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	<title>Insecte Nuisible &#187; nourriture</title>
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	<description>Le cinéma qui grouille</description>
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		<title>Tachiguishi Retsuden (Oshii Mamoru, 2006)</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Apr 2009 17:18:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Grand film. Déconseillé aux cinéphiles du dimanche – sauf bien sur à ceux qui douteraient encore de l’existence de films à la fois beaux, intelligents, profonds et novateurs.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est l’arlésienne de ces deux dernières années, sa sortie ayant été annoncée puis constamment repoussée depuis, jusqu’à sa présence dans les bac en janvier 2009 (enfin !). C’est peut-être même bien la sortie cinéma de ce début d’année, pour les amateurs de cinéma bizarre en tout cas. Une preuve encore une fois – je ne l’ai pas encore vu, mais il est possible que <strong>Southland Tales</strong> de Richard Kelly vienne confirmer – qu’en France on préfère sortir les vrais films en DVD, abandonnant les salles obscures à une production d’inspiration télévisuelle bas du front où l’expérimentation n’a pas le droit de citer. Tout va bien, ne vous en faites pas.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/tachiguishi-retsuden-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Un secteur français de l&#8217;exploitation en salles qui ne semble de toute manière pas très favorable à Oshii Mamoru puisque si son dernier né (le pourtant à priori plutôt accessible et tout public <strong>Sky Crawlers</strong>) est sorti au Japon plus ou moins en même temps que le <strong>Ponyo sur la falaise</strong> de son confrère Miyazaki Hayao (comparaison abusive, j’en ai bien conscience, puisque déjà dans leur pays Miyazaki est une méga star et Oshii à peine un inconnu célèbre) ce dernier est déjà largement montré chez nous alors que le premier n’a pas encore de date annoncée – quand bien même Oshii est le réalisateur de quelques honnêtes succès et, en toute subjectivité, un des cinéastes les plus importants de ces vingt dernières années.<br />
Dans nos contrées il est surtout connu pour sa brillante adaptation du manga de Shirow Masamume <strong>Ghost in the Shell</strong>. Moins de gens savent qu’il aussi réalisé un certain nombre de films en prises de vue réelles (on connaît tout de même <strong>Avalon</strong>), tellement la frontière entre les deux mondes, cinéma d’animation d’une part et cinéma live de l’autre, semble hermétique (tenez, regarder sur Allociné : « animation » est un genre, comme si cela suffisait à qualifier et à catégoriser l’oeuvre) et les cinéastes cantonnés à l&#8217;un ou à l&#8217;autre. Cette règle qui veut que chacun reste sagement chez soi, Oshii semble s&#8217;en foutre, cela fait maintenant vingt ans qu’il navigue sans complexe entre les deux. Et c’est pas avec <strong>Tachiguishi Retsuden</strong> qu’il va rentrer dans le rang, tant on serait incapable de décréter si ce film est de l’animation ou de la prise de vue réelle – preuve que tout cela n’est finalement que du chiqué et/ou une invention du marketing.</p>
<p>La science-fiction a toujours été un élément majeur de l’oeuvre de Oshii Mamoru, dès ses débuts. Et depuis que celle-ci s’est structurée de manière forte de sorte à ce qu’on voit s’en dégager des thématiques récurrentes et des grands axes de recherche, on pourrait distinguer dans sa démarche science-fictive deux principales facettes. Tout d’abord sa plus connue, composée des deux <strong>Ghost in the Shell </strong>et de <strong>Avalon</strong>, qu’on pourrait qualifier de cyberpunk et qui questionne sans relâche la réalité dans un monde construit par et pour le virtuel. Mais aussi, et c’est ce qui nous intéresse aujourd’hui, une oeuvre uchronique se situant au sortir de la seconde guerre mondiale – étrangement <strong>Jin-Roh</strong>, le seul film de cette mouvance vraiment connu, n’est pas de lui (il n’est que l’auteur du scénario) mais réalisé par son disciple Okiura Hiroyuki.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/tachiguishi-retsuden-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Il n’est donc pas inutile de revenir sur cette série dite « Kerberos » (d’après le tricéphale gardien des Enfers, Cerbère) déclinée à partir d’un feuilleton radiophonique d’où ont été tirés plusieurs mangas et films. On y distingue deux arcs. Le premier suit principalement les Panzer Cops, une unité militaire d’élite surarmée qui doit faire face à son démantèlement et dont les membres doivent trouver leur place dans une société qui les exclut – au cinéma on compte <strong>Lunettes rouges</strong> (1987), <strong>Stray Dogs</strong> (1991) et <strong>Jin-Roh</strong> (1999). Le second s’intéresse aux « écumeurs de gargotes », marginaux dont l’activité principale est de tromper les tenanciers des baraques à nouilles et autres établissements de restauration rapide – au cinéma le cycle se compose à ce jour de <strong>Tachiguishi Retsuden</strong> (2004), <strong>Onna Tachiguishi Retsuden</strong> (2006) et <strong>Shin Onna Tachiguishi Retsuden</strong> (2007), peut-être même aussi de <strong>Lunettes rouges</strong> qui par bien des aspects semble à cheval sur les deux.<br />
Énoncé ainsi on pourrait se demander quel peut-être le rapport entre un arc dont rien que le résumé fait clairement montre d’un engagement et d’une réflexion politique et un autre qui semble tout avoir de la bonne blague potache. Il se trouve qu’au delà d’un univers (après-guerre uchronique) et de personnages (Ginji, le premier personnage de <strong>Tachiguishi Retsuden</strong>, apparaît déjà dans <strong>Lunettes rouges</strong>) communs toutes ces oeuvres s’attachent avant tout à peindre un tableau de la marginalité et de l’exclusion, que ce soit à travers les Panzer Cops ou les écumeurs de gargotes.<br />
Ainsi, les écumeurs escrocs de <strong>Tachiguishi Retsuden</strong> sont des insurgés, des artistes, des activistes, des bandits, des rêveurs, des vagabonds&#8230; Nés de la reconstruction du pays après 1945, ils sont le grain de sable dans la belle machine japonaise que les institutions tentent d’afficher au monde, la lie honteuse qu’on aimerait voir disparaître au profit d’une façade lisse et glorieuse (d’où l’importance primordiale de la digression sur la traque aux chiens errants lors de la préparation des JO de Tokyo en 64), expression de l’individualisme et de la singularité dans un monde standardisé, allant jusqu’à employer des méthodes terroristes pour détruire le système en le poussant dans ses retranchements (splendide scène où une bande d’écumeurs commande en grande quantité des nouilles, puis des hamburgers, mettant à mal le système de production en série et son exigence de qualité uniforme ; scène montrée à la manière d’une opération militaire dans toute sa complexité stratégique). Un point de vue singulier pour décrire l’évolution de la société japonaise depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, à travers le prisme de ses marginaux et de ses légendes urbaines.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/tachiguishi-retsuden-3.jpg" alt="" /></p>
<p><strong>Tachiguishi Retsuden</strong> est donc un film bien moins trivialement portnawak qu’il n’y parait à première vue, qui pouvait laisser penser à un bon et innocent délire sur la bouffe – à ce sujet, essayez de relever la place que peut avoir la nourriture dans les films de Oshii Mamoru, de <strong>Lunettes rouges</strong> à <strong>Ghost in the Shell 2</strong>, c’est loin d’être accessoire : tout surprenant qu’il puisse être pour le néophyte, <strong>Tachiguishi Retsuden</strong> ne sort définitivement pas de nulle part et est très cohérent dans la filmo de Oshii, autant dans ses thèmes que par les figures qu’il met en scène.<br />
Cela dit, force est de constater que <strong>Tachiguishi Retsuden</strong> est complexe et pas facile à apprivoiser – il est donc à déconseiller à ceux qui ne sont pas familiers avec l’univers du réalisateur, qui seront bien inspirés de s’y plonger avec des films plus « accessibles » (qu’ils n’en attendent toutefois pas le schématisme d’un Disney, hein) comme <strong>Ghost in the Shell</strong> ou<strong> Jin-Roh</strong> (qui, rappelons-le, n’est pas de lui). Dans l’oeuvre de Oshii Mamoru, le film le plus proche de <strong>Tachiguishi Retsuden</strong> est <strong>Talking Head</strong> (réalisé en 1992, son chef d’oeuvre à mon humble avis, aux cotés de <strong>GitS 2</strong>), à savoir une oeuvre expérimentale, conceptuelle, excentrique et particulièrement bavarde.<br />
Avec sa narration qu’on pourrait rapprocher d’une conférence (un homme raconte les exploits des écumeurs de gargotes, s’appuyant sur des ouvrages et des articles de journaux, de manière très documentée), <strong>Tachiguishi Retsuden</strong> est comme <strong>Talking Head</strong> un film autoréflexif, analysant constamment la scène en cours, la décortiquant sous tous les angles pour mieux en dévoiler le sens. C’est également un film qui forge sa propre logique (certes d’une manière moins évidente que <strong>Talking Head</strong>), développant sa pensée dans un environnement parfois contre intuitif, ou plutôt non naturel. C’est flagrant dans la manière avec laquelle sont dépeintes les techniques des écumeurs sensées leur permettre de manger à l&#8217;oeil : celles-ci ne sont pas tant des stratégies réalistes d’escroquerie qu’une représentation fantastique des rapports de force.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/tachiguishi-retsuden-4.jpg" alt="" /></p>
<p>Un mot tout de même de la technique, tant celle-ci est remarquable.<br />
Le film est réalisé avec un procédé appelé « superlivemation », déjà utilisé à petite dose dans <strong>Avalon </strong>(les explosions qui, plutôt qu’être réalisées en 3D, étaient constituées d’une succession de photos en 2D)(de même que, si ma mémoire est bonne, la désintégration des cadavres des joueurs éliminés), qu’on pourrait rapprocher de l’animation en papier découpé, sauf que les éléments 2D sont ici intégrés à un environnement 3D et peuvent y évoluer, tout en n’ayant aucune épaisseur – un peu comme pourraient le faire des marionnettes plates en papier, comme l’apparaissent parfois les personnages (avec la baguette qui les soutient !). Les personnages, les décors et les accessoires sont donc un assemblage disparate de photographies (certains personnages sont alors incarnés par quelques grands noms de l’animation ou de l’équipe de Oshii loin d’être des acteurs, comme le producteur du studio Ghibli Suzuki Toshio ou le compositeur Kawai Kenji)(le réalisateur en profite aussi pour caser des photos de ses chiens, forcément), de dessins, d’images d’archive, etc&#8230;<br />
Les différents témoignages concordent, pour un animateur, du point de vue technique en tout cas, il n’est pas très intéressant de bosser sur un film de Oshii Mamoru : ils sont en effet très statiques et on n’y trouve finalement pas grand chose à animer ! (tout le contraire de Morimoto Koji et du Studio 4°C dont les réalisations sont des monuments à la gloire du mouvement et de l’animation)(à ce sujet, le DVD nippon de leur omnibus <strong>Genius Party Beyond</strong> est sorti et à priori ça poutraille sévère) Il en fut sans doute différemment sur <strong>Tachiguishi Retsuden</strong> compte tenu du caractère novateur et expérimental du procédé, mais cela ne change rien aux remarques que l’on peut faire sur la mise en scène. Réalisateur fondamentalement contemplatif, Oshii accorde bien davantage d’attention à la subtilité et la composition d’un plan fixe qu’à la réalisation du mouvement qui le suit ; ce qui ne l’empêche pas, en bon perfectionniste, d’aller chercher parmi les meilleurs animateurs pour l’exécuter (l’un dans l’autre faisant que les films de Oshii sont à chaque fois techniquement irréprochables). On comprend alors mieux pourquoi ce procédé convient parfaitement à la mise en scène de Oshii Mamoru, puisqu’il consiste avant tout à manipuler des éléments fixes.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/tachiguishi-retsuden-5.jpg" alt="" /></p>
<p>Beau film donc, grand film même.<br />
Déstabilisant à la première vision, il nécessite de s’y coller une deuxième fois (et sans doute d’autres ensuite) pour se défaire de l’impression de rouleau compresseur qui l’accompagne : complexe, extrêmement dense et bavard, <strong>Tachiguishi Retsuden</strong> est en effet un film épuisant à regarder, sollicitant l’attention du spectateurs à tous les postes. Du coup, il est conseillé de le revoir en essayant de se détacher de son écrasant verbiage afin de pouvoir admirer son étonnante plastique, à couper le souffle, et véritablement apprécier le film dans toute sa richesse.<br />
Déconseillé aux cinéphiles du dimanche – sauf bien sur à ceux qui douteraient encore de l’existence de films à la fois beaux, intelligents, profonds et novateurs.</p>
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		<title>Bong-Ja (Park Chul-Soo, 2000)</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Sep 2007 14:57:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
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		<description><![CDATA[Un film très maladroit et sans grande personnalité. Rien qui retienne l’attention, pour dire les choses comme elles sont. Bong-Ja est alors un film ennuyeux en plus d’être platement réalisé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a name="text"></a>Et là vous vous demandez : mais y a que des films de merde dans sa sélection de films coréens pas connus ? Rassurez-vous, y a du bon qui arrive. Entre temps, c’est vrai qu’on traverse une mauvaise passe – rappelez-vous, j’ai regardé ces films dans l’ordre dans lequel je vous les présente, j’ai moi aussi eu des doutes – mais on n’en mourra pas.<br />
Park Chul-Soo semble en tout cas être un réalisateur indépendant important (il a aussi une société de production et d’édition de DVD et VHS), ne serait-ce que par sa production, assez importante depuis 1979. Son film le plus connu a l’air d’être <strong>301 302</strong>, qui me titille depuis quelque temps déjà [<a href="#note">1</a>]. Tout ça pour dire que <strong>Bong-Ja</strong>, réalisé en 2000, est loin d’être sa première réalisation.</p>
<p>La Bong-Ja du titre (incarnée par So Gak-Suk, visiblement une habituée du réalisateur) vit seule chez elle au sous-sol d’un immeuble qui n’a pas l’air de super standing, travaille comme chef dans une sorte de sushi-bar, est alcoolique et est adepte de la secte de UFO 21 (visiblement ils attendent les OVNI et le gourou en profite pour forniquer avec ses disciples pas trop moches). Un jour en rentrant chez elle, elle surprend une fille (je me souviens plus si elle a un nom, appelons-la donc « la fille ») (jouée par la toute mignonne Kim Jin-Ah, que les gens de bon goût ont aperçue dans <strong>Real Fiction</strong> de Kim Ki-Duk) qui dort dans son lit, ce qui n’a pas l’air de la déranger plus que ça. Bong-Ja accueille donc l’adolescente (au passé un peu trouble, comme il se doit, et qui fait aussi un peu le tapin) et malgré leur différence d’âge les deux s’entendent vite à merveille. Mais deux événements vont bousculer la routine de la vie de Bong-Ja : elle est licenciée de son boulot et le maître UFO 21 est sauvagement assassiné.</p>
<p>Rien de bien original, mais bon. J’avoue que je m’attendais à quelque chose de plus sulfureux (bah woué, prostituée adolescente + amorce de lesbianisme, ça me titille), mais en fait non. Malgré un certain contenu sexuel, qu’il soit montré ou simplement suggéré (pas folichon mais suffisant pour faire interdire le film au mois de dix-huit ans par l’instance coréenne de classification), c’est vraiment pas le sujet du film, qui rentrerait davantage parmi ces films qui tout en suivant une histoire s’intéressent en fait à quelque chose d’autre. Ainsi le faible semblant d’intrigue (mais qui a tué UFO 21 ?) qui soutend le film est finalement très anecdotique en plus d’être cousu de fil blanc et Park Chul-Soo en bon « auteur/réalisateur indépendant » (ahah !) s’attachera davantage à brosser un portrait de ses deux héroïnes et de leur relation. Alors l’intérêt de Bong-Ja tient plus dans sa capacité à saisir quelques instants de vie – une grande idée du cinoche d’auteur ça, « saisir des instants », pas mauvaise soit dit en passant mais confinant souvent au plus superficiel. Des scènes ma foi parfois chouettes, comme celle où les filles cassent tout dans l’appartement – ça ressemble à rien, mais c’est rigolo. Dommage que d’autres soient gâchées par des actrices qui n’en sont pas vraiment, et par conséquent peinent dès qu’il s’agit de « jouer » (la scène finale est flagrante, pas mauvaise dans l’idée, mais qui aurait nécessité une vraie actrice sachant pleurer sans être ridicule). En un mot, adaptées et même parfois chouettes quand il s’agit d’être elles-mêmes, à coté de la plaque dans les autres cas : pas des actrices quoi.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/bongja-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Mais le gros – énorme – point faible du film, on le devine arriver dès le générique (devinez quoi ?) : la mise en scène ! Park Chul-Soo a beau avoir une vingtaine de films à son actif, il n’a visiblement pas encore réfléchi à sa mise en scène (ou, je-m’en-foutiste, a rapidement éludé la question), et celle ci ne fait visiblement l’objet d’aucune attention. Il se contente de poser sa caméra en de longs plans d’ensemble, intercalés de quelques champ/contre-champ plus serrés (le B-A-BA, quoi), sans astuces de montage ni particularités. Je hais ce genre de cinéastes qui semblent considérer que porter un peu d’attention à la mise en scène et au montage pour en faire quelque chose sophistiqué est forcément se livrer corps et âme à la branchouillitude commerciale et qui semblent penser que leur sujet et ce qu’ils en montrent suffisent à faire un film, n’accordant par la même occasion aucune attention à comment ils le montrent. Passons. Cette réalisation (et direction d’acteurs) de série télé n’est il est vrai pas aidée par un format 1.37 très mal utilisé (faut pas croire, j’adore ce format, même s’il est moins flatteur, mais faut savoir s’en servir, d’autant plus qu’il ne pardonne pas les fautes de goûts) et une photographie absolument pas travaillée (apparemment ça a été filmé en Beta numérique) qui donnent vraiment l’impression d’être devant un drama culinaire.</p>
<p>Par contre une autre chose que j’ai remarqué dès le générique, la musique, plutôt cool. Rien d’étonnant en fait, puisque j’ai par la suite découvert que la BO était interprétée par Lee Tzsche (traduction : à ma connaissance la seule chanteuse de pop coréenne qui vaille le coup), chose que j’en étais même pas au courrant ! [parenthèse « je raconte ma life » : j’ai pourtant pensé à Lee Tzsche en entendant cette musique, il n’y a pas trente-six voix comme ça en Corée, mais l’album n’apparaît pas dans la discographie de la chanteuse. Enfin, je le croyais, car l’album s’appelle en fait <strong>She wanted</strong>, film dont sur lequel j’ai rien trouvé et pour cause, étant alors convaincu qu’il s’agissait d’un film japonais (elle vivait au Japon à l’époque). Voilà qui apporte un peu d’eau à mon moulin. Soit dit en passant, pour fermer cette parenthèse, que sans être honteuse 2000 n’est pas sa meilleure période qui serait plus 93-97, même si son dernier album laisse présager du plutôt bon pour la suite]. Chose qui laisse à penser que, s’il laisse à désirer coté réalisation, Park Chul-Soo a au moins bon goût musicalement.</p>
<p>Autre élément de la scène d’ouverture (décidément, ma propension à bâtir mes chroniques uniquement à partir des scènes d’introduction des films me surprendra toujours) qui mérite attention, ce sont les quelques flashs violents et rougeâtres qui viennent troubler la tranquillité de la mise en place (Bong-Ja fait des sushis, la fille se balade et erre sur les routes), laissant présager d’un traumatisme se cachant derrière les apparences. Procédé classique, certes. Et malheureusement non exploité, car le réalisateur l’oublie durant la plus grande partie du film. C’est vraiment dommage, car cette entrée en matière semble donc très artificielle et incongrue, de même que les trois quatre inserts qui continuent à traîner ici et là – je ne suis personnellement pas partisan de la structure « éléments sombres du passé qui refont surface après un temps de bonheur ».<br />
Nous voilà donc face à un film très maladroit et sans grande personnalité. Rien qui retienne l’attention, pour dire les choses comme elles sont. Bong-Ja est alors un film ennuyeux – malgré un petit partage en couille très appréciable, les filles décidant pour une raison obscure de séquestrer un flic, par ailleurs amoureux de Bong-Ja – en plus d’être platement réalisé. Pas la joie tout ça&#8230;</p>
<div class="note"><a name="note"></a>[<a href="#text">1</a>] vu entre temps, et bien au dessus de <strong>Bong-Ja</strong> (pas difficile vous me direz), voir même recommandé à ceux qui s&#8217;intéressent à la production coréenne indépendante.</div>
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