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	<title>Insecte Nuisible &#187; Nananan Kiriko</title>
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	<description>Le cinéma qui grouille</description>
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		<title>Strawberry Shortcakes (Yazaki Hitoshi, 2006)</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Dec 2007 12:37:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[2006]]></category>
		<category><![CDATA[Ando Masanobu]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma japonais]]></category>
		<category><![CDATA[comédie dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Ikewaki Chizuru]]></category>
		<category><![CDATA[Nakagoshi Noriko]]></category>
		<category><![CDATA[Nakamura Yuko]]></category>
		<category><![CDATA[Nananan Kiriko]]></category>
		<category><![CDATA[Yazaki Hitoshi]]></category>

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		<description><![CDATA[Strawberry Shortcakes tire pleinement parti de son matériau de base en béton armé. Une belle écriture donc et des ajouts à l’oeuvre originale qui n’ont pas altéré la justesse des personnages, la crédibilité de leurs comportements et l’authenticité des émotions qui les habitent. Alors si on conseillera toujours en premier la lecture du manga, le film est loin de lui faire honte.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si certains lecteurs assidus de ce blog connaissent <strong>Strawberry Shortcakes</strong>, c’est par le <a title="Strawberry Shortcakes" href="http://insecte-nuisible.com/strawberry-shortcakes-nananan-kiriko-2002/">magnifique manga de Nananan Kiriko</a>, auteur et dessinatrice que comme vous le savez probablement j’admire énormément. Après un <strong>Blue </strong>quelque peu décevant (réalisé par Ando Hiroshi en 2001) <strong>Strawberry Shortcakes</strong> est le deuxième de ses manga à être adapté au cinéma, sous mon oeil inquisiteur ça va de soit. Et si j’avais hésité à vous en toucher un mot il y a quelques mois au moment de sa sortie en DVD avant de finalement ne rien en faire, le festival du film japonais contemporain le rappelle aujourd&#8217;hui à mes bons souvenirs.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/strawberry-shortcakes-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Rappelez-vous donc, <strong>Strawberry Shortcakes</strong> c’est les destins croisés de quatre jeunes femmes, leurs histoires de coeur et de cul, leurs problèmes en tout genre,&#8230; leur vie un peu pourrie mais en fin de compte très normale. On ne change pas une équipe qui gagne et l’adaptation est très (très) fidèle au manga original, parfois jusqu’au décalque. Il y aura bien quelques changements ici et là (la fin par exemple, un rajout par ailleurs pas indispensable), en particulier sur le personnage de Satoko, bien moins dépressive dans le film que dans le manga (même si c’est peut-être aussi le fait de ce petit rayon de soleil d’actrice qu’est Ikewaki Chizuru). Mais faut avouer que c’est bien fait, sans doute du fait de l’investissement de Nananan Kiriko dans le film (elle y joue même un des rôles principaux, créditée sous le nom de Iwase Toko qui n’est autre que celui de son personnage). La structure en scénettes est abandonnée pour une narration plus traditionnelle et plus fluide, davantage adaptée au cinéma. Chose plus surprenante, le recourt à la voix-off n’est pas utilisé. D’un coté ça fait plaisir, le procédé devenant vite lourdingue et rappelant trop souvent et trop vulgairement son origine livresque. De l’autre, cela nous prive du discours intérieur des filles qui dans le manga faisait passer beaucoup avec une belle économie de moyens. Mais je vais arrêter de comparer les deux (puisque de toute façon il n’y a pas photo, n’est-ce pas ?) car encore une fois cette adaptation reste plutôt réussie, restant fidèle à l’original tout en sachant s’en éloigner au besoin.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/strawberry-shortcakes-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Nous autres inconditionnels de la mise en scène qui en met plein la gueule lui reprocheront quand même une petite paresse à ce niveau. C’est très loin d’être laid, c’est même parfois élégant (les plans du plafond par exemple, très bien choisis), mais comment dire ? J’aime quand un réalisateur s’engage davantage dans ses choix et sa mise en scène, d’autant plus dans une adaptation. Les premières minutes étaient pourtant bien bizarres et laissaient entrevoir un regard moins illustratif. Que cette première scène peut me réjouir ! (après il est vrai m’avoir fait pousser un grand « what the fuck ? o_O&#8217; ») Etrange et inattendue, à l’emphase totalement <em>non-nanananesque</em> (ça c’est du mot ©Epikt 2007), pleine d’entrain, et Ikewaki Chizuru en pyjama avec ses couettes complètement débraillées (cette dernière chose ça ne marche que sur moi, je le crains) et qui en fait des tonnes. Le tout conclu par un travelling compensé (entame au grand angle, puis travelling arrière avec zoom) du plus bel effet. C’est étrange dans le contexte (surtout pour un habitué de Nananan, chez qui les événements sont mis en scène de manière très retenue), mais finalement je regrette que Yazaki Hitoshi ne se laisse pas aller plus souvent à ce genre de délires.<br />
N’empêche, malgré sa mise en scène certes de bon goût mais manquant parfois d’implication, <strong>Strawberry Shortcakes</strong> est un film loin d’être mauvais, voir même au contraire très recommandable. Le film est en effet rehaussé par un casting de grande qualité : Ikewaki Chizuru bien entendu (je suis faible, et alors ?) mais aussi Nakamura Yuko (que je n’avais pour l’instant vue que dans les très merdiques <strong>Suicide Manual</strong>) ou encore Ando Masanobu dans un rôle secondaire. Pour sa première en tant qu’actrice Nananan Kiriko est aussi très bien, et au milieu de ce casting qui frise l’excellent seule Nakagoshi Noriko est un peu en retrait mais faut dire aussi que le rôle de Chihiro, très petite pouffe superficielle dans son genre, est bien ingrat.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/strawberry-shortcakes-3.jpg" alt="" /></p>
<p>Mais surtout, <strong>Strawberry Shortcakes</strong> tire pleinement parti de son matériau de base en béton armé. Alors les principales qualités du film sont aussi des caractéristiques du manga, mais qui s’en plaindra ? Une belle écriture donc et des ajouts à l’oeuvre originale qui n’ont pas altéré la justesse des personnages, la crédibilité de leurs comportements et l’authenticité des émotions qui les habitent. Alors si on conseillera toujours en premier la lecture du manga (ne serait-ce parce qu’il est disponible en français dans toutes les bonnes crémeries du coin), le film est loin de lui faire honte (j’espère qu’au contraire il lui fera un peu de pub).</p>
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		<title>Strawberry Shortcakes (Nananan Kiriko, 2002)</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Sep 2006 10:48:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[autres]]></category>
		<category><![CDATA[bande dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[Nananan Kiriko]]></category>

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		<description><![CDATA[Si vous ne devez en lire qu’un, que ce soit Blue. Mais cela serait trop dommage. Car rendons-nous à l’évidence, tout ce que fait Nananan est simplement BEAU.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>« Malgré les apparences, au fond, nous sommes comme des mille-feuilles aux fraises : jolis, fragiles, sucrés.<br />
Un jour vous comprendrez, bande d’abrutis ! »</p></blockquote>
<p><em>Strawberry shortcake</em> c&#8217;est un gâteau tout plein de crème qu&#8217;on s&#8217;en fout plein les doigts. C&#8217;est aussi une petite fille aux cheveux couleur de fraise et au parfum de fraise. Elle vit à Strawberryland, un monde magique où tout le monde il est beau tout le monde il est gentil ; la maladie comme la mort sont inconnues, les voleurs comme les serrures sont interdits, tout est gratuit et disponible à volonté. Les enfants pas sages ne peuvent pas être punis et sont quand même comblés de cadeaux à Noël. Un monde idyllique, un fantasme aseptisé, sans consistance et fade qui a dû bercer l’enfance d’un certain nombre de petites filles.<br />
Puis ces petites filles grandissent et découvrent que la vie n’est pas comme à Strawberryland. Moins douillette, plus ordinairement frustrante. De leurs prises de becs avec les copines, de leurs premières expériences amoureuses ratées, elles gardent de futiles cicatrices dans leur petit coeur de fillette rose bonbon. Chacune convaincue de couver en elle une souffrance indescriptible et inaccessible aux autres. Chacune sachant aussi qu’au fond tout cela est bien ridicule ; n’est que caprice d’enfant gâtée qui ne connaît pas son bonheur. Et trouve le moyen d’en éprouver encore plus de remords.</p>
<p>Je n’aurai de cesse de l’affirmer, <strong>Blue</strong>, première oeuvre de Nananan traduite en français, est la seule bande dessinée digne de ce nom parue chez nous en 2005 (ou presque, ne soyons pas prétentieux). La seule à exploiter pleinement les possibilités du médium en terme de mise en page, de rythme, de cadre et de narration. La seule à réellement développer un langage élaboré, à base d’ellipses, de hors-champs et de silences, une narration propre à la bande dessinée qui en exploite les pleines capacités. Un chef d’oeuvre de simplicité et de sophistication.<br />
Soyons heureux, <strong>Strawberry Shortcakes</strong> est de la même veine.</p>
<blockquote><p>« En ce moment sous le même ciel que moi,<br />
Chihiro doit se sentir amoureuse,<br />
Comme il faut, comme ça se fait&#8230;<br />
Comme une conne&#8230; »</p></blockquote>
<p><strong>Strawberry Shortcakes</strong> est l’histoire de quatre filles.<br />
Toko est mangaka, et noie dans sa boulimie l’échec de sa dernière relation amoureuse. Sa colocataire Chihiro vient au contraire de se trouver un petit ami qu’elle n’est pas sûre d’aimer. Mais elle s’ennuie à mourir dans son emploi de bureau et est jalouse de la vie qu’à choisit Toko. Riko, elle, vit seule dans son appartement d’où elle ne sort que pour aller manger des beignets ou du mais grillée dans le parc. Aigrie et dépressive, elle aimerait tomber amoureuse mais en est incapable. Akiyo elle est amoureuse, mais n’arrive pas à se déclarer. Et sans cesse elle parle de mourir, tout en sachant bien qu’elle ne le fera jamais.</p>
<p>Nananan Kiriko, ce n’est pas seulement un nom rigolo. C’est aussi un style inimitable, des longues cases empruntant toute la largeur de la page, des gros plans décadrés. Des alternances de case muettes, comme suspendues dans le temps, et de grands aplats noirs parcourus par quelques lignes de textes comme un monologue intérieur. Un manga de Nananan est comme une respiration, une méditation ; les yeux ouverts on contemple, on observe, puis les yeux fermés on cogite, on ressasse.<br />
Le caractère totalement anodin des histoires, et par là même de leur propos, est compensé, si ce n’est sublimé, par une sensibilité à fleur de peau et un naturel certain dans l’illustration de ces scènes de vie toutes simples. Nananan excelle dans sa retranscription de l’intime, de manière légère et pudique. En fait, ça ferait même grand bien à pas mal de mecs de lire ses manga sous un angle éducatif, histoire de voir à quoi ressemble une nana (je sais, je devrais avoir honte d’utiliser ce genre d’argument).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/strawberry-shortcakes-4.jpg" alt="" /></p>
<p>J’ai dit que <strong>Strawberry Shortcakes</strong> était de la même veine que <strong>Blue</strong>, ce n’est pas tout à fait vrai. Pas qu’il soit là quelconque question de qualité car si <strong>Strawberry Shortcakes</strong> est peut être moins sublimement accompli il n’a pas à rougir de la comparaison avec son prédécesseur.<br />
Mais disons que les deux livres divergent sur quelques points. Tout d&#8217;abord, il y a entre les deux oeuvres une nette évolution au niveau du dessin : très lisse et élégant, peut-être plus recherché, dans <strong>Blue</strong>, il est beaucoup plus brut, spontané et libre dans Strawberry shortcakes ; tout en restant toujours très épuré.<br />
Aussi (surtout ?), <strong>Blue </strong>marquait les esprits par l’excellence de sa mise en page, de son découpage et de ces cadres, alors que de ce point de vue <strong>Strawberry Shortcake</strong>s est plus en retrait. On y retrouve bien entendu les caractéristiques de style de Nananan, mais s’il faut y chercher sophistication ce n’est plus sur le plan du graphisme, mais plutôt de la structure du récit. Si à première vue il s’agit d’un recueil, le livre étant découpé en vingt-trois histoires que l’ont pourrait lire chacune indépendamment des autres, procéder de la sorte lui ferait perdre beaucoup de son intérêt. Car <strong>Strawberry Shortcakes</strong>, à travers ces récits entrelacés et fragmentés, raconte bel et bien une histoire. Enfin, compte tenu de la superficialité de l’enjeu (rien de bien palpitant, rien que la vie ordinaire), peut-être ferais-je mieux de parler d’évolution ou de chemin parcouru par les quatre jeunes filles que le lecteur va accompagner durant ce petit instant de vie. Quand à la fragmentation du récit et à ces changements de points de vue, ils permettent une relativisation, une mise en perspective, des histoires personnelles qui contrebalance l’égocentrisme et le manque de recul d’un récit intime ; recul qui manquait aux récits précédents de Nananan et qui est introduit dans <strong>Strawberry Shortcakes</strong> sans pour autant sacrifier la proximité et la complicité de son regard.</p>
<p>Si vous ne devez en lire qu’un, que ce soit <strong>Blue</strong>. Mais cela serait trop dommage. Car rendons-nous à l’évidence, tout ce que fait Nananan est simplement BEAU.</p>
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