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	<title>Insecte Nuisible &#187; film policier</title>
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	<description>Le cinéma qui grouille</description>
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		<title>À toute épreuve (John Woo, 1992)</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Nov 2010 22:05:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C’est trop thuné pour être strictement de la série B, mais ça en a le goût, la radicalité, et la modestie – au sens où John Woo abandonne le fantasme de mettre tous les tourments de l’âme humaine dans son film et se contente de ne faire qu’un actionner. Un actionner violent et sec, sans bout de gras, hyper généreux avec la pyrotechnie et proposant quelques scènes d’anthologie.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vingt fois sur le métier, remets ton ouvrage petit scarabée…<br />
Bref, je termine <a href="http://insecte-nuisible.com/le-syndicat-du-crime-2-john-woo-1987/">mon petit blabla sur <strong>Le Syndicat du crime 2</strong></a>, il reste deux trois bazars à corriger mais rien de significatif, et ce qu’il ressort du texte c’est : 1/ le film est moisi et 2/ à vrai dire je n’ai jamais trouvé chez John Woo un film qui me botte, au mieux c’est moyen. Et comme pour me récompenser de mon dur labeur, j’insère dans mon lecteur dividi la galette de <strong>À toute épreuve</strong>, et patatra ! A ma grande stupéfaction, moi qui – je ne prétendais pas tout connaître, mais au moins en avoir vu assez, avoir bien identifié les constantes du cinéma de Woo qui sont justement ce qui m’agace, pour ne plus avoir de surprise – moi donc qui n’attendais plus grand-chose de la part de John Woo (période action HK en tout cas) et bien j’ai trouvé ce film très bien. Pas un grand film (ce dont on a le droit de se foutre), pas un film touchant (plus regrettable, mais pourquoi n’espérer qu’une unique émotion du cinéma), mais incontestablement un bon film.<br />
Donc, deuxième article, vlan.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/a-toute-epreuve-1.jpg" alt="" /></p>
<p>On peinera à dégoter une once d’originalité ou un intérêt particulier dans le scénario. C’est un ensemble à base de flic, de flic infiltré, de trafiquant d’armes, tout ce qu’il y a de classique. Avec un certain nombre éléments qui me semblent récurrents chez Woo, comme le vieux mafieux repenti ou le héros dont le meilleur pote est tué par les méchants – rien de follement original là non plus. Le truc chouette c’est que les méchants – à l’exception de l’homme de main du chef, grosse brutasse mais pas dépourvu de sens de l’honneur – sont vraiment des salauds, mais quand je dis des salauds c’est qu’ils n’hésitent pas à tuer tout ce qui bouge pour se faire une place, tirer dans le tas pour libérer le passage quand ils sont en fuite, prendre des handicapés et des nourrissons en otage, voyez le genre (même si ça aurait pu être pire : si j’en crois la présentation du DVD, dans le scénar original les bébés devaient y passer ; mort au producteur !). En plus le <em>bad guy</em> en chef c’est Anthony Wong, sûrement <a href="http://insecte-nuisible.com/images/a-toute-epreuve-a.jpg">la plus belle tête d’enfoiré du cinéma local</a>. Mettez en face deux flics hyper balèzes mais qui vont devoir apprendre à se connaître (deux trois scènes ont un coté <em>buddy movie</em> qui fonctionne pas mal), voici grosso modo la soupe.<br />
Ne cherchez pas autre chose dans ce scènar autre chose qu’un prétexte à scènes d’action. Pour mon plus grand plaisir d’ailleurs, puisque non seulement ces scènes sont bien (moins iconiques et poseuses que la <em>Woo-touch</em> habituelle, mais mieux maîtrisées et plus sèches ; on aura l’occasion de revenir dessus), nombreuses et longues (la dernière dure largement une demi heure), mais en plus elles s’enchaînent bien et de manière cohérente. Car si j’ai dit que le scénar était prétexte, c’est surtout parce qu’on se contrefout des micro-indications sur la psychologie des personnages et autres choses respectables du même genre, peut-être aussi parce qu’il ne faut pas trop aller titiller sa cohérence. Mais jamais la progression du film semble artificielle, pas de <em>deus ex machina</em> boiteux utilisé pour combler un trou et/ou redonner de l’élan au film, pas (ou presque) de twist à la mords moi le nœud. Le script est convenu, certes, mais il est carré et efficace.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/a-toute-epreuve-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Puisque j’évoque le traitement des personnages (peu étoffés, on l’aura compris), j’apprécie énormément que John Woo abandonne sa manière mélodramatique d’aborder leurs relations et réactions. C’est le cas des scènes d’action mais vaut pour le reste aussi, <strong>À toute épreuve</strong> est beaucoup plus sobre que tout ce que j’ai pu voir chez Woo (j’aurai du mal à faire entendre à des fans des frères Dardenne qu’un film avec une explosion toute les deux secondes peut être « sobre », mais je crois qu’on s’est compris). Peu de ralentis sur des visages en pleurs, et si je dis pas de connerie aucun avec de la musique niaiseuse par-dessus – faisons vite : pas d’attentat à la sensiblerie comme Woo y est accoutumé. Bon, on trouve toujours des détails mélo, comme les cocottes en papier que fait Tony Leung à chaque fois qu’il tue quelqu’un. Y a bien entendu la scène où il faut sauver les bébés (grand moment que <a title="attention, pigeon !" href="http://insecte-nuisible.com/images/a-toute-epreuve-b.jpg">Chow Yun-Fat faisant faire risette</a>), mais finalement rien de grave.<br />
J’ai évoqué la musique, c’est un élément que j’ai toujours détesté chez John Woo. Non seulement elles étaient souvent mauvaises en elles-mêmes, mais elles étaient surtout utilisées comme pied de biche mélodramatique, afin de forcer l’émotion. Ce qui pour tout esthète qui se respecte est détestable, n’est-ce pas. La bande son de <strong>À toute épreuve</strong> est jazzy, ce qui est déjà un bon point, et c’est il me semble la première fois que John Woo l’utilise non pas comme élément signifiant (par ailleurs redondant) mais comme instrument du rythme. Ça marche dans les scènes de <em>fight </em>comme pour les autres, où la musique impose la pulsion de l’action à venir.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/a-toute-epreuve-3.jpg" alt="" /></p>
<p>Scènes d’action donc. Il y en a. Beaucoup. La moitié du film au bas mot, j’en connais qui feraient bien d’en prendre de la graine.<br />
Et comme je l’écrivais tout à l’heure elles me convainquent plus que toutes celles que j’ai vu de la part de John Woo. [Digression : en me renseignant un peu sur le film, je lis que c’est le dernier film de Woo avant sa carrière hollywoodienne, le film qui lui servirait de carte de visite. Et là je me dis, est-ce justement leur influence américaine qui me rend ces <em>gunfights </em>plus plaisants ? Faut croire que je suis vraiment un profane...] Sur deux points principalement.<br />
Tout d’abord, leur temporalité, l’enchaînement des actions, est mieux gérée. On n’a plus trop affaire à des « fusillades-scénettes » juxtaposées dont les liens peinent à se faire, l’une fait suite à l’autre dans le bon ordre. Bon, c’est vrai que c’est parfois le foutrac, la (première) fusillade dans l’entrepôt notamment qui ne montre pas vraiment de progression, mais dans l’ensemble je trouve ça chouette. En parlant de temporalité, John Woo se calme (un peu) sur les ralentis. Et/ou les utilisent avec plus de discernement (Philip Kwok qui fait <a href="http://insecte-nuisible.com/images/a-toute-epreuve-c.jpg">une glissade à moto en balayant tout le monde au pistolet mitrailleur</a> : voilà un ralenti bien senti !). Toujours sur la gestion du temps, il a aussi tendance à éclater temporellement certaines actions en les montrant sous différents angles simultanés (ce que Rob Cohen, réalisateur de <strong>xXx</strong>, en parlant de ses propres film bien sur, a un jour qualifié de « mise en scène cubiste » – un gros LOL à monsieur Cohen). C’est plus ou moins heureux. Davantage moins que plus j’ai l’impression, comme dans cette scène où la moto est vue <a href="http://insecte-nuisible.com/images/a-toute-epreuve-d.jpg">en l’air</a> avant même d’avoir atteint <a title="enfin... la voiture" href="http://insecte-nuisible.com/images/a-toute-epreuve-e.jpg">la rampe</a> qui doit la faire décoller.<br />
Ensuite, la gestion de l’espace, qui souvenez-vous est un reproche que j’avais fait au <strong>Syndicat du crime 2</strong>. Disons que le père John Woo – qui n’est pas un maître de l’éclatement spatial comme peut l’être son confrère Tsui Hark – a un peu de mal à situer ses actions et ses protagonistes par rapport aux autres. Une scène est rigolote, quand on a cette idée en tête : Tony Leung et Philip Kwok se frittent dans les couloirs de l’hôpital, font irruption dans une salle et se mettent en joue. <a href="http://insecte-nuisible.com/images/a-toute-epreuve-f.jpg">Champ</a>, <a href="http://insecte-nuisible.com/images/a-toute-epreuve-g.jpg">contrechamp</a>. En l’état, et c’est caractéristique d’une mise en scène qui ne cadre que les individus se tirant mutuellement dessus, impossible de dire quoi que ce soit de leur environnement ou de leur position (mis à part que, vraisemblablement, ils se font face). Là le cadre s’aère en un plan de demi ensemble, et on réalise qu’entre les deux se trouvent un groupe d’estropiés en béquilles ! Joli plan.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/a-toute-epreuve-4.jpg" alt="" /></p>
<p>Mais c’est pas grâce à ce genre de parodie involontaire que Woo s’en sort. Ni parce que par l’opération du saint esprit il serait devenu un <em>storyborder</em>/monteur exemplaire. Nop, c’est simplement en faisant des longs plans (je pense surtout à la fusillade de l’hôpital). Dans ce genre de mise en scène « Long plan » ça peut n’être que quelques secondes, mais il suffit d’un panoramique, d’un travelling, ou d’un <em>zigouigoui </em>à la steadycam pour que d’emblée on appréhende mieux la scène, en particulier quand la caméra passe d’un personnage à l’autre.<br />
Arrivé à ce point si j’en parle pas on va me le reprocher, un petit mot d’un plan en particulier, qui doit bien durer trois minutes et colle Tony Leung et Chow Yun-Fat aux basques dans leur tuerie. On les suit à travers les couloirs, puis dans un ascenseur, puis <a href="http://insecte-nuisible.com/images/a-toute-epreuve-h.jpg">ils sortent de l’ascenseur</a> et continuent leur carnage, les <em>bad guys</em> jaillissent au moindre coin, se font exploser au fusil à pompe, passent à travers des vitres,… une vraie performance technique, pas si gratuite que ça du point de vue purement scénaristique (elle encadre la bavure de Tony Leung qui tue un flic par erreur : pas stupide de montrer cette scène dans sa longueur) et surtout en voilà un plan par lequel le spectateur appréhende l’espace !</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/a-toute-epreuve-5.jpg" alt="" /></p>
<p>Alors que je croyais la cause perdue, voilà que <strong>À toute épreuve</strong> me réconcilie avec John Woo. Peut-être parce qu’il est moins <em>woo-esque</em> que les autres, allez savoir. C’est trop thuné pour être strictement de la série B, mais ça en a le goût, la radicalité, et la modestie – au sens où John Woo abandonne le fantasme de mettre tous les tourments de l’âme humaine dans son film et se contente de ne faire qu’un <em>actionner</em>. Un <em>actionner </em>violent et sec (comme on n’en fait malheureusement plus), sans bout de gras, hyper généreux avec la pyrotechnie et proposant quelques scènes d’anthologie. Que demande le peuple ?</p>
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		<title>Le Syndicat du crime 2 (John Woo, 1987)</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Nov 2010 22:55:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La scène finale est plutôt chouette, on aurait bien aimé une heure quarante du même calibre. Malheureusement, pas sûr que ce petit quart d'heure compense la médiocrité du reste.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En ce moment je comble certains trous dans ma culture. La filmo de John Woo donc, dont à peu de choses près je ne connaissais que les films américains. Rien de bien marquant par ailleurs, et je voulais volontiers croire que ses films HK avaient plus de gueule (j’avais juste vu <strong>Une Balle dans la tête</strong>, qui ne m’avait pourtant pas renversé, loin de là). J’avais même pensé à acheter le coffret DVD du <strong>Syndicat du crime</strong> quand c’est sorti, c’est dire ma bonne volonté ! Je l’aurais sans doute regretté d’ailleurs, puisqu’après un premier film moins que moyen voilà que je me farci un deuxième carrément mauvais !</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/syndicat-du-crime-2-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Le deuxième enchaîne à la suite du premier (on a même droit à un rêve en <em>stock-shots </em>pour nous remettre dans le bain) : Ti Lung est en taule, Leslie Cheung est toujours un chien fou mais a mis sa femme enceinte, Chow Yun-Fat est mort, son imperméable troué de quarante impacts de balle. Et y a toujours plein de <em>bad guys</em> dehors. Je vous passe les détails, mais voilà donc les deux frères (Ti Lung et Leslie Cheung) qui enquêtent sur des faux monnayeurs. Comme dans le premier film, Leslie Cheung fait n’importe quoi et son frère essaye tant bien que mal de sauver les meubles. Je suis vraiment mauvais pour résumer les histoires. Et puis zut ça sert à rien.<br />
Chose rigolote, le film a beau s’enterrer pendant une grosse heure dans des développements dramatiques, jamais ils ne sont menés à leur terme. Désir de trop mettre ? scénariste avorteur pounk ? Le premier film était grosso-modo soutenu par une idée unique : l’opposition des deux frères, l’un mafieux souhaitant se ranger mais rattrapé par son passé et l’autre flic qui ne lui fait pas confiance et le blâme pour le meurtre de leur père. Basique mais efficace, un grand classique. De cette opposition, il ne reste plus rien (le conflit est réglé à la fin du premier film), juste parfois une forme, comme dans la scène où Ti Lung doit abattre son frère pour gagner la confiance des mafieux. Bonne idée, pas vraiment exploitée.<br />
Bref, ça ressemble à rien : début de triangle amoureux entre Leslie Cheung, sa femme et la fille qu’il est sensé protéger ? basta, la fille meurt trois minutes après. Chow Yun-Fat est mort dans le premier mais c’est le personnage le plus classe ? on lui invente un frère jumeau (ce qui reste moins pire que « en fait il est pas mort ») comme ça il est dans le deuxième film aussi !</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/syndicat-du-crime-2-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Le film est donc en mode « comme sur des roulettes » (ce qui parfois n’est pas déplaisant). Ça sent le film fabriqué à la suite du succès du premier épisode, ne sachant pas trop comment raccrocher les morceaux.<br />
Y a notamment tout un passage à New York, où se réfugie un type menacé par les mafieux. Il est accablé par la mort de sa fille, par la mort de la fille d’un de ses amis, de la mort de son ami par la même occasion, devient totalement catatonique et finit dans un hôpital psychiatrique ! C’est Chow Yun-Fat qui l’en sort et qui essaye ensuite de le faire manger. Ça en serait presque émouvant si c’était pas aussi grotesque, car chargeant la barque à mort et tirant sur l’ambulance aveugle cul-de-jatte séropositive mongolienne. Il faut voir le pauvre Chow Yun-Fat vider son frigo de rage, tout balancer sur le sol, et son ami neuneu se saisir d’un morceau de viande congelée pour essayer de mordre dedans ! Il faut voir le même la figure dégoulinante de la bouillie qu’il recrache ou pleurnichant en essayant de recomposer la photo déchirée de sa défunte fille ! Je ne parle même pas des acteurs cabotins au possible, d’autant plus quand ils doivent jouer en anglais. Il faut entendre la musique que le père Woo colle sur la scène où l’autre avale enfin un morceau d’orange (il a fallu que son ami lui épluche, car lui attaquait la peau avec les dents et  n’y arrivait pas !) et Chow Yun-Fat ingère un grosse poignée de… de quoi au fait ? pour montrer l’exemple. Précisons à tout hasard que tout ça est projeté au ralenti. Il faut le voir pour le croire. Et, magie de l’interoueb, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=WSTVrwkhoI0">vous pouvez le voir ici</a>.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/syndicat-du-crime-2-3.jpg" alt="" /></p>
<p>Ne pensez pas que je me focalise sur un détail, sur une scène en particulier : tout le film, ou presque, est de ce tonneau. Y a même une scène où Leslie Cheung se fait tuer en montage alterné avec sa femme qui accouche, c’est dire (quinze ans plus tard Tsui Hark, qui rappelons-le est scénariste de cette chose, redorera le blason du genre « femmes enceintes et <em>gunfights </em>» en tournant l&#8217;excellent <strong>Time and Tide</strong>). Je me souviens pourtant, même chez John Woo, de deux trois scènes de racolage sentimental qui fonctionnent. Les deux aveugles qui se loupent à la fin de <strong>The Killer</strong> par exemple. Mais les scènes larmoyantes du <strong>Syndicat du crime 2</strong> n’ont pas ce coté <em>over-the-top</em> qui les sauverait de la dramatisation vulgaire.<br />
Pendant se temps-là, la mise en scène se fait poussive. Ça s’enchaîne dans l’ensemble pas si mal, malgré des faux raccords grossiers ici et là, mais pas mieux que dans la série B lambda (au mauvais sens du terme). Et ça devient laid à la moindre scène voulue un peu triste, alors que les acteurs ouvrent des grands yeux et des grandes bouches de merlan, que démarre la musique nian-nian et s’enclenche le léger ralenti. On a vu moins putassier comme mise en scène.<br />
Passée cette faute de goût récurrente, John Woo tente peu, et les quelques plans qui se détachent ne font de toute façon pas sens et/ou s’intègrent mal dans l’ensemble. Exemple avec le travelling qui suit les oranges roulant sur le sol (à 8’48&#8243; de <a href="http://www.youtube.com/watch?v=JMTft5Qv5TA">cette vidéo</a>) : le plan en lui-même est pas mal, à ras le sol sur les ordures, avec la caméra puisant son mouvement dans l’action, mais que donne-t-il au coeur de la séquence ? Pas grand-chose. On pourrait penser qu’il fait le lien entre les deux personnages, mais alors pourquoi ensuite raccorder sur un plan de Chow Yun-Fat ? Ça isole le plan, le rend totalement gratuit et privé de sens. Je remarque d’ailleurs que la scène aurait parfaitement fonctionné, peut-être même mieux, sans ce travelling.<br />
Revenons sur cette histoire de faire le lien entre les deux personnages : d’une certaine manière ce plan le fait, puisque c’est par les oranges que le type se met à manger. Mais c’est uniquement dans l’idée. La mise en scène le contredit, ou du moins passe à coté de cet effet. Ce qui à peut de chose près résume bien ce que je pense du meilleur de John Woo : de bonnes idées, mises en forme maladroitement. Parce qu’on en arrive enfin à la partie rigolote : la baston ! J’ai traîné, mais John Woo aussi : quasiment rien pendant une heure vingt, il faut attendre le dernier quart d’heure pour avoir un peu de flingue dans notre face.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/syndicat-du-crime-2-4.jpg" alt="" /></p>
<p>Vient donc la fusillade finale, après les funérailles du jeune frère sur fond de pop langoureuse et triste. Trois (presque quatre) types face à plus de bonshommes que ne pourrait en contenir la maison dans laquelle se passe l’action, ça augure des bonnes choses et un grand moment d’exubérance. Et si la scène n’est pas avare, elle me semble quand même bien en deçà de, pour prendre un exemple comparable, la fusillade finale de <strong>The Killer</strong> – je cite encore ce film : je ne le trouve pas particulièrement bon, mais il évite les principaux travers de celui qui nous occupe et propose un final encore plus énorme.<a name="texte"></a><br />
Grosso modo, la proposition de John Woo pour cette fusillade (également pour les autres que je lui connais) : de la grosse action <em>portnawak </em>et de la pose. On a enfin des plans qui ont de la gueule [<a href="#note">1</a>], Chow Yun-Fat fait son kèk’, on se dit plusieurs fois « waouh trop cool » devant une pose bien classe ou une scène particulièrement <em>too much</em>. Genre quinze gugus qui surgissent simultanément pour se faire faucher par les pistolets mitrailleurs, ou un autre qui fait un bond de trois mètres en se prenant de la chevrotine dans le buffet. C’est très branquignol, avec les cascadeurs qui se jettent avant ou après l’impact et balle ou l’explosion (soit John Woo n’est pas perfectionniste, soit il n’avait pas assez d’argent pour refaire des prises sûrement coûteuses) et des acteurs qui brandissent leurs flingues comme des maracas, mais ça ne dérangera pas le cinéphile de bon goût. Mieux, c’est parfois tellement n’importe quoi (le <a href="http://insecte-nuisible.com/images/syndicat-du-crime-2-c.jpg">type qui plonge</a> à 2’57&#8243; dans <a href="http://www.youtube.com/watch?v=6tJWjtxwhss">cette vidéo</a>) qu’il y trouvera un plaisir tout particulier à ce genre d’exubérances bis. Enfin donc un peu de plaisir dans ce film qui avait pour l’instant surtout heurté notre sensibilité d’esthète.<br />
J’ai pas pour autant l’impression de me trouver devant de la grande mise en scène. Au contraire, même remarque que pour le reste, c’est de la série B de base, assez bien emballée pour passer sans problème mais sans grand génie (désolé à tous les fans, John Woo m’a, au mieux, toujours fait cet effet). Comme dit plus haut, c’est l’idée (<em>gunfights </em>à un contre cent, combattants jamais à court de munition sauf quand ça sert le scénario,…) qui est intéressante, plus que la mise en forme.<br />
Il y a notamment dans cette mise en scène aucune appréhension de l’espace. Prenons le raccord à 3’05&#8243; de la vidéo liée supra : quand bien même la scène aurait été filmée (ou pas) dans un espace cohérent, il n’y a pas de lien spatial entre le premier plan et le second, difficile de comprendre comment d’<a href="http://insecte-nuisible.com/images/syndicat-du-crime-2-d.jpg">un grand espace</a> on tombe direct dans <a href="http://insecte-nuisible.com/images/syndicat-du-crime-2-e.jpg">un petit couloir</a> entouré de portes ! En fait c’est presque du cinoche en 2D (ce qui n’est pas une mauvaise chose en soit ; qui a dit « <a title="Domino" href="http://insecte-nuisible.com/domino-tony-scott-2005/">Tony Scott</a> » ?) dans un environnement en 3D (ce qui commence à faire bizarre) : à cause de ce manque de conscience spatiale, les scènes, voire les plans, sont déconnectés les uns des autres, la séquence se résumant au final à une juxtaposition, qu’on peine à voir storybordée, de morceaux de bravoure consistant à vider ses chargeurs sur une foule de figurants qui gesticulent.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/syndicat-du-crime-2-5.jpg" alt="" /></p>
<p>L’ultime test pour la trilogie restera le troisième volet, que suivant mon stupide systématisme <em>politique-des-auteurisant</em> je devrais a-do-rer, parce que c’est Tsui Hark qui l’a réalisé. Ça tombe sous le sens, hein ? Ou pas, car n&#8217;oublions pas qu’il est coupable du script de celui-là.<br />
Quand à John Woo, je vais éviter de regarder ses comédies qui sortent prochainement en DVD, je crains de ne pas supporter. Pour le reste, j’ai malgré tout toujours bon feeling avec <strong>Les trois Royaumes</strong> (toujours pas vu, mais ça ne saurait tarder) et pour un soir où je me sentirais d’humeur masochiste je cherche encore des conseils sur sa vieille période hongkongaise – juste au cas où vous aimeriez jouer ;)</p>
<p>(‘tain, finir un article avec un smiley, c’est vraiment minable)</p>
<p>(comme il ne faut jurer de rien, <a title="A toute épreuve, encore de John Woo !" href="http://insecte-nuisible.com/a-toute-epreuve-john-woo-1992/">un splendide article mis en ligne demain viendra nuancer ces affirmations péremptoires</a>)</p>
<p><a name="note"></a></p>
<div class="note">[<a href="#texte">1</a>] tous les <em>screenshots </em>illustrant cet article sont tirés du dernier quart d’heure. Si j’avais voulu faire quelque chose de représentatif, j’aurais mis <a href="http://insecte-nuisible.com/images/syndicat-du-crime-2-a.jpg">ce genre de chose</a>, et <a href="http://insecte-nuisible.com/images/syndicat-du-crime-2-b.jpg">autres du même niveau</a>. Mais j’aime bien que mes articles soient jolis même quand on prend pas le temps de les lire.</div>
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		<title>8 femmes (François Ozon, 2001)</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/8-femmes-francois-ozon-2001/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/8-femmes-francois-ozon-2001/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2009 14:52:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Ludivine Sagnier]]></category>
		<category><![CDATA[twist]]></category>
		<category><![CDATA[Virginie Ledoyen]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y avait vraiment de quoi en faire quelque chose : des actrices de standing, un scénar qui tient la route, des personnages avec des répliques bien écrites, des chansons, une direction artistique out-of-this-world,... il ne manquait pour sublimer cela qu’une réalisation qui fasse mieux qu’un téléfilm France 3 Nord-Pas-de-Calais.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« Encore du Ozon ? », s’offusquera le lecteur déjà stupéfait de voir qu’on a parlé de <a title="Ricky" href="http://insecte-nuisible.com/ricky-francois-ozon-2008/"><strong>Ricky</strong></a> en ces pages, et qui en plus pourra légitimement se demander qu’est-ce que peut bien y faire un texte (écrit à l’arrache en plus, comme tout ce que j’écris sur Ozon) sur ce film ni forcément d’actu ni forcément intéressant – mais je sais qu’il m’attirera plus de lecteurs qu’un <a title="Ido" href="http://insecte-nuisible.com/ido-fujiwara-kei-2006/">obscur</a> <a title="Su-Ki-Da," href="http://insecte-nuisible.com/sukida-ishikawa-hiroshi-2005/">chef-d’oeuvre</a> <a title="Eros + Massacre" href="http://insecte-nuisible.com/eros-massacre-yoshida-kiju-1969/">japonais</a> (et sans doute aussi plus de mails soutenant que je comprends rien à rien) et j’ai également comme l’impression que ce <strong>8 femmes</strong> découvert récemment a tout pour devenir un de mes plaisirs coupables.<br />
Et tant qu’on est dans le déballage, autre plaisir coupable, si j’ai vu ce film c’est uniquement parce qu’y joue Virginie Ledoyen. Ma légendaire faiblesse pour les actrices me perdra, c’est bien connu, d’autant plus que Virginie Ledoyen n’est rien de moins que l’archétype de la femme devant laquelle je perds tous mes moyens (donc, chère lectrice, si tu es secrètement amoureuse de moi et que tu ressembles à Virginie Ledoyen, tu as toutes tes chances)(Virginie, si tu me lis, laisse-moi le temps de me remettre de mes émotions et je t’invite à un déjeuner super romantique devant un bol d’udon). Mais trêve de conneries. Elle est plutôt bonne actrice en plus, même si elle a une diction parfois bizarre et n’est donc pas la plus douée pour les dialogues. Par contre, et non ce n’est pas contradictoire, elle a une voix absolument magnifique. Je vais vous dire quoi, un de mes plus grands fantasmes de <em>wannabe</em>-cinéaste, c’est un film avec Virginie Ledoyen faisant la voix-off – ce qui ma foi serait une façon splendide de mettre en scène la plus belle actrice du cinéma français.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/8-femmes-1.jpg" alt="" /></p>
<p><strong>8 femmes</strong> donc. Un titre simple, qui décrit à la fois l’histoire et le procédé, puisque ces huit femmes seront les seuls personnages qu’on verra de tout le film (à l’exception d’un homme qu’on voit une seconde, de dos et à moitié hors cadre). Pas de figurants donc, et une volonté de donner à chacune une importance égale &#8211; ainsi qu’une égale potentielle culpabilité. Car nous avons affaire à une intrigue policière, un meurtre, huit suspectes toutes aussi soupçonnables les unes que les autres et qui mentent toutes autant qu’elles sont. Le tout, bien entendu, en huis clos, parce qu’il y a de la neige et que la voiture a été sabotée – aussi parce que c’est plus rigolo ainsi. Tout ça sent le théâtre de boulevard.<br />
L’intrigue est donc classique, mais ma foi plutôt bien menée. Je vais lui casser du sucre sur le dos pendant le reste de l’article donc reconnaissons lui au moins ça, Ozon a bien écrit son scénar. C’est carré, efficace, ça soutient même l’attention (mais qui est la meurtrière ??? on veut savoir !), on a même droit à quelques personnages plutôt intéressants même s’ils ne se défont pas des archétypes du genre. La grande erreur de Ozon, c’est de penser qu’il pourrait s’en contenter (de ça et d’autres atouts du film) et se permettre de ne pas mettre en scène son film ! Beurk !<br />
Euh&#8230; léger doute&#8230;<br />
Le critique se rend donc sur Wikipédia pour vérifier quelque chose (en fait ça se passe pas tout à fait comme ça, mais pour la vraie version qui dit l’indicible vérité, y va falloir attendre le making-of classé X) et se rend compte qu’en fait le film est adapté d’une pièce de théâtre (<strong>Huit femmes</strong>, de Robert Thomas)(le réalisateur de <strong>Mon curé chez les nudistes</strong> et <strong>Mon curé chez les thaïlandaises</strong> ! Oh my God !) et que donc Ozon n’en a pas écrit tant que ça. Une pièce de théâtre, tiens donc, il ne s’en aurait douté&#8230; Et il commence à comprendre la motivation profonde de la non-mise en scène de Ozon : précurseur et avant-gardiste, cinéaste engagé surtout, concerné aussi, Ozon connaît le prix d’un siège dans un théâtre parisien et se dit qu’il doit en avoir du monde pour payer moins cher à aller voir du théâtre au cinéma. Huit (coïncidence ? ne doit-on pas voir là une nouvelle preuve de l’exigence formelle du film ?) ans avant la crise économique François Ozon s’occupe déjà du pouvoir d’achat des français, et là je dis respect, c’est grand et noble.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/8-femmes-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Promis, j’arrête le nawak.<br />
Par contre, le film, lui, l’est, nawak (une phrase, huit mots, quatre virgules, je pousse la langue française dans ses retranchements). Les motivations y sont parfois étranges, on y range la grand-mère assommée (et ivre) dans le placard, la déco est rococo, et surtout on y chante et danse ! C’est peut-être alors (puisque l’histoire n’est pas de lui) la seule bonne idée de Ozon, ponctuer son film de scènes de comédie musicale. Chaque actrice reprend alors une chanson (un vieux tube ringard le plus souvent !) sensée représenter son état d’esprit, en voilà une idée qu’elle est sympathique. D’autant plus que, il faut le reconnaître, les huit femmes s’en sortent dans l’ensemble plutôt bien. Mention spéciale à Virginie Ledoyen qui, comme chacun sait, a une voix magnifique et à Emmanuelle Béart qui nous fait un joli show. Mais on se demande pourquoi (oui pourquoi ?) les chorégraphies sont aussi nazes ! Peut-être pour s’allier avec le kitch que dégage l’ensemble (j’y reviens), mais le nanar volontaire est un genre qui demande plus de radicalité pour être vraiment réussi : à défaut, c’est juste nul. Les chorégraphies sont donc à peine dignes d’un spectacle de fin d’année d’école primaire. Quand à la mise en scène, ça vaut pas mieux que le reste du film, à savoir que Ozon ne fait rien de ses plans, découpe au petit bonheur la chance (sa seule préoccupation semble de respecter l’équilibre du temps de présence à l’écran), ne se permet aucune excentricité, aucun petit jeu d’axe (comme au théâtre, encore une fois, les scènes ne sont vu que sous un seul angle), aucun mouvement de caméra audacieux,&#8230; c’est vexant. Alors que justement ces incongrus moments de comédie musicale ne demandaient pas mieux qu’un peu de folie !<br />
Coïncidence encore, j’écris ce texte alors que je viens de voir <strong>Le Bal des actrices</strong> de Maïwenn Le Besco, autre film dédié aux actrices, autre film bizarrement ponctué de scènes de comédie musicale exprimant les désirs et personnalités intimes de leurs interprètes (je me demande d’ailleurs si la référence à <strong>8 femmes</strong> n’est pas volontaire). Et ben dans ce film (au visuel très austère) la comédie musicale est l’occasion de jouer un peu sur la direction artistique, de sortir la grue de travelling et tout le tintouin. C&#8217;est pas Bizance, mais ça rend bien ! Pourquoi <strong>8 femmes</strong> ne fait pas ce petit effort ? Cela donne vraiment l’impression de se retrouver devant un film de paresseux, amateur (un comble !), n’ayant pas les moyens de son excentricité.<br />
Accessoirement, le film de Maïwenn met un bon coup de pied dans les couilles (sic), violent mais juste, au fantasme glamour de <em>film d’actrices</em> qu’incarne <strong>8 femmes</strong>.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/8-femmes-3.jpg" alt="" /></p>
<p>Bah oui, si Ozon est aussi feignasse avec sa caméra c’est peut-être aussi parce que devant il se coltine une bonne demi douzaine de stars et qu’il les laisse faire le boulot. Le petit malin.<br />
Au menu donc – et on était en droit de l’attendre –, une bonne prestation de la part des huit actrices, même si je ne pourrai décidément jamais me faire à Catherine Deneuve et ses airs de grande dame. Il n’en est pas de même pour Emmanuelle Béart qui est véritablement excellente dans son rôle de « fausse bonne », acerbe, faussement froide et bêcheuse, et pour tout dire dégageant une énergie sexuelle hors du commun – et on se dit (mais à tord) que si Ozon n’avait affaire qu’à des actrices de la trempe de Béart et surtout autant en adéquation avec leur rôle il pourrait se permettre de faire son fainéant et de les laisser faire le travail. Isabelle Huppert est aussi très bien, bénéficiant il est vrai du meilleur rôle de toutes, une vieille fille rancunière et fleur bleue qu’elle habite parfaitement. Un glop donc pour Isabelle et Emmanuelle (un petit aussi pour Virginie, fan-service oblige, qui est très chou), mais un pas-glop intégral pour le père Ozon qui ne fait rien absolument rien pour les mettre en valeur et les sublimer.<br />
Je suis pas forcément toujours d’accord avec Jean-Luc Godard (ahah ! comme si je débattais souvent avec lui), mais il y a une chose qu’il dit et à laquelle je souscris totalement c’est quand (une peu romantique sur les bords) il soutient que le cinéma doit révéler à l’oeil l’invisible et le « pas encore vu ». Il doit révéler, le cinéma est une révélation. Nous ne sommes donc pas en théâtre, ce que semble oublier François Ozon, il n’y a donc pas que les actrices sur la scène qui s’expriment et se démerdent, non, il y a surtout le regard du cinéaste qui les transforme – « du » ou « de la » cinéaste, c’est pas une bête considération hétérosexuelocentrée (ça se dit ?)&#8230; il suffit d’ailleurs de voir ce que (encore une fois) fait Maïwenn de ses actrices, c’est parfois splendide !<br />
Doit-on vraiment réduire cela à cette histoire d’amour entre cinéaste et actrice ? Quoiqu’il en soit, Ozon n’aime pas ses actrices. La preuve, il ne porte aucun regard sur elles. Il ne les rend pas plus belles, intrigantes, sensibles, étranges, ou que sais-je encore&#8230; qu’elles ne le sont déjà ; il faillit à son devoir de cinéaste.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/8-femmes-4.jpg" alt="" /></p>
<p>Que de hargne, de belles phrases et d’envolées lyriques et solennelles !<br />
Il n’en reste pas moins que les décors et costumes font preuve d’un soin absolument kitchissime, et ça ici on aime ! Avant d’oublier, ce serait criminel, mentionnons l’écran titre qui ressemble à celui de, suivant l’humeur, un <em>soap-opera</em> télé des années 80 ou une production Marc Dorcel ! C’est génial ! Quand à la maison, elle est décorée avec un goût exquis digne d’une comtesse écossaise désargentée, tout jure avec tout, c’est un délice pour les yeux. Par contre, ce qui ne jure pas c’est la tenue de Suzon (Virginie Ledoyen), c’en est presque émouvant comme ses boucles d’oreilles sont assorties à son rouge à lèvre qui est assorti à sa robe (très classe) qui est assortie à ses chaussures, et comment tous ça est assorti à la crosse du petit pistolet qu’elle sort du sac d’une suspecte ! Bref, pour qui apprécient la mode grande bourgeoise provinciale et tout le mauvais goût qui va avec je vous assure que <strong>8 femmes</strong> est, sur ce point là du moins, absolument savoureux ! Plaisir coupable quand tu nous tiens&#8230;<br />
Il y avait donc vraiment de quoi en faire quelque chose : des actrices de standing, un scénar qui tient la route, des personnages avec des répliques bien écrites, des chansons, une direction artistique <em>out of this world</em>,&#8230; il ne manquait pour sublimer cela qu’une réalisation qui fasse mieux qu’un téléfilm France 3 Nord-Pas-de-Calais. Ça a un nom tout cela, oui oui ma petite dame : le gâchis.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Death Note + Death Note 2 (Kaneko Shusuke, 2006)</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Jan 2008 20:47:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[cinéma japonais]]></category>
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		<description><![CDATA[Pas beau, platement mis en scène, mâchant honteusement le travail du spectateur, parfois bêtement incohérent mais heureusement sauvé par la bouille craquante de la miss Toda. Vous m'aurez compris, sauf peut-être pour les fans du manga (quoique) et les pervers plus ou moins refoulés, ça vaut pas un bezef.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vous le savez probablement, j’aime beaucoup le cinéma japonais (sans blague !) et toute sortie en salle (fut-elle une simple sortie technique) devrait en théorie me réjouir comme un cochon bien gras – n’eut été le fait que je suis de ce genre de personnes qui considèrent que sur le terrain de la distribution et de l’exploitation un mauvais film prendra toujours la place d’un bon. Alors vous vous doutez bien que cette mainmise de la manga mania (<strong>Kamikaze girls</strong>, <strong>Shinobi</strong>, j’en oublie et maintenant <strong>Death Note</strong>) sur les sorties salles françaises ne m’enchante pas des masses, d’autant plus qu’on cherche toujours un bon film dans le lot. Le cinéma japonais est pourtant plein de bonnes choses – le <a href="http://insecte-nuisible.com/blog/cinema-japonais-contemporain-kinotayo-2007/">festival Kinotayo</a> l’a récemment montré – encore faut-il leur faire quitter leur terre natale (si les distributeurs cherchent des idées, j’en ai plein). Vous me direz heureusement qu’on a le DVD (même si direct-to-DVD signifie bien souvent anonymat le plus complet) qui nous approvisionne en trucs cool – que ce soit du patrimonial, merci à Carlotta pour son excellent boulot et particulièrement pour son coffret consacré à Hiroshi Teshigahara (le très beau <strong>La Femme des sables</strong> fut même sorti en salles au printemps 2007), ou des nouveautés, comme le diptyque <a href="http://insecte-nuisible.com/suicide-club-sono-sion-2002/"><strong>Suicide Club</strong></a> / <strong>Noriko&#8217;s Dinner Table</strong> de Sono Sion à sortir prochainement. Enfin, encore une fois je me laisse aller et m’égare.</p>
<p>Aujourd’hui donc sur <em>Insecte Nuisible</em> c’est les soldes et comme pour les paquets de lessive vous aurez droit à deux films pour le prix d’un ! Ne cachez surtout pas votre joie. Faut dire aussi que j’ai bien été aidé par la double sortie en un seul morceau des <em>deux films <strong>Death Note</strong> qui n’en font qu’un</em>. Toi pas comprendre ? C’est normal, la communication autour de cette sortie étant un modèle de lisibilité intuitive, c’est un peu dans cet état de confusion que j’étais moi aussi avant d’arriver devant le cinoche, où je me suis félicité d’être arrivé pour la projection du premier volet et pas du second (parce que oui ! enfin, je savais, ce sont les deux films qui sont projetés), second que je me suis enfilé juste après car la vie elle est bien faite. Le premier film étant horrible de nullité, pourquoi me ferez-vous remarquer je suis allé m’infliger les deux heures et demi que dure la suite ? Tsss, vous n’avez aucune idée de mon abnégation – ou de mon amour de la flagellation filmique, allez savoir. Quoi qu’il en soit, c’est ça qu’il faut faire, ça ou rien, les deux films se suivant d’un seul tenant. Car même si le premier ne s’achève pas sur un gros <em>cliffhanger </em>qui tue la mort sa fin ne finit rien du tout. Je dirais même qu’elle voit les choses sérieuses commencer (et ça c’est le comble).</p>
<p>Petit rappel pour ceux qui ces dernières années ont eu la bonne idée de passer des vacances sur une île déserte, <strong>Death Note</strong> est un manga (dont la parution est toujours en court en France, mais que je n’en doute pas une seconde les fans ont déjà tout lu en scan) de Obata Takeshi et Oba Tsugumi, dans le genre pas si mal mais très largement surestimé, ce qui ne l’empêche pas d’être un grand succès aussi bien public que critique. En gros, c’est l’histoire d’un gamin, Light (faites donc plaisir aux fans, prononcez-moi ça « Raïto »), Light donc qui trouve un cahier magique top-classe qu’on croirait qu’il est <em>designé </em>pour en faire des produits dérivés (c’est le cas ? je me disais bien) qui a le pouvoir de tuer les gens dont on écrit le nom sur ses pages. Flippant. Épris de justice, Light s’en sert pour tuer tous les criminels (parce que la justice des tribunaux c’est pourri, une vraie passoire). Et comme tous les super-héros, et d’autant plus que sa technique est particulièrement étrange, il se retrouve traqué par la police, le FBI, Interpol et tout le binzouin, qui lui offre un adversaire à sa mesure, le mystérieux L. Et là Light est bien emmerdé, puisque pour tuer il doit connaître le nom et le visage de la personne. Le manga (comme le film) est donc l’affrontement, principalement psychologique, entre Light et L, l’un essayant de démasquer l’autre, l’autre essayant de découvrir le visage, puis le nom, du premier.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/death-note-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">L : la classe incarnée mange du chocolat au lait à même la tablette.</div>
<p>On voit donc rapidement sur quelle base s’est construite la popularité de <strong>Death Note</strong>, base commune à la plus grande partie de la production BD commerciale (au Japon, aux USA et même chez nous au pays de la BD-que-c’est-un-art !), la flatterie de la volonté de puissance du lecteur. Qui en effet n’a jamais souhaité pouvoir tuer n’importe qui d’un claquement de doigts, que ce soit pour rendre la justice, faire des thunes ou simplement pouvoir s’assoir dans le métro ? Cela dit, et on en mesure l’efficacité lorsque développée sur un canevas bien rodé par des décennies d’expérience (ne me faites surtout pas croire que la structure et les mécanismes de <strong>Death Note</strong> inventent quoi que ce soit ; au moins est-ce particulièrement efficace), cela reste une excellente idée par ailleurs riche en potentiel. Et on remarque aussi que le personnage fantasme par excellence n’est pas Light, mais le fameux L chargé de le traquer et qui a trop la classe qui tue. Ado un peu attardé et timide (ou le faisant croire) mais super intelligent en fait (tant qu’on y est, flattons le no-life qui vit en chaque lecteur), il bouffe constamment des trucs pas croyables et très sucrés, tient tout du bout des doigts, se balade pieds nus et s’accroupit sur les fauteuils (si votre gamin adopte ce comportement étrange, ne cherchez pas plus loin, c’est la <em>L-attitude</em> !). Il en est tellement stéréotypé dans le genre « perso ténébreux charismatique qu’on sait rien de lui et qu’il sait tout de vous avec des cheveux dans tous les sens » qu’il en devient fascinant – rajoutez lui une petite touche gothique (tout palot avec des cernes de panda) comme c’est la mode et vous êtes sur de vendre des camions de figurines. Toujours ce souci d’identification du lecteur qui pousse les scénaristes à impliquer des personnages d’ados dans des intrigues de haut niveau à l’échelle du monde et qui ne manque pas de me faire sourire à chaque fois. Mais faut avouer que ça marche.</p>
<p>Je ne vais pas m’amuser à comparer manga et film, c’est pas mon genre. D’ailleurs ceux qui vous diront que le film est pourri et n’a rien à voir avec l’oeuvre originale n’auront pas forcément raison. Le manga c’est kif-kif, peut-être plus rythmé et tendu, mais le fait qu’il demeure terriblement efficace et surtout additif n’y changera rien, ça reste très bof. Mais que voulez-vous, c’est une éternelle rengaine, et qui cette fois ne touche pas uniquement les fans, mais aussi notre sacro-sainte et soi-disant <em>intelligente </em>critique (cf les extraits sur Allociné) comme tous les gens qui ayant pris le train en retard ont lu les manga il y a deux jours assis par terre à la FNAC et se sont sentis obligés d’aimer de peur de passer pour des cons, avant de se retrouver devant cette chouette adaptation si facile à décrier ! (parfois je m’épate moi même, cette logique est implacabeul)<br />
Cela reste toutefois une adaptation très fidèle (sur la longueur que j’ai lu du manga en tout cas) à quelques raccourcis près – en particulier le personnage de Shiori (interprétée par Kashii Yu, déjà vue dans <a title="Linda Linda Linda" href="http://insecte-nuisible.com/linda-linda-linda-yamashita-nobuhiro-2005/40/">le très sublimissime <strong>Linda Linda Linda</strong></a>), ajout d’ailleurs plutôt intéressant même si pas exploité – ce que je ne me gênerai pas pour le voir comme un belle preuve de fainéantise. Fidélité scrupuleuse qui on le verra plus loin est un sérieux handicap pour le film.<br />
Après, je ne vais pas vous le cacher plus longtemps, le film a comme un petit arrière goût de nanar et on se surprend rapidement à pouffer devant le ridicule des situations comme des dialogues. Ma mémoire vacillante et sélective ne veut malheureusement pas se rappeler du moindre exemple précis (quoique la simple vision de ce démon en cuir clouté bricolé en CGI hyper moches par des stagiaires en première année de pâtisserie a de quoi faire tomber la mâchoire du plus tolérant en matière d’effet spécial mal réalisé), mais croyez-moi sur parole.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/death-note-2.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Mais what the fuck ???</div>
<p>Reste que comme on pouvait s’y attendre le film est d’une transparence totale du point de vue artistique. La photo est hideuse (on dirait de la vidéo brut de pomme) et il serait vain d’espérer y voir le moindre effort de production-design ou d’éclairage, ce qui a pour effet une ambiance totalement anonyme (pire, c&#8217;est de la mauvaise série télé). Un manque de relief et de personnalité que vient accentuer une réalisation à la pauvreté déconcertante, constamment illustrative et didactique (et comme je le redirais, en matière de didactisme ce film pousse admirablement le bouchon) et comme si cela ne suffisait pas agrémentée de fautes de goût grossières ! Bref, zéro pointé.<br />
<a name="text1"></a>Bonne nouvelle toutefois, le niveau (qui il est vrai ne pouvait pas vraiment descendre plus bas) monte un peu lors du deuxième épisode. Preuve que la mort d’un mauvais chef opérateur est une bénédiction pour le cinéma, la photo marque un léger mieux, certes toujours terriblement banale mais au moins elle est clean. La réal aussi se défait de certains travers douteux (plus de travelling-avant finissant en contre plongée sur le visage des acteurs pour appuyer une <em>punch-line</em> ! tic de mise en scène qui pourtant étouffe littéralement le premier volet) à tel point que j’ai cru à deux réalisateurs différents – j’ai vérifié en rentrant, les deux sont signés Kaneko Shusuke, auparavant réalisateur du pourtant pas mal <strong>Azumi 2</strong>. Le monteur reste le même (Yafune Yousuke, auquel on aurait pu substituer un robot sans que ça change grand chose), mais je mettrais ma main à couper que le cadreur a changé (l’IMDB, loin d’être fiable pour la prod étrangère et asiatique en particulier, est très évasive sur le sujet) [<a href="#note">1</a>]. De toute évidence Kaneko Shusuke est un réalisateur sans personnalité, et le simple changement des techniciens suffit à changer significativement la qualité du film (sans pour autant en faire un chef d’oeuvre, entendons-nous). Messieurs aspirants cinéastes, soyez techniciens auprès de réals sans vision artistique forte, et vous serez les vrais auteurs de leurs films !</p>
<p>Mais vous savez ce que j’apprécie terriblement dans ce deuxième volet ? C’est pas vraiment ce petit mieux dans la mise en scène. Ni même le scénario qui en arrive enfin aux choses sérieuses (on y voit Light intégrer la cellule d’enquête dirigée par L). Non mes amis, c’est la délicieuse odeur de fan-service bourrin que diffuse le film. Pas particulièrement auprès des amateurs de la série (à qui on sert la soupe comme lors du premier épisode), mais auprès des pervers dans mon genre qui sautent dans tous les sens à la simple mention d’une <em>teen-idol</em> à couettes ! Ce film est en effet onctueusement régressiste (je sais, ce mot n’existe pas, mais je l’aime) et flatte les pupilles et l’imaginaire de l’otak’ (et otakette, ne soyons pas homophobe) amateur de jolies filles ! Je passe rapidement sur les plans faisant la part belle aux interminables jambes de Katase Nana, notamment un particulièrement mémorable (sur lequel la miss est à demi allongée sur un divan, les jambes à l’air) que l’on croirait tout droit sorti d’un calendrier « émoustillant » et qui fait sérieusement penser à un sabordage à la 99frs ! Non, le gros du gâteau c’est la croustillante  Toda Erika, dans le rôle (magnifique) de la starlette Amane Misa. Toda Erika donc, sortie d’on ne sait où (de <em>dramas </em>que j’ai pas vu et visiblement quelques shows télé aussi), véritable émanation de pur fan-service 100% kawaii, en faisant des caisses pour se rendre toute mignonne (c’est réussi, j’ai dégusté la moindre de ses apparitions les yeux en coeur) avec une bonne volonté impressionnante. Toda Erika c’est la petite amie que nous autres no-life pervers on rêve tous d’avoir, à mi-chemin entre le petit animal mignon et le fantasme de magazine, tendrement chiante aussi mais ça fait parti du charme (je dirais même que c’est in-dis-pen-sa-ble). Bref, une <em>idol </em>label rouge, hyper caricaturale donc parfaite ! M’a même fait penser (le talent en moins mais avec autant de kawaiitude) à la prestation de la divine Miyazaki Aoi dans <strong>Nana</strong> (souvenez-vous de la scène où, habillée en <em>maid </em>et avec des couettes, elle récure tout l’appartement et vient accueillir avec un grand sourire son petit ami qui rentre à la maison ! grand moment de fan-service), autre manga surestimé à grand succès adapté en film pour un résultat médiocre (mais avec les deux plus grands jeunes acteurs du cinéma japonais au casting, en la personne de Matsuda Ryuhei et Miyazaki Aoi).<br />
<a name="text2"></a>Mais c’est pas tout, car dans la meilleure scène du film elle se retrouve prisonnière de L qui la soupçonne (à raison) d’être de mèche avec le tueur. Et au lieu de l’interroger traditionnellement (ça serait pas drôle) le bon bougre lui bande les yeux et l’attache devant un attirail de caméras voyeuses à une sorte de siège de torture dans une posture on ne peut plus suggestive, qui ne ferait pas tache dans un AV [<a href="#note">2</a>] fétichiste voir même dans un <strong>Guinea Pig</strong> ! Grand moment de cinéma à n’en pas douter, y manque plus que quelques anguilles et du fil de fer pour se croire dans le très zarb <strong>&lt;NOT SAFE FOR WORK !!!&gt; <a title="NOT SAFE FOR WORK !!!" href="http://insecte-nuisible.com/images/death-eel.jpg" target="_blank">The afraid to a wicked eel and a cruel loach and fear it</a> &lt;/NOT SAFE FOR WORK !!!&gt;</strong> !<br />
Voir l’image plus haut (faut pas s’étonner que j’ai mise celle-là tiens&#8230;)</p>
<p>Now join the  Toda Erika fan-service-club and get ready for the Toda Erika festival!</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/death-note-3.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Erika ouvre des grands yeux étonnés.</div>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/death-note-4.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Erika boude.</div>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/death-note-5.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Erika est interloquée.</div>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/death-note-6.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Erika a l’air stupide et est plus mignonne que jamais.</div>
<p>Après cette petite parenthèse récréative revenons à nos moutons et pourquoi <strong>Death Note</strong> c’est merdique tout plein ! Son impressionnant didactisme ! Ce qui assorti d’une mise en scène premier degré est bien la marque de fabrique d’un cinéma pour attardé mental.<br />
(attention, dernier paragraphe battant le record de points d’exclamation !!!)<br />
C’est finalement un travers très manga, dans le <em>shonen </em>tout particulièrement (rappelez vous votre enfance bercée de <strong>Dragon Ball Z</strong> et autres <strong>Chevaliers du zodiaque</strong> !). Constamment expliquer par des mots ce qu’il se passe et ce qu’il est convenu de comprendre – que tu as voulu me piéger (ce que tu m’as expliqué pendant trois plombes avec un petit sourire en coin) mais qu’en fait c’est moi qui t’ai piégé car j’avais vu venir le coup (ce que je t’explique pendant trois plombes avec un petit sourire en coin) –, probablement dans le but de rendre la lecture (vision) fade, uniforme et sans la moindre subjectivité. L’art de prendre le lecteur (spectateur) pour un con ! Hourra ! Alors si la méthode est déjà lourdingue en bande dessinée qu’est-ce que c’est en film ! Encore pire !<br />
Et en plus dans le genre <strong>Death Note</strong>, tout à son adaptation littérale du manga, fait vraiment fort, allant parfois jusqu’à expliquer quatre ou cinq fois la même scène (<em>remember </em>la fin du premier film, un modèle de lourdeur scénaristique), avec autant de flash-back à l’appui ! Je sais que j’ai horreur des livres/BD/films/autres où les personnages voient tout venir à l’avance pour nous l’expliquer à la fin d’un air supérieur, mais à ce point ça devrait interpeller n’importe qui ! Les gens prennent-ils plaisir à ce genre de <em>deus ex machina</em> mécaniques, répétitifs et lourdement introduits ? Les scénaristes y voient-ils une méthode efficace ? Encore faudrait-il (même en admettant que ça puisse donner quelque chose de bien) que l’écriture soit à la hauteur, et ne tombe pas dans des incohérences à la limite de l’absurde total. Mais là, c’est à croire que ce qui est écrit ne prend même pas en compte les twists qui viendront plus tard ! On se retrouve donc par exemple avec un héros surpris et paniqué par un truc que, nous dira-t-il plus loin, il avait prévu voir planifié ! Risible ! On y trouve encore d&#8217;autres incohérences ou absurdités dans les comportements (et ne me dites pas que ça vient pas du manga, le passage dans le bus est décalqué dessus, mais Light avait-il vraiment besoin de faire voir Ryuuku au bonhomme ? c’est absurde et cela le rend d’autant plus suspect), et à la pelle s&#8217;il vous plait. Alors forcément dans ses conditions ne nous attendons pas à une psychologie de haut niveau (le type sacrifie sa petite amie, cela lui pose pas le moindre problème !) ni à une interrogation sur les dilemmes moraux soulevés par l’idée de base (pourtant riche de potentialités). Les fans du manga hurleront à la trahison de la complexité et la profondeur (pardon ?) de l’oeuvre originale (question : une rédac’ de terminale est-elle considérée comme complexe et profonde ?) mais c’est pas le débat.</p>
<p>Il est temps de plier les meubles. En bref, pas beau, platement mis en scène, mâchant honteusement le travail du spectateur, parfois bêtement incohérent (mais il faut dire qu’arrivé à ce niveau on s’en fout un peu), mais heureusement sauvé par la bouille craquante de la miss Toda (à vous de voir si ça vaut le coup). Vous m&#8217;aurez compris, sauf peut-être pour les fans du manga (quoique) et les pervers plus ou moins refoulés, ça vaut pas un bezef.<br />
Sinon, rien à voir mais je mets ça là n’ayant pas pu le caser autre part, mais j’ai horreur du pseudo gothisme pour minette fan de Tim Burton qui diffuse dans ce truc (manga comme film). Le top du top étant la liste de règles à la mords moi le nœud qui ne dépareillerait pas dans une fan-fic d’ado fan de romantisme ésotérique bas de gamme. Reste que je me demande si on doit s’interdire de mouiller les Dieux de la Mort et de les nourrir après minuit.</p>
<div class="note"><a name="note"></a>[<a href="#text1">1</a>] le site Death Note France crédite Takase Hiroshi comme « Directeur camera », Takase Hiroshi qui n’est personne d’autre que le directeur photo mort. Si tout ça est vrai, il y a donc bien deux cadreurs différents entre les deux volets (l’IMDB indique Ishiyama Minoru pour le deuxième).<br />
[<a href="#text2">2</a>] note pour ceux qui ne connaissent pas les bonnes choses de la vie, les AV (pour « Adult Video ») sont ces fameux films porno nippons (où les organes génitaux sont pixellisés mais où tout le reste est permis ^^)</div>
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		<title>The Matsugane Potshot Affair (Yamashita Nobuhiro, 2006)</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Dec 2007 10:11:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[2006]]></category>
		<category><![CDATA[Arai Hirofumi]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma japonais]]></category>
		<category><![CDATA[comédie]]></category>
		<category><![CDATA[film policier]]></category>
		<category><![CDATA[Kawagoe Miwa]]></category>
		<category><![CDATA[Kimura Yuichi]]></category>
		<category><![CDATA[Miura Tomokazu]]></category>
		<category><![CDATA[Yamanaka Takashi]]></category>
		<category><![CDATA[Yamashita Nobuhiro]]></category>

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		<description><![CDATA[Ça sera jamais un film comique comme on l’entend dans nos contrées mais The Matsugane Potshot Affair reste assez drôle et intéressant, caustique parfois. Malheureusement il n’a pas la fraîcheur de Linda Linda Linda, ni son dynamisme naïf, sa légèreté et son formidable pouvoir d’immersion.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A la lecture de la plaquette de Kinotayo j’avais classé <strong>The Matsugane Potshot Affair</strong> dans la catégorie « pas la peine de voir » (et pour le coup j&#8217;avais raison), avant que la veille de la dernière projection je me rende compte qu’il s’agissait d’un film de Yamashita Nobuhiro. Oui, vous avez bien lu, le réalisateur du très très sublimissime <a title="Linda Linda Linda" href="http://insecte-nuisible.com/linda-linda-linda-yamashita-nobuhiro-2005/40/"><strong>Linda Linda Linda</strong></a> !!! Malheureusement le réalisateur n’était pas présent aux projections, sinon je lui aurais fait part de mon fanatisme absolu pour son film (et il aurait sûrement pris peur).<br />
Malheureusement <strong>The Matsugane Potshot Affair</strong> n’a pas la fraîcheur de <strong>Linda Linda Linda</strong>, ni son dynamisme naïf, sa légèreté et son formidable pouvoir d’immersion (comprendre : vous devez voir <strong>Linda Linda Linda</strong> ! c&#8217;est important).</p>
<p>Ça se passe en hiver dans une petite ville de la campagne japonaise, de celles qui semblent coincées dans des années 60 qui auraient connus les téléphones portables. Une femme est retrouvée quasi morte sur le bord de la route, renversée par un chauffard qui a pris la fuite. La femme s’en sort plutôt bien (même si au début ils étaient prêts à l’incinérer) et sort de l’hôpital, mais réagit avec détachement à l’enquête de police, ne faisant rien pour aider à retrouver le chauffard. L’affaire aurait donc été classée faute d’éléments si elle n’était revenue quelques jours après, car elle a visiblement quelque chose à y faire.<br />
Le film tourne autour de deux frères jumeaux et de leur famille. Le premier est flic, le deuxième n’est autre que l’auteur du délit de fuite. Et quand ce dernier est reconnu par sa victime, elle et son compagnon exercent sur lui un chantage pour qu’il l’aide dans leurs magouilles. Avec un pitch pareil, on pense bien évidemment à <strong>Fargo </strong>: intrigue policière dans un village de pécors sous la neige, policier par hyper futé, malfaiteurs encore moins, humour noir et le tout tiré parait-il d’une histoire vraie. Je ne doute pas une seconde que le film des frères Coen ait inspiré Yamashita (même s’il disposait lui aussi de son coté d’un fait divers).<br />
<strong>The Matsugane Potshot Affair</strong> n’a malheureusement pas la force de <strong>Fargo</strong>, malgré des bons branquignols, et surtout un humour noir assez subtil (si on veut) bien que tordu et très porté sur le scabreux. Pour vous donner une idée, la scène d’ouverture montre la découverte de la femme inanimée (qu’on pense morte) par un gamin, gamin qui après avoir hésité un petit moment entreprend d’explorer son corsage et de la peloter joyeusement, avant de s’aventurer sous sa jupe ! Un nécrophile prépubère de dix ans, ça le fait. Et c’est complètement inattendu.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/matsugane-potshot-affair-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Yamashita n’étant comme chacun le sait pas un fangio de la mise en scène le tout est aussi un peu plat. Ce n’est heureusement plus les plans séquences fixes de <strong>Linda Linda Linda</strong>, c’est beaucoup plus découpé (sans non plus être du Tony Scott, hein), mais moins intime, moins immersif. C’est bien là le problème de <strong>The Matsugane Potshot Affair</strong>, on a du mal à se sentir impliqué. Même si on se demande « bon dieu c’est quoi le tireur fou du titre ? », parce que pour l’instant y a pas trop de gun-fight ! Ce titre, c’est d’ailleurs de la grosse couillonnade, mais l’unique scène qui y fait référence n’en est que d’autant plus savoureuse et absurde. Mais voilà le problème (qui fout tout par terre), c&#8217;est le plus souvent chiant.<br />
Ça sera jamais un film comique comme on l’entend dans nos contrées (avec blagues de blondes en renfort), mais <strong>The Matsugane Potshot Affair</strong>, dans sa peinture des habitants de cette petite ville, reste assez drôle et intéressant, caustique parfois. Comme toute cette intrigue avec la coiffeuse qui prostitue sa ville handicapée mentale que tous les mâles de la ville ont baisée, ou encore la rencontre avec les parents de la copine du flic et le père de ce dernier qui part totalement en sucette.<br />
Mais ça vaudra jamais <strong>Linda Linda Linda</strong> (comment ça je radote ?).</p>
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		<title>Truth or Dare (Kim Gi-Yeong, 2000)</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Sep 2007 13:57:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[2000]]></category>
		<category><![CDATA[Ahn Seong-Gi]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma coréen]]></category>
		<category><![CDATA[film policier]]></category>
		<category><![CDATA[Gweon Yong-Wun]]></category>
		<category><![CDATA[Ha Ji-Won]]></category>
		<category><![CDATA[Kim Gi-Yeong]]></category>
		<category><![CDATA[musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Truth or dare rentre incontestablement dans la très convoitée catégorie « gros navet où y a vraiment rien à sauver ». ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>De ma petite sélection de films coréens pas connus, <strong>Truth or dare</strong> est le premier à rentrer incontestablement dans la très convoitée catégorie « gros navet où y a vraiment rien à sauver ». Aller, j’avoue, c’est le pire du lot – ce qui empêche pas de lire jusqu’au bout, hein ?</p>
<p>En deux mots, la star du rock pour midinettes prépubères Cho Ha-Rok est retrouvé mort dans sa voiture, et tout porte à croire que c’est par overdose. L’alerte est donnée par Da-Hae, la présidente du fan-club, qui avoue l’avoir tué parce que le chanteur l’a violée. Mais l’inspecteur chargé de l’affaire est convaincu qu’elle ment et cache quelque chose. Et là ça commence à être compliqué, le zélé fonctionnaire de police se retrouvant face au nombreux témoignages contradictoires de la part de tous les témoins et personnes impliquées, membres du fan-club, agent de la star et autres.<br />
Là, j’ai commencé à avoir mal, sentant venir à plein nez le thriller psychologico-policier, avec confrontations de témoins plus retors les uns que les autres, ayant tous quelque chose à cacher, et qui commence à hanter l’enquêteur qui finit par en faire une « affaire personnelle ». Gagné ! On a même droit au coup de l’inspecteur qui tombe sous le charme de la gamine, et qui en passant commence à éprouver des doutes sur sa relation avec sa fille – rien de sexuel, je vous rassure (quoique) mais des questions fondamentales comme « me cache-t-elle quelque chose ? », « prend-elle de la drogue ? », « a-t-elle déjà perdu son pucelage ? »,&#8230; enfin, vous voyez. Rien que du déjà vu cinquante fois, d’autant plus que le film enfile les « passages obligés » du genre avec la finesse d’un char Leclerc et sans leur apporter la plus petite once de personnalité.<br />
Bizarre, car le film étant visiblement inspiré de faits réels (je viens de découvrir ça, après avoir vu le film) : le meurtre d’un certain Kim Seong-Jae du groupe Deux (un petit tour sur YouTube confirme mes craintes : un groupe de « hip-hop » pour adolescentes des plus fadasses, mais visiblement culte) qui aurait marqué tout le pays. Diantre ! Tout ça pour dire que partant d’un fait réel qui l’a à priori marqué, le scénariste aurait pu en tirer quelque chose de plus crédible. Quelque chose de crédible par contre dans ce film, c&#8217;est le comportement des fans, qui paraîtra peut-être étrange à toute personne normalement constituée, mais qui n’étonnera pas une seconde qui a un peu goûté du milieu de la pop coréenne. Les collègues de Da-Hae s’emploient donc à dépenser leur abonnement SMS pour faire monter leur idole dans les charts, à menacer leurs camarades de classe pour qu’elles créent des comptes sur les forums pour lui adresser des messages de soutien bidons (note culturelle du jour : en Corée il est souvent nécessaire de fournir son numéro d&#8217;indentité pour s’inscrire sur les sites, difficile donc de créer des comptes multiples), à dévaliser les magasins de disques le jour de la sortie de l’album pour créer l’événement, ce genre de conneries quoi, et surtout d’aller sur les plateaux télé pour hurler comme des hystériques et se crêper le chignon avec les fans d’en face. Même pas exagéré.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/truth-or-dare-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Le film est par contre pétri d’incohérences, en particulier dans les comportements des personnages, dont la psychologie a visiblement fait l’objet d’une grande attention. Les techniques d’interrogatoire elles aussi laissent songeur – un exemple, le gars qui agite la preuve devant les yeux de la gamine « on a retrouvé tes cheveux sur le lieu du crime ! ahah ! »  alors que ça fait depuis le début qu’elle a avoué le meurtre ! Le tout donne vraiment l’impression d’une succession de situation types puisées dans le « manuel du parfait petit film policier à intrigue tordue » et intégrée à la va-vite dans une trame scénaristique déjà faiblarde – sérieux, le mobile du meurtre, qu’on découvre bien entendu véritablement à la toute fin, alors que l’affaire est classée, est d’une bêtise assez édifiante.<br />
Et comme si ça ne suffisait pas, la mise en scène (car j’en ai toujours pas dit un mot) est aux abonnés absents. Sans personnalité, sans point de vue, sans inventivité et sans relief, et encore aggravée par un recadrage à la hache qui sanctionne un cadre qui dès l’origine ne devait pas être bien inspiré. Les acteurs, menés par une pseudo Kim Min-Sun au rabais, varient quand à eux entre le potable et le totalement fade. Vous n’irez pas vous plaindre que je vous ai pas prévenus.</p>
<p>Juste histoire de décourager les plus téméraires, un mot du DVD, qui est à ma connaissance le seul dispo (si vous en connaissez un autre, faites moi signe) et d’une qualité über-médiocre. Outre le recadrage de 1.85 à 1.33 déjà évoqué, l’image est dégueulasse, le son encore pire (certains passages sont même inaudibles à cause de sa saturation) et le sous-titrage à priori pas glorieux. Rien de bien étonnant lors que le film terminé, au cour du générique, il devient évident que cette copie est en fait réalisée à partir d’un passage télé ! Perso, j’adore (au moins on a pas le logo de la chaîne en haut à droite de l’écran pendant tout le film, parce que j’ai déjà vu ça). Et, les curieux seront contents d’apprendre que le jour en question le programme de deuxième partie de soirée c’était <strong>Scream 3</strong>.</p>
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