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	<title>Insecte Nuisible &#187; comédie dramatique</title>
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	<description>Le cinéma qui grouille</description>
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		<title>Ricky (François Ozon, 2008)</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Feb 2009 14:24:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[2008]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandra Lamy]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma français]]></category>
		<category><![CDATA[comédie dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[François Ozon]]></category>
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		<category><![CDATA[Sergi López]]></category>

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		<description><![CDATA[Qu’on se le dise, Ricky n’est qu’un pitch, une idée. Il n’en ressort qu’une chose, avec son absence de mise en scène et son incapacité à faire de son conte fantastique autre chose que du premier degré abrutissant, Ricky ne vaut pas plus qu’un film familial sur les premiers pas du petit neuveu.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Jamais j’aurais du lui avouer que j’avais vu ce film ; mon compère Arkady Knight m’a alors dit « T’as fait un <a title="Diary of the Dead" href="http://insecte-nuisible.com/diary-of-the-dead-george-a-romero-2007/174/"><em>pas glop</em> tout pourri sur le Romero</a>, t’en fais un sur Ricky », donc je m’exécute la mort dans l’âme, me demandant ce que je vais bien pouvoir en dire&#8230;<br />
Critique pourrie <em>inside </em>!<br />
Histoire de remplir, soulignons les convergences de calendrier alors que pas moins de trois « films d’enfants pas normaux qui sont différents » sont sortis ces dernières semaines : les jeunes cons décérébrés iront voir <strong>Push </strong>(sympathique série B, avec une voyante de 13 ans bourrée dedans), les amoureux du grand cinéma américain se tourneront vers <strong>L’étrange histoire de Benjamin Button</strong> (le jeune con décérébré que je suis ne peut s’empêcher de trouver ça très lourd), les sexagénaires ménopausées en mal de maternité depuis l’annonce de l’homosexualité de leur fille se rabattront sur <strong>Ricky</strong>, nouveau film de l’inénarrable François Ozon.</p>
<p>Le film s’articule autour d’un méga <em>spoiler</em>, tellement <em>spoiler </em>de la mort qu’il est éventé dès la bande annonce. Parce que l’info aurait de toute façon filtré, à cause/grâce à notre société de l’information, dixit le réalisateur lui-même (dans le magazine la brochure UGC Illimité de cette semaine)(éwé, j’ai des lectures hautement intellectuelles), sans doute en oubliant que tous les spectateurs ne passent pas leur temps sur les forums à tout mettre en oeuvre pour se gâcher les films. Passons. Ricky vole. Pas comme on vole dans les supermarchés, mais avec des ailes. Ce qui n’empêche pas qu’on peut voler avec des ailes dans un supermarché, c’est d’ailleurs ce que fait Ricky et qui comme vous pouvez vous en douter ne manquera pas d’attirer l’attention.<br />
Mais le film commence bien avant cela, lorsque Katie, ouvrière bien prolo sur les bords, fornique avec Paco dans les toilettes d’une usine de produits chimiques (<strong>Godzilla </strong>cassoulet ?), accouplement qui sera sans doute à l’origine de la naissance du petit monstre. L’homme emménage bientôt chez la femme, dérangeant par la même occasion la relation entre Katie et sa fille de sept ans née d’une première union. Puis arrive Ricky, gros bébé affamé et qui pleure tout le temps. Puis apparaissent sur le dos du bébé de curieux hématomes : accusé de maltraiter le nourrisson Paco claque la porte, mais il s’avère que ces mystérieuses traces sont tout autre chose (tatatin !).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/ricky-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Avant l’événement de l’argument fantastique, et après également, le film tient principalement de la <em>chronique sociale</em> (ça existe ?), peignant de manière réaliste la vie de cette femme confrontée à ses problèmes quotidiens et à une existence sans doute pas hyper confortable, sa relation avec sa fille aussi. Pas grand chose à en dire malheureusement, pas que le sujet m’ennuie tant que ça mais c’est on ne peut plus banal, dans le sujet forcément (mais c’est le but) mais surtout dans le traitement qui sans être totalement dépourvu de finesse ne marque ni par sa singularité ni par son audace. Heureusement alors qu’il en vient à pousser des ailes au gamin, afin de permettre à ceux n’ayant jamais eu devant les yeux de véritable <a title="OFNI" href="http://insecte-nuisible.com/tag/ofni">OFNI</a> de crier au génie novateur – car c’est bien là l’arnaque totale de ce film et des commentaires qu’il provoque, faire passer la vessie Ozon pour une lanterne de créativité.<br />
Reste à savoir ce que fait Ozon de son hypothèse fantastique. Bien entendu – et c’est très compréhensible et sans doute pas plus mal – il ne sera pas question d’expliquer l’origine des mutations. Doit-on alors principalement voir ça comme une métaphore ? Mais de quoi ? Une mère tentant de protéger son enfant « différent » de la cruauté du monde (médecins, journalistes,&#8230;) ? Une allégorie de la perte d’un enfant (je ne fais pas particulièrement référence au fait qu’il ait des ailes, mais à la fin, que je ne dévoilerai pas davantage) ? Quoiqu’il en soit ça vole pas bien haut (huhuhu !), la faute (attention, démonstration en deux points) à un ton très neuneu plein de bons sentiments qui cantonne le propos au superficiel et comme d’habitude à une mise en scène (digne d’un feuilleton de début d’après midi sur une chaîne du service public) incapable de donner un peu de contenance au film.</p>
<p>C’est donc mal mis en scène, mais à vrai dire je ne me souviens pas d’un film de Ozon (qui, il faut bien l’avouer, ne me laissent pour la plupart aucun souvenir !) qui se distingue à ce niveau. C’est quand même vexant ce genre de cinéma service minimum, à peine du cinéma de filmeur.<br />
J’ai vu le film sans vraiment faire attention, du coup j’aurais du mal à étayer concrètement ce que je dis. Il y a quand même une réflexion que je me suis faite et qui m’est restée en tête car je m’étais fait à peu près la même au sujet de <a title="La petite fille de la terre noire" href="http://insecte-nuisible.com/la-petite-fille-de-la-terre-noire-jeon-soo-il-2007/205/"><strong>La petite fille de la terre noire</strong></a> (qui, sur ce point particulier, était quand même mieux foutu). On trouve dans le film quelques séquence très elliptiques dans leur narration dans lesquelles une action n’est montrée que dans un plan et un seul : elle travaille à l’usine, un plan ; elle montre à l’escalier, un plan ; elle prépare un café, un plan ; elle se couche, un plan ;&#8230; c’est pas mauvais par essence, ça doit même pouvoir accoucher de choses plutôt belles (pas d’exemple sous la main malheureusement). Le problème dans le film de Ozon c’est que ces séquences ne sont que des plates énumérations, la faute à un montage négligé : on a compris qu’elle travaille, puis qu’elle rentre chez elle, puis qu’elle se fait un café, mais la séquence n’a aucun rythme tellement le montage est aléatoire. Comme si chacun de ces plans n’était qu’une unité  explicite d’action (« elle monte l’escalier ») dépourvue de toute temporalité, rythme et mouvement, plutôt qu’un vrai plan de cinéma à intégrer au sein d’une séquence ayant elle aussi sa temporalité, son rythme et son mouvement. En fin de compte on est plus proche d’une projection de diapos chez tante Ivette que d’une séquence de cinéma.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/ricky-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Tiens, toujours au sujet d’ellipse, la première partie est bizarre. Je ne dirais même pas que c’est mauvais car ça fait son petit effet, mais ça donne quand même un coté négligé. Bref, tel que le film est monté, on a l’impression que (quelque jours après le premier coït dans les toilettes) le soir ils vont au resto et ils rentrent chez la femme ; le lendemain matin la petite fille découvre l’amant de sa mère au petit déjeuner et apprend qu’il va habiter avec elles (un peu rapide pour emménager, non ?) ; et que dans la même journée la mère s’évanouit au travail et part à l’hôpital pour accoucher. Un récit serré comme dirait l’autre !<br />
Par contre, un autre artifice de narration qui cette fois est vraiment raté, en plus d’être totalement inutile, c’est la scène pré-générique. On y voit Katie, sans doute chez une assistance sociale, qui craque et qui pleure, expliquant que c’est trop dur d’être seule sans boulot pour élever deux enfants, en particulier le deuxième qui lui pose pas mal de problème et qu’elle envisage de placer dans un foyer. Puis on comprend (c’est écrit) que c’est un <em>flashforward</em>. Le problème, c’est que cette scène ne se recoupe à rien de ce qui va suivre, et encore moins avec la fin qui s’avère heureuse (difficile alors de penser que cette scène puisse se dérouler après). Au mieux pourrait-on imaginer la caser au milieu, alors que Paco est parti et que Ricky fait ses ailes, mais cela va à l’encontre de l’obstination de la femme à ne surtout pas se séparer de son fils et de ne surtout pas le confier à des toubibs, éducateurs, et cie. Incohérence quoi, gimmick ridicule (sensé accentuer le coté « film social » ?). Je suis du genre à volontiers donner leur chance aux films dans ce genre de cas et à interpréter toutes sortes de logiques qui ne le sont peu (en fait le film est une uchronie, un fantasme de la femme qui ne supporte pas son fils et qui rêve qu’il est né avec des ailes de poulet, ce qui apporte la preuve définitive que François Ozon est un cinéaste de SF), mais il y a des limites à ne pas dépasser.<br />
De toute façon, d’une manière générale le film est pétri d’incohérences en tout genre. Et je parle même pas de banales erreurs de script (faites attention aux va-et-vient des casques entre l’appart et l’usine, y a de la télétransportation dans l’air)(idem, même si c’est plus gênant, du bébé qui se retrouve en haut de l’armoire avec ses moignons d’ailes) dont on a le droit de se foutre (ce genre d’erreurs, si ça reste à éviter, n’ont jamais fait un mauvais film), mais des personnalités sommairement esquissées et des comportements qui vont avec (je veux bien croire que ce sont des pauvres, mais ça doit avoir un cerveau un pauvre, enfin, je crois). Et ne parlons même pas des dialogues le plus souvent ridicules – mention spéciale à celui de la fillette et son « <em>tu as raison Ricky, quand on aime on part pas</em> », et bien entendu au splendide « <a title="vidéo de la scène [allociné]" href="http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18864827&amp;cfilm=134174&amp;hd=1.html"><em>parce qu’il est différent</em></a> ».</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/ricky-3.jpg" alt="" /></p>
<p>J’ai évoqué les séances diapo en famille, et en fin de compte c’est comme ça qu’il va falloir voir <strong>Ricky</strong>. Je n’ai en effet rarement vu un film aussi abruti devant une figure de bambin, s’émerveillant des gazou-gazou du petit chenapan ailé. Et le public de lui aussi faire des roucoulades à la moindre apparition de la bouille de Ricky. Ecoeurant.<br />
Je confesse volontiers ne pas aimer les bébés, et que j’aurais sans doute préféré un film avec un petit chaton ! Mais soyons sérieux trente secondes, on ne fera pas un grand film en prenant au premier degré la régression gaga qui prend les gens à la simple vue d’un bébé faisant des bulles (ou d’un petit chat). Si je voulais paraître réac je dirais même que c’est indécent ! Si je voulais paraître un intégriste élitiste je dénoncerais cette complaisance dans l’imbécillité crasse. Et si je voulais paraître frustré je dirais que la régression des autres dans leur bonheur me débecte.<br />
Par contre j’aime le fantastique, ce même fantastique qu’Ozon semble si frileux à emprunter, refusant de pousser dans leur retranchement ses métaphores, aussi bien symboliquement que visuellement. Qu’on se le dise, <strong>Ricky </strong>n’est qu’un pitch, une idée.<br />
Il n’en ressort qu’une chose, avec son absence de mise en scène et son incapacité à faire de son conte fantastique autre chose que du premier degré abrutissant, <strong>Ricky </strong>ne vaut pas plus qu’un film familial sur les premiers pas du petit neuveu. Avec un petit artifice bourrin pour rendre universel ce sentiment normalement très personnel des parents pour qui leur rejeton tout moche est exceptionnel, mais ça madame Michou c’est ce qu’on appelle la « magie du cinéma ».</p>
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		<title>Strawberry Shortcakes (Yazaki Hitoshi, 2006)</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Dec 2007 12:37:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[2006]]></category>
		<category><![CDATA[Ando Masanobu]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma japonais]]></category>
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		<description><![CDATA[Strawberry Shortcakes tire pleinement parti de son matériau de base en béton armé. Une belle écriture donc et des ajouts à l’oeuvre originale qui n’ont pas altéré la justesse des personnages, la crédibilité de leurs comportements et l’authenticité des émotions qui les habitent. Alors si on conseillera toujours en premier la lecture du manga, le film est loin de lui faire honte.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si certains lecteurs assidus de ce blog connaissent <strong>Strawberry Shortcakes</strong>, c’est par le <a title="Strawberry Shortcakes" href="http://insecte-nuisible.com/strawberry-shortcakes-nananan-kiriko-2002/">magnifique manga de Nananan Kiriko</a>, auteur et dessinatrice que comme vous le savez probablement j’admire énormément. Après un <strong>Blue </strong>quelque peu décevant (réalisé par Ando Hiroshi en 2001) <strong>Strawberry Shortcakes</strong> est le deuxième de ses manga à être adapté au cinéma, sous mon oeil inquisiteur ça va de soit. Et si j’avais hésité à vous en toucher un mot il y a quelques mois au moment de sa sortie en DVD avant de finalement ne rien en faire, le festival du film japonais contemporain le rappelle aujourd&#8217;hui à mes bons souvenirs.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/strawberry-shortcakes-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Rappelez-vous donc, <strong>Strawberry Shortcakes</strong> c’est les destins croisés de quatre jeunes femmes, leurs histoires de coeur et de cul, leurs problèmes en tout genre,&#8230; leur vie un peu pourrie mais en fin de compte très normale. On ne change pas une équipe qui gagne et l’adaptation est très (très) fidèle au manga original, parfois jusqu’au décalque. Il y aura bien quelques changements ici et là (la fin par exemple, un rajout par ailleurs pas indispensable), en particulier sur le personnage de Satoko, bien moins dépressive dans le film que dans le manga (même si c’est peut-être aussi le fait de ce petit rayon de soleil d’actrice qu’est Ikewaki Chizuru). Mais faut avouer que c’est bien fait, sans doute du fait de l’investissement de Nananan Kiriko dans le film (elle y joue même un des rôles principaux, créditée sous le nom de Iwase Toko qui n’est autre que celui de son personnage). La structure en scénettes est abandonnée pour une narration plus traditionnelle et plus fluide, davantage adaptée au cinéma. Chose plus surprenante, le recourt à la voix-off n’est pas utilisé. D’un coté ça fait plaisir, le procédé devenant vite lourdingue et rappelant trop souvent et trop vulgairement son origine livresque. De l’autre, cela nous prive du discours intérieur des filles qui dans le manga faisait passer beaucoup avec une belle économie de moyens. Mais je vais arrêter de comparer les deux (puisque de toute façon il n’y a pas photo, n’est-ce pas ?) car encore une fois cette adaptation reste plutôt réussie, restant fidèle à l’original tout en sachant s’en éloigner au besoin.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/strawberry-shortcakes-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Nous autres inconditionnels de la mise en scène qui en met plein la gueule lui reprocheront quand même une petite paresse à ce niveau. C’est très loin d’être laid, c’est même parfois élégant (les plans du plafond par exemple, très bien choisis), mais comment dire ? J’aime quand un réalisateur s’engage davantage dans ses choix et sa mise en scène, d’autant plus dans une adaptation. Les premières minutes étaient pourtant bien bizarres et laissaient entrevoir un regard moins illustratif. Que cette première scène peut me réjouir ! (après il est vrai m’avoir fait pousser un grand « what the fuck ? o_O&#8217; ») Etrange et inattendue, à l’emphase totalement <em>non-nanananesque</em> (ça c’est du mot ©Epikt 2007), pleine d’entrain, et Ikewaki Chizuru en pyjama avec ses couettes complètement débraillées (cette dernière chose ça ne marche que sur moi, je le crains) et qui en fait des tonnes. Le tout conclu par un travelling compensé (entame au grand angle, puis travelling arrière avec zoom) du plus bel effet. C’est étrange dans le contexte (surtout pour un habitué de Nananan, chez qui les événements sont mis en scène de manière très retenue), mais finalement je regrette que Yazaki Hitoshi ne se laisse pas aller plus souvent à ce genre de délires.<br />
N’empêche, malgré sa mise en scène certes de bon goût mais manquant parfois d’implication, <strong>Strawberry Shortcakes</strong> est un film loin d’être mauvais, voir même au contraire très recommandable. Le film est en effet rehaussé par un casting de grande qualité : Ikewaki Chizuru bien entendu (je suis faible, et alors ?) mais aussi Nakamura Yuko (que je n’avais pour l’instant vue que dans les très merdiques <strong>Suicide Manual</strong>) ou encore Ando Masanobu dans un rôle secondaire. Pour sa première en tant qu’actrice Nananan Kiriko est aussi très bien, et au milieu de ce casting qui frise l’excellent seule Nakagoshi Noriko est un peu en retrait mais faut dire aussi que le rôle de Chihiro, très petite pouffe superficielle dans son genre, est bien ingrat.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/strawberry-shortcakes-3.jpg" alt="" /></p>
<p>Mais surtout, <strong>Strawberry Shortcakes</strong> tire pleinement parti de son matériau de base en béton armé. Alors les principales qualités du film sont aussi des caractéristiques du manga, mais qui s’en plaindra ? Une belle écriture donc et des ajouts à l’oeuvre originale qui n’ont pas altéré la justesse des personnages, la crédibilité de leurs comportements et l’authenticité des émotions qui les habitent. Alors si on conseillera toujours en premier la lecture du manga (ne serait-ce parce qu’il est disponible en français dans toutes les bonnes crémeries du coin), le film est loin de lui faire honte (j’espère qu’au contraire il lui fera un peu de pub).</p>
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		<title>Bong-Ja (Park Chul-Soo, 2000)</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Sep 2007 14:57:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[2000]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma coréen]]></category>
		<category><![CDATA[comédie dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Kim Il-Wu]]></category>
		<category><![CDATA[Kim Jin-Ah]]></category>
		<category><![CDATA[nourriture]]></category>
		<category><![CDATA[Park Chul-Soo]]></category>
		<category><![CDATA[Seo Gap-Suk]]></category>

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		<description><![CDATA[Un film très maladroit et sans grande personnalité. Rien qui retienne l’attention, pour dire les choses comme elles sont. Bong-Ja est alors un film ennuyeux en plus d’être platement réalisé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a name="text"></a>Et là vous vous demandez : mais y a que des films de merde dans sa sélection de films coréens pas connus ? Rassurez-vous, y a du bon qui arrive. Entre temps, c’est vrai qu’on traverse une mauvaise passe – rappelez-vous, j’ai regardé ces films dans l’ordre dans lequel je vous les présente, j’ai moi aussi eu des doutes – mais on n’en mourra pas.<br />
Park Chul-Soo semble en tout cas être un réalisateur indépendant important (il a aussi une société de production et d’édition de DVD et VHS), ne serait-ce que par sa production, assez importante depuis 1979. Son film le plus connu a l’air d’être <strong>301 302</strong>, qui me titille depuis quelque temps déjà [<a href="#note">1</a>]. Tout ça pour dire que <strong>Bong-Ja</strong>, réalisé en 2000, est loin d’être sa première réalisation.</p>
<p>La Bong-Ja du titre (incarnée par So Gak-Suk, visiblement une habituée du réalisateur) vit seule chez elle au sous-sol d’un immeuble qui n’a pas l’air de super standing, travaille comme chef dans une sorte de sushi-bar, est alcoolique et est adepte de la secte de UFO 21 (visiblement ils attendent les OVNI et le gourou en profite pour forniquer avec ses disciples pas trop moches). Un jour en rentrant chez elle, elle surprend une fille (je me souviens plus si elle a un nom, appelons-la donc « la fille ») (jouée par la toute mignonne Kim Jin-Ah, que les gens de bon goût ont aperçue dans <strong>Real Fiction</strong> de Kim Ki-Duk) qui dort dans son lit, ce qui n’a pas l’air de la déranger plus que ça. Bong-Ja accueille donc l’adolescente (au passé un peu trouble, comme il se doit, et qui fait aussi un peu le tapin) et malgré leur différence d’âge les deux s’entendent vite à merveille. Mais deux événements vont bousculer la routine de la vie de Bong-Ja : elle est licenciée de son boulot et le maître UFO 21 est sauvagement assassiné.</p>
<p>Rien de bien original, mais bon. J’avoue que je m’attendais à quelque chose de plus sulfureux (bah woué, prostituée adolescente + amorce de lesbianisme, ça me titille), mais en fait non. Malgré un certain contenu sexuel, qu’il soit montré ou simplement suggéré (pas folichon mais suffisant pour faire interdire le film au mois de dix-huit ans par l’instance coréenne de classification), c’est vraiment pas le sujet du film, qui rentrerait davantage parmi ces films qui tout en suivant une histoire s’intéressent en fait à quelque chose d’autre. Ainsi le faible semblant d’intrigue (mais qui a tué UFO 21 ?) qui soutend le film est finalement très anecdotique en plus d’être cousu de fil blanc et Park Chul-Soo en bon « auteur/réalisateur indépendant » (ahah !) s’attachera davantage à brosser un portrait de ses deux héroïnes et de leur relation. Alors l’intérêt de Bong-Ja tient plus dans sa capacité à saisir quelques instants de vie – une grande idée du cinoche d’auteur ça, « saisir des instants », pas mauvaise soit dit en passant mais confinant souvent au plus superficiel. Des scènes ma foi parfois chouettes, comme celle où les filles cassent tout dans l’appartement – ça ressemble à rien, mais c’est rigolo. Dommage que d’autres soient gâchées par des actrices qui n’en sont pas vraiment, et par conséquent peinent dès qu’il s’agit de « jouer » (la scène finale est flagrante, pas mauvaise dans l’idée, mais qui aurait nécessité une vraie actrice sachant pleurer sans être ridicule). En un mot, adaptées et même parfois chouettes quand il s’agit d’être elles-mêmes, à coté de la plaque dans les autres cas : pas des actrices quoi.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/bongja-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Mais le gros – énorme – point faible du film, on le devine arriver dès le générique (devinez quoi ?) : la mise en scène ! Park Chul-Soo a beau avoir une vingtaine de films à son actif, il n’a visiblement pas encore réfléchi à sa mise en scène (ou, je-m’en-foutiste, a rapidement éludé la question), et celle ci ne fait visiblement l’objet d’aucune attention. Il se contente de poser sa caméra en de longs plans d’ensemble, intercalés de quelques champ/contre-champ plus serrés (le B-A-BA, quoi), sans astuces de montage ni particularités. Je hais ce genre de cinéastes qui semblent considérer que porter un peu d’attention à la mise en scène et au montage pour en faire quelque chose sophistiqué est forcément se livrer corps et âme à la branchouillitude commerciale et qui semblent penser que leur sujet et ce qu’ils en montrent suffisent à faire un film, n’accordant par la même occasion aucune attention à comment ils le montrent. Passons. Cette réalisation (et direction d’acteurs) de série télé n’est il est vrai pas aidée par un format 1.37 très mal utilisé (faut pas croire, j’adore ce format, même s’il est moins flatteur, mais faut savoir s’en servir, d’autant plus qu’il ne pardonne pas les fautes de goûts) et une photographie absolument pas travaillée (apparemment ça a été filmé en Beta numérique) qui donnent vraiment l’impression d’être devant un drama culinaire.</p>
<p>Par contre une autre chose que j’ai remarqué dès le générique, la musique, plutôt cool. Rien d’étonnant en fait, puisque j’ai par la suite découvert que la BO était interprétée par Lee Tzsche (traduction : à ma connaissance la seule chanteuse de pop coréenne qui vaille le coup), chose que j’en étais même pas au courrant ! [parenthèse « je raconte ma life » : j’ai pourtant pensé à Lee Tzsche en entendant cette musique, il n’y a pas trente-six voix comme ça en Corée, mais l’album n’apparaît pas dans la discographie de la chanteuse. Enfin, je le croyais, car l’album s’appelle en fait <strong>She wanted</strong>, film dont sur lequel j’ai rien trouvé et pour cause, étant alors convaincu qu’il s’agissait d’un film japonais (elle vivait au Japon à l’époque). Voilà qui apporte un peu d’eau à mon moulin. Soit dit en passant, pour fermer cette parenthèse, que sans être honteuse 2000 n’est pas sa meilleure période qui serait plus 93-97, même si son dernier album laisse présager du plutôt bon pour la suite]. Chose qui laisse à penser que, s’il laisse à désirer coté réalisation, Park Chul-Soo a au moins bon goût musicalement.</p>
<p>Autre élément de la scène d’ouverture (décidément, ma propension à bâtir mes chroniques uniquement à partir des scènes d’introduction des films me surprendra toujours) qui mérite attention, ce sont les quelques flashs violents et rougeâtres qui viennent troubler la tranquillité de la mise en place (Bong-Ja fait des sushis, la fille se balade et erre sur les routes), laissant présager d’un traumatisme se cachant derrière les apparences. Procédé classique, certes. Et malheureusement non exploité, car le réalisateur l’oublie durant la plus grande partie du film. C’est vraiment dommage, car cette entrée en matière semble donc très artificielle et incongrue, de même que les trois quatre inserts qui continuent à traîner ici et là – je ne suis personnellement pas partisan de la structure « éléments sombres du passé qui refont surface après un temps de bonheur ».<br />
Nous voilà donc face à un film très maladroit et sans grande personnalité. Rien qui retienne l’attention, pour dire les choses comme elles sont. Bong-Ja est alors un film ennuyeux – malgré un petit partage en couille très appréciable, les filles décidant pour une raison obscure de séquestrer un flic, par ailleurs amoureux de Bong-Ja – en plus d’être platement réalisé. Pas la joie tout ça&#8230;</p>
<div class="note"><a name="note"></a>[<a href="#text">1</a>] vu entre temps, et bien au dessus de <strong>Bong-Ja</strong> (pas difficile vous me direz), voir même recommandé à ceux qui s&#8217;intéressent à la production coréenne indépendante.</div>
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