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	<title>Insecte Nuisible &#187; Ici et Maintenant</title>
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	<description>Le cinéma qui grouille</description>
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		<title>Festival du cinéma asiatique de Deauville 2009</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Mar 2009 20:53:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au programme : All around us (Hashiguchi Ryosuke, 2008), Breathless (Yang Ik-June, 2008), Chant des mers du sud (Marat Sarulu, 2008), Claustrophobia (Ivy Ho, 2008), L’Enfant de Kaboul (Barmak Akram, 2008), Members of the Funeral (Baek Seung-Bin, 2008), Naked of Defenses (Ichii Masahide, 2008), The Schaft (Zhang Chi, 2008), Trivial Matters (Pang Ho-Cheung, 2007), Fireball (Thanakorn Pongsuwan, 2009), The Chaser (Na Hong-Jin, 2008), The divine Weapon (Kim Yoo-Jin, 2008), The Moss (Derek Kwok, 2008), The Sniper (Dante Lam, 2007), 24 City (Jia Zhang-Ke, 2008), All about Women (Tsui Hark, 2008), Jay (Francis Xavier Pasion, 2008), Secret Sunshine (Lee Chang-Dong, 2007) et Yamagata Scream (Takenaka Naoto, 2009)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ici et du Maintenant, ep.8</strong><br />
(<a title="ep.7" href="http://insecte-nuisible.com/fim-ete-2008/350/">lire l’épisode précédent</a>)<br />
et/ou<br />
<strong>Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite, ep.6</strong><br />
(<a href="http://insecte-nuisible.com/retrospective-shochiku-septembre-2008/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>Avant de continuer avec la deuxième partie de la critique de <a title="Ten Nights of Dream" href="http://insecte-nuisible.com/ten-nights-of-dream-omnibus-nikkatsu-2006-1/222/">Ten Nights of Dream</a>, un petit retour sur cette ensoleillée et médiocre onzième édition du festival du film asiatique de Deauville. Ca va me permettre entre autres de déterrer provisoirement mes fameux films de l’<a title="Films de l'Ici et du Maintenant" href="http://insecte-nuisible.com/ici-et-maintenant/">Ici et du Maintenant</a> et de l’<a title="Films de l'Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite" href="http://insecte-nuisible.com/ailleurs-et-pas-tout-de-suite/">Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite</a>, délaissés depuis longtemps et qui retournent immédiatement à leur léthargie.<br />
D’ailleurs, pourquoi cette catégorie bâtarde ? Simplement parce qu’on ne peut que déplorer qu’un festival, alors qu’il devrait être un espace d’exploration et de découverte de films rares et inattendus, devienne un lieu d’avant-premières de films qui sortent en salles ou DVD dans les mois qui viennent&#8230; il doit en avoir au moins quatre dans le lot (je vous rassure de suite, <strong>My dear Enemy</strong> n’est pas dans la liste) et si ça se trouve j’en loupe. D’autant plus gênant que le nombre de salles de projection a été réduit, difficile alors que ne pas penser que chaque <strong>Chaser </strong>ou<strong> 24 City</strong> programmé c’est un film qui apporte vraiment un plus à la sélection qui ne l’est pas (le nouveau Sono Sion ? Ishii Katsuhito ?). Sans même aller chercher sur le plan il est vrai subjectif de la sélection proprement dite, bien paresseuse. Enfin&#8230; sur ce sujet je vous laisse lire <a title="on touche le fond [nihon-eiga]" href="http://nihon-eiga.over-blog.com/article-29092203.html">l’article de Guillaume</a> et je m’attelle aussitôt au compte-rendu des films.<br />
En vous prévenant tout de même que, comptant à l’origine ne rien écrire, j’ai pris aucune note de la semaine et que ça risque d’être parfois folklo et/ou expédié. Les films dont le titre est suivi d’un astérisque sont ceux que j’avais déjà eu l’occasion de voir (en salle, en DVD, ou téléchargés comme un porc par torrent) et que je ne suis pas retourné voir.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/all-around-us-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Des gens qui dorment par terre, Epikt ne peut qu’aimer</div>
<p><span class="titrerevue">Compétition officielle</span></p>
<p><a name="around"></a><strong>All around us</strong> de Hashiguchi Ryosuke : hasard de l’ordre alphabétique, on commence par le dernier film vu. Et bon film en plus, même si après une entame très enlevée le film se plombe un peu au bout d’une vingtaine de minutes. La faute à un enfant mort né (ce qui devrait être interdit par la charte de la bonne conduite cinématographique) qui entraîne les personnages et le film dans la dépression. Heureusement le film reprend du poil de la bête sur la dernière heure en même temps que le couple retrouve ses marques. Et ça se finit bien, donc c’est chouette.<br />
En passant, une ou deux remarques que la mise en scène de Hashiguchi, principalement composée de longs plans séquences. La preuve que de temps à autre j’aime ça – quand cela est fait avec une certaine sensibilité et un talent d’écriture, pas uniquement parce qu’on trouve cool de montrer un type qui fume une clope en entier. D’ailleurs, le meilleur de tous (un des plus marquants en tout cas)(et, parce que ses effets jouent dessus, peut-être bien justement du fait de sa longueur)  est parmi les plus longs, une dizaine de minutes sans doute. On y voit notamment en arrière plan deux enfants qui chahutent et on devine bien qu’ils vont casser quelque chose (on se doute même de ce que cela va être), on y fait donc attention tout en suivant la discussion des adultes en premier plan. Mais le moment venu Hashiguchi braque l’attention du spectateur (pourtant vigilant) sur autre chose, de manière à ce que la casse prenne au dépourvu et surprenne malgré tout. Et le plan continue.<br />
Pour finir, le film comporte pas mal de scène de tribunal (autre chose qui devrait être interdit par la charte de la bonne conduite cinématographique) et ma foi celles-ci sont très belles ! Cela mérite d’être signalé. Le problème des scènes de tribunal dans les films, c’est qu’elles sont souvent là comme espace de débats et de déclamations, principalement focalisées sur le texte et le contenu purement informatif, en deux mots c’est hyper balourd. Dans <strong>All around us</strong> le personnage est dessinateur d’audience, croquant sur le vif le procès, et Hashiguchi relègue en arrière plan l’aspect purement judiciaire pour braquer son regard sur le public, sur des petits détails (splendide scène où le personnage observe les chaussures des gens), sur les réactions aux événements plutôt qu’aux événements eux-mêmes,&#8230; parti pris gagnant si vous voulez mon avis, qui mériterait d’être généralisé même dans les cas où le scénario n’appelle pas ce genre de regard.</p>
<p><a name="breathless"></a><strong>Breathless</strong> de Yang Ik-June : Assez rigolo ce <strong>Breathless</strong>, puisque les trois premiers quarts du métrage sont une succession quasiment ininterrompue d’insultes, de crachats et de coups de points dans la gueule ; tout le monde insultant tout le monde et tapant sur tout le monde. Une habitude dans le cinéma coréen diront certains, mais « oui, mais non ». Parce que là c’est quand même hyper poussé (ce qui n’est pas une qualité en soit, et qui par certains cotés dessert le film en le rendant un peu nawak), mais surtout parce que <strong>Breathless </strong>m’a semblé bien moins aseptisé et lisse qu’un bon paquet de films coréens récents montrant pourtant le même genre d’actes. Il y a dans le film un coté brutos qui rappelle le cinéma des années 90, un peu branquignol mais beaucoup plus vivant. Et parce qu’enfin, émergent au milieu de chaos méprisant et vantard quelques pointes d’humanité plutôt justes.<br />
<strong>Breathless </strong>aurait donc pu faire office de chouette surprise si (en plus de déjà tomber dans le mauvais goût au court du film à l’occasion de deux flashbacks ridicules) la fin n’était pas aussi naze. Non mais franchement, que le caïd se fasse assassiner pile poil le jour où il décide de prendre un taf honnête et que son neveu l’attend pour son spectacle scolaire de fin d’année, un peu comme dans le <em>drama </em>du samedi aprèm sur KBS, qui peut prendre ça au sérieux ?<br />
Prometteur donc, mais raté quand même.</p>
<p><a name="chant"></a><strong>Chant des mers du sud</strong> de Marat Sarulu : film <em>Ushuaia </em>très typé festival, avec des beaux paysages de la steppe dedans, des chevaux, la liberté tout ça&#8230; le pire c’est que c’est même pas dégueulasse, mais ça a beaucoup trop une tête de film pour bobos en soif d’exotisme.<br />
Reste que selon toute vraisemblance il s’agit de mon premier film kirghiz, ce qui se fête.</p>
<p><a name="claustro"></a><strong>Claustrophobia</strong> de Ivy Ho : le film se présente sous la forme de flashbacks successifs, ce qui peut être une bonne idée (dans <strong>Peppermint Candy</strong> par exemple, ou encore <strong>Irréversible</strong>) mais qui sonne ici comme un gimmick sans trop d’intérêt. Il manque en effet d’un vrai mystère ou d’un événement fort qui motiverait ce retour en arrière, car dans l’état actuel des choses le film n’y gagne rien et aurait été tout aussi bien monté dans l’ordre chronologique.<br />
Sinon ça se regarde (sans pour autant être mémorable), si on passe sur les scènes de pluie où les personnages font exprès d’être mouillés pour bien montrer combien ils sont tristes et malheureux.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/trivial-matters-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Du karaoke, Epikt ne peut qu’aimer</div>
<p><a name="kid"></a><strong>L’Enfant de Kaboul</strong> de Barmak Akram : ceux à qui le titre donne envie de voir le film peuvent arrêter de lire ce blog. De mon coté j’y suis allé quand même, mais seulement parce que j’avais rien à faire.<br />
Tout comme <strong>Chant des mers du sud</strong> c’est un film <em>Ushuaia </em>d’Asie centrale, mais bénéficiant en tant que film de pays en guerre d’un bonus « bonne conscience +10 », bonus doublé pour les adeptes du commerce équitable. Sinon, oui il s’agit de mon premier film afghan, mais à la sortie de la salle j’aurais préféré fêter un bon film.</p>
<p><a name="members"></a><strong>Members of the Funeral</strong> de Baek Seung-Bin : grosse déception pour un film qui avait du potentiel (après <strong>Breathless</strong>, une mauvaise habitude des films de nouveaux réals coréens). On y trouve en effet tout plein de choses bien, autant dans la mise en scène qui est plutôt pas mal que dans quelques trips bien déviants (du genre une gamine leucémique qui crache du sang dans un cahier pour faire une décalcomanie souvenir). Voilà seulement, le film se présente comme une mise en abyme de mise en abyme de mise en abyme, avec un air de « t’as vu comme je suis super intelligent et que t’y piges que dalle car mon film il est trop supérieur », ce qui à vrai dire ne mène un peu à rien si ce n’est à vouloir faire passer des vessies pour des lanternes.</p>
<p><a name="naked"></a><strong>Naked of Defenses</strong> de Ichii Masahide  : ça fait toujours du mal de dire ça d’un film japonais, mais déjà que c’est très cheap (ce qui n’est pas un défaut en soit) mais c’est surtout mené avec des gros sabots (frisbee mon amour !). En fait le film doit surtout servir de vidéo souvenir au réalisateur puisqu’on y voit sa femme, actrice principale, accoucher en frontal. J’attends avec impatience le numéro deux avec les premiers pas du gamin (quoi que le sixième, porno gay intimiste dépeignant son<em> coming-out</em> et son dépucelage dans un marché au poisson, s’annonce lui aussi bien cool).</p>
<p><a name="schaft"></a><strong>The Schaft</strong> de Zhang Chi : encore un film de « pays pauvre » du genre que les élites intellectuelles bien-pensantes françaises aiment bien, sur des gens dans un village minier de Chine occidentale cette fois (à croire que chaque édition du festival a <a title="La petite fille de la terre noire" href="http://insecte-nuisible.com/la-petite-fille-de-la-terre-noire-jeon-soo-il-2007/205/">son film de mineurs</a>). C’est pas forcément folichon mais cela a toujours plus de gueule que Chant des mers du sud et <strong>L’Enfant de Kaboul</strong> : certes il faut se taper une première partie plus lourdingue que le reste (symboles à-la-con <em>inside</em>) mais ponctuellement le film touche juste (la toute dernière séquence par exemple). C&#8217;est donc pas si mal.<br />
N’empêche que je cautionne pas pour autant. Perso j’aurai sabré le chapitrage, bancal et inutile, pour fusionner les trois histoires en une seule – mais c’est du détail. Le gros problème est que le film fait tout pour contenir la moindre émotion, ne rien laisser échapper (ce qui, en langage journalistique s’appelle une « douleur sourde », souviens-t-en z’en), à adopter le regard le plus détacher possible. Dès lors on a le droit de s’en foutre, non ?</p>
<p><a name="trivial"></a><strong>Trivial Matters</strong> de Pang Ho-Cheung : mon préféré du festival (cela dit, je n’en ai vu que deux de vraiment bons), un film à sketchs un premier temps comique et absurde, se défaisant progressivement de ces deux étiquettes en cours de route. Des films à sketch il est coutume de dire que tout ne vaut pas, et c’est sans doute un peu vrai pour <strong>Trivial Matters</strong>, mais grosso-modo tout est bon. Faut dire que j’ai particulièrement aimé le segment avec les deux amies d’enfance (le cinquième) qui n’est visiblement pas du goût de tout le monde (c’est le plus long et le seul dépourvu d’humour). Mais il y a des scènes de karaoke (je suis obligé d’aimer) et du coup c’est mon préféré après le premier sketch (splendide film qui confronte les confessions à un sexologue de deux amants, faisant ressortir des malentendus toujours très drôles). Qui plus est c’est très bien mis en scène, ce qui était rare cette semaine abonnée aux trucs plan-plan.</p>
<p>Pas vus : <strong>Firaaq </strong>(un film indien, à-la-con sans aucun doute) et <strong>Island Etude</strong> (avec un sourd qui fait le tour de Taiwan à vélo, ahah).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/fireball-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Des scènes de pluie, Epikt ne peut que <span style="text-decoration: line-through;">aimer</span> trouver ça lourd</div>
<p><span class="titrerevue">Action Asia</span></p>
<p><a name="fireball"></a><strong>Fireball</strong> de Thanakorn Pongsuwan : film de basketball de combat, incroyablement crétin et incroyablement nul, farci des séquences nunuches à trois sous, cadré par un aveugle et monté par un creutzfeldt-jakobien. Par contre c’est hyper bourrin, ça fait donc plaisir, et au coeur de cette sélection où tout était joué d’avance j’aurais bien aimé qu’un jury de sales gosses le récompense en lieu et place de <strong>The Chaser</strong>.</p>
<p><a name="chaser"></a><strong>The Chaser</strong> * de Na Hong-Jin : un thriller coréen <em>post-<strong>Oldboy</strong></em> tout ce qu’il y a de plus classique mais plutôt correct dans son genre, sans doute même le moins pire de tous ceux que j’ai pu voir ces dernières années.<br />
Cela dit sa sélection ici laisse songeur. Un premier temps parce que le film avait déjà été projeté à de multiples reprises et sort la semaine d’après. Mais surtout parce que sans véritable challenger tout ça ressemble plus à une entreprise promo lui garantissant un prix à coller sur l’affiche.</p>
<p><a name="weapon"></a><strong>The divine Weapon</strong> * de Kim Yoo-Jin : grande fresque historique où on apprend comment les coréens ont inventé une sorte de baliste à propulsion (histoire vraie, patati patata) pour défendre la patrie contre ces bâtards de chinois. C’est mou et sans grand intérêt, et bien évidemment plombé par le patriotisme gerbant typique de ce genre de productions.</p>
<p><a name="moss"></a><strong>The Moss</strong> de Derek Kwok : une ouverture splendide avec de plans de ouf de Hong-Kong, mais pas de bol le film part en sucette au bout d’une vingtaine de minutes. Et retour aux ingrédients de base : nian-nianseries, violence démonstrative et montage épileptique&#8230; mais pas autant que <strong>The Sniper</strong>.</p>
<p><a name="sniper"></a><strong>The Sniper</strong> de Dante Lam : une des pires bouses du festival, encombré de poncifs absolument splendouillets, mis en scène avec les tongs avec plein d’effets à la mords-moi-le-noeud (dont un magnifique <em>bullet-time</em> suivant une balle de fusil qui percute une pièce de monnaie, pièce qui tourbillonne dans les airs avant que la caméra ne passe à travers le trou percé par la balle)(le film préféré du réalisateur doit être <strong>Piège à Hong-Kong</strong>). Et fait malheureusement parti de ces nanars qui sont plus rigolos à se rappeler la stupidité que durant la projection, particulièrement ennuyeuse (sauf peut-être pour ceux qui aiment quand Edison Chen prend des poses).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/all-about-women-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Une fille à lunettes et coiffure Mireille Mathieu, Epikt ne peut qu’aimer</div>
<p><span class="titrerevue">Panorama</span></p>
<p><a name="24"></a><strong>24 City</strong> de Jia Zhang-Ke : intéressant parce que mélangeant sans complexe témoignage et fiction, conscient que l’un n’est pas plus vrai ou faux que l’autre. Du coup on se demande quand même ce qui le pousse à monter son film comme des entretiens en longs plans-séquences fixes, cadrés sans particularité et au final franchement chiants (à tel point qu&#8217;on se demande parfois si c&#8217;est pas avec ce film qu&#8217;on torture les dissidents politiques). Les mêmes textes en voix-off sur des vraies images (ce qui est parfois fait) aurait eu vachement plus de gueule, mais voyez-vous ça fait pas assez « film d’auteur ».</p>
<p><a name="women"></a><strong>All about Women</strong> de Tsui Hark : c’est nunuche et con comme une comédie romantique HK peut l’être, mais ça fonctionne pas mal (même si avec Tsui Hark aux manettes on aurait pu l&#8217;espérer plus perché). Le film suit trois personnages dont deux plutôt cool – une nerd atteinte de crispation paralysante dès qu’un homme la touche qui met au point des patch de phéromones pour qu’on tombe amoureux d’elle et une punkette persuadée d’être la petite amie d’un chanteur à la mode – mais je ne sais pas trop pourquoi on ne s’y accroche pas vraiment. Mais si comme moi vous êtes tolérant à ce genre de chose ça devrait passer (ou pas).<br />
Un mot quand même sur quelque chose qui m’énerve sérieusement et qu’on retrouve trop souvent dans ce genre de productions commerciales à la con, les soi-disant rockeurs et autres marginaux qui font de la musique pour adolescentes. Voilà qui me laisse sceptique, mais que puis-je y faire s’ils sont heureux avec leurs lieux alternatifs sponsorisés par des multinationales ?</p>
<p><a name="jay"></a><strong>Jay</strong> de Francis Xavier Pasion : décidément, dès qu’on sort du gros bis qui tache j’ai vraiment pas de bol avec le cinéma philippin, <strong>Jay </strong>se révélant le film LOL du festival. L’idée pouvait être drôle, puisqu’il s’agit d’une équipe de télé qui suit le deuil de la famille d’un bonhomme assassiné de la manière la plus racoleuse possible. Malheureusement la critique de la télé poubelle est bien trop convenue pour faire mouche. Et non content de finalement se résumer à 90 minutes de lamentations simulées le film se paye de luxe d’être tourné en bétacam toute pourrie.<br />
Signalons quand même LE moment fort du film, lorsqu’un petit poussin innocent décède écrasé par un couvercle de cercueil et que l’équipe de télé se fait une séance de photo kawaii avec son cadavre.</p>
<p><strong>My dear Enemy</strong> * de Lee Yoon-Ki : je reviendrai prochainement sur ce film plus en détail, mais c’est sans contestation possible le meilleur film projeté durant ces cinq jours.</p>
<p><a name="secret"></a><strong>Secret Sunshine</strong> * de Lee Chang-Dong : film honnête mais beaucoup trop paresseux, se reposant sur son scénar et ses acteurs. Pour plus de détails je vous invite à lire <a title="Secret Sunshine [cinémasie]" href="http://www.cinemasie.com/fiche/oeuvre/secretsunshine/critiques.html?showext=1#Epiktistes">ce que j’avais écrit sur Cinémasie</a> il y a un peu moins d’un an.</p>
<p><a name="scream"></a><strong>Yamagata Scream</strong> de Takenaka Naoto : LA déception du festival, puisqu’il s’agissait du seul à être vraiment alléchant sur le papier (des écolières et des zombies, forcément) mais peine à convaincre. Il peine à tenir le rythme surtout, car ça commence très bien. Lycéennes <em>kawaii</em>, de l’outrance à chaque instant, des gros délires bien régressistes,&#8230; alors ça oui, ça n’a pas la finesse d’un <strong><a title="Nice no mori" href="http://insecte-nuisible.com/nice-no-mori-ishii-katsuhito-feat-aniki-miki-shunichiro-2005/181/">Funky Forest</a></strong>, mais ça fait du bien par où ça passe (c’est fin <strong>Funky Forest</strong> ? me demande le lecteur outré). Le problème c’est qu’après une première moitié bien chouette le film s’écrase comme un gros soufflé, allant même s’enliser dans des clichés inutiles (cherchant peut-être à approfondir les personnages ? rien à battre !). Et surtout, on n’y trouve ni gros gore qui tache, ni plan culotte, ce qui pour un film de zombies avec des lycéennes est une aberration cosmique.</p>
<p>Pas vus : <strong>A frozen Flower</strong> (film historique coréen avec parait-il du cul dedans), <strong>Beasty Boys</strong> (film de gigolos coréen avec semble-t-il du cul dedans), <strong>Departures </strong>(oscar du film étranger, quelque part ça me fait peur) et <strong>Gochu le violoncelliste</strong> (un jour va falloir m’expliquer ce qui passe par la tête des programmateurs).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/my-dear-enemy-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Un film de Lee Yoon-Ki avec Jeon Do-Yeon qui fait la gueule, Epikt ne peut qu’aimer</div>
<p><span class="titrerevue">Hommage à Lee Chang-Dong et Regards sur Lee Yoon-Ki</span></p>
<p>Un petit mot, même si je ne suis pas retourné voir les films, sur le coup de projecteur sur deux cinéastes coréens.<br />
Lee Chang-Dong, sans être de mauvais goût, est un choix prout-prout. « Auteur » mais pas mal du tout quand même, c’est le choix de la sécurité. Un peu désespérant quand on sait que tous ses films sont déjà sortis en France et on eu une certaine visibilité. Prout-prout quoi. Quitte à rendre hommage à un grand réalisateur coréen, je vais vous faire un programme moi : hommage à Jang Sun-Woo, avec ses vieux films relativement invisibles (<strong>Seoul Jesus</strong>, <strong>Age of Success</strong>, <strong>Lovers in Woomukbaemi</strong>, <strong>To you from me</strong> et <strong>A Petal</strong>), <strong>Cinema on the Road</strong> et le montage long de <strong>Timeless bottomless bad movie</strong>. Et s’il y a de la place, pour me faire plaisir, <strong>Hwaeom-kyung</strong>. Ça ça a de la gueule, et c’est utile en plus, plutôt que de projeter des films que tout le monde a déjà vu, ou au pire déjà entendu parler et de toute façon peut se procurer facilement.<br />
Par contre, et même si c’est un peu du réchauffé (deux de ses films ont déjà été montrés, et récompensés, à Deauville), la projection des films de Lee Yoon-Ki ne peut que me faire plaisir. Reste à savoir si cela va permettre de faire rentrer dans la tête des gens que Lee Yoon-Ki est de loin le meilleur réalisateur coréen de ces dernières années et qu’il serait pas mal de sortir <a title="Ad-Lib Night" href="http://insecte-nuisible.com/ad-lib-night-lee-yoon-ki-2006/33/"><strong>Ad-Lib Night</strong></a> ou <strong>My dear Enemy</strong> en France, plutôt que <a title="La petite fille de la terre noire" href="http://insecte-nuisible.com/la-petite-fille-de-la-terre-noire-jeon-soo-il-2007/205/"><strong>La petite fille de la terre noire</strong></a> ou <strong>A Tale of legendary Libido</strong>.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/kim-kkot-bi-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">De la choupiness et des joues, Epikt ne peut qu’aimer</div>
<p><span class="titrerevue">Ze Palmarès</span></p>
<p>Prix Mac Gyver de la geekette sexy : je ne sais plus qui dans <strong>Yamagata Scream</strong>, pour avoir fabriqué un pisto-laser avec un téléphone portable et un tank avec un motoculteur<br />
Prix du flashback moisi et de la fin merdique dans un film pourtant pas mal : <strong>Breathless</strong><br />
Prix de la technique de drague qui tue : Edison Chen dans <strong>Trivial Matters</strong><br />
Prix du petit poussin involontairement sacrifié sur l’autel de l’art : <strong>Jay</strong><br />
Prix des scènes de tribunal qu&#8217;elles sont même pas pourrites : <strong>All around us</strong><br />
Prix de vrac de la gamine leucémique qui crache des glaviots, du cadavre qui régurgite et du polaroïd d’animaux morts : <strong>Members of the funeral</strong><br />
Prix de l’actrice choupinette et joufflue : Kim Kkot-Bi dans <strong>Breathless</strong></p>
<div class="note">Copinage : en plus <a title="on touche le fond [nihon-eiga]" href="http://nihon-eiga.over-blog.com/article-29092203.html">celui de Guillaume sur Nihon-Eiga</a>, vous pouvez aussi lire <a title="Compte-rendu Deauville 2009 [dooliblog]" href="http://dooliblog.com/2009/03/16/compte-rendu-deauville-2009-competition/">le compte rendu de Pierre sur le Dooliblog</a>.</div>
<div class="note" style="text-align: right;"><a href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-1/">Episode suivant des F.A.P.S.</a></div>
<div class="note">
<p>Images : All around us, Trivial Matters, Fireball, All about Women, My dear Enemy, Kim Kkot-Bi</p></div>
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		<title>F.I.M. été 2008</title>
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		<comments>http://insecte-nuisible.com/fim-ete-2008/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 30 Sep 2008 15:45:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Agustín Díaz Yanes]]></category>
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		<description><![CDATA[Au programme : tout plein de trucs rapidement expédiés.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Films de l’Ici et du Maintenant, ep.7<br />
(<a title="ep.6" href="http://insecte-nuisible.com/fim-juin-2008/342/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>Après (presque) deux mois de vacances l&#8217;Insecte Nuisible reprend du service, et il commence par passer en revue les films vus cet été en salles. Une moisson bien pauvre comme vous vous en rendrez compte, beaucoup de films insignifiants voire même mauvais, qui plus est rapidement expédiée en quelques phrases lapidaires. Je me fous de la gueule du monde, vraiment.<br />
Pour le reste, plein de bonnes choses à venir : un compte rendu de la <a href="http://insecte-nuisible.com/retrospective-shochiku-septembre-2008/">rétrospective Shochiku</a>, un <a title="Considérations sur le cinéma interactif" href="http://insecte-nuisible.com/considerations-en-vrac-sur-le-cinema-interactif/">brainstorm rigolo</a>, une <a title="Dogra Magra" href="http://insecte-nuisible.com/dogra-magra-yumeno-kyusaku-1935/">critique dithyrambique d’un monstre littéraire</a>,&#8230; d’autres choses aussi à plus ou moins court terme. Signalons en passant que le monsieur Arkady Knight (A.K. pour les intimes) qui avait déjà signé quelques textes en ces pages (à propos de <a href="http://insecte-nuisible.com/domino-tony-scott-2005/">Domino</a> par exemple) semble vouloir se faire plus présent. Gloire à lui !</p>
<p><span class="titrerevue">Les sorties de l’été</span></p>
<p><a name="amis"></a><strong>Mes amis, mes amours</strong> de Lorraine Levy : Pour une réalisatrice de comédie romantique, ne pas être capable de filmer un couple que s’embrasse c’est quand même grave. A voir toutefois pour Vincent Lindon et ses chemises totalement ringardes et pour Virginie Ledoyen et ses&#8230; ses&#8230; bah&#8230; on se comprend&#8230;</p>
<p><a name="two"></a><strong>Seuls two</strong> de Eric et Ramzi : C’est sensé être un film comique, mais à tout prendre <strong>Mes amis mes amours</strong> est plus rigolo.</p>
<p><a name="alatriste"></a><strong>Capitaine Alatriste</strong> de Agustín Díaz Yanes : Ça n’a pas l’air comme ça, mais c’est pas triste.<br />
(cette critique vous est offerte par le mouvement des journalistes de cinéma pour la réhabilitation des jeux de mots pourris)<br />
(à ce sujet, petite pub pour <a title="échec et (ciné)mat" href="http://cinemat.over-blog.net/">le père Oli qui vient d’ouvrir son blog ciné</a>, un vrai space-cake ce truc : programmation totalement <a title="un truc improbable [cinémat]" href="http://cinemat.over-blog.net/article-22470859.html"><em>out of this world</em></a> et jeux de mots vraiment honteux, c’est un bonheur tellement ça ressemble à rien. Tous mes voeux de bonheur !)</p>
<p><a name="epopee"></a><strong>Une épopée</strong> de François Magal : pas très épique, mais je crois que c’est volontaire. Pas très bon non plus, et ça je crains que ça soit pas voulu.</p>
<p><a name="glory"></a><strong>Glory to the Filmmaker</strong> de Kitano Takeshi : bon bah pour ceux qui auraient encore des doutes, Takeshi est un gros malade mental. Gloire à Kitano.</p>
<p><a name="wanted"></a><strong>Wanted </strong>de Timur Bekmambetov : mauvais bis de <strong>Matrix</strong>, mais fun, et avec quelques idées démentes que d’autres plus talentueux feraient bien de lui piquer.</p>
<p><a name="proies"></a><strong>Les Proies</strong> de Gonzalo Lopez-Gallego : ça commence plutôt moyen comme un survival des plus classiques, mais le changement de point de vue en cours de film est plutôt malin et redonne de l’intérêt au tout.</p>
<p><a name="autres"></a><strong>Comme les autres</strong> de Vincent Garenq : c’est désormais officiel, les téléfilms France 3 Ile de France sont également programmés dans votre cinéma.</p>
<p><a name="x"></a><strong>X-Files 2</strong> de Chris Carter : pas forcément emballé, mais tout de même plutôt séduit par la tonalité et l’orientation que Carter donne à son film.<br />
(voir également <a title="X-Files" href="http://insecte-nuisible.com/the-x-files-chris-carter-1993-2008/">le texte de mon compère A.K.</a> qui revient dessus en détail)</p>
<p><a name="e"></a><strong>Wall-e</strong> de Andrew Stanton : mignon comme tout, parfois assez drôle mais beaucoup trop référentiel et de cette race agaçante de films « qu’on ne peut pas ne pas aimer ». Honnêtement, déjà oublié.</p>
<p><a name="surveillance"></a><strong>Surveillance </strong>de Jennifer Chambers Lynch : parfois assez joli et malin (les différentes versions contradictoires et toutes pipotées) même si on se tape pas le cul par terre, et qu’en fin de compte ça mène un peu nulle part.</p>
<p><a name="dark"></a><strong>The dark Knight</strong> de Christopher Nolan : assez chouette, le meilleur Batman au cinéma (ce qui ne veut pas dire grand chose, c’est vrai). J’apprécie beaucoup l’orientation réaliste de Nolan, mais certains risquent de détester.</p>
<p><a name="broken"></a><strong>Broken English</strong> de Zoe R. Cassavetes : c’est toujours drôle de voir Melvil Poupaud jouer les <em>French lovers</em>, mais contrairement à son joli générique (et à son affiche, très chouette elle aussi) le film est très fadasse (et convenu).</p>
<p><a name="bank"></a><strong>Braquage à l’anglaise</strong> de Roger Donaldson : film de gangster sympatoche, qui tient surtout par son intrigue et donc aux types qui il y a X années ont cambriolé une banque. On se demande alors quand même à quoi a bien pu servir le réalisateur.</p>
<p><a name="wang"></a><strong>La Princesse du Nebraska</strong> de Wayne Wang : assez moche avec de temps à autre des jolis plans hyper esthétisants dont on se demande d’où ils sortent. Brasse du vide aussi.</p>
<p><strong>Martyrs </strong>de Pascal Laugier : après <strong>Saint Ange</strong> ça fait quand même mal au cul de voir Laugier revenir à une mise en scène à ce point basique. Plutôt intéressant quand même.<br />
(voir aussi <a title="Martyrs" href="http://insecte-nuisible.com/martyrs-pascal-laugier-2008/">la critique qu’en fait A.K.</a>, qui a plus aimé que moi)</p>
<p><a name="manip"></a><strong>Manipulation </strong>de Marcel Langenegger : l’entame est intrigante, mais on déchante vite. Typiquement le genre de film dont l’idée même est absurde.</p>
<p><a name="lorna"></a><strong>Le Silence de Lorna</strong> des frères Dardenne : prix du scénario à Cannes, et ça me fait une belle jambe. J’aurais mieux fait d&#8217;aller voir le prix de la mise en scène.</p>
<p><span class="titrerevue">Les reprises</span><br />
(parce quand on en a marre de voir des films récents tout pourrites, on va (re)voir des vieux films qui en général sont un peu mieux)</p>
<p><a name="harpe"></a><strong>La Harpe de Birmanie</strong> de Ichikawa Kon : simplement magnifique (et accessoirement si vous voulez un film pour me faire pleurer à chaudes larmes du début à la fin, ne cherchez plus).</p>
<p><a name="max"></a><strong>Mad Max</strong> de George Miller : personnellement je préfère le deuxième, qui castagne plus. Reste que quand il s’agit de filmer des bagnoles sur des routes désertiques il y a un avant et un <a title="Burst City" href="http://insecte-nuisible.com/burst-city-ishii-sogo-1982/188/">après <strong>Mad Max</strong></a>.</p>
<p><a name="fleur"></a><strong>Fleur Secrète</strong> de Konuma Masaru : un pinku assez rigolo, mais franchement en dessous de <a href="http://insecte-nuisible.com/debordements-2-des-fleurs-et-des-peaux#yoshino"><strong>La Vie secrète de madame Yoshino</strong></a> du même réal (et avec la même actrice).</p>
<p><a name="pecker"></a><strong>Pecker </strong>de John Waters : je croyais que Waters était subversif&#8230; j’ai du me tromper de porte.</p>
<p><a name="story"></a><strong>Storytelling </strong>de Todd Solondz : excellent, forcément puisque tout Solondz c’est excellent, même si (dans le même genre et du même réal) je lui préfère <strong>Palindromes</strong>.</p>
<p><a name="doll"></a><strong>Bienvenue dans l’âge ingrat</strong> de Todd Solondz : excellent, forcément puisque tout Solondz c’est excellent, même si (dans le même genre et du même réal) je lui préfère <strong>Happiness</strong>. Argument choc en bonus, c&#8217;est un des films préférés de Bae Doo-Na (et oué).</p>
<p style="text-align: right;"><a title="Festival du film asiatique de Deauville" href="http://insecte-nuisible.com/festival-du-cinema-asiatique-de-deauville-2009/">Lire l’épisode suivant</a></p>
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		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>F.I.M. juin 2008</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/fim-juin-2008/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/fim-juin-2008/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 30 Jun 2008 13:14:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Sebastian Gutierrez]]></category>

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		<description><![CDATA[Au programme : Les Ruines (Carter Smith, 2008), Rise (Sebastian Gutierrez, 2007), Soap (Pernille Fischer Christensen, 2006), Wonderful Town (Aditya Assarat, 2007), Valse avec Bachir (Ari Folman, 2008), JCVD (Mabrouk el Mechri, 2008), Deux jours à tuer (Jean Becker, 2008), La Nouvelle vie de Monsieur Horten (Bent Hamer, 2007), La troisième partie du monde (Eric Forestier, 2008), Eldorado (Bouli Lanners, 2008), Diary of the Dead (George Romero, 2007), Sparrow Johnnie To, 2008), Speed Racer (Andy et Larry Wachowski, 2008), Phénomènes (M. Night Shyamalan, 2008) et My Father, my Lord (David Volach, 2007).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ici et du Maintenant, ep.6<br />
</strong>(<a href="http://insecte-nuisible.com/fim-mai-2008/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>On continue sur notre lancée, des semaines, puis des mois, de morosité cinématographique.<br />
Vivement les vacances et la sortie de La momie fait du kung-fu car franchement rien ne va plus ma petite dame.</p>
<p><span class="titrerevue">Les films s&#8217;aventurant en zone interdite</span></p>
<p><a name="ruins"></a><strong>Les Ruines</strong>, petite série B signée Carter Smith, se traînait une réputation flatteuse et une rumeur plutôt positive, mais on peut pas vraiment dire que je fus convaincu. Je suppose que les gens ont aimé l’invisibilité, voir même la passivité, de la menace, manoeuvre scénaristique d’une certaine cruauté amenant les personnage à finalement se faire mal eux-mêmes (quelques scènes plutôt chouette donc). Que le scénariste n’hésite pas à y flinguer un gosse de manière assez gratuite a du aussi en séduire certains (moi le premier, je déteste les mômes). Il n’empêche, ce film peine à faire preuve d’originalité. Rien que le scénario, confondant de <em>jeunisme MTVesque</em>, nous en convainc : une bande de jeunes en vacances aux Mexique se voient proposés d’aller faire un tour sur des ruines mayas garanties 0% touristes car pas sur la carte. Et de l’aventure il vont en avoir, car à peine débarqués sur les lieux des types avec des flingues et des arcs les empêchent de quitter le site, près à les tuer s’il le faut. Et oui, car y a un truc pas net dans cette pyramide et nos jeunes gens vont crever dans d’atroces souffrances. Un peu comme <a title="[REC]" href="http://insecte-nuisible.com/rec-paco-plaza-jaume-balaguero-2008/167/"><strong>[REC]</strong></a> (la similitude des situations est même frappante) <strong>Les Ruines</strong> fonctionne donc sur un système de double menace : une menace « intérieure » que l’on ne comprend pas et qu’on aimerait bien fuir et une menace « extérieure » aux motivations semblant arbitraires et qui oblige les personnages à rester en quarantaine à portée de la première menace. Malheureusement <strong>Les Ruines</strong> n’a pas l’efficacité de <strong>[REC]</strong>. Ni l’intelligence et les qualités de mise en scène qui avaient par exemple tiré vers le haut un film comme <a title="The Mist" href="http://insecte-nuisible.com/fim-mars-2008/321/#mist"><strong>The Mist</strong></a>.</p>
<p><a name="rise"></a>Autre série B, bien moins recommandable et recommandée, <strong>Rise </strong>de Sebastian Gutierrez. Avant que vous ne vous posiez la question : je suis allé voir ce film car il y avait Lucy Liu et des vampires dedans. Je plaiderais volontiers coupable en avançant qu’on a tous nos petites faiblesses, mais vous allez penser que j’en ai décidément beaucoup des petites faiblesses !<br />
Donc Lucy est journaliste et se fait gnaquer par des vampires alors qu’elle enquêtait sur des bandes de goths. Elle devient elle même vampire et va se venger. Un gros bis de <strong>Blade</strong> quoi. Quelques passages rigolos (la première fois qu’elle mange de la viande est assez bien foutu) mais dans l’ensemble le scénar est palpitant comme un match de curling amateur et la réalisation des plus paresseuses, pas grand chose à se mettre sous la dent si j’ose dire.<br />
J’ai vu Lucy Liu et des vampires, c’est déjà ça.</p>
<p><a name="soap"></a>Tant qu’on est dans le cinéma pas sortable, parlons de <strong>Soap </strong>de Pernille Fischer Christensen. S’y croisent une femme du genre libérée et sûre d’elle qui emménage dans un nouvel appart suite à une rupture avec son mec et sa nouvelle voisine de palier Veronica, alias Ulrik, travesti et wannabe transsexuelle, qui entre deux clients sadomaso promène son petit chien et regarde sa série préférée à la télé. L’originalité du film, c’est de présenter son intrigue, assez inhabituelle, à la manière d’un <em>soap opera</em> télé, à grand renfort de « Samantha réalisera-t-elle enfin qu’en fait elle aime Peter et quittera-t-elle Robert pour lui tout en sachant que son amour est à sens unique parce que Peter aime Jenny, la chienne de Robert ? ». A part ça ? Pas grand chose, c’est juste laid, d’autant plus quand le réalisateur s’essaye à esthétiser son film.</p>
<p><a name="town"></a>Pas de transsexuel dans <strong>Wonderful Town</strong> de Aditya Assarat, pourtant ça se passe en Thaïlande. Un architecte travaillant à la reconstruction d’un hôtel sur la cote loge dans un petit hôtel d’un patelin retiré (il aime pas la ville) et tombe petit à petit amoureux de la patronne. Bon, en toute franchise je suis presque surpris que le film soit bien, faut dire que je ne m&#8217;attendais pas à ça. Bref, c&#8217;est plutôt bien filmé (un peu de pose autiste auteurisante parfois, mais si peu) et pas bête.<br />
Dommage, le final se prend les pieds dans le tapis, le film semblant pouvoir s&#8217;arrêter à trois endroits (ce qui n&#8217;est pas une mauvaise idée en soi, c&#8217;est même assez excitant). La « première fin » est assez chouette et intelligente dans sa mise en oeuvre : bouclant sur la scène d&#8217;ouverture elle fait écho au caractère cyclique des catastrophes et des remises en question, avec une impression d&#8217;immuabilité, c&#8217;est joliment fait. La deuxième amorce une sorte de twist du plus mauvais effet (le type qui téléphone et s&#8217;apprête à partir, voilà qui se rajoute à l&#8217;histoire sans raison, sans logique, comme une maladroite tentative de rajouter de la profondeur, ce qui ne fonctionne jamais) et le plus étrange c&#8217;est que la catastrophe est « évitée » par l&#8217;intervention d&#8217;un élément qu&#8217;on sentait venir et que l&#8217;on redoutait (les voyous du village) : en même pas un quart d&#8217;heure le film tombe grossièrement dans l&#8217;artificialité qu&#8217;il avait pourtant évité pendant plus d&#8217;une heure. Quand à la « troisième fin » c&#8217;est juste de la pose, inutile, qui aurait pu être belle sans le travers artificiel de la « deuxième fin » mais là ne semble n&#8217;exister que pour fournir le visuel de l&#8217;affiche.<br />
Reste que pour un film post-tsunami (« Thaïlande 3 ans après le tsunami » nous dit l’affiche) c’est admirablement sobre, ce qui mérite d’être souligné. Il y a bien des allusions – quoi de plus naturel d’ailleurs ? après tout le bonhomme est là pour reconstruire un hôtel détruit et qu’un tel événement ait laissé des traces est normal – mais on est pas la pour un exposé misérabiliste ni pour se voir asséné toutes les dix minutes combien le tsunami ça fut trop dur ma petite dame. Au contraire on a droit à une histoire d’amour assez classique (mais pas mal), et les thèmes liés à la catastrophe sont traités en sous-main avec une certaine intelligence.</p>
<p><a name="bachir"></a>« Intelligence » n’est d’ailleurs pas un mauvais mot pour qualifier le surprenant <strong>Valse avec Bachir</strong> de Ari Folman. Si on s’arrête sur le fait qu’il s’agit d’un film plus ou moins autobiographique sur la guerre au Liban en 1982, ça peut faire peur, mais il s’agit probablement d’un meilleur film vu en salles ces derniers mois (nous traversons un véritable désert, certes).<br />
On suit donc un homme (le réal visiblement) dans ses recherches sur la guerre du Liban, guerre dont il ne se souvient plus grand chose si ce n’est quelques images et hallucinations tenaces. Au fur et à mesure des interview de ses anciens camarades ses souvenirs lui reviennent, jusqu’à ceux du fameux massacre de Sabra et Chatila.<br />
Le procédé mis en oeuvre est assez singulier, puisque le réalisateur a un premier temps réalisé un reportage classique avec interviews d’anciens soldats, avant de le refaire en animation, reconstituant à la fois les scènes de discussion, mais créant également les scènes de souvenirs. Et mine de rien cet artifice que certain pourraient trouver gratuit ou artificiel (ou pire, esthétisant) est une trouvaille magnifique : il permet d’harmoniser le contenu du film, de balayer la rupture entre témoignages face caméra et reconstitution de scènes d’époque dans les documentaire live (sans même parler du rendu atrocement kitch de la plupart de ces reconstitutions, pas crédibles pour un sous). Puisqu’il n’y a à ma connaissance pas d’équivalent au cinéma, cela m’a fait penser en bande dessinée au travail d’Emmanuel Guibert, en particulier sur <strong>La Guerre d’Alan</strong>, déjà récit de guerre biographique où la démarche de collecte de témoignages et leur reconstitution est au coeur de l’oeuvre.<br />
Et puis bon, graphiquement c’est juste splendide. Je ne sais pas trop si les vidéos préalablement prises ont servi physiquement de support à l’animation, mais la cohabitation 3D/2D (+ flash !) fonctionne à merveille (allez, soyons franc, un ou deux couac parfois, comme partout ailleurs) : avec peut-être moins de présence physique que l’animation 2D traditionnelle, mais beaucoup plus graphique que tout ce qui se fait en 3D, en particulier grâce à une mise en couleur par aplat (en particulier les grands aplats noirs qui 2D-isent les personnages). Ajoutons à ça un excellent travail sur la couleur et la lumière, c’est tout bon. Après <a title="Peur(s) du noir" href="http://insecte-nuisible.com/fim-fevrier-2008/316#peur"><strong>Peur(s) du noir</strong></a>, ce début d’année prouve une nouvelle fois qu’en « Europe » on a des animateurs qui valent le coup, et quelques producteurs assez courageux pour les mettre sur ce genre de projets un peu dingues.<br />
Et puisqu’il y fait penser malgré lui (vous savez, un film d’animation autobiographique sur la guerre au Moyen-Orient), <strong>Valse avec Bachir</strong> enfonce le très surestimé <strong>Persepolis</strong>, sur tous les plans et très profondément.<br />
De bien rares réserves viendront modérer l’enthousiasme, à commencer par une bande son parfois trop fédératrice pour être honnête, d’un style qui passe parfaitement dans les « vieux » films (<strong>Full Metal Jacket</strong>) mais de nos jours trop connoté pour ne pas qu’elle se donne un air de <em>coolitude </em>référentielle un brin agaçante (oui, j’aime pas ça). Et finalement, ne pas avoir résisté à la tentation de conclure le film avec des « vraies » images d’archives, travers déjà présent à la conclusion de <a title="Redacted" href="http://insecte-nuisible.com/redacted-brian-de-palma-2007/164/"><strong>Redacted</strong></a>. <strong>Valse avec Bachir</strong> se trouve d’ailleurs être un excellent pendant au film de De Palma, non seulement par sa portée politique et historique, mais surtout par sa recherche formelle sur la représentation de la guerre et de sa mémoire.</p>
<p><strong>Le pompon du « film s&#8217;aventurant en zone interdite » est décroché par :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Valse avec Bachir</strong><br />
(parce qu’Ariel Sharon lave plus noir que Le Shah machine)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/valse-avec-bachir-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Valse avec Bachir</strong> (Ari Folman, 2008)</div>
<p><span class="titrerevue">Les films avec des chiffres et des lettres</span></p>
<p><a name="jcvd"></a>C’était un film que j’attendais avec beaucoup d’impatience – faut me comprendre, j’ai grandi en regardant <strong>Double Impact</strong> – mais faut admettre, et ça fait mal au coeur, que le résultat est très décevant : <strong>JCVD </strong>de Mabrouk el Mechri.<br />
Vous connaissez l’histoire, Van Damme est dans la mouise, il tourne dans des films pourris en Europe de l’est, sa fille a honte de lui, le fisc en veut à ses fesses, tout le monde se fout de sa gueule,&#8230; et en plus il a pas de bol, puisque la poste où il va retirer son argent est la proie d’un hold-up et que les malfaiteurs auront vite fait de lui faire porter le chapeau.<br />
Donc c’était tentant, un premier temps à cause du personnage Van Damme, très folklorique, un deuxième temps pour l’homme Van Damme, plus lucide qu’il en a l’air et faisant preuve de recul et d’humilité. D’autant plus qu’avec son air fatigué il a la gueule de l’emploi. Et si la mise en abîme ludique fonctionne parfois (la première scène par exemple, un tournage de film en plan séquence qui peu à peu laisse entrevoir des failles avant de littéralement s’écrouler, est très chouette), il lui arrive de tourner à vide (la longue impro face caméra, qui ne rime à rien). Reste alors le <em>fan service</em>, par nature limité. Et puis bon, entre ses enfilades de gros plans sans relief et sa lumière blanchâtre à la Marc Dorcel, le film est quand même bien moche. C’est con, j’ai pas envie d’être méchant avec Van Damme.</p>
<p><a name="jours"></a>Par contre j’ai bien envie d’être méchant avec <strong>Deux jours à tuer</strong> de Jean Becker dont l’affiche était pourtant jolie. Mais hélas on déchante sévère dès les tous premiers plans, laids comme c’est pas permis. Et s’il n’y avait que ces premiers plans !<br />
En gros, l’histoire d’un type (incarné par un Dupontel en roues libres, d’ordinaire plutôt bon acteur mais ici sans la moindre crédibilité) qui décide d’envoyer bouler sa vie de gros bourge qui le fait chier, de plaquer son boulot dans la pub, de dénoncer l’hypocrisie puante de ses soi-disant amis et ce genre de choses très saines. Ce qui peut être rigolo d’ailleurs. Quand c’est bien fait. A ce petit jeu la deuxième scène (Dupontel qui envoie chier son client qui refuse sa proposition de pub pour des yaourts en se prenant pour Cyrano de Bergerac) fait très penser à ce qu’on avait pu voir dans le très bon <strong>99 francs</strong>, mais si on s’amuse à comparer les deux laissez moi vous dire que ça fait très (très) mal pour le film de Becker. Car quand le cinéma petit bourgeois s’essaye à être transgressif c’en est tout simplement ridicule. Peut-être justement car il ne l’est pas, que tout ça n’était qu’une entourloupe, qu’à la fin au prix d’une révélation pas originale pour un sou on apprend qu’il n’en pensait pas le moins du monde et qu’il aime sa femme. Car voyez-vous en fait il va mourir et il arrive pas à le dire à sa famille donc il veut partir en se faisant détester (bonjour la psychologie à deux balles). Je ne sais que penser du fondement idéologique moisi d’un tel film.<br />
Et comme je le faisais remarquer en préambule, le film est atrocement moche. Photographie sur-éclairée calibrée pour la télévision, cadres le plus souvent anonymes et à coté de la plaque lorsque (rarement) ils essayent d’être moins classiques, absence totale de montage (tu mets le type qui parle à l’écran et basta !), ne parlons même pas du son. Ce n’est même pas « du bon cinéma d&#8217;acteurs » comme le dit Grégory Valens dans Positif (Gregory, si tu lis ce blog, merci pour ce petit bonheur)(monsieur le rédac-chef de Gregory, si tu lis ce blog, si un jour tu décides de t&#8217;en débarrasser je suis libre, mais je suis cher) puisqu’au gré d’une direction d’acteur calamiteuse même ceux qui d’habitude s’en sortent avec les honneurs, voir même avec talent, cabotinent hystériquement sur des dialogues débiles. Détestable en tous points, vraiment.</p>
<p><a name="horten"></a>Donc ensuite même si on n’en tirera pas grand chose non plus on n’est pas mécontent de se retrouver face à <strong>La Nouvelle vie de Monsieur Horten</strong>, film norvégien de Bent Hamer (que j’ai un temps appelé « la deuxième vie&#8230; » ce qui lui doit son classement dans cette superbe catégorie des chiffres et des lettres). En bref, c’est l’histoire de monsieur Horten, chauffeur de train et jeune retraité. Pas super joyeux non plus, il a pas l’air d’avoir eu une vie bien remplie à part ses locomotives, sa mère croupit dans une maison de retraite et quelque part il doit se dire qu’il va bientôt la rejoindre. Vous voyez le genre, c’est ce que j’appellerais volontiers un film de vieux si la brigade du chatoiement langagier n’allait pas me sauter dessus. Un film de « seniors » quoi. Avec l’absence totale de mise en scène qui va avec, absence qui sait certes se faire transparente mais que la timide tentative d’introduire le fantastique (ou l’onirique) sur la fin ne fait que souligner. Enfin&#8230; je suppose que si j’avais quarante ans de plus je me serais peut-être senti concerné, mais là&#8230; je suis un sale jeune décidément.</p>
<p><a name="fin"></a>Les mêmes critiques qui ont aimé <strong>Deux jours à Tuer</strong> et <strong>La Nouvelle vie de Monsieur Horten</strong> ont par contré détesté <strong>La troisième partie du monde</strong> de Eric Forestier. Alors est-ce par esprit de contradiction que j’en suis venu à l’aimer ? Le film n’est pas sans défauts, loin de là, mais pourquoi une telle haine ? (<em>Calimero mode</em>)<br />
C’est donc l’histoire d’un gars et d’une fille qui se rencontrent dans un aéroport, le bonhomme la drague en lui parlant de physique (car ça marche, et oui !) et les voilà qui partent en vacances dans la maison de famille du bonhomme. Quand un jour il part faire une balade à vélo et ne revient pas, sa fiancée est convaincue qu’il a été aspiré par un trou noir (mais où va-t-elle chercher tout ça ?). Oui, j’avoue, le pitch est débile. Et quand il essaye de donner un peu de consistance à l’argument scientifique (qui ne sert à pas grand chose) c’est souvent ridicule. Rajoutons une légère teinte bobo rive droite, agaçante comme il se doit, voilà qui part mal.<br />
N’empêche, le film fonctionne pas mal du tout, surtout dans sa première partie – la fin part un brin en live, mais on aime ça aussi. La première demi-heure en narration alternée est très jolie (j’aime les narrations alternées, et alors ?) et le reste suit, avec quelques belles idées (une histoire de porte, de chien et autres). La mise en scène quand à elle est malheureusement à deux vitesses : engluée dans les alternances de gros plans lors que certains dialogues poussifs, alors qu’en même temps elle fait preuve de jolies choses, faisant décoller le film le temps d’un insert, d’une petite rupture dans l’échelle de plan.<br />
Ça ne changera pas le monde, mais c’est déjà bien.</p>
<p><strong>Le bouquet du « film avec des chiffres et des lettres » est lancé à :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>La troisième partie du monde</strong><br />
(parce que ce genre de films en France, on sait pas vraiment si c’est bon ou pas,<br />
mais au moins c’est rare)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/la-troisieme-partie-du-monde-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>La troisième partie du monde</strong> (Eric Forestier, 2008)</div>
<p><span class="titrerevue">Les films où les champions posent pas de questions</span></p>
<p>Rapidement puisque je vous en ai déjà parlé plus ou moins en longueur : Je ne suis pas retourné voir <strong>Eldorado </strong>de Bouli Lanners, après tout je ne vais pas changer d’avis en si peu de temps. Pour ceux qui avaient loupé ça, j’avais trouvé ça sympa mais sans plus, et j’en avais rapidement parlé dans ma revue cannoise.<br />
Quand à <strong>Diary of the Dead</strong> de George Romero je lui consacre carrément <a title="Diary of the Dead" href="http://insecte-nuisible.com/diary-of-the-dead-george-a-romero-2007/174/">un article rien que pour lui</a>. Reste à savoir si ça lui fait plaisir.</p>
<p><a name="sparrow"></a>Petit film vite regardé vite oublié tout en n’étant pas désagréable pour autant, <strong>Sparrow</strong> de Johnnie To, une comédie légère autour d’une bande de pickpockets qui aident une jeune femme à se défaire de l’influence d’un vieux gangster. Assez ludique dans son genre, en particulier dans sa première partie, ça vole quand même pas très haut – en particulier un scénario prétexte qui a du être écrit en deux heures. Et même si c’est parfois chouette les amateurs (comme moi) du Johnnie To ultra esthétique de <strong>The Mission</strong> et autres <strong>PTU </strong>risque de déchanter (comme moi), le tout étant bien paresseux. Pire, il arrive que ça soit moche, comme la scène finale, du genre dix minutes de <em>full-slow-motion</em> sous la pluie – on se serait cru dans un film coréen.</p>
<p><a name="speed"></a>Préférons alors le <em>full-speed-motion</em> avec <strong>Speed Racer</strong> des frères Wachowski. Une histoire assez bête, très classique du moins, avec un jeune pilote idéaliste au milieu des requins magnats industriels qui truquent les courses pour leur intérêt et ce genre de messieurs tout pas beaux. C’est donc pas là qu’on va chercher l’intérêt de ce film, par ailleurs fort surprenant. Pour cela il faudra tout de même passer outre un certain nombre de concessions faites au blockbuster familial, parfois très très agaçantes.<br />
Mais voilà, y a des idées au kilomètre. Séquence parfaitement réjouissante, la course en début de film : montant de manière alternée la course de Speed (oui, « Speed Racer » c’est le nom du héros, pauvre garçon) et celle de son frère quelques années avant, elle finit par intégrer un élément directement issus du jeu vidéo, le <em>ghost </em>d’une course (pour ceux qui n’ont jamais joué à un jeu de course : une voiture fantôme qui reproduit le record du tour et que le joueur poursuit pour améliorer son record). Speed poursuit alors son frère non seulement métaphoriquement (on comprend alors qu’il a eu une grande influence sur lui et que son petit frère le considère comme un modèle) mais aussi physiquement, à plusieurs années d’écart. D’autres petites réjouissances visuelles, la manière qu’on les réalisateurs d’intégrer à l’image non seulement ce que voient les personnages, mais également comment ils l’interprètent et le considèrent : la visite de l’usine est par exemple une petite merveille d’ironie un brin absurde.<br />
Plus globalement, la grande qualité de <strong>Speed Racer</strong> est son excellent travail de production design (malheureusement entachée, même s’il est toujours délicat de faire la part des choses, par une photographie et une lumière manquant de consistance)(je dis ça car le directeur de la photographie fut celui de la prélogie <strong>Starwars </strong>qui souffrait du même genre de défaut, c’est probablement lui le fautif). Il suffit de remarquer par exemple comment le film joue avec les époques : à en juger par les technologies nous sommes dans le futur (un peu exotique, certes), mais le design des voitures, tout futuriste soit-il, est fortement influencé par les années 60 (il reprend dans les grandes lignes celui de la série originale) et la société « hors courses » est de type 50s fantasmées pleines de couleurs. Il arrivent aussi que le temps d’une scène le film revête l’apparence d’un western, comme pour souligner la pseudo « attaque du train » qui s’y déroule.<br />
Et puis bon, si les scènes normales sont parfois chiantes les courses sont totalement démentes, limite si les voitures ne font pas du kung-fu. Quelque part entre <strong>Wipe-Out</strong> et <strong>Mario Kart</strong>. Un film réjouissant donc, même s&#8217;il faut passer outre quelques défauts bien lourds, qu’il serait vraiment dommage de bouder car parait-il que c’est un film con pour ados attardés.</p>
<p><a name="phenomenes"></a>Night Shyamalan a incontestablement quelque chose, en plus de son nom à coucher dehors : il fait des films qui ne ressemblent pas à ceux des autres. Ou du moins quand il fait ses films il est dans son trip. Et dans le genre trip, <strong>Phénomènes </strong>c’est pas mal dans son genre : on ne sait pas trop pourquoi, tout d’un coup les gens se suicident en masse. Et forcément, craignant une arme bactériologique de ces salaud de terroristes on évacue tout le monde de New York. C’est sans compter que l’épidémie de phénomènes s’étend.<br />
On peut pas dire que le père Shyamalan se soit foulé sur le scénario. Et en effet à quoi cela sert ? Un petit coup de baguette magique « tu sais mon petit il y a des phénomènes naturels qu’on ne peut pas comprendre et qu’il ne faut pas chercher à comprendre » et tout est réglé. Il n’y aura donc pas de méga révélation de la mort : dès le début on parle des arbres qui tueraient les humains, et pas de twist à l’horizon&#8230; on ne sait même pas si le réal se fout de notre gueule ou si c’est vraiment ce qu’il se passe. Peu importe, le procédé est de toute façon trop facile.<br />
Par contre, il faut dire ce qui est, <strong>Phénomènes </strong>est très drôle. Bon, oui, d’accord, « consternant » serait plus juste, mais je vous assure, avec un brin de dérision on se marre beaucoup. Et Shyamalan étant totalement dans son monde je doute qu’il fasse grand cas de mes sarcasmes (à moins qu’il ne me trucide dans son prochain film, à l’image du critique dans <a title="La jeune fille de l'eau" href="http://insecte-nuisible.com/la-jeune-fille-de-leau-m-night-shyamalan-2005/23/"><strong>La jeune fille de l’eau</strong></a>).<br />
Autre chose, plus gênante. Je n’ai plus de souvenir bien précis de ses films précédents, mais je n’ai pas le souvenir que cela soit mal filmé (peut-être l’était-ce). Alors que <strong>Phénomènes </strong>l’est. Un bête assemblage de plans hyper basiques, mono-informationnels si ce mot existait, privés de poésie même lorsque le réal essaye d’en insuffler, bref un ensemble très plat, sans ambition et même pas beau. Par contre il est loin d&#8217;être puant comme le précédent film du réalisateur, c&#8217;est déjà ça.</p>
<p><a name="lord"></a>Et pour finir vous allez pouvoir me traiter de fumiste.<br />
Car au moment où j’écris cet article ça va faire deux semaines que j’ai vu <strong>My Father, my Lord</strong> de David Volach et honnêtement je m’en souviens plus trop et j’aurais du mal à en dire quelque chose de pas trop con. La preuve probablement que ce film ne m’a pas marqué. Une histoire de fils de rabbin ultra-orthodoxe quoi qu’il en soit, éduqué par son père dans le respect de la foi la plus stricte. « La nouvelle vague du cinéma israélien » nous dit l’affiche, moué, pas très « nouvelle vague » j’ai trouvé. C’est vrai quoi, y a même pas un <em>jump-cut</em> !<br />
Si vous voulez à tout prix voir un film israélien, juste au dessus y en a un dont j’ai dit le plus grand bien.</p>
<p><strong>La coupe du « film où les champions posent pas de questions » récompense :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Speed Racer</strong><br />
(parce que ça fait  des dizaines d’années qu’on a parait-il inventé le cinéma en couleur et qu’on vient de s’en servir pour la première fois)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/speed-racer-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Speed Racer</strong> (Andy et Larry Wachowski, 2008)</div>
<p><span class="titrerevue">Ze palmarès</span></p>
<p>Prix du « film s&#8217;aventurant en zone interdite » : <strong>Valse avec Bachir</strong><br />
Prix du « film avec des chiffres et des lettres » : <strong>La troisième partie du monde</strong><br />
Prix du « film où les champions posent pas de questions » : <strong>Speed Racer</strong></p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://insecte-nuisible.com/fim-ete-2008/">Lire l&#8217;épisode suivant</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss></wfw:commentRss>
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		</item>
		<item>
		<title>F.I.M. mai 2008</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/fim-mai-2008/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/fim-mai-2008/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 03 Jun 2008 10:54:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Arnaud Desplechin]]></category>
		<category><![CDATA[Ici et Maintenant]]></category>
		<category><![CDATA[Imamura Takahiro]]></category>
		<category><![CDATA[Jacques Martineau]]></category>
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		<category><![CDATA[Steven Spielberg]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://insecte-nuisible.com/?p=335</guid>
		<description><![CDATA[Au programme : J'ai toujours rêvé d'être un gangster (Samuel Benchetrit, 2007), Mongol (Sergei Bodrov, 2007), Teeth (Mitchell Lichtenstein, 2007), Cleaner (Renny Harlin, 2007), Et puis les touristes (Robert Thalheim, 2008), Ken 1, L’Ère de Raoh (Imamura Takahiro, 2007), Un Conte de Noël (Arnaud Desplechin, 2007), Nés en 68 (Olivier Ducastel &#038; Jacques Martineau, 2008) et Indiana Jones 4 (Steven Spielberg, 2008).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ici et du Maintenant, ep.5</strong><br />
(<a title="ep.4" href="http://insecte-nuisible.com/fim-avril-2008/329/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>Qui a dit que l&#8217;Insecte Nuisible ne succombais jamais à la moutonnite ambiante ? Rien ne va plus et tout fout le camp, ce mois on donne dans le gros racolage pas original avec une spéciale Indiana Jones.</p>
<p><span class="titrerevue">Les films qui sont sortis longtemps avant Indiana Jones 4</span></p>
<p><a name="gangster"></a>Ça faisait des lustres que j’avais envie de le voir (sorti il y a deux mois tout de même !), <strong>J&#8217;ai toujours rêvé d&#8217;être un gangster</strong> de Samuel Benchetrit, et j’ai finalement réussi ! Film assez étrange dans le paysage cinématographique français (voir plus bas), <strong>J&#8217;ai toujours rêvé d&#8217;être un gangster</strong> est un peu à <strong>Pulp Fiction</strong> ce que le saucisson sec/fromage est au Kentucky Fried Chicken, une ribambelle de personnages hauts en couleurs filmés en noir et blanc dans plusieurs histoires plus ou moins liées et articulées autour du gangstérisme branquignol et d’une cafétéria d’autoroute. Pas de John Travolta qui danse, ni de Harvey Keitel en expert du nettoyage express en Honda NSX, encore moins Uma Thurman qui chante &#8216;Girl, You&#8217;ll be a Woman soon&#8217;, puisqu’on a affaire à des gros <em>louseurs </em>(oui, orthographe camembert). D’ailleurs si <strong>Pulp Fiction</strong> était en scope, <strong>J&#8217;ai toujours rêvé d&#8217;être un gangster</strong> est cadré en 1.37 donc j’aime ça (même si pour ma part il me fut gâché sur la deuxième moitié du métrage à l’incompétence d’un projectionniste aveugle, mais passons).<br />
Le film ne sera pas une date dans l’histoire du cinéma, mais j’apprécie particulièrement son regard, à la fois distancié, désabusé et ironique. Sa modestie aussi, ainsi que son tact dans le brassage de références (ce qu’on pourrait justement reprocher à Tarantino qui en fait toujours quinze fois trop). Le rythme est alors à l’avenant, patachon et se laissant vivre, plein de jolies longueurs.</p>
<p><a name="mongol"></a>D’autres longueurs, bien moins jolies, dans <strong>Mongol</strong>, film « kazakh, allemand, russe, mongol » dixit Allociné de Sergei Bodrov, avec monsieur Asano Tadanodu dans le rôle titre. C’est d’ailleurs un peu beaucoup pour la présence de Asano que je suis allé le voir (aussi parce que la séance pour <strong>Iron Man</strong> était complète, pas que je souhaitais à tout prix voir <strong>Iron Man</strong> mais j’étais en compagnie d’un gros geek).<br />
Alors cruelle déception ou pas (en attendait-on vraiment autre chose qu&#8217;un gros blockbuster sans ambition ?), <strong>Mongol </strong>n&#8217;a pas grand intérêt. Gengis Khan a pourtant un potentiel plus que convenable pour y puiser une épopée grandiose (pensons, d&#8217;après la vie d&#8217;un autre grand conquérant, au <strong>Alexandre </strong>d&#8217;Oliver Stone)(bon, ok, je suis une des rares personnes à aimer ce film), encore faudrait-il lui en donner les moyens. Par la mise en scène tout d&#8217;abord, mais Seigei Bodrov ne maitrisant qu&#8217;une valeur de plan et demi c&#8217;est pas gagné. De plus le scénario pâtit de trous dans son déroulement (la femme qui n&#8217;a pas une thune et suis la caravane en payant <em>vous savez comment</em> et qui arrivée à destination a des belles fringues sorties de je ne sais où ; Gengis Khan a <em>sa stratégie</em>, euh&#8230; quelle stratégie ?) qui au coeur d&#8217;un projet plus maitrisé auraient pu faire office d&#8217;ellipses parfois audacieuses, mais qui le cas présent sonnent comme autant de difficultés escamotées avec je-m&#8217;en-foutisme. Nous aussi, escamotons.</p>
<p><a name="teeth"></a>Par contre j’aurais bien aimé ne pas escamoter <strong>Teeth </strong>de Mitchell Lichtenstein, film qui s’annonçait assez intéressant. Malheureusement le film est à peu de chose près le <strong>American Pie</strong> des films de vagins dentés : malgré un certain nombre de bonnes idées il n&#8217;a ni profondeur (désolé) ni subtilité et dès lors s&#8217;adresse principalement au teenager bas du front (à ce niveau il rempli plutôt bien son office, et c&#8217;est parfois bien drôle, mais à se demander si c&#8217;est volontaire ou pas).<br />
En fait le problème c&#8217;est que <strong>Teeth </strong>n&#8217;assume rien et donc ne développe rien et refuse d&#8217;adopter un point de vue affirmé. Il y a pourtant des pistes intéressantes, mais le réalisateur bâcle tout ce qu&#8217;il entreprend avec je-m&#8217;en-foutisme, que ce soit sa psychologie, sa mythologie ou son gros délire sexo-gore (étrangement prude tout de même, si vous voulez de la chatte et du nibard passez votre chemin, c&#8217;est à peine si vous verrez des morceaux de bites en mousse de latex). En plus je veux rien dire, c&#8217;est atrocement mal filmé/interprété/cadré/monté/photographié, ce qui ne doit pas être sans incidence sur les reproches suscités, puisque d&#8217;emblée tout sonne en toc, ne laissant la place qu&#8217;au rire idiot. C’est vexant.</p>
<p><strong>Le prix du « film qui est sorti longtemps avant Indiana Jones 4 » est attribué, même si dans les circonstance monopolesques actuelles il ne vaut pas grand chose, au bien joli :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>J&#8217;ai toujours rêvé d&#8217;être un gangster</strong><br />
(parce qu’un jour les Mac Donald’s envahiront le monde)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/j-ai-toujours-rever-d-etre-un-gangster-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>J&#8217;ai toujours rêvé d&#8217;être un gangster</strong> (Samuel Benchetrit, 2007)</div>
<p><span class="titrerevue">Les films qui sont sortis pas longtemps avant Indiana Jones 4</span></p>
<p><a name="cleaner"></a><strong>Cleaner</strong> donc, de Renny Harlin (monsieur <strong>Cliffhanger </strong>avec Stallone, qui a le mérite d’être très regardable contrairement à d’autres réalisations du bonhomme). Il m’a intrigué pour de mauvaises raisons : en regardant la bande annonce d’un air distrait j’ai cru qu’il s’agissait d’un type qui louait ses services pour nettoyer des scènes de crimes, embauché par les tueurs, la mafia et tout le toutine, quelque chose de rigolo quoi, comme Jean Reno dans <strong>Nikita</strong>. Malheureusement le type est absolument réglo (il nettoie, mais après enquête) et ce n’est qu’en se faisant abuser qu’il en vient à nettoyer un cadavre tout frais. Vous me direz que c’est plus original et que c’est un métier très classe et peu vu au cinéma, mais le problème est que l’ont voit alors le film sombrer dans le « il ne voulait rien voir mais il a tout vu » + « oh mon dieu les flics sont tous ripoux et me mettent les bâtons dans les roues ». <strong>Cleaner </strong>s’en sort tout de même en exploitant bien la personnalité de ses personnages principaux (ie le bonhomme et sa fille, car le reste est tout de suite plus rapidement expédié), mais souffre parfois d’une mise en scène qui aime les effets inutiles et laids. Ah oui, un twist final du genre qu’on aimerait plus en voir des comme ça.</p>
<p><a name="touristes"></a>Notre deuxième film se déroule lui aussi en un grand lieu du nettoyage : <strong>Et puis les touristes</strong> de Robert Thalheim dans lequel un jeune berlinois se retrouve à Auschwitz pour son service civil (il avait demander Amsterdam, pas de bol) à s’occuper d’un ancien prisonnier acariâtre qui partage sa vie entre restauration des valises confisquées aux juifs, témoignages et cérémonies commémoratives. Un premier temps logé chez le vieux, mais il trouve vite une chambre chez une guide du musée et son frère alcoolo chanteur de métal pour gamine, ce qui donne au film une pas désagréable atmosphère de « L’auberge espagnole commémore l’Holocauste ». Forcément avant la fin il finira par aimer (un peu) le vieux et il couchera (un peu) avec la fille. Et on le comprend car elle est juste carrément belle (et pas qu’un peu). Alors la suite, très moche car aucun effort de mise en scène ou de direction artistique est fait, c’est juste un ancien camp transformé en parc pour touristes et autour des gens qui y ont vécu toute leur vie et qui ont pas forcément envie d’avoir une tête de cérémonie de la mémoire jusqu’à la fin de leurs jours. On est en droit de trouver ça soporifique à force d’inventer l’eau tiède.</p>
<p><a name="ken"></a>Il ne nous reste plus qu’à sortir l’artillerie lourde et d’aller voir <strong>L’Ère de Raoh</strong> de Imamura Takahiro, premier film de la trilogie next-gèn de Ken le survivant, dessin animé mythique de notre enfance passée devant le Club Dorothée qui à l’époque avait eu les honneurs d’un doublage (volontairement) complètement à l’ouest – ce qui, en plus de la violence de la bestiole, participe pour beaucoup à son aura légendaire. D’ailleurs je viens de m’apercevoir qu’il y avait une VF pour ce nouveau film, mais l’ayant vu en VO je ne saurai dire si le délire a été renouvelé.<br />
Autant le dire tout de suite, les non fans de la série risquent de regarder cette alternance surréaliste de grosses bastons entre géants musculeux et de discussions nian-nian où tout le monde n’arrête pas de pleurer en se demandant ce qu’ils font dans la salle, mais je doute que le film soit fait pour eux. Ainsi, même si le film est bien moins violent que ce à quoi on pourrait s’attendre (c’est triste) le scénario est parfois condensé/étiré/schtroumpfé à la limite de l’incompréhensible, rendant (peut-être) le tout un brin hermétique au novice. Mais c’est un film pour les fans après tout. Faudra pas chercher plus loin. Mais pour qui a vu ça à la téloche tout petit et qui ne peut réprimer un grand sourire d’imbécile dès que Ken balancer plein de coups de poing en faisant « ratatatatataaaaa !!! » c’est un grand et rare moment de régression nostalgique.</p>
<p><strong>Le prix du « film qui est sorti pas longtemps avant Indiana Jones 4 » qui lui non plus ne vaut pas des masses est attribué à :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>L’Ère de Raoh</strong><br />
(parce que vous ne le savez pas encore, mais vous êtes déjà mort)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/ken-raoh-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Ken 1, L’Ère de Raoh</strong> (Imamura Takahiro, 2007)</div>
<p><span class="titrerevue">Les films qui sont sortis la même semaine que Indiana Jones 4</span></p>
<p>Et face au mastodonte Indy les challengers ne se bousculent pas au portillon, puisqu’alors que nous étions habitués à des semaines à dix sorties on en compte seulement trois (3 !!!) pour la semaine du 21 mai (plus une reprise, dans une seule salle, de <strong>L’Or du Hollandais</strong> qui date de 58). Alors l&#8217;Insecte Nuisible est fier de vous annoncer que pour une fois il a vu TOUS les films sortis cette semaine ! Exploit !</p>
<p><a name="noel"></a>Le premier outsider est donc <strong>Un Conte de Noël</strong> d’Arnaud Desplechin, film qui je crois a été présenté à Cannes même si je m’en fous un peu. Encore un de ces films français made-in-Femis qui balance les deux tiers de leur budget dans leur casting grand luxe et un demi pourcent dans leur direction artistique – cherchez l’erreur. Ce qui lui permet d’exhiber un Mathieu Amalric qui cabotine un max (comme trop souvent) et une des rares actrices françaises à avoir de la classe, Emmanuelle Devos (actrice fétiche du réal). Il faut cependant reconnaître que le film de Desplechin fait preuve d’un minimum d’ambition : multitude des personnages, des enjeux et des « sous-intrigues », quelques audaces de mise en scène pas toujours payantes mais bien présentes,&#8230; Et faut aussi avouer que le film, même s’il dure trois plombes, se regarde parfois bien agréablement grâce certaines situations bien troussées, quelques dialogues plutôt chouettes et au milieu d’acteurs over-surestimés (Catherine Deneuve qui comme souvent fait sa grande dame, à qui comme souvent on a envie de donner un coup de boule balayette) d’autres bien talentueux &#8211; Emmanuelle Devos donc, mais aussi Melvil Poupaud. Et finalement que même si la réalisation n’a pas d’intérêt particulier, le résultat est loin d’être hideux (les dialogues, écueil de bien des films du genre, sont par exemple découpés de manière assez variée).<br />
Ce qui ne nous empêchera pas de souligner l’exploit d’<strong>Un Conte de Noël</strong> d’avoir rassemblé en un seul film (de 2h30 tout de même) l’intégralité des clichés et autres passages obligés lourdingues du cinéma hexagonal. Imaginez donc un mix entre film de 1/ réunion familiale (bonus balourdise +5 pour le situer à Noël), 2/ crise de la trentaine, 3/ crise d’adolescence, 4/ crise de la soixantaine, 5/ deuil du frère/fils mort en bas âge, 6/ cancer/leucémie et 7/ où la moitié des personnages travaille dans un milieu artistique. Pour pimenter le tout ajoutez une causticité bancale uniquement sauvée (parfois) du désastre par ses interprètes (où on se rend compte que Mathieu Amalric a quand même du talent, quand il n’est pas en roue libre et qu’il ne fait pas du Mathieu Amalric), des grandes tirades bien profondes (DTC) dont une lecture de la <strong>Généalogie de la morale</strong> de Nietzsche que le type lit bien entendu en allemand dans le texte, et d’autres mal déclamées en aparté par des acteurs face caméra. Chouette.</p>
<p><a name="68"></a>Second chalenger, <strong>Nés en 68</strong> de Olivier Ducastel et Jacques Martineau, qui tombe à point nommé pour le quarantenaire des événements (ohoh !) et la prochaine liquidation de leur héritage par notre cher über-président (ahah !). Soit donc une bande de révolutionnaires sorbonniens qui partent fonder une communauté dans le Larzac pour élever des chèvres et partouser au grand air. Forcément l’agglomérat disparate d’idéalistes révolutionnaires et de beatniks à guitare désaccordée va se désagréger en moins de temps qu’il ne faut pour le dire pour ne laisser quasiment que Catherine (Laetitia Casta), pure et pas très dure. Après cette introduction le film va alors tourner autour de sa famille (ses deux enfants et leur père retourné à Paris, son frère, quelques amis) et couvrir quarante ans d’héritage soixante-huitard.<br />
Pour être honnête, sans cet absurde défi auto-imposé de voir les trois films sortis cette semaine jamais je ne serais allé voir ce film qui ne pouvait que m’agacer profondément. Les utopies et les idéaux me débectent par leur niaiserie et je savais que j’en aurai pour mes frais ; je ne suis pas partisan de la liquidation (bien illusoire tant il a imprégné la société en profondeur) de l’héritage de 68 mais bien de sa mythologie révolutionnaire pseudo-romantique et de ses slogans en toc. Mythologie dont nous abreuve le film, forcément, et slogans qu’on retrouve artificiellement déclamés par les acteurs (pas tous mauvais d’ailleurs, même si on compte quelques brêles).<br />
Alors même si dresser un portrait des luttes et revendications qui ont suivi ne part pas d’une mauvaise initiative et si <strong>Nés en 68 </strong>n’est pas (heureusement !) le <strong>May 18</strong> français, il n’en reste pas moins un film qui cultive sa bonne conscience et celle de son public. Un public qui sans aucun doute est militant à Act Up, aide les sans-papiers réfugiés dans les églises, a pleuré lorsque Le Pen est passé au second tour avant de voter Chirac avec des gants Mappa, etc&#8230; C’est dans ce même esprit d’enfonçage de portes ouvertes à grand renfort de bonne âme que sont effectuées (par les personnages) des lectures de journaux (ou des extraits radio ou télé). Une bonne idée ma foi sur le principe, n’eurent été les commentaires désabusés qui les suivent, tenant plus de la conversation de café du commerce qu’autre chose et faisant alors retomber le film à sa vulgarité. Il fait certes bien de souligner que ce genre d’idées sont aujourd’hui au pouvoir. Je conteste juste la forme, balourde au possible, condescendante au possible.<br />
La forme parlons-en justement. Comme le film français moyen, <strong>Né en 68</strong> est très platement réalisé (voir parfois laid mais pas trop souvent non plus), mais on lui est gré de l’être d’une platitude parfaitement transparente. Résultat des comptes, le film a beau durer presque 2h50 il ne les parait pas. C’est déjà ça, car sinon je n’aurais pas supporté.</p>
<p><a name="indy"></a>Et puis parmi les films sortis la même semaine que <strong>Indiana Jones 4</strong> il y a bien entendu <strong>Indiana Jones 4</strong>, sobrement titré <strong>Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal</strong>, toujours de Steven Spielberg qui nous le promettait depuis au moins dix (quinze ?) ans. J’avoue ne pas être une référence sur Indiana Jones, films que j’ai vu il y a pas mal de temps et qui me laisse l’impression de films de divertissement de très bonne tenue (en particulier <strong>La dernière croisade</strong>) mais dont mes souvenirs sont assez flous.<br />
Film parc d’attraction par excellence, <strong>Indy 4</strong> ne s’embarrasse alors pas d’un scénario inventif – remplacez les nazis par des russes (le film se passe dans les 50s, disons vingt ans après les autres) et l’arche de l’alliance et/ou le graal par un crâne de « cristal » qu’il faut ramener dans une cité mythique d’Amérique du sud et vous avez le scénario de ce quatrième épisode –, tout est dans le déroulement et les successions de péripéties – fonctionnant encore une fois de façon similaire aux précédents épisodes, Indy étant forcé de collaborer avec ses ennemis tout en essayant de les doubler. Et si j’ai mis un certain temps à rentrer dans le bain, la première partie me paraissant un tantinet lourde, la suite est très efficace et rythmée. Cool. Et même si c’est pas encore ce film qui me fera adorer la mise en scène de Spielberg (pas dégueue mais démonstrative) je me suis rattrapé avec certains cascades chorégraphiées avec pas mal d’inventivité.<br />
Il n’en reste pas moins que ce <strong>Indy 4</strong> déçoit sur un certain nombre de points. La faute à mes souvenirs lointains je ne saurais dire si ces défauts sont présents (certains ne le sont par nature pas), si en vieillissant j’ai perdu mon âme d’enfant ou si enfant j’étais crétin. Il semble tout d’abord que Spielberg a du mal à gérer la mythologie de son personnage, pourtant pas tant mise en évidence mais à chaque fois amenée avec lourdeur (cf la première apparition d’Indy, où on a l’impression qu’on rechigne à nous le présenter). C’est toujours le même problème lorsqu’on essaye de retrouver le petit je-ne-sais-quoi qui la première fois avait rendu le film génial, on en vient vite à se caricaturer. <strong>Indy 4</strong> évite à moitié l’embuche. Deuxième élément, le plus rageant en fait et aussi le premier à être choquant (parce qu’il saute à la figure dès le premier plan), l’abus d’effets spéciaux numériques. A croire qu’ILM était en manque de contrat et que la prod a rajouté plein de plans à SFX en dépit du bon sens. <strong>Indiana Jones</strong> était justement attachant pour ses effets à l&#8217;ancienne, dommage. Le problème c’est même pas qu’ils sont inutiles (comme la fameuse marmotte du premier plan), c’est qu’ils sont laids, aux textures grossières et mal incrustés, à se demander si le coté kitch n’est pas volontaire. Après tout la première partie nous plonge bien dans des 50s de pacotille (cf la scène dans le bar, ou la scène dans la salle de classe) farcies de retouches colorimétriques de mauvais goût. C’est probablement la raison du manque d’immersion de cette première partie, on n’y croit pas une seconde.<br />
Heureusement la suite corrige le tir (sur l’ambiance foireuse, pas sur les SFX qui ne seront jamais aussi présents)(si on excepte une scène <em>Tarzan-like</em> à la limite du ridicule) et se suit très agréablement. Et le film en lui même est un divertissement loin d’être déshonorant. Même si on craint ce que pourrait donner un cinquième épisode qui pourrait achever d’assécher la série (on espère qu’il ne se fera jamais). Un certain nombre d’éléments dans le film laisseraient d’ailleurs entendre qu’il serait temps qu’Indy se retire pour laisser sa place aux jeunes, mais la scène finale va dans le sens contraire. Alors, un <strong>Indy 5</strong> à la maison de retraite ? Je doute que cela ait la classe d’un <strong>Bubba Ho-Tep</strong>.</p>
<p><strong>Alors comme ils sont tous décevants le prix du « film qui est sorti la même semaine que Indiana Jones 4 » est lancé à la gueule de :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Uwe Boll</strong><br />
(pour sa <em>fuck-you-attitude</em>, pour son outrance de sale gosse pourri-gâté, pour son mauvais goût permanent, pour sa mauvaise foi, et pour avoir été le seul a avoir osé défier <strong>Indiana Jones 4</strong> aux USA avec son très attendu <strong>Postal</strong>)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/uwe-boll-1.jpg" alt="" /></p>
<p><span class="titrerevue">Les films qui sont sortis après Indiana Jones 4</span></p>
<p>Y en a pas. Après Indy, le déluge.</p>
<p><span class="titrerevue">Ze Palmarès</span></p>
<p>Prix du « film qui est sorti longtemps avant Indiana Jones 4 » : <strong>J&#8217;ai toujours rêvé d&#8217;être un gangster</strong><br />
Prix du « film qui est sorti pas longtemps avant Indiana Jones 4 » : <strong>Ken 1, L&#8217;Ere de Raoh</strong><br />
Prix du « film qui est sorti la même semaine que Indiana Jones 4 » : Uwe Boll<br />
Prix du « film qui est sorti après Indiana Jones 4 » : <em>404 error: file not found</em>&#8230;</p>
<p style="text-align: right;">Lire l&#8217;épisode suivant</p>
]]></content:encoded>
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		<title>F.I.M. avril 2008</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/fim-avril-2008/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/fim-avril-2008/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 30 Apr 2008 10:13:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[David Moreau]]></category>
		<category><![CDATA[Ici et Maintenant]]></category>
		<category><![CDATA[J.P. Schaefer]]></category>
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		<category><![CDATA[Olivier Château]]></category>
		<category><![CDATA[Pen-Ek Ratanaruang]]></category>
		<category><![CDATA[Xavier Palud]]></category>

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		<description><![CDATA[Au programme : [REC] (Jaume Balaguero &#038; Paco Plaza, 2008), The Eye (David Moreau et Xavier Palud,2008), Asylum (Olivier Château, 2007), Chapitre 27 (J.P. Schaefer, 2008), Les Soeurs de Gion (Mizoguchi Kenji, 1936), Deux soeurs pour un roi (Justin Chadwick, 2008) et Ploy (Pen-Ek Ratanaruang, 2007).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ici et du Maintenant, ep.4</strong><br />
(<a title="ep.3" href="http://insecte-nuisible.com/fim-mars-2008/321/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>On pourra pas dire que ce mois d’avril 2008 m’ait particulièrement marqué. D’ailleurs je suis pas trop allé au cinéma, ce qui restera toujours plus que certaines personnes en un an, mais bon. Pas de quoi faire cinquante catégories, ou alors des catégories avec deux films dedans, pas glop quoi, alors je mets tout dans une seule, la bien nommée :</p>
<p><span class="titrerevue">Les films avec des types qui voulaient être des gangsters, avec le type que Mark David Chapman a assassiné le jour de la naissance de Lily Chou-Chou, avec Nathalie Portman, avec une fille qui dans le noir ressemble à Nathalie Portman, avec des histoires de soeurs, avec parfois des couettes ou peut-être  même avec rien de tout ça</span></p>
<p>On attaque par la facilité, je vous inviterai donc à lire mon article consacré à <strong>[REC]</strong> de Jaume Balaguero et Paco Plaza. Un film que j’attendais avec impatience et dont j’attendais beaucoup (réalisateur talentueux + parti pris riche de potentiel) mais qui comme vous le savez m’a quand même bien déçu – si vous ne le savez pas, <a title="[REC]" href="http://insecte-nuisible.com/rec-paco-plaza-jaume-balaguero-2008/167/">vous avez de la lecture à rattraper</a>.<br />
<a name="eye"></a>Cela dit, <strong>[REC]</strong> n’est pas, loin de là, le film le plus pourri vu ce mois, puisque je suis allé m’infliger le nazissime <strong>The Eye</strong> de David Moreau et Xavier Palud. Oui oui, vous savez bien, le remake ricain d’un film hong-kongaïo-thai que j’ai pas vu mais qui devait déjà pas voler bien haut par les deux frenchies coupables du désespérément nul <strong>Ils</strong> (le film tourné avec cent balles dans un pays de l’est où Olivia Bonamy court dans la forêt vêtue d’un débardeur blanc, c’est pourtant marquant), on pouvait pas non plus en attendre grand chose. Cela dit, l’idée de base est assez démente : une aveugle se fait greffer la cornée, retrouve la vue mais est prise de doute quand à la réalité de ce qu’elle voit, incapable de faire la part de l’ordinaire et de l’extraordinaire, confrontée à des visions étranges ne sachant pas si les autres y sont confrontés où non,&#8230; bref, voilà quelques pistes intéressantes, pas du tout explorées forcément. En deux mots, outre la réalisation d’une banalité à la limité du médiocre, le traitement est d’une débilité sans nom : la fille se fait greffer les yeux et entend des fantômes ! Ri-di-cu-le !<br />
Il y a tout de même une explication au fait que je suis allé voir cette bouse immonde, il se trouve que <strong>Asylum </strong>me tentait bien, il se trouve aussi que le film n’était projeté que dans une seule salle à Paris (plus trois autres en province) avec une seul séance par jour, à 22h (en première semaine, la joie, si ça c’est pas du film mort né) et que j’avais deux heures à perdre sur les Champs Elysées et il se trouve que <strong>The Eye</strong> était le seul à correspondre au créneau horaire.<br />
<a name="asylum"></a><strong>Asylum</strong> donc, de Olivier Château, un film visiblement fauché (on a même eu droit à une projo en béta numérique, la grande classe), limite amateur même, mais avec un pitch plutôt intrigant : un bonhomme est attaché à un arbre en pleine forêt et abandonné pour qu’il y meure de faim. Cool. Dommage, on met beaucoup de temps à en arriver là, le début de film se perdant dans un pseudo polar où on présente le personnage (petit escroc plutôt futé à défaut d’être vraiment intelligent) et ce qui l’a amené dans cette situation (on l’accuse d’avoir flingué le neveu de son boss, forcément). Et bref ça part plutôt mal, engoncé dans des défauts classiques des courts métrages amateurs s’essayant au film de gangster (image sépia en toc, recyclage de figures classiques qui sonnent faux, acteurs qui se la jouent Al Pacino du pauvre,&#8230;) et n’évitant pas le coté poseur. Ça s’améliore franchement lorsqu’on en arrive à notre type accroché à son arbre, le film trouvant là une forme de minimalisme qui endigue sa maladresse de débutant. Et faut dire que ça se laisse regarder sans déplaisir, sachant être inventif à partir d’une situation très balisée. Même si finalement c’est loin de casser des briques – c’est con, j’aurais bien aimé l’aimer ce film.<br />
<a name="27"></a>Par contre j’ai plutôt bien aimé <strong>Chapitre 27</strong>, premier film de J.P. Schaefer, lui aussi chichement distribué dans une seule salle dès la première semaine. Jared Leto y abandonne ses rôles de minets qui se font défoncer la gueule et a du s’enfiler un bon paquet de rillettes pour endosser le rôle de Mark David Chapman, le type qui a dézingué John Lennon. Passée la performance très actor studio (donc pas trop ma tasse de thé) de son acteur principal qui cabotine quand même pas mal le film est plutôt chouette, un brin abstrait même. On aurait tord de chipoter sur un cadre trop serré, donc peu vivant, puisque justement la mise en scène se verrouille sciemment sur son personnage principal monomaniaque vampirisant la narration, plongeant sans distanciation le spectateur dans sa psyché malade. Plus mise en scène de la folie que film à thèse d’une profondeur renversante, <strong>Chapitre 27</strong> joue alors sur toute sorte de détails assez fins pour mettre en évidence la personnalité troublée de son narrateur, dédouble les scènes, lance ci et là des allusions à la réalité perturbée de Chapman, tueur aux motivations ambiguës qui tente tant bien que mal de se raccrocher à la première branche à sa portée afin de retarder son passage à l’acte. Je regrette juste de ne pas m’être replongé avant la projection dans le très bel <strong>Attrape-Coeur</strong> de Salinger, livre fétiche de Chapman et auquel la structure du film semble vouloir faire écho.<br />
<a name="gion"></a>Arrivé à ce moment de l’article il est temps de donner dans la caution culturelle, je m’en vais donc expédier un Mizoguchi en quelques lignes. Quelle audace ! Quelle outrecuidance ! Quel pied de nez à la culture cinématographique officielle !<br />
Faut dire que si Mizoguchi est un cinéaste que je connais très mal c’est aussi un réalisateur qui ne me tente pas plus que ça. C’est donc plus par curiosité, profitant de l’opportunité, que je suis allé voir <strong>Les Soeurs de Gion</strong>, vieille péloche de 1936 ressortie ces derniers jours. Une histoire de deux geisha à la recherche d’un protecteur, l’aînée étant amoureuse d’un homme ruiné qu’elle refuse d’abandonner pour un autre plus richement doté, malgré l’insistance de la cadette, beaucoup plus vénale et calculatrice. Bref, y a de l’intrigue et des retournements de situation et c&#8217;est bien rythmé dans l’ensemble, un tantinet théâtral même (dans le bon sens de terme). Par contre la mise en scène, si certains y voient de la l’inspiration et tout et tout et même si je  ne peux lui retirer une certaine élégance malgré son caractère trop statique, se prend quand même soixante-dix ans dans les dents et on les sent passer. Un bon coup de vieux quoi.<br />
<a name="boleyn"></a>Alors quitte à remonter le temps on s’en va dans l’Angleterre d’il y a pas mal longtemps avec <strong>Deux soeurs pour un roi</strong> de Justin Chadwick – j’aime pas les films historiques, mais j’aime Nathalie Portman (et aussi Scarlett Johansson). <strong>Deux soeurs pour un roi </strong>donc, titre francisé à grand renfort de foutage de gueule de <strong>The Other Boleyn Girl</strong> – mince, beau titre pourtant, encore plus quand on a vu le film, forçant continuellement le va-et-vient entre les deux soeurs en ne pouvant décréter qui est « l’autre soeur », plutôt que de les mettre toutes les deux dans le même sac comme le titre français le fait – mais passons. Le film en lui même est assez soigné, bénéficie du soutien de ses acteurs ainsi que d’une base historique intéressante (la scission de Henry VIII avec l’église catholique) mais sans grande personnalité, comme 99% des films historiques. « Pour amateurs du genre », suivant la formule consacrée (que j&#8217;ai honte d&#8217;utiliser, vous pouver me taper).<br />
<a name="ploy"></a>Finissons-en avec <strong>Ploy </strong>de Pen-Ek Ratanaruang, film vu il y a à peu près un an mais qui vient de se voir distribué en salle. Pas grand chose à en dire, c’est moins convaincant que le plutôt joli <strong>Last Life in the Universe</strong>, moins bancal que le parfois intéressant (mais pas toujours) <strong>Vagues invisibles</strong> ; un film pas forcément déplaisant ni rien, mais qui jamais ne fait mine de décoller un tout petit peu. Le gros défaut du père Pen-Ek pour autant que j&#8217;ai pu m&#8217;en rendre compte. En gros, c’est plein de « mais ». Une ambiance douce très bien exploitée dans la trame principale, mais parasitée par des narrations parallèles guère convaincantes et surtout très inutiles ; j’eu pourtant une bonne idée qui aurait pu expliquer la présence des suscitées scènes parallèles – juxtaposition de deux schémas totalement inversés (personnages définis dans une situation ouverte et flou d&#8217;un coté, personnages énigmatiques dans une situation stéréotypée et clairement définie de l&#8217;autre), reste à savoir comment relier les deux –, mais qui rapidement ne tient plus la route (on me reprochera pas de ne pas faire d&#8217;efforts). Des belles images et un film dans l&#8217;ensemble soigné, mais sans réelle personnalité. Une situation intéressante et des personnages intrigants, mais une conclusion qui tient du je-m&#8217;en-foutisme total. Hop.</p>
<p><strong>Le prix de gros du « film avec des types qui voulaient être des gangsters, avec le type que Mark David Chapman a assassiné le jour de la naissance de Lily Chou-Chou, avec Nathalie Portman, avec une fille qui dans le noir ressemble à Nathalie Portman, avec des histoires de soeurs, avec parfois des couettes ou peut-être  même avec rien de tout ça » est donc décerné à :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Chapitre 27</strong><br />
(qui ne le mérite qu’à moitié mais que voulez-vous ce fut un mois de merde)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/chapitre-27-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Chapitre 27</strong> (J.P. Schaefer, 2008)</div>
<p style="text-align: right;"><a href="http://insecte-nuisible.com/fim-mai-2008/">Lire l&#8217;épisode suivant</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>F.I.M. mars 2008</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/fim-mars-2008/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/fim-mars-2008/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 Apr 2008 14:28:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[Wes Anderson]]></category>

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		<description><![CDATA[Au programme : Redacted (Brian De Palma, 2007), Cloverfield (Matt Reeves, 2008), Angles d’attaque (Pete Travis, 2008), The Mist (Frank Darabont, 2007), Julia (Erick Zonca, 2007), L’Orphelinat (Juan Antonio Bayona, 2007), L’Esprit de la ruche (Victor Erice, 1973), The Dead Girl (Karen Moncrieff, 2006), Black Sheep (Jonathan King, 2006), Soyez sympas (Michel Gondry, 2007), Le dernier repas (Roh Gyeong-Tae, 2006), La Ronde de nuit (Peter Greenaway, 2007), There will be blood (Paul Thomas Anderson, 2007) et A bord du Darjeeling Limited (Wes Anderson, 2007).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ici et du Maintenant, ep.3</strong><br />
(<a title="ep.2" href="http://insecte-nuisible.com/fim-fevrier-2008/316/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>On pourra dire ce qu&#8217;on veut, et pointer quelques déceptions plus ou moins anticipées, mais ce mois de mars 2008 fut un bon cru. A quelques exceptions près, rien de honteux, des films avec au moins quelque chose d&#8217;intéressant dedans. C&#8217;est bien quand les films ont quelque chose dans leur dedans.</p>
<p><span class="titrerevue">Les films avec des trucs qui explosent, de la fumée, des flammes et des gravats dedans</span></p>
<p>Là je suis bien embêté voyez vous ! Car j’ai déjà parlé, et longuement, de tous les films avec des trucs qui explosent, de la fumée, des flammes et des gravats dedans. Que faire alors ? Un petit résumé, bien entendu. Rappeler par exemple que <a title="Redacted" href="http://insecte-nuisible.com/redacted-brian-de-palma-2007/164/"><strong>Redacted</strong></a>, même si c’est moins brillant que ce à quoi on pouvait espérer, c’est très recommandable. Et que dans la série de films intégrant des prises de vue alternatives (ie simulation d’images d’archive, journalistiques, documentaires,&#8230; en gros ce qui rompt avec la réalisation de fiction traditionnelle) sortis ces derniers temps c’est probablement le plus abouti.<br />
Alors qu’au contraire <strong><a title="Cloverfield" href="http://insecte-nuisible.com/cloverfield-matt-reeves-2008/149/">Cloverfield</a> </strong>n’en tire pas des masses parti, réduisant son mode de mise en scène à de la simple poudre au yeux, au service d’un film certes efficace mais manquant de radicalité. Mais il reste bien plus mieux que l’abominable <a title="Angles d'attaque" href="http://insecte-nuisible.com/angles-dattaque-pete-travis-2008/161/"><strong>Angles d’attaque</strong></a>, bien moins divertissant et surtout idéologiquement assez puant.<br />
A ce sujet, on va profiter de ce <em>rékapépète </em>pour combler un oubli (pas fondamental il est vrai) de ma chronique, mais ce fameux <strong>Angles d’Attaque</strong> gagne haut la main le prix du plan d’explosion <em>twin-tower-esquement</em> connoté, avec déferlement de poussière face caméra et tout le tintouin. Pourtant face à <strong>Cloverfield</strong>, qui reproduisait la situation au quasi identique, le chalenge était de taille. Mais <strong>Angles d’attaque</strong> gagne justement en jouant sur le décalage contextuel, et surtout en innovant, situant ce plan dans le ciel ; et oui, il s’agit d’un plan aérien en plongée, avec la fumée qui monte. Grandiose, mais ne trompe personne, surtout pas la fibre sentimentalo-patriotique.<br />
<a name="mist"></a>Reste alors pour combler notre soif d’inédits à tricher un peu pour admettre un intrus dans la catégorie, quitte à faire passer la brume pour de la cendre. <strong>The Mist</strong> donc, adaptation de la (très bonne, si j’en crois mes souvenirs certes lointains) novella de Stephen King par Frank Darabont (qui a déjà adapté King à deux reprises, avec <strong>Les Évadés</strong> et <strong>La Ligne verte</strong>). Avec son pitch assez convenu et ses SFX un peu kitch <strong>The Mist</strong> pourrait passer pour une petite série B de seconde partie de soirée sur M6 (ce qui peut avoir son charme), mais son développement très intéressant, surtout passée la première demi-heure, et sa mise en scène intelligente en font définitivement quelque chose de plus. La qualité du métrage allant d’ailleurs crescendo. Et la fin (un peu différente de celle de la novella si je ne m’abuse ; je ne m’en souviens plus vraiment) plutôt belle dans son genre achève de sceller ce qui demeure une très bonne surprise.<br />
Coup de gueule en passant, Albin Michel à profité du film pour rééditer la novella en moyen format, au prix scandaleux de 14€ – y a pas de petit profit. Sachant que le même texte est disponible en poche dans le recueil <strong>Brume, Paranoia</strong> (qu’il est de bon goût de lire en compagnie de la seconde moitié du recueil, <strong>La Faucheuse</strong>) accompagnés d’autres nouvelles, en particulier l’excellente <strong>Le Goût de vivre</strong>. Moins de lecture, pour plus cher, ne remercions pas Albin Michel.</p>
<p><strong>Le tonitruant prix du « film avec des trucs qui explosent, de la fumée, des flammes et des gravats dedans » est donc décerné à :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Redacted</strong><br />
(parce que certains méritent leur coup de rangers dans le cul)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/redacted-3.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Redacted </strong>(Brian De Palma, 2007)</div>
<p><span class="titrerevue">Les films avec des gosses morts ou vivants dedans</span></p>
<p><a name="julia"></a>Commençons donc par <strong>Julia </strong>d’Erick Zonca avec l’excellente Tilda Swinton (c’est pour ce film qu’elle a eu un Oscar ? j’ai la flemme de vérifier), l’histoire de Julia, une agent immobilier alcoolique au dernier degré qui, forcément, à force de se réveiller tous les matin dans le pieu d’un inconnu avec un casque plombé sur le crâne finit par être virée de son job et forcée de suivre les réunions des AA. Elle y rencontre une femme complètement psychopathe qui lui propose de l’argent si elle l’aide à enlever son fils, confié à son beau père. Julia accepte et c’est le début des emmerdes, le plan capote sur tous les points car forcément la femme est une grosse mytho. Le film est parait-il (dixit un journaliste soucieux d’étaler sa cinéphilie, probablement) un hommage à des films que j’ai pas vu, mais c’est pas grave. Moi, il m’a fait penser à <strong>Fargo</strong>, l’excellent thriller bouseux des frères Coen ; même dérapage contrôlé (de la part des auteurs) incontrôlé (de la part des personnages) menant au désastre, même humanité fragile chez ces personnages tour à tour vils, désespérés, ignobles et terriblement attachants – Julia synthétisant presque à elle seule les caractéristiques des personnages des Coen, des kidnappeurs incapables à la femme presque mère un brin bourrue mais tendre –, même regard de cinéaste sans catégorisation simpliste. Très chouette film, vraiment.<br />
<a name="orphelinat"></a>Continuons ces « films avec des gosses morts ou vivants dedans », catégorie éminemment sympathique par nature, avec la seule déception du lot, le pourtant très prometteur <strong>L’Orphelinat</strong> de Juan Antonio Bayona. Vous n’êtes sûrement pas sans savoir qu’ici on aime bien le cinéma fantastique espagnol et assimilé (surtout <a title="Jaume Balaguero" href="http://insecte-nuisible.com/tag/jaume-balaguero">Jaume Balaguero</a>, mais pas que) et forcément l’arrivée d’un nouvel auteur ne peut que nous réjouir, d’autant plus qu’il est produit par Guillermo Del Toro et qu’il a visiblement fait sensation à Gerardmer. Malheureusement <strong>L’Orphelinat</strong> n’est pas à la hauteur des espérances. Le cinéma horrifique hispanique commence-t-il à tourner en rond, comme peut le faire le cinéma horrifique asiatique depuis une grosse demi-douzaine d’années ? On peut le craindre à la vision de ce film, dont les qualités (principalement techniques, mais nous ne cracherons jamais dessus) sautent au yeux autant que les redites de schémas archi-usités (lien à l’enfance, orphelinat/hôpital avec personnel frustré qui pète un cable, sous-texte Peter Pan-like, deuil,&#8230;). Dans un registre très similaire, dur dur de passer après <a href="http://insecte-nuisible.com/fragile-jaume-balaguero-2005/"><strong>Fragile</strong></a>.<br />
<a name="ruche"></a>Alors aux amateurs de cinéma espagnol fleuretant volontiers avec le fantastique et les affres de l’enfance je conseillerais plutôt le très joli <strong>L’Esprit de la ruche</strong> de Victor Erice, film datant de 73 et ressorti ces derniers temps par Carlotta (éditeur/distributeur dont on ne dira jamais assez de bien) et dont le DVD ne devrait pas tarder. D’un imaginaire enfantin dépeint avec grande subtilité, le film fait preuve d’une inclinaison pour un fantastique imperceptible, ce qui n’est vraiment pas pour me déplaire, de même que des jeunes actrices toutes choubies (oui, ceci est un argument très subjectif).<br />
<a name="girl"></a>Dans un autre genre, <strong>The Dead Girl</strong> de Karen Moncrieff, petit film ricain passé visiblement inaperçu et c’est bien dommage. Je suis faible et le film adopte une forme que j’aime beaucoup, à savoir plusieurs segments quasi indépendants reliés en arrière plan, donc forcément pour peu que ça soit pas dégueulasse j’aime. C’est donc l’histoire d’une fille morte, et de gens qui l’ont connu et/ou dont l’existence gravite autour d’elle et de sa mort. Pas forcément transcendantal mais plutôt attachant, en particulier grâce à de bons acteurs, plutôt actrices d’ailleurs, notamment Brittany Murphy qu’on avait plus trop vue dans un rôle intéressant depuis le très chouette <strong>8 Miles</strong> de Curtis Hanson.</p>
<p><strong>L’anti-prix du « film avec des gosses morts ou vivants dedans » est décerné à :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>L’Orphelinat</strong><br />
(parce que les autres sont bons et pas lui)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/orphelinat-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>L’Orphelinat</strong> (Juan Antonio Bayona, 2007)</div>
<p><span class="titrerevue">Les films par des réals complètement fous, ou qui aimeraient bien le faire croire, et donc forcément avec des choses bizarres dedans</span></p>
<p><a name="sheep"></a>Commençons en douceur avec <strong>Black Sheep</strong>, film néo-zélandais de Jonathan King avec des moutons transgéniques tueurs. J’avoue je triche un peu puisque j’ai vu ce film l’année dernière et que j’y suis pas retourné. Et pour cause, car s’il reste bien rigolo et très Z (un Z de riches) il ne dépasse jamais son sympathique coté « nanar nawak volontaire ». Mais cela reste plaisant, pour une soirée jeudi de l’angoisse par exemple, avec une bande de potes, des pizzas (ou des plats chinois tout prêts), des bières et des substances illicites si vous abusez de ce genre de choses (ce qui est mal).<br />
<a name="kind"></a>Toujours dans le soft, <strong>Soyez sympas, rembobinez</strong> de Michel Gondry, petit délire loufoque de types qui remakent des films avec les moyens du bord et beaucoup de bonne volonté. Grand fan de Jack Black (et de son groupe Tenacious D !) je ne peux que me marrer devant ses pitreries, pleines de bonne humeur, mais (Gondry oblige) le film reste très naïf. Mais plaisant, même s’il ne faut pas en attendre plus qu’il ne peut donner.<br />
<a name="repas"></a>Après ces hors-d’oeuvre passons à des films bien plus hardcore, avec pour commencer <strong>Le dernier repas</strong> de Roh Gyeong-Tae, film que j’avais déjà vu il y a peut-être un an et demi mais que je suis retourné voir – à moitié pour sa radicalité peu commune, à moitié pour soutenir ce genre de sorties suicidaires, à moitié pour le plaisir de faire partie des 200 personnes qui iront voir ce film, ce qui fait trois moitiés mais peu m’importe. Roh fait donc dans l’expérimental contemplatif, avec l’histoire totalement déconstruite de deux familles (si j’ai bien compris) dans une Corée en état de décomposition. Beaucoup de scénettes courtes et assez obscures, faut s’accrocher pour reconstituer ce que ça peut vouloir dire. A peu de choses près ça ressemble à <a title="I don't want to sleep alone" href="http://insecte-nuisible.com/i-dont-want-to-sleep-alone-tsai-ming-liang-2006/47/">I don&#8217;t want to sleep alone</a> mais en mieux (beaucoup mieux, entre autres parce qu’il n’y a pas des plans séquences fixes de 15 minutes) ou à <a title="Yellow Flower" href="http://insecte-nuisible.com/yellow-flower-lee-ji-sang-1998/89/">du Lee Ji-Sang</a> en plus abstrait et abscons.<br />
<a name="ronde"></a>Et <em>last but not least</em>, loin de là, le fantabuleux <strong>La Ronde de nuit</strong> du non moins fantabuleux Peter Greenaway (auteur de <strong>The Pillow Book</strong>, rien de moins qu’un de mes films de chevet) ; le premier film de Greenaway que j’ai la chance d’admirer en salle, j’étais donc tout chose. Pas son meilleur film non plus (j&#8217;irai pas jusqu&#8217;à dire « loin de là »), moins expérimental que <strong>The Tulse Lupper Suitcases</strong> (trilogie cinématographique accompagnée de deux livres et toujours <em>work in progress</em>) à laquelle j’avoue ne pas avoir compris grand chose (mais qu’importe), <strong>La Ronde de nuit</strong> reste un film difficile à appréhender, d’une part parce que Greenaway est un artiste sans équivalent dans le paysage cinématographique contemporain, d’autre part parce qu’il nécessite probablement un minimum de références. Le film tourne en effet autour du célèbre tableau de Rembrandt (<strong>La Ronde de nuit</strong> donc) que Greenaway décortique en y greffant une intrigue tarabiscotée se tramant entre les commanditaires du tableau, que Rembrandt aurait révélée à travers la composition de sa toile. Forcément exubérant, forcément sexuel, forcément obscur, forcément génial aussi – que voulez-vous, vous avez affaire à un fan, forcément de mauvaise foi. Et accessoirement un des films les mieux photographiés que j’ai pu admirer récemment (avec <strong>Darjeeling Limited</strong> dont je vous parle juste en dessous, comme quoi ce mois de mars fut bon), avec des jeux de lumières véritablement magnifiques – la scène dans laquelle Rembrandt devenu aveugle demande à sa servante de lui décrire les couleurs, mince, une des plus belles choses que j’ai vu cette année, dommage que tout le film ne soit pas de ce niveau – et rendant parfaitement l’atmosphère particulière des peintures hollandaises de l’époque et leur inclinaison particulière pour le clair-obscur.</p>
<p><strong>Le prix du « film par des réals complètement fous, ou qui aimeraient bien le faire croire, et donc forcément avec des choses bizarres dedans » est (sans surprise que c’en est de la triche) décerné à :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>La Ronde de nuit</strong><br />
(parce que c’est fantabuleux, et que si les autres voulaient gagner<br />
j’aurais du lui créer une catégorie spéciale)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/ronde-de-nuit-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>La Ronde de nuit</strong> (Peter Greenaway, 2007)<br />
(et une nouvelle fois on se demande comment, à partir d’un film si riche en images magnifiques, ils ont été incapables de nous fournir des photos d’exploitation convenables, c’est à se taper la tête contre les murs)</div>
<p><span class="titrerevue">Les films par des gars qui s’appellent Anderson et avec des histoires de frères dedans</span></p>
<p><a name="blood"></a>Vous voyez probablement de qui je veux parler. Commençons donc par ze grosse sortie rouleau-compreseuresque du mois, le joliment nommé <strong>There will be blood</strong> de Paul Thomas Anderson, sombre itinéraire d’un prospecteur de pétrole au début du XXe siècle au milieu des <em>rednecks </em>chrétiens (oui je sais, mon résumé n’est pas vraiment fidèle au film). Bonne nouvelle, Daniel Day Lewis n’est pas trop imposant dans le rôle principal, je crains toujours quand un film traîne ce genre de réputation qu&#8217;il soit étouffé par un interprète vraiment énorme. Point de cela, il est juste parfait. Heureusement d’ailleurs, car malheureusement le film s’étouffe de lui même. Pas que ça soit mauvais, au contraire. Mais c’est typiquement le genre de film qui m’en touche une sans bouger l’autre, me laisse de marbre pour parler moins vulgairement. Trop « grand film », parfaitement troussé mais se traînant son aura de grand film, qui par son talent évite la boursouflure mais qui ne peut s’empêcher de totalement verrouiller sa belle mécanique sans accroc, ne réservant en fin de compte aucune surprise.<br />
<a name="limited"></a>Tout le contraire de <strong>A bord du Darjeeling Limited</strong>, gros gâteau plein de crème du généreux Wes Anderson (réalisateur des <em>filmkifolévoar </em>comme <strong>Rushmore </strong>ou encore <strong>The Royal Tenenbaums</strong>), histoire de trois frères qui partent en Inde pour une sorte de voyage spirituel qui les entraînera plus loin qu’ils ne le pensaient blablabla. Sur un canevas des plus convenus et des thèmes qu&#8217;il affectionne (histoire familiale, poids de la figure paternelle,&#8230;) Wes Anderson nous livre comme à son habitude un film riche en surprises, constamment surprenant et inventif, d’une grande sensibilité,&#8230; bref, le pied. Peut-être pas toujours très immersif, mais servi par un trio d’excellents acteurs (Jason Schwartsman, Owen Wilson et Adrian Brody en grande forme, et surtout parfaitement accordés) et de <em>sidekicks </em>de grand luxe (Bill Murray, Natalie Portman, Anjelica Huston), la plupart des habitués du réalisateur.</p>
<p><strong>Le prix du « film par des gars qui s’appellent Anderson et avec des histoires de frères dedans » est gentiment décerné à :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>A bord du Darjeeling Limited</strong><br />
(parce qu’il y a des vrais morceaux de Nathalie Portman dedans)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/darjeeling-limited-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>A bord du Darjeeling Limited</strong> (Wes Anderson, 2007)</div>
<p><span class="titrerevue">Ze Palmarès</span></p>
<p>Prix du « film avec des trucs qui explosent, de la fumée, des flammes et des gravats dedans » : <strong>Redacted</strong><br />
Prix de gros des « films avec des gosses morts ou vivants dedans » : <strong>Julia</strong>, <strong>L’Esprit de la ruche</strong> &amp; <strong>The Dead Girl</strong><br />
Prix du « film par des réals complètement fous, ou qui aimeraient bien le faire croire, et donc forcément avec des choses bizarres dedans » : <strong>La Ronde de nuit</strong><br />
Prix du « film par des gars qui s’appellent Anderson et avec des histoires de frères dedans » : <strong>A bord du Darjeeling Limited</strong><br />
Prix spécial de la reprise qu’elle fait hachement plaisir : <strong>L’Esprit de la ruche</strong><br />
Prix spécial de la tagline toute pourrite : <strong>La Ronde de nuit</strong> (pour avoir osé « meurtre dans un tableau hollandais » ; même si on comprend le jeu de mots pourri et le lien évident avec le film ça n’en reste pas moins très très naze).</p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://insecte-nuisible.com/fim-avril-2008/">Lire l&#8217;épisode suivant</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss></wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>F.I.M. février 2008</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/fim-fevrier-2008/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/fim-fevrier-2008/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 01 Mar 2008 11:14:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
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		<description><![CDATA[Au programme : No Country for old Men (Joel et Ethan Coen, 2007), Sweeney Todd (Tim Burton, 2007), 30 jours de nuit (David Slade, 2006), Coupable (Laetitia Masson, 2008), Telepolis (Esteban Sapir, 2007), My Blueberry Nigths (Wong Kar-Wai, 2007), Peur(s) du noir (collectif, 2007), Juno (Jason Reitman, 2007), Quatre minutes (Chris Kraus, 2006)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l&#8217;Ici et du Maintenant, ep.2</strong><br />
(<a title="ep.1" href="http://insecte-nuisible.com/fim-janvier-2008/307/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>Avant de nous concentrer sur mon tour d’horizon des films vu en février (moins fourni que janvier je le crains, quoi que la qualité moyenne soit bien meilleure) impossible de passer sous silence l’événement qui ce mois a mobilisé l’attention du gentil monde du cinéma français. Tatatin ! Vous pensiez y échapper, mais je vous parlerai quand même de la cérémonie des César. Mais réjouissez-vous je ne vous embêterai pas avec les Oscars car 1, soyons un peu chauvin, 2, j’ai pas vu la cérémonie et 3, c’est la même chose sauf que les films sont un peu mieux quand même. Mais pour retranscrire l&#8217;atmosphère très chiante du sujet, y aura pas d&#8217;image pendant deux gros paragraphes. Vous êtes contents, je le sais.<br />
Les Césars donc, pour résumer ça de manière percutante c’est presque trois heures de branlette collective – la grande fête du cinéma français comme on dit poliment – durant lesquelles les nantis de l’industrie cinématographique se congratulent les uns les autres et se félicitent de tous faire partie de la « grande famille du cinéma français ». Méthode Coué ? C’en est presque indécent. Aux congrès du MEDEF, les grands patrons ont au moins la délicatesse de ne pas s’autoproclamer « grande famille des partenaires sociaux »&#8230; La palme revenant à l’exaspérant Roberto Benigni (venu recevoir un César d’honneur pour sa carrière) flattant ses hôtes et déclarant que puisqu’on devait l’invention du cinéma aux français ceux-ci avaient la responsabilité d’être les meilleurs. Ceci sans le moindre sous-entendu « y serait temps de se sortir les doigts du rectum », bien au contraire. Ça laisse rêveur.<br />
Le problème (s’il ne devait en avoir qu’un) il est pourtant évident, rien qu’à jeter un oeil aux nominations : un manque flagrant d’ouverture sur les formes de cinéma autres que l’académisme et l’auteurisme. Je ne demande pas forcément le César du premier film pour <strong>A l’intérieur</strong> (quoique&#8230;), juste de retrouver dans la sélection autre chose que des drames et des comédies dramatiques.<br />
Saluons tout de même quelques bons trucs, comme les trois nominations (aucune tôle compressée par contre) pour <strong>Ceux qui restent</strong> de Anne Le Ny, probablement le meilleur (et carrément inattendu) film français que j’ai vu l’année dernière, avec le <strong>99 francs</strong> de Jan Kounen (injustement boudé, mais on s&#8217;y attendait). Meilleur montage pour <strong>Le Scaphandre et le papillon</strong> c’est pas une mauvaise chose non plus, car effectivement s’y trouve quelques idées démentes – même si au bout de 25 minutes le réalisateur abandonne tous ses partis pris risqués pour livrer un film tout ce qu’il y a de plus normal, ce qui a le dont de m&#8217;exaspérer.</p>
<p>Un ch’tit mot du palmarès pour finir, la rafle de <strong>La Graine et le mulet</strong> est guère surprenante (à défaut d’être véritablement prévisible), après tout le film a déjà gagné moultes prix prestigieux (dont l’inénarrable « <a title="La Graine et le mulet" href="http://insecte-nuisible.com/fim-janvier-2008/307/#graine">film tout pourrite que parfois c’en est même honteux</a> » décerné par moi-même). Si dans le lot il y en a que même moi j’oserai pas les contester (meilleur espoir pour Hafsia Herzi, dont j’attends tout de même ce qu’elle va valoir dans des rôles demandant davantage de composition) et si le César du meilleur film peut résulter d’une certaine vision du cinéma que je suis loin de partager mais que je peux très bien envisager (oui, je suis en mode tolérance activé), le prix de meilleur réalisateur accordé à Abdellatif Kechiche me dépasse totalement – une telle aberration (je pèse mes mots) suffirait même à décrédibiliser le reste du palmarès. Sérieusement, peut-on décemment sacrer « meilleur réalisateur » un cinéaste qui n’a aucune notion de ce que peut être l’échelle de plan et dont le montage se borne à celui induit par les dialogues ?<br />
Pour le reste, il est définitivement établi que 1, les nominations font preuve du plus grand je-m’en-foutisme (on sélectionne ce qui peut faire l’affaire sans avoir à trop creuser, et on bouche les trous avec les soi-disant « grands films ») et 2, les films français sont tellement pas éclairés (quoique meilleure photo pour <strong>La Môme</strong> ne soit pas scandaleux) et ne mettent tellement pas en valeur les costumes et décors que pour être nominé il suffit de faire un film en costume un peu thuné, tout comme il suffit de ne pas se ressembler en faisant la grimace ou en mettant trois tonnes de maquillage pour rafler le prix d’interprétation.<br />
Au pays people et paillettes pour finir, le discours de Marion Cotillard était mignon tout plein (à cent lieues de sa bouffonnerie aux Oscars), avec le petit air de gamine un peu nunuche qu’on lui connaît. Sans aucun doute le vrai moment émouvant de la soirée.</p>
<p><strong>Et comme je suis de bonne humeur et plein de générosité dans mon corps, j’invente sur le champ un prix spécial, disons celui de la « grosse mascarade complaisante et autosatisfaite même pas rigolote », accordé comme il se doit à :</strong></p>
<p style="text-align: center;">La 33e cérémonie des César et son palmarès<br />
(son président vient chercher sa récompense et plaide coupable)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/jean-rocherfort-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Attaquons enfin les choses sérieuses !</p>
<p><span class="titrerevue">Les films avec des tueurs dedans</span></p>
<p><a name="oldmen"></a>Attaquons d’emblée avec du très lourd, le <em>new film by the Coen bros</em>, le rouleau-compresseuresque (sans connotation péjorative aucune) <strong>No Country for old Men</strong>. Ça fait quand même du bien de revoir les Coen en forme après deux films vraiment bof (<strong>Lady Killer</strong> et <strong>Intolérable cruauté</strong>), et qui plus est avec un film qui ne leur ressemble pas tant que ça. Très peu d’humour tordu et/ou ironique entre autres, le film est assez froid. Pas mal foutu pour autant, au contraire même, c’est du très beau du début à la fin, avec des acteurs vraiment chouette et un rythme certes lent mais incroyablement captivant.<br />
<a name="todd"></a>Tout le contraire de l’autre mastodonte de la catégorie, <strong>Sweeney Todd</strong> de Tim Burton. Je salue tout de même le tour de force de faire de son film une vraie machine à aseptiser, capable de vider de toute substance la situation la plus glauque qui soit. La faute probablement à une photo (qui part pourtant d’une bonne intention) que, pour une raison sur laquelle j’ai toujours du mal à mettre le doigt, je trouve proprement immonde qui forme un bel écran désincarnant tout ce qui se trouve dessous. Finalité de l’affaire, y a beau avoir du sang (des effets <em>old school</em> assez sympa d’ailleurs) c’est atrocement lisse. Rajoutons que les chansons sont naises et même pas belles et que Burton ne sait vraiment pas comment les mettre en scène. Alors j’en profite pour lui conseiller la vision de <strong>Moulin Rouge</strong> – à vous aussi par la même occasion.<br />
<a name="jours"></a>Autre film avec du sang, <strong>30 jours de nuit</strong> de David Slade, réalisateur du sympathique <strong>Hard Candy</strong>. Pas forcément honteux, le film se met quand même sérieusement les pieds dans le tapis dans sa gestion de la temporalité (en bref, les 30 jours on les voit pas passer, et cela n’a aucune incidence sur les personnages qui pourtant après un mois à ne rien bouffer et à être traquer par des vampires devraient en avoir gros sur la patate) ce qui est dommage car c’est un peu le sel de l’histoire. Mais dans le genre « petit détail plutôt cool » le design sonore est parfois vraiment chouette, même si ça fait pas un bon film.<br />
<a name="coupable"></a>Finissons avec l’outsider du mois, <strong>Coupable </strong>de Laetitia Masson, qui gagne en passant une distinction spéciale pour son slogan à coucher dehors (signé Kierkegaard, faut le faire) et son affiche réalisée avec Word. Film surprenant dans son genre, pas hyper bien filmé mais trouvant une voix et un rythme assez personnel et réussissant le pari un peu dingue de conter une intrigue policière (un très classique <em>whodunit</em>) uniquement par le biais des intrigues sentimentales qui s’y nouent. Voilà qui me plait.</p>
<p><strong>Le grand vainqueur du prix du « film avec des tueurs dedans » est :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>No Country for old Men</strong><br />
(parce que moi aussi je peux faire un palmarès frileux si je le veux)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/no-country-for-old-men-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>No Country for old Men</strong> (Joel et Ethan Coen, 2007)</div>
<p><span class="titrerevue">Les films avec des images dedans</span></p>
<p>Une catégorie comme je les aime ! Mais en attendant de voir <strong>La Ronde de nuit</strong> de Peter Greenaway (sorti il y a deux jours, pas eu le temps) qui y aurait sans aucun doute trouvé une place de choix, un petit mot de <strong>Telepolis </strong>de Esteban Sapir : c’est plein de bonnes choses à l&#8217;intérieur. Pour en savoir plus, j’ai écris <a title="Telepolis" href="http://insecte-nuisible.com/telepolis-esteban-sapir-2007/141/">un joli article à son sujet</a>.<br />
<a name="nights"></a>Mieux vaut tard que jamais, j’ai aussi vu <strong>My Blueberry Nigths</strong>, le nouveau Wong Kar-Wai sorti il y a bientôt trois mois. Tourné aux USA en anglais et avec une équipe légèrement remanié (en particulier le chef-opérateur Christopher Doyle qui n’est plus de la partie – son remplaçant est très bon cela dit), <strong>My Blueberry Nights</strong> avait tout pour être un nouveau départ dans la filmo du réalisateur, comme l’appelait d’ailleurs <strong>2046</strong>, sorte de méta synthèse de l’univers Wong Kar-Wai-esque. Et si on sent parfois comme une envie d’aller ailleurs, le film a malheureusement comme un arrière goût de déjà-vu : on pense un premier temps à <strong>Chungking Express</strong> pour les situations (mais sans sa spontanéité, sans Faye Wong aussi), puis à <strong>2046 </strong>pour son penchant esthétisant (mais sans sa perfection de tous les instants, sans Faye Wong non plus), enfin à <strong>Fallen Angels</strong> pour son rendu plus brutal (mais sans sa sophistication), en gros aux trois meilleurs films (classement très subjectif) de Wong, mais dont il ne retrouve plus les recettes.<br />
<a name="peur"></a>Last but not least, <strong>Peur(s) du noir</strong>, film d’animation fantastique français réussissant à réunir un casting tenant du vrai fantasme de bédéphile : Blutch, Charles Burns, Marie Caillou (scénario de Romain Slocombe), Pierre di Sciullo, Richard McGuire et Lorenzo Mattotti (scénario de Jerry Kramsky), avec Étienne Robial (monsieur Futuropolis) à la direction artistique. Voilà qui fait baver, même si comme toujours dans les films français les doublages sont monocordes au possible (et oui, doubleur c’est un métier, et c’est pas le même qu’acteur). Pour le reste, c’est plutôt bon, même si ça démarre lentement avec un Charles Burns plus proche de <strong>Big Bady</strong> que de <strong>Black Hole</strong> (cad plutôt superficiel et surtout motivé par son amour des séries B) et un Romain Slocombe qui lui aussi se recycle un tantinet (infirmières, écolières et cie). Deux premiers films un peu trop premier degré compte tenu de l’ambition du projet et des potentialités de l’animation, mais dans les deux cas techniquement très jolis (surtout le deuxième, très marqué par l’esthétique <em>superflat</em>, donc j’aime). La suite c’est le gros morceau du programme, avec deux segments d’un tout autre niveaux réalisés par Lorenzo Mattotti (vraiment excellent, beau et inventif dans sa mise en scène, le meilleur du lot) et Richard McGuire (moins stupéfiant que le Mattotti, mais jouant admirablement sur la lumière et l’ombre). Et Blutch et di Sciullo vous me direz ? En fait leurs films ne sont pas d’un seul tenant mais, composés de scénettes, ils s’intercalent entre les différents films. Forcément plus anecdotiques pour eux mêmes, il n’en sont pas moins intéressants et bien réalisés, et surtout donnent à l’omnibus une certaine cohérence en lui évitant le travers de l’enfilade pure et simple de courts-métrages. Y faudrait plus de projets comme ça dans notre beau pays.</p>
<p><strong>Le prestigieux prix du « film avec des images dedans » est décerné à :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Telepolis</strong><br />
(en attendant que la télé ne tue le cinéma)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/telepolis-2.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Telepolis </strong>(Esteban Sapir, 2007)</div>
<p><span class="titrerevue">Les films avec des jeunes filles charmantes dedans</span></p>
<p><a name="juno"></a>Une autre catégorie comme je les aime ! Commençons donc par <strong>Juno </strong>de Jason Reitman avec la toute mignonne Ellen Page (que vous avez déjà vue en chaperon rouge sadique dans le sympathique <strong>Hard Candy</strong>), histoire de grossesse adolescente qui ces derniers temps fait sensation un peu partout. Je comprends d’ailleurs bien pourquoi, le film faisant tout ce qui est en son pouvoir pour se faire aimer, et avouons-le réussit parfaitement à se faire aimer. Je l’aime en tout cas. Reste que c’est là le revers de la médaille, <strong>Juno </strong>est beaucoup trop typé « film sympa comme tout parfait pour Sundance » (vous savez bien, ce festival du cinéma indépendant américain pour les films qui ont l’air indépendants mais qui le sont pas vraiment) et forcément son pouvoir d’immersion est d’autant réduit. Et ça agace un peu quand même.<br />
<a name="vier"></a>Rabattons-nous alors sur un film teuton (il parait que le cinéma allemand bouge beaucoup en ce moment&#8230;), <strong>Quatre minutes</strong> de Chris Kraus, qui lui aussi n’a pas que des qualités (mais mention spéciale pour sa très zolie affiche). En toute franchise il est même plutôt mal écrit, s’aventurant sur des trames peu intéressantes (passé de la prof, brimades sur la fille,&#8230;) au lieu de s’intéresser à la relation entre les deux femmes. Reste que 1, avec son air de <em>butch</em>, ses Dr Martens et sa robe de soirée, la miss est réellement craquante (oui, je sais) et 2, y a du piano dedans le film. Moi qui vais voir les films de piano rien que pour le piano, là je suis servi. La bande originale est une tuerie (autant les partitions classiques que modernes, même si mon petit coeur penche pour le moderne)(je conseille) et le tout est parfois (certes en faisant abstraction de quelques plans parallèles peu judicieux) particulièrement bien monté.</p>
<p><strong>Le prix du « film avec des jeunes filles charmantes dedans » est donc accordé à :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Quatre minutes</strong><br />
(parce qu’il y a du piano dedans, et que forcément c’est de la triche)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/quatre-minutes-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Quatre minutes</strong> (Chris Kraus, 2006)</div>
<p><span class="titrerevue">Ze Palmarès</span></p>
<p>Prix du « film avec des tueurs dedans » : <strong>No Country for old Men</strong><br />
Prix du « film avec des images dedans » : <strong>Telepolis</strong><br />
Prix du « film avec des jeunes filles charmantes dedans » : <strong>Quatre minutes</strong><br />
Prix spécial « casting de gros ouf » : <strong>Peur(s) du noir</strong><br />
Prix spécial « grosse mascarade complaisante et autosatisfaite même pas rigolote » : La 33e cérémonie des César et son palmarès</p>
<p style="text-align: right;">Lire l&#8217;épisode suivant</p>
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		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>F.I.M. janvier 2008</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/fim-janvier-2008/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/fim-janvier-2008/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 31 Jan 2008 06:34:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au programme : The Return (Asif Kapadia, 2007), Shotgun Stories (Jeff Nichols, 2007), Death Sentence (James Wan, 2007), Smiley face (Gregg Araki, 2007), Filatures (Yau Nai Hoi, 2007), Triangle (Tsui Hark, Ringo Lam et Johnnie To, 2007), Aliens vs Predator : Requiem (Colin et Greg Strause, 2007), Reviens-moi (Joe Wright, 2007), Lust caution (Ang Lee, 2007), Le Roi et le clown (Lee Joon-Ik, 2005), La Graine et le mulet (Abdellatif Kechiche, 2007), It's a free World (Ken Loach, 2007), Dancing Queens (Darren Ashton, 2007) et Live! (Bill Guttentag, 2007).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l&#8217;Ici et du Maintenant, ep.1</strong></p>
<p>Je promets surtout pas que ceci devienne une chronique régulière. Je ne la promets encore moins exhaustive, car y a des films que j’oublie, parfois ne serait-ce que momentanément. Je promets pas non plus de tout détailler au dela du « c’est pourri » ou « c’est sublimissime ». Mais ça permettre de faire le point sur des trucs que j’ai pas pris le temps de chroniquer pour de vrai et avec un peu de bol ça vous donnera quelques idées&#8230; certains films étant encore en salles à l’heure qu’il est.</p>
<p>A tout seigneur tout honneur, le film qui a eu le privilège de commencer mon année en salle fut <strong>The Return</strong>, film parfait pour introduire la première catégorie de ce <em>rékapépète</em>.</p>
<p><span class="titrerevue">Les films bien mais pas top ou au contraire pas top mais bien, ce que les gens instruits appellent « en demi-teinte »</span></p>
<p><a name="return"></a><strong>The Return</strong> donc, de Asif Kapadia que je connais pas et avec Sarah Michelle Gellar que je <em>über-kiffe</em> (fan de <strong>Buffy </strong><em>inside</em>), film très recommandable sans être ni original ni transcendé par son traitement, mais à la réalisation plus que correcte, bien photographié et avec une bonne et jolie (et brune) actrice.<br />
<a name="gun"></a>Continuons dans le désordre par un autre film ayant pour décors l’Amérique rurale de péquenot mal dégrossis, avec <strong>Shotgun Stories</strong> de Jeff Nichols, histoire de fusil sans fusil (j’allais écrire sans histoire) qui emballera probablement les amateurs de cinéma du réel et du non tombage dans la facilité (quoique&#8230; je remarque d’ailleurs que dès qu’on donne un peu dans le social la critique est d’autant plus d’accord), mais de mon coté il m’est tombé des mains.<br />
<a name="sentence"></a>Avant-dernier film ricain de la sélection, lui aussi un peu <em>redneck </em>sur les bords, <strong>Death Sentence</strong> de James Wan avec le très cool Kevin Bacon. Film <em>redneck </em>uniquement sur les bords parfois plutôt croustillant, mais avec un coeur tout fondant à coup de ballades pop pour bien montrer que le monsieur il aime sa famille&#8230; disons que pour le début ça pouvait le faire, mais ensuite il me faut du cassage de bras. Je vais me refaire un Steven Seagal.<br />
<a name="smiley"></a>Un petit mot rapide du dernier film du pourtant très chouette Gregg Araki (regardez-moi <strong>Nowhere</strong>) avec la non moins chouette Anna Farris, le malheureusement assez décevant <strong>Smiley Face</strong>. Disons que ça se laisse voir, qu’il y a des idées un peu parfois, mais bon que voilà&#8230; 1h30 de caméra sur une fille complètement stone, le principe atteint rapidement ses limites.<br />
<a name="filatures"></a>Partons à présent de l’autre coté du globe, avec <strong>Filatures </strong>du hongkongais Yau Nai Hoi, ancien scénariste de Johnnie To qui passe pour la première fois devant la caméra. Scène d’ouverture bluffante, puis enfermement dans un film-récit classique.<br />
<a name="trio"></a>Hong Kong, c’est de là que vient notre dernier « coussi coussa movie » du mois, et pour le coup c’est une déception puisqu’il s’agit du très attendu <strong>Triangle</strong>, projet croisé de Tsui Hark, Ringo Lam et Johnnie To. Projet qui aurait justement mérité d’être croisé, plutôt que bêtement mettre les segments les uns à la suite des autres. Ils ont bien du s’amuser en tout cas, dommage qu’on s’amuse moins qu’eux.<br />
Puis comme bac tout France avec <strong>Eden Log</strong>, film pas top mais avec des choses dedans, voir <a title="Eden Log" href="http://insecte-nuisible.com/eden-log-franck-vestiel-2007/121/">ma chronique</a> pour plus de détails.</p>
<p><strong>Le lauréat du prix du « film bien mais pas top ou au contraire pas top mais bien » (oui, je viens d’inventer qu’il y aurait un prix pour récompenser un film dans chaque sélection, choisit au pif, avec mauvaise foi ou avec un peu de coeur) est donc :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>The Return</strong><br />
(prix décerné pour d&#8217;évidentes raisons sentimentales)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/the-return-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>The Return</strong> (Asif Kapadia, 2007)</div>
<p><span class="titrerevue">Les films tout pourrites que parfois c’en est même honteux</span></p>
<p><a name="aliens"></a>Entame avec un outsider modeste, <strong>Aliens vs Predator : Requiem</strong> de Colin et Greg Strause. Il fallait bien être deux pour réaliser ce monument d’absurdité. Bon, j’avoue qu’il y a des passages bourrins mais constamment en plan serré et avec trois plans par seconde que s’en est illisible. Reste à admirer la chouette galerie de portraits et l’admirable habileté des scénaristes qui non content de nous balancer des dialogues vraiment inédits réalisent un vrai tour de force sur le final « merde y nous reste 10 minutes pour boucler le film et les héros sont dans la grosse merde qu’on sait pas comment on va les en sortir sans employer une bombe atomique !!! »<br />
Expédions rapidement un autre chalenger sans grande prétention, les deux films tirés du manga <strong>Death Note</strong> dont <a title="Death Note" href="http://insecte-nuisible.com/death-note-death-note-2-kaneko-shusuke-2006/132/">je vous parlais y a pas si longtemps</a> et maintenant on peut attaquer les films vraiment bourrins, carrément prétentieux par moment, et avec de vrais chance de succès au palmarès.<br />
Cocorico la France est représenté (c’eut été étrange), entre autre par le désolant <strong>Frontière(s)</strong>, film qui aurait du être sous-titré « <a title="Frontière(s)" href="http://insecte-nuisible.com/frontieres-xavier-gens-2006/137/">je suis un ado en révolte contre l’injustice, le racisme et le F-Haine, j’aime <strong>Massacre à la tronçonneuse</strong> et je veux faire un film</a> ».<br />
<a name="reviens"></a>Viennent bien entendu les habituelles boursouflures historico-sentimentales, la première venant d’outre-Manche avec la délicieuse Keira Knightley à l’écran, j’ai nommé <strong>Reviens-moi</strong> de Joe Wright. Film qui contrairement à <strong>Orgueil et préjugés</strong> du même réal semble contenir quelques idées, notamment dans la narration, mais à chaque fois ça foire, ce qui n’est pas étonnant lorsque la moindre sophistication supposée consiste en fait à bien montrer au spectateur ce qu’il doit avoir vu. Signalons au passage un long plan séquence qui a du coûter une bagatelle de l’ordre du PIB du Burkina Faso, avec au moins 5000 figurants, des chevaux qui font les morts, une grande roue et une chorale patriotique.<br />
<a name="lust"></a>Ce film trouve néanmoins opposant à sa mesure en présence du nouveau film de Ang Lee : <strong>Lust Caution</strong>. Vous êtes déjà tombé dans une faille spatio-temporelle ? Non ? C’est l’occasion ou jamais, ce film de 2h30 est garanti le triple en temps subjectif ! En plus y a plein de scènes de cul, si ça c’est pas cool.<br />
<a name="roi"></a>Autre pâtisserie asiatique indigeste, <strong>Le Roi et le clown</strong> de Lee Joon-Ik, bête de festival et de box-office (en Corée hein, parce qu’en France sorti sur huit écrans il va pas faire long feu) ce qui n’étonnera personne puisqu’on a affaire au parfait avatar de la fresque vaguement grandiose qu’affectionne les jurys, pile poil entre rigueur auteurisante propre à satisfaire la critique et bouffonnerie sentimentale pour nourrir le public. C&#8217;est beau, c&#8217;est léché, c&#8217;est lisse, tout le monde est content et c’est la grande joie chez les vendeurs de pop-corn. Dire qu’ici on vend ça comme un « film d’auteur ».<br />
<a name="graine"></a>Continuons dans la rupture en attaquant les films réalisto-sociaux avec propos social lourdingue, avec le futur lauréat du césar 2008 du meilleur film, j’ai nommé <strong>La Graine et le mulet</strong> de Abdellatif Kechiche, film unanimement salué par la critique qui prouve une fois de plus qu’elle n’est qu’un ramassis de branquignoles ! Car non, créer deux trois personnages attachants et des dialogues confondants de naturel ne suffira jamais à faire un bon film ! Et ça n’excusera jamais de filmer 2h30 de repas de famille en cadrant constamment entre le menton et les sourcils ! Quand je pense qu’il y en a pour qualifier ce type de « filmeur hors pair », ça laisse sur le cul. Alain Spira, puisque c’est ainsi que se nomme notre oiseau, critique cinéma à Paris Match de son état (vous pourriez sourire devant ce très bel oxymore si ce gars n’était pas payé à écrire de telles conneries), se fend d’ailleurs d’<a title="une énormité [paris match]" href="http://www.parismatch.com/parismatch/match-guide/match-cinema/la-graine-et-le-mulet-d-abdellatif-kechiche/(gid)/8323" class="broken_link">un papier</a> qui est un modèle du genre. C’est tellement gros qu’on en vient à espérer que ce soit une parodie ! Passons sur le fabuleux « peu de cinéastes savent aussi bien que lui filmer un repas de famille », compliment que je reprendrai avec bonheur quand je chroniquerai la vidéo de la première communion de ma petite soeur par Tata Henriette, pour admettre que pour le meilleur et pour le pire « nous avons enfin trouvé notre Ken Loach ».<br />
<a name="free"></a>Ken Loach justement – qui depuis longtemps nous a prouvé que pour recevoir des prix il fallait mieux faire pleurer sur les pauvres et casser du sucre sur le dos des méchants exploiteurs que de faire de la mise en scène – nous revient avec son nouveau film, ironiquement intitulé <strong>It’s a free world</strong>. Bien moins indigeste que le film de Kechiche, <strong>It’s a free world</strong> est même intéressant sur certains points (montrer une femme d’origine modeste, et l’étant d’ailleurs toujours, n’ayant pas le moindre scrupule à exploiter les plus faible qu’elle). Bon, on repassera sur la chose purement cinématographique et sur un certain nombre de lourdeurs, mais on trouve bien pire dans la filmo du réalisateur anglais – de toute façon, un Loach contemporain sera toujours moins mauvais que ses films historiques.</p>
<p><strong>Le très convoité prix du « film tout pourrite que parfois c’en est même honteux » est accordé à l’unanimité à :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>La Graine et le mulet</strong><br />
(pour sa <em>fuck you attitude</em> et pour donner envie de manger du couscous poisson)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/graine-et-le-mulet-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>La Graine et le mulet</strong> (Abdellatif Kechiche, 2007)</div>
<p><span class="titrerevue">Les films qu’ils sont plutôt cool et qu’on les voyait pas venir</span></p>
<p>Parce que oui, en bon rebelle à l’essetablichemante cinématographico-critico-médiatico-hype je ne me suis pas allé voir les grosses pointures. C’est donc plus tard que je vous parlerai (peut-être) des nouveaux Coen bros (qu’il n’y a pas de raison que ça soit mauvais) ou Burton (qu’il n’y a pas de raison que ça soit bon).<br />
<a name="queens"></a>On commence donc par <strong>Dancing Queens</strong> de Darren Ashton, un pseudo documentaire sur des écoles de danse en Australie. C’est comme <strong>Little Miss Sunshine</strong> mais en bien, avec des vraies idées de mise en scène dedans et un vrai intérêt pour la transgression. Malheureusement justement cette transgression (qui reste le sujet porteur du film) se prend les pieds dans le tapis lors du final, très convenu et qu’on croirait sorti de MTV. Dommage.<br />
<a name="live"></a>L’autre film improbable du mois tâte aussi des frontières entre cinéma et documentaire/télé, j’ai nommé le très surprenant et plutôt cynique <strong>Live!</strong> de Bill Guttentag qui narre les péripéties d’une productrice montant une émission de téléréalité où six candidats jouent à la roulette russe. N’évite pas un certain nombre d’enfonçage de portes ouvertes et évite certains dilemmes pourtant cruciaux (le protocole de la dernière balle ? mince, ça devrait être abordé ça !), mais a le mérite de replacer le couch potatoe dans son rôle d’animal politique.<br />
(et mon dieu l’assistante de la productrice est trooooop hooooot !!! *bave* )</p>
<p><strong>Et donc le prix du « film qu’il est plutôt cool et qu’on le voyait pas venir » est décerné à :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Dancing Queens</strong> et <strong>Live!</strong>, <em>ex-aequo</em><br />
(palmarès établi par flemme, refus d’engagement et désir de saluer la thématique commune de ces films qu’ils font du bien)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/dancing-queens-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Dancing Queens</strong> (Darren Ashton, 2007)</div>
<p><span class="titrerevue">Rékapépète du palmarès du rékapépète :</span></p>
<p>- <strong>The Return</strong> si vous voulez un petit film qui vole pas bien haut mais loin d’être déshonorant.<br />
- <strong>La Graine et le mulet</strong> si vous voulez vous convaincre qu’il ne faut surtout pas écouter la critique pour choisir ses films.<br />
- <strong>Live!</strong> et <strong>Dancing Queens</strong> si vous voulez des films surprenants que même moi j’aurais pas parié un centime dessus.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/live-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Live!</strong> (Bull Guttentag, 2007)</div>
<p style="text-align: right;">Lire l&#8217;épisode suivant</p>
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