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	<title>Insecte Nuisible &#187; Pen-Ek Ratanaruang</title>
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	<description>Le cinéma qui grouille</description>
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		<title>Festival du cinéma asiatique de Deauville 2010</title>
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		<comments>http://insecte-nuisible.com/festival-du-cinema-asiatique-de-deauville-2010/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 17 Mar 2010 23:20:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Compte-rendu du 12e festival du film asiatique de Deauville (mars 2010).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite, ep.8</strong><br />
(<a href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-1/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>Le festival est terminé, nous sommes de retour à Paris et après quatre jours de glande dans les salles et sur la plage il est temps de se sortir les doigts du cul pour écrire un joli compte rendu. Comme pour l’année dernière ça sera un peu à l’arrache, ayant cessé de prendre de notes à partir du deuxième jour. Je m’excuse à l’avance pour le coté bâclé de l’affaire.<br />
Soulagement, cette édition 2010 est bien au dessus de la 2009 (<a title="Festival du film asiatique de Deauville 2009" href="http://insecte-nuisible.com/festival-du-cinema-asiatique-de-deauville-2009/">il est vrai très moyenne</a>). Pas que des chefs-d’oeuvre évidemment, loin de là même, mais assez de bonnes surprises et de petits films sympas pour qu’on ait pas l’impression de perdre son temps. Et si nous ne sommes définitivement pas <em>stalker-proof</em>, cette escapade deauvilloise a surtout été l’occasion de revoir des gens bien et de mettre un visage sur quelques pseudos – j’en profite pour saluer mes camarades de projection et de pizza. Seule déception majeure : les trois films japonais présentés étaient mauvais, ce qui fait toujours mal. Pour le reste le Morny était de retour (petite salle malheureusement =&gt; souvent complet), la fréquentation fort honorable et la météo agréable quoique fraîche. Pour le reste des banalités, la composition des jury est toujours aussi tarte, <a href="http://www.deauvilleasia.com/2010/pdf/PALMARES-FFA-2010.pdf">le palmarès</a> coussi-coussa et les <a title="LOL inside" href="http://www.deauvilleasia.com/2010/pdf/FFA12-Dossier-de-presse.pdf">communiqués de presse</a> LOL :</p>
<blockquote><p>« Le cinéma asiatique, à l’instar des grands vins, et quel que soit le millésime reste au sommet des cimes.<br />
Ces auteurs, aux points de vue affirmés, élèvent nos regards de discrets frissons, fleurissant le plérôme de nos imaginales pâmoisons.<br />
Ce plaisir d’un cinéma hors limite, dont la langueur n’est jamais monotone, nous laisse atone et joyeux d’une promesse à venir. »</p></blockquote>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/castaway-in-the-moon.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Castaway in the Moon</strong> (Lee Hey-Jun, 2009)</div>
<p><span class="titrerevue">Jour 1.</span></p>
<p>Ça commence mal : <strong>Purple Butterfly</strong> (de Lou Ye) est déprogrammé, probablement pour retard de copie. Quand on est sensé rendre hommage au réalisateur avec une rétrospective, ça la fout plutôt mal. C’est con car j’avais pas vu ce film et qu’il me tentait.</p>
<p><a name="tactical-unit"></a>On se rabat alors sur <strong>Tactical Unit: Comrades in Arms</strong> de Law Wing-Cheong (2009), N-ème (cinquième ?) déclinaison du <strong>PTU </strong>de Johnnie To (2003). Cette fois nos flics de choc se retrouvent à traquer des méchants en pleine forêt. Un cadre sous-exploité – les passages dans les tunnels pimentent un peu l’affaire, mais ça reste très paresseux (dans le genre, même <strong>Tunnel Rats</strong> d’<a href="http://insecte-nuisible.com/long-live-uwe-boll/">Uwe Boll</a> était plus intéressant !). D’une manière générale, c’est vraiment du sous-Johnnie To (ici simple producteur). La scène finale est un bonne exemple : elle semble s’inscrire dans la tradition du <em>gun-fight</em> « ballet » à la John Woo, où le réalisme est mis au placard pour se concentrer sur les mouvements de personnages, mais ça sonne ici tellement toc qu’on a plutôt l’impression d’avoir affaire à des braques incapables de viser.<br />
D’autant plus que le film est mis en scène avec les pieds, les scènes étant soit surdécoupées hors cadre, donc illisibles, soit pleines de ralentis et de musique, donc ridicules.<br />
Le film, pas forcément désagréable, est du coup sauver par son humour. Volontaire ou non, l’humour.</p>
<p><a name="castaway-in-the-moon"></a>Beaucoup plus intriguant est le film suivant, <strong>Castaway in the Moon</strong> de Lee Hey-Jun (2009). Ça commence avec une bonne idée – un homme tente de se suicider en se jetant d’un pont, mais s’échoue sur une île au milieu du fleuve Han et devient ainsi naufragé au beau milieu d’une grande ville – mais de manière assez pataude. J’ai pensé (sans l’avoir vu en fait), au film avec Tom Hanks. Il y a quand même quelques trucs chouettes, comme ces champs-contrechamps où le premier montre l’homme dans un environnement sauvage, le second la ville au loin.<br />
Si le film s’était contenté de cette situation j’aurais sans doute pas tenu le coup, d’autant plus que la photo est dégueulasse. Enfin non, comme celle de tous les films coréens elle est techniquement très clean, mais fait ici preuve d’un sérieux mauvais goût : c’est tout jaune poussin (on se croirait dans un film de Jean-Pierre Jeunet) et le réal ne résiste jamais à filmer à contre jour pour faire des petits halos sur l’image. Lourd.<br />
Heureusement alors que le film rajoute un personnage, une sorte d’<em>hikikomori</em> qui, à part inventer sa vie sur son blog ne fait que photographier la lune. Et, deux fois par an lors des exercices d’alerte qui laissent les rues vides, photographier la ville désertée. C’est ainsi qu’elle tombe sur l’homme sur son île. Elle le prend pour un extraterrestre et décide de rentrer en contact avec lui.<br />
Le film vire alors à la comédie romantique, et vous savez que j’aime ça. D’ailleurs, si tout le film avait été du niveau de sa partie centrale, il aurait peut-être été mon préféré de la compétition. Cette comédie romantique n’a pourtant pas d’implication particulière (si ce n’est l’éternelle rencontre de marginaux) mais son dispositif, comme souvent avec les comédies romantiques coréennes, est plutôt malin et bizarre, avec tout un tas d’idées sympas. Bref, bon moment, même quand le final tombe dans les clichés habituels du genre.</p>
<p><a name="lola"></a>Dilemme pour la séance suivante : revoir le très joli <strong>Suzhou River</strong> de Lou Ye (2000), parce qu’en salle ça doit le faire (même au Morny), ou bien se faire <strong>Lola</strong>, le nouveau Brilliante Mendoza. Ce sera finalement le second, par pure dévotion pour ce blog et son inextinguible soif de nouveauté et d’exclu.<br />
De Mendoza je n’avais vu que <strong>Serbis</strong>, très chiant (à part deux trois plans) mais avec des scènes de cul non simulées avec des transsexuels. Ici, point de transsexuels. Par contre c’est chiant. Tiens, vous vous souvenez de <a href="http://insecte-nuisible.com/festival-du-cinema-asiatique-de-deauville-2009#jay"><strong>Jay</strong>, le truc philippin imbitable de l’année dernière</a> ? Bah c’est un peu pareil, avec une meilleure caméra. J’ai souvenir de deux bons plans : le premier rappelle les bons moments de <strong>Serbis</strong>, puisqu’on y suit un personnage de dos dans les couloir, et à la fin il y a un bon petit jeu avec le son et un mouvement de caméra rigolo ; le deuxième est peut-être totalement involontaire, car ce qui m’a accroché l’oeil n’est que l’apparition furtive d’une personne dans l’ouverture d’une porte, au troisième plan. Pour le reste, Dieu que ce dispositif de mise en scène pseudo-docu est mou, chiant et sans grand intérêt !<br />
Mais plus que tout, c’est le misérabilisme de la chose qui est dégoûtante – chez Mendoza « misérabiliste » est plus qu’un adjectif, c’est le genre du film ! Bref, ça filme les quartiers pauvres de Manille, ça charge la barque sur les malheurs qui accablent les personnages, ça insiste avec une belle lourdeur sur les dispositifs insistant les gens à s’endetter et sur la fracture sociale,&#8230; n’en jetez plus !</p>
<p><a name="symbol"></a>On achève la journée avec <strong>Symbol </strong>de Matsumoto Hitoshi (2009), première vraie déception puisqu’il s’annonçait à priori comme le « film japonais bizarre » du festival. Jugez par vous même, c’est l’histoire d’un type qui se réveille dans une chambre toute blanche avec des petits pénis d’angelots sortant des murs. En appuyant sur les pénis, il y a quelque chose qui se passe dans la pièce ! En parallèle à cela, il y a une histoire au Mexique avec des catcheurs masqués et une nonne badasse en pick-up Chevrolet.<br />
Malheureusement le film ne ressemble à rien, ne mène à rien – sauf à un final prétentieux qui se prend pour le <strong>2001 </strong>du film avec des bites de chérubins –, pratique le comique de répétition avec un matériau qui remplirait honorablement un sketch de dix minutes mais sûrement pas un film d’une heure trente, est réalisé sans grande folie (sauf quelques passages BD à la <a href="http://insecte-nuisible.com/tag/ishii-katsuhito/">Ishii Katsuhito</a>),&#8230; résultat des courses : on attend à chaque fois le retour à la séquence mexicaine, pas forcément mieux foutue mais pas désagréable (parce que le catch et les bonnes soeurs c’est cool).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/paju.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Paju </strong>(Park Chan-Ok, 2009)</div>
<p><span class="titrerevue">Jour 2.</span></p>
<p><a name="true-noon"></a>Un peu de masochisme n’ayant jamais fait de mal, je me rend à neuf heures à la projo d’un film Tadjik : <strong>True Noon</strong>, de Nosir Saidov (2010). C’est dans un paisible village au fin fond du bout du monde là haut dans la montagne, un mariage doit se dérouler le lendemain mais tout d’un coup des soldats débarquent avec des barbelés et des mines antipersonnelles pour tracer une frontière séparant les village en deux, et bien entendu les deux futurs mariés. Un pitch que dans un film coréen on aurait trouvé ça <span style="text-decoration: line-through;">un joli symbole</span> un peu lourd quand même, et que même en l’état on trouve pas hyper finaud.<br />
Sinon, pas grand chose à en dire (l’amnésie me guète), si ce n’est que la mise en scène est très naïve, comme souvent dans ces films venant de pays où le cinéma n’est peu ou pas développé, mais au moins ne tombe pas ni dans l’auteurisme ni dans l’ushuaiaisme.</p>
<p><a name="paju"></a>Je retrouve les faignasses ne se levant que pour la projo de onze heures et on va voir <strong>Paju</strong>, de Park Chan-Ok (2009). Une histoire de famille, principalement entre deux soeurs et le mari de l’aînée, sur fond de gentils habitants expulsés de leurs immeubles par des promoteurs mafieux protégés par un pouvoir public démissionnaire. Le coté gauchiste de l’affaire est poussif, comme souvent, mais donne au moins lieu à un plan séquence avec ralenti et cocktail molotov sous la pluie, plutôt joli. Ce qui n’est pas le cas de tous les ralentis du film d’ailleurs (quoiqu’il n’y en ait pas tant que cela). Quand aux embrouilles de famille, c’est nettement plus intéressant.<br />
Particularité du film : sa structure totalement de traviole – flashback de 7 ans, flashforward de 8 ans, re-flashback de 3 ans,&#8230; parfois explicites parfois pas – qui semble-t-il n’existe que pour préserver, inutilement, un mini-twist final qui ne mérite pas de faire tant de bruit. C’est con, le film se tient et a ses petits moments, mais y avait moyen de faire mieux.</p>
<p><a name="missing-gun"></a>Prochain sur la liste, <strong>The Missing Gun</strong> (2001), présenté dans le cadre de l’hommage à Lu Chuan. Le pitch rappelle <strong>PTU </strong>(réalisé deux ans après !) puisqu’il s’agit d’un flic ayant perdu son arme de service.<br />
J’avoue avoir dormi pendant cette séance (en fait j’ai dormi à toutes les séances de 14h~15h, à l’heure de la sieste digestive), sans que le film en soit vraiment responsable d’ailleurs car quand je me réveillais j’y trouvais de bonnes choses. C’est un peu <em>cheap </em>quand même, mais ça ne nous dérange pas puisque c’est pas mal mis en scène et non dépourvu d’ironie.</p>
<p><a name="all-to-the-sea"></a><strong>All to the Sea</strong> de Yamada Akane (2010) est un film qui aurait pu être sympa. Après tout c’est une petite romance japonaise, ce qu’on apprécie dans le coin. Pas désagréable un premier temps, il se traîne laborieusement sur la fin, jusqu’à ne plus me laisser grand souvenir. Dur dur, je vais devoir broder. En gros : c’est télévisuel.<br />
Mon coté fanboy apprécie quand même des seconds rôles féminins très Sono-sion-esques : Ando Sakura (qui aime la bite), Yoshitaka Yuriko (qui n&#8217;apparait que 30 secondes mais est toute kawaii quand même), Ando Tamae (dix secondes à moitié hors cadre, de qui se fout-on ?) et Watanabe Makiko (en schizophrène soumise et kléptomane). Hop, c’est tout.</p>
<p>La séance suivante nous donne l’occasion d’admettre qu’on n’est même pas arrivé à la moitié du compte-rendu et qu’on est déjà à court de formule de transition, mais surtout de pester un peu (car sinon c’est pas drôle) contre certaines détestables habitudes des festivals.<br />
Bref, on se rend à la séance de <strong>City of Life and Death</strong> dans la grande salle du CID, où devait accessoirement être remis à je ne sais quel officiel un prix à remettre au réalisateur, et on est cordialement accueillis par une demoiselle qui nous invite à nous placer sur le coté, ce sont des bonnes places nous assure-t-elle, avant d’ajouter que comme ça fera une belle salle pour les caméras, ce dont on a rien à battre, ce qu’on lui dit en ajoutant qu’on est là pour les films et pas pour faire plaisir au service communication de l’ambassade de Chine et que donc on se placera au centre, c’est vrai quoi à la fin (et j’arrête mes phrases quand je veux). Têtue, la nana nous conseille alors de nous placer dans la partie haute, parce que parait-il les professionnels les considèrent comme les meilleures, mais lâchez-nous la grappe mademoiselle on est des pros et on va se poser au quatrième rang !<br />
Et laissez-moi vous dire qu’on ne regrette absolument pas, la salle étant bien faite et avec du recul c’était sans doute les meilleures places pour un film aussi physique. Enfin non, pas tout à fait, les meilleures devaient être quelques rangées au dessus : celles qui étaient réservés à tout le gratin. Deuxième objet de scrogneugneuh donc : ces officiels et autres partenaires commerciaux à qui on garde les meilleures places, quand bien même ils ne sont là que pour serrer quelques mains au nom de la diplomatie franco-chinoise, n’en ont pour un certain nombre rien à battre du film (la preuve : ils téléphonent) et n’entendent rien au cinoche, mais on s’en fout (enfin, c’est pas pire que Kinotayo qui réserve parfois des films en projections uniques pour ce genre de petits spectacles, là au moins il y a de la place et les gens concernés peuvent rentrer). En plus on doit se taper un discours chiant du directeur du festival sur la grandeur de l’« empire du milieu » (sic) et le <em>bullshit </em>de je-ne-sais-quel diplomate chinois. Qu’ils crèvent tous dans d’atroces souffrances.</p>
<p><a name="city-of-life-and-death"></a>Le film quand à lui – <strong>City of Life and Death</strong> de Lu Chuan (2009) – vaut vraiment le détour, il enterre tout ce qui était projeté d’autre durant ces quatre ou cinq jours. C’est même dommage d’en parler comme ça à l’arrache, avec dix films vus entre temps, sans pouvoir faire quelque chose de joli et construit.<br />
Enfin bref, le film relate le fameux massacre de Nankin, durant lequel l’armée japonaise à tué, violé et tout ce que vous voulez quelques centaines de milliers de chinois. Je n’accorde en général peu d’intérêt à ce genre de films (non, je n’irai pas voir <strong>La Rafle</strong>), que certains trouveront « nécessaires » mais qui n’ont rien à voir avec le cinoche. Mais heureusement pour lui, il y en a du cinoche dans <strong>City of Life and Death</strong> ! Bon, il n’en détrône pour autant pas le splendimissime <strong>Requiem pour un massacre </strong>de Elem Klimov (sur des faits similaires d’ailleurs) au sommet de mon panthéon des films avec des femmes et des enfants brûlés vifs dans les églises, mais même pour un type qui comme moi n’aime pas les films de guerre, ébé ça a de la gueule.<br />
D&#8217;ailleurs pour un type qui aime pas les films de guerre, j’aime beaucoup la première partie, pourtant entièrement guerrière. Notamment une scène d’embuscade particulièrement terrifiante. Bref, ça colle au siège. D’autant que, en plus de faire exploser de l’obus, Lu Chuan fait des beaux plans. C’est limite esthétisant ; iconicisant plutôt, puisqu’il cherche l’image forte. Ajouté à un son puissant et bien travaillé, ces scènes sont particulièrement physiques. Quand à la photo, en noir et blanc, elle est vraiment très chouette, un peu vieillie crado, pas au point d’en faire une parodie de film d’époque mais évitant une image lisse qui n’aurait pas été appropriée.<br />
Ensuite le film se calme un peu (forcément il n’y a plus de soldats chinois vivants). Enfin, façon de parler car le massacre à proprement dit commence : exécution des prisonniers, rafles, viols collectifs,&#8230; tout y passe, âmes sensibles s’abstenir.<br />
De la part d’un film chinois on aurait pu craindre la surcharge patriotique. Deux-trois « gloire à la Chine éternelle » superflus, mais on y échappe la plupart du temps. La bonne idée de Lu Chuan, c’est de mener son film des deux cotés, chez les chinois mais également chez les japonais : sans pour autant enlever à la monstruosité de leurs actes, ce dispositif permet de conserver assez de leur humanité pour faire un film crédible. Du coup, ça sonne juste, même dans les séquences chargées en émotion (et il y en a).<br />
Bon aller j’arrête ici les frais parce que j’écris de la merde. Voyez-le.</p>
<p>Fin de soirée en se heurtant à la petitesse de la salle du Morny, complète bien avant qu’on se présente à la projo de <strong>The Sword with no Name</strong>. Mais c’est pas grave, c’est un film de sabre coréen.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/city-of-life-and-death.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>City of Life and Death</strong> (Lu Chuan, 2009)</div>
<p><span class="titrerevue">Jour 3.</span></p>
<p><a name="judge"></a>On se pensait masochiste en se faisant le Tadjik le jour d’avant, mais on découvre la vraie souffrance devant <strong>Judge </strong>(Liu Jie, 2009), également programmé à 9h. Un truc sur la peine de mort, qui montre qu’en Chine quand même on applique la loi avec rigueur pour le plus grand bien du peuple et qu’on est pas des barbares (la preuve, les voleurs de voitures ne sont plus condamnés à la peine de mort), avec moultes plans fixes où les gens font la gueule. Au secours !<br />
Pour info, le film a reçu le prix du meilleur film, ce qu’on explique par l’amour des jurys pour les caricatures de films d’auteur et/ou par la volonté systématique de récompenser un film du pays mis à l’honneur.</p>
<p><a name="clash"></a>C’est alors avec un enthousiasme non dissimulé qu’on accueil <strong>Clash</strong> de Le Thanh Son (2009), film de tatane viet plutôt cool, avec une joli nana qui cogne bien et des boxeurs français Le Banner staïle.<br />
Bon, OK, c’est un peu pourri quand même. Je veux dire, le scénar, les inévitables flash-back pourris en sépia, les acteurs qui cabotinent,&#8230; ce genre de choses qui font un film respectable. Mais le coté poseur, tronche de <em>badguy </em>vénère et clopage badasse, s’il aurait pu être un défaut dans un film moins nawak donne ici au film une petite et pas déplaisante tonalité <em>yakayo</em>. Et surtout – n’est-ce pas le plus important ? – les scènes de combats sont souvent cool. Et lisibles avec ça, le film n’étant pas surdécoupé dans tous les sens.</p>
<p><a name="king-of-jailbreakers"></a>Troisième et ultime déception nippone : <strong>The King of Jailbreakers</strong> (Itao Itsuji, 2009).<br />
C’est l’histoire d’un type qui passe son temps à s’évader de prison, pour se faire reprendre juste après. La question étant : mais pourquoi ? Pitch rigolo. Mais le film souffre de ce qu’on pourrait appeler le « Symbol syndrome » : bonne idée, mais film répétitif au possible – la première partie n’est effectivement qu’une succession d’évasions – et surtout ne menant absolument nulle part – ici la fin n’est pas psychée prétentieuse comme celle de <strong>Symbol</strong>, mais au contraire du genre qu’on se demande « tout ça pour ça ? », tellement c’est en mousse.<br />
Séance post-déjeuner oblige, j’ai dormi. Ce qui m’a joué un mauvais tour, puisqu’au beau milieu, pile poil quand je me réveille, le film reprend sa scènes d’ouverture, ainsi que son panneau de titre. Moment de flippe sous la forme « mince, auraient-ils rembobiné le film rien que pour moi, que j’en loupe pas la moitié ??? ». La seconde partie est moins poussive que la première il me semble, moins répétitive et plus linéaire en tout cas. Et avec quelques <em>freaks </em>et un nain, malheureusement sous-exploités.</p>
<p><a name="au-revoir-taipei"></a>Mais preuve que le Ying accompagne toujours le Yang (ça va, j’ai rempli mon quota d’exotisme) et qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre, le film suivant se révèle une vraie bonne surprise. <strong>Au revoir Taipei</strong> (Arvin Chen, 2010) est une comédie, un peu romantique et un brin déjantée, juste légèrement. L’histoire d’un type qui, la veille de partir à Paris pour retrouver la meuf qui vient de le larguer, se retrouve embringué dans un mic-mac mafieux avec son meilleur ami et une fille secrètement amoureuse de lui.<br />
Mise à part la photo, très zoulie mais qui en fait des tonnes (pour notre plus grand plaisir en fait), le film est d’une modestie vraiment rafraîchissante. Je devrais alors ajouter « un peu » ou « un brin » devant chaque adjectif que je lui accolerai, si seulement je n’avais pas peur de la répétition : <strong>Au revoir Taipei</strong> est de ces films qui picorent, effleurant un genre puis un autre, changeant légèrement de ton ici et là, sans vraiment s’en formaliser ni en faire tout un plat. Et paradoxalement ça n’en est même pas superficiel, mais c’est gourmand et mignon comme tout.<br />
Un peu mutin aussi parfois, puisqu’il aborde ses situations avec une légère dérision, en particulier quand il manipule les clichés, sans pour autant donner dans la parodie. La dernière scène (classique scène de comédie romantique) est très représentative de ce genre de léger détournement qui n’en est pas. C’est joli et taquin, quoi.<br />
(et une telle finesse dans un premier long métrage laisse augurer de bonnes choses pour la suite)</p>
<p><a name="chengdu-i-love-you"></a>Pour le film suivant, y a un truc que j’ai pas compris : on m’avait dit que <strong>Chengdu I love you</strong> était un omnibus en trois parties, mais on n’en a vu que deux (celle de Hur Jin-Oh étant passé à la trappe, pas que je m’en plaigne mais ça fait toujours bizarre). Mais passons.<br />
Le premier film (réalisé par Ciu Jian) est une sorte de romance kung-fu SF qui ne ressemble à rien. Au mauvais sens du terme. C’est méga kitch (en particulier les gadgets futuristes pourris et les incrustations de tigres par dessus les types qui font des katas !), pas rythmé, et en plus y a tout un patacaisse inutile reliant le film au séisme du Sichuan en 2008 (il y a un tremblement de terre dans le deuxième segment : est-ce un thème imposé ?), genre t’as vu mon film comme il est concerné. En deux mots, c’est risible de bout en bout. Et il a de la chance que je m’en souvienne pas.<br />
Le deuxième ne pouvait pas être pire, il est donc un peu mieux (Captain Obvious in da place). C’est réalisé par Fruit Chan, ça se passe cette fois dans le passé (si j’ai bien compris le troisième et manquant segment se passe à notre époque), avec un fou qui apprend à un gars et une fille à servir le thé manière kung-fu. Ça ne mène pas à grand chose pour autant que je m’en souvienne, c’est même un peu long dans la deuxième partie, mais la première moitié contient quelques effets de montage plutôt pas mal, et ludiques. Ça a suffit à mon bonheur après la désolation du film de Ciu.</p>
<p><a name="bad-blood"></a>Dernière projo de la journée avec <strong>Bad Blood</strong> (Denis Law, 2009), le nanar du festival, forcément agréable. D’autant plus LOL qu’il nous fut projeté en mandarin, ce qui pour un film d’action HK est une sorte d’aberration mais rendait l’ensemble encore plus surréaliste.<br />
Le début est prout prout, tellement prout prout que le scénariste nous rajoute deux bastons sans aucune justification (la première : Machin entre dans un appart’ et se fait attaquer par celle qui y habite, mais en fait ils sont copains c’est juste pour le <em>lulz </em>qu’ils se sautent dessus avec des couteaux ; la deuxième : les mêmes décident d’aller chambrer des racailles histoire de s’entraîner un peu) afin de soutenir un peu le rythme. Ensuite ça se bastonne un peu plus – les scènes auraient même été pas dégueues si la moitié des acteurs n’avaient pas rien d’artistes martiaux (mention spécial à Simon Yam et son manteau jaune qui se bat contre une méchante très <strong>Resident Evil</strong>).<br />
Rajoutez des flashback vraiment moisis (en comparaison ceux de <strong>Clash</strong> retrouvent toute leur dignité), et en général des scènes atrocement écrites, vous avez là un petit film un peu nul mais rigolo dans son genre, avec des pizza et des bières.<br />
(fait remarquable dans ce film : Lam Suet ne mange pas)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/au-revoir-tapei.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Au revoir Taipei</strong> (Arvin Chen, 2010)</div>
<p><span class="titrerevue">Jour 4.</span></p>
<p><a name="my-daughter"></a>On pensait avoir connu le pire avec <strong>Judge</strong>, mais <strong>My Daughter</strong> (Charlotte Lim Lay Kuen, 2009) dépasse tout ce qu’on pouvait imaginer. A neuf heures du mat ça cueille à froid : j’en connais pas mal qui en ont profité pour finir leur nuit mais de mon coté j’ai pas réussi à m’endormir tellement j’étais pétrifié par ce que je voyais.<br />
Ça raconte que dalle ; c’est atrocement filmé ; y a des inserts noirs avec du son qu’on se demande ce que c’est et en fait c’est l’annonce de l’accident que va avoir la mère et que quand on en arrive là on se tire une balle tellement l’artifice est foireux ; les gens ne parlent pas mais par contre ils vomissent ; de toute façon, comme dans tout bon film d’auteur pudique et sobre avec des dépressifs, les personnages agissent en dépit du bon sens, car voyez vous c’est le reflet de leur psyché perturbée ; &#8230;<br />
Ce film a reçu un prix, c’est juste pas croyable.</p>
<p><a name="eternal"></a>La flemme, l’embourgeoisement qui nous guète et nous pousse à aimer la grande salle du CID, l’appréhension d’encore une fois se retrouver à la porte du Morny pour cause de salle comble et le fait qu’après tout si on a envie de voir <strong>Bodyguards and Assasins</strong> on ira le chopper en divx, tout ça nous amène à aller voir <strong>The Eternal</strong> (Rituparno Ghosh, 2010). Ah bah ça c’est certain, un film indien sur les états d’âme d’un réalisateur de cinéma avec histoire mise en abyme, même en divx on en veut pas. Quoique je pousse un peu, ça aurait pu être cool, même si on sait que ce genre d’exercice est délicat.<br />
Ça commence avec une discussion où on apprend, perplexes, que la latitude est plus grande en pellicule qu’en vidéo. Puis suit une sorte de chronique familiale sur un cinéaste qui visiblement fait des films doteurdarédécai, puisque ses films sont peu vus mais sont influents, parce que ceux qui les voient sont des cinéastes. Il a aussi une histoire de fesse avec l’actrice qu’il a lancé, mais c’est tout en finesse vous pensez bien, genre quand elle téléphone il quitte la table pour prendre le coup de fil dans les toilettes.<br />
Sinon c’est pas trop moche, mais ça se regarde un peu trop pisser. C’est un film qui parle de cinéma quoi, c’est de l’art.</p>
<p><a name="sawasdee-bangkok"></a>Ultime projection, celle de l’omnibus thaïlandais <strong>Sawasdee Bangkok</strong> (2009).<br />
Le premier segment est signé Wisit Sasanatieng (un réal avec qui j’ai un peu de mal, sauf peut-être avec son <em>eastern </em><strong>Les Larmes du tigre noir</strong>), qui fait une nouvelle fois dans l’étrangeté : une SDF aveugle ayant échappé de justesse à un viol rencontre un ange qui lui explique que, contrairement à tout ce qu’elle peut entendre, Bangkok est une ville merveilleuse et luxuriante ; et il décide de lui faire visiter Bangkok. Rigolo, mais sans plus, avec un final un peu lourdaud.<br />
Le deuxième est signé Aditya Assarat, réal de <a href="http://insecte-nuisible.com/fim-juin-2008/#town"><strong>Wonderful Town</strong></a>. J’ai un peu dormi pendant celui là (projo de digestion, rappelez-vous) mais ce que j’en ai vu était assez mignon. Les amourettes, j’aime. Un peu statique quand même, paresseux plutôt. Enfin c’est ce qu’il me semble car je m’en souviens qu’à moitié.<br />
Le troisième, d’un réal dont j’ai jamais entendu parler (Kongdej Jaturanrasamee), est pas trop mal non plus, sans casser des barres : un jeune homme débarque à Bangkok, flashe sur une fille dans un quartier chaud, couche avec elle pour de l’argent, puis lui propose d’aller se balader avec lui. On ne sait pas trop où ça mène, et malheureusement ça mène vers un twist sans grand intérêt sensé justifier tout ça.<br />
Dernier segment, et largement le meilleur, celui de Pen-Ek Ratanaruang. Tout d’abord parce que le film change de ton, de rythme et de forme comme de chemise (enfin, pas tant que ça, mais il y a bien trois ou quatre « parties » en vingt cinq minutes). Ensuite parce qu’il y a des plans cools, genre un plan séquence en vue subjective d’une nana bourrée. Puis parce que les filles sont chouettes. Enfin parce que le final, s’il est un peu moraliste, est beau quand même.<br />
Mais le meilleur reste à venir : après le générique toute l’équipe du film se tape un délire genre lip-dub d’ivrognes, avec un escabeau et une bagnole sur une remorque.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/niigaki-risa.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">(parce que ce compte rendu manque cruellement de choupiness et de joues)</div>
<p><span class="titrerevue">Ze Palmarès</span></p>
<p>Afin de rendre l’Insecte Nuisible encore plus <span style="text-decoration: line-through;">pédophile</span> glamour, cette année Ze Palmarès sera présenté par Niigaki Risa, élue miss « plus belles joues du Hello!Project » à l’unanimité de moi-même.</p>
<ul>
<li>Grand Prix « Ah ouais quand même ça calme » : <strong>City of Life and Death</strong> ;</li>
<li>Joli Prix du film qu’il est mimi comme tout : <strong>Au revoir Taipei</strong> ;</li>
<li>Prix spécial « trois jolies filles pour le prix d’une » : Seo Woo (<a title="choupiness inside" href="http://insecte-nuisible.com/images/seo-woo.jpg">♥♥♥</a>), Sim I-Yeong et Kim Ye-Ri dans <strong>Paju</strong>, que rien que pour elles le film il vaut le coup ;</li>
<li>Prix « fumer tue donc je bouffe des champis » de la scène filmée sous psychotropes : la séquence post-générique de <strong>Sawasdee Bangkok</strong> (avec notamment Pen-Ek Ratanaruang qui donne un coup de cul en chantant yamayi yamayo) ;</li>
<li>Prix « oh mais le con ! » du type qu’en fait il est gay sinon c’est pas possible : l’autre idiot dans <strong>All too the Sea</strong> qui a <a title="bombasse inside" href="http://insecte-nuisible.com/images/sato-eriko.jpg">Sato Eriko</a> à poil juste devant lui qui lui dit « tu peux coucher avec moi si tu veux » mais qui profite même pas de l’occasion ;</li>
<li>« Caméra pute » du film tiers-mondiste : Brilliante Mendoza pour <strong>Lola </strong>;</li>
<li>Prix « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué » de la scène surréaliste : la méchante de <strong>Bad Blood</strong> pour son incroyable <em>backstab </em>grand écart entre deux murs à deux mètres du sol ;</li>
<li>Prix « marché au poisson » de l’inutilité filmique : Charlotte Lim Lay Kuen pour <strong>My Daugther</strong> ;</li>
<li>Prix « Asian Boobs » : la prostituée de <strong>Clash </strong>qui sort de sa léthargie en plein <em>gun-fight</em> et s’enfuit au ralenti avec un gros plan sur ses nénés bondissants, et au bonhomme distrait par le spectacle qui se prend une balle dans la tête pour la peine.</li>
</ul>
<p>Ayé, c&#8217;est fini.<br />
Pendant que vous y êtes, si vous êtes motivés vous pouvez aller lire les comptes-rendus de mes camarades de festival (mais je vous préviens : on a vu les mêmes films, où presque, et on en pense des choses assez similaires)(non, nous ne sommes pas formatés). Les autres traînent (j&#8217;éditerai pour mettre les liens), mais <a title="Deauville 2010 [dooliblog]" href="http://dooliblog.com/2010/03/15/compte-rendu-deauville-2010-jour-1/">Pierre a commencé le sien</a>.</p>
<p>(<em>edit : abah enfin les voilà : <a href="http://www.cinemasie.com/fr/fiche/dossier/388/">triple compte-rendu sur Cinémasie</a>, <a href="http://butterflyprod.over-blog.com/article-compte-rendu-du-festival-du-film-asiatique-de-deauville-jour-1-46962559.html">celui d&#8217;Alban</a> et <a href="http://blog.hkmania.com/?p=5445">Slimdods qui nous parle de Clash</a></em>)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss></wfw:commentRss>
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		</item>
		<item>
		<title>Cannes 2009, ep.1</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-1/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-1/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 30 Aug 2009 22:28:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Ailleurs et Pas-tout-de-Suite]]></category>
		<category><![CDATA[Bae Doo-Na]]></category>
		<category><![CDATA[Bong Joon-Ho]]></category>
		<category><![CDATA[Félix Van Groeningen]]></category>
		<category><![CDATA[festivals et rétrospectives]]></category>
		<category><![CDATA[Koreeda Hirokazu]]></category>
		<category><![CDATA[Pen-Ek Ratanaruang]]></category>
		<category><![CDATA[Yorgos Lanthimos]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://insecte-nuisible.com/?p=633</guid>
		<description><![CDATA[Compte rendu du festival de Cannes 2009, premier épisode.
(Dogtooth, Air-Doll, Mother, Nymph &#038; La Merditude des choses)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite, ep.7-1</strong><br />
(<a title="Festival du film asiatique de Deauville 2009" href="http://insecte-nuisible.com/festival-du-cinema-asiatique-de-deauville-2009/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p><a href="http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises/">Comme l’année dernière</a> mon indécrottable sens des priorités m’a poussé à ne pas me rendre à Cannes pour son petit mais néanmoins sympathique festival (j’ai tout de même pu suivre l’aventure grâce à Allociné qui avait pour l’occasion rassemblé les plus pouêt des blogueurs cinoche dans un blog créé pour l’occasion, blog qui ressemblait plus au site officiel Philips qu’à autre chose). Mais comme l’année dernière j’ai profité des reprises parisiennes pour me faire une ou deux séances.<br />
Et oui, c’était il y a trois ou quatre mois, mais 1/ l’actualité c’est tout caca et 2/ j’ai quand même fait plus vite que Mad Movies avec le festival de Deauville</p>
<p><a name="dogtooth"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/dogtooth-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Dogtooth </strong>(Yorgos Lanthimos, 2009)</div>
<p>Je commence donc par <strong>Dogtooth</strong>. Pour y aller vite, c’est ce qu’on appel un « film gâchis » : une idée démente, un développement plutôt pas mal, un petit chat éventré au taille-haies, mais absolument aucune mise en scène !!! (&lt;= trois points d’exclamation, car il le vaut bien)<br />
En quelques mots, nous avons une famille que le père (avec la bénédiction de sa femme) a totalement retranché dans leur villa : les enfants (qui doivent être proches de la vingtaine mais sont toujours infantilisés) n’ont jamais vu le dehors et sont persuadés qu’il est rempli de gros monstres féroces. Mais voilà, le père va faire rentrer le loup dans la bergerie en engageant une femme de l’extérieur pour soulager la libido du fiston (les filles, évidemment, n’ont aucune pulsion sexuelle, hein).<br />
C’est donc atrocement filmé – avec sans doute (comme dans tout film qui ne le fait pas exprès) un ou deux plans potables par accident – avec la caméra placée au petit bonheur la chance en face d’acteurs qui récitent laborieusement leur texte. Parfois à tel point qu’on se demande s’il y a un cadreur : que penser de ces plans (au moins deux) où suite à un mouvement des acteurs le cadre leur sabre la tête ? A moins, ce qui serait croquignolet, que le réalisateur ait réellement pensé qu’il s’agissait là d’une brillante audace formelle, que ça ferait de lui un « auteur ».<br />
Dans le même genre, notre bonhomme se vautre bien souvent dans une provoc’ facile et complaisante, à travers des scènes de cul notamment. Car voyez-vous, Yorgos Lanthimos c’est pas une pédale de réalisateur hollywoodien soumis à la morale puritaine, non, lui il montre les cramouilles en gros plan et te fais des scènes lesbiennes pour bien insister sur le fait qu’il est provocateur. Soyons honnête (j’ai encore du temps pour être de mauvaise foi), certaines de ces scènes, en décrivant un rapport à la sexualité totalement déphasé, sont intéressantes dans leurs idées et le sens qu’on peut y trouver – idem d’autres scènes du film. Mais c’est encore oublier qu’un plan ne se réduit pas à une idée de plan, pas plus qu’un film ne se réduit à une idée de film.<br />
Le film a reçu le prix un certain regard, une nouvelle preuve que les jurys n’en ont absolument rien à foutre de la mise en scène.</p>
<p><a name="air-doll"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/air-doll-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Air Doll</strong> (Koreeda Hirokazu, 2009)</div>
<p>La suite est tout de suite plus heureuse, puisqu’il ne s’agit pas moins que de <strong>Air Doll</strong> de Koreeda Hirokazu, LE film que je ne voulais surtout pas rater. Pas forcément pour Koreeda, qui n’est pas particulièrement une tanche mais qui dans ses penchants classiques est à double tranchant (récemment sorti en salles, <strong>Still Walking</strong> est chiant à crever), mais pour la présence au casting de <a title="Bae Doo-Na" href="http://insecte-nuisible.com/tag/bae-doo-na/">Bae Doo-Na</a> dans le rôle principal (soit son deuxième film au Japon après <a title="Linda Linda Linda" href="http://insecte-nuisible.com/linda-linda-linda-yamashita-nobuhiro-2005/">le sublimissime <strong>Linda Linda Linda</strong></a>), actrice pour qui vous commencez à le savoir j’ai un léger penchant (qui a dit litote ?).<br />
Ça tombe bien car ce film est un grand moment de <em>fan-service</em>, comme jamais l’actrice n’avait eu droit au cours de sa carrière. Ça va même jusqu’à me faire penser à ces vidéos où une <em>idol </em>est suivie par une caméra qui capte ses moindres petits gestes (souvent mis en scène avec professionnalisme par la gamine) et grâce auxquelles le <em>fanboy </em>pourra admirer l’objet de sa dévotion boire un verre de lait et patauger dans une fontaine – en mieux mis en scène, bien sur, et le tout faisant sens, bien entendu.<br />
Bae Doo-Na y joue le rôle d’une <em>love-doll</em> (le modèle cheap, en plastoc avec de l’air dedans, pas celui en silicone hyper réaliste) qui se découvre un coeur. La nuit elle joue placidement son rôle de poupée gonflable dans les bras de son proprio frustré ; le jour elle profite de son absence pour aller explorer la ville. Elle finit par se faire embaucher dans un vidéo-club et tomber amoureuse de son collègue (dans cet ordre ou dans l’autre). Mais elle découvre aussi que la vie, et bien c’est pas si glop que ça. Pendant ce temps, alors que chaque seconde du film nous convainc qu’il n’y avait qu’elle pour incarner ce rôle, c’est le <em>Doo-Na show</em> ; la miss découvre son corps et son environnement, tout l’émerveille, et la caméra l’accompagne délicatement : Doo-Na essaye des fringues (pour finalement choisir un cosplay de soubrette !), Doo-Na respire l’air frais, Doo-Na suit les gens dans la rue, Doo-Na gazou-gazouille des mômes dans leur poussette, Doo-Na fait des pâtés de sable, Doo-Na joue aux machine à sous, Doo-Na va chez l’esthéticienne (pour masquer ses coutures !), Doo-Na déambule sur un muret, Doo-Na se promène à la plage, Doo-Na tricote, Doo-Na fouille les poubelles, Doo-Na fait un tour en péniche, Doo-Na vole dans les airs (yeah !), et surtout Doo-Na se gonfle et se dégonfle&#8230; si seulement il y avait une caméra infrarouge dans la salle vous auriez pu voir le sourire niais qui illuminait mon visage tout le long de la projection.<br />
Mais le pire, c’est que le film se défend. Certes, on pourra lui reprocher de trop vouloir mettre en scène la généralisation de son propos, insistant non sans lourdeurs sur l’incarnation réaliste de sa métaphore (et oui, autour le la poupée les gens aussi sont vides et peinent à trouver leur singularité). Alors que le film aurait fait sens malgré tout, sans avoir à s’attarder sur des personnages périphériques qui faute de développement fonctionnent comme des stéréotypes (le <em>freeter </em>humilié par son n+1 dans son boulot de merde, la <em>hikikomori </em>dépressive, la vieille fille complexée par les gamines qui chopent tous les mecs du périmètre, le petit chef frustré,&#8230;). Enfin, c’est pas si tranché que ça, car Koreeda a su les filmer. Mais, ainsi utilisées en inserts, ces scènes sentent la pièce rapportée ; elles auraient mérité à être utilisées au coeur du récit et lui apporter du contenu sans l’interrompre, comme peuvent le faire d’autres personnages secondaires (le vieil homme par exemple). Et en grand amoureux du fantastique je ne peux qu’être déçu du manque de confiance du réalisateur dans la portée de son allégorie, dont il se force inutilement à rappeler la portée.<br />
N’empêche, le film est beau. Koreeda n’est pas un réalisateur d’une grande excentricité et sans doute pour cette raison il me semble qu’une histoire fantastique lui fait du bien, décomplexant sa rigueur à la limite du balai dans le fondement (<a title="Maborosi" href="http://insecte-nuisible.com/faps-fevrier-2008#maboroshi"><strong>Maborosi</strong></a>) et/ou son classicisme paresseux de réalisateur de films contemplatifs avec des vieux (<strong>Still walking</strong>). D’ailleurs, du peu de lui que j’avais vu jusqu’à présent, c’était <strong>After Life</strong> qui m’avait le plus convaincu : par accident ou pas (j’en sais rien) la manière qu’il a eu de rabattre son argument scénaristique fantastique vers une représentation réaliste (voire même plus) me semble très intéressante. <strong>Air Doll</strong> ne prend pas moins que le chemin opposé (avec ce type on ne sait pas à quoi s’attendre, c’est agréable) : loin de contraindre sa part de fantastique, il va au contraire l’accompagner tendrement – comme il accompagne la naïveté béate de son héroïne – dans de légers travellings, presque imperceptibles. Un regard léger donc, pas particulièrement distancié mais pas non plus intrusif : il laisse le film s’épanouir.<br />
D’ailleurs c’est ça le film, l’histoire d’une fille qui s’épanouit, assez en tout cas pour ne pas avoir le sentiment d’avoir raté sa vie le jour où elle s’échoue dans le caniveau. A ce sujet la fin est très chouette, avec une scène de cul étrange et belle qui, si ma doctrine selon laquelle on peut juger des films à l’aune de leurs scènes de fesse est vraie, devrait suffire à faire de <strong>Air Doll</strong> un film qui vaut le coup d’oeil. Et qui, ce qui est finalement bien rare, parvient à réinventer les relations humaines sous un jour nouveau, comme pour nous les faire redécouvrir.</p>
<p><a name="mother"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/mother-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Mother </strong>(Bong Joon-Ho, 2009)</div>
<p>Retour à la dure réalité avec <strong>Mother </strong>de Bong Joon-Ho, un autre film que j’attendais. Et, autant le dire tout de suite, qui m’a bien déçu, d’autant plus qu’il se traînait une flatteuse réputation. Pas que ça soit honteux, mais bon, si ça reste regardable sans déplaisir c’en est pas moins très moyen.<br />
C’est comme le titre l’indique l’histoire d’une mère, du genre pour qui son fiston attardé mental est la prunelle de ses yeux, son bichounet d’amour qu’il faut pas lui faire de mal et qu’elle sentirait même pas qu’elle a les boyaux qui traînent sur le ciment si par malheur son gamin s’entaillait le doigt avec un brin d’herbe vicelard. La mère poule coréenne typique, non ? Bref, un jour son gars est accusé du meurtre d’une lycéenne et devant l’immobilisme de policiers convaincu d’avoir classé l’affaire en deux jours elle décide de mener sa petite enquête perso.<br />
Et là on se dit « ça ressemble à du Bong Joon-Ho ». En effet rien de plus typique, une histoire de prolos à coté de leurs pompes qui vont faire le boulot à la place de la police (tiens, comme dans <strong>The Host</strong>), police qui fait le service minimum et se contente du premier suspect venu qu’il suffit de faire avouer en lui tapant dessus (tiens, comme dans <strong>Memories of Murder</strong>). Bong ne se gène d’ailleurs pas pour jouer sur des références à ses films précédents, prenant souvent à contre-pied ce qu’elles pouvaient inspirer au spectateur. Bon point, du coup je ne dirais même pas qu’il s’agit de recyclage même si ce dernier pointe le bout de son nez. Bong va devoir y faire attention pour la suite, je sais pas s’il passera entre les gouttes à chaque film. Cette fois on lui accorde volontiers notre grâce car d’une manière générale <strong>Mother </strong>est bien écrit et plutôt intéressant. Quoiqu’on mettra un bémol sur les personnages, pas tellement pour un problème d’écriture que de direction d’acteurs poussant à surjouer. C’est classique dans les films de Bong et ça marche quand l’acteur en a sous le pied (Song Kang-Ho, Bae Doo-Na,&#8230;) mais forcément quand on se paye cette tanche de Won Bin c’est tout autre chose.<br />
Reste qu’il y a ce point où on se dit « ça ressemble pas à du Bong Joon-Ho », c’est la mise en scène. Enfin, j’en sais rien, j’ai pas le temps de revoir ces films que je n’ai pas vu depuis quelques temps mais qui me laissent d’honnêtes souvenirs (en particulier <strong>Memories of Murder</strong>), mais j’ai comme l’impression que pour celui-là le père Bong se ramollit franchement – limite s’il brigue pas le poste de ministre de la culture –, à moins que je ne doivent revoir ses anciens films pour les réévaluer à la baisse. A peine une poignée de trucs chouettes à nous mettre sous la dent, au coeur d’une réal pas dégueulasse mais mollassonne (quand elle se prend d’emphase c’est pour nous balancer des violons à faire s’écrouler une deuxième fois les twin towers, on en demande pas tant), c’est bien peu. Je demandais pas du Park Chan-Wook, juste quelque chose de moins plan-plan.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/oxhide-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Oxhide II</strong> (Liu Jia-Yin, 2009)</div>
<p>&lt; coupure pub : intermède masochiste &gt;</p>
<p>Comme chaque année la quinzaine des réalisateurs regorge de films à la mords-moi-le-noeud aussi extrémistes qu’hermétiques et poseurs – l’année dernière j’avions eu droit au très insupportable et terriblement long <a title="Now Showing" href="http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises#now"><strong>Now Showing</strong></a> de Raya Martin, le même Raya Martin qui cette année présente <strong><a href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-2/#independencia">Independencia</a> </strong>– tout ça sûrement dans le but de prouver que la quinzaine défend le cinéma, le vrai, celui qui met ses couilles sur la table de montage.<br />
Cette année, le défi masochiste de la sélection a sans doute été <strong>Oxhide II </strong>de et avec Liu Jia-Yin. L’unique projection ayant lieu en même temps que l’unique projection de <strong>Nymph</strong>, je n’ai malheureusement pu assister au film. Mais je ne résiste pas à l’envie de vous transmettre son synopsis, particulièrement hardcore :<br />
« Une table ; un dîner de bouchées ; une famille de trois personnes.<br />
Neuf scènes tournées autour de la table, entre chaque scène, 45 degrés.<br />
132 minutes en temps réel.<br />
Voilà le sujet de<strong> Oxhide II</strong>.<br />
La réalisatrice et ses parents jouent les trois personnages.<br />
Il n&#8217;y a pas de quatrième personnage, à part les chats. »</p>
<p>&lt;/ coupure pub &gt;</p>
<p><a name="nymph"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/nymph-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Nymph </strong>(Pen-Ek Ratanaruang, 2009)</div>
<p><strong>Nymph </strong>donc, le film qui m’a empêché de voir <strong>Oxhide II</strong>. Alors certes c’est moins hard que le film de Liu Jia-Yin, mais dans le genre auteurisant déviant gentiment vers le chiant y a quand même du niveau ! Dans un sens comme dans l’autre, car le premier plan est assez sublime : long plan séquence en caméra portée errant dans la jungle, comme en caméra subjective, surprenant du coin de l’oeil le viol d’une nana par deux types sans doute pas très nets (plus pour très longtemps en tout cas) avant de passer son chemin et d’aller faire son petit tour dans la foret&#8230; avant de, oh surprise ! s’envoler littéralement. Très joli. On se dit même que Pen-Ek Ratanaruang aurait pu ne faire son film qu’en un plan-séquence à filmer les arbres et deux trois éléments périphériques qui créeraient un sens, et que ça aurait été merveilleux.<br />
Il s’est quand même dit que raconter une histoire ça serait pas mal (quel idée biscornue !), il va donc coller aux basques d’un couple dont le mec s’apprête à aller prendre des photos de la jungle. La nana le suit je ne sais trop pourquoi car en fait elle aimerait bien être avec son amant de patron (et inversement). Un passage bien chiant. Pen-Ek Ratanaruang conserve peu ou prou la même mise en scène que pour son ouverture (sauf que c’est pas en plan séquence), le problème c’est que ce qu’on avait aimé dans la jungle ne fonctionne plus du tout dans des scènes d’intérieur et d’une manière générale les scènes montrant des interactions entre personnages : la caméra portée prend des atours de film d’auteur philippin je-m’en-foutiste et la photo délavée a vraiment une gueule de bidonville.<br />
Le film reprend (un peu) du poil de la bête lorsque le bonhomme s’enfonce dans la forêt et que le film se met à ressembler à un faux film d’horreur. Enfin, un film d’horreur d’auteur (vous avez le droit de penser « lol »). Pas de stacato ni de porte qui claque quoi. Cela dit le son est très bien, jouant beaucoup sur l’ambiance hors champ. Dans le même ordre d’idée l’image est souvent floue. C’est pas encore du Grandrieux, mais ça marche et on aime.<br />
Le film oscillera alors entre les deux tendances, balade hypnotique dans la jungle d’un coté et histoire de couple qui se défait de l’autre. La deuxième on connaît, c’est déjà dans les précédents films du réalisateur, par contre la première est assez inédite. Mais on se rassure, c’est bien du Pen-Ek : sa manière de faire partir son film dans 36 directions sans trop savoir dans quel sens aller et faire ponctuellement de jolies choses pour qu’en fin de compte cela mène nulle part, c’est tout à fait lui.</p>
<p><a name="merditude"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/la-merditude-des-choses-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>La Merditude des choses</strong> (Félix Van Groeningen, 2009)</div>
<p>Quand y en a plus, y en a encore, alors on va voir <strong>La Merditude des choses</strong> – comme le dialecte peu catholique du titre laisse penser, il s’agit bien d’un film flamand. Un film raconté par un type de trente ans bien passés qui revient sur son adolescence, à l’époque où il vivait avec son père alcoolo et ses oncles alcoolos et qu’il rivalisait de bon goût en combinant coupe mulet et pull-over tricoté par Mamie. C’est donc un peu rendez-vous à <em>beauf land</em>, comme dans un épisode de Strip-Tease d’il y a vingt ans sauf qu’il y a ni tunning ni soucoupe volante. Tout ça dans une sorte de chronique matinée comédie noire, très <em>belgian touch</em> – on pense notamment à <a title="Eldorado" href="http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises#eldorado"><strong>Eldorado</strong></a> de Bouli Laners, lui aussi présenté à la quinzaine des réalisateurs (mais, pour s’intéresser au versant comédie noire, on est bien loin d’un <strong>C’est arrivé près de chez vous</strong>).<br />
Quoi qu’il en soit, c’est effectivement le coté comédie qui fonctionne le mieux. Enfin, ça doit dépendre à quel niveau on fonctionne, mais un type qui dort dans son vomi avec le chat qui s’en régale moi ça m’éclate. Cela dit on ne se claque pas la cuisse toutes les trente secondes, il serait plus juste de dire que le film s’autorise de temps à autre des incursions comiques plutôt qu’il s’agit d’une comédie à proprement parler.<br />
Du coup, je dois admettre ne pas avoir des masses de choses à dire sur le film. Avouons tout de même qu’il n’est pas moche, malgré le fait que ça se passe à Trouduc-les-Oyes. Par contre la narration est éclatée en flash-back multiples (le gars racontant son adolescence, mais revenant ponctuellement sur sa vie d’adulte), ce qui n’est pas une mauvaise chose en soit (au contraire c’est toujours bon à prendre) mais qui ici dévie le propos dans tous les sens, le film ne semblant trop savoir ce qu’il tient à représenter : chronique adolescente ? film de famille ? peinture sociale ? C’est un peu trop youplala comme ça vient. Du coup, ça m’en touche un peu une sans bouger l’autre.</p>
<p>Cette sélection commence donc pas mal du tout ! Mais cela sera-t-il suffisant pour figurer dans Ze Palmarès, classement dont on connaît la rigueur et l’exigence sans commune mesure ? Vous le saurez en lisant <a title="Cannes 2009, ep.2" href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-2/">la deuxième partie de ce trépidant feuilleton</a> !</p>
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		<title>F.I.M. avril 2008</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/fim-avril-2008/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/fim-avril-2008/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 30 Apr 2008 10:13:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[David Moreau]]></category>
		<category><![CDATA[Ici et Maintenant]]></category>
		<category><![CDATA[J.P. Schaefer]]></category>
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		<category><![CDATA[Mizoguchi Kenji]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Château]]></category>
		<category><![CDATA[Pen-Ek Ratanaruang]]></category>
		<category><![CDATA[Xavier Palud]]></category>

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		<description><![CDATA[Au programme : [REC] (Jaume Balaguero &#038; Paco Plaza, 2008), The Eye (David Moreau et Xavier Palud,2008), Asylum (Olivier Château, 2007), Chapitre 27 (J.P. Schaefer, 2008), Les Soeurs de Gion (Mizoguchi Kenji, 1936), Deux soeurs pour un roi (Justin Chadwick, 2008) et Ploy (Pen-Ek Ratanaruang, 2007).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ici et du Maintenant, ep.4</strong><br />
(<a title="ep.3" href="http://insecte-nuisible.com/fim-mars-2008/321/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>On pourra pas dire que ce mois d’avril 2008 m’ait particulièrement marqué. D’ailleurs je suis pas trop allé au cinéma, ce qui restera toujours plus que certaines personnes en un an, mais bon. Pas de quoi faire cinquante catégories, ou alors des catégories avec deux films dedans, pas glop quoi, alors je mets tout dans une seule, la bien nommée :</p>
<p><span class="titrerevue">Les films avec des types qui voulaient être des gangsters, avec le type que Mark David Chapman a assassiné le jour de la naissance de Lily Chou-Chou, avec Nathalie Portman, avec une fille qui dans le noir ressemble à Nathalie Portman, avec des histoires de soeurs, avec parfois des couettes ou peut-être  même avec rien de tout ça</span></p>
<p>On attaque par la facilité, je vous inviterai donc à lire mon article consacré à <strong>[REC]</strong> de Jaume Balaguero et Paco Plaza. Un film que j’attendais avec impatience et dont j’attendais beaucoup (réalisateur talentueux + parti pris riche de potentiel) mais qui comme vous le savez m’a quand même bien déçu – si vous ne le savez pas, <a title="[REC]" href="http://insecte-nuisible.com/rec-paco-plaza-jaume-balaguero-2008/167/">vous avez de la lecture à rattraper</a>.<br />
<a name="eye"></a>Cela dit, <strong>[REC]</strong> n’est pas, loin de là, le film le plus pourri vu ce mois, puisque je suis allé m’infliger le nazissime <strong>The Eye</strong> de David Moreau et Xavier Palud. Oui oui, vous savez bien, le remake ricain d’un film hong-kongaïo-thai que j’ai pas vu mais qui devait déjà pas voler bien haut par les deux frenchies coupables du désespérément nul <strong>Ils</strong> (le film tourné avec cent balles dans un pays de l’est où Olivia Bonamy court dans la forêt vêtue d’un débardeur blanc, c’est pourtant marquant), on pouvait pas non plus en attendre grand chose. Cela dit, l’idée de base est assez démente : une aveugle se fait greffer la cornée, retrouve la vue mais est prise de doute quand à la réalité de ce qu’elle voit, incapable de faire la part de l’ordinaire et de l’extraordinaire, confrontée à des visions étranges ne sachant pas si les autres y sont confrontés où non,&#8230; bref, voilà quelques pistes intéressantes, pas du tout explorées forcément. En deux mots, outre la réalisation d’une banalité à la limité du médiocre, le traitement est d’une débilité sans nom : la fille se fait greffer les yeux et entend des fantômes ! Ri-di-cu-le !<br />
Il y a tout de même une explication au fait que je suis allé voir cette bouse immonde, il se trouve que <strong>Asylum </strong>me tentait bien, il se trouve aussi que le film n’était projeté que dans une seule salle à Paris (plus trois autres en province) avec une seul séance par jour, à 22h (en première semaine, la joie, si ça c’est pas du film mort né) et que j’avais deux heures à perdre sur les Champs Elysées et il se trouve que <strong>The Eye</strong> était le seul à correspondre au créneau horaire.<br />
<a name="asylum"></a><strong>Asylum</strong> donc, de Olivier Château, un film visiblement fauché (on a même eu droit à une projo en béta numérique, la grande classe), limite amateur même, mais avec un pitch plutôt intrigant : un bonhomme est attaché à un arbre en pleine forêt et abandonné pour qu’il y meure de faim. Cool. Dommage, on met beaucoup de temps à en arriver là, le début de film se perdant dans un pseudo polar où on présente le personnage (petit escroc plutôt futé à défaut d’être vraiment intelligent) et ce qui l’a amené dans cette situation (on l’accuse d’avoir flingué le neveu de son boss, forcément). Et bref ça part plutôt mal, engoncé dans des défauts classiques des courts métrages amateurs s’essayant au film de gangster (image sépia en toc, recyclage de figures classiques qui sonnent faux, acteurs qui se la jouent Al Pacino du pauvre,&#8230;) et n’évitant pas le coté poseur. Ça s’améliore franchement lorsqu’on en arrive à notre type accroché à son arbre, le film trouvant là une forme de minimalisme qui endigue sa maladresse de débutant. Et faut dire que ça se laisse regarder sans déplaisir, sachant être inventif à partir d’une situation très balisée. Même si finalement c’est loin de casser des briques – c’est con, j’aurais bien aimé l’aimer ce film.<br />
<a name="27"></a>Par contre j’ai plutôt bien aimé <strong>Chapitre 27</strong>, premier film de J.P. Schaefer, lui aussi chichement distribué dans une seule salle dès la première semaine. Jared Leto y abandonne ses rôles de minets qui se font défoncer la gueule et a du s’enfiler un bon paquet de rillettes pour endosser le rôle de Mark David Chapman, le type qui a dézingué John Lennon. Passée la performance très actor studio (donc pas trop ma tasse de thé) de son acteur principal qui cabotine quand même pas mal le film est plutôt chouette, un brin abstrait même. On aurait tord de chipoter sur un cadre trop serré, donc peu vivant, puisque justement la mise en scène se verrouille sciemment sur son personnage principal monomaniaque vampirisant la narration, plongeant sans distanciation le spectateur dans sa psyché malade. Plus mise en scène de la folie que film à thèse d’une profondeur renversante, <strong>Chapitre 27</strong> joue alors sur toute sorte de détails assez fins pour mettre en évidence la personnalité troublée de son narrateur, dédouble les scènes, lance ci et là des allusions à la réalité perturbée de Chapman, tueur aux motivations ambiguës qui tente tant bien que mal de se raccrocher à la première branche à sa portée afin de retarder son passage à l’acte. Je regrette juste de ne pas m’être replongé avant la projection dans le très bel <strong>Attrape-Coeur</strong> de Salinger, livre fétiche de Chapman et auquel la structure du film semble vouloir faire écho.<br />
<a name="gion"></a>Arrivé à ce moment de l’article il est temps de donner dans la caution culturelle, je m’en vais donc expédier un Mizoguchi en quelques lignes. Quelle audace ! Quelle outrecuidance ! Quel pied de nez à la culture cinématographique officielle !<br />
Faut dire que si Mizoguchi est un cinéaste que je connais très mal c’est aussi un réalisateur qui ne me tente pas plus que ça. C’est donc plus par curiosité, profitant de l’opportunité, que je suis allé voir <strong>Les Soeurs de Gion</strong>, vieille péloche de 1936 ressortie ces derniers jours. Une histoire de deux geisha à la recherche d’un protecteur, l’aînée étant amoureuse d’un homme ruiné qu’elle refuse d’abandonner pour un autre plus richement doté, malgré l’insistance de la cadette, beaucoup plus vénale et calculatrice. Bref, y a de l’intrigue et des retournements de situation et c&#8217;est bien rythmé dans l’ensemble, un tantinet théâtral même (dans le bon sens de terme). Par contre la mise en scène, si certains y voient de la l’inspiration et tout et tout et même si je  ne peux lui retirer une certaine élégance malgré son caractère trop statique, se prend quand même soixante-dix ans dans les dents et on les sent passer. Un bon coup de vieux quoi.<br />
<a name="boleyn"></a>Alors quitte à remonter le temps on s’en va dans l’Angleterre d’il y a pas mal longtemps avec <strong>Deux soeurs pour un roi</strong> de Justin Chadwick – j’aime pas les films historiques, mais j’aime Nathalie Portman (et aussi Scarlett Johansson). <strong>Deux soeurs pour un roi </strong>donc, titre francisé à grand renfort de foutage de gueule de <strong>The Other Boleyn Girl</strong> – mince, beau titre pourtant, encore plus quand on a vu le film, forçant continuellement le va-et-vient entre les deux soeurs en ne pouvant décréter qui est « l’autre soeur », plutôt que de les mettre toutes les deux dans le même sac comme le titre français le fait – mais passons. Le film en lui même est assez soigné, bénéficie du soutien de ses acteurs ainsi que d’une base historique intéressante (la scission de Henry VIII avec l’église catholique) mais sans grande personnalité, comme 99% des films historiques. « Pour amateurs du genre », suivant la formule consacrée (que j&#8217;ai honte d&#8217;utiliser, vous pouver me taper).<br />
<a name="ploy"></a>Finissons-en avec <strong>Ploy </strong>de Pen-Ek Ratanaruang, film vu il y a à peu près un an mais qui vient de se voir distribué en salle. Pas grand chose à en dire, c’est moins convaincant que le plutôt joli <strong>Last Life in the Universe</strong>, moins bancal que le parfois intéressant (mais pas toujours) <strong>Vagues invisibles</strong> ; un film pas forcément déplaisant ni rien, mais qui jamais ne fait mine de décoller un tout petit peu. Le gros défaut du père Pen-Ek pour autant que j&#8217;ai pu m&#8217;en rendre compte. En gros, c’est plein de « mais ». Une ambiance douce très bien exploitée dans la trame principale, mais parasitée par des narrations parallèles guère convaincantes et surtout très inutiles ; j’eu pourtant une bonne idée qui aurait pu expliquer la présence des suscitées scènes parallèles – juxtaposition de deux schémas totalement inversés (personnages définis dans une situation ouverte et flou d&#8217;un coté, personnages énigmatiques dans une situation stéréotypée et clairement définie de l&#8217;autre), reste à savoir comment relier les deux –, mais qui rapidement ne tient plus la route (on me reprochera pas de ne pas faire d&#8217;efforts). Des belles images et un film dans l&#8217;ensemble soigné, mais sans réelle personnalité. Une situation intéressante et des personnages intrigants, mais une conclusion qui tient du je-m&#8217;en-foutisme total. Hop.</p>
<p><strong>Le prix de gros du « film avec des types qui voulaient être des gangsters, avec le type que Mark David Chapman a assassiné le jour de la naissance de Lily Chou-Chou, avec Nathalie Portman, avec une fille qui dans le noir ressemble à Nathalie Portman, avec des histoires de soeurs, avec parfois des couettes ou peut-être  même avec rien de tout ça » est donc décerné à :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Chapitre 27</strong><br />
(qui ne le mérite qu’à moitié mais que voulez-vous ce fut un mois de merde)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/chapitre-27-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Chapitre 27</strong> (J.P. Schaefer, 2008)</div>
<p style="text-align: right;"><a href="http://insecte-nuisible.com/fim-mai-2008/">Lire l&#8217;épisode suivant</a></p>
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