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	<title>Insecte Nuisible &#187; Pete Travis</title>
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	<description>Le cinéma qui grouille</description>
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		<title>F.I.M. mars 2008</title>
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		<comments>http://insecte-nuisible.com/fim-mars-2008/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 Apr 2008 14:28:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Brian De Palma]]></category>
		<category><![CDATA[Erick Zonca]]></category>
		<category><![CDATA[Frank Darabont]]></category>
		<category><![CDATA[Ici et Maintenant]]></category>
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		<category><![CDATA[Wes Anderson]]></category>

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		<description><![CDATA[Au programme : Redacted (Brian De Palma, 2007), Cloverfield (Matt Reeves, 2008), Angles d’attaque (Pete Travis, 2008), The Mist (Frank Darabont, 2007), Julia (Erick Zonca, 2007), L’Orphelinat (Juan Antonio Bayona, 2007), L’Esprit de la ruche (Victor Erice, 1973), The Dead Girl (Karen Moncrieff, 2006), Black Sheep (Jonathan King, 2006), Soyez sympas (Michel Gondry, 2007), Le dernier repas (Roh Gyeong-Tae, 2006), La Ronde de nuit (Peter Greenaway, 2007), There will be blood (Paul Thomas Anderson, 2007) et A bord du Darjeeling Limited (Wes Anderson, 2007).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ici et du Maintenant, ep.3</strong><br />
(<a title="ep.2" href="http://insecte-nuisible.com/fim-fevrier-2008/316/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>On pourra dire ce qu&#8217;on veut, et pointer quelques déceptions plus ou moins anticipées, mais ce mois de mars 2008 fut un bon cru. A quelques exceptions près, rien de honteux, des films avec au moins quelque chose d&#8217;intéressant dedans. C&#8217;est bien quand les films ont quelque chose dans leur dedans.</p>
<p><span class="titrerevue">Les films avec des trucs qui explosent, de la fumée, des flammes et des gravats dedans</span></p>
<p>Là je suis bien embêté voyez vous ! Car j’ai déjà parlé, et longuement, de tous les films avec des trucs qui explosent, de la fumée, des flammes et des gravats dedans. Que faire alors ? Un petit résumé, bien entendu. Rappeler par exemple que <a title="Redacted" href="http://insecte-nuisible.com/redacted-brian-de-palma-2007/164/"><strong>Redacted</strong></a>, même si c’est moins brillant que ce à quoi on pouvait espérer, c’est très recommandable. Et que dans la série de films intégrant des prises de vue alternatives (ie simulation d’images d’archive, journalistiques, documentaires,&#8230; en gros ce qui rompt avec la réalisation de fiction traditionnelle) sortis ces derniers temps c’est probablement le plus abouti.<br />
Alors qu’au contraire <strong><a title="Cloverfield" href="http://insecte-nuisible.com/cloverfield-matt-reeves-2008/149/">Cloverfield</a> </strong>n’en tire pas des masses parti, réduisant son mode de mise en scène à de la simple poudre au yeux, au service d’un film certes efficace mais manquant de radicalité. Mais il reste bien plus mieux que l’abominable <a title="Angles d'attaque" href="http://insecte-nuisible.com/angles-dattaque-pete-travis-2008/161/"><strong>Angles d’attaque</strong></a>, bien moins divertissant et surtout idéologiquement assez puant.<br />
A ce sujet, on va profiter de ce <em>rékapépète </em>pour combler un oubli (pas fondamental il est vrai) de ma chronique, mais ce fameux <strong>Angles d’Attaque</strong> gagne haut la main le prix du plan d’explosion <em>twin-tower-esquement</em> connoté, avec déferlement de poussière face caméra et tout le tintouin. Pourtant face à <strong>Cloverfield</strong>, qui reproduisait la situation au quasi identique, le chalenge était de taille. Mais <strong>Angles d’attaque</strong> gagne justement en jouant sur le décalage contextuel, et surtout en innovant, situant ce plan dans le ciel ; et oui, il s’agit d’un plan aérien en plongée, avec la fumée qui monte. Grandiose, mais ne trompe personne, surtout pas la fibre sentimentalo-patriotique.<br />
<a name="mist"></a>Reste alors pour combler notre soif d’inédits à tricher un peu pour admettre un intrus dans la catégorie, quitte à faire passer la brume pour de la cendre. <strong>The Mist</strong> donc, adaptation de la (très bonne, si j’en crois mes souvenirs certes lointains) novella de Stephen King par Frank Darabont (qui a déjà adapté King à deux reprises, avec <strong>Les Évadés</strong> et <strong>La Ligne verte</strong>). Avec son pitch assez convenu et ses SFX un peu kitch <strong>The Mist</strong> pourrait passer pour une petite série B de seconde partie de soirée sur M6 (ce qui peut avoir son charme), mais son développement très intéressant, surtout passée la première demi-heure, et sa mise en scène intelligente en font définitivement quelque chose de plus. La qualité du métrage allant d’ailleurs crescendo. Et la fin (un peu différente de celle de la novella si je ne m’abuse ; je ne m’en souviens plus vraiment) plutôt belle dans son genre achève de sceller ce qui demeure une très bonne surprise.<br />
Coup de gueule en passant, Albin Michel à profité du film pour rééditer la novella en moyen format, au prix scandaleux de 14€ – y a pas de petit profit. Sachant que le même texte est disponible en poche dans le recueil <strong>Brume, Paranoia</strong> (qu’il est de bon goût de lire en compagnie de la seconde moitié du recueil, <strong>La Faucheuse</strong>) accompagnés d’autres nouvelles, en particulier l’excellente <strong>Le Goût de vivre</strong>. Moins de lecture, pour plus cher, ne remercions pas Albin Michel.</p>
<p><strong>Le tonitruant prix du « film avec des trucs qui explosent, de la fumée, des flammes et des gravats dedans » est donc décerné à :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Redacted</strong><br />
(parce que certains méritent leur coup de rangers dans le cul)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/redacted-3.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Redacted </strong>(Brian De Palma, 2007)</div>
<p><span class="titrerevue">Les films avec des gosses morts ou vivants dedans</span></p>
<p><a name="julia"></a>Commençons donc par <strong>Julia </strong>d’Erick Zonca avec l’excellente Tilda Swinton (c’est pour ce film qu’elle a eu un Oscar ? j’ai la flemme de vérifier), l’histoire de Julia, une agent immobilier alcoolique au dernier degré qui, forcément, à force de se réveiller tous les matin dans le pieu d’un inconnu avec un casque plombé sur le crâne finit par être virée de son job et forcée de suivre les réunions des AA. Elle y rencontre une femme complètement psychopathe qui lui propose de l’argent si elle l’aide à enlever son fils, confié à son beau père. Julia accepte et c’est le début des emmerdes, le plan capote sur tous les points car forcément la femme est une grosse mytho. Le film est parait-il (dixit un journaliste soucieux d’étaler sa cinéphilie, probablement) un hommage à des films que j’ai pas vu, mais c’est pas grave. Moi, il m’a fait penser à <strong>Fargo</strong>, l’excellent thriller bouseux des frères Coen ; même dérapage contrôlé (de la part des auteurs) incontrôlé (de la part des personnages) menant au désastre, même humanité fragile chez ces personnages tour à tour vils, désespérés, ignobles et terriblement attachants – Julia synthétisant presque à elle seule les caractéristiques des personnages des Coen, des kidnappeurs incapables à la femme presque mère un brin bourrue mais tendre –, même regard de cinéaste sans catégorisation simpliste. Très chouette film, vraiment.<br />
<a name="orphelinat"></a>Continuons ces « films avec des gosses morts ou vivants dedans », catégorie éminemment sympathique par nature, avec la seule déception du lot, le pourtant très prometteur <strong>L’Orphelinat</strong> de Juan Antonio Bayona. Vous n’êtes sûrement pas sans savoir qu’ici on aime bien le cinéma fantastique espagnol et assimilé (surtout <a title="Jaume Balaguero" href="http://insecte-nuisible.com/tag/jaume-balaguero">Jaume Balaguero</a>, mais pas que) et forcément l’arrivée d’un nouvel auteur ne peut que nous réjouir, d’autant plus qu’il est produit par Guillermo Del Toro et qu’il a visiblement fait sensation à Gerardmer. Malheureusement <strong>L’Orphelinat</strong> n’est pas à la hauteur des espérances. Le cinéma horrifique hispanique commence-t-il à tourner en rond, comme peut le faire le cinéma horrifique asiatique depuis une grosse demi-douzaine d’années ? On peut le craindre à la vision de ce film, dont les qualités (principalement techniques, mais nous ne cracherons jamais dessus) sautent au yeux autant que les redites de schémas archi-usités (lien à l’enfance, orphelinat/hôpital avec personnel frustré qui pète un cable, sous-texte Peter Pan-like, deuil,&#8230;). Dans un registre très similaire, dur dur de passer après <a href="http://insecte-nuisible.com/fragile-jaume-balaguero-2005/"><strong>Fragile</strong></a>.<br />
<a name="ruche"></a>Alors aux amateurs de cinéma espagnol fleuretant volontiers avec le fantastique et les affres de l’enfance je conseillerais plutôt le très joli <strong>L’Esprit de la ruche</strong> de Victor Erice, film datant de 73 et ressorti ces derniers temps par Carlotta (éditeur/distributeur dont on ne dira jamais assez de bien) et dont le DVD ne devrait pas tarder. D’un imaginaire enfantin dépeint avec grande subtilité, le film fait preuve d’une inclinaison pour un fantastique imperceptible, ce qui n’est vraiment pas pour me déplaire, de même que des jeunes actrices toutes choubies (oui, ceci est un argument très subjectif).<br />
<a name="girl"></a>Dans un autre genre, <strong>The Dead Girl</strong> de Karen Moncrieff, petit film ricain passé visiblement inaperçu et c’est bien dommage. Je suis faible et le film adopte une forme que j’aime beaucoup, à savoir plusieurs segments quasi indépendants reliés en arrière plan, donc forcément pour peu que ça soit pas dégueulasse j’aime. C’est donc l’histoire d’une fille morte, et de gens qui l’ont connu et/ou dont l’existence gravite autour d’elle et de sa mort. Pas forcément transcendantal mais plutôt attachant, en particulier grâce à de bons acteurs, plutôt actrices d’ailleurs, notamment Brittany Murphy qu’on avait plus trop vue dans un rôle intéressant depuis le très chouette <strong>8 Miles</strong> de Curtis Hanson.</p>
<p><strong>L’anti-prix du « film avec des gosses morts ou vivants dedans » est décerné à :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>L’Orphelinat</strong><br />
(parce que les autres sont bons et pas lui)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/orphelinat-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>L’Orphelinat</strong> (Juan Antonio Bayona, 2007)</div>
<p><span class="titrerevue">Les films par des réals complètement fous, ou qui aimeraient bien le faire croire, et donc forcément avec des choses bizarres dedans</span></p>
<p><a name="sheep"></a>Commençons en douceur avec <strong>Black Sheep</strong>, film néo-zélandais de Jonathan King avec des moutons transgéniques tueurs. J’avoue je triche un peu puisque j’ai vu ce film l’année dernière et que j’y suis pas retourné. Et pour cause, car s’il reste bien rigolo et très Z (un Z de riches) il ne dépasse jamais son sympathique coté « nanar nawak volontaire ». Mais cela reste plaisant, pour une soirée jeudi de l’angoisse par exemple, avec une bande de potes, des pizzas (ou des plats chinois tout prêts), des bières et des substances illicites si vous abusez de ce genre de choses (ce qui est mal).<br />
<a name="kind"></a>Toujours dans le soft, <strong>Soyez sympas, rembobinez</strong> de Michel Gondry, petit délire loufoque de types qui remakent des films avec les moyens du bord et beaucoup de bonne volonté. Grand fan de Jack Black (et de son groupe Tenacious D !) je ne peux que me marrer devant ses pitreries, pleines de bonne humeur, mais (Gondry oblige) le film reste très naïf. Mais plaisant, même s’il ne faut pas en attendre plus qu’il ne peut donner.<br />
<a name="repas"></a>Après ces hors-d’oeuvre passons à des films bien plus hardcore, avec pour commencer <strong>Le dernier repas</strong> de Roh Gyeong-Tae, film que j’avais déjà vu il y a peut-être un an et demi mais que je suis retourné voir – à moitié pour sa radicalité peu commune, à moitié pour soutenir ce genre de sorties suicidaires, à moitié pour le plaisir de faire partie des 200 personnes qui iront voir ce film, ce qui fait trois moitiés mais peu m’importe. Roh fait donc dans l’expérimental contemplatif, avec l’histoire totalement déconstruite de deux familles (si j’ai bien compris) dans une Corée en état de décomposition. Beaucoup de scénettes courtes et assez obscures, faut s’accrocher pour reconstituer ce que ça peut vouloir dire. A peu de choses près ça ressemble à <a title="I don't want to sleep alone" href="http://insecte-nuisible.com/i-dont-want-to-sleep-alone-tsai-ming-liang-2006/47/">I don&#8217;t want to sleep alone</a> mais en mieux (beaucoup mieux, entre autres parce qu’il n’y a pas des plans séquences fixes de 15 minutes) ou à <a title="Yellow Flower" href="http://insecte-nuisible.com/yellow-flower-lee-ji-sang-1998/89/">du Lee Ji-Sang</a> en plus abstrait et abscons.<br />
<a name="ronde"></a>Et <em>last but not least</em>, loin de là, le fantabuleux <strong>La Ronde de nuit</strong> du non moins fantabuleux Peter Greenaway (auteur de <strong>The Pillow Book</strong>, rien de moins qu’un de mes films de chevet) ; le premier film de Greenaway que j’ai la chance d’admirer en salle, j’étais donc tout chose. Pas son meilleur film non plus (j&#8217;irai pas jusqu&#8217;à dire « loin de là »), moins expérimental que <strong>The Tulse Lupper Suitcases</strong> (trilogie cinématographique accompagnée de deux livres et toujours <em>work in progress</em>) à laquelle j’avoue ne pas avoir compris grand chose (mais qu’importe), <strong>La Ronde de nuit</strong> reste un film difficile à appréhender, d’une part parce que Greenaway est un artiste sans équivalent dans le paysage cinématographique contemporain, d’autre part parce qu’il nécessite probablement un minimum de références. Le film tourne en effet autour du célèbre tableau de Rembrandt (<strong>La Ronde de nuit</strong> donc) que Greenaway décortique en y greffant une intrigue tarabiscotée se tramant entre les commanditaires du tableau, que Rembrandt aurait révélée à travers la composition de sa toile. Forcément exubérant, forcément sexuel, forcément obscur, forcément génial aussi – que voulez-vous, vous avez affaire à un fan, forcément de mauvaise foi. Et accessoirement un des films les mieux photographiés que j’ai pu admirer récemment (avec <strong>Darjeeling Limited</strong> dont je vous parle juste en dessous, comme quoi ce mois de mars fut bon), avec des jeux de lumières véritablement magnifiques – la scène dans laquelle Rembrandt devenu aveugle demande à sa servante de lui décrire les couleurs, mince, une des plus belles choses que j’ai vu cette année, dommage que tout le film ne soit pas de ce niveau – et rendant parfaitement l’atmosphère particulière des peintures hollandaises de l’époque et leur inclinaison particulière pour le clair-obscur.</p>
<p><strong>Le prix du « film par des réals complètement fous, ou qui aimeraient bien le faire croire, et donc forcément avec des choses bizarres dedans » est (sans surprise que c’en est de la triche) décerné à :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>La Ronde de nuit</strong><br />
(parce que c’est fantabuleux, et que si les autres voulaient gagner<br />
j’aurais du lui créer une catégorie spéciale)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/ronde-de-nuit-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>La Ronde de nuit</strong> (Peter Greenaway, 2007)<br />
(et une nouvelle fois on se demande comment, à partir d’un film si riche en images magnifiques, ils ont été incapables de nous fournir des photos d’exploitation convenables, c’est à se taper la tête contre les murs)</div>
<p><span class="titrerevue">Les films par des gars qui s’appellent Anderson et avec des histoires de frères dedans</span></p>
<p><a name="blood"></a>Vous voyez probablement de qui je veux parler. Commençons donc par ze grosse sortie rouleau-compreseuresque du mois, le joliment nommé <strong>There will be blood</strong> de Paul Thomas Anderson, sombre itinéraire d’un prospecteur de pétrole au début du XXe siècle au milieu des <em>rednecks </em>chrétiens (oui je sais, mon résumé n’est pas vraiment fidèle au film). Bonne nouvelle, Daniel Day Lewis n’est pas trop imposant dans le rôle principal, je crains toujours quand un film traîne ce genre de réputation qu&#8217;il soit étouffé par un interprète vraiment énorme. Point de cela, il est juste parfait. Heureusement d’ailleurs, car malheureusement le film s’étouffe de lui même. Pas que ça soit mauvais, au contraire. Mais c’est typiquement le genre de film qui m’en touche une sans bouger l’autre, me laisse de marbre pour parler moins vulgairement. Trop « grand film », parfaitement troussé mais se traînant son aura de grand film, qui par son talent évite la boursouflure mais qui ne peut s’empêcher de totalement verrouiller sa belle mécanique sans accroc, ne réservant en fin de compte aucune surprise.<br />
<a name="limited"></a>Tout le contraire de <strong>A bord du Darjeeling Limited</strong>, gros gâteau plein de crème du généreux Wes Anderson (réalisateur des <em>filmkifolévoar </em>comme <strong>Rushmore </strong>ou encore <strong>The Royal Tenenbaums</strong>), histoire de trois frères qui partent en Inde pour une sorte de voyage spirituel qui les entraînera plus loin qu’ils ne le pensaient blablabla. Sur un canevas des plus convenus et des thèmes qu&#8217;il affectionne (histoire familiale, poids de la figure paternelle,&#8230;) Wes Anderson nous livre comme à son habitude un film riche en surprises, constamment surprenant et inventif, d’une grande sensibilité,&#8230; bref, le pied. Peut-être pas toujours très immersif, mais servi par un trio d’excellents acteurs (Jason Schwartsman, Owen Wilson et Adrian Brody en grande forme, et surtout parfaitement accordés) et de <em>sidekicks </em>de grand luxe (Bill Murray, Natalie Portman, Anjelica Huston), la plupart des habitués du réalisateur.</p>
<p><strong>Le prix du « film par des gars qui s’appellent Anderson et avec des histoires de frères dedans » est gentiment décerné à :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>A bord du Darjeeling Limited</strong><br />
(parce qu’il y a des vrais morceaux de Nathalie Portman dedans)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/darjeeling-limited-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>A bord du Darjeeling Limited</strong> (Wes Anderson, 2007)</div>
<p><span class="titrerevue">Ze Palmarès</span></p>
<p>Prix du « film avec des trucs qui explosent, de la fumée, des flammes et des gravats dedans » : <strong>Redacted</strong><br />
Prix de gros des « films avec des gosses morts ou vivants dedans » : <strong>Julia</strong>, <strong>L’Esprit de la ruche</strong> &amp; <strong>The Dead Girl</strong><br />
Prix du « film par des réals complètement fous, ou qui aimeraient bien le faire croire, et donc forcément avec des choses bizarres dedans » : <strong>La Ronde de nuit</strong><br />
Prix du « film par des gars qui s’appellent Anderson et avec des histoires de frères dedans » : <strong>A bord du Darjeeling Limited</strong><br />
Prix spécial de la reprise qu’elle fait hachement plaisir : <strong>L’Esprit de la ruche</strong><br />
Prix spécial de la tagline toute pourrite : <strong>La Ronde de nuit</strong> (pour avoir osé « meurtre dans un tableau hollandais » ; même si on comprend le jeu de mots pourri et le lien évident avec le film ça n’en reste pas moins très très naze).</p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://insecte-nuisible.com/fim-avril-2008/">Lire l&#8217;épisode suivant</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Angles d&#8217;attaque (Pete Travis, 2008)</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/angles-dattaque-pete-travis-2008/</link>
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		<pubDate>Wed, 26 Mar 2008 09:33:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[2008]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma américain]]></category>
		<category><![CDATA[Dennis Quaid]]></category>
		<category><![CDATA[Eduardo Noriega]]></category>
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		<category><![CDATA[Saïd Taghmaoui]]></category>
		<category><![CDATA[Sigourney Weaver]]></category>
		<category><![CDATA[thriller]]></category>
		<category><![CDATA[William Hurt]]></category>

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		<description><![CDATA[« 8 inconnus, 8 points de vue, 1 vérité » nous dit la tagline ; si le second point est sujet à caution le troisième ne fait aucun doute : « 8 inconnus, 1 point de vue, 1 vérité », USA fuck you all, you faggots!]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà donc un film que je suis allé voir « par hasard » (en retard pour le film que je voulais voir, j’ai pris le premier qui suivait) même si la bande annonce m’avait interpellé, pas parce que j’y devinais déjà tous les travers que j’allais lui trouver mais parce qu’il semblait trouver sa place parmi la série de films récemment chroniqués ici (et à venir) accordant une place de choix à la capture d’image et à la réflexion sur l’impact du référentiel/point de vue sur la perception : <strong>Angles d’attaque</strong> est alors construit sur la manière dont un événement peut être observé à travers des angles différents, incluant (pour mon plus grand plaisir) dans sa mise en scène les inévitables caméras, de surveillance, de télévision ou d’amateur.<br />
Tout tourne autour de (c’est là que ça commence à se gâter) un attentat contre le président des États-Unis au court d’un sommet diplomatique entre OTAN et pays arabes sur la dure question du terrorisme. Un attentat du genre tarabiscoté comme il n’en existe que dans les thrillers d’espionnage, avec sniper, agents doubles, colis piégés, contre-contre-mesures et tout le tintouin, qui sera vu successivement vue par les points de vue de différents protagonistes, agents de sécurité, télévision, terroristes, touriste,&#8230; huit points de vue nous dit l’affiche, ce qui est un beau mensonge car s’il y a effectivement huit personnages on n’aura droit qu’à cinq points de vue différents avant que le film ne parte en sucette.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/angles-d-attaque-1.jpg" alt="" /></p>
<p>L’idée est donc plutôt cool : on suit un personnage, puis hop on rembobine pour en suivre un nouveau (un peu comme dans la stupéfiante scène d’introduction des <strong>Lois de l’attraction</strong> de Roger Avary) et ainsi de suite. Visiblement ça agace certains spectateurs qui le font savoir, mais ils n’ont probablement rien compris à ce qu’était un point de vue. A leur décharge, je crains que le réalisateur non plus. En effet si l’idée est fort ludique et me plait beaucoup, dans son application elle ne sert qu’à ajouter de nouveaux éléments à l’intrigue, mais aucun nouveau point de vue. La preuve éclatante de ce que j’avance, chaque histoire (sauf peut-être le passage dans la régie télé, qui sert plus ou moins d’introduction) permet au garde du corps incarné par Denis Quaid (le héros héroïque du film, celui qui sauve le président, les Etats-Unis et le monde) qui malgré ce qu’on pourrait penser est au centre de tout, de reconstituer le puzzle. Le procédé narratif est donc davantage une astucieuse (et plutôt efficace dans son genre) succession de flash-back, qu’une vraie mise en perspective de point de vue différents. Car il n’y a finalement qu’un seul point de vue.<br />
Mais s’il y a effectivement tromperie sur la marchandise le procédé narratif se défend et nous n’en feront pas tout un fromage même si de notre avis cela affaibli grandement la profondeur du film (mais qui nous a dit que ce film souhaitait être profond ?). Plus grave, le scénariste abandonne son parti pris (suivre successivement un personnage puis un autre)(même si on a vu que le point de vue restait sensiblement le même) au beau milieu du film ! Et ça, vous commencez à me connaître (cf le cas <strong>Cloverfield</strong>), c’est passible de peine de mort par lapidation publique et suspension à des crocs de boucher – rien de pire que de laisser tomber, par faiblesse d’autant plus, un parti pris de mise en scène intéressant. Alors au bout de cinq retour en arrière (si j’ai bien compté : télévision, gardes du corps, flic espagnol terroriste, touriste au caméscope, président) on croit comprendre que l’on va suivre le chef des terroristes (un type hyper high-tech interprété par Saïd Taghmaoui, un acteur que j’aime bien mais qui a rarement des rôles glop) mais <strong>Angles d’attaque</strong>, enchaînant avec un dispositif de narrations parallèles beaucoup plus conventionnel, glisse lâchement dans l’actionner d’espionnage de base. Et là on pense immédiatement à la trilogie Jason Bourne (qui mine de rien commence à devenir une référence incontournable du cinéma d’action/espionnage), et pas forcément pour le meilleur car <strong>Angles d’attaque</strong> est bien loin de faire le poids face aux films de Doug Liman et Paul Greengrass (qui n’ont pas que des qualités, mais qui avaient été des bonnes surprises, ce que j’ai vu de mieux dans le genre parmi les productions récentes) et semble en copier les gimmicks sans en chercher le sens – j’apprends par la même occasion qu’il s’agit du premier film cinéma de Pete Travis, illustre inconnu réalisateur d’une poignée de téléfilms et séries, ce qui ne me surprend pas le moins du monde quand je vois le résultat.<br />
D’une manière générale, mise à part peut-être une photo un brin chaude (on est en Espagne après tout) qui tranche un peu avec ce dont on a l’habitude, la mise en scène est sans grand intérêt. Pas horrible non plus elle est principalement fonctionnelle, mais s’empêtre lors des scènes voulues spectaculaires, à l’image d’une poursuite en voiture (qui encore une fois fait beaucoup penser à celles de Jason Bourne) comble de l’illisibilité prétexte à froisser de la taule. Pour ne pas parler de son laisser aller à la grandiloquence (les plans d’ensemble en travelling circulaire aérien d’une façon très James Bond) ou de ses quelques fulgurances tape-à-l’oeil (un plan qui commence à 20 mètres de haut, descend jusqu’au sol pour passer au travers d’un ambulance, fricote autour de deux ou trois persos avant de finir en contre-plongée grandiose sur le héros ; c’est beau, on dirait du Michael Bay, voir du Rob Cohen). Bref, rien que ça sent le gros blockbuster calibré, mais le dispositif narratif nous empêche un premier temps d’en dire du mal.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/angles-d-attaque-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Cela aurait donc pu donner un petit gros film de divertissement sympa avec casting de bourge pour public pas trop exigent, n’eut été qu’il soit idéologiquement moisi.<br />
Post-onze-septembrisme oblige nous voilà accueilli par un discours bien lourd sur la menace terroriste et ses victimes qu’on oubliera pas, d’autant plus lourd que par le jeu des flash-back successifs on l’entendra plusieurs fois. L’honnètété me force à reconnaître que le passage dans la régie télé est l’occasion de mettre en scène les opposants à la politique américaine qui manifestent en marge du sommet, ce que la rédac chef (Sigourney Weaver) coupe aussitôt au montage. Un début de commentaire acerbe sur la couverture médiatique de la guerre contre le terrorisme ? Une mauvaise manière (et qui ne trompe pas grand monde) de se garantir d’accusations d’etats-unocentrisme parano (si je veux), tout au plus. Car finalement, un petit quart d’heure plus tard c’est plus sous un masque d’agressivité et d’oppression contre les USA que ces manifestants seront montrés, dans la partie suivant les pas de l’agent de sécurité, qui rappelons-le est le point de vue central du film. « 8 inconnus, 8 points de vue, 1 vérité » nous dit la tagline ; si on a vu que le second point était sujet à caution le troisième ne fait aucun doute : « 8 inconnus, 1 point de vue, 1 vérité », <em>USA fuck you all, you faggots!</em><br />
Alors outre le fait que le film nous bassine avec l’idée que l’état de guerre serait perpétuel (dixit le méchant agent-double terroriste) et que malgré tout les gens aiment les USA (l’opinion est avec nous, dixit le président), <strong>Angles d’attaque</strong> en remet une couche sur l’héroïsme ordinaire à la base de notre grand pays civilisé, particulièrement à travers le personnage du touriste joué par Forest Whitaker – bon acteur au demeurant mais dans les autres films seulement et qui n’est ici visiblement que pour toucher le cacheton – parfaite incarnation du faire-valoir de bon black de service patriote, généreux et qui se réconcilie avec sa femme à la fin. Rendez-vous compte, il est tout ému d’apercevoir le président, il pleure quand ce dernier se fait descendre et il sauve une petite fille qui a perdu sa maman et allait se faire écraser par une ambulance folle ! Ça c’est un bon héros américain !<br />
Autre incarnation de l’héroïsme made in USA, personne d’autre que le président. Car quand il est capturé par les terroristes il a beau être drogué il les défonce à coup de barre de fer ! Un président comme tous en rêvent, énergique et retenu à la fois, ce qui n’est pas sans créer des incohérences d’ailleurs : « C’est le moment d’agir ! – Mais vous ne pouvez pas donner l’ordre, on vous a tiré dessus ! » (oui, car on a tiré sur un sosie en fait) et cinq minutes plus tard « Attaquons monsieur le président. – Non, c’est ce qu’ils veulent nous ne tomberons pas dans leur piège. » Hourrah ! En fait c’est dur à dire, mais dans un film qui promettait de multiplier les points de vue tout tourne autour du président des Etats-Unis. Pire, on est dans ce genre de productions, malheureusement très courantes tant au cinéma qu’en littérature (faites-vous un thriller de Dan Brown juste histoire de rigoler), d’une hypocrisie sans pareil faisant du président américain une figure intouchable et irréprochable. On peut montrer des brebis galeuses (le sale agent-double qui trahit la nation), on peut montrer que des gens (salauds communistes !) manifestent contre les USA, on peut même montrer que les télés n’en ont rien à battre, mais jamais, oh grand jamais on ne montrera un président américain faible ou malhonnête. Bref, c’est pas demain la veille qu’on verra un biopic sur la vie de Bill Clinton – à moins que celui-ci n’existe déjà : <strong>The Brown Bunny</strong> de Vincent Gallo, avec Chloë Sevigny dans le rôle de Monica Lewinsky.<br />
Quoi ? Qu&#8217;est-ce que j&#8217;ai encore dit ?</p>
<p>Vu le même jour et qui d’une certaine manière fait bien contrepoint, demain je vous parle de <a href="http://insecte-nuisible.com/redacted-brian-de-palma-2007/"><strong>Redacted </strong>de Brian De Palma</a>, nettement plus intéressant sur un sujet similaire.<br />
L’honneur est sauf.</p>
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