text-align: center;"><strong>&lt; Attention, article rédigé à l’arrache, garanti au fil du clavier, sans relecture ni réécriture, sans sommeil non plus, avec fautes de syntaxes et d’orthographe, avec sûrement des répétitions et des confusions à gogo, avec pour seule nourriture pour l’artiste des pains au lait, des mini-croissants, des skittles, des dragibus, des nounours en guimauve et un certain nombre de cafés. &gt;</strong></p>
<p><a name="ile"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/ile-aux-femmes-nues-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>L’Ile aux femmes nues</strong> (Henri Lepage, 1953)</div>
<p>Donc voilà, ça commence dans une ambiance de folie par le fameux extrait de <strong>Braddock</strong> (<strong>Portés disparus 3</strong>) et la cultissime réplique de Chuck Norris « <em>Je mets les pieds où je veux Little John, et c&#8217;est souvent dans la gueule.</em> », réplique reprise en coeur par la salle qui connaît ses classiques (toi aussi, <a title="extrait audio" href="http://insecte-nuisible.com/audio/nanar/bradock.wav" target="_blank">révise tes classiques</a>).<br />
Suivent en suite quelques extraits de nanars, dont un extraordinaire <strong>Dracula, vampire sexuel</strong>, hallucinant film de vampires (comme quoi on s’en serait pas douté, même s’il faut toujours être prudent) avec des combats psychiques tordants, autant pour les acteurs qui se contorsionnent et s’étranglent sous les couleur chatoyantes de filtres vert et rouge, et comme si cela ne suffisait pas <em>boosté </em>avec des scènes érotiques rapportées de manière hyper racoleuse, décrivant maintes orgies entres jeunes gens dévergondés. Puis encore d’autres extraits et bandes annonces, en particulier celle de l’immense <strong>Ninja Terminator</strong> du non moins immense Gonfrey Ho avec le encore plus énorme Richard Harrison dont on reparlera par la suite.<br />
Puis vient la premier vrai plat de la soirée, <strong>L’île aux femmes nues</strong> d’Henri Lepage, un truc, sortie des caves de la Cinémathèque, une projection culturelle et patrimoniale en sorte. En fait, dans <strong>L’île aux femmes nues</strong> les filles ne sont malheureusement pas nues (c’est la <em>lose</em>, à mort le bikini !), mais le film reste un monument de franchouillardise beauf, parsemé de jeux de mots merdiques et de traits d’esprits tombant à plat. Un peu longuet quand même (la vie au grand air ça n’a jamais valu des bons vieux ninja) mais l’ambiance bonne enfant et quelque peu potache (toi aussi, <a title="extrait audio" href="http://insecte-nuisible.com/audio/nanar/soldat.wav" target="_blank">révise tes classiques</a>) de la salle laissait augurer de bonnes choses pour la suite. Parce que voué, le projection nanar c’est le seul type de cinoche durant lesquelles le public peut se manifester, et je dirais même doit se manifester, en applaudissant, en récitant le répliques en même temps que l’acteur (ou mieux, le doubleur), en insultant le personnage ou en l’encourageant. En gros, c’est un peu le cirque, mais c’est bon pour la suite.</p>
<p><a name="puma"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/homme-puma-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>L&#8217;Homme puma</strong> (Alberto De Martino, 1980)</div>
<p>La suite justement, mesdames et messieurs c’est du lourd, du gros, de l’énorme, du transcendantal, avec un <a title="le reportage en question [nanarland]" href="http://www.nanarland.com/nanarland_tv.php?vid=2">reportage exclusif</a> de l’équipe Nanarland sur je vous donne dans le mille, le grand Richard Harrison, « l’homme qui aurait pu être Clint Eastwood » pour reprendre un bon mot qui a fusé ci et là, mais qui a choisit d’être l’idole des bisseux, et tout particulièrement des amateurs de films de Ninja, dont je fais partie. Pour les incultes qui ne se rendent pas compte de la stature du bonhomme, <strong>American Warrior</strong>, c’est lui, <strong>Black Ninja</strong>, c’est aussi lui, <strong>Flic ou ninja</strong>, c’est à nouveau lui, <strong>Ninja Terminator</strong>, c’est encore lui, <strong>Ninja Fury</strong>, c’est toujours lui et j’en passe et des meilleures. Qu’il ait été honteusement exploité durant cette période par le génialissime duo Godfrey Ho / Joseph Lai et que ces films joyeusement nanars occultent souvent d’autres titres plus prestigieux de son impressionnante filmographie (films de guerre, westerns, péplums, films de jungle, pseudo James Bond,&#8230; Harrison a touché à tout ou presque) ne retire en rien au charisme naturel et moustachu qui a su l’imposer comme une figure emblématique du film de ninja, et un acteur incontournable du cinéma bis (voir carrément Z parfois). Donc voilà, respect éternel Mr Harrison.<br />
Les bandes annonces n’ont pas été avares non plus, proposant entre autres <strong>Gappa, le descendant de Godzilla</strong> (seul représentant du Kaiju-eiga dans une programmation malheureusement ingrate en monstres géants – dommage, je suis fan aussi), <strong>Zoltan le chien sanglant de Dracula</strong> (vous ne regarderez plus jamais un zoli chiot de la même façon) ainsi que <strong>Une vierge pour Saint Tropez</strong>, film qui à en croire la bande annonce contient tout, mais tout (de mémoire « romantique comme les films suédois, passionnant comme les thrillers américains, avec de l’action comme les meilleures production asiatiques, etc&#8230; »). En fait ce film, c’est <strong>Breaking Point</strong> (toi aussi, <a title="extrait audio" href="http://insecte-nuisible.com/audio/nanar/breakingpoint.mp3" target="_blank">révise tes classiques</a>).<br />
Puis voici le second film complet de la soirée, le cent fois culte <strong>Homme puma</strong>, qui est au film de super-héros ce que Chantal Goya est à la chanson française. Un grand classique que la moitié de la salle devait avoir vu, mais quel plaisir de le voir sur grand écran, en public, en 35mm et dans une copie incroyablement bonne pour un film de ce genre ! Un film que tout nanardeur se doit d’avoir vu, malgré un léger relâchement vers le milieu. Mais voilà, ce film c’est un monument, le summum du film de félin volant, un <em>must-see</em> de toute culture cinématographique qui se respecte, à l’instar de <strong>Turkish Starwars</strong> (curieusement absent de la programmation) et du <strong>Théorème </strong>de Pasolini.</p>
<p><a name="rats"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/rats-de-manhattan-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Les Rats de Manhattan</strong> (Bruno Mattei, 1984)</div>
<p>Après une nouvelle pause et un jeu concours où votre serviteur n’a rien gagné (et pourtant je suis fort d’habitude, j’ai gagné plein de cochonneries à ce genre de petites gâteries – mon sabre ninja en plastoc rouge trône d’ailleurs fièrement sur mon armoire) mais avec un karaoké rigolo basé sur les répliques de <strong>Hitman the Cobra</strong> (toi aussi, <a title="extrait audio" href="http://insecte-nuisible.com/audio/nanar/hitman1.mp3" target="_blank">révise tes classiques</a>)(et tant qu’à faire, <a title="extrait audio" href="http://insecte-nuisible.com/audio/nanar/hitman2.mp3" target="_blank">double dose</a> !), on a de nouveau eu droit à des extraits en tous genres, qu’il s’agisse de <em>cuts </em>made in Nanarland – dont j’ai oublié de vous parler pour l’instant, il ont pourtant été riches, entre des sélections de valeurs sûres comme <strong>Le Clandestin</strong>, <strong>Captain Barbel</strong> et <strong>White Fire</strong> ou encore dans le rayon découvertes un stupéfiant film de moto (genre mélange improbable de <strong>La Coccinelle à Monte Carlo</strong> et de <strong>Megaforce</strong>) dont j’ai malheureusement oublié le titre, à chaque fois lancées par la cultissime, encore une fois, et obscure réplique du <strong>Lac des morts vivants</strong> : « Promisoulin ! » – ou de nouvelles bandes annonces ou extraits (un petit <strong>Super Inframan</strong>, ça peut pas faire de mal).<br />
Puis venait <strong>Les Rats de Manhatan</strong> du grand Bruno Mattei (même si j’aurais préféré un petit <strong>Robowar</strong>, mais c’est histoire de goûts persos, je préfère les <em>jungle/predator</em> movies aux films de bébètes), que j’avais vu étant môme et dont je ne me souvenait vraiment pas des masses. Ce fut donc un autre grand bonheur que de redécouvrir ses dialogues surréalistes, ses acteurs étonnants de véracité et de retenue (mention spéciale à la débile hystérique) et ce scénar crétin au possible. Par contre je me souvenais de ces rats balancés dans le champ de la caméra à grand coups de brouettes, l’image a du me marquer, mais faut avouer que ce procédé n’a pas vieilli d’un cheveu et se révèle toujours aussi efficace et stupéfiant de naturel (<em>lol </em>comme disent les jeunes).</p>
<p><a name="wangyu"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/wang-yu-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Le Bras armé de Wang Yu contre la guillotine volante</strong> (Jimmy Wang Yu, 1976)</div>
<p>Alors là il est déjà dans les 5 ou 6h du mat’ et la soirée a deux bonnes heures de retard, mais qu’importe. Surtout qu’on nous propose une bande annonce démente d’un film avec un titre dément, <strong>Jeux de mains, jeux de chinois</strong> (je comprend toujours pas quel jeu de mot foireux est passé par la tête des exploitants qui on renommé le film comme ça) ou encore d’un film visiblement incroyable, <strong>Get mean</strong>, western spaghetti pour le moins éclectique puisqu’on y trouve aussi des guerriers berbères et des sortes de vikings bien vénères (et non, je n’hallucinais même pas).<br />
Puis voilà enfin le clou de la soirée, incontestablement mon préféré, mon petit chouchou, celui pour lequel je ne regrette pour rien au monde d’être resté réveillé jusqu’à 7h du matin, parce que ce film est une merveille. <strong>Le Bras armé de Wang Yu contre la guillotine volante</strong>, son titre est déjà tout un poème à lui tout seul, et le film tient toutes ses promesses. Enfin, pas forcément le film en lui même (faudra d&#8217;ailleurs que j’essaye de mettre la main sur une version originale chinoise), même si dans son concentré de combats il pose déjà la base d’un certain rythme (extrêmement répétitif et donc très ludique pour le public qui accompagne les roulement de tambours et les victoires de ses applaudissements comme dans un vrai stade), mais surtout en raison d’un doublage français et d’un mixage audio complètement démentiels. <strong>Le Bras armé de Wang Yu contre la guillotine volante</strong> (quel plaisir !) est en effet le premier film chinois que je vois à être doublé avec un mélange d’accent <em>british </em>d’une part et franchouillard <em>cote d’azuresque</em> de l’autre, le tout saupoudré d’intonations précieuses quasiment versaillaises. Et si les doubleurs (visiblement une équipe très limitée) s’en sont donné à coeur joie, les traducteurs aussi se sont visiblement fait plaisir en jouant sur les registres de langage de manière totalement anarchique, ce qui nous vaut des répliques extraordinaire du style (le jeune loup un peu poseur au maître d’art martiaux) « hé ! c’est toi le vénérable maître machin chose ? » (désolé pour ma mémoire défaillante, faudrait que je retrouve le passage) et autres plaisirs linguistiques absolument délicieux. Rajoutons quelques effets gores bien venus, une panoplie de personnages haut en couleur (une pensée émue pour l’indien avec ses bras à rallonge – et oui, Dhalsim dans <strong>Street Fighter</strong> !), un méchant très méchant avec des sourcils géants qui doivent lui servir de radar comme chez les écrevisses et un héros en fin de compte désespérément lâche et faux derche (du genre à s’enfuir devant ses adversaires pour les attirer dans des pièges à la con) en plus d’être manchot et de mal cacher son bras dans son bide, bref, tous ses ingrédients font du <strong>Bras armé de Wang Yu contre la guillotine volante</strong> (raaah ! ce titre !) un putain de chef d’oeuvre improbable. Une effroyable démonstration par l’exemple que la réappropriation d’un film par un traducteur complètement à la ramasse et une équipe de doubleurs mongoliens peut accoucher d’une oeuvre totalement neuve, un monstre de cinéma, preuve s’il en est encore besoin que le nanar est un domaine du cinéma totalement imprévisible et fondamentalement contradictoire, déployant à la face du monde sa propre logique, à sa manière imparable (toi aussi, <a title="extrait audio" href="http://insecte-nuisible.com/audio/nanar/impitoyable.wav" target="_blank">révise tes classiques</a>)(et tant qu’à faire, <a title="extrait audio" href="http://insecte-nuisible.com/audio/nanar/insensible.wav" target="_blank">double dose</a> !)(et pis merde je suis généreux, <a title="extrait audio" href="http://insecte-nuisible.com/audio/nanar/decoratrice.wav" target="_blank">et de trois</a> !).</p>
<div class="note">Merci à Nanarland pour les extraits audio (empruntés sans autorisation, faut pas pousser non plus, vous croyez que dans Turkish Starwars ils ont demandé à Spielberg pour utiliser la musique ?)</p>
<p>Liens : <a title="Nanarland" href="http://www.nanarland.com/">Nanarland</a> &amp; la <a title="Cinémathèque" href="http://www.cinematheque.com/">Cinémathèque française</a></div>
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		<title>The Holy Virgin vs the Evil Dead (Chun Yeung-Wong, 1990)</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Jun 2006 20:25:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[1990]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Lam]]></category>
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		<category><![CDATA[cinéma hongkongais]]></category>
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		<description><![CDATA[The Holy Virgin vs the Evil Dead est au cinéma ce que Dash super méga + alpha est à la lessive en poudre : du 6 en 1.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hum hum&#8230; le plus dur va être de résumer tout ça.<br />
Le film commence alors que le héros joué par Donnie Yen (un prof d’université apparemment) fait un pique-nique avec ses étudiantes et que tout d’un coup la (pleine) lune devient rouge (mon dieu !). C’est alors qu’un gros démon sort de terre, vole dans tous les sens et zigouille toutes les demoiselles et laisse Donnie KO. Dur dur d’expliquer ça à la police qui le considère comme principal suspect. Il sort quand même en payant sa caution, mais a grand peine à mener son enquête tout en étant dans le collimateur de la justice. Par dessus le marché, Donnie se fait cocufier par un des flics (tant qu’à faire ; ça sert à rien mais c’est l’occasion d’une scène de cul supplémentaire, c’est toujours ça de pris). Mais cela ne l’empêche pas de découvrir que tout cela est lié à une étrange divinité indochinoise, la déesse de la lune. Enfin, j’ai pas tout compris sur le coup, c’est une déesse mais elle a des moustaches et en fait c’est un mec.</p>
<p>J’avoue de base ne pas être super doué pour les résumés mais là ça dépasse vraiment mes capacités. <strong>The Holy Virgin vs the Evil Dead</strong> est en effet au cinéma ce que Dash super méga + alpha est à la lessive en poudre : du 6 en 1.<br />
Ça commence tout gentiment comme un bon Cat III des familles, avec enchaînement sans complexe de scènes de cul et de gore, ça fait toujours plaisir, y a du téton et ça éclabousse. Puis le film devient une sorte de film d’enquête alors que les héros essayent d’en découvrir d’avantage sur cette fameuse déesse au système pileux développé. Honnêtement, ce passage est chiant comme la mort. Mais qu’on se rassure, le film bifurque une nouvelle fois, on se retrouve je ne sais pourquoi au Laos, dans une jungle qui serait pas du tout déplacée dans un film de cannibale rital des années 70, pour assister à un Wu Xia Pian avec cascades câblées, le combat d’une princesse guerrière volante au sabre magique qui lance des éclairs (glop !) contre le gros démon du début. Ça commence dans la jungle et ça se termine dans des ruines, dans lesquelles la belle atomise le gros pas beau à grand coup de flèches explosives (re-glop !).<br />
Arrivé à ce niveau on pense en avoir pris pour son grade, mais c’est sans compter la folie furieuse des scénaristes qui nous parachutent au beau milieu de tout ça une sorte d’organisation mafieuse qui kidnappe une copine de nos héros, parfaite occasion pour une splendide bataille à la mitraillette comme dans <strong>James Bond</strong> (mâtiné de kung-fu, ça va sans dire). Au beau milieu de cette bataille on trouve le moyen de se trouver dans une grotte (merde ! encore loupé un épisode !) et confronté à toutes une batterie d’animaux exotiques (au choix : panthère, tigre, piranhas, crocodiles,&#8230;) qui ne servent absolument à rien, si ce n’est à l’exotisme, passage obligé de tout nanar qui se respecte. Suit alors un émouvant passage karaoké alors que nos héros s’enfoncent dans la jungle avant d&#8217;aller tataner le démon.<br />
C’en est déjà trop pour n’importe quel cinéphile lambda, mais sachez que ce n’est pas fini. En effet, la scène finale, dantesque, ne propose pas moins qu’un gros panaché de tout ce qu’on a pu voir jusqu’à présent ! Au menu donc, une cérémonie sacrificielle avec à nouveau des filles à poil et de la tripaille arrachée, le retour de la princesse et de son sabre éclair magique et encore des gun-fights ! Les héros se démerdent même pour nous dégotter une mitrailleuse et un lance-flammes ! Qu’est ce que c’est bon !</p>
<p>Mais <strong>The Holy Virgin vs the Evil Dead</strong> ne serait rien sans sa mise en scène exceptionnellement naze, compilant pour notre plus grand bonheur tous les poncifs du genre voir même plus qu’il n’en faut pour être tout à fait honnête. Les amateurs de « vlan ! pouf ! paf ! » à chaque coup de latte seront servis, de même que ceux qui ne jurent que par les bastons en accéléré, méthode que le réalisateur ose même utiliser pour les gun-fights ce qui provoque chez le spectateur réceptif un bonheur proche de l’orgasme.<br />
N’oublions surtout pas les effets spéciaux démentiels, le must étant les flammes vaguement numériques qui passent devant les personnages au lieu de rester tranquillement au dernier plan, mais les filtres rouges font toujours leur effet, de même que les éclairs roses de l’épée magique et les yeux électriques lumineux du démon, summum du kitch horrifique. Et je ne parle même pas de la gerbe colorée qui accompagne la désintégration du monstre, grand moment psyché.</p>
<p>Et, comble du bonheur, le support est à la hauteur du film !<br />
Comprendre par là que le VCD hongkongais – si visuellement il paye moins de mine que l’extraordinaire VHS anglaise – dépasse toutes nos espérances en terme de qualité merdique. Encodé avec les pieds à tel point que le contraste saute dans un même plan, bénéficiant de sous-titres (doubles chinois + anglais) à la limite du lisible quand il ne sont pas invisibles en blanc sur fond blanc, voir même parfois amputés du début de la phrase lorsque celle-ci est trop longue et dépasse sur la gauche. Bref, des conditions de visionnage vraiment hardcore comme il se doit. J’ai vu qu’il existait aussi un DVD américain. Mais même dans le cas où il s’agirait d’un bootleg pompé du VCD, boycottez ! ne vous privez surtout pas de la joie du changement de disque au milieu du métrage.<br />
Car c’est bien connu, un nanar (et <strong>The Holy Virgin vs the Evil Dead</strong> c’est du haut vol) se doit d’être visionné dans la pire édition possible pour être apprécié à sa juste valeur.</p>
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