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	<title>Insecte Nuisible &#187; Matsuo Suzuki</title>
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	<description>Le cinéma qui grouille</description>
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		<title>Ten Nights of Dream (omnibus Nikkatsu, 2006) #2</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Mar 2009 16:36:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Omnibus de dix films adapté des Dix Rêves de Natsume Soseki. Plus d'une fois surprenant et plutôt chouette dans son genre.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après une période entachée de fainéantise aigue et de <a title="festival de Deauville 2009" href="http://insecte-nuisible.com/festival-du-cinema-asiatique-de-deauville-2009">festival de dodo</a>, on retourne à nos moutons avec la suite et fin de ma critique de l’omnibus <strong>Ten Nights of Dream</strong>, avec les cinq derniers épisodes (et y a du beau linge !). Si vous ne savez pas ce dont je parle, si vous avez raté un épisode et/ou si vous arrivez par google, ne faites pas un pas de plus sans avoir lu <a title="Ten Nights of Dream #1" href="http://insecte-nuisible.com/ten-nights-of-dream-omnibus-nikkatsu-2006-1/222/">la première partie</a> !</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/yumeyuga-06.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Passion </strong>(Matsuo Suzuki)</div>
<p>On reprend donc notre périple avec <strong>Passion </strong>de Matsuo Suzuki, un des films les plus réussis et surprenants du programme. Décidément Matsuo est un cinéaste à suivre (je vous avais déjà rapidement parlé <a title="Welcome to the quiet Room" href="http://insecte-nuisible.com/faps-avril-2008#room">du plutôt joli <strong>Welcome to the quiet Room</strong></a>) même si il ne semble pour l’instant ne pas lâcher la bride dans ses longs métrages. Du coup, il est plus intéressant sur un format court (<strong>Yoru no shitasaki</strong>, extrait de <strong>Female</strong>, est vraiment excellent).<br />
Les premiers plans de <strong>Passion</strong>, sur lesquels se greffent le générique, m’ont fait penser à un <a title="chanbara" href="http://insecte-nuisible.com/tag/chanbara">chanbara</a> des années 60 : déjà c’est du noir et blanc, et le lettrage au pinceau semble très référentiel,&#8230; et comme trois types qui courent dans une forêt ne me semblent pas forcément incongrus dans le genre&#8230; mais les types ne sont pas en train de fuir des samouraïs (quelle idée ! mais j’avoue que c’est la première que j’ai eu) mais se vont assister à une démonstration de sculpture. La suite ne dépareillerait pas dans <a title="Funky Forest" href="http://insecte-nuisible.com/nice-no-mori-ishii-katsuhito-feat-aniki-miki-shunichiro-2005/181/"><strong>Funky Forest</strong></a>, puisque cette démonstration prend des chemins de traverses : non seulement le maître sculpteur semble sortir d’un <a title="Burst City" href="http://insecte-nuisible.com/burst-city-ishii-sogo-1982/188/">film punk de Ishii Sogo</a>, mais il se livre à une performance de danse (oui oui, grâce à une technique spéciale de la mort il sculpte en dansant) à mi chemin entre un mime robotique et un <em>kata</em>. La plus grande partie du film est constitué de cette danse, pleine de petits bruits bizarres et commentée par des spectateurs enthousiastes.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/yumeyuga-07.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Loneliness </strong>(Amano Yoshitaka &amp; Kawahara Masaaki)</div>
<p>Le film suivant est le seul de <strong>Ten Nights of Dream</strong> réalisé en animation, co-réalisé par Kawahara Masaaki, illustre inconnu, et Amano Yoshitaka, dessinateur hyper méga célèbre (<strong>Vampire Hunter D</strong> et tout ça).<br />
Du coup je vais surtout parler de technique (le film se distinguant surtout sur l’esthétique je ne suis pas trop à coté de la plaque) qui me laisse un sentiment mitigé. Toutefois, ça doit être un des rares films en images de synthèse 3D dont j’apprécie, malgré tout, le rendu. Son principal défaut, c’est une certaine grossièreté du design – ça fait parfois penser à une cinématique temps réel d’un jeu vidéo. Mais les lumières et les couleurs sont splendides, approchant de temps à autre de l’aquarelle, une sensation aquatique en tout cas, en fin de compte assez proche du travail traditionnel de Amano. Mais je reste convaincu que le même film en 2D aurait pu être mieux (j’aime pas la 3D), plus graphique notamment (par exemple, à la manière de l’anime <strong>Mononoke</strong>)(un truc produit par la Toei, rien à avoir avec le papa de Totoro).<br />
Sinon dans le fond, bah&#8230; c’est un peu nian-nian ; mais c’est zouli.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/yumeyuga-08.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Imagination </strong>(Yamashita Nobuhiro)</div>
<p>Le réalisateur du segment suivant n’est pas inconnu des lecteurs de ce blog (roudoudjou ! c’est le réal de <a title="Linda Linda Linda" href="http://insecte-nuisible.com/linda-linda-linda-yamashita-nobuhiro-2005/40/"><strong>Linda Linda Linda</strong></a> !!!), mais pas forcément celui à qui on penserait le premier pour un omnibus autour du rêve. Au contraire, dans le genre cinéaste réaliste, Yamashita se pose là !<br />
C’est donc un Yamashita totalement inconnu que me donnent à voir les premiers plans de ce film, dans une veine stricte de <em>cinéma de l’imaginaire</em>, avec abstraction, surimpressions et composition d’image, etc&#8230; Yamashita retourne toutefois rapidement dans un terrain familier, le Japon rural, puisque la suite montre des gamins qui pêchent dans une rizière. Ouf, serait-on tenté de se dire, c’est bien le même bonhomme ! Il se trouve quand même qu’un de ces gamins pêche un ver de terre géant, qu’il le baptise Riki et qu’il essaye de persuader sa mère de l’adopter. Tout ça à travers la mise en scène typique du réalisateur, longs plans d’ensemble, dans un souci très naturaliste. On se pince un peu pour se convaincre qu’on ne rêve pas, car c’est ma foi assez surprenant – et d’autant plus intéressant quand on connaît le réalisateur et qu’on le voit s’éclater comme un gosse dans un domaine qui lui est à priori totalement étranger.<br />
En fait, de tous les films de <strong>Ten Nigths of Dream</strong> est le plus wateufeuk, puisqu’il change encore une fois de direction (une scène à nouveau plus abstraite, mais qui intègre tout de même des éléments très tangibles, « basiques » même), puis une fois encore (on y retrouve le brave Natsume à prise avec la page blanche, et qui se fait moquer en le confondant avec son confrère Mori Ogai)(une nouvelle scène incompréhensible), avant un final bien nawak.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/yumeyuga-09.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Family Love</strong> (Nishikawa Miwa)</div>
<p>Seule véritable déception avec ce film (le Shimizu Takashi était déjà pas extra, mais je m’y étais préparé), dont j’arrive pas à voir ce qu’il peut bien vouloir dire. Pas parce que, à l’image du Yamashita, il est hermétique à force d’exubérance, simplement qu’il raconte rien. On y suit une femme qui va prier toute la nuit pour son mari parti à la guerre, elle fait donc des aller-retour entre l’autel et la porte en tapant des mains et en posant des petits cailloux. Avec en parallèle quelques séquence la montrant avec son mari, lorsqu’elle essaye de le dissuader de partir, et de son mari sur le front (ou au bordel !). Rien de bien spécial donc, on peine même à voir ce qui justifie sa présence dans l’antho.<br />
On se rassure comme on peut en remarquant que c’est réalisé de manière pas dégueulasse.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/yumeyuga-10.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Egoism </strong>(Yamaguchi Yudai)</div>
<p>Le dernier film du lot est à nouveau un truc bizarre, sans doute trop d’ailleurs. L’histoire d’un gars retrouvé à moitié mort (il a un oeil qui pendouille et la cervelle à l’air libre) qui explique comment il en est arrivé là, lui qui est le plus beau gosse de la ville devant qui se pâment toutes les femmes : en fait il est un <em>serial killer</em> tuant toutes les femmes laides, mais est un jour tombé dans le piège maléfique d’une femme qui le force à manger <span style="text-decoration: line-through;">du porc</span> de la chair humaine et qui se transforme en cochon pour l’affronter sur un ring !<br />
Donc oui, c’est du n’importe quoi. Ça commence pourtant pas si mal, avec un peu de décalage, de la surprise, rien de bien fin mais ça passe parce que c’est décalé. Malheureusement ça tourne parfois au grand n’importe quoi avec humour scato débile, ce qui plombe l’ambiance – dans la filmo de Yamaguchi on est bien plus proche du <strong>Bahut des tordus</strong> que de <a title="Meatball Machine" href="http://insecte-nuisible.com/meatball-machine-yamaguchi-yudai-et-yamamoto-junichi-2005/145/"><strong>Meatball Machine</strong></a> ! Enfin bon, ça reste fun, et a l’avantage de clore ce programme de manière décomplexée et dynamique.</p>
<p>(et non, pas de conclusion, pas envie)</p>
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		<title>Ten Nights of Dream (omnibus Nikkatsu, 2006) #1</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/ten-nights-of-dream-omnibus-nikkatsu-2006-1/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/ten-nights-of-dream-omnibus-nikkatsu-2006-1/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2009 16:04:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Omnibus de dix films adapté des Dix Rêves de Natsume Soseki. Plus d'une fois surprenant et plutôt chouette dans son genre.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a name="text"></a><strong>Ten Nights of Dream</strong> est un omnibus de courts-métrages adaptés des <strong>Dix Rêves</strong> de Natsume Soseki, auteur phare de l’ère Meiji [<a href="#note">1</a>], textes sûrement très chouettes mais que je n’ai pas lu [<a href="#note">2</a>]. Un nouvel impair dans ma culture classique, mais cela m’évitera de vous faire – après celle de <a title="Chloe" href="http://insecte-nuisible.com/chloe-riju-go-2001/201/">l’adaptation de <strong>L’Écume des Jours</strong> par Riju Go</a> – une nouvelle critique comparative entre l’adaptation et l’oeuvre originale. Je finirai par vous convaincre que mon ignorance est une qualité !<br />
Dix films pour dix rêves, onze réalisateurs (oui oui) aux commandes et du beau monde en plus (Ichikawa Kon, <a title="Amano Yoshitaka" href="http://insecte-nuisible.com/tag/amano-yoshitaka">Amano Yoshitaka</a>, <a title="Yamashita Nobuhiro" href="http://insecte-nuisible.com/tag/yamashita-nobuhiro">Yamashita Nobuhiro</a>, <a title="Yamaguchi Yudai" href="http://insecte-nuisible.com/tag/yamaguchi-yudai">Yamaguchi Yudai</a>,&#8230;) : chacun a beau ne durer qu’une dizaine de minutes il y a du matos et il y a des choses à en tirer, je vais couper l’article en deux histoire qu’il ne soit pas trop long.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/yumeyuga-01.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Love </strong>(Jissoji Akio)</div>
<p>Le premier film – <strong>Love</strong>, de Jissoji Akio – se passe cent ans après l&#8217;écriture des <strong>Dix Rêves</strong>. Enfin, il parait, mais il est difficile à dire puisque dans ce rêve l’écoulement du temps semble instable, l’horloge change constamment de sens et de vitesse et les scènes « sautent » comme un disque rayé. D’ailleurs Natsume (même s’il porte ici un nom différent) et sa femme n’ont pas vieilli, pas plus que la ville ne s’est modernisée. Cela fait tout de même cent ans et la femme doit disparaître dans on ne sait quelle dimension, laissant l’écrivain totalement déboussolé. Le spectateur aussi, tant qu’à faire.<br />
Le moindre qu’on puisse dire, c’est qu’avec ce film <strong>Ten Nights of Dream</strong> commence sur les chapeaux de roues. C’est beau, iconoclaste, avec un travail très expressif et théâtral sur les décors (certains plans d’ensemble montrent la maison à la manière d’un décors de studio) et les lumières (différents éléments du même plan sont éclairés différemment), faisant parfois penser à du <a title="Oshii Mamoru" href="http://insecte-nuisible.com/tag/oshii-mamoru">Oshii Mamoru</a> tendance <strong>Lunettes rouges</strong>. La photographie saute du coq à l’âne en une fraction de seconde, d’une ombre chinoise vaporeuse à un tableau surexposé ; idem du montage qui, sans pour autant transformer l’ensemble en bouillasse MTV (au contraire, le film reste très « traditionnel » dans son ambiance), découpe beaucoup et alterne parfois très rapidement les plans et autres inserts disparates, capturés suivant toutes sortes d’angles.<br />
Certes, je défie quiconque d’y comprendre le fin mot de l’histoire. Nous sommes dans un rêve après tout, et tout le monde (sauf les psychanalystes) vous dira qu’il est souvent absurde d’y chercher autre chose que des sensations, une perte de repères et l’effleurement d’une logique qui nous échappe.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/yumeyuga-02.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Anguish </strong>(Ishiwawa Kon)</div>
<p>Ça poursuit encore plus fort avec le deuxième segment, réalisé par le vétéran Ichikawa Kon (réalisateur de, pour n’en citer qu’un, <strong>La Harpe de Birmanie</strong>), lui aussi stupéfiant. L’histoire est minimaliste, celle d’un homme tentant de trouver l’illumination par la méditation, promettant de se donner la mort s’il échoue. Et ma foi, c’est l’occasion d’une démonstration de mise en scène comme on en voit peu !<br />
C’est du noir et blanc, dans des nuances qui rappellent les classiques du <a title="chanbara" href="http://insecte-nuisible.com/tag/chanbara">chanbara</a> (le fait que le personnage soit un samouraï aide à faire le rapprochement), et d’une manière générale le cadre semble hérité du cinéma classique : épure des décors, rigueur de la composition et tout le tintouin. Mais le tout est agrémenté d’effets de mise en scène étonnant dans ce contexte : <em>jump-cuts</em> rapides, <em>stop-motion</em>, <em>split-screen</em>,&#8230; youpi ! Mieux que ça, le film est muet et les dialogues se font à l’aide de cartons – j’aime bien ça, cela donne au film un rythme particulier, avec des ruptures (j’appelle pas au systématisme du procédé, mais je regrette qu’il y ait si peu de texte dans les films).<br />
Le film n’en est pour autant pas silencieux, ça non ! Croyez moi sur parole, quand après deux minutes de silence vous vous prenez une cloche dans les oreilles, ça vous marque. Enfin bon, il n’y a pas que cela et le film ne se résume pas à une porte qui claque : la bande son y est remarquablement utilisée, ça va, ça vient, étonnant de finesse.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/yumeyuga-03.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Son </strong>(Shimizu Takashi)</div>
<p>Le troisième segment est signé par un cinéaste qui n’a guère mes faveurs, Shimizu « je remake quinze fois mes propres films » Takashi. Je ne m’étonne donc pas qu’il se révèle bien plus ordinaire que les deux premiers. On y retrouve en effet le schéma classique de l’homme confronté à ses fantômes/cauchemars, dans un emballage de film fantastique certes sans gamine à cheveux longs et sans effets spectaculaires mais aussi sans audace particulière. C’est dur de passer après deux films excellents !<br />
Le film reste toutefois très honorable (il n’y a de toute façon pas tellement de déchet dans cet omnibus), mais c’est surtout au niveau du scénario qu’il se distingue, la mise en scène se contentant de suivre sans lourdeur. Le film est l’occasion de mettre en abîme le procédé de création de Natsume qui va puiser dans sa vie et ses rêves la matière à son oeuvre, le montrant en train d’écrire la troisième nuit de ses <strong>Dix Rêves</strong>.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/yumeyuga-04.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Nostalgia </strong>(Shimizu Atsushi)</div>
<p>En quelque sorte, l’inspiration puisée dans l’histoire personnelle est aussi le sujet du quatrième film – réalisé par Shimizu Atsushi, aucun lien je crois – mais cette fois abordé avec beaucoup plus de sensibilité. Natsume y retourne sur un lieu qui éveille en lui des souvenirs de son enfance&#8230; et le film ne ressemble à rien de ce à quoi on pourrait attendre.<br />
D’emblée il installe une atmosphère irréaliste et prompt à la venue d’événements inattendus : ainsi, alors qu’il était totalement vide, un bus se remplit en un clin d’oeil le temps d’une coupe. Mais la chose la plus marquante est – dans le même esprit que le premier mais d’une manière tout à fait différente – le film brouille les cartes d’un point de vue temporel : on y voit Natsume adulte, habillé à la façon occidentale qui à l’époque commençait à se démocratiser mais dans un environnement qui n’a rien du début du XXe siècle ! Alors on se dit, naïf, <em>de nos jours</em>. Et puis non, on a beau être à la campagne au fin fond de nulle part les bâtiments sont trop vieillots, les véhicules trop antédiluviens,&#8230; un travail sur les décors et accessoires, bien mené sans se mettre en évidence, qui fini par donner l’impression de ville fantôme. Et c’est effectivement dans ce genre de villes que Natsume a mis les pieds (et l’esprit), pris au piège d’un songe évoquant à la fois <strong>Le Joueur de flûte de Hamelin</strong> et <strong>Peter Pan</strong>.<br />
Pour ne rien gâcher la scène clé du film est fantastique, théâtre d’incongruités (anachronismes ? cela participe une nouvelle fois au flou temporel entourant le film) aussi spontanées et naturelles dans leur intégration au récit qu’imposantes à l’écran. C’est pas de ma faute si j’aime les éoliennes.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/yumeyuga-05.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Fear </strong>(Toyoshima Keisuke)</div>
<p>Drôle d’objet que <strong>Fear</strong>, le cinquième segment du programme réalisé par Toyoshima Keisuke, dont on sait jamais trop si c’est du lard ou du cochon.<br />
D’une part sa narration est bizarre, puisqu’elle conjugue deux trames parallèlement, la première explicitement fantastique menée de manière linéaire, la seconde dont l’appartenance à la réalité ou au fantasme est beaucoup plus floue qui se reboucle sur elle-même à l’instant que le lien avec la première s’effectue. Ça a l’air super compliqué quand j’explique, mais pas tant que ça en a l’air, ça se laisse bien suivre.<br />
Cet éclatement est accentué par le fait que les personnages apparaissent sous plusieurs formes (quatre pour la principale), puisqu’après tout dans un rêve il n’y a pas de raison qu’un personnage ne soit pas à la fois l’observateur et l’observé, le méchant et le gentil, dans le passé et dans le présent.<br />
En fait, ce film reflète l’exploration par le rêve d’un traumatisme, que viennent parasiter tout un tas de pulsions inconscientes, engendrant la matérialisation de monstres ! Cool ! En plus c’est bien Z, les monstres ressemblant à des momies de séries B croisées avec Kermit du Muppet Show ! Avec un effet gore lui aussi des plus Z, et des scènes à la Bip-Bip et Coyote&#8230; <em>Yummy</em>.</p>
<p style="text-align: right;"><a title="Ten Nights of Dream #2" href="http://insecte-nuisible.com/ten-nights-of-dream-omnibus-nikkatsu-2006-2/227/">Seconde partie</a></p>
<div class="note"><a name="note">[</a><a href="#text">1</a>] rien à voir avec ce qui nous occupe aujourd’hui, mais sur l’ère Meiji et Natsume je ne peux que vous conseiller la lecture de Au temps de Botchan, excellent (quoique fastidieux !) manga de Sekikawa Natsuo et Taniguchi Jiro qui dresse un panorama de la vie intellectuelle de l’époque. Absolument passionnant.<br />
[<a href="#text">2</a>] il me suffirait pourtant de me procurer le tome II de l’Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines publié par Gallimard, mais je suis fainéant.</div>
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		<title>F.A.P.S. avril 2008</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/faps-avril-2008/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/faps-avril-2008/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 04 May 2008 15:40:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Toyoda Toshiaki]]></category>

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		<description><![CDATA[Au programme : Hanging Garden (Toyoda Toshiaki, 2005), Exte (Sono Sion, 2007), Welcome to the quiet Room (Matsuo Suzuki, 2007), Nada Sou Sou (Doi Nobuhiro, 2006), Yomigaeri (Shiota Akihiko, 2003), Karaoke Terror (Shinohara Tetsuo, 2003), Sada (Obayashi Nobuhiko, 1998), Memories of Matsuko (Nakashima Tetsuya, 2006) et Pushing Daisies (Bryan Fuller, 2007).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite, ep.3</strong><br />
(<a href="http://insecte-nuisible.com/faps-mars-2008/382/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>Histoire de compenser un mois de mars sans films japonais, voici une édition 100% sushi. Vous êtes en droit de préférer les yakitori, mais en aucun cas le métissage culturel. Non mais oh.<br />
Avertissement : un taux anormalement élevé de « y a telle actrice super choubie dans ce film » a été détecté dans cet article, veuillez vérifier que vous avez bien pris toutes les précautions nécessaire à une telle lecture avant de vous y plonger. Noyade à vos risques et périls.</p>
<p><span class="titrerevue">Epikt est un gros boulet part.1 : il aurait pu cultiver sa cinéphilie à la rétrospective Yoshida</span><span class="titrerevue">, mais non il reste chez lui à regarder des films récents</span></p>
<p><a name="garden"></a>Nous commençons en douceur avec <strong>Hanging Garden</strong> de Toyoda Toshiaki, réalisateur avec qui j’ai déjà eu quelques bonnes expériences, en particulier avec le très bon <strong>Blue Spring</strong> (adapté de la BD de Matsumoto Taiyou). Bien moins convaincant que ce que j’avais précédemment pu voir de lui, <strong>Hanging Garden</strong> est le portrait d’une famille dont la volonté est de n’avoir aucun secret entre eux, mais dont la sérénité apparente va bien entendu se craqueler parce chacun a tout de même gardé un petit jardin secret, en particulier la mère dont le traumatisme est à l’origine de cette étrange règle de vie familiale. Malheureusement le film ira rarement plus loin que fustiger l&#8217;hypocrisie mal cachée derrière le verni de l&#8217;ouverture d&#8217;esprit. Du coup, le film tourne un peu à vide. Et comme &#8211; même si on y trouve quelques idées rigolotes &#8211; le réalisateur est amateur (au sein d&#8217;une réalisation pourtant classique) de panoramiques azimutaux qui foutent la gerbe et autres bling bling de mise en scène pas hyper heureux, on se dit que, voilà, on peut s&#8217;en passer.</p>
<p>Raison de plus de se pencher sur <strong>Noriko’s Dinner Table</strong> qui à son tour s’intéresse aussi à l’hypocrisie d’un rôle tenu en société, avec toutefois beaucoup plus de profondeur et d’originalité. Je ne vous <em>spoilerai </em>pas plus loin le papier que je mettrai bientôt en ligne sur le film. Vu il y a de cela plus d’un an et demi, cela faisait longtemps que j’attendais d’y remettre un oeil (pour la petite histoire je comptais m’acheter le DVD japonais quand peu avant sa sortie l’édition française fut annoncée, je me décidais donc d’attendre, et la sortie ayant été maintes fois repoussée croyez moi j’ai attendu  plus d’un an)(Kubik devrait me remercier de mon abnégation) et j’avoue que je reviendrai sur un certain nombre de chose que j’ai pu dire à son sujet, qui ne me semblent pas forcément hyper pertinentes. La preuve qu’un peu de recul est toujours intéressant. Je devrais m’interdire de parler des films que j’ai vu qu’une seule fois tiens&#8230;</p>
<p><a name="exte"></a>Puisqu’on parle de Sono Sion, j’ai enfin vu <strong>Exte</strong>, son film d’horreur avec des extensions capillaires tueuses. Si si, ça existe les films avec des pitchs de la sorte. En fait, Sono Sion semble avoir fait le même constat que moi en voyant le très nul <a title="the wig [cinémasie]" href="http://www.cinemasie.com/fiche/oeuvre/thewig/critiques.html?showext=1#Epiktistes"><strong>The Wig</strong></a> : dans les films d’horreur asiat ce qui fait peur ce sont les cheveux, alors autant ne garder que les cheveux c’est plus rigolo. J&#8217;avoue que j’étais curieux, un peu anxieux aussi, de voir Sono Sion s&#8217;attaquer au film de fantôme chevelu, véritable institution en Asie et qui commence à courir sur le haricot d&#8217;un peu tout le monde. Le résultat est mitigé, mais tout de même réjouissant : si Sono Sion ne chamboule pas les figures du genre le film n&#8217;en porte pas moins sa patte et on est loin d’avoir affaire à un film <em>post-<strong>Ring</strong></em>. La faiblesse du film vient de deux aspects : un premier temps des personnages qu&#8217;on n&#8217;ira pas jusqu&#8217;à dire en carton (ils sont même parfois attachants) mais manquant cruellement de profondeur, de même que les situations très bateaux, un second temps quelques emprunts malheureux au genre suscité (flashbacks syncopés déjà vus mille fois,&#8230;).<br />
Mais, et c&#8217;est là que le film devient intéressant, on ne peut s&#8217;empêcher de voir dans un démarche de Sono Sion comme une pointe de cynisme à l&#8217;égard de la mythologie qu&#8217;il manipule, mythologie de toute évidence usée jusqu&#8217;à la corde et féconde en figures qu&#8217;il devient difficile de représenter sans sourire. Les traditionnelles scènes horrifiques &#8211; plus que le théâtre d&#8217;une quelconque &#8220;flippe&#8221; artificielle, vide de sens comme d&#8217;intérêt &#8211; sont alors prétexte à des débordements graphiques dans la veine de ceux de <strong>Suicide Club</strong> ou <strong>Strange Circus</strong>, où l&#8217;exubérance semble moteur de toute action. Et quelque part, ça fait du bien.</p>
<p><a name="room"></a>Autre film qui « quelque part fait du bien », <strong>Welcome to the quiet Room</strong> de Matsuo Suzuki – pas extraordinaire non plus, mais intéressant. En bref, c’est l’historie d’une femme qui se retrouve dans une unité psychiatrique à la suite d’une tentative de suicide dont elle ne se souvient pas. On se dit tout d’abord que le film a de la gueule (une photo un brin lisse mais jolie, des cadres plutôt chouettes et un montage efficace), c’est presque du Iwai Shunji <em>soft </em>(et quand on considère l’équipe du film il est possible qu’il y ait une influence), on trouve même la narration assez intelligente (des flash-back, des révélations progressives qui ne sonnent jamais comme des gros twists de la mort qui tue). C&#8217;est alors qu&#8217;on regrette vraiment que le film prenne parfois le chemin du « film décalé » avec des scènes se voulant originales mais n&#8217;étant que d&#8217;un genre qu&#8217;on a tendance à voir trop souvent dans un certain cinéma asiatique branchouille (même si il faut avouer que certaines marchent plutôt bien, en particulier une scène de danse sur le &#8216;<a title="koi no fuga [dailymotion]" href="http://www.dailymotion.com/video/x1bxr_w-koi-no-fuga">Koi no fuga</a>&#8216; des W !!!) et qui ont pour effet secondaire de forcer la superficialité du film.<br />
On pense donc fatalement à <strong>I’m a Cybord, but that’s OK</strong> de Park Chan-Wook (film d’hôpital psychiatrique affichant outrageusement ses effets originaux), d’autant plus que les deux mettent en avant des personnages anorexiques. Avantage au film de Matsuo Suzuki, malgré ses défauts – j’admets volontiers ne pas être amateur du cinéma de Park. Deux scènes similaires sont d’ailleurs parlantes, dans les deux cas l’anorexique réapprend à manger : Park commence cela magnifiquement (je me souviens plus en détail, juste que c’est vraiment beau) mais nous gratifie d’un final indigne et gnan-gnan où tout le monde applaudi comme dans un mauvais film familial de Noël ; Matsuo fait de son coté la part belle à la démarche de reconstruction de l’individu (avec une symbolique un peu appuyé peut-être, mais pas démonstrative) pour mieux escamoter l’exploit en ellipse, uniquement représenté par l’émotion de l’infirmière lorsqu’elle ressort de la chambre. C’est grossier comme opposition mais pas si faux, <strong>I’m a Cyborg</strong> est bien trop démonstratif (sur tous les plans) alors qu&#8217;à ce niveau <strong>Welcome to the quiet Room</strong> limite davantage la casse.<br />
Vraiment dommage alors qu’il se laisse parfois aller, car le film a quelques sérieux arguments. Non des moindres étant son casting. Uchida Yuki dans le premier rôle est inconnue au bataillon (mais pas mauvaise, voir très mignonne avec ses cheveux tous pétillants) mais les rôles secondaires sont riches en acteurs talentueux : les geeks y apprécieront la présence d’Anno Hideaki  (le réalisateur de <strong>Neon Genesis Evangelion</strong>, déjà acteur dans les films de Ishii Katsuhito ainsi que dans <strong>Otaku in love</strong>, le premier film de Matsuo), les autres seront aux anges avec RYO (actrice dans <strong>Gemini</strong>, <strong>Insecte nuisible</strong> ou <strong>Canary</strong>) ou encore Tsukamoto Shinya (réalisateur de <strong>Tetsuo </strong>et cie, dont on oublie souvent de préciser qu’il est un excellent acteur). Voilà donc un homme qui sait s’entourer, d’une clique que j’apprécie tout particulièrement en plus, et qui me donne envie de m’intéresser à lui. Autre preuve du bon goût de cet homme, &lt;mode régression intellectuelle : on&gt; il y a Aoi Yuu dans le film et que les tresses lui vont trop bien ! J’avoue, je suis gaga de cette actrice (qui a l’insolence de jouer dans deux de mes films préférés, donc vous me pardonnerez bien ma faiblesse), mais voilà, en plus d’être douée cette gamine est sublimissime.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/welcome-to-the-quiet-room-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Mange moi ! Mange moi !</div>
<p><span class="titrerevue">Epikt est un gros boulet part.2 : parce qu’en plus il a loupé la projection du dernier Wakamatsu</span></p>
<p><a name="nada"></a>Epikt se tape donc des films du genre très moisi, comme ce <strong>Nada Sou Sou</strong> de triste mémoire. Réalisé par Doi Nobuhiro il a pour particularité d’être adapté d’une chanson de Moriyama Ryoko, ce qui me plait tout particulièrement (voyez-vous, c’est un de mes fantasmes de cinéaste, adapter de la musique). L’interprétation originale par le groupe BEGIN date de 2000 mais la chanson devient vraiment populaire un an plus tard avec la version de Natsukawa Rimi qui est un gros hit de la mort encore maintenant – les puristes vont s&#8217;insurger mais de mon coté et aux mépris des convenances je préfère <a title="nada sou sou [youtube]" href="http://www.youtube.com/watch?v=RGEpUBKKq0c">la version de Yaida Hitomi</a>, les autres sont beaucoup trop lisses à mon goût et la voix bien particulière de Yaiko lui donne une contenance spéciale.<br />
Mais revenons à nos moutons. C’est donc l’histoire d’un type qui héberge chez lui sa soeur (fausse soeur, fille de l’ex de sa mère mais qui a grandi avec lui) lorsque celle-ci quitte leur île « natale » pour aller à la fac. La soeur est du genre mignonne tête à claque qui appelle tout le temps son frère « niinii !!!! » (à prononcer à la manière idol pleurnicheuse) – on flirte avec le <a title="Death Note" href="http://insecte-nuisible.com/death-note-death-note-2-kaneko-shusuke-2006/132/">Toda Erika show</a>. Ça se complique quand le bonhomme se fait arnaquer alors qu’il voulait ouvrir un restaurant et qu’il a plus une thune. Commence alors le film larmoyant typiquement jap, avec un type gentil sur lequel le sort s’acharne – il a pas la leucémie mais on est pas passé loin ! En fait ce qui m’a beaucoup gêné dans ce film qui pourrait pourtant se laisser regarder, c’est 1/ l’abstraction complète des menaces et oppositions au héros et surtout (corollaire) 2/ la gentillesse généralisée dans laquelle baigne le film. Tout le monde il est gentil, tout le monde il est généreux, tout le monde il aime son voisin dans la belle fraternité populaire, c’est youpi ! C’est aussi terriblement toc et faut bien le dire limite écoeurant.</p>
<p><a name="yomi"></a>Autre film casse-gueule, <strong>Yomigaeri </strong>de l’excellent Shiota Akihiko (réalisateur de <strong>Moonlight Whispers</strong>, <strong>Insecte nuisible</strong> ou encore <strong>Canary</strong>), film que j’ai longtemps hésité à voir à cause de sa réputation peu flatteuse de production commerciale ratée. Il est en effet difficile de prétendre que Shiota ait conservé sa complète intégrité lors de la réalisation de ce métrage, qui n’en reste pas moins intéressant. Comme quoi il ne faut jurer de rien et il faut tout d’abord rendre justice à l’idée de départ riche de potentiel : pour une raison inexpliquée les morts d’un petit village reviennent à la vie et reprennent leur place dans leur famille.<br />
Il est évident que le réalisateur a du composer avec des desideratas extérieurs, voir même que la production tant au stage de l’écriture que du montage a du faire l’objet de querelles entre les différentes parties, tant le film se trouve être inégal. Ainsi certains éléments-à-la-con se retrouvent parachutés mais semblent être contenus par le réalisateur et traités par dessus la jambe comme si on avait cherché à leur faire occuper le moins de place possible (un cratère qui semblent être à l’origine du phénomène dont on parle un peu en milieu de film sans approfondir la chose ; inutile). Au contraire d’autres se taillent une bonne place et on comprend vite pourquoi : le concert à la fin du film (bien foutu ça aurait pu donner une sorte de grande messe des morts, mais là non) laisse entendre qu’une certaine maison de disque a eu son mot à dire pour cause de pognon investi dans le film et comptait bien s’en servir comme de campagne promo pour Shibasaki Kou – j’ai rien contre la demoiselle, mais elle n’a rien d’une Salyu, pas plus que son compositeur n’est Kobayashi Takeshi et forcément le résultat s’en ressent – ce qui est quand même très lourd.<br />
Mais passé outre ces désagréments (rajoutons le final un brin neuneu, qui aurait  probablement été assez joli en se passant du discours en voix-off) il faut avouer que le film est séduisant. Probablement moins abouti au niveau de la mise en scène que ce qu&#8217;à pu faire Shiota, cela reste joli principalement par sa simplicité et une certain douceur (tout le contraire de certains autres de ses films au montage très brutal). Mais en fait, le rythme lancinant de la progression narrative, loin de toute urgence, et l&#8217;éclatement de la trame sur de nombreux personnages sont les points forts du film, permettant sans trop en faire un vrai développement de ses enjeux – explorant alors différentes réactions à la résurrection des défunts, avec subtilité, sensibilité et humanité. <strong>Yomigaeri </strong>réserve alors quelques beaux moments, ça serait con de les bouder, même si cela ne fait que renforcer l’impression de gâchis. Un candidat idéal pour un remake.</p>
<p><a name="karaoke"></a>Plus léger et, autant le dire de suite, plus raté, <strong>Karaoke Terror</strong> de Shinohara Tetsuo, film dont le titre très nawak et la présence au casting de Ichikawa Miwako (actrice que pour une raison ou une autre j’aime bien) ont pu m’interpeller. Adapté d’un texte de Murakami Ryu, le film suit la vendetta que se livre une bande de jeunes et un club de femmes divorcées quarantenaires. Ça commence au couteau et ça monte dans la violence pour finir je vous dirai pas comment, mais avec une exubérance très <em>WTFesque</em>. Dommage alors que le film soit si mou entre des scènes de meurtres et de bastons souvent jouissives et explosives, car franchement on se fait chier comme un rat mort la plupart du temps. La faute à une mise en scène sans intérêt et à un scénar qui n’arrive jamais à développer de manière satisfaisante un pitch pourtant prometteur.</p>
<p><a name="sada"></a>On continue avec le très réjouissant <strong>Sada </strong>de Obayashi Nobuhiko, revu à l’occasion d’un article à paraître sous peu en ces pages (<a title="Apologie du faux raccord" href="http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises/">hop hop ! c&#8217;est ici</a>).<br />
Comme son nom l’indique (un peu) il s’agit d’une biographie de Abe Sada, connue pour avoir étranglé son amant et avoir conservé son pénis avec elle (le même fait divers a déjà inspiré deux films, dont <strong>L’Empire des sens</strong>). <strong>Sada </strong>est un film surprenant et aux partis pris formels déroutants, à la croisée de l’esthétique 30s (filmé en 1.37:1, passages en noir et blanc, cadres immédiatement connotés,&#8230;), de son détournement (surjeu outré des acteurs,&#8230;) et de son atomisation pure et simple (fulgurances graphiques, éléments en 2D, audaces de montage permanentes,&#8230;). Un véritable OFNI rétro-psyché-postmoderne, qui n’en oublie même pas de développer ses personnages (au dépend malheureusement d’une baisse du rythme dans l’expérimentation au cours de la deuxième heure), permettant à Kuroki Hitomi d’incarner une Sada personnelle et parfois même émouvante malgré l’excentrisme et la théâtralité de sa représentation.<br />
Petite anecdote pour la route : à l’époque je m’étais intéressé à ce film pour la seule raison qu’il figurait sur la filmographie de Ito Ayumi (comme quoi ce n’est pas une mauvaise idée de parcourir le cinéma en suivant des acteurs). La petite y apparaît au bout de deux heures, pour dix secondes environ dont huit où elle est vue de dos, soit deux malheureux plans. Attention, ça passe vite : <a title="Ayumi dans Sada #1" href="http://insecte-nuisible.com/images/sada-1.jpg" target="_blank">un</a>, <a title="Ayumi dans Sada #2" href="http://insecte-nuisible.com/images/sada-2.jpg">deux</a>.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/welcome-to-the-quiet-room-2.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Yuu me lance son regard qui tue parce que j’en regarde d’autres qu’elle&#8230; malheur&#8230;</div>
<p><a name="matsuko"></a>Alors Yuu se venge en faisant un caméo introuvable dans le brillant (dans tous les sens du terme) <strong>Memories of Matsuko</strong> de Nakashima Tetsuya, dernier film en date du réalisateur du sympatoche (mais sans plus) <strong>Kamikaze Girls</strong>. Mais encore une fois l’IMDB raconte des cracks, la miss n’y est de toute évidence pas (ma considération si vous me faite une capture d’écran avec sa trombine). Y devait aussi avoir Ichikawa Miwako (ma considération une nouvelle fois si vous trouvez) mais pas davantage – par contre il y a sa soeur Ichikawa Mikako que les gens de bon goût ont vu dans <a title="Life can be so wonderful" href="http://insecte-nuisible.com/life-can-be-so-wonderful-minorikawa-osamu-2007/110/">l’excellent <strong>Life can be so wonderful</strong></a>. Mais trêve de fan service, car je pourrais vous dire qu’en plus y apparaît Kimura Kaela. Oups.<br />
<strong>Memories of Matsuko</strong> est donc l’histoire de Mastuko (quelle surprise), jeune femme qui comme toutes les jeunes femmes fut un jour petite fille et comme certaines jeunes femmes finira sa vie vieille avant l’âge, Matsuko donc, reniée par sa famille et retrouvée battue à mort dans un parc vingt-cinq ans plus tard.<br />
Nakashima y retrouve son équipe de <strong>Kamikaze Girls</strong> (Koike Yoshiyuki au montage, Kuwashima Towako à la direction artistique et Ato Masakazu à la photo) pour un nouveau film au doux parfum pop et aux couleurs d’un autre monde. Mais alors que <strong>Kamikaze Girls</strong> n’existait que par l’outrance et la caricature pour être finalement assez vide et vain, Nakashima trouve dans <strong>Memories of Matsuko</strong> une véritable profondeur, autant dans ses personnages, même secondaires, que dans son histoire, riche, variée et pour une fois sans longueurs. La vie de Matsuko y est dévoilée au fil des découvertes de son neveu et des témoignages de ses anciennes connaissances, apportant au fur et à mesure le contrepoint des évidences, jusqu’à faire de la loque Matsuko une icône, une idole des parias, une <a title="Yokohama Mary" href="http://insecte-nuisible.com/yokohama-mary-nakamura-takayuki-2006/107/">clocharde magnifique</a> comme dirait l’autre. Le propos parfois glauquissime du film (le même scénario tourné en France devient une boursouflure ciné-vérité sociale avec des acteurs amateurs) est alors, sans être pour le moins du monde affadit, contrebalancé par la constante poésie du métrage ; une poésie qui se nourrit de multiples changements de registre et d’effets visuels souvent sublimes. Un bien joli film donc.</p>
<p><span class="titrerevue">[bonus track] Epikt est un gros boulet part.3 : il vous a menti et finalement parlera de choses pas japonaises</span></p>
<p><a name="daisies"></a>Et une fois n’est pas coutume on va parler un peu de série télé américaine, avec le plutôt délicieux <strong>Pushing Daisies</strong> (la série est annoncée sur Canal+, donc devrait sortir en DVD chez nous) produit par Bryan Fuller, déjà créateur de <strong>Dead Like Me</strong>, série que j’ai pas vu mais qui me semble par certains aspects assez proche de <strong>Pushing Daisies</strong> (y a des morts dedans quoi !).<br />
Le jeune Ned a un don : il peut ressusciter les morts en les touchant. Mais (parce qu’il y a un « mais ») s’il touche la personne une seconde fois celle-ci meurt pour de bon et s’il ne l’a pas touché au bout de soixante secondes une autre doit mourir à sa place. Le grand malheur de Ned est d’avoir découvert ce pouvoir en ressuscitant sa mère, ce qui a eu pour effet de tuer le père de sa voisine Chuck dont il est amoureux, avant de la tuer définitivement lorsqu’elle l’embrassa avant de se coucher. Ned fut donc placé dans un orphelinat et ne revit plus Chuck. Une fois adulte celui-ci est devenu pâtissier (plus précisément <em>pie maker</em>, il tient un restaurant de tartes) et évite de se servir de son pouvoir, mais un jour un détective privé découvre son secret et le force à faire équipe avec lui : ainsi, Ned ressuscite momentanément les morts et leur demande qui les a tué, ce qui est tout de même plus simple, avant de les tuer à nouveau. Sauf qu’un de ses premiers cobayes n’est autre que Chuck, la fille qu’il aime et qu’il a perdu de vue depuis l’enfance, et que dans un moment de faiblesse il laisse vivre (condamnant au passage le patron du funérarium).<br />
Avec sa photographie acidulée évoquant de temps en temps <strong>Amélie Poulain</strong> ou <strong>Citizen Dog</strong> (deux films que j’aime pas trop d’ailleurs) et sa tonalité volontiers rétro on pouvait s’attendre au pire, à quelque chose de bien neuneu, mais j’avoue ça passe pas mal. Et après quelques épisodes où on attend que la mécanique se mette en place, où on regrette un certain didactisme d’une voix-off très présente, la série trouve son rythme de croisière et on ne peut qu’être séduit par sa très belle écriture. <strong>Pushing Daisies</strong> a le défaut de ses qualités, c’est une série très (trop) écrite. Et bien écrite donc, avec des dialogues plutôt savoureux et surtout une utilisation très intelligente des intrigues secondaires. Chaque épisode correspond en effet à une enquête, offrant alors un éclairage nouveau à la relation entre Ned et Chuck (trooooop romantique ! ils s’aiment mais ne peuvent pas se toucher !)(oui, c’est girly comme série) suivant les thèmes directeurs de la sous-intrigue. Vraiment très futé. A l’heure où je vous parle (cad que la série s’est arrêtée pour cause de grève des scénaristes au bout de neuf épisodes qui constitueront visiblement la première saison) cet aspect est de plus en plus présent et globalement la qualité va croissant. Vivement la suite.</p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises/">Lire l’épisode suivant</a></p>
<div class="note">Images : Welcome to the quiet Room (Matsuo Suzuki, 2007)</div>
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		<title>Deathfix: die and let live (Miki Satoshi, 2007)</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/deathfix-die-and-let-live-miki-satoshi-2007/</link>
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		<pubDate>Thu, 22 Nov 2007 21:53:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[2007]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma japonais]]></category>
		<category><![CDATA[comédie]]></category>
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		<description><![CDATA[On passe un bon moment, même si on parie pas bien cher sur son souvenir du film dans trois mois.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Premier film du festival Kinotayo à me tomber devant les mirettes, <strong>Deathfix: die and let live</strong> est le troisième long métrage de Miki Satoshi, réalisateur que les habitués du festival connaissent déjà puisque son <strong>Turtles swim faster than expected</strong> était déjà programmé lors de la première édition (ça c’était juste pour la beauté de la phrase, très <em>Cahiers du Cinéma touch</em>, puisque bien entendu je n’ai pas vu le film en question). Miki est donc spécialiste des beaux titres, mais des beaux films ? Rien n’est moins sûr, car si <strong>Deathfix </strong>montre tout de même certaines qualités, on va dire (dans une formule pleine d’originalité) qu’il peine à véritablement convaincre.</p>
<p>C’est donc l’histoire d’un journaliste qu’on devine un brin raté sur les bords, qui se voit chargé par sa rédactrice en chef d’écrire un reportage sur une drogue qui serait capable de faire mourir quelqu’un puis de le ressusciter quelques instants après. Le but étant de décrire ce à quoi l’au-delà ressemble. Pour cela il va demander de l’aide à un pote à lui, plus ou moins son équipier, une sorte de hippie qui n’a visiblement pas besoin de drogues pour être stone, mais qui ne se prive pour autant pas d’en faire une consommation aussi frénétique qu’éclectique. Les voilà donc qui remontent la piste d’un photographe qui a disparu à la recherche de la fameuse drogue (le deathfix, traduit en français par « simulmort » ou semblable nom harry-potterien) et que l’affaire commence à se complexifier avec l’arrivée d’une bande de yakuza. Les deux compères profitent d’un détour pour recruter une ancienne hôtesse de club sadomasochiste à fortes pulsions suicidaires qui ressuscite les morts avec une patte de singe momifiée, et roule jeunesse !<br />
Bon point, le mécanisme de film d’enquête (structure lourdingue devant l’éternel et entretenant artificiellement le suspense) auquel on pouvait s’attendre est totalement sabordé par le scénariste, qui semble lui préférer (et c’est tant mieux !) une progression à la « oh ! j’ai trouvé ça par terre, c’est un flyer pour une boite de strip-tease, on y va ? ». La narration se fait donc clopin-clopant, au cours d’une enquête somme tout peu rigoureuse. Alors c’est sûr, les maniaques qui ne supportent pas quand une piste est inexplorée vont avoir du mal (mais où diable sont passés les boss yakuza passée une heure de film ? quid de ce foutu tunnel entre le Japon et la Corée ? je crains qu’on s’en foute un peu). Pour ma part, c’est surtout l’usage inutile de la voix-off qui a tendance à m’exaspérer.<br />
Dit comme ça, ça a l’air d’un film crétin, et c’est le cas. On est clairement dans la comédie un peu barrée, dans la veine de films japonais comme <strong>Stereo Future</strong> ou <strong>Survive Style 5+</strong>, voir même les films de Ishii Katsuhito (en toutefois moins explosif et inventif que ce dernier).</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/deathfix-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Et si le film tient toutes ses promesses question crétineries (j’y reviens), malheureusement sur le plan de la mise en scène c’est un peu le désert. Pas ignoble pour autant, mais très impersonnel et purement illustratif, comme trop souvent (c’est l’horreur, j’écris cette phrase ou un de ses variantes dans une chronique sur deux). Pourtant l’humour et la parodie seyent bien aux expérimentations en tous genres, aux jeux de mise en scène et autres petits délires. Bref, dans <strong>Deathfix </strong>c’est pas vraiment le cas.<br />
A deux exceptions près. La première est un décalque carrément outrancier et décalé de <strong>Apocalypse Now</strong> (l’arrivée dans le camp du colonel Kurtz), appuyé par un bruit de pales d’hélico en off, alors que le trio découvre l’île des clochards. C’est pas folichon, mais c’est complètement à coté de la plaque. Donc bien. La seconde, que ma foi j’ai trouvé assez astucieuse, est la rencontre entre le hippie et un vagabond qui se balade les couilles à l’air. Et justement dans les films japonais on ne montre pas ce genre de choses, son entrejambe est donc balafré d’un intrusif disque noir, qu’il s’acharne à exhiber le plus possible, prenant des poses aguicheuses rendues tout à fait innocentes par la félicité de la censure. Jusqu’à ce qu’il se fasse percuter par une voiture, et qu’au lieu de suivre son intimité la mosaïque, prenant tout d’un coup une contenance physique, se mette à valdinguer comme l’aurait fait un vulgaire couvre-chef.<br />
Mais mis à part cela, on doit se contenter de certains délires de films crétins. Donc portés par le sur-jeu des acteurs habituel dans ce genre de films vous assisterez béas à l’apparition de la tête de Nicolas Cage au beau milieu d’un plat de tripes ou apprendrez médusés qu’on peu faire flamber du vomi d’alcoolique (et autres idioties à base de wasabi que je ne vous raconterai pas plus en détail). Et pis Kikuchi Rinko est mignonne, surtout quand elle se brosse les dents en bougeant la tête plutôt que la brosse. On passe donc un bon moment, même si je parierais pas bien cher sur mon souvenir de ce film dans trois mois.</p>
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