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	<title>Insecte Nuisible &#187; François Ozon</title>
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	<description>Le cinéma qui grouille</description>
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		<title>8 femmes (François Ozon, 2001)</title>
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		<comments>http://insecte-nuisible.com/8-femmes-francois-ozon-2001/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2009 14:52:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y avait vraiment de quoi en faire quelque chose : des actrices de standing, un scénar qui tient la route, des personnages avec des répliques bien écrites, des chansons, une direction artistique out-of-this-world,... il ne manquait pour sublimer cela qu’une réalisation qui fasse mieux qu’un téléfilm France 3 Nord-Pas-de-Calais.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« Encore du Ozon ? », s’offusquera le lecteur déjà stupéfait de voir qu’on a parlé de <a title="Ricky" href="http://insecte-nuisible.com/ricky-francois-ozon-2008/"><strong>Ricky</strong></a> en ces pages, et qui en plus pourra légitimement se demander qu’est-ce que peut bien y faire un texte (écrit à l’arrache en plus, comme tout ce que j’écris sur Ozon) sur ce film ni forcément d’actu ni forcément intéressant – mais je sais qu’il m’attirera plus de lecteurs qu’un <a title="Ido" href="http://insecte-nuisible.com/ido-fujiwara-kei-2006/">obscur</a> <a title="Su-Ki-Da," href="http://insecte-nuisible.com/sukida-ishikawa-hiroshi-2005/">chef-d’oeuvre</a> <a title="Eros + Massacre" href="http://insecte-nuisible.com/eros-massacre-yoshida-kiju-1969/">japonais</a> (et sans doute aussi plus de mails soutenant que je comprends rien à rien) et j’ai également comme l’impression que ce <strong>8 femmes</strong> découvert récemment a tout pour devenir un de mes plaisirs coupables.<br />
Et tant qu’on est dans le déballage, autre plaisir coupable, si j’ai vu ce film c’est uniquement parce qu’y joue Virginie Ledoyen. Ma légendaire faiblesse pour les actrices me perdra, c’est bien connu, d’autant plus que Virginie Ledoyen n’est rien de moins que l’archétype de la femme devant laquelle je perds tous mes moyens (donc, chère lectrice, si tu es secrètement amoureuse de moi et que tu ressembles à Virginie Ledoyen, tu as toutes tes chances)(Virginie, si tu me lis, laisse-moi le temps de me remettre de mes émotions et je t’invite à un déjeuner super romantique devant un bol d’udon). Mais trêve de conneries. Elle est plutôt bonne actrice en plus, même si elle a une diction parfois bizarre et n’est donc pas la plus douée pour les dialogues. Par contre, et non ce n’est pas contradictoire, elle a une voix absolument magnifique. Je vais vous dire quoi, un de mes plus grands fantasmes de <em>wannabe</em>-cinéaste, c’est un film avec Virginie Ledoyen faisant la voix-off – ce qui ma foi serait une façon splendide de mettre en scène la plus belle actrice du cinéma français.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/8-femmes-1.jpg" alt="" /></p>
<p><strong>8 femmes</strong> donc. Un titre simple, qui décrit à la fois l’histoire et le procédé, puisque ces huit femmes seront les seuls personnages qu’on verra de tout le film (à l’exception d’un homme qu’on voit une seconde, de dos et à moitié hors cadre). Pas de figurants donc, et une volonté de donner à chacune une importance égale &#8211; ainsi qu’une égale potentielle culpabilité. Car nous avons affaire à une intrigue policière, un meurtre, huit suspectes toutes aussi soupçonnables les unes que les autres et qui mentent toutes autant qu’elles sont. Le tout, bien entendu, en huis clos, parce qu’il y a de la neige et que la voiture a été sabotée – aussi parce que c’est plus rigolo ainsi. Tout ça sent le théâtre de boulevard.<br />
L’intrigue est donc classique, mais ma foi plutôt bien menée. Je vais lui casser du sucre sur le dos pendant le reste de l’article donc reconnaissons lui au moins ça, Ozon a bien écrit son scénar. C’est carré, efficace, ça soutient même l’attention (mais qui est la meurtrière ??? on veut savoir !), on a même droit à quelques personnages plutôt intéressants même s’ils ne se défont pas des archétypes du genre. La grande erreur de Ozon, c’est de penser qu’il pourrait s’en contenter (de ça et d’autres atouts du film) et se permettre de ne pas mettre en scène son film ! Beurk !<br />
Euh&#8230; léger doute&#8230;<br />
Le critique se rend donc sur Wikipédia pour vérifier quelque chose (en fait ça se passe pas tout à fait comme ça, mais pour la vraie version qui dit l’indicible vérité, y va falloir attendre le making-of classé X) et se rend compte qu’en fait le film est adapté d’une pièce de théâtre (<strong>Huit femmes</strong>, de Robert Thomas)(le réalisateur de <strong>Mon curé chez les nudistes</strong> et <strong>Mon curé chez les thaïlandaises</strong> ! Oh my God !) et que donc Ozon n’en a pas écrit tant que ça. Une pièce de théâtre, tiens donc, il ne s’en aurait douté&#8230; Et il commence à comprendre la motivation profonde de la non-mise en scène de Ozon : précurseur et avant-gardiste, cinéaste engagé surtout, concerné aussi, Ozon connaît le prix d’un siège dans un théâtre parisien et se dit qu’il doit en avoir du monde pour payer moins cher à aller voir du théâtre au cinéma. Huit (coïncidence ? ne doit-on pas voir là une nouvelle preuve de l’exigence formelle du film ?) ans avant la crise économique François Ozon s’occupe déjà du pouvoir d’achat des français, et là je dis respect, c’est grand et noble.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/8-femmes-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Promis, j’arrête le nawak.<br />
Par contre, le film, lui, l’est, nawak (une phrase, huit mots, quatre virgules, je pousse la langue française dans ses retranchements). Les motivations y sont parfois étranges, on y range la grand-mère assommée (et ivre) dans le placard, la déco est rococo, et surtout on y chante et danse ! C’est peut-être alors (puisque l’histoire n’est pas de lui) la seule bonne idée de Ozon, ponctuer son film de scènes de comédie musicale. Chaque actrice reprend alors une chanson (un vieux tube ringard le plus souvent !) sensée représenter son état d’esprit, en voilà une idée qu’elle est sympathique. D’autant plus que, il faut le reconnaître, les huit femmes s’en sortent dans l’ensemble plutôt bien. Mention spéciale à Virginie Ledoyen qui, comme chacun sait, a une voix magnifique et à Emmanuelle Béart qui nous fait un joli show. Mais on se demande pourquoi (oui pourquoi ?) les chorégraphies sont aussi nazes ! Peut-être pour s’allier avec le kitch que dégage l’ensemble (j’y reviens), mais le nanar volontaire est un genre qui demande plus de radicalité pour être vraiment réussi : à défaut, c’est juste nul. Les chorégraphies sont donc à peine dignes d’un spectacle de fin d’année d’école primaire. Quand à la mise en scène, ça vaut pas mieux que le reste du film, à savoir que Ozon ne fait rien de ses plans, découpe au petit bonheur la chance (sa seule préoccupation semble de respecter l’équilibre du temps de présence à l’écran), ne se permet aucune excentricité, aucun petit jeu d’axe (comme au théâtre, encore une fois, les scènes ne sont vu que sous un seul angle), aucun mouvement de caméra audacieux,&#8230; c’est vexant. Alors que justement ces incongrus moments de comédie musicale ne demandaient pas mieux qu’un peu de folie !<br />
Coïncidence encore, j’écris ce texte alors que je viens de voir <strong>Le Bal des actrices</strong> de Maïwenn Le Besco, autre film dédié aux actrices, autre film bizarrement ponctué de scènes de comédie musicale exprimant les désirs et personnalités intimes de leurs interprètes (je me demande d’ailleurs si la référence à <strong>8 femmes</strong> n’est pas volontaire). Et ben dans ce film (au visuel très austère) la comédie musicale est l’occasion de jouer un peu sur la direction artistique, de sortir la grue de travelling et tout le tintouin. C&#8217;est pas Bizance, mais ça rend bien ! Pourquoi <strong>8 femmes</strong> ne fait pas ce petit effort ? Cela donne vraiment l’impression de se retrouver devant un film de paresseux, amateur (un comble !), n’ayant pas les moyens de son excentricité.<br />
Accessoirement, le film de Maïwenn met un bon coup de pied dans les couilles (sic), violent mais juste, au fantasme glamour de <em>film d’actrices</em> qu’incarne <strong>8 femmes</strong>.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/8-femmes-3.jpg" alt="" /></p>
<p>Bah oui, si Ozon est aussi feignasse avec sa caméra c’est peut-être aussi parce que devant il se coltine une bonne demi douzaine de stars et qu’il les laisse faire le boulot. Le petit malin.<br />
Au menu donc – et on était en droit de l’attendre –, une bonne prestation de la part des huit actrices, même si je ne pourrai décidément jamais me faire à Catherine Deneuve et ses airs de grande dame. Il n’en est pas de même pour Emmanuelle Béart qui est véritablement excellente dans son rôle de « fausse bonne », acerbe, faussement froide et bêcheuse, et pour tout dire dégageant une énergie sexuelle hors du commun – et on se dit (mais à tord) que si Ozon n’avait affaire qu’à des actrices de la trempe de Béart et surtout autant en adéquation avec leur rôle il pourrait se permettre de faire son fainéant et de les laisser faire le travail. Isabelle Huppert est aussi très bien, bénéficiant il est vrai du meilleur rôle de toutes, une vieille fille rancunière et fleur bleue qu’elle habite parfaitement. Un glop donc pour Isabelle et Emmanuelle (un petit aussi pour Virginie, fan-service oblige, qui est très chou), mais un pas-glop intégral pour le père Ozon qui ne fait rien absolument rien pour les mettre en valeur et les sublimer.<br />
Je suis pas forcément toujours d’accord avec Jean-Luc Godard (ahah ! comme si je débattais souvent avec lui), mais il y a une chose qu’il dit et à laquelle je souscris totalement c’est quand (une peu romantique sur les bords) il soutient que le cinéma doit révéler à l’oeil l’invisible et le « pas encore vu ». Il doit révéler, le cinéma est une révélation. Nous ne sommes donc pas en théâtre, ce que semble oublier François Ozon, il n’y a donc pas que les actrices sur la scène qui s’expriment et se démerdent, non, il y a surtout le regard du cinéaste qui les transforme – « du » ou « de la » cinéaste, c’est pas une bête considération hétérosexuelocentrée (ça se dit ?)&#8230; il suffit d’ailleurs de voir ce que (encore une fois) fait Maïwenn de ses actrices, c’est parfois splendide !<br />
Doit-on vraiment réduire cela à cette histoire d’amour entre cinéaste et actrice ? Quoiqu’il en soit, Ozon n’aime pas ses actrices. La preuve, il ne porte aucun regard sur elles. Il ne les rend pas plus belles, intrigantes, sensibles, étranges, ou que sais-je encore&#8230; qu’elles ne le sont déjà ; il faillit à son devoir de cinéaste.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/8-femmes-4.jpg" alt="" /></p>
<p>Que de hargne, de belles phrases et d’envolées lyriques et solennelles !<br />
Il n’en reste pas moins que les décors et costumes font preuve d’un soin absolument kitchissime, et ça ici on aime ! Avant d’oublier, ce serait criminel, mentionnons l’écran titre qui ressemble à celui de, suivant l’humeur, un <em>soap-opera</em> télé des années 80 ou une production Marc Dorcel ! C’est génial ! Quand à la maison, elle est décorée avec un goût exquis digne d’une comtesse écossaise désargentée, tout jure avec tout, c’est un délice pour les yeux. Par contre, ce qui ne jure pas c’est la tenue de Suzon (Virginie Ledoyen), c’en est presque émouvant comme ses boucles d’oreilles sont assorties à son rouge à lèvre qui est assorti à sa robe (très classe) qui est assortie à ses chaussures, et comment tous ça est assorti à la crosse du petit pistolet qu’elle sort du sac d’une suspecte ! Bref, pour qui apprécient la mode grande bourgeoise provinciale et tout le mauvais goût qui va avec je vous assure que <strong>8 femmes</strong> est, sur ce point là du moins, absolument savoureux ! Plaisir coupable quand tu nous tiens&#8230;<br />
Il y avait donc vraiment de quoi en faire quelque chose : des actrices de standing, un scénar qui tient la route, des personnages avec des répliques bien écrites, des chansons, une direction artistique <em>out of this world</em>,&#8230; il ne manquait pour sublimer cela qu’une réalisation qui fasse mieux qu’un téléfilm France 3 Nord-Pas-de-Calais. Ça a un nom tout cela, oui oui ma petite dame : le gâchis.</p>
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		<title>Ricky (François Ozon, 2008)</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Feb 2009 14:24:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
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		<description><![CDATA[Qu’on se le dise, Ricky n’est qu’un pitch, une idée. Il n’en ressort qu’une chose, avec son absence de mise en scène et son incapacité à faire de son conte fantastique autre chose que du premier degré abrutissant, Ricky ne vaut pas plus qu’un film familial sur les premiers pas du petit neuveu.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Jamais j’aurais du lui avouer que j’avais vu ce film ; mon compère Arkady Knight m’a alors dit « T’as fait un <a title="Diary of the Dead" href="http://insecte-nuisible.com/diary-of-the-dead-george-a-romero-2007/174/"><em>pas glop</em> tout pourri sur le Romero</a>, t’en fais un sur Ricky », donc je m’exécute la mort dans l’âme, me demandant ce que je vais bien pouvoir en dire&#8230;<br />
Critique pourrie <em>inside </em>!<br />
Histoire de remplir, soulignons les convergences de calendrier alors que pas moins de trois « films d’enfants pas normaux qui sont différents » sont sortis ces dernières semaines : les jeunes cons décérébrés iront voir <strong>Push </strong>(sympathique série B, avec une voyante de 13 ans bourrée dedans), les amoureux du grand cinéma américain se tourneront vers <strong>L’étrange histoire de Benjamin Button</strong> (le jeune con décérébré que je suis ne peut s’empêcher de trouver ça très lourd), les sexagénaires ménopausées en mal de maternité depuis l’annonce de l’homosexualité de leur fille se rabattront sur <strong>Ricky</strong>, nouveau film de l’inénarrable François Ozon.</p>
<p>Le film s’articule autour d’un méga <em>spoiler</em>, tellement <em>spoiler </em>de la mort qu’il est éventé dès la bande annonce. Parce que l’info aurait de toute façon filtré, à cause/grâce à notre société de l’information, dixit le réalisateur lui-même (dans le magazine la brochure UGC Illimité de cette semaine)(éwé, j’ai des lectures hautement intellectuelles), sans doute en oubliant que tous les spectateurs ne passent pas leur temps sur les forums à tout mettre en oeuvre pour se gâcher les films. Passons. Ricky vole. Pas comme on vole dans les supermarchés, mais avec des ailes. Ce qui n’empêche pas qu’on peut voler avec des ailes dans un supermarché, c’est d’ailleurs ce que fait Ricky et qui comme vous pouvez vous en douter ne manquera pas d’attirer l’attention.<br />
Mais le film commence bien avant cela, lorsque Katie, ouvrière bien prolo sur les bords, fornique avec Paco dans les toilettes d’une usine de produits chimiques (<strong>Godzilla </strong>cassoulet ?), accouplement qui sera sans doute à l’origine de la naissance du petit monstre. L’homme emménage bientôt chez la femme, dérangeant par la même occasion la relation entre Katie et sa fille de sept ans née d’une première union. Puis arrive Ricky, gros bébé affamé et qui pleure tout le temps. Puis apparaissent sur le dos du bébé de curieux hématomes : accusé de maltraiter le nourrisson Paco claque la porte, mais il s’avère que ces mystérieuses traces sont tout autre chose (tatatin !).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/ricky-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Avant l’événement de l’argument fantastique, et après également, le film tient principalement de la <em>chronique sociale</em> (ça existe ?), peignant de manière réaliste la vie de cette femme confrontée à ses problèmes quotidiens et à une existence sans doute pas hyper confortable, sa relation avec sa fille aussi. Pas grand chose à en dire malheureusement, pas que le sujet m’ennuie tant que ça mais c’est on ne peut plus banal, dans le sujet forcément (mais c’est le but) mais surtout dans le traitement qui sans être totalement dépourvu de finesse ne marque ni par sa singularité ni par son audace. Heureusement alors qu’il en vient à pousser des ailes au gamin, afin de permettre à ceux n’ayant jamais eu devant les yeux de véritable <a title="OFNI" href="http://insecte-nuisible.com/tag/ofni">OFNI</a> de crier au génie novateur – car c’est bien là l’arnaque totale de ce film et des commentaires qu’il provoque, faire passer la vessie Ozon pour une lanterne de créativité.<br />
Reste à savoir ce que fait Ozon de son hypothèse fantastique. Bien entendu – et c’est très compréhensible et sans doute pas plus mal – il ne sera pas question d’expliquer l’origine des mutations. Doit-on alors principalement voir ça comme une métaphore ? Mais de quoi ? Une mère tentant de protéger son enfant « différent » de la cruauté du monde (médecins, journalistes,&#8230;) ? Une allégorie de la perte d’un enfant (je ne fais pas particulièrement référence au fait qu’il ait des ailes, mais à la fin, que je ne dévoilerai pas davantage) ? Quoiqu’il en soit ça vole pas bien haut (huhuhu !), la faute (attention, démonstration en deux points) à un ton très neuneu plein de bons sentiments qui cantonne le propos au superficiel et comme d’habitude à une mise en scène (digne d’un feuilleton de début d’après midi sur une chaîne du service public) incapable de donner un peu de contenance au film.</p>
<p>C’est donc mal mis en scène, mais à vrai dire je ne me souviens pas d’un film de Ozon (qui, il faut bien l’avouer, ne me laissent pour la plupart aucun souvenir !) qui se distingue à ce niveau. C’est quand même vexant ce genre de cinéma service minimum, à peine du cinéma de filmeur.<br />
J’ai vu le film sans vraiment faire attention, du coup j’aurais du mal à étayer concrètement ce que je dis. Il y a quand même une réflexion que je me suis faite et qui m’est restée en tête car je m’étais fait à peu près la même au sujet de <a title="La petite fille de la terre noire" href="http://insecte-nuisible.com/la-petite-fille-de-la-terre-noire-jeon-soo-il-2007/205/"><strong>La petite fille de la terre noire</strong></a> (qui, sur ce point particulier, était quand même mieux foutu). On trouve dans le film quelques séquence très elliptiques dans leur narration dans lesquelles une action n’est montrée que dans un plan et un seul : elle travaille à l’usine, un plan ; elle montre à l’escalier, un plan ; elle prépare un café, un plan ; elle se couche, un plan ;&#8230; c’est pas mauvais par essence, ça doit même pouvoir accoucher de choses plutôt belles (pas d’exemple sous la main malheureusement). Le problème dans le film de Ozon c’est que ces séquences ne sont que des plates énumérations, la faute à un montage négligé : on a compris qu’elle travaille, puis qu’elle rentre chez elle, puis qu’elle se fait un café, mais la séquence n’a aucun rythme tellement le montage est aléatoire. Comme si chacun de ces plans n’était qu’une unité  explicite d’action (« elle monte l’escalier ») dépourvue de toute temporalité, rythme et mouvement, plutôt qu’un vrai plan de cinéma à intégrer au sein d’une séquence ayant elle aussi sa temporalité, son rythme et son mouvement. En fin de compte on est plus proche d’une projection de diapos chez tante Ivette que d’une séquence de cinéma.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/ricky-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Tiens, toujours au sujet d’ellipse, la première partie est bizarre. Je ne dirais même pas que c’est mauvais car ça fait son petit effet, mais ça donne quand même un coté négligé. Bref, tel que le film est monté, on a l’impression que (quelque jours après le premier coït dans les toilettes) le soir ils vont au resto et ils rentrent chez la femme ; le lendemain matin la petite fille découvre l’amant de sa mère au petit déjeuner et apprend qu’il va habiter avec elles (un peu rapide pour emménager, non ?) ; et que dans la même journée la mère s’évanouit au travail et part à l’hôpital pour accoucher. Un récit serré comme dirait l’autre !<br />
Par contre, un autre artifice de narration qui cette fois est vraiment raté, en plus d’être totalement inutile, c’est la scène pré-générique. On y voit Katie, sans doute chez une assistance sociale, qui craque et qui pleure, expliquant que c’est trop dur d’être seule sans boulot pour élever deux enfants, en particulier le deuxième qui lui pose pas mal de problème et qu’elle envisage de placer dans un foyer. Puis on comprend (c’est écrit) que c’est un <em>flashforward</em>. Le problème, c’est que cette scène ne se recoupe à rien de ce qui va suivre, et encore moins avec la fin qui s’avère heureuse (difficile alors de penser que cette scène puisse se dérouler après). Au mieux pourrait-on imaginer la caser au milieu, alors que Paco est parti et que Ricky fait ses ailes, mais cela va à l’encontre de l’obstination de la femme à ne surtout pas se séparer de son fils et de ne surtout pas le confier à des toubibs, éducateurs, et cie. Incohérence quoi, gimmick ridicule (sensé accentuer le coté « film social » ?). Je suis du genre à volontiers donner leur chance aux films dans ce genre de cas et à interpréter toutes sortes de logiques qui ne le sont peu (en fait le film est une uchronie, un fantasme de la femme qui ne supporte pas son fils et qui rêve qu’il est né avec des ailes de poulet, ce qui apporte la preuve définitive que François Ozon est un cinéaste de SF), mais il y a des limites à ne pas dépasser.<br />
De toute façon, d’une manière générale le film est pétri d’incohérences en tout genre. Et je parle même pas de banales erreurs de script (faites attention aux va-et-vient des casques entre l’appart et l’usine, y a de la télétransportation dans l’air)(idem, même si c’est plus gênant, du bébé qui se retrouve en haut de l’armoire avec ses moignons d’ailes) dont on a le droit de se foutre (ce genre d’erreurs, si ça reste à éviter, n’ont jamais fait un mauvais film), mais des personnalités sommairement esquissées et des comportements qui vont avec (je veux bien croire que ce sont des pauvres, mais ça doit avoir un cerveau un pauvre, enfin, je crois). Et ne parlons même pas des dialogues le plus souvent ridicules – mention spéciale à celui de la fillette et son « <em>tu as raison Ricky, quand on aime on part pas</em> », et bien entendu au splendide « <a title="vidéo de la scène [allociné]" href="http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18864827&amp;cfilm=134174&amp;hd=1.html"><em>parce qu’il est différent</em></a> ».</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/ricky-3.jpg" alt="" /></p>
<p>J’ai évoqué les séances diapo en famille, et en fin de compte c’est comme ça qu’il va falloir voir <strong>Ricky</strong>. Je n’ai en effet rarement vu un film aussi abruti devant une figure de bambin, s’émerveillant des gazou-gazou du petit chenapan ailé. Et le public de lui aussi faire des roucoulades à la moindre apparition de la bouille de Ricky. Ecoeurant.<br />
Je confesse volontiers ne pas aimer les bébés, et que j’aurais sans doute préféré un film avec un petit chaton ! Mais soyons sérieux trente secondes, on ne fera pas un grand film en prenant au premier degré la régression gaga qui prend les gens à la simple vue d’un bébé faisant des bulles (ou d’un petit chat). Si je voulais paraître réac je dirais même que c’est indécent ! Si je voulais paraître un intégriste élitiste je dénoncerais cette complaisance dans l’imbécillité crasse. Et si je voulais paraître frustré je dirais que la régression des autres dans leur bonheur me débecte.<br />
Par contre j’aime le fantastique, ce même fantastique qu’Ozon semble si frileux à emprunter, refusant de pousser dans leur retranchement ses métaphores, aussi bien symboliquement que visuellement. Qu’on se le dise, <strong>Ricky </strong>n’est qu’un pitch, une idée.<br />
Il n’en ressort qu’une chose, avec son absence de mise en scène et son incapacité à faire de son conte fantastique autre chose que du premier degré abrutissant, <strong>Ricky </strong>ne vaut pas plus qu’un film familial sur les premiers pas du petit neuveu. Avec un petit artifice bourrin pour rendre universel ce sentiment normalement très personnel des parents pour qui leur rejeton tout moche est exceptionnel, mais ça madame Michou c’est ce qu’on appelle la « magie du cinéma ».</p>
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