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	<title>Insecte Nuisible &#187; festivals et rétrospectives</title>
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	<description>Le cinéma qui grouille</description>
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		<title>Long live Uwe Boll!</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Sep 2009 22:54:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma allemand]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma canadien]]></category>
		<category><![CDATA[festivals et rétrospectives]]></category>
		<category><![CDATA[portnawak]]></category>
		<category><![CDATA[Uwe Boll]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

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		<description><![CDATA[Autoproclamé meilleur cinéaste du monde, quasi unanimement dénoncé comme le plus gros tâcheron de ces dix dernières années, Uwe Boll est un réalisateur et producteur qui fait grincer pas mal de dents. Présentation de trois films du réalisateur teuton, projetés lors de la 15e édition de l'étrange festival.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Autoproclamé meilleur cinéaste du monde, quasi unanimement dénoncé comme le plus gros tâcheron de ces dix dernières années, Uwe Boll est un réalisateur et producteur qui fait grincer pas mal de dents mais qu’ici on a toujours défendu – disons plutôt, cet article étant le premier se penchant vraiment sur son cas, qu’on en a toujours pensé du bien –, peut-être davantage qu’il ne le mériterait. Du commun des cinéphiles, le bonhomme est surtout connu pour ses adaptations de jeux vidéo. Force est, même pour le fan, d’admettre qu’on y croise le pire (<strong>House of the Dead</strong>, superbement nul mais très drôle), voire l’infâme (<strong>Alone in the Dark</strong>, superbement nul mais même pas drôle), mais également des séries B assez plaisantes (<strong>Dongeon Siege</strong> ou encore <strong>BloodRayne</strong>, deux films pas top mais qui passent très bien avec des pizzas et de la Kro). Mais même si le cinéaste allemand semble trouver un malin plaisir à massacrer des licences (plus ou moins) chères aux gamers (on avait parlé de lui pour faire <strong>World of Warcraft</strong> !) sa filmographie est très loin de s’y réduire (ce qu’oublie par exemple <a title="Uwe Boll sur Wikipédia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Uwe_Boll" target="_blank">sa notice Wikipedia</a>, aussi drôle qu’orientée à charge) puisqu&#8217;il a entre autres touché au teen-movie (<strong>Heart of America</strong>), au film de guerre (<strong>Tunnel Rats</strong>), d’horreur (<strong>Seed</strong>) ou encore de prison (<strong>Stoic</strong>, qui calma tout le monde lors de la dernière édition du BIFFF), des films souvent bien loin des bouses annoncées par ceux qui, n’ayant vu que <strong>House of the Dead</strong>, font du <em>Boll-bashing</em> systématique.<br />
C’est ce que rappelle la quinzième édition (parisienne) de l’<a title="Etrange festival" href="http://www.etrangefestival.com/">étrange festival</a> – festival dont on ne dira jamais assez de bien – qui a programmé trois de ses films (projetés en sa présence !), des films qui, loin des images préconçues, dressent le portrait d’un cinéaste ne faisant certes pas dans la dentelle et érigeant la<em> fuck-you-attitude</em> en art de vivre, mais également éclectique, frondeur, subversif et iconoclaste – en un mot « pas normal », et c’est pour ça qu’on l’aime.</p>
<p><a name="amoklauf"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/amoklauf-01.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Amoklauf </strong>(1994)</div>
<p>Le troisième film de Boll est ma foi un drôle d&#8217;objet qui ajoute encore à la curiosité de sa filmographie. Étrange à la vue de l’orientation que prendra par la suite sa carrière, <strong>Amoklauf </strong>s’inscrit dans cette vague(lette) de cinéma underground allemand des années 80-90, sombre, violente, politiquement incorrecte et/ou nihiliste, quelque part entre Olaf Ittenbach et Jörg Buttgereit – plus proche de ce dernier d’ailleurs (on pense notamment à <strong>Schramm</strong>, réalisé l’année d’avant).<br />
Typiquement dans ce genre de cinéma, <strong>Amoklauf </strong>peint l’existence d’un homme vidé de toute substance, sans perspectives et pour qui chaque minute est plus morne et blasée que la précédente, en quelque sorte un désert existentiel et affectif de très haut niveau. Il soulage (et cultive) vaguement sa frustration devant des enregistrements d’exécutions et des vidéos porno, mais même ce voyeurisme ne le stimule pas plus que cela. A ce sujet et en lien avec les conditions de projection, le fait que les dialogues des émissions de télé qu’il regarde ne soient pas sous-titrés (drôle d’idée quand on réalise qu’il s’agit de deux tiers de tous les dialogues !) accentue cette sensation de vide et de misère, rendant la chose totalement anecdotique et automatique, sans substance (et d’ailleurs pas difficile à saisir, car après tout ce qui y est raconté, que ce soit au Juste Prix ou dans un film porno, est toujours la même chose et n’a aucune espèce d’importance). Et forcément (sinon c’est pas rigolo), le bonhomme finira par exploser et buter tout le monde.<br />
Le film est réalisé avec un budget de trois deutschemarks cinquante, ce qui se voit, mais ça fait parti du plaisir (on peut pas être underground avec une équipe de cent personnes). Très brut de décoffrage donc, propices à l’illustration sans fioriture de la misère humaine, avec (ce qui n’est pas incompatible, bien au contraire) une grande présence d’écrans filmés et de percées arty (gros grain inside) donnant à la chose une texture plus brouillée et physique. Résultat des courses, malgré un budget ridicule l’image est loin d’être dégueulasse (enfin, si, mais vous me comprenez). Il y a même parfois pas mal d’idées, des points de vue surprenants (par l’ouverture d’une branchie sur les humains en train de découper et d’observer le poisson, assez cocasse comme renversement de point de vue). On reprochera par contre à Uwe Boll, sans doute soucieux d’exprimer la dépression de son personnage, de faire durer ses scènes (et certains plans) plus que nécessaire. Pas particulièrement parce qu’elles deviennent ennuyeuses (je pense que certains n’auront pas besoin de cela pour s’ennuyer devant <strong>Amoklauf</strong>) mais parce que cela rend inutilement démonstratifs leurs procédés, pourtant souvent intéressants. Ainsi je ne doute pas une seconde que le cinéphile curieux de bizarreries glauques trouve la scène de masturbation absolument démente (même si, en effet, tirant en longueur). Idem du carnage final, qu’Uwe Boll décompose à l’extrême, multipliant les angles de prise de vue et opérant par micro flashs-back successifs, montrant les actions de multiples fois en étirant la scène. Très réussi dans sa plus grande partie.<br />
Le même constat pourrait s’appliquer au film, qui certes ne contrôle pas toujours sa fougue et ses idées (Uwe Boll pensait à l’époque que cela serait son dernier, pour cette raison il a dû charger la mule) mais se trouve être une authentique bizarrerie.</p>
<p><a name="postal"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/postal-01.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Postal </strong>(2007)</div>
<p>Le cliché raconte qu’Uwe Boll tourne des adaptations toutes pourries de jeux vidéo, on n’est pas forcément obligé de le démentir. La preuve avec <strong>Postal</strong>, adaptation du jeu du même nom (le deuxième de la série) et pour le coup très très naze ! Sauf que – accrochez-vous c’est concept – contrairement à d’autres adaptations de Boll la nullité cosmique de <strong>Postal </strong>est la raison même de sa réussite. Pour ceux qui n’auraient pas eu la chance d’y jouer, rappelons que <strong>Postal 2 </strong>est un jeu aussi débile que jouissif où on se faisait poursuivre par des talibans et des associations de protection familiale, et qui par dessus le marché en voulait sérieusement à la gent féline (leu jeu se terminait par l&#8217;apocalypse, avec des chats qui pleuvaient du ciel et s&#8217;écrasaient toutes tripes dehors sur les trottoirs). Et autant on peut être sceptique concernant, disons, <strong>Alone in the Dark</strong>, autant pour porter <strong>Postal 2</strong> à l’écran Uwe Boll, parce qu’il n’a aucune retenue, était sûrement le meilleur choix possible. En gros : « Vous trouvez que je fais des films merdiques ? Et bien je vais en faire un encore pire, et ça sera mon meilleur film ! »<br />
Pari réussi, pour peu qu’on accroche à cette note d’intention peu ordinaire et à la connerie insondable de ce qui va suivre. Adaptation fidèle du jeu, on aura droit à des islamistes débiles qui courent en criant « yalla yalla ! », des peluches en forme de couilles, à un chat sodomisé par un flingue, à un nain violé par des chimpanzés,&#8230; Uwe Boll en rajoutant une couche parfois bien sentie, en accentuant le coté post 11 septembre par exemple (Oussama Ben Laden qui suit la conférence d’un entrepreneur capitaliste pour apprendre à fanatiser ses employés !) ou en se foutant de sa propre gueule (Uwe Boll joue son propre rôle de cinéaste médiocre et pédophile qui produit ses films avec l’or nazi). Vous l’aurez devinez mais je confirme, le film ne fait pas dans la finesse, pas une seule seconde. Par exemple quand il se moque des codes hollywoodiens il n’y va pas avec le dos de la cuillère, que ce soit en faisant prononcer à son héros un long et ridicule discours sur la tolérance et l’amitié entre les peuples ou en filmant une fusillade où les enfants se prennent systématiquement les balles perdues.<br />
Le mieux dans tout ça, c’est que le film est atrocement mis en scène. Aucune photo, encore moins de cadre, un montage asthmatique,&#8230; ça ressemble à une mauvaise sitcom et les scènes d’actions doivent être les pires tournées dans l’année. Le revers de la médaille est que (du point de vue purement technique encore) le rythme en prend lui aussi pour son compte, ce qui pour le coup est vraiment dommage.<br />
Finalement, on comprendrait presque la frilosité des distributeurs devant ce film dont le rire gras peut faire mouche chez le cinéphile pas très regardant mais pour le reste absolument indéfendable !</p>
<p><a name="rampage"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/rampage-01.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Rampage </strong>(2009)</div>
<p>On passe à tout à fait autre chose avec <strong>Rampage</strong>, sans doute le meilleur film de Boll – d’ailleurs quand on suit ses derniers films, non seulement ils vont globalement de mieux en mieux mais aussi Uwe Boll s’y montre de plus en plus vénère, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Dans <strong>Rampage </strong>il met en scène un ado qui va prendre les armes et faire un carnage dans sa tranquille petite ville, tuant les gens au hasard et sans état d’âme. La faute aux jeux vidéo sans doute ? à une existence morne et aux humiliations quotidiennes ? à la planète qu’il faudrait dépeupler ? à moins que&#8230; la suite du film dévoilera que cela n’est pas si évident. Le personnage d’<strong>Amoklauf</strong> (qui lui aussi sortait dans la rue pour buter les passants) avait au moins l’excuse de la médiocrité de son existence, ce qui pouvait nous le rendre sympathique (façon de parler, disons qu’on lui trouvait des excuses), celui de <strong>Rampage</strong> n’est que l’incarnation du capitalisme poussé dans ses retranchements.<br />
Ce qui fait plaisir au <em>Boll-fan</em> à la vue de <strong>Rampage</strong>, c’est qu’il y a vraiment du mieux là où justement Uwe Boll pèche souvent, même dans ses films « respectables » (<strong>Tunnel Rats</strong> par exemple). Par exemple la photo qui, accompagnée par la prise de vue très proche de l’action, rend le film très sec. La narration aussi est chouette, le film est écrit (si si). Les multiples inserts (des flashs-forward du massacre) rythment la première partie avec une grande efficacité : c’est très éclaté et c’est brutal, Boll a tout bon pendant au moins une bonne demi heure, vraiment très bonne. Malheureusement il met (quasiment) fin au dispositif (et pour cause, on peut guère <em>falshforwarder</em> l’action présente) lorsqu’arrive la fusillade, du coup beaucoup plus linéaire. On commence à se dire qu’on va finir par se lasser si le reste du film continue la tuerie sur ce mode, mais arrive bientôt un scène absolument géniale, lorsque le tueur débarque avec ses pistolets mitrailleurs et sa tenue de combat dans un hall rempli de vieux en train de jouer au bingo – j’en dirai pas davantage.<br />
Quand à la mise en scène proprement dite, désolé de vous décevoir mais Boll est loin d’être mauvais, ce qui ne date d’ailleurs pas de ce film (il lui arrive par contre de tâcheronner, je ne prétends pas le contraire). Ici il opte pour une caméra portée (qui bouge donc beaucoup, trop selon ses détracteurs) assez spontanée et collée aux basques du personnages. Le montage donne un peu d’air à un cadre qui en manque en oscillant entre deux extrêmes, d’un coté un grand éclatement, aussi bien temporel que spatial, avec des <em>cuts </em>dans tous les sens et de l’autre des plans parfois longs genre cinoche indépendant pseudo-réaliste. Au sujet de ce dernier mot, si on reste bien loin du <em>portnawak </em>d’un <strong>Postal</strong>, <strong>Rampage </strong>donne lui aussi dans l’exagération et je ne doute pas une seconde qu’on trouve ici et là des gens pour trouver le script pas crédible. Grand bien leur fasse ! Combinée au premier degré des prises de vue (aucune distance n’est opérée) cette exagération rend le film assez fascinant.<br />
Un petit mot pour conclure sur la fin du film. Si certains éléments de sa mise en place peuvent un premier temps sembler décevants, comme un renoncement au jusqu’au-boutisme qui caractérise le film, – l&#8217;action du personnage pouvant un premier temps être prise comme l&#8217;expression d&#8217;un malaise (social) et/ou comme portant une revendication politique (en gros des trucs bien, un comportement engagé, y compris de la part du cinéaste) mais prenant en fin de compte la forme de préoccupations parfaitement égoïstes – elle se trouve finalement terriblement cynique et immorale.<br />
Uwe Boll n’a pas finir d’emmerder le monde, hourra !</p>
<p>Pour compléter ce compte-rendu, je vous encourage vivement à regarder le documentaire <a title="Visiting Uwe [WS Avant-Garde]" href="http://www.ws-avantgarde.de/visitinguwe/"><strong>Visiting Uwe</strong></a> réalisé par le site allemand Wildscreen Avant-Garde.</p>
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		<title>Cannes 2009, ep.3</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-3/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-3/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2009 22:05:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Ailleurs et Pas-tout-de-Suite]]></category>
		<category><![CDATA[Chris Chong Chan Fui]]></category>
		<category><![CDATA[festivals et rétrospectives]]></category>
		<category><![CDATA[Hong Sang-Soo]]></category>
		<category><![CDATA[Luc Moullet]]></category>

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		<description><![CDATA[Compte-rendu du festival de Cannes 2009, épisode 3.
(Karaoke, Like you know it all, La Terre de la folie)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Résumé de <a href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-2/">l’épisode précédent</a> :<br />
<strong>Independencia </strong>a beau ne pas être funky, y a vraiment des choses dedans.<br />
<strong>Navidad </strong>n’a rien de spécial, mais y a une jolie fille.<br />
<strong>A deriva</strong> c’est pas mal, mais on s’en souvient déjà plus.<br />
<strong>J’ai tué ma mère</strong> est réalisé par un ado sans talent.<br />
<strong>Yuki &amp; Nina</strong> c’est du mauvais théâtre.</p>
<p><a name="karaoke"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/karaoke-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Karaoke </strong>(Chris Chong Chan Fui, 2009)</div>
<p>Cette dernière série commence <em>hardcore </em>avec ce <strong>Karaoke</strong>, vu uniquement parce que j’aime les scènes de karaoké. Oui, c’est comme ça – le karaoké, la musique, les jolies filles, c’est peut-être un peu racoleur comme principe et un peu faible de ma part, mais j’assume mes travers. Cela dit, j’ai été bien puni avec ce film car c’est tout pourri, même les scènes de karaoké.<br />
Quoique&#8230; si on est vraiment déviant ces scènes peuvent avoir un coté LOL, un peu comme <strong>Predator </strong>à la sauce Bollywood : on a droit à de la chanson malaise toute moisie qui parle soit d’amour soit de Dieu, sur fond de vidéos <em>cheapos </em>qu’à coté les VCD de karaoké chinois c’est le nec plus ultra de la recherche esthétique et du bon goût. C’est d’ailleurs dans une de ces vidéos mielleuses et kitch que joue le personnage principal, qui vient de retourner dans son village natal pour aider sa mère qui tient&#8230; un karaoké. Tu la sens ma métaphore filée ? (métaphore de rien d’ailleurs, je sais pas trop pourquoi je dis ça). Au début ça se passe donc dans le bar-karaoké de la mère, y a des gens qui parlent, qui jouent aux cartes, accessoirement qui chantent&#8230; c’est sombre, on y voit pas grand chose, il se passe que dalle et ça commence à être chiant. Puis le mec commence à chauffer la nana, cool, mais pas tant que ça, ça reste un film d’auteur malais, hein.<br />
A ce sujet, puisqu’on parle de malais, y a des plans que n’aurait pas renier <a title="I don't want to sleep alone" href="http://insecte-nuisible.com/i-dont-want-to-sleep-alone-tsai-ming-liang-2006/">Tsai Ming-Liang à son pire</a>, genre un type qui arrange son matelas, puis se relève et continue à faire son bazar pendant trois minutes avec le haut du corps hors cadre. Mais on ne soupçonne pas jusqu’où peut aller Chris Chong, puisque sous prétexte de faire se perdre son personnage il se permet un quart d’heure de prises de vue documentaires sur une plantation (ze question : plantation de quoi ?) avec les ouvriers qui bossent, les bulldozers et tout le toutime. Là on commence à faire outch et on se dit qu’après ce truc Hong Sang-Soo <a title="Domino" href="http://insecte-nuisible.com/domino-tony-scott-2005/">ça va nous sembler du Tony Scott</a>.</p>
<p><a name="hhs"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/like-you-know-it-all-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Like you know it all</strong> (Hong Sang-Soo, 2009)</div>
<p><strong>Like you know it all</strong> me permet de continuer <a href="http://insecte-nuisible.com/quatre-films-de-hong-sang-soo/">mon petit dossier Hong Sang-Soo</a>, en en ayant quand même loupé deux entre celui-là et les derniers que j’ai vu. J’irai les voir quand l’occasion se présentera, je doute que je fasse l’effort de me les procurer. Vous n’êtes pas sans avoir que je n’aime pas Hong Sang-Soo, et c’est pas ce dernier film qui va me faire changer d’avis. Quoiqu’on y distingue tout de même que le père Hong, à défaut d’avoir du talent, a de l’humour et sait prendre du recul sur les choses. C’est toujours ça de pris.<br />
Si on a pu dire que Hong Sang-Soo faisait toujours le même film, c’est pas forcément vrai ici. Quoique, on est pas forcément loin de <strong>Conte de cinéma</strong>. Par contre il fait toujours ses films de la même manière : ici on applique le principe de <strong>La Vierge mise à nue par ses prétendants</strong> à la nuance près que l’articulation entre les deux parties en miroir s’effectue comme dans <strong>Turning Gate</strong> (cad à la va-comme-j’te-pousse, parce que hop tout d’un coup ras le cul de cette partie je passe à la suivante).<br />
Hong y met en scène un réalisateur invité à être jury d’un festival (Jeonju ?) de cinéma – de toute évidence il se met en scène lui même, du moins partiellement. L’occasion de mettre quelques piques au milieu et aux apparentes bonnes intentions, soit naïves soit calculatrices, de ceux qui y gravitent. Ce qui est troublant, c’est combien tout ce que peuvent y dire les personnages, ridicule et qu’on prendrait volontiers au second degré, est typiquement ce qui pourrait sortir de la bouche d’une personne comme Hong. Ça a le mérite d’être (parfois) drôle. Puis comme je le disais, après s’être bourré la gueule et avoir retrouvé un ancien ami et sa femme, le type se tire avant la fin du festival. On le retrouve à animer une conférence dans une école de cinéma à Jeju, où il se bourre la gueule et retrouve un ancien professeur et sa femme. Donc oué, une partie fait écho à l’autre, pas toujours avec beaucoup de subtilité d’ailleurs. Pas que les indices soient réellement disséminés avec la légèreté d’un rhinocéros, mais cela peut donner cette impression ; j’avais déjà fait des remarques dans ce sens au sujet du cinéma de Hong, il est trop peu dense pour que les éléments qu’il y met ne sautent pas immédiatement au visage avec toute leur signifiance.<br />
Mais comme je le disais, dans ce film Hong fait preuve de recul : c’est limite s’il ne nous mâche pas le travail, à nous ses détracteurs ! Notamment dans une scène où les étudiants lui posent des questions et où une en particulier l’interpelle de manière assez véhémente pour conclure la discussion sur la sentence : « Vous n’êtes pas un réalisateur, vous êtes un philosophe. » Et ça, c’est tout Hong Sang-Soo !<br />
Philosophe tout d’abord. Il aime bien causer, ses films sont super bavards (ce qui peut donner, dans un style il est vrai différent, <a title="Tachiguishi Retsuden" href="http://insecte-nuisible.com/tachiguishi-retsuden-oshii-mamoru-2006/">des choses absolument sublimes</a>) avec de temps à autre des réflexions qui se veulent (ou pas) profondes. Mais comme vous n’êtes pas sans le savoir dans les films de Hong Sang-Soo on picole pas mal, et le problème est bien là, Hong est un philosophe ivrogne qui fait de la philosophie de fond de tonneau. C’est rigolo quand comme dans ce film elle se moque d’elle-même, mais sinon ça va pas très loin. Pas un réalisateur ensuite. Car ces films sont mis en scène avec les pieds ! Ou plutôt avec une négligence même pas coupable – il place cet aveu dans la bouche de son personnage de cinéaste : ce qui l’intéresse c’est de débarquer sans trop savoir ce qu’il va faire, sans à priori, et de voir ce qui en sort (et si vous voulez mon avis il ne s’en dégage pas grand chose).<br />
Quoique dans celui là il semble vouloir davantage « découper » son film. J’utilise des guillemets car il coupe toujours aussi peu. Par contre il s’essaye parfois à, pour prendre comme exemple un de ses plans typiques avec des personnes attablées filmés de profil (dans tous ses films vous avez au bas mot cinq plans du genre), il ne va plus se contenter d’un plan séquence fixe de demi ensemble, mais va parfois zoomer et faire des panoramiques en va et vient de l’un à l’autre coté de la table sur les personnages. Je note l’effort, mais j’avoue trouver le résultat particulièrement dégueulasse. Et puisqu’on parle de zoom, une chose que j’ai noté dans celui là et qui ne m’avait pas choqué dans les autres (après la séance <a title="Dooliblog" href="http://dooliblog.com/">Pierre</a> me disait pourtant qu’il faisait déjà ça avant)(sans doute moins que dans ce film en tout cas), il y a dans ce film plus de zoom que dans un film de ninja de la Cannon ! Tout d’abord, quand il filme les personnages, il abuse de (plus ou moins) légers zooms pour ponctuer une réplique ou souligner une impression. Ensuite, lors des plans d’ensemble introduisant une séquence il lui arrive plutôt deux fois qu’une de commencer par un détail (exemple typique, une enseigne de bar) puis de dézoomer pour retrouver une valeur de plan large. Ou inversement de finir les séquences en zoomant sur un détail, comme cette scène (qui a tout pour devenir culte) qu’il conclu en zoomant sur une chenille (ravalant mon fou rire j’ai bien failli m’étouffer, on ne dira jamais assez combien l’activité de critique cinoche est dangereuse). L’un dans l’autre, ça ressemble à un film amateur (tonton Jeannot qui film les vacances au Cap d’Agde) ou à une vague réal de mauvais documentaire télé. Sérieusement c’est hideux.<br />
En fait on a la mauvaise impression que, tout occupé à essayer de saisir ce qu’il n’est pas venu chercher, Hong refuse de couper ses plans et de monter son film. En résulte ce compromis bâtard qui ne satisfait personne.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/le-pere-de-mes-enfants-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Le Père de mes enfants</strong> (Mia Hansen-Love, 2009)</div>
<p>&lt; coupure pub : le moment LOL &gt;</p>
<p>Il n’y a pas que le cinéma coréen à se gargariser de sa grand famille du cinéma : cette sélection cannoise a aussi été l’occasion rêvée de rappeler aux sceptiques l’inventivité sans cesse renouvelée du cinéma français. Ne nous attardons pas trop sur le fait qu’encore une fois Gaspar Noé a été boudé (après tout c’est un cinéaste des plus anecdotiques et inintéressants, n&#8217;est-ce pas ?) pour nous régaler du truculent <strong>Le Père de mes enfants</strong> de Mia Hansen-Love. Voici <a href="http://player.canalplus.fr/#/244709">un petit extrait</a>, mais le résumé parle de lui-même :<br />
« Grégoire Canvel a tout pour lui. Une femme qu’il aime, 3 enfants délicieuses, un métier qui le passionne. Il est producteur de films. Révéler des cinéastes, accompagner les films qui correspondent à son idée du cinéma, libre et proche de la vie, voilà justement sa raison de vivre. Sa vocation. Grégoire y trouve sa plénitude, il y consacre presque tout son temps et son énergie. Hyperactif, il ne s’arrête jamais, sauf les week-end, qu’il passe à la campagne en famille : douces parenthèses, aussi précieuses que fragiles. Avec sa prestance et son charisme exceptionnel, Grégoire force l’admiration. Il semble invincible. Pourtant sa prestigieuse société de production, Moon Films, est chancelante. Trop de films produits, trop de risques pris, trop de dettes. Les menaces se précisent. Mais Grégoire veut continuer d’avancer, coûte que coûte. Jusqu’où cette fuite en avant le conduira-t-il ? Un jour, il est obligé de se confronter à la réalité. Un mot surgit : l’échec. Et une grande lassitude. Qui va bientôt, secrètement, prendre la forme du désespoir. »<br />
Si ça c’est pas l’expression la plus pure et la plus chaleureuse de l’amour du cinéma, je ne sais à quel saint me vouer ! Merci le cinéma français !</p>
<p>&lt;/ coupure pub &gt;</p>
<p><a name="folie"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/la-terre-de-la-folie-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>La Terre de la folie</strong> (Luc Moullet, 2009)</div>
<p>Cette troisième session est décidément très cohérente, par accident je vous l’assure, car cette <strong>Terre de la folie</strong> ressemble très fort à <strong>Like you know it all</strong> ! Contre toute attente d’ailleurs, puisqu’il s’agit à priori d’un documentaire. Mais j’aurai l’occasion de revenir dessus.<br />
Le réalisateur s’attache à y recenser un certain nombre d’actes de folie ayant eu lieu dans sa région natale, partant de cas révélés dans sa famille puis élargissant. Il va même jusqu’à circonscrire un « pentagone de la folie » où les actes de folies seraient plus nombreux qu’ailleurs ! Je résume très mal, et ainsi cela a l’air encore plus abracadabrantesque que ça ne l’est réellement.<br />
Parce que si Hong Sang-Soo fait de la philo de comptoir, Luc Moullet lui fait de la socio de comptoir ! Le film s’appuie en effet grandement sur des témoignages de gars du cru qui racontent leurs petites histoires locales, sans véritable structure cohérente pour donner une forme à tout cela et dégager des axes de réflexion. Mon coté scientifique sans doute, j’aime les chiffres. Mais c’est de toute évidence pas le cas du film, qui fait son petit bonhomme de chemin sans vraie démarche rigoureuse. Il est donc temps de le prendre par un autre bout.<br />
Car assez bizarrement le film est drôle. Et sans doute plus que voulu du fait de la supériorité naturelle du cinéphile parisien sur le pécore provençal de base – j’adore me sentir bobo. Mais le réalisateur lui-même (qui se met en scène) se permet des plaisanteries. Et il semble bien que les traits de (quelques uns au moins) ces personnages typiques soient quelques peu forcés – ça alors ! Et là je ne sais plus trop que penser, le film devenant sous ses airs respectables un bon gros <em>portnawak</em>. Difficile à appréhender, d’une manière un peu similaire au Hong Sang-Soo, justement.<br />
C’est pas la scène finale qui va arranger les choses, puisque la femme du réalisateur lui dit que son film c’est du n’importe quoi, que la moitié de ses fous ne sont pas des fous, que son pentagone de la folie ne veut rien dire, et que finalement le fou c’est lui. Dont acte, moi j’y pige que dalle.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/air-doll-3.jpg" alt="" /></p>
<p><span class="titrerevue">Ze Palmarès</span></p>
<p>Après vision des films le juré s’est isolé pour délibérer. La discussion fut âpre mais ces efforts ne furent pas vain car voici un palmarès qui affiche haut et fort son engagement pour la pluralité.</p>
<p>Prix « Epikt est un gros fanboy » : <strong>Air Doll</strong><br />
Prix de la meilleure poupée gonflable : Bae Doo-Na<br />
Prix « Epikt est même pas de mauvaise foi » : <strong>Air Doll</strong><br />
Prix de la meilleure humaine : Bae Doo-Na<br />
Prix spécial « doona doona doona » : <strong>Air Doll</strong></p>
<p>Prix de consolation « je fais le film que je veux et je vous emmerde » : Raya Martin</p>
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		</item>
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		<title>Cannes 2009, ep.2</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-2/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-2/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2009 22:33:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Ailleurs et Pas-tout-de-Suite]]></category>
		<category><![CDATA[festivals et rétrospectives]]></category>
		<category><![CDATA[Heitor Dhalia]]></category>
		<category><![CDATA[Hippolyte Girardot]]></category>
		<category><![CDATA[Raya Martin]]></category>
		<category><![CDATA[Sebastián Campos]]></category>
		<category><![CDATA[Suwa Nobuhiro]]></category>
		<category><![CDATA[Xavier Dolan]]></category>

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		<description><![CDATA[Compte rendu du festival de Cannes 2009, épisode 2.
(Independencia, Navidad, A deriva, J’ai tué ma mère, Yuki &#038; Nina)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Résumé de <a href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-1/">l’épisode précédent</a> :<br />
<strong>Dogtooth</strong>, c’est du gâchis.<br />
<strong>Air Doll</strong>, c’est doona doona doona.<br />
<strong>Mother</strong>, c’est prout prout malgré tout.<br />
<strong>Nymph</strong>, c’est bancal mais pas si mal, et inversement.<br />
<strong>La Merditude des choses</strong> c’est pas de la Stella, mais c’est pas non plus de la Chimay – on va dire que c’est de la Grimbergen.<br />
Les prochains films de la sélection sauront-ils se surpasser et ainsi se hisser jusqu’au prestigieux Ze Palmarès ? C’est tout de suite dans votre feuilleton préféré !</p>
<p><a name="independencia"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/independencia-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Independencia </strong>(Raya Martin, 2009)</div>
<p>On attaque fort avec <strong>Independencia </strong>de Raya Martin, bonhomme qu’on connaît bien ici puisqu’on lui doit le terriblement long et terriblement chiant <a title="Now Showing" href="http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises#now"><strong>Now Showing</strong></a>, présenté à la quinzaine des réalisateurs l’année dernière et que je vous avait succinctement chroniqué à cette occasion. D’emblée bon point : le film ne fait qu’une heure dix-sept, soit plus de trois fois moins que le précédent, on apprécie !<br />
Un film bizarre, il ressemble à un film du début du (XXe) siècle, d’abord parce qu’il est en noir et blanc et au format carré mais le mimétisme se ressent également dans le cadrage, autant les plans en pied que les plans rapprochés (les uns comme les autres étant cadrés à la manière de photographies, pas de plans au sein d’une séquence). A se demander si on est pas devant une bobine Lumière sur laquelle on aurait mis du son (et qu’on aurait sacrément restaurée). Un film historique utilisant une esthétique cinématographique correspondant à l’époque décrite, en voilà une drôle d’idée (qui poserait problème dans un péplum).<br />
Mais dans l’affaire, Raya Martin ne cherche absolument pas un rendu documentaire, même pseudo. Car – le film persiste dans son étrangeté – tout y est reconstitué en studio ! On met du temps à s’en rendre compte. Tout d’abord on se dit que l’éclairage est bizarre, et que si ça fonctionne fort joliment sur les visages (avec un coté photo <em>vintage </em>un peu lissée) l’environnement fait tache, limite si on dirait pas du plastique (à priori ça n’en est pas). Puis on se dit que mince, au premier plan y a du vent et les feuilles bougent, mais derrière là où c’est flou bah ça bouge pas beaucoup – on décide donc d’oublier le premier plan (il ne s’y passe de toute façon pas grand chose) pour scruter minutieusement l’arrière plan&#8230; verdict : ça bouge pas. Et pour cause, on réalise bientôt, au détour d’un plan plus rapproché que d&#8217;habitude et/ou d’une perspective bizarre, que ces arrières plans sont en fait des toiles peintes figurant un décor. En voilà une drôle d’idée (qui cette fois ne poserait aucun problème dans un péplum).<br />
Alors, les deux films ayant beau filmer tous deux la jungle, <strong>Independencia</strong> prend le parti pris totalement inverse de <strong><a href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-1/#nymph">Nymph</a> </strong>: ce dernier s’attachait à retranscrire la nature dans ce qu’elle a de plus brute, cherchant à saisir le moindre petit bruit, <strong>Independencia </strong>recrée une jungle artificielle sortie d’une carte postale coloniale.<br />
Et là vous commencez à vous dire que ça donne envie et que ça doit être un bon film. Oui, mais peut-être non (ça va dépendre de vous). On reprochera en effet à <strong>Independencia</strong>, et ça pourra être rédhibitoire, une faculté d’immersion proche du néant. La faute à n’en pas douter à la trop grande distance entre le sujet et le spectateur qui du coup à du mal à se sentir concerné. Une distance induite un premier temps par la grande artificialité du procédé qui parasite le film à tous les postes, du cadre au jeu d’acteur, un second temps par un récit métaphorique dont on peine à saisir les tenants et les aboutissants – le film adopte en toile de fond la guerre américano-philippine et semble vouloir la représenter de manière métaphorique (la scène d’orage finale fait penser à une scène de bataille).<br />
N’empêche, le père Raya Martin je le sens bien et je ferai en sorte de le suivre. Il a ses manies pas désagréables (comme dans <strong>Now Showing</strong> il coupe <strong>Independencia </strong>en deux parties, faisant sauter le film pour intercaler entre les deux un pseudo film de propagande où un soldat ricain tue un gamin philippin pour maintenir l’ordre et la civilisation !) et surtout il ose des choses. Le résultat est variable, mais c&#8217;est parfois fascinant et de toute façon toujours mieux qu’un film qui ressemblent à tous les autres.</p>
<p><a name="navidad"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/navidad-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Navidad </strong>(Sebastián Campos, 2009)</div>
<p>A ce sujet, c’est exactement ce que je vais reprocher à <strong>Navidad </strong>: être totalement banal. Le genre de film où une fois dix ou quinze minutes écoulées, on se demande qu’est-ce qui a bien pu motiver notre présence dans la salle. Dans ce cas, je suppose que mon détecteur de lesbienne était sur la sensibilité maximum&#8230;<br />
Un garçon et une fille donc, qui vont passer Noël (Navidad) dans l’ancienne maison du père de la fille. Le père est mort, la maison va être vendue, et la fille cherche la collection de disques de son père. Le gars, lui, a la mauvaise idée de lire la lettre attachée à un colis qu’il trouve dans le sac de sa copine, cadeau qu’une nana a fait à sa copine. Jaloux à l’idée qu’elle puisse le tromper (avec une fille en plus !) il décide de la planter là. Seulement voilà, pile quand il part il découvre une gamine évanouie dans la serre de la maison. Donc il la ramène à l’intérieur, donc il reste. En gros.<br />
Très quelconque je disais, et pourtant les <a title="teen-movie" href="http://insecte-nuisible.com/tag/teen-movie/"><em>teen-movies</em></a> j’adore ça et je suis souvent plus que tolérant à leur encontre (du coup la projo n’a pas été spécialement désagréable&#8230; enfin bon). Mais on ne peut pas dire que ça soit hyper profond. Au contraire, ça flirte parfois avec la rédac’ de terminale (moment très lol où les trois jeunes gens parlent de l’amour). Sans parler d’une méga incohérence scénaristique, que je n’explique pas et qui accuse le coup d’un gros twist de la mort qui tue comme je les déteste (cad artificiels et contredits par ce qui se déroule avant). Idem de la mise en scène, la plupart du temps trop scolaire pour convaincre.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/air-doll-2.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Air Doll</strong> (Koreeda Hirokazu, 2009)</div>
<p>&lt; coupure pub : parce que je suis un gros fanboy &gt;</p>
<p>Je suis retourné voir <strong>Air Doll</strong> à la seconde séance.<br />
Verdict : <a title="Air Doll" href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-1#air-doll">c’est toujours doona doona doona</a>.</p>
<p>&lt;/ coupure cub &gt;</p>
<p><a name="a-deriva"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/a-deriva-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>A deriva</strong> (Heitor Dhalia, 2009)</div>
<p>C’est donc les yeux encore inondés de bonheur que je me rends à la projection de <strong>A deriva</strong>, film pas dégueulasse mais dont je n’aurai pour autant pas des masses de chose à dire. Ça se passe au Brésil au bord de la mer, c’est les vacances, c&#8217;est la plage, et pile poil au moment où elle se pose la question essentielle « couchera ? couchera pas ? » Filipa, 14 ans et toutes ses dents, voit le couple de ses parents partir en sucette.<br />
Un film sympa, y a des gamines en maillot de bain, ça a un avant-goût de vacances et de soleil quoi. C’est même pas mal monté, c’est donc plutôt séduisant. On lui reprochera quand même ce qu’on reproche à 90% de la production, c’est à dire de n’être composé quasiment que de plans rapprochés et de s’en contenter sans chercher à 1/ jouer sur l’échelle de plan et 2/ aérer son cadre. C’est très con car sur les autres plan le film est bon, assez physique, mais il est étrange que le réal s’évertue à filmer au plus près un film qui n’a aucune raison d’être claustrophobe.<br />
Hum&#8230; oui, c’est tout.</p>
<p><a name="mere"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/jai-tue-ma-mere-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>J’ai tué ma mère</strong> (Xavier Dolan, 2009)</div>
<p>J’ai tué ma mère, bon programme. Belle tromperie sur la marchandise aussi, car voyez vous il va pas la tuer ! Oups, <em>spoiler</em>&#8230;<br />
Le film a au moins ça pour lui, il est drôle. Quelques bonnes répliques, et à n’en pas douter le parlé québécois décuple le potentiel comique de la chose, au moins pour nous autres métropolitains qui gloussons comme des baleines au moindre « criss de ciboire de tabarnak ». Drôle donc, mais cela n’a jamais fait un bon film. Ça n’a même jamais fait une bonne comédie.<br />
Car encore faut-il que le film fasse preuve, à défaut d’invention, d’un minimum de soin. Mais là c’est quand même très moisi ; c’est notamment cadré avec les pieds, par défaut très quelconque mais de temps à autre vraiment hideux ! Exemple con, une série de champs-contrechamps où l’ouverture est faite vers l’extérieur ça peut être une bonne idée, surtout dans le contexte du film (le personnage se heurtant au bord du cadre, cela peut marquer une opposition ou une impossibilité à dialoguer), mais c’est pas une raison pour cadrer au pif et couper le nez des acteurs (j’ai beau aimer le décadrage, là non), ni pour fournir un cadre vide et sans caractère. Et quand se présente un nouveau dialogue qui cette fois est moins fermé mais est montré de la même manière, on se dit qu’il n’y a pas des masses de réflexion sur le sens qu’on veut donner aux images.<br />
Par dessus le marché le film se permet ponctuellement des percées <em>arty </em>(ce qui jure tout de suite avec le coté négligé du reste, et pour le coup décrédibilise l’ensemble) plus ou moins agaçantes, comme des poèmes écrits en texte (car le gamin est artiste) ou son journal vidéo en n&amp;b (car le gamin est introspectif), sans même parler que le type et son pote font « du dripping à la Jackson Pollock » avant de baiser les mains les mains pleines de peinture.<br />
J’ai eu la réponse à certaines de mes questions lors du générique : le film est réalisé par le gars qui joue le jeune homme. Un gamin quoi, à peine vingt ans, pas étonnant qu’il prenne des poses pseudo arty pseudo rebelle et qu’il sache pas filmer. Quoique non, c’est même pas une excuse, <a title="Rub Love (même si j’exagère, la réal avait 21 ou 22 ans)" href="http://insecte-nuisible.com/rub-love-lee-seo-goon-1998/">certains films totalement déments ont été réalisés à vingt ans</a>.</p>
<p><a name="yuki-nina"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/yuki-et-nina-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Yuki &amp; Nina</strong> (Suwa Nobuhiro &amp; Hippolyte Girardot, 2009)</div>
<p>Coïncidence, comme <strong>A deriva</strong>, ou à peu près, <strong>Yuki &amp; Nina</strong> filme le regard d’une enfant sur le divorce de ses parents. Une vraie enfant cette fois, pas une qui a les hormones qui montent. Et figurez-vous que dans celui-là, il n’y a pas que des plans rapprochés ! Hourra ? Bah non, pas hourra. Parce que bon, cette histoire de gros plans on fait chier la moitié des films avec mais c’est pas non plus une recette miracle, hein.<br />
<strong>Yuki &amp; Nina</strong> est donc assez aéré. C’est surtout parce qu’il fonctionne par plans séquences fixe qui sont sensés embrasser toute la scène. Du théâtre qui change rapidement de décor en quelque sorte. Avec un soupçon de téléfilm France 3 qui introduirait parfaitement une soirée débat avec des sociologues télégéniques.<br />
J’avoue volontiers que ce genre de cinéma m’échappe totalement. Son intérêt je veux dire. En fait c’est sans le moindre doute plus intéressant à faire qu’à regarder : je veux bien croire qu’en mettant des acteurs dans une situation et devant une caméra pour les laisser improviser et incarner les personnages, et bien on puisse voir émerger des belles choses. Mais encore faut-il ne pas s&#8217;en contenter (ce qui ici est rarement le cas) et leur offrir un cadre fort qui en ferait <a title="Camel(s)" href="http://insecte-nuisible.com/camels-park-ki-yong-2002/">davantage que de simples rushes mis bout à bout</a>.</p>
<p>Fin de la deuxième partie !<br />
Un challenger de dernière minute saura-t-il s’imposer pour figurer dans le prestigissime Ze Palmarès ? Epikt ira-t-il revoir <strong>Air Doll</strong> une troisième fois ? Vous le saurez en lisant la <a title="Cannes 2009, ep.3" href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-3">troisième et dernière partie</a> de ce feuilleton <em>full of suspense</em> !</p>
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		<title>Cannes 2009, ep.1</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-1/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-1/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 30 Aug 2009 22:28:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Ailleurs et Pas-tout-de-Suite]]></category>
		<category><![CDATA[Bae Doo-Na]]></category>
		<category><![CDATA[Bong Joon-Ho]]></category>
		<category><![CDATA[Félix Van Groeningen]]></category>
		<category><![CDATA[festivals et rétrospectives]]></category>
		<category><![CDATA[Koreeda Hirokazu]]></category>
		<category><![CDATA[Pen-Ek Ratanaruang]]></category>
		<category><![CDATA[Yorgos Lanthimos]]></category>

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		<description><![CDATA[Compte rendu du festival de Cannes 2009, premier épisode.
(Dogtooth, Air-Doll, Mother, Nymph &#038; La Merditude des choses)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite, ep.7-1</strong><br />
(<a title="Festival du film asiatique de Deauville 2009" href="http://insecte-nuisible.com/festival-du-cinema-asiatique-de-deauville-2009/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p><a href="http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises/">Comme l’année dernière</a> mon indécrottable sens des priorités m’a poussé à ne pas me rendre à Cannes pour son petit mais néanmoins sympathique festival (j’ai tout de même pu suivre l’aventure grâce à Allociné qui avait pour l’occasion rassemblé les plus pouêt des blogueurs cinoche dans un blog créé pour l’occasion, blog qui ressemblait plus au site officiel Philips qu’à autre chose). Mais comme l’année dernière j’ai profité des reprises parisiennes pour me faire une ou deux séances.<br />
Et oui, c’était il y a trois ou quatre mois, mais 1/ l’actualité c’est tout caca et 2/ j’ai quand même fait plus vite que Mad Movies avec le festival de Deauville</p>
<p><a name="dogtooth"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/dogtooth-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Dogtooth </strong>(Yorgos Lanthimos, 2009)</div>
<p>Je commence donc par <strong>Dogtooth</strong>. Pour y aller vite, c’est ce qu’on appel un « film gâchis » : une idée démente, un développement plutôt pas mal, un petit chat éventré au taille-haies, mais absolument aucune mise en scène !!! (&lt;= trois points d’exclamation, car il le vaut bien)<br />
En quelques mots, nous avons une famille que le père (avec la bénédiction de sa femme) a totalement retranché dans leur villa : les enfants (qui doivent être proches de la vingtaine mais sont toujours infantilisés) n’ont jamais vu le dehors et sont persuadés qu’il est rempli de gros monstres féroces. Mais voilà, le père va faire rentrer le loup dans la bergerie en engageant une femme de l’extérieur pour soulager la libido du fiston (les filles, évidemment, n’ont aucune pulsion sexuelle, hein).<br />
C’est donc atrocement filmé – avec sans doute (comme dans tout film qui ne le fait pas exprès) un ou deux plans potables par accident – avec la caméra placée au petit bonheur la chance en face d’acteurs qui récitent laborieusement leur texte. Parfois à tel point qu’on se demande s’il y a un cadreur : que penser de ces plans (au moins deux) où suite à un mouvement des acteurs le cadre leur sabre la tête ? A moins, ce qui serait croquignolet, que le réalisateur ait réellement pensé qu’il s’agissait là d’une brillante audace formelle, que ça ferait de lui un « auteur ».<br />
Dans le même genre, notre bonhomme se vautre bien souvent dans une provoc’ facile et complaisante, à travers des scènes de cul notamment. Car voyez-vous, Yorgos Lanthimos c’est pas une pédale de réalisateur hollywoodien soumis à la morale puritaine, non, lui il montre les cramouilles en gros plan et te fais des scènes lesbiennes pour bien insister sur le fait qu’il est provocateur. Soyons honnête (j’ai encore du temps pour être de mauvaise foi), certaines de ces scènes, en décrivant un rapport à la sexualité totalement déphasé, sont intéressantes dans leurs idées et le sens qu’on peut y trouver – idem d’autres scènes du film. Mais c’est encore oublier qu’un plan ne se réduit pas à une idée de plan, pas plus qu’un film ne se réduit à une idée de film.<br />
Le film a reçu le prix un certain regard, une nouvelle preuve que les jurys n’en ont absolument rien à foutre de la mise en scène.</p>
<p><a name="air-doll"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/air-doll-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Air Doll</strong> (Koreeda Hirokazu, 2009)</div>
<p>La suite est tout de suite plus heureuse, puisqu’il ne s’agit pas moins que de <strong>Air Doll</strong> de Koreeda Hirokazu, LE film que je ne voulais surtout pas rater. Pas forcément pour Koreeda, qui n’est pas particulièrement une tanche mais qui dans ses penchants classiques est à double tranchant (récemment sorti en salles, <strong>Still Walking</strong> est chiant à crever), mais pour la présence au casting de <a title="Bae Doo-Na" href="http://insecte-nuisible.com/tag/bae-doo-na/">Bae Doo-Na</a> dans le rôle principal (soit son deuxième film au Japon après <a title="Linda Linda Linda" href="http://insecte-nuisible.com/linda-linda-linda-yamashita-nobuhiro-2005/">le sublimissime <strong>Linda Linda Linda</strong></a>), actrice pour qui vous commencez à le savoir j’ai un léger penchant (qui a dit litote ?).<br />
Ça tombe bien car ce film est un grand moment de <em>fan-service</em>, comme jamais l’actrice n’avait eu droit au cours de sa carrière. Ça va même jusqu’à me faire penser à ces vidéos où une <em>idol </em>est suivie par une caméra qui capte ses moindres petits gestes (souvent mis en scène avec professionnalisme par la gamine) et grâce auxquelles le <em>fanboy </em>pourra admirer l’objet de sa dévotion boire un verre de lait et patauger dans une fontaine – en mieux mis en scène, bien sur, et le tout faisant sens, bien entendu.<br />
Bae Doo-Na y joue le rôle d’une <em>love-doll</em> (le modèle cheap, en plastoc avec de l’air dedans, pas celui en silicone hyper réaliste) qui se découvre un coeur. La nuit elle joue placidement son rôle de poupée gonflable dans les bras de son proprio frustré ; le jour elle profite de son absence pour aller explorer la ville. Elle finit par se faire embaucher dans un vidéo-club et tomber amoureuse de son collègue (dans cet ordre ou dans l’autre). Mais elle découvre aussi que la vie, et bien c’est pas si glop que ça. Pendant ce temps, alors que chaque seconde du film nous convainc qu’il n’y avait qu’elle pour incarner ce rôle, c’est le <em>Doo-Na show</em> ; la miss découvre son corps et son environnement, tout l’émerveille, et la caméra l’accompagne délicatement : Doo-Na essaye des fringues (pour finalement choisir un cosplay de soubrette !), Doo-Na respire l’air frais, Doo-Na suit les gens dans la rue, Doo-Na gazou-gazouille des mômes dans leur poussette, Doo-Na fait des pâtés de sable, Doo-Na joue aux machine à sous, Doo-Na va chez l’esthéticienne (pour masquer ses coutures !), Doo-Na déambule sur un muret, Doo-Na se promène à la plage, Doo-Na tricote, Doo-Na fouille les poubelles, Doo-Na fait un tour en péniche, Doo-Na vole dans les airs (yeah !), et surtout Doo-Na se gonfle et se dégonfle&#8230; si seulement il y avait une caméra infrarouge dans la salle vous auriez pu voir le sourire niais qui illuminait mon visage tout le long de la projection.<br />
Mais le pire, c’est que le film se défend. Certes, on pourra lui reprocher de trop vouloir mettre en scène la généralisation de son propos, insistant non sans lourdeurs sur l’incarnation réaliste de sa métaphore (et oui, autour le la poupée les gens aussi sont vides et peinent à trouver leur singularité). Alors que le film aurait fait sens malgré tout, sans avoir à s’attarder sur des personnages périphériques qui faute de développement fonctionnent comme des stéréotypes (le <em>freeter </em>humilié par son n+1 dans son boulot de merde, la <em>hikikomori </em>dépressive, la vieille fille complexée par les gamines qui chopent tous les mecs du périmètre, le petit chef frustré,&#8230;). Enfin, c’est pas si tranché que ça, car Koreeda a su les filmer. Mais, ainsi utilisées en inserts, ces scènes sentent la pièce rapportée ; elles auraient mérité à être utilisées au coeur du récit et lui apporter du contenu sans l’interrompre, comme peuvent le faire d’autres personnages secondaires (le vieil homme par exemple). Et en grand amoureux du fantastique je ne peux qu’être déçu du manque de confiance du réalisateur dans la portée de son allégorie, dont il se force inutilement à rappeler la portée.<br />
N’empêche, le film est beau. Koreeda n’est pas un réalisateur d’une grande excentricité et sans doute pour cette raison il me semble qu’une histoire fantastique lui fait du bien, décomplexant sa rigueur à la limite du balai dans le fondement (<a title="Maborosi" href="http://insecte-nuisible.com/faps-fevrier-2008#maboroshi"><strong>Maborosi</strong></a>) et/ou son classicisme paresseux de réalisateur de films contemplatifs avec des vieux (<strong>Still walking</strong>). D’ailleurs, du peu de lui que j’avais vu jusqu’à présent, c’était <strong>After Life</strong> qui m’avait le plus convaincu : par accident ou pas (j’en sais rien) la manière qu’il a eu de rabattre son argument scénaristique fantastique vers une représentation réaliste (voire même plus) me semble très intéressante. <strong>Air Doll</strong> ne prend pas moins que le chemin opposé (avec ce type on ne sait pas à quoi s’attendre, c’est agréable) : loin de contraindre sa part de fantastique, il va au contraire l’accompagner tendrement – comme il accompagne la naïveté béate de son héroïne – dans de légers travellings, presque imperceptibles. Un regard léger donc, pas particulièrement distancié mais pas non plus intrusif : il laisse le film s’épanouir.<br />
D’ailleurs c’est ça le film, l’histoire d’une fille qui s’épanouit, assez en tout cas pour ne pas avoir le sentiment d’avoir raté sa vie le jour où elle s’échoue dans le caniveau. A ce sujet la fin est très chouette, avec une scène de cul étrange et belle qui, si ma doctrine selon laquelle on peut juger des films à l’aune de leurs scènes de fesse est vraie, devrait suffire à faire de <strong>Air Doll</strong> un film qui vaut le coup d’oeil. Et qui, ce qui est finalement bien rare, parvient à réinventer les relations humaines sous un jour nouveau, comme pour nous les faire redécouvrir.</p>
<p><a name="mother"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/mother-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Mother </strong>(Bong Joon-Ho, 2009)</div>
<p>Retour à la dure réalité avec <strong>Mother </strong>de Bong Joon-Ho, un autre film que j’attendais. Et, autant le dire tout de suite, qui m’a bien déçu, d’autant plus qu’il se traînait une flatteuse réputation. Pas que ça soit honteux, mais bon, si ça reste regardable sans déplaisir c’en est pas moins très moyen.<br />
C’est comme le titre l’indique l’histoire d’une mère, du genre pour qui son fiston attardé mental est la prunelle de ses yeux, son bichounet d’amour qu’il faut pas lui faire de mal et qu’elle sentirait même pas qu’elle a les boyaux qui traînent sur le ciment si par malheur son gamin s’entaillait le doigt avec un brin d’herbe vicelard. La mère poule coréenne typique, non ? Bref, un jour son gars est accusé du meurtre d’une lycéenne et devant l’immobilisme de policiers convaincu d’avoir classé l’affaire en deux jours elle décide de mener sa petite enquête perso.<br />
Et là on se dit « ça ressemble à du Bong Joon-Ho ». En effet rien de plus typique, une histoire de prolos à coté de leurs pompes qui vont faire le boulot à la place de la police (tiens, comme dans <strong>The Host</strong>), police qui fait le service minimum et se contente du premier suspect venu qu’il suffit de faire avouer en lui tapant dessus (tiens, comme dans <strong>Memories of Murder</strong>). Bong ne se gène d’ailleurs pas pour jouer sur des références à ses films précédents, prenant souvent à contre-pied ce qu’elles pouvaient inspirer au spectateur. Bon point, du coup je ne dirais même pas qu’il s’agit de recyclage même si ce dernier pointe le bout de son nez. Bong va devoir y faire attention pour la suite, je sais pas s’il passera entre les gouttes à chaque film. Cette fois on lui accorde volontiers notre grâce car d’une manière générale <strong>Mother </strong>est bien écrit et plutôt intéressant. Quoiqu’on mettra un bémol sur les personnages, pas tellement pour un problème d’écriture que de direction d’acteurs poussant à surjouer. C’est classique dans les films de Bong et ça marche quand l’acteur en a sous le pied (Song Kang-Ho, Bae Doo-Na,&#8230;) mais forcément quand on se paye cette tanche de Won Bin c’est tout autre chose.<br />
Reste qu’il y a ce point où on se dit « ça ressemble pas à du Bong Joon-Ho », c’est la mise en scène. Enfin, j’en sais rien, j’ai pas le temps de revoir ces films que je n’ai pas vu depuis quelques temps mais qui me laissent d’honnêtes souvenirs (en particulier <strong>Memories of Murder</strong>), mais j’ai comme l’impression que pour celui-là le père Bong se ramollit franchement – limite s’il brigue pas le poste de ministre de la culture –, à moins que je ne doivent revoir ses anciens films pour les réévaluer à la baisse. A peine une poignée de trucs chouettes à nous mettre sous la dent, au coeur d’une réal pas dégueulasse mais mollassonne (quand elle se prend d’emphase c’est pour nous balancer des violons à faire s’écrouler une deuxième fois les twin towers, on en demande pas tant), c’est bien peu. Je demandais pas du Park Chan-Wook, juste quelque chose de moins plan-plan.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/oxhide-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Oxhide II</strong> (Liu Jia-Yin, 2009)</div>
<p>&lt; coupure pub : intermède masochiste &gt;</p>
<p>Comme chaque année la quinzaine des réalisateurs regorge de films à la mords-moi-le-noeud aussi extrémistes qu’hermétiques et poseurs – l’année dernière j’avions eu droit au très insupportable et terriblement long <a title="Now Showing" href="http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises#now"><strong>Now Showing</strong></a> de Raya Martin, le même Raya Martin qui cette année présente <strong><a href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-2/#independencia">Independencia</a> </strong>– tout ça sûrement dans le but de prouver que la quinzaine défend le cinéma, le vrai, celui qui met ses couilles sur la table de montage.<br />
Cette année, le défi masochiste de la sélection a sans doute été <strong>Oxhide II </strong>de et avec Liu Jia-Yin. L’unique projection ayant lieu en même temps que l’unique projection de <strong>Nymph</strong>, je n’ai malheureusement pu assister au film. Mais je ne résiste pas à l’envie de vous transmettre son synopsis, particulièrement hardcore :<br />
« Une table ; un dîner de bouchées ; une famille de trois personnes.<br />
Neuf scènes tournées autour de la table, entre chaque scène, 45 degrés.<br />
132 minutes en temps réel.<br />
Voilà le sujet de<strong> Oxhide II</strong>.<br />
La réalisatrice et ses parents jouent les trois personnages.<br />
Il n&#8217;y a pas de quatrième personnage, à part les chats. »</p>
<p>&lt;/ coupure pub &gt;</p>
<p><a name="nymph"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/nymph-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Nymph </strong>(Pen-Ek Ratanaruang, 2009)</div>
<p><strong>Nymph </strong>donc, le film qui m’a empêché de voir <strong>Oxhide II</strong>. Alors certes c’est moins hard que le film de Liu Jia-Yin, mais dans le genre auteurisant déviant gentiment vers le chiant y a quand même du niveau ! Dans un sens comme dans l’autre, car le premier plan est assez sublime : long plan séquence en caméra portée errant dans la jungle, comme en caméra subjective, surprenant du coin de l’oeil le viol d’une nana par deux types sans doute pas très nets (plus pour très longtemps en tout cas) avant de passer son chemin et d’aller faire son petit tour dans la foret&#8230; avant de, oh surprise ! s’envoler littéralement. Très joli. On se dit même que Pen-Ek Ratanaruang aurait pu ne faire son film qu’en un plan-séquence à filmer les arbres et deux trois éléments périphériques qui créeraient un sens, et que ça aurait été merveilleux.<br />
Il s’est quand même dit que raconter une histoire ça serait pas mal (quel idée biscornue !), il va donc coller aux basques d’un couple dont le mec s’apprête à aller prendre des photos de la jungle. La nana le suit je ne sais trop pourquoi car en fait elle aimerait bien être avec son amant de patron (et inversement). Un passage bien chiant. Pen-Ek Ratanaruang conserve peu ou prou la même mise en scène que pour son ouverture (sauf que c’est pas en plan séquence), le problème c’est que ce qu’on avait aimé dans la jungle ne fonctionne plus du tout dans des scènes d’intérieur et d’une manière générale les scènes montrant des interactions entre personnages : la caméra portée prend des atours de film d’auteur philippin je-m’en-foutiste et la photo délavée a vraiment une gueule de bidonville.<br />
Le film reprend (un peu) du poil de la bête lorsque le bonhomme s’enfonce dans la forêt et que le film se met à ressembler à un faux film d’horreur. Enfin, un film d’horreur d’auteur (vous avez le droit de penser « lol »). Pas de stacato ni de porte qui claque quoi. Cela dit le son est très bien, jouant beaucoup sur l’ambiance hors champ. Dans le même ordre d’idée l’image est souvent floue. C’est pas encore du Grandrieux, mais ça marche et on aime.<br />
Le film oscillera alors entre les deux tendances, balade hypnotique dans la jungle d’un coté et histoire de couple qui se défait de l’autre. La deuxième on connaît, c’est déjà dans les précédents films du réalisateur, par contre la première est assez inédite. Mais on se rassure, c’est bien du Pen-Ek : sa manière de faire partir son film dans 36 directions sans trop savoir dans quel sens aller et faire ponctuellement de jolies choses pour qu’en fin de compte cela mène nulle part, c’est tout à fait lui.</p>
<p><a name="merditude"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/la-merditude-des-choses-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>La Merditude des choses</strong> (Félix Van Groeningen, 2009)</div>
<p>Quand y en a plus, y en a encore, alors on va voir <strong>La Merditude des choses</strong> – comme le dialecte peu catholique du titre laisse penser, il s’agit bien d’un film flamand. Un film raconté par un type de trente ans bien passés qui revient sur son adolescence, à l’époque où il vivait avec son père alcoolo et ses oncles alcoolos et qu’il rivalisait de bon goût en combinant coupe mulet et pull-over tricoté par Mamie. C’est donc un peu rendez-vous à <em>beauf land</em>, comme dans un épisode de Strip-Tease d’il y a vingt ans sauf qu’il y a ni tunning ni soucoupe volante. Tout ça dans une sorte de chronique matinée comédie noire, très <em>belgian touch</em> – on pense notamment à <a title="Eldorado" href="http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises#eldorado"><strong>Eldorado</strong></a> de Bouli Laners, lui aussi présenté à la quinzaine des réalisateurs (mais, pour s’intéresser au versant comédie noire, on est bien loin d’un <strong>C’est arrivé près de chez vous</strong>).<br />
Quoi qu’il en soit, c’est effectivement le coté comédie qui fonctionne le mieux. Enfin, ça doit dépendre à quel niveau on fonctionne, mais un type qui dort dans son vomi avec le chat qui s’en régale moi ça m’éclate. Cela dit on ne se claque pas la cuisse toutes les trente secondes, il serait plus juste de dire que le film s’autorise de temps à autre des incursions comiques plutôt qu’il s’agit d’une comédie à proprement parler.<br />
Du coup, je dois admettre ne pas avoir des masses de choses à dire sur le film. Avouons tout de même qu’il n’est pas moche, malgré le fait que ça se passe à Trouduc-les-Oyes. Par contre la narration est éclatée en flash-back multiples (le gars racontant son adolescence, mais revenant ponctuellement sur sa vie d’adulte), ce qui n’est pas une mauvaise chose en soit (au contraire c’est toujours bon à prendre) mais qui ici dévie le propos dans tous les sens, le film ne semblant trop savoir ce qu’il tient à représenter : chronique adolescente ? film de famille ? peinture sociale ? C’est un peu trop youplala comme ça vient. Du coup, ça m’en touche un peu une sans bouger l’autre.</p>
<p>Cette sélection commence donc pas mal du tout ! Mais cela sera-t-il suffisant pour figurer dans Ze Palmarès, classement dont on connaît la rigueur et l’exigence sans commune mesure ? Vous le saurez en lisant <a title="Cannes 2009, ep.2" href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-2/">la deuxième partie de ce trépidant feuilleton</a> !</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Festival du cinéma asiatique de Deauville 2009</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/festival-du-cinema-asiatique-de-deauville-2009/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/festival-du-cinema-asiatique-de-deauville-2009/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2009 20:53:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au programme : All around us (Hashiguchi Ryosuke, 2008), Breathless (Yang Ik-June, 2008), Chant des mers du sud (Marat Sarulu, 2008), Claustrophobia (Ivy Ho, 2008), L’Enfant de Kaboul (Barmak Akram, 2008), Members of the Funeral (Baek Seung-Bin, 2008), Naked of Defenses (Ichii Masahide, 2008), The Schaft (Zhang Chi, 2008), Trivial Matters (Pang Ho-Cheung, 2007), Fireball (Thanakorn Pongsuwan, 2009), The Chaser (Na Hong-Jin, 2008), The divine Weapon (Kim Yoo-Jin, 2008), The Moss (Derek Kwok, 2008), The Sniper (Dante Lam, 2007), 24 City (Jia Zhang-Ke, 2008), All about Women (Tsui Hark, 2008), Jay (Francis Xavier Pasion, 2008), Secret Sunshine (Lee Chang-Dong, 2007) et Yamagata Scream (Takenaka Naoto, 2009)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ici et du Maintenant, ep.8</strong><br />
(<a title="ep.7" href="http://insecte-nuisible.com/fim-ete-2008/350/">lire l’épisode précédent</a>)<br />
et/ou<br />
<strong>Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite, ep.6</strong><br />
(<a href="http://insecte-nuisible.com/retrospective-shochiku-septembre-2008/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>Avant de continuer avec la deuxième partie de la critique de <a title="Ten Nights of Dream" href="http://insecte-nuisible.com/ten-nights-of-dream-omnibus-nikkatsu-2006-1/222/">Ten Nights of Dream</a>, un petit retour sur cette ensoleillée et médiocre onzième édition du festival du film asiatique de Deauville. Ca va me permettre entre autres de déterrer provisoirement mes fameux films de l’<a title="Films de l'Ici et du Maintenant" href="http://insecte-nuisible.com/ici-et-maintenant/">Ici et du Maintenant</a> et de l’<a title="Films de l'Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite" href="http://insecte-nuisible.com/ailleurs-et-pas-tout-de-suite/">Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite</a>, délaissés depuis longtemps et qui retournent immédiatement à leur léthargie.<br />
D’ailleurs, pourquoi cette catégorie bâtarde ? Simplement parce qu’on ne peut que déplorer qu’un festival, alors qu’il devrait être un espace d’exploration et de découverte de films rares et inattendus, devienne un lieu d’avant-premières de films qui sortent en salles ou DVD dans les mois qui viennent&#8230; il doit en avoir au moins quatre dans le lot (je vous rassure de suite, <strong>My dear Enemy</strong> n’est pas dans la liste) et si ça se trouve j’en loupe. D’autant plus gênant que le nombre de salles de projection a été réduit, difficile alors que ne pas penser que chaque <strong>Chaser </strong>ou<strong> 24 City</strong> programmé c’est un film qui apporte vraiment un plus à la sélection qui ne l’est pas (le nouveau Sono Sion ? Ishii Katsuhito ?). Sans même aller chercher sur le plan il est vrai subjectif de la sélection proprement dite, bien paresseuse. Enfin&#8230; sur ce sujet je vous laisse lire <a title="on touche le fond [nihon-eiga]" href="http://nihon-eiga.over-blog.com/article-29092203.html">l’article de Guillaume</a> et je m’attelle aussitôt au compte-rendu des films.<br />
En vous prévenant tout de même que, comptant à l’origine ne rien écrire, j’ai pris aucune note de la semaine et que ça risque d’être parfois folklo et/ou expédié. Les films dont le titre est suivi d’un astérisque sont ceux que j’avais déjà eu l’occasion de voir (en salle, en DVD, ou téléchargés comme un porc par torrent) et que je ne suis pas retourné voir.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/all-around-us-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Des gens qui dorment par terre, Epikt ne peut qu’aimer</div>
<p><span class="titrerevue">Compétition officielle</span></p>
<p><a name="around"></a><strong>All around us</strong> de Hashiguchi Ryosuke : hasard de l’ordre alphabétique, on commence par le dernier film vu. Et bon film en plus, même si après une entame très enlevée le film se plombe un peu au bout d’une vingtaine de minutes. La faute à un enfant mort né (ce qui devrait être interdit par la charte de la bonne conduite cinématographique) qui entraîne les personnages et le film dans la dépression. Heureusement le film reprend du poil de la bête sur la dernière heure en même temps que le couple retrouve ses marques. Et ça se finit bien, donc c’est chouette.<br />
En passant, une ou deux remarques que la mise en scène de Hashiguchi, principalement composée de longs plans séquences. La preuve que de temps à autre j’aime ça – quand cela est fait avec une certaine sensibilité et un talent d’écriture, pas uniquement parce qu’on trouve cool de montrer un type qui fume une clope en entier. D’ailleurs, le meilleur de tous (un des plus marquants en tout cas)(et, parce que ses effets jouent dessus, peut-être bien justement du fait de sa longueur)  est parmi les plus longs, une dizaine de minutes sans doute. On y voit notamment en arrière plan deux enfants qui chahutent et on devine bien qu’ils vont casser quelque chose (on se doute même de ce que cela va être), on y fait donc attention tout en suivant la discussion des adultes en premier plan. Mais le moment venu Hashiguchi braque l’attention du spectateur (pourtant vigilant) sur autre chose, de manière à ce que la casse prenne au dépourvu et surprenne malgré tout. Et le plan continue.<br />
Pour finir, le film comporte pas mal de scène de tribunal (autre chose qui devrait être interdit par la charte de la bonne conduite cinématographique) et ma foi celles-ci sont très belles ! Cela mérite d’être signalé. Le problème des scènes de tribunal dans les films, c’est qu’elles sont souvent là comme espace de débats et de déclamations, principalement focalisées sur le texte et le contenu purement informatif, en deux mots c’est hyper balourd. Dans <strong>All around us</strong> le personnage est dessinateur d’audience, croquant sur le vif le procès, et Hashiguchi relègue en arrière plan l’aspect purement judiciaire pour braquer son regard sur le public, sur des petits détails (splendide scène où le personnage observe les chaussures des gens), sur les réactions aux événements plutôt qu’aux événements eux-mêmes,&#8230; parti pris gagnant si vous voulez mon avis, qui mériterait d’être généralisé même dans les cas où le scénario n’appelle pas ce genre de regard.</p>
<p><a name="breathless"></a><strong>Breathless</strong> de Yang Ik-June : Assez rigolo ce <strong>Breathless</strong>, puisque les trois premiers quarts du métrage sont une succession quasiment ininterrompue d’insultes, de crachats et de coups de points dans la gueule ; tout le monde insultant tout le monde et tapant sur tout le monde. Une habitude dans le cinéma coréen diront certains, mais « oui, mais non ». Parce que là c’est quand même hyper poussé (ce qui n’est pas une qualité en soit, et qui par certains cotés dessert le film en le rendant un peu nawak), mais surtout parce que <strong>Breathless </strong>m’a semblé bien moins aseptisé et lisse qu’un bon paquet de films coréens récents montrant pourtant le même genre d’actes. Il y a dans le film un coté brutos qui rappelle le cinéma des années 90, un peu branquignol mais beaucoup plus vivant. Et parce qu’enfin, émergent au milieu de chaos méprisant et vantard quelques pointes d’humanité plutôt justes.<br />
<strong>Breathless </strong>aurait donc pu faire office de chouette surprise si (en plus de déjà tomber dans le mauvais goût au court du film à l’occasion de deux flashbacks ridicules) la fin n’était pas aussi naze. Non mais franchement, que le caïd se fasse assassiner pile poil le jour où il décide de prendre un taf honnête et que son neveu l’attend pour son spectacle scolaire de fin d’année, un peu comme dans le <em>drama </em>du samedi aprèm sur KBS, qui peut prendre ça au sérieux ?<br />
Prometteur donc, mais raté quand même.</p>
<p><a name="chant"></a><strong>Chant des mers du sud</strong> de Marat Sarulu : film <em>Ushuaia </em>très typé festival, avec des beaux paysages de la steppe dedans, des chevaux, la liberté tout ça&#8230; le pire c’est que c’est même pas dégueulasse, mais ça a beaucoup trop une tête de film pour bobos en soif d’exotisme.<br />
Reste que selon toute vraisemblance il s’agit de mon premier film kirghiz, ce qui se fête.</p>
<p><a name="claustro"></a><strong>Claustrophobia</strong> de Ivy Ho : le film se présente sous la forme de flashbacks successifs, ce qui peut être une bonne idée (dans <strong>Peppermint Candy</strong> par exemple, ou encore <strong>Irréversible</strong>) mais qui sonne ici comme un gimmick sans trop d’intérêt. Il manque en effet d’un vrai mystère ou d’un événement fort qui motiverait ce retour en arrière, car dans l’état actuel des choses le film n’y gagne rien et aurait été tout aussi bien monté dans l’ordre chronologique.<br />
Sinon ça se regarde (sans pour autant être mémorable), si on passe sur les scènes de pluie où les personnages font exprès d’être mouillés pour bien montrer combien ils sont tristes et malheureux.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/trivial-matters-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Du karaoke, Epikt ne peut qu’aimer</div>
<p><a name="kid"></a><strong>L’Enfant de Kaboul</strong> de Barmak Akram : ceux à qui le titre donne envie de voir le film peuvent arrêter de lire ce blog. De mon coté j’y suis allé quand même, mais seulement parce que j’avais rien à faire.<br />
Tout comme <strong>Chant des mers du sud</strong> c’est un film <em>Ushuaia </em>d’Asie centrale, mais bénéficiant en tant que film de pays en guerre d’un bonus « bonne conscience +10 », bonus doublé pour les adeptes du commerce équitable. Sinon, oui il s’agit de mon premier film afghan, mais à la sortie de la salle j’aurais préféré fêter un bon film.</p>
<p><a name="members"></a><strong>Members of the Funeral</strong> de Baek Seung-Bin : grosse déception pour un film qui avait du potentiel (après <strong>Breathless</strong>, une mauvaise habitude des films de nouveaux réals coréens). On y trouve en effet tout plein de choses bien, autant dans la mise en scène qui est plutôt pas mal que dans quelques trips bien déviants (du genre une gamine leucémique qui crache du sang dans un cahier pour faire une décalcomanie souvenir). Voilà seulement, le film se présente comme une mise en abyme de mise en abyme de mise en abyme, avec un air de « t’as vu comme je suis super intelligent et que t’y piges que dalle car mon film il est trop supérieur », ce qui à vrai dire ne mène un peu à rien si ce n’est à vouloir faire passer des vessies pour des lanternes.</p>
<p><a name="naked"></a><strong>Naked of Defenses</strong> de Ichii Masahide  : ça fait toujours du mal de dire ça d’un film japonais, mais déjà que c’est très cheap (ce qui n’est pas un défaut en soit) mais c’est surtout mené avec des gros sabots (frisbee mon amour !). En fait le film doit surtout servir de vidéo souvenir au réalisateur puisqu’on y voit sa femme, actrice principale, accoucher en frontal. J’attends avec impatience le numéro deux avec les premiers pas du gamin (quoi que le sixième, porno gay intimiste dépeignant son<em> coming-out</em> et son dépucelage dans un marché au poisson, s’annonce lui aussi bien cool).</p>
<p><a name="schaft"></a><strong>The Schaft</strong> de Zhang Chi : encore un film de « pays pauvre » du genre que les élites intellectuelles bien-pensantes françaises aiment bien, sur des gens dans un village minier de Chine occidentale cette fois (à croire que chaque édition du festival a <a title="La petite fille de la terre noire" href="http://insecte-nuisible.com/la-petite-fille-de-la-terre-noire-jeon-soo-il-2007/205/">son film de mineurs</a>). C’est pas forcément folichon mais cela a toujours plus de gueule que Chant des mers du sud et <strong>L’Enfant de Kaboul</strong> : certes il faut se taper une première partie plus lourdingue que le reste (symboles à-la-con <em>inside</em>) mais ponctuellement le film touche juste (la toute dernière séquence par exemple). C&#8217;est donc pas si mal.<br />
N’empêche que je cautionne pas pour autant. Perso j’aurai sabré le chapitrage, bancal et inutile, pour fusionner les trois histoires en une seule – mais c’est du détail. Le gros problème est que le film fait tout pour contenir la moindre émotion, ne rien laisser échapper (ce qui, en langage journalistique s’appelle une « douleur sourde », souviens-t-en z’en), à adopter le regard le plus détacher possible. Dès lors on a le droit de s’en foutre, non ?</p>
<p><a name="trivial"></a><strong>Trivial Matters</strong> de Pang Ho-Cheung : mon préféré du festival (cela dit, je n’en ai vu que deux de vraiment bons), un film à sketchs un premier temps comique et absurde, se défaisant progressivement de ces deux étiquettes en cours de route. Des films à sketch il est coutume de dire que tout ne vaut pas, et c’est sans doute un peu vrai pour <strong>Trivial Matters</strong>, mais grosso-modo tout est bon. Faut dire que j’ai particulièrement aimé le segment avec les deux amies d’enfance (le cinquième) qui n’est visiblement pas du goût de tout le monde (c’est le plus long et le seul dépourvu d’humour). Mais il y a des scènes de karaoke (je suis obligé d’aimer) et du coup c’est mon préféré après le premier sketch (splendide film qui confronte les confessions à un sexologue de deux amants, faisant ressortir des malentendus toujours très drôles). Qui plus est c’est très bien mis en scène, ce qui était rare cette semaine abonnée aux trucs plan-plan.</p>
<p>Pas vus : <strong>Firaaq </strong>(un film indien, à-la-con sans aucun doute) et <strong>Island Etude</strong> (avec un sourd qui fait le tour de Taiwan à vélo, ahah).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/fireball-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Des scènes de pluie, Epikt ne peut que <span style="text-decoration: line-through;">aimer</span> trouver ça lourd</div>
<p><span class="titrerevue">Action Asia</span></p>
<p><a name="fireball"></a><strong>Fireball</strong> de Thanakorn Pongsuwan : film de basketball de combat, incroyablement crétin et incroyablement nul, farci des séquences nunuches à trois sous, cadré par un aveugle et monté par un creutzfeldt-jakobien. Par contre c’est hyper bourrin, ça fait donc plaisir, et au coeur de cette sélection où tout était joué d’avance j’aurais bien aimé qu’un jury de sales gosses le récompense en lieu et place de <strong>The Chaser</strong>.</p>
<p><a name="chaser"></a><strong>The Chaser</strong> * de Na Hong-Jin : un thriller coréen <em>post-<strong>Oldboy</strong></em> tout ce qu’il y a de plus classique mais plutôt correct dans son genre, sans doute même le moins pire de tous ceux que j’ai pu voir ces dernières années.<br />
Cela dit sa sélection ici laisse songeur. Un premier temps parce que le film avait déjà été projeté à de multiples reprises et sort la semaine d’après. Mais surtout parce que sans véritable challenger tout ça ressemble plus à une entreprise promo lui garantissant un prix à coller sur l’affiche.</p>
<p><a name="weapon"></a><strong>The divine Weapon</strong> * de Kim Yoo-Jin : grande fresque historique où on apprend comment les coréens ont inventé une sorte de baliste à propulsion (histoire vraie, patati patata) pour défendre la patrie contre ces bâtards de chinois. C’est mou et sans grand intérêt, et bien évidemment plombé par le patriotisme gerbant typique de ce genre de productions.</p>
<p><a name="moss"></a><strong>The Moss</strong> de Derek Kwok : une ouverture splendide avec de plans de ouf de Hong-Kong, mais pas de bol le film part en sucette au bout d’une vingtaine de minutes. Et retour aux ingrédients de base : nian-nianseries, violence démonstrative et montage épileptique&#8230; mais pas autant que <strong>The Sniper</strong>.</p>
<p><a name="sniper"></a><strong>The Sniper</strong> de Dante Lam : une des pires bouses du festival, encombré de poncifs absolument splendouillets, mis en scène avec les tongs avec plein d’effets à la mords-moi-le-noeud (dont un magnifique <em>bullet-time</em> suivant une balle de fusil qui percute une pièce de monnaie, pièce qui tourbillonne dans les airs avant que la caméra ne passe à travers le trou percé par la balle)(le film préféré du réalisateur doit être <strong>Piège à Hong-Kong</strong>). Et fait malheureusement parti de ces nanars qui sont plus rigolos à se rappeler la stupidité que durant la projection, particulièrement ennuyeuse (sauf peut-être pour ceux qui aiment quand Edison Chen prend des poses).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/all-about-women-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Une fille à lunettes et coiffure Mireille Mathieu, Epikt ne peut qu’aimer</div>
<p><span class="titrerevue">Panorama</span></p>
<p><a name="24"></a><strong>24 City</strong> de Jia Zhang-Ke : intéressant parce que mélangeant sans complexe témoignage et fiction, conscient que l’un n’est pas plus vrai ou faux que l’autre. Du coup on se demande quand même ce qui le pousse à monter son film comme des entretiens en longs plans-séquences fixes, cadrés sans particularité et au final franchement chiants (à tel point qu&#8217;on se demande parfois si c&#8217;est pas avec ce film qu&#8217;on torture les dissidents politiques). Les mêmes textes en voix-off sur des vraies images (ce qui est parfois fait) aurait eu vachement plus de gueule, mais voyez-vous ça fait pas assez « film d’auteur ».</p>
<p><a name="women"></a><strong>All about Women</strong> de Tsui Hark : c’est nunuche et con comme une comédie romantique HK peut l’être, mais ça fonctionne pas mal (même si avec Tsui Hark aux manettes on aurait pu l&#8217;espérer plus perché). Le film suit trois personnages dont deux plutôt cool – une nerd atteinte de crispation paralysante dès qu’un homme la touche qui met au point des patch de phéromones pour qu’on tombe amoureux d’elle et une punkette persuadée d’être la petite amie d’un chanteur à la mode – mais je ne sais pas trop pourquoi on ne s’y accroche pas vraiment. Mais si comme moi vous êtes tolérant à ce genre de chose ça devrait passer (ou pas).<br />
Un mot quand même sur quelque chose qui m’énerve sérieusement et qu’on retrouve trop souvent dans ce genre de productions commerciales à la con, les soi-disant rockeurs et autres marginaux qui font de la musique pour adolescentes. Voilà qui me laisse sceptique, mais que puis-je y faire s’ils sont heureux avec leurs lieux alternatifs sponsorisés par des multinationales ?</p>
<p><a name="jay"></a><strong>Jay</strong> de Francis Xavier Pasion : décidément, dès qu’on sort du gros bis qui tache j’ai vraiment pas de bol avec le cinéma philippin, <strong>Jay </strong>se révélant le film LOL du festival. L’idée pouvait être drôle, puisqu’il s’agit d’une équipe de télé qui suit le deuil de la famille d’un bonhomme assassiné de la manière la plus racoleuse possible. Malheureusement la critique de la télé poubelle est bien trop convenue pour faire mouche. Et non content de finalement se résumer à 90 minutes de lamentations simulées le film se paye de luxe d’être tourné en bétacam toute pourrie.<br />
Signalons quand même LE moment fort du film, lorsqu’un petit poussin innocent décède écrasé par un couvercle de cercueil et que l’équipe de télé se fait une séance de photo kawaii avec son cadavre.</p>
<p><strong>My dear Enemy</strong> * de Lee Yoon-Ki : je reviendrai prochainement sur ce film plus en détail, mais c’est sans contestation possible le meilleur film projeté durant ces cinq jours.</p>
<p><a name="secret"></a><strong>Secret Sunshine</strong> * de Lee Chang-Dong : film honnête mais beaucoup trop paresseux, se reposant sur son scénar et ses acteurs. Pour plus de détails je vous invite à lire <a title="Secret Sunshine [cinémasie]" href="http://www.cinemasie.com/fiche/oeuvre/secretsunshine/critiques.html?showext=1#Epiktistes">ce que j’avais écrit sur Cinémasie</a> il y a un peu moins d’un an.</p>
<p><a name="scream"></a><strong>Yamagata Scream</strong> de Takenaka Naoto : LA déception du festival, puisqu’il s’agissait du seul à être vraiment alléchant sur le papier (des écolières et des zombies, forcément) mais peine à convaincre. Il peine à tenir le rythme surtout, car ça commence très bien. Lycéennes <em>kawaii</em>, de l’outrance à chaque instant, des gros délires bien régressistes,&#8230; alors ça oui, ça n’a pas la finesse d’un <strong><a title="Nice no mori" href="http://insecte-nuisible.com/nice-no-mori-ishii-katsuhito-feat-aniki-miki-shunichiro-2005/181/">Funky Forest</a></strong>, mais ça fait du bien par où ça passe (c’est fin <strong>Funky Forest</strong> ? me demande le lecteur outré). Le problème c’est qu’après une première moitié bien chouette le film s’écrase comme un gros soufflé, allant même s’enliser dans des clichés inutiles (cherchant peut-être à approfondir les personnages ? rien à battre !). Et surtout, on n’y trouve ni gros gore qui tache, ni plan culotte, ce qui pour un film de zombies avec des lycéennes est une aberration cosmique.</p>
<p>Pas vus : <strong>A frozen Flower</strong> (film historique coréen avec parait-il du cul dedans), <strong>Beasty Boys</strong> (film de gigolos coréen avec semble-t-il du cul dedans), <strong>Departures </strong>(oscar du film étranger, quelque part ça me fait peur) et <strong>Gochu le violoncelliste</strong> (un jour va falloir m’expliquer ce qui passe par la tête des programmateurs).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/my-dear-enemy-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Un film de Lee Yoon-Ki avec Jeon Do-Yeon qui fait la gueule, Epikt ne peut qu’aimer</div>
<p><span class="titrerevue">Hommage à Lee Chang-Dong et Regards sur Lee Yoon-Ki</span></p>
<p>Un petit mot, même si je ne suis pas retourné voir les films, sur le coup de projecteur sur deux cinéastes coréens.<br />
Lee Chang-Dong, sans être de mauvais goût, est un choix prout-prout. « Auteur » mais pas mal du tout quand même, c’est le choix de la sécurité. Un peu désespérant quand on sait que tous ses films sont déjà sortis en France et on eu une certaine visibilité. Prout-prout quoi. Quitte à rendre hommage à un grand réalisateur coréen, je vais vous faire un programme moi : hommage à Jang Sun-Woo, avec ses vieux films relativement invisibles (<strong>Seoul Jesus</strong>, <strong>Age of Success</strong>, <strong>Lovers in Woomukbaemi</strong>, <strong>To you from me</strong> et <strong>A Petal</strong>), <strong>Cinema on the Road</strong> et le montage long de <strong>Timeless bottomless bad movie</strong>. Et s’il y a de la place, pour me faire plaisir, <strong>Hwaeom-kyung</strong>. Ça ça a de la gueule, et c’est utile en plus, plutôt que de projeter des films que tout le monde a déjà vu, ou au pire déjà entendu parler et de toute façon peut se procurer facilement.<br />
Par contre, et même si c’est un peu du réchauffé (deux de ses films ont déjà été montrés, et récompensés, à Deauville), la projection des films de Lee Yoon-Ki ne peut que me faire plaisir. Reste à savoir si cela va permettre de faire rentrer dans la tête des gens que Lee Yoon-Ki est de loin le meilleur réalisateur coréen de ces dernières années et qu’il serait pas mal de sortir <a title="Ad-Lib Night" href="http://insecte-nuisible.com/ad-lib-night-lee-yoon-ki-2006/33/"><strong>Ad-Lib Night</strong></a> ou <strong>My dear Enemy</strong> en France, plutôt que <a title="La petite fille de la terre noire" href="http://insecte-nuisible.com/la-petite-fille-de-la-terre-noire-jeon-soo-il-2007/205/"><strong>La petite fille de la terre noire</strong></a> ou <strong>A Tale of legendary Libido</strong>.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/kim-kkot-bi-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">De la choupiness et des joues, Epikt ne peut qu’aimer</div>
<p><span class="titrerevue">Ze Palmarès</span></p>
<p>Prix Mac Gyver de la geekette sexy : je ne sais plus qui dans <strong>Yamagata Scream</strong>, pour avoir fabriqué un pisto-laser avec un téléphone portable et un tank avec un motoculteur<br />
Prix du flashback moisi et de la fin merdique dans un film pourtant pas mal : <strong>Breathless</strong><br />
Prix de la technique de drague qui tue : Edison Chen dans <strong>Trivial Matters</strong><br />
Prix du petit poussin involontairement sacrifié sur l’autel de l’art : <strong>Jay</strong><br />
Prix des scènes de tribunal qu&#8217;elles sont même pas pourrites : <strong>All around us</strong><br />
Prix de vrac de la gamine leucémique qui crache des glaviots, du cadavre qui régurgite et du polaroïd d’animaux morts : <strong>Members of the funeral</strong><br />
Prix de l’actrice choupinette et joufflue : Kim Kkot-Bi dans <strong>Breathless</strong></p>
<div class="note">Copinage : en plus <a title="on touche le fond [nihon-eiga]" href="http://nihon-eiga.over-blog.com/article-29092203.html">celui de Guillaume sur Nihon-Eiga</a>, vous pouvez aussi lire <a title="Compte-rendu Deauville 2009 [dooliblog]" href="http://dooliblog.com/2009/03/16/compte-rendu-deauville-2009-competition/">le compte rendu de Pierre sur le Dooliblog</a>.</div>
<div class="note" style="text-align: right;"><a href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-1/">Episode suivant des F.A.P.S.</a></div>
<div class="note">
<p>Images : All around us, Trivial Matters, Fireball, All about Women, My dear Enemy, Kim Kkot-Bi</p></div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Rétrospective Shochiku (septembre 2008)</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/retrospective-shochiku-septembre-2008/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/retrospective-shochiku-septembre-2008/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 03 Oct 2008 10:21:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Ailleurs et Pas-tout-de-Suite]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma japonais]]></category>
		<category><![CDATA[festivals et rétrospectives]]></category>
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		<category><![CDATA[Yamada Yoji]]></category>

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		<description><![CDATA[Au programme : Fleur pâle (Shinoda Masahiro, 1964), La Femme de la brume (Gosho Heinosuke, 1936), Coeur enchaîné (Shimizu Hiroshi, 1937), Le Samouraï du crépuscule (Yamada Yoji, 2002), Choeur de Tokyo (Ozu Yasujiro, 1931), Le Visage (Sakamoto Junji, 2000), Yae, notre petite voisine (Shimazu Yasujiro, 1934), Tora-san (Yamada Yoji, 1969 &#038;+), La Saison des mauvaises femmes (Shibuya Minoru, 1958) et Contes des chrysanthèmes tardifs (Mizoguchi Kenji, 1939).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite, ep.5</strong><br />
(<a title="ep.4" href="http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises/399/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>Ce numéro des Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite de la rentrée – le premier depuis de longs mois – sera, actualité oblige, consacré exclusivement aux films projetés lors de la rétrospective consacrée au studio Shochiku par la <a title="site de la MCJP" href="http://www.mcjp.asso.fr/">Maison de la Culture du Japon à Paris</a> du 9 septembre au 4 octobre 2008 ; deuxième d’une série de quatre, après celle de l’année dernière consacrée à la Nikkatsu.<br />
Une rétrospective dont rien que le programme avait suffit à provoquer la déception de certains, et pour cause une programmation trop peu ambitieuse quasiment dépourvue d’inédits. En espérant que les prochaines rétros (Toei et Toho) fassent preuve de plus d’audace et d’esprit de découverte, en espérant aussi que les gens se déplacent pour aller voir les films et que les médias s’y intéressent un peu, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas. Qu’à cela ne tienne, l’équipe de choc de l&#8217;Insecte Nuisible y était (de temps en temps).<br />
Et d’un certain coté, mis à part le fait que le « rôle » de ce genre d’événement n’est pas forcément de proposer des films déjà vus cinquante fois et disponibles en DVD, cette programmation convenue n’est pas une mauvaise chose : pour moi qui, c’est bien connu, ne connais pas mes classiques et vois là l’occasion de se motiver à les voir (imaginez-moi devant les bacs de DVD « Tiens ! Un Ozu, ça sera une bonne idée ça, t’as un blog de cinéma japonais et t’en as jamais vu de ta vie, ça la fout mal quand même&#8230; Oooh ! Un film avec une limace tueuse ! Y me le foooooo ! ») mais aussi pour toi ami lecteur qui ne regrettera pas de ne pas être parisien et retraité/chômeur puisque si ça te fait envie tu pourras te les procurer (la plupart en tout cas) à ton Prisunic préféré en bas de chez toi !</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/fleur-pale-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Fleur pâle</strong> (Shinoda Masahiro, 1964)</div>
<p><a name="fleur"></a>Tout d’abord un petit mot rapide du très joli <strong>Fleur pâle</strong> (Masahiro Shinoda, 1964), pas forcément frais dans mes souvenirs (j&#8217;avoue, je l&#8217;ai vu fin août, je crois) mais très joli. L’histoire d’un yakuza qui sort de prison et qui fait la rencontre d’une jeune fille dans une salle de jeu clandestine. Le genre de fille qu’on rencontre que dans les films d’ailleurs, c’est pas possible autrement. Enfin bref&#8230; j’avoue mon peu d’attirance pour les films de yakuza mais celui là est très chouette. Sans doute parce qu’il n’y est pas vraiment question de gang et autres, et qu’il s’agit surtout de leur histoire à eux deux, de la manière qu’à la fille de flamber son argent et d’enflammer les coeurs. Et tout à fait entre nous, Kaga Mariko est une demoiselle absolument ravissante. Mais à part ce genre de petits dérèglements hormonaux, ce qui est beau dans le film se sont surtout les scènes de jeu, où rien qu’avec le montage (et le son), Shinoda fait des choses sublimes.</p>
<p><a name="femme"></a>On poursuit en douceur, avec deux films de la fin des années 30 où étrangement on retrouve un même thème, des mères pour qui leurs enfants sont toute leur vie, un thème qui pour être tout à fait honnête m’agace un peu beaucoup. Mais je suis un grand garçon, je fais avec.<br />
<strong>La Femme de la brume</strong> (Gosho Heinosuke, 1936) conte l’histoire bien compliquée de ce couple de commerçants sans enfants dont l’homme va assumer la grossesse de son ex-maîtresse, tout ça pour couvrir son neveu (le véritable papa donc) auprès de sa mère (la soeur de l’oncle donc) qui ne se remettrait pas que son fils chérie en qui elle place tant d’espoir engrosse une hôtesse de bar de quinze ans son aînée. Un film assez rigolo donc et qui se laisse bien suivre. Par contre – et là je sais pas si c’est moi qui fume des choses pas nettes – sur le début du film le montage m’a semblé bien particulier, plein de sautes d’axe notamment – ce qui en fait n’est pas du tout un reproche, vous savez que <a title="Apologie du faux raccord" href="http://insecte-nuisible.com/apologie-du-faux-raccord-1-sada-de-obayashi-nobuhiko/">j’adore les faux raccords</a>, d’autant plus qu’à l’époque la grammaire cinématographique devait être moins figée qu’à l’époque. Mais dès que j’essaye d’y faire plus attentivement attention, voilà que hop y a plus de sautes d’axe&#8230; peut-être ai-je simplement été abusé par un montage parfois foisonnant. Par contre, oh mon dieu qu’est-ce que ce film est dialogué ! On aimerait bien qu’ils se taisent un peu est que la caméra prenne un peu de liberté par rapport aux lignes de texte.</p>
<p><a name="coeur"></a>Du coup j’ai préféré <strong>Coeur enchaîné</strong> (Shimizu Hiroshi, 1937) vu le même jour. Encore une hôtesse de bar, mais cette fois c’est elle la maman poule. Justement, si son fils l’aime beaucoup et est très fier que sa maman soit jeune, gentille et jolie, il commence à ne plus assumer son métier depuis que ses amis refusent de jouer avec le fils d’une femme « légère ». Classique, mais sympa. <strong>Coeur enchaîné</strong> est beaucoup plus typé « film de studio » – comprendre par là entre autres que les décors pètent à la gueule du spectateur, trop souvent sous le même angle de prise vue qui plus est – que pouvait l’être <strong>La Femme de la brume</strong> ; mais il est aussi mieux mis en scène, léché d’une manière parfois un peu figée mais pas désagréable. Et surtout il sait se ménager quelques séquences non dialoguées, et ça ça fait du bien !</p>
<p><a name="samourai"></a>On m’en avait déjà dit le plus grand bien et je confirme, <strong>Le Samouraï du crépuscule</strong> (Yamada Yoji, 2002) c’est très bien. Assez étonnant aussi. Car si dans la mise en scène, contrairement à bon nombre de films historiques ou <a href="http://insecte-nuisible.com/chambardements-5-demons-et-post-modernisme/">chanbara récents</a> qui ont tendance à dépoter un peu plus, le film de Yamada Yoji est très old-school et pourrait même presque passer pour un film des 60s, son sujet et le traitement qu’il en fait me semble tout à fait singulier. Enfin&#8230; peut-être présume-je de ma connaissance du <em>jidai-geki</em> qui a sans doute déjà abordé ce genre de thème. Après tout <a title="Les sept samourais" href="http://insecte-nuisible.com/chambardements-1-code-d-honneur-et-decadence#sept"><strong>Les sept Samouraïs</strong> de Kurosawa Akira</a>, sans doute le plus emblématique et le plus connu d’entre tous a déjà pour héros des samouraïs pauvres.<br />
Mais je me dis quand même que le film de Yamada a une patte spéciale. Situé (encore une fois !) quelques années avant la restauration Meiji et la « fin des samouraïs » il délaisse pourtant le propos historique (plus ou moins métaphorique) de fin de caste et d’occidentalisation pour en quelque sorte un glissement du samouraï vers le paysan. Un glissement qui n’a rien d’une déchéance (même si les temps sont durs que notre samouraï fait parfois pâle figure), le héros étant plein de modestie et dépourvu d’ambition autre que tranquillement voir ses filles grandir. Il y a également une touche réaliste qui va à l’encontre des grandes fresques et de la grande Histoire (ce qui n’est pas pour me déplaire), comme de l’action à tout crin.<br />
Et si on passe sur la petite faute de goût qu’est de faire raconter le film en voix-off par sa fille (superflu, légèrement larmoyant aussi peut-être) et sur le temps que le film met à se mettre en place (ce qui n’est jamais un défaut), <strong>Le Samouraï du crépuscule</strong> est plutôt beau. C’est cadré sans fioritures, très sobre même, mais avec élégance ; idem du montage loin d’être expérimental mais fluide et maîtrisé. Il y a en fait dans tout cela une simplicité et une sérénité qui siéent parfaitement au personnage, même si celui-ci présentera par la suite des failles.<br />
Et que les fans se rassurent (façon de parler) il y a quand même un duel au sabre. Mais déjouant les attentes et parfaitement inattendu dans son traitement, et pour tout dire absolument magnifique. Va falloir que je jette un oeil aux autres films de samouraï du réalisateur (<strong>La servante et le samouraï </strong>et <strong>Love and Honor</strong>), qui forment apparemment une trilogie avec ce Samouraï du crépuscule.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/samourai-du-crepuscule-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Le Samouraï du crépuscule</strong> (Yamada Yoji, 2002)</div>
<p><a name="choeur"></a>Je serais plus bref sur <strong>Choeur de Tokyo</strong> (Ozu Yasujiro, 1931) car en toute franchise y a rien de spécial à voir. Ozu il parait que ça roxe, alors pourquoi ce film anecdotique ? Parce qu’en fait je pensais commettre un énorme blasphème mais on m’a affirmé qu’en effet on était loin des meilleurs films du réalisateur.<br />
Mais revenons au film, on y voit un type se faire renvoyer pour avoir protester suite au licenciement d’un de ses collègues et aider son ancien professeur à ouvrir son petit restaurant. Et pour y aller rapidement si on excepte les quelques passages comiques pas mal foutus (on est quand même loin de la finesse et du rythme d’un Chaplin) le film n’accroche pas, d’un coté trop léger et de l’autre pas assez drôle, et mis en scène de manière très classique. En fait il est bien possible qu’on titille là mon peu d’affinité avec le cinéma muet (enfin&#8230; « non sonore »).</p>
<p><a name="visage"></a>Retour au cinéma récent avec <strong>Le Visage</strong> (Sakamoto Junji, 2000), qui suit la cavale d’une fille un peu pataude et pour tout dire par forcément finaude recherchée par la police pour avoir tué sa soeur et être partie avec les dons de la cérémonie funéraire de sa mère récemment décédée (oui, c’est glauque), tout ça dans le but de retrouver son père qui s’est tiré quand elle avait dix ans. Elle ne trouvera finalement pas son père et va donc bourlinguer d’ici et de là. Pour une raison ou une autre Le visage m’a rappelé le très chouette <strong><a title="Memories of Matsuko" href="http://insecte-nuisible.com/faps-avril-2008/392#matsuko">Memories of Matsuko</a></strong>&#8230; enfin, surtout dans ses thèmes car il lui manque justement tout ce qui faisait de <strong>Memories of Matsuko</strong> un bon film : son point de vue unique et sa mise en scène survoltée. Alors même si <strong>Le Visage</strong> n’est pas forcément une catastrophe il est surtout sans grande saveur. Ralala, quelle plaie ces films pas forcément mauvais mais qui ne nous touchent pas une seconde et qu’on aura oublié dans trois jours !</p>
<p><a name="yae"></a>On continue notre yoyo temporel avec <strong>Yae, notre petite voisine</strong> (Shimazu Yasujiro, 1934), ma foi une bonne surprise. En quelque sorte, c’est une <em>sitcom </em>: on a deux maisons qui se font face, les premiers ont deux fils, les seconds deux filles et tout le monde fait partie des meuble chez le voisin d’en face. La situation se dérègle quand la fille aînée du second couple rentre chez ses parents après avoir quitté son mari, et commence à faire de l’ombre à sa cadette (la Yae du titre) dans sa conquête du coeur du fils aîné d’en face (forcément).<br />
En fait mon impression (terriblement anachronique) de <em>sitcom </em>ne vient pas tellement de la configuration « de voisinage » de l’intrique, typique de ce genre de séries, mais plutôt de quelques scènes de comédie qu’on pourrait vaguement qualifier « de situation ». Des scènes très bien menées d’ailleurs, les éléments s’enchaînant avec vigueur, comme dans celle où après avoir renversé successivement plusieurs plats et avoir vainement tenté de camoufler sa maladresse (le film joue d’ailleurs beaucoup sur la gaucherie des personnages, dans la première partie du moins) le jeune homme se fait moquer de lui parce que ses chaussettes ont des trous puis, une fois ses chaussettes enlevées pour être reprisées, parce que ses pieds sont sales, enfin parce que ses chaussettes puent ! Ou celle de la sortie au cinéma qui tourne au calvaire pour la pauvre Yae alors qu’elle l’imaginait si romantique.<br />
On a donc affaire à un film plutôt léger (malgré une tonalité plus grave parfois introduite par la soeur ainée) et dans l’ensemble très plaisant même si on est pas forcément en présence d’un chef-d’oeuvre. Reste qu’à défaut d’être magistralement mis en scène le film est bien écrit (ses dialogues à proprement parler, mais également ses actions dans leur ensemble) et rythmé, ce qui pour le coup suffit à la bonne humeur du cinéphile.</p>
<p><a name="tora"></a>Entre temps, je ne pouvais pas faire l’impasse sur <strong>Tora-san</strong>, série hyper populaire produite par le studio à partir des années 70 et qui avec une petite cinquantaine de films au compteur est une des plus grandes séries cinématographique au monde (c’était la minute « dossier de presse »).<br />
J’ai donc commencé par <strong>C’est dur d’être un homme</strong> (Yamada Yoji, 1969) qui est sauf si je dis une bêtise est le premier de la série. Torajiro (appelé Tora) est un vagabond, un peu yakuza sur les bords à ce qu’il parait, qui revient dans sa famille (son oncle, sa tante et sa petite soeur) après de nombreuses années d’absence. Et le problème c’est que le père Tora il tient pas en place, il se mêle de tout (du mariage de sa soeur entre autres) avec des résultats qui laissent songeur et finalement crée plus d’ennuis qu’il ne résout de problèmes. Mais il a un coeur gros comme ça, donc on l’aime bien quand même.<br />
C’est pas de la grande mise en scène (bien loin du <strong>Samouraï du crépuscule</strong>, certes réalisé trente ans plus tard, du même réal)(à ce sujet et quitte à faire un petit HS, je suis impressionné par la filmographie de Yamada : quasiment intégralement consacrée à <strong>Tora-san</strong> pendant vingt-cinq ans !) mais ça se regarde. Le film étant surtout affaire de dialogues croustillants, alliés à l’entrain de Atsumi Kiyoshi dans le rôle titre. Un film bien drôle donc, en savant être émouvant de temps à autre.<br />
Comme je ne crains rien j’ai enchaîné avec <strong>Lointain pays natal</strong> (Yoji Yamada,1970). Dans ce film Tora se lance dans le projet fou d’être une personne normale avec un boulot honnête (avec de la sueur et du cambouis, sinon c’est pas du jeu) et va atterrir chez une marchande de Tofu. Il aurait même pu accéder à son rêve de vie normale si la fille de sa patronne dont il est amoureux n’avait pas décidé de se marier avec un autre. C’est d’ailleurs une chose qu’on avait déjà dans le premier (sauf que ce n’était pas à ce point central) et il semble que cela constitue un des ressorts inépuisables de la série pour constamment relancer ce brave Tora-san sur les routes.<br />
Quoi qu’il en soit, <strong>Tora-san</strong> c’est bien rigolo. On s’en farcirait pas dix à la suite, mais un de temps en temps ça doit le faire.</p>
<p><a name="saison"></a>On reste dans le léger avec <strong>La Saison des mauvaises femmes</strong> (Shibuya Minoru, 1958), une comédie du genre assez anecdotique. L’argument est aussi classique que propice à des situations cocasses, le patriarche est un gros radin pété de thunes avec une grosse assurance vie et un coffre rempli de diamants, mais du genre increvable qui vivra jusqu’à cent ans et enterrera ses enfants tellement il pète le feu, et que tout le monde veut tuer et/ou extorquer : sa femme, ex-geisha qui avait épousé un vieux dans l’espoir d’hériter plus vite ; la fille de sa femme qui veut sa part du magot avant de foutre le camp pour de bon avec sa nouvelle bagnole ; le neveu du vieux qui veut récupérer la fortune qui fut à son père ; l’ex de la femme qui se fait embarquer la dedans ; un tueur embauché par ce dernier qui essaye de doubler tout le monde,&#8230; Bon, voilà quoi. C’est parfois marrant, mais c’est bien loin de casser des briques.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/contes-chrysanthemes-tardifs-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Contes des chrysanthèmes tardifs</strong> (Mizoguchi Kenji, 1939)</div>
<p><a name="contes"></a>Pour finir, après une série de films au mieux sympatoches, enfin un joli morceau ! <strong>Contes des chrysanthèmes tardifs </strong>(Mizoguchi Kenji, 1939) – très beau titre – donc, que vous vous demandez sans doute probablement comment ça se fait que je ne l’avais toujours pas vu. Mais c’est bien sous-estimer mon ignorance et mon peu d’entrain à cultiver mes classiques (et j’assume).<br />
C’est donc l’histoire, tragique et tout, d’un acteur de théâtre, héritier d’une grande famille d’acteurs donc adulé et flatté comme il sied à son rang, sauf qu’il est très mauvais. Naïf, le bonhomme fini par tomber fou amoureux de la nourrisse de son neveu, la première à lui avoir avoué qu’il joue comme une savate et que les autres jasent derrière son dos. Quand à la fille, elle lui promet de l’aider à devenir un grand acteur (en passant, ces histoires de femmes totalement dévouées à leur mari ça commence à me gonfler un tantinet, mais passons). Malheureusement la famille du bonhomme apprend leur liaison pourtant tout ce qui a de plus platonique, s’inquiète de la rumeur et donc donne son congé à la nourrisse et la renvoie dans sa famille. Le jeune homme claque alors la porte et s’en va devenir un grand acteur loin du prestigieux théâtre familial.<br />
Récit initiatique et grand amour impossible et tout le tralala.<br />
Premier constat quand même, c’est joli. Les cadres sont beaux, composés avec soin, les mouvements de caméra amples et élégants. Ça reste toutefois un peu fixe quand même, surtout sur la partie centrale, fonctionnant pour beaucoup dans une logique de tableau : une scène est filmée en plan séquence le plus souvent fixe, cadré en pied ou demi ensemble. Alors c’est certain, mieux vaut un joli tableau bien foutu qu’un découpage sans rythme et sans surprise. Mais le problème c’est que, ne bougeant rarement la caméra dans ces scènes, ces dernières restent figées dans un état souvent neutre.<br />
Là où la mise en scène de Mizoguchi est étrange, c’est que – lui qui filme les scènes de vie quotidienne en plan fixe de demi ensemble comme sur une scène – il découpe énormément (enfin, tout est relatif) les scènes de théâtre. Celles-ci sont d’ailleurs très belles. Non seulement il coupe et il monte, montrant les spectateurs et les coulisses, jusqu’à parfois procéder en narration alternée (ce qu’il fait nulle part ailleurs dans le métrage), mais il joue également sur la valeur des plans (encore une fois ce qui n’arrive pas ailleurs)(il faudrait vérifier, mais j’ai par exemple l’impression qu’à part lors des scènes de théâtre il n’y a pas un seul gros plan du film), sur les changements d’angle de prise de vue, sur la musique également. En résulte des scènes vraiment rythmées, surtout comparées au déroulé bien patapouf du reste du film, à se demander s’il n’y a pas plus de vie dans le théâtre que dans la « vraie vie » (et alors la femme, en l’encourageant à jouer sans se soucier d’elle, doit avoir raison quelque part).<br />
Cela dit je ne voudrais pas avoir l’air de dénigrer les deux heures de film qui ne mettent pas en scène le théâtre, hein. Comme je l’ai déjà fait remarquer, c’est très élégant et maîtrisé. Et j’aime particulièrement la manière dont il effectue la transition entre deux tableaux par des mouvements de caméra très fluides (longs travellings le plus souvent), ne rompant pas le plan séquence. En fait c’est sans doute quand je vois avec quelle maîtrise il bouge sa caméra que je regrette qu’il ne le fasse pas plus souvent.</p>
<p><strong>Etaient également programmés :</strong><br />
La Vengeance d’un acteur (Kinugasa Teinosuke, 1935)<br />
Courant chaud (Yoshimura Kozaburo, 1939)<br />
Il était un père (Ozu Yasujiro, 1942)<br />
Quel est ton nom ? (Oba Hideo, 1953)<br />
Vingt-quatre prunelles (Kinoshita Keisuke, 1954)<br />
La Rivière noire (Kobayashi Masaki, 1957)<br />
Contes cruels de la jeunesse (Oshima Nagisa, 1960)<br />
Le Sang séché (Yoshida Kiju, 1960)<br />
Kyoto (Nakamura Noboru, 1963)<br />
Tora-san : La Fleur du souvenir (Yamada Yoji, 1973)<br />
Le Vase de sable (Nomura Yoshitaro, 1974)<br />
<a title="Les derniers samourais" href="http://insecte-nuisible.com/chambardements-1-code-d-honneur-et-decadence#last">Les derniers samouraïs</a> (Misumi Kenji, 1974)</p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://insecte-nuisible.com/festival-du-cinema-asiatique-de-deauville-2009/363/">Lire l’épisode suivant</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>F.A.P.S. mai 2008 : revues cannoises</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 06 Jun 2008 09:34:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Ailleurs et Pas-tout-de-Suite]]></category>
		<category><![CDATA[Bong Joon-Ho]]></category>
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		<category><![CDATA[festivals et rétrospectives]]></category>
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		<category><![CDATA[Yin Lichuan]]></category>

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		<description><![CDATA[Au programme : Knitting (Yin Lichuan, 2008), Now Showing (Raya Martin, 2008), The Pleasure of being robbed (Josh Safdie, 2008), Four Nights with Anna (Jerzy Skolimowski, 2008), Eldorado (Bouli Lanners, 2008), La Fête de la fille morte (Matheus Nachtergaele, 2008), Tokyo! (Michel Gondry, Leos Carax &#038; Bong Joon-Ho, 2008), Tokyo Sonata (Kurosawa Kyoshi, 2008) et Soi Cowboy (Thomas Clay, 2008).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite, ep.4</strong><br />
(<a title="ep.3" href="http://insecte-nuisible.com/faps-avril-2008/392/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>Donc non je ne suis pas un sale privilégié qui a la chance d’être invité dans les festivals huppés pour y assister à des projos en avant-première dans une salle remplie à ras bord de types habillés en pingouins et de femmes déguisées en boules à facettes. D’ailleurs je sais même pas trop qui qu’a gagné et je m’en fous un peu (allez, je mens un peu, mais à vue de nez y a beaucoup de cinéma du réel et/ou politique, tout ce que j’aime). Mais j’ai profité des reprises organisées sur Paris – au Cinéma des Cinéastes pour la Quinzaine des réalisateurs et au Reflect Medicis pour Un certain regard – pour voir quelques films présentés cette année. Comme ça vous avez un peu l’impression d’être des VIP. Un peu.</p>
<p><span class="titrerevue">Quinzaine des Réalisateurs : pas grand chose à se mettre sous la dent</span></p>
<p><a name="knitting"></a>Dans <strong>Knitting</strong>, film chinois de Yin Lichuan, on suit les tribulations de trois jeunes gens, une fille un peu nunuche, son mec et l’ex du mec qui débarque un beau jour pour s’installer avec eux. Forcément les deux filles se détestent (la seconde trouve la première grosse et conne, la première pleurniche mais n’en pense pas moins et lui fait des coups de pute par derrière) et le gars essaye de concilier tout le monde.<br />
En bon film naturaliste social <strong>Knitting </strong>s’attache à poser sur ses personnages et son histoire un regard réaliste. Pas inintéressante pour autant, mais comme on peut s’en douter jamais transcendée par une forme qui fait tout pour être inexistante. Il y a de toute évidence une fracture idéologique entre ce genre de cinéma (qui se veut témoin réaliste donc crédible d’une situation, mais qui passé l’exotisme chez ceux qui y sont encore sensibles ne produit que de la banalité, attachante parfois) et moi. Et je crains de devoir en recroiser quelques uns au détour de cette sélection. Je m’accroche.</p>
<p><a name="now"></a>Et il fallait sérieusement s’accrocher pour aller au bout de <strong>Now Showing</strong> de Raya Martin. D’un certain coté je remercie la personne qui avant la séance a gueulé à son voisin « J’espère qu’on tiendra le coup, ça dure quatre heure quand même. », comme ça j’étais un minimum prévenu. D’ailleurs j’ai l’impression que la personne en question n’a pas tenu le coup (petit joueur !). Faut dire aussi que le film faisait en fait quatre heures quarante (soit plus de dix-sept mille loooongues secondes), et quarante minutes c’est loin d’être négligeable lorsque vous êtes au bout du rouleau.<br />
Donc c’est l’histoire de Rita, une gamine vivant dans un quartier pas très glop, sans pour autant être malheureuse non plus, mais bon, voilà, pas une riche. La première partie du film se concentre sur l’enfance de Rita, et est filmée au caméscope VHS (ou quelque chose du même style). L’image est donc assez dégueue, avec un gros grain et des artéfacts de support magnétique, mais du genre hideuse avec laquelle on peut faire des choses très belles, l&#8217;un n’empêche pas l&#8217;autre. Le problème c’est juste qu’à trois petites expérimentations près on dirait un film de famille, l’absence de mise en scène montée en série. Le problème c’est surtout que Raya Martin ne peut s’empêcher de faire durer ses plans trois fois plus que nécessaire – on comprend alors pourquoi le film dure cinq heures, ainsi qu’il ne va en fin de compte pas dire plus qu’un film d’une heure vingt convenablement structuré. La seconde partie est quand à elle filmée en DV et s’intéresse à l’adolescence de Rita, cette fois en privilégiant les plans fixes et/ou séquence à la Tsai Ming-Liang (vous vous doutez bien que <a title="I don't want to sleep alone" href="http://insecte-nuisible.com/i-dont-want-to-sleep-alone-tsai-ming-liang-2006/47/">je déteste ça profondément</a>). Bon point tout de même, le choix de la photographie et du matériel, même s’il n’est pas vraiment poussé, est visiblement conscient et porteur de sens – ça ne sauvera pas les meubles, bien entendu. Entre les deux se trouvent deux séquences plus intéressantes. La première est un montage d’extraits de vieux films en noir et blanc (et présenté sans la moindre bande audio). La deuxième, juste à la suite, est une scène tournée presque intégralement en caméra subjective dans un cimetière (dans le genre assez flippant, avec des caveaux géants de trois mètres de haut), très efficace, rappelant furieusement un FPS horrifique dont le but est de sortir du labyrinthe de tombes, avec un excellent travail du son (bruits de pierres faisant penser aux caveaux qu’on ouvre, donnant vie aux ombres rapidement entraperçues). Malheureusement comme toutes les scènes ces deux là traînent en longueur. Pour son prochain film je ne peux que conseiller à Raya Martin de s&#8217;adjoindre les services d’un monteur. Quand à moi, je préfère quand le cinéma philippin fait des pseudo <strong>Mad Max</strong> ou des films érotiques.</p>
<p><a name="robbed"></a>Heureusement pour moi, les autres films de la quinzaine qui me sont arrivés devant les yeux sont nettement plus recommandables que ces deux premiers, sans toutefois forcément casser des briques.<br />
<strong>The Pleasure of being robbed</strong> de Josh Safdie pour commencer, peut-être le meilleur des cinq. L’histoire d’une jeune kleptomane un tantinet décalée des réalités et qui forcément va voler des trucs : un cadeau que devait faire un père à sa petite fille et qui s’avérera contenir un chien (qu’elle foutra dehors) et quatre chatons (qu’elle gardera avec elle), du raisin, un sac à main rempli de billets de banque qu’elle laissera sur la banquette du bar pour ne garder que les clés de voiture, voiture qu’elle empruntera pour raccompagner dans le New Jersey un de ses amis croisé par hasard et qui en passant lui apprendra à conduire car elle n’avait jamais appris. D’autres trucs aussi. Un beau petit film donc, en forme de faux road movie (la fille part toujours « en voyage », dans le New Jersey ou au zoo, mais revient constamment sur place pour repartir). Joliment mis en scène aussi (justement, pour faire le lien avec ce que je disais sur <strong>Now Showing</strong>, la photo est assez crado et le résultat est beau) même si ce n’est pas non plus toujours sensationnel – dans la moitié supérieur du panier quand même. Avec un joli culot il arrive même à faire passer des scènes improbables et/ou ridicules comme une lettre à la poste, dont une scène (très chouette) avec un faux ours blanc très mal fait. La magie du cinéma quoi.</p>
<p><a name="anna"></a>Autre film assez cool, <strong>Four Nights with Anna</strong> (je vous épargne le titre polonais imprononçable) de Jerzy Skolimowski. Cette fois on suit un type un peu simplet amoureux d’une femme et qui va rentrer dans sa chambre pendant qu’elle dort pour la regarder. Ce qui frappe d’emblée à la vision de ce film c’est son atmosphère très très glauque, mais surtout son habileté à introduire ce glauque dans le quotidien et la normalité des personnages. Exemple marquant : une des premières scènes montre le bonhomme acheter une hache puis balancer une main coupée dans une chaudière, on le catégorise direct comme gros psychopathe ; et même lorsqu’on apprend qu’il est employé à l’incinérateur de l’hôpital et qu’il n’y a là rien d’extraordinaire l’impression peine à nous lâcher.<br />
Lui aussi est bien mis en scène, avec une caméra très fluide, très tranquille, souvent en léger mouvement et un montage dans le même esprit, sauf lors de quelques brusques ruptures de ton où il se fait subitement plus sec et brutal.</p>
<p><a name="eldorado"></a>On change totalement de registre avec <strong>Eldorado </strong>de Bouli Lanners. Rare en effet de voir des comédies intégrer cette sélection où le sérieux est le plus souvent de mise (quoique l’année dernière on a eu droit à <a title="Smiley Face" href="http://insecte-nuisible.com/fim-janvier-2008/307#smiley"><strong>Smiley Face</strong></a> qui est loin d’être très fin). Une comédie donc, un <em>buddy-movie</em> même, qui voit un homme surprendre un cambrioleur chez lui, passer la nuit à attendre qu’il sorte de dessous son lit où il s’était réfugié, avant de finalement le ramener en bagnole chez ses parents à coté de la frontière française (nous sommes en Belgique). Le film est plutôt sympa, surtout parce qu’il fonctionne bien en tant que comédie de situation, ainsi que grâce à certains seconds rôles pas piqués des hannetons (le médium collectionneur de voitures ayant renversé des gens par exemple). Malheureusement il semble vouloir prendre dans sa dernière partie un tournant plus grave et introspectif, ce qui plombe inutilement le rythme. Sympatoche quand même.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/soi-cowboy-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Soi Cowboy</strong> (Thomas Clay, 2008)</div>
<p><span class="titrerevue">Un certain Regard : c&#8217;est déjà franchement mieux</span></p>
<p><a name="fille"></a><strong>La Fête de la fille morte</strong>, film brésilien de Matheus Nachtergaele, raconte comme son nom l’indique une fête en l’honneur d’une fille morte. Celle-ci fut découverte par un « saint » local (qui aurait soi-disant ramené sa mère à la vie) et depuis, tous les ans, elle s’exprime par son intermédiaire à l’issue de la fête. Le film part pas si mal, on y voit d’un coté le frère de la morte douter de la mascarade autour de la mort de sa soeur et souffrir que le saint y accroît son influence, de l’autre le saint présenté comme irascible et capricieux, gâté par un trop plein d’admiration. Confrontation intéressante, même si le film (mise en scène et tout le tralala) n’est pas exceptionnel pour autant. Et la messe est dite lorsque le film commence à tirer en longueur en abandonnant ces personnages, pour dépeindre la fête elle-même dans un final un peu trop exotique pour être honnête.</p>
<p><a name="tokyo"></a>Second film de la sélection Un Certain Regard, et cette fois pas vu par hasard, même si j’en attendais à vrai dire moins que ce qu’il m’en a finalement donné (contrairement au film d’après, mais je saute les étapes) : <strong>Tokyo!</strong>, omnibus tokyoïte de Michel Gondry, Leos Carax et Bong Joon-Ho, sur un principe rappelant celui de <a href="http://insecte-nuisible.com/tokyo-electrique-anthologie-2006/"><strong>Tokyo électrique</strong></a>.<br />
Le premier court-métrage, <strong>Interior Design</strong>, prouve une nouvelle fois que Gondry n’est jamais aussi bon que lorsqu’il ne fait pas « du Gondry » (le film est adapté d’une BD de Gabrielle Bell qui co-scénarise). L’histoire d’une fille (la trop rare Fujitani Ayako, fille du grand Steven Seagal et qui contrairement à son père fait preuve de talent au premier degré) qui débarque à Tokyo avec son petit ami et emménage « provisoirement » chez une copine (Ito Ayumi !!!!!). Le film fait un premier temps preuve d’un imaginaire léger (à travers les récits de son copain, des jeux un peu gamins du couple,&#8230;), qui acquière au fur et à mesure une réalité (la fourrière aux dimensions dantesques, la fille qui chargée de son barda fait penser aux <em>borgs </em>de <a title="Meatball Machine" href="http://insecte-nuisible.com/meatball-machine-yamaguchi-yudai-et-yamamoto-junichi-2005/145/"><strong>Meatball Machine</strong></a> et autres délire cyberpunks, la projection du film à grand renfort de machine à fumée,&#8230;) avant de basculer dans le fantastique pur avec un final aux accents romantiques voir poétiques. Très joli.<br />
Leos Carax est un grand malade ne fait pas dans la finesse avec le second segment, subtilement intitulé <strong>Merde</strong>, en français dans le texte. Le film commence comme un pseudo <em>kaiju-eiga</em> (film de monstre géant) jusqu’à reprendre la bande originale de <strong>Godzilla</strong>, alors qu’un homme (caucasien) sort des égouts pour terroriser Tokyo, lécher les jeunes filles, manger des chrysanthèmes et balancer des grenades. Le forcené est finalement arrêté et commence alors la seconde partie du film autour de son procès, prétexte à une comédie absurde et satirique, parfois caustique (on pense à l’affaire du fichage des étrangers à leur arrivée sur le territoire et autres petites piques lancées ça et là). Malheureusement certaines scènes tirent inutilement en longueur, même si les acteurs ont l’air de bien se marrer alors que les spectateurs commencent à trouver le temps long.<br />
<strong>Shaking Tokyo</strong> de Bong Joon-Ho met en scène un <em>hikikomori </em>(bonhomme qui s’enferme chez lui pour ne plus sortir et vivre sans contact avec l’extérieur) qui tombe amoureux d’une livreuse de pizza (Aoi Yuu !!!!!) moitié androïde moitié humaine (enfin, on en est pas loin). Malheureusement pour lui la jeune fille se cloître à son tour chez elle et donc pour la revoir l’homme doit sortir de chez lui. Comme on pouvait s’y attendre ce segment est le plus esthétisant de tous, peut-être pas assez fouillé dans ses idées mais plutôt bien foutu, avec le sens de l’exagération parfois burlesque qui caractérise le cinéma de Bong. Un peu naïf par moment, mais très rigolo.</p>
<p><a name="sonata"></a>Au contraire, pour une raison ou une autre j’attendais pas mal de <strong>Tokyo Sonata</strong> de Kurosawa Kyoshi (auteur d’un certain nombre de films assez recommandables, plutôt connu pour ses thrillers fantastiques, entre autres l’excellent <strong>Kaïro</strong>) et il m’a un peu déçu. Je ne regrette pas les petites filles à cheveux longs (surtout pas), mais dans ce dernier film le tournant auteuriste de Kurosawa est par trop palpable. Kurosawa a toujours eu une mise en scène d’une austérité à la limite de l’invitation au suicide (bon, j’avoue, j’exagère ; et au moins lui il sait cadrer) et c’est probablement davantage le cas dans ce film qui fait tout pour adopter la charte du « film d’auteur japonais à sélectionner pour le festival de Venise ».<br />
Une histoire intéressante pourtant, bien que pas particulièrement inédite (un père de famille cache son chômage à sa femme), plombée donc par une mise en scène trop auteuriste. Il y a toutefois quelques très bonnes idées, notamment la manière qu’a Kurosawa de montrer l’éclatement de la cellule familiale traditionnelle devant ce coup du sort, idée qui semble être désavouée par la suite – un peu à l’image de ce flash-back à la mécanique douteuse, d’autant plus que le tournant qu’il amorce ne sera pas assumé jusqu’au bout. Reste qu’il y a une scène de piano. J’aime les scènes de piano. J’aime Debussy. Je suis faible.</p>
<p><a name="soi"></a>Pour finir, avec son troisième film (et non son deuxième comme tout le monde se plait pourtant à le rappeler) Thomas Clay, déjà réalisateur du plutôt intéressant mais passé inaperçu (pas par ceux qui l’ont vu, mais les autres) <strong>The Great Ecstasy of Robert Carmichael</strong>, prouve qu’il est un cinéaste à suivre et avec qui il va falloir compter dans les années à venir.<br />
<strong>Soi Cowboy</strong> (nom d’un quartier chaud de Bangkok) se passe donc en Thaïlande et suit un couple composé d’un énorme anglais élevé au beurre de cacahuète et d’une minette thaï pesant le tiers de son poids (pourtant elle est enceinte !), un couple un peu bancal donc – superbe scène d’ouverture, où les deux prennent tour à tour leur douche et leur petit déjeuner, qui rapidement pose les bases de la morosité de leur relation. Morosité qui sera d’ailleurs un peu modérée par la suite, Clay développant ses personnages avec une certaine finesse, évitant alors la caricature grossière. Nous ne sommes pas dans le schéma « gros porc qui fait son marché du sexe dans le tiers-monde » et/ou « petite pute qui n’est là que pour le pognon », et même s’il y a un peu de cela leurs rapports ne sont de temps à autres pas dénués de tendresse, certes maladroite mais bien réelle. On aura le droit de trouver ça glauque, mais cette situation de « bonheur beauf » fera par la suite figure d’alternative enviable.<br />
D’une certaine manière,<strong> Soi Cowboy</strong> fonctionne d’une manière similaire à <strong>The Great Ecstasy&#8230;</strong> : lent à se mettre en place, avec rigueur et sècheresse, ne semblant pas bien savoir où il mène, avant un <em>climax </em>d’où on sort en articulant silencieusement « Oh putain ! Oh putain ! Oh putain ! » (ou un tonitruant « Diantre ! » si on a grandi dans une famille de la haute). Pourtant le final de <strong>Soi Cowboy</strong> est bien moins trash que celui de <strong>The Great Ecstasy&#8230;</strong> (qui fonctionnait déjà sur le hors-champ et l’ellipse pour rendre le tout plus brutal), il serait même carrément soft pour qui ne va pas chercher plus loin que le bout de son nez. Mais en rassemblant les indices semés ci et là, en reconstruisant les incohérences, ce final est tout simplement stupéfiant – de <em>violence</em>, mais également d’ingéniosité. En espérant qu’il sorte en salles et que je vous en parle plus longuement, car le film regorge de choses sublimes.<br />
Délibérément étrange, hermétique et exigent, <strong>Soi Cowboy</strong> laissera probablement une bonne moitié de son audience sur la touche, comme il y a laissé une partie non négligeable de la critique. Le montage présenté à Cannes n’est parait-il pas définitif, j’espère que Thomas Clay ne détruira pas son film suite à cet accueil perplexe car en l’état <strong>Soi Cowboy</strong> est un des meilleurs films que j’ai vu cette année.</p>
<p style="text-align: right;"><a title="Rétrospective Shochiku" href="http://insecte-nuisible.com/retrospective-shochiku-septembre-2008/">Lire l’épisode suivant</a></p>
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