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	<title>Insecte Nuisible &#187; cinéma coréen</title>
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	<description>Le cinéma qui grouille</description>
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		<title>Du coréen indie et arty</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Oct 2010 22:02:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Cho Eun-Hee]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma coréen]]></category>
		<category><![CDATA[film de clipeur]]></category>
		<category><![CDATA[Kim Byung-Woo]]></category>

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		<description><![CDATA[Double programme #6 : Inner Circle Line de Cho Eun-Hee, suivi de Written de Kim Byung-Woo.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Double programme #6 : <strong>Inner Circle Line</strong> de Cho Eun-Hee, suivi de <strong>Written </strong>de Kim Byung-Woo.<br />
(<a title="Petite amie chiante et petit chat mort" href="http://insecte-nuisible.com/petite-amie-chiante-et-petit-chat-mort/">assister au double programme #5</a>)</p>
<p>On pourra toujours trouver le catalogue de <a href="http://www.indiestory.com/">Indiestory</a> plutôt intéressant, il n’en reste pas moins qu’y pourrissent bon nombre de films en attente d’une distribution en DVD. Au menu donc aujourd’hui, deux films que j’attendais depuis leur tournée des festivals et qui viennent seulement de se voir accorder une sortie DVD [<a href="#note">*</a>].<br />
<a name="texte"></a><br />
<a name="inner-circle-line"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/inner-circle-line.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Inner Circle Line</strong> (Cho Eun-Hee, 2006)</div>
<p>Dans le genre, <strong>Inner Circle Line</strong> est plus « indie » que « arty ». Ou du moins il est irrégulier, inégal. Attention, pas de cette inégalité libre et audacieuse qu&#8217;on a souvent loué en ces pages, cette inégalité qui sort des sentiers battus et dont les errements (ça se dit ?) sont les fruits de leur esprit frondeur, non, là c&#8217;est plutôt de l&#8217;inégalité par défaut. Par défaut de quoi, difficile de mettre le doigt dessus ; probablement d&#8217;un investissement esthétique constant dans le film.<br />
Dans certains films inégaux les scènes sont disparates parce qu&#8217;elles appartiennent à des registres différents, complémentaires ou antagonistes ; on aura du mal à les mettre sur un même niveau afin de juger si par rapport à l&#8217;autre l&#8217;une est <em>plus</em>, ou <em>moins</em>. Devant d&#8217;autres films inégaux, et j&#8217;ai peur que <strong>Inner Circle Line</strong> soit de ceux-là, on a la désagréable impression que telle scène n&#8217;a pas bénéficié de la même attention que telle autre ; ou que de temps à autre le cinéaste a recherché un effet qu&#8217;il ne pouvait pas assurer sur toute la longueur du film. J&#8217;arrive pas trop à savoir si ce qui me gène en tant que spectateur sont ces pointes esthétisantes ou au contraire l&#8217;insignifiance du reste. La dernière gêne forcément ; s&#8217;il n&#8217;y avait que cela on n&#8217;aurait même jamais eu l&#8217;idée de parler d&#8217;ambition esthétique à propos du film. Quand aux premières, elles ont un arrière goût de prétention vaine, comme si elles n&#8217;étaient là que pour afficher leur petite touche classouille. C&#8217;est tout le problème de la fulgurance au cinéma : excellente au coeur du bon, elle est admirable ; ne faisant que se distinguer au milieu du quelconque, elle est douteuse (&#8216;tain, si ça c&#8217;est pas <em>quotable</em>).<br />
<strong>Inner Circle Line</strong> est donc un film arty au mauvais sens du terme : c&#8217;est un film pas arty qui ponctuellement essaye de jouer dans la division du dessus, fanfaronnant deux ou trois fois l&#8217;heure que lui aussi, il est capable de faire des choses jolies.<br />
[ou pas d'ailleurs, car (on n'a pas pris le temps d'en parler et c'est peut-être accessoire) si certaines scènes fonctionnent pas mal d'autres sont de bien mauvais goût]</p>
<p><a name="written"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/written.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Written </strong>(Kim Byung-Woo, 2007)</div>
<p>Ecrit par un type qui a sniffé du David Lynch et mis en scène par un gus qui a <a href="http://insecte-nuisible.com/domino-tony-scott-2005/">fumé du Tony Scott</a>, <strong>Written </strong>a, contrairement à son petit camarade, bien compris que l’esbroufe n’est pas une vertu ponctuelle et qu’il convient d’en mettre plein la vue sur toute la durée du film avec une application constante.<br />
C’est ainsi que la photo saute à la gueule, pleine de vert, de bleu et de froufrous numériques, avec un contraste de ouf guedin tellement les noirs sont noirs et lavent plus blanc que blanc. C’est même pas dépourvu de bonnes intentions, puisque les différents niveaux de récit sont distingués par des différences dans le traitement de l’image : ça mange pas de pain et on aime. La caméra, elle, ne tient pas en place : caméra portée, ça décadre à qui mieux mieux, ça zoome, <em>jumpcutise </em>et change d’axe toutes les secondes. Et quand bien même elle voudrait se calmer que le montage, plus épileptique tu meurs, ne lui laisserait pas le temps de se poser. Le son aussi en prend pour son grade de temps à autre. A coté de ce déchaînement bling-bling les quelques travellings <em>park-chan-wookesques</em>, va-et-vient d’un type cadré sur ses pieds et autres gourmandises poseuses, sont paradoxalement bien sobres ! C’en est presque trop, j’apprécierais de voir tous ces effets utilisés de manière moins aléatoire.<br />
Heureusement pour l’équilibre de l’ensemble, le scénario est également tarabiscoté et plus cohérent qu’on ne le craignait. [En deux mots : un type se réveille dans une baignoire avec un rein en moins et réalise qu’il est personnage de fiction ; la scénariste cherche à émanciper le personnage et se suicide avant d’avoir finit le script ; l’acteur essaye d’extorquer la fin du film à l’acteur ; …] Fin ouverte oblige, il ne mène pas bien loin, mais est astucieux et ludique. Un scénar de petit malin en quelque sorte, qu’on aime bien questionner pour le challenge mais devant lequel il faut accepter d’avoir toujours un coup de retard.</p>
<p><em>&#8230;fin de transmission&#8230;</em></p>
<p style="text-align: right;">(<a title="Putains de films d'action qui déchirent leur race" href="http://insecte-nuisible.com/putains-de-films-daction-qui-dechirent-leur-race/">assister au double programme #7</a>)</p>
<div class="note"><a name="note"></a>[<a href="#texte">*</a>] enfin, à l’époque où j’ai eu l&#8217;excellente idée de cet article, c’est-à-dire il y a trois ou quatre mois. On va faire en sorte que la prochaine mise à jour mette moins de temps à arriver.</div>
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		<title>Hahaha (Hong Sang-Soo, 2010)</title>
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		<comments>http://insecte-nuisible.com/hahaha-hong-sang-soo-2010/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 03 Jun 2010 22:15:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[2010]]></category>
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		<category><![CDATA[Moon So-Ri]]></category>

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		<description><![CDATA[Le chef-d’oeuvre du Max Pécas coréen]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne suis pas sur qu&#8217;il en soit flatté, mais Hong Sang-Soo doit être le cinéaste avec le plus grand nombre de films chroniqués sur ce blog (plus de la moitié de sa filmo !). On pourrait alors croire que je l&#8217;aime bien, mais en fait non. Quel désir masochiste me pousse encore et encore dans les salles pour voir ses films, en avant-première qui plus est, je ne saurais l&#8217;expliquer. Par contre, je sais pourquoi j&#8217;écris à son sujet. Tout d&#8217;abord, il se trouve qu&#8217;à chaque fois j&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;avoir de quoi dire sur ses films, même si en fait je radote beaucoup. Ensuite parce que je tombe des nues à chaque fois que je lis les critiques sur ses films, et que contrebalancer un peu l&#8217;incompréhensible enthousiasme dont il fait l&#8217;objet ne fait pas de mal. C&#8217;est entre autres pour cette raison que cette modeste critique va principalement s&#8217;intéresser à la forme, car toute considération formelle est mystérieusement absente de 95% des textes que j&#8217;ai lu sur ce film. Ça n&#8217;intéresse vraiment personne ? Je veux dire, pas même le jury cannois qui l&#8217;a consacré il y a une dizaine de jours, et qui devrait, en théorie en tout cas, s&#8217;intéresser un peu à la chose cinématographique ?<br />
Parce que bon, mis en face du bousin, même si parfois on se marre bien il faut vraiment être aveugle pour ne pas remarquer que c&#8217;est absolument hideux !</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/hahaha-1.jpg" alt="" /></p>
<p>A propos des <a href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-3#hhs"><strong>Femmes de mes amis</strong></a> j&#8217;avais déjà noté l&#8217;évolution de sa mise en scène : moins auteuriste avec un balais dans le cul en plan fixe, Hong Sang-Soo se faisait plus aventureux et spontané, plus branquignol également. En fait l&#8217;ascétisme de ses premiers films (qui, on s&#8217;en rend compte, n&#8217;a jamais été de la rigueur), s&#8217;avère vraiment être un cache misère de son absence de talent, de sensibilité et d&#8217;intuition pour l&#8217;image. C&#8217;est en tout cas le constat imposé par ce nouveau film, où le moindre mouvement de caméra et le moindre zoom sont une insulte au septième art.<br />
Les zooms tout d&#8217;abord. Je dois admettre qu&#8217;il s&#8217;est calmé. Déjà, il ne dézoome plus. Ou presque, j&#8217;en n&#8217;ai relevé que deux. Le premier est même plutôt sympa. Il fait suite à un zoom extrême, pour aller observer un tout petit élément en arrière plan, c&#8217;est donc un dézoom de grande ampleur. C&#8217;est quand même assez moche, très vidéo amateur de vacances au port de Nice, mais son amplitude lui confère un aspect presque cartoonesque. Le second quand à lui, même s&#8217;il n&#8217;est pas contre-nature, salope un plan pourtant pas mal (un couple qui baisouille sur le plancher). Les zooms-avant sont plus fréquents, et plus problématiques. Typiquement, il attaque sur un plan large, cadrant sur un groupe, puis on ne sait trop pourquoi (le pire étant quand il veut souligner une réplique) il ressert le cadre, en général pour réduire le groupe à deux ou trois personnages et/ou pour ne cadrer que leurs têtes. De un, on doute de la pertinence de l&#8217;idée, compte tenu de sa balourdise. De deux, dans 93,85% des cas cet usage du zoom est particulièrement laid, Hong Sang-Soo ne faisant pas exception à la règle. Et pour cause, petit trois, il fait ça par dessus la jambe, arrêtant son zoom à l&#8217;arrache, et on s&#8217;en fout si le cadre d&#8217;arrivée est complétement boiteux.<br />
Les mouvements de caméra ensuite. Enfin, les panoramiques, car j&#8217;ai pas l&#8217;impression qu&#8217;il sache ce qu&#8217;est un travelling (pourtant, ça aurait été souvent moins moche). Comme pour ses zooms il fait ça pour changer le barycentre du cadre, et il fait surtout ça à l&#8217;arrache, avec la caméra qui pivote sans grâce sur son trépied. Soyons honnête, un ou deux de ces panos ne nous arrachent pas les yeux. Pour une raison tout simple d&#8217;ailleurs : parce qu&#8217;ils suivent l&#8217;action.<br />
Bref, à chaque fois que Hong Sang-Soo touche la bague de zoom ou fait tourner sa caméra, je ne peux m&#8217;empêcher de m&#8217;exclamer « mais quelle horreur ! ». Pour mémoire, et pour se convaincre qu&#8217;il n&#8217;y a que les imbéciles qui ne changent pas d&#8217;avis, je fus de ceux qui reprochaient à Hong Sang-Soo de ne pas bouger sa caméra !<br />
(à propos du <strong><a href="http://insecte-nuisible.com/quatre-films-de-hong-sang-soo#cochon">Jour où le cochon est tombé dans le puits</a></strong> j&#8217;ai écrit que Hong était « de ceux qui ne font pas plutôt que de ceux qui font mal » ; le Hong Sang-Soo nouveau adopte le parti-pris inverse)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/hahaha-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Plus haut j&#8217;ai parlé de ses plans fixes comme d&#8217;un cache misère ; ses mouvements de caméra et jeux d&#8217;optiques me semblent eux un aveu d&#8217;échec. Remarquer que les rares panoramiques non-moches sont ceux qui suivent l&#8217;action nous met sur la piste : les autres, ceux qui heurtent notre sens esthétique affuté, sont des artifices se substituant au montage. En gros, pour passer d&#8217;un personnage à un autre, plutôt que de couper et d&#8217;enchainer sur un plan sous un autre angle, Hong Sang-Soo pivote sa caméra. Et au lieu de couper et d&#8217;enchainer sur un plan plus resserré, il zoome. On pourra trouver la chose théoriquement croquignollette, mais en pratique assister à ces états transitoires est particulièrement éprouvant.<br />
On m&#8217;objectera qu&#8217;il existe une chose qu&#8217;on appelle le « montage interne », par lequel justement les mouvements (physiques ou optiques) peuvent se substituer au montage au coeur d&#8217;un plan long. Objection refusée ! Prenons un cas de plan séquence avec montage interne, <a title="petit extrait des Harmonies Werckmeister" href="http://www.youtube.com/watch?v=zcDVjCNTVP8">chez Belà Tarr par exemple</a>. Le montage interne ne s&#8217;envisage que (ou presque) dans le cadre d&#8217;une caméra mobile ! (contre-exemple, rare, de montage interne en plan fixe : <a href="http://insecte-nuisible.com/eros-massacre-yoshida-kiju-1969/">dans <strong>Eros + Massacre</strong> de Yoshida Kiju</a>) Hong Sang-Soo, lui, ne bouge sa caméra que par intermittence, seulement au moment de « couper ». Résultat des courses, le plan n&#8217;a aucune dynamique, et malheureusement pour Hong Sang-Soo c&#8217;est cette dynamique qui rend un plan séquence beau.<br />
Cette parenthèse achevée, je reprends le cours de ma pensée. Hong Sang-Soo donc, jusqu&#8217;à preuve du contraire en tout cas, ne sait pas monter. Tout au plus il bascule (c&#8217;est vraiment le mot en fait, et un peu la sensation que ça procure). J&#8217;ajouterai, pas avare, qu&#8217;en plus il ne sait pas découper. L&#8217;exercice a ses limites, mais j&#8217;ai essayé d&#8217;imaginer ce que donnerait le film si on shuntait ces transitions &#8211; après tout, puisque mécaniquement elles se substituent au montage, pourquoi pas voir ce que ça donnerait sans. Je ne pense pas que ça fonctionnerait (ni plus ni moins qu&#8217;en l&#8217;état) : on aurait droit à des jump-cuts grossiers et à des champs-contrechamps dont l&#8217;angle entre les axes serait trop faibles, infractions aux règles élémentaires de montage que le caractère prout-prout du cinéma de Hong Sang-Soo ne permet pas de transgresser. En fait, ce qu&#8217;il se dessine ici, c&#8217;est l&#8217;incapacité de Hong Sang-Soo à construire un espace : son cinéma est monodirectionnel, c&#8217;est du théâtre, à quelques horripilants détails prêt.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/hahaha-3.jpg" alt="" /></p>
<p>Une fois que vous avez bien compris que ce film fut une torture pour mon sens esthétique, il faut avouer que, en faisant abstraction de tout ce qui a été dit, il n&#8217;est pas forcément désagréable.<br />
Certes, on commence peut-être à en avoir marre des personnages de cinéastes et de poètes (Hong Sang-Soo est-il à ce point incapable de s&#8217;extirper de son milieu artiste petit bourgeois ?) et d&#8217;histoires se résumant à « homme femme soju » balancé dans le <a title="toi aussi, rédige ton poème dada !" href="http://www.poemofquotes.com/tools/dada.php">dada poetry generator</a> – <strong>Hahaha</strong>, film dada, c&#8217;est même pas tout à fait stupide comme idée – un peu comme <a title="la méthode Besson par Mozinor" href="http://www.dailymotion.com/video/x80385_europa-corp-la-recette-besson-parod_fun">Luc Besson avec les Audi et les gros blacks</a>. On pourrait même dire que <strong>Hahaha </strong>est l’expression la plus pure de la « méthode Hong Sang-Soo », puisque l’histoire c’est deux types qui boivent et se racontent des anecdotes ! Ze scène qu’on a dans tous ses films ! Heureusement pour nos nerfs, Hong Sang-Soo met en fait en image les récits des deux gus, parce que une heure et demi de plan fixe sur deux types qui trinquent, ça l’aurait pas fait.<br />
Donc. S&#8217;il met du temps à se mettre en route (le début est pas ce qu&#8217;il y a de plus palpitant), <strong>Hahaha </strong>poursuit dans l&#8217;humour absurde qui pointait déjà dans <strong>Les Femmes de mes amis</strong>. Sans le coté autodérision, mais en s&#8217;adonnant parfois au plus grand <a href="http://insecte-nuisible.com/tag/portnawak">portnawak</a>. Il faut voir ce grand dadais trentenaire se faire corriger par sa mère à coup de cintre en plastique comme s&#8217;il avait encore huit ans, ou son ami se faire poursuivre par un clochard armé d&#8217;une pince à salade ! <a title="Turning Gate" href="http://insecte-nuisible.com/quatre-films-de-hong-sang-soo#gate">J&#8217;avais déjà pointé le je-m&#8217;en-foutisme de Hong Sang-Soo</a> : ça m&#8217;énerve quand cela touche à la forme cinématographique, mais quand il est affaire de scénario, ou mieux d&#8217;humour de mauvais goût, le relâchement est rarement mauvais. Et je suis heureux de voir Hong Sang-Soo s&#8217;y consacrer avec un plaisir évident, et d&#8217;accoucher d&#8217;un machin potache et affligeant qui, s&#8217;il avait été signé d&#8217;un inconnu, n&#8217;aurait pas passé la première étape des sélections cannoises : ne le dites surtout pas à ses supporters, mais en fait c&#8217;est très nanar (parfois volontairement, parfois pas) et en 2023, si la <a href="http://insecte-nuisible.com/compte-rendu-bordelique-d%E2%80%99une-nuit-excentrique-quatrieme-du-nom/">Nuit Excentrique</a> existe toujours, Jean-François Rauger le présentera comme le chef-d’oeuvre du Max Pécas coréen. Et on ressortira cette mythique copie cannoise sous-titrée au polonium (naïf, je pensais qu’à Cannes-<em>le-plus-grand-rendez-vous-du-monde-du-cinéma-du-monde</em> les trads étaient relues).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/hahaha-4.jpg" alt="" /></p>
<p>Il convient donc de ne pas se laisser abuser : si on peut fort bien s’amuser devant ce <strong>Hahaha </strong>(le titre s’y prête), on se doit de reconnaître que c’est un mauvais film. Et je serai intraitable : ce n’est pas une affaire de sensibilité, de goût ou de quelque autre relativisme, l’incompétence de Hong Sang-Soo à tous les postes est très objectivement évaluable. Pourtant tout le monde applaudit. C’est la <em>film-d’auteur-coréen-touch</em>. Malheureusement pour lui, c’est une chose que Michaël Youn n’a pas.</p>
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		<title>Films coréens improbables avec de la musique dedans</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/films-coreens-improbables-avec-de-la-musique-dedans/</link>
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		<pubDate>Thu, 18 Feb 2010 22:01:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
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		<description><![CDATA[Double programme #3 : Mago de Kang Hyun-Il, suivi de Teenage Hooker became a killing Machine in Daehakroh de Nam Ki-Woong]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Double programme #3 : <strong>Mago </strong>de Kang Hyun-Il, suivi de<strong> Teenage Hooker became a killing Machine in Daehakroh</strong> de Nam Ki-Woong<br />
(<a title="quand c'est mieux que bon, c'est Aibon!" href="http://insecte-nuisible.com/quand-c%E2%80%99est-mieux-que-bon-cest-aibon/">assister au double programme #2</a>)</p>
<p>Il m&#8217;est déjà arrivé de me plaindre, ici ou ailleurs, du conformisme du cinéma coréen. Honnêtement je ne sais pas trop d&#8217;où ça vient, peut-être est-ce paradoxalement la conséquence d&#8217;une industrie forte et dynamique, mais il est en effet rare d&#8217;y trouver des films s&#8217;écartant radicalement des canons locaux. Quelques <a title="Yellow Flower" href="http://insecte-nuisible.com/yellow-flower-lee-ji-sang-1998/">exceptions à la règles</a>, malheureusement rares (et déjà anciennes) mais qui ont le mérite d&#8217;exister, dont les deux que je présente ici.<br />
(en passant, le premier est le film dont je parlais à la fin de <a href="http://insecte-nuisible.com/avatar-james-cameron-2009/">ma critique d&#8217;<strong>Avatar</strong></a> ; comme quoi, parfois, l&#8217;Insecte Nuisible tient ses promesses)</p>
<p><a name="mago"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/mago.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Mago</strong> (Kang Hyon-Il, 2001)</div>
<p>Non seulement <strong>Mago </strong>fait tache dans le paysage cinématographique coréen, mais sans doute fait-il figure d&#8217;OFNI tout court dans le cinéma actuel. En effet, difficile à croire que tel film a été réalisé en 2001 tant il fait penser à ce genre de cinéma pour hippies drogués des années 70s. En fait, ça ressemble presque à du Jodorowsky, histoire de situer la bestiole et de mesurer combien il peut sembler une aberration temporelle.<br />
[Sait-on jamais je préfère prévenir, même si je pense que les personnes intéressées en ont vu d'autres, ce film n'est pas pour les âmes sensibles. Et encore moins pour les amis des animaux : si on trouvera bien craspek (mais classe) la première scène où des tanks passent sur une route couverte de crapauds sans pour autant vraiment s'en offusquer, il en sera sans doute autrement des scènes d’abattoir où des cochons se font éventrer, entre autres traitements pas glop. Rien que ne puisse endurer un fan de films cannibales ritals, mais j’en connais qui trouvent le principe douteux.]<br />
On y voit un homme – L’Homme en fait – à la recherche de Mago (qui est à la fois son amour et sa mère, l’Eden et la Terre en cours de destruction)(à peu près) et des douze esprits en lesquels elle s’est incarnée à la suite du péché originel. Sauf qu’en fait il va assister impuissant à la destruction des avatars de Mago et à leur révolte contre les hommes. Pour le reste, c’est assez difficilement résumable.<br />
Je vous disais que ça ressemble à un film d’il y a trente ans, et en effet, c’est expérimental et avec de la musique psychée – y a même une scène au début qui est un hommage/pompage flagrant, aussi bien au niveau de la musique que des images, de <a href="http://www.youtube.com/watch#v=M_bvT-DGcWw">la plus célèbre séquence de <strong>Pink Floyd: The Wall</strong></a> – ce qui en fait quelque chose de franchement plus groovy que, unique comparaison valable dans le cinéma coréen, les films de Roh Gyeong-Tae (<strong>Land of the Scarecrows</strong>). Le film recherche constamment le plan iconique, ce qui en fait plus une succession d’idées qu’autre chose ; et dans l’ensemble ça ose pas mal, empruntant plein de style et de ton différents.<br />
Ça aurait même pu être un putain de bon film si seulement 1/ il ne s’écrasait pas comme un gros soufflé au bout de même pas une demi heure et 2/ il n’avait pas été si écolo new-age avec femmes à poil qui barbotent dans une source d’eau claire. Il n’en reste pas moins le seul film à ma connaissance où une femme se fait violer par une pelleteuse.</p>
<p><a name="teenage-hooker"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/teenage-hooker.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Teenage Hooker became a killing Machine in Daehakroh</strong> (Nam Ki-Woong, 2000)</div>
<p>Ce deuxième film, s’il est tout aussi improbable, est bien moins obscur que le premier. En fait, il doit s’agir du seul film underground coréen à avoir su se bâtir une réputation à l’international : un premier temps uniquement disponible au Japon (pas en Corée), il est désormais trouvable dans toutes les bonnes supérettes d’Anglosaxonie. Rien à voir mais c&#8217;est pour le plaisir de la petite histoire, il détient le glorieux <a href="http://www.koreafilm.org/feature/ans_1.asp">record du film coréen avec le plus long titre</a> (vingt-sept caractères). Et doit pas être loin du record du plus petit budget. Et autant vous le dire tout de suite, il figure dans mon top 5 coréen <em>of all time</em>.<br />
Comme dirait l’autre, tout est dans le titre : une lycéenne, prostituée à ses heures, se fait surprendre par son professeur et le bonhomme profite de la situation pour faire un tour gratis. Résultat des comptes, la gamine tombe enceinte et amoureuse. Mais si elle rêve pour sa progéniture d’une vie de chanteuse d’opéra, le futur papa n’est pas du même avis et paye trois malfrats pour pratiquer un avortement à la scie. Son corps est ramené à la vie pour en faire une assassine (petit remake de <strong>Nikita</strong> !), mais blessée par une balle elle prend conscience de sa nature robotique et se rappelle de son passé. Du coup, elle s’en va botter les culs de son prof et de ses sbires.<br />
Dit comme ça et à la vue du premier quart d’heure (poursuite en vue subjective d’un phallus, petite séquence de danse sur musique funky, dialogues nawak et incompréhensibles,&#8230;) on peut s’attendre à un film délire – d’autant plus que c’est un film fauché et que, c’est bien connu, il est facile de <a title="Vampire Girl vs Frankenstein Girl" href="http://insecte-nuisible.com/vampire-girl-vs-frankenstein-girl-nishimura-yoshihiro-tomomatsu-naoyuki-2009/">camoufler la pauvreté par la bouffonnerie</a>. Bizarrement, à l’opposé également de la fureur à laquelle on aurait pu s’attendre d’un <em>rape-revenge cyberkeupon</em>, <strong>Teenage Hooker</strong> est un film calme, contemplatif même, mélancolique et lyrique. On aura donc droit, en le prenant pour ce qu’il n’est pas, de le trouver ni très palpitant ni très <em>délire</em>.<br />
De la même manière, quand on se dit que c’est filmé avec une mini-DV sur laquelle est sans complexe monté un objectif <em>fish-eye</em> on s’attend à un film vraiment dégueulasse (ce qu’il est, d’une certaine manière) mais en fait non, c’est très beau ! Pour traiter son image, Nam Ki-Woong applique l’infaillible technique <a title="Rub Love" href="http://insecte-nuisible.com/rub-love-lee-seo-goon-1998/"><strong>Rub Love</strong></a> consistant à exacerber les défauts plutôt que d’essayer de les cacher. Et à la puissance dix : Nam met vraiment les mains dans le cambouis et les pieds dans le plat, noyant l’image dans la lumière, la saturant de halos colorés (halos qui, idée absolument splendimissime, débordent sur l’extérieur du cadre !). Un travail de post-production aussi outrancier que beau !<br />
Alors, ce qui avait tout pour être un N-eme petit film fauché délirant se révèle un objet étrange, spectral et abstrait, finalement plus proche de <a href="http://insecte-nuisible.com/tag/oshii-mamoru">Oshii Mamoru</a> que de Lloyd Kaufman. Un grand machin indescriptible, aussi fascinant que paradoxal où se confrontent les contraires : <strong>Teenage Hooker</strong> tient autant du théâtre d’ombres que du jeu de lumière, les personnages s’y expriment par grimaces bestiales aussi bien que par tirades grandioses, l’opéra sacré y côtoie l’électro-funk psyché,&#8230; Il en est ainsi d’un film qui semble saturé de symboles en tout genre mais qu’on ferait peut-être mieux d’accepter avant tout comme expérience esthétique ; abstraite et détachée mais malgré tout, pour une raison qui m&#8217;échappe encore, étrangement émouvante.</p>
<p style="text-align: right;">(<a title="tu avances et tu recules, comment veux-tu que je t'en(ta)cule ?" href="http://insecte-nuisible.com/tu-avances-et-tu-recules/">assister au double-programme #4</a>)</p>
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		<title>Song Il-Gon</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/song-il-gon/</link>
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		<pubDate>Thu, 10 Dec 2009 12:06:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma coréen]]></category>
		<category><![CDATA[Song Il-Gon]]></category>

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		<description><![CDATA[Petit tour d'horizon des quatre films réalisé par Song Il-Gon, un des (rares) réalisateurs coréens contemporains à suivre.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quand il m’arrive de parler de cinéma coréen récent, vous commencez à me connaître, il est rare que je n’en vienne pas à <a title="Lee Yoon-Ki" href="http://insecte-nuisible.com/tag/lee-yoon-ki">Lee Yoon-Ki</a>. Et là, allez comprendre, le plus souvent on me répond Song Il-Gon (quand la personne en face a un minimum de goût, s’entend). Assez peu considéré et c’est bien dommage, Song Il-Gon est un cinéaste intéressant, à la filmographie certes disparate (contrairement à Lee il ne s’en dégage pas particulièrement de thème de prédilection ou de signature immédiatement identifiable) mais valant indiscutablement le détour.<br />
A noter aussi que, c’est décidément une maladie, Song Il-Gon semble rencontrer quelques problème à produire ses films : scrogneugneuh !<br />
En attendant donc du nouveau (un documentaire sur les coréens de Cuba semble-t-il)(sortie en octobre, comme quoi tout n&#8217;est pas foutu),  petit tour d&#8217;horizon des quatre films qu&#8217;il a réalisé à ce jour.</p>
<p><a name="flower-island"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/flower-island-1.jpg" alt="" /><br />
<span class="titrerevue">Flower Island (2001)</span></p>
<p>Le premier film de Song Il-Gon reste toujours aujourd’hui mon préféré. Pendant un premier quart d’heure absolument magnifique j’ai même regretté d’avoir tant tardé à le découvrir, me demandant si je tenais pas là un gros gros poisson – notez en passant que, le film datant de 2001, cela n’aurait pas remis en cause ma conviction que lecinémacoréenpost2002cétoupourite, l’honneur est sauf.<br />
Malheureusement, sur la suite Song Il-Gon abandonne la mise en scène abstraite (façon de parler, disons qu’elle est assez détachée de l’objet de sa représentation, par l’usage de montage parallèle notamment) qu’on ne retrouvera désormais qu’en inserts (et un peu à la fin) pour une réalisation beaucoup plus terre à terre. On se dit alors que le bonhomme a des idées, mais manque peut-être d’assurance. Le film finit donc par s’appuyer sur un trio d’excellentes actrices plutôt que sur la mise en scène, comme il avait pu le faire dans son entame (c’est toujours vexant).<br />
Reste une histoire assez belle, quoiqu’elle doive sans doute ne parler qu’aux suicidaires. L’histoire de trois femmes, l’une cherchant sa mère, l’autre cherchant la mort et la dernière se rendant à Flower Island, où elle pourra oublier sa tristesse. Les deux premières échouant dans leurs quêtes respectives elles accompagnent finalement la troisième sur son île (où accessoirement elles trouveront ce qu’elles cherchent). La trame est très simple et s’apparente à un road movie mais se révèle très riche en thèmes et questionnements – un film qui se cherche quoi.</p>
<p><a name="spider-forest"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/spider-forest-1.jpg" alt="" /><br />
<span class="titrerevue">Spider Forest (2004)</span></p>
<p><strong>Spider Forest</strong> est un film de commande, ce qui explique sans doute la trame pseudo policière qu’emprunte de temps à autre le film. Il faut le reconnaître, <strong>Spider Forest</strong> est un film raté – beaucoup trop bancal, Song n’ayant visiblement pas su comment prendre les impératifs de la production (qu’il est facile d’accuser de tous les maux).<br />
Grosso modo, je dis bien « grosso modo » car l’histoire est incompréhensible, un homme y surprend sa fiancée et son patron en pleine action&#8230; par la même occasion il surprend un inconnu en train de les assassiner, le course mais se fait fracasser la gueule. Il se relève, erre un peu, arrive sur une route où il se fait renverser par une camionnette (journée de merde, oui). Il se réveille à l’hôpital après s’être fait trifouillé la cervelle, il sait plus trop qui il est, les flics le suspectent du meurtre, il s’acharne à enquêter lui-même&#8230;<br />
Bref, ça part dans tous les sens, d’autant plus que le mec à travers des yeux duquel on suit l’histoire déraille un peu – on aura d’ailleurs droit à quelque pseudo twists où sa mémoire ou ses facultés de perception seront remis en question (j’écris « pseudo » car ils ont le bon goût de ne pas s’imposer comme une vérité mais de laisser planer le doute). D’autant plus également que le zapping stylistique est de mise, pas innocent dans le doux sentiment de dérapage incontrôlé ressenti par le spectateur : si cela aurait pu être intéressant pour raconter les divagations d’un homme perdu, à travers notamment des sortes de « boucles », cela se révèle au final trop peu maîtrisé pour être solide.<br />
Du coup, ce sont les passages typiquement <em>song-il-gonesques</em> qui convainquent, en particulier lorsqu’il retrouve la mélancolie de <strong>Flower Island</strong>, et qui poussent à se dire que malgré tout, si ce film est effectivement passé à coté de quelque chose il n’est pas passé loin.</p>
<p><a name="feathers"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/feathers-in-the-wind-1.jpg" alt="" /><br />
<span class="titrerevue">Feathers in the Wind (2005)</span></p>
<p><strong>Feathers in the Wind</strong> est, sous son apparence très lisse, un drôle de petit film. Pas qu’il soit extravagant (sa drôlerie ne remet absolument pas en cause le coté lisse), mais il entretient avec le genre de la comédie romantique des rapports assez particuliers. Jugez plutôt : un bonhomme se rend sur une petite île pour y retrouver son ex petite amie. En effet, il y a 10 ans ils s’étaient fait la promesse de s’y retrouver. Archétype de la romance / comédie romantique post <strong>My Sassy Girl</strong>. Pour enfoncer le clou il y a du piano, du tango et une <em>time-machine</em>, une autre histoire de grand amour en arrière plan, etc… Pour autant, on ne peut pas dire que Song Il-Gon aillent dans la même direction que les innombrables romances (plus ou moins drôles / larmoyantes / nunuches, mais souvent assez mauvaises) qui fleurissaient à l’époque. C’est assez mélancolique, un peu à la <strong>Flower Island</strong> <em>soft </em>en fait (le coté insulaire doit jouer). C’est surtout bien mis en scène, d’une manière aérienne propice à mettre en valeur personnages et paysages – pas encore tout à fait débarrassé de caractéristiques « film d’auteur qui fait une romance sans y toucher », mais au moins est-ce bien fait.<br />
Cela dit, on est bien loin de l’anti-romance à laquelle on pouvait s’attendre, qui prendrait les codes du genre à rebrousse poil (au contraire la fin est à ce sujet archétypale au possible, too much à mon goût d’ailleurs), non, c’est juste que Song Il-Gon y fait son nid.</p>
<p><a name="magicians"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/magicians-1.jpg" alt="" /><br />
<span class="titrerevue">Magicians (2005)</span></p>
<p>Du quatrième film de Song Il-Gon, il existe deux versions. La première de 40 minutes est une commande du Jeonju Digital Project (une initiative du festival de Jeonju qui chaque année depuis 2000 produit trois moyens-métrages dans ce cadre ; le résultat est aléatoire mais on y trouve des choses chouettes, <strong>Haze </strong>de Tsukamoto Shinya par exemple) ; une seconde version plus développée de 96 minutes fut réalisée par la suite. Le film étant dans les deux cas composé d’un unique plan séquence il ne s’agit pas de deux montages différents mais d’une prise entièrement nouvelle. Je n’ai personnellement vu que la version courte, mais faisons avec.<br />
Dans le cadre du Digital Project, <strong>Magicians </strong>fait vraiment figure d’air frais : quand vous vous êtes enfilé tout une série de films pour les réalisateurs desquels « tourner en numérique » signifie visiblement « faire un film de pauvre » (et/ou un documentaire), je vous assure que ça fait du bien d’en croiser un qui s’empare du support de façon pertinente ! (soyons honnête, pris chronologiquement le premier film intéressant de ce point de vue est le <strong>Digital Search</strong> de Park Ki-Yong, qui décidément fait <a title="Camel(s)" href="http://insecte-nuisible.com/camels-park-ki-yong-2002/">des choses bien en vidéo</a>). Song Il-Gon décide donc d’exploiter la possibilité offerte par le numérique de filmer d’une traite de longues séquences. C’est tellement évident qu’on se demande pourquoi il a fallu attendre six ans avant qu’un film ne s’y essaye&#8230;<br />
Mais le mieux dans l’affaire, c’est que Song Il-Gon ne s’en contente pas (à vrai dire au début j’avais un peu peur de me retrouver face à un truc réalisto-chiant) et trouve le moyen de sublimer son procédé de mise en scène avec pas mal d’audace : en théorie un plan séquence signifie unité de lieu et de temps, Song casse ce principe en créant un espace fantasmagorique et quasi abstrait où il s’autorise à procéder par flash-back successifs. Ainsi le plan unique est composé de plusieurs séquences. Et c’est très joli !</p>
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		<title>A bloody Aria (Won Shin-Yeon, 2006)</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Nov 2009 22:27:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[2006]]></category>
		<category><![CDATA[Cha Ye-Ryeon]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma coréen]]></category>
		<category><![CDATA[film noir]]></category>
		<category><![CDATA[Han Seok-Kyu]]></category>
		<category><![CDATA[humiliation]]></category>
		<category><![CDATA[Kim Si-Hoo]]></category>
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		<category><![CDATA[survival]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
		<category><![CDATA[Won Shin-Yeon]]></category>

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		<description><![CDATA[Un film malin, loin d’être sans défauts mais qui souffle un peu de vent frais en ce genre très prisé et propice aux boursouflures qu’est le « film noir coréen violent et esthétisant ».]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Parfois tomber sur un bon film tient à peu de choses – ou au contraire, est un chemin semé d’embûches. Tenez, ce <strong>A bloody Aria</strong>, vous pensez que si j’avais jeté un oeil à son affiche coréenne, plus sobre que la moyenne mais dont le lettrage n’en laisse pas moins présager une grosse comédie pourrie (pléonasme quand on parle de cinéma coréen), et ben j’aurais daigné voir ce film ? Sans parler du visuel du DVD (une édition américaine), évoquant cette fois un film d’horreur pourri (nouveau pléonasme au pays du matin calme), que mon cerveau a eu le bon goût d’occulter. Et je parle même pas du cas où il me serait venu à l’idée de jeter un oeil à la filmo du réalisateur : qui aurait pu se douter que derrière ce film ma foi plein de ressources se cacherait le réalisateur de <strong>The Wig</strong> (oui oui, le film avec la perruque tueuse), pourtant une immonde purge ?<br />
Lors de ma dernière exploration frénétique du cinéma coréen (au printemps dernier) j’ai vu beaucoup de bouses, mais également quelques trucs biens. Celui-là en fait partie, pour mon plus grand plaisir d’ailleurs : je me serai senti mal à l’aise de n’apprécier que <a title="Ad-Lib Night" href="http://insecte-nuisible.com/ad-lib-night-lee-yoon-ki-2006/">des films indés avec des jeunes femmes dépressives</a>. Là, non, je suis content, j&#8217;ai trouvé pas mal d’exceptions qui confirment les règles (j’aurais aimé trouver une exception au pourtant prolifique <a title="4 films de Hong Sang-Soo" href="http://insecte-nuisible.com/quatre-films-de-hong-sang-soo">film chiant à la Hong Sang-Soo</a> mais désolé, pas vu ; rabattez-vous sur <strong><a title="Camel(s)" href="http://insecte-nuisible.com/camels-park-ki-yong-2002/">Camel(s)</a></strong>, même si ça commence à dater). <strong>A bloody Aria</strong> est en effet « typiquement coréen ». Comme on l’entend chez nous du moins, nous qui avons découvert ça avec <strong>Sympathy for Mr Vengeance</strong> et <strong>Memories of Murder</strong>. <strong>A bloody Aria</strong> fait en effet penser à ce genre de films (dont il n’existe finalement pas tant de bons représentants). Et j’oserai même dire qu’il n’a franchement pas à rougir face à ses deux aînés, bien au contraire.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/bloody-aria-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Ça commence pourtant à double tranchant. La première chose qui saute à la gueule est la photo, elle aussi typiquement « coréenne », du genre trop belle pour être honnête – le genre de photo servant d’apparat à une montagne de films au final médiocres. Quoique j’exagère un peu, celle de <strong>A Bloody Aria</strong> a plus de personnalité que la moyenne. Et le long du métrage on aura l’occasion de vérifier que cela fonctionne parfaitement. En deux mots, c’est très contrasté : des noirs très profonds et des blancs eux aussi bien prononcés, avec entre les deux des couleurs étouffées. Une sorte de faux noir et blanc, élégant et avec du caractère – du bel ouvrage, vraiment, et qui aujourd’hui ne cachera pas anguille sous roche.<br />
Chat échaudé craint l’eau froide, mais on est quand même obligé de reconnaître que ces premiers plans recèlent des jolies choses. Tiens, ces rapides champ-contrechamp à travers lesquels on découvre les personnages : du gros plan, du très gros plan même, sur alternativement leurs yeux, bouches, cuisses,&#8230; une gamine un peu coquine et allumeuse d’un coté, un quadra un peu queutard et sans doute familier de l’abus de position dominante de l’autre, tout ça en une poignée de plans précis. C’est rigolo cette mise en scène, à cheval entre la distance ironique et la connivence avec son sujet, elle laisse en quelque sorte la même impression que le sourire en coin d’un pervers à la vue d’une école primaire.<br />
Des belles choses donc, et on est déjà en train de se demander si contrairement à toute attente on est pas tombé sur un bon film.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/bloody-aria-2.jpg" alt="" /></p>
<p><strong>A Bloody Aria</strong> s’ouvre sur un prof de musique qui ramène une de ses élèves d’une audition à l’autre bout du pays. N’ayant sans doute pas assez de sa Mercedes à 50 plaques pour impressionner la jeune femme, il décide de griller un feu rouge pour faire son kéké. Pas de bol, il se fait choper par un flic en retard sur ses quotas avec qui il est pas facile de négocier. Blessé dans sa fierté de mâle dominant et toujours résolu à montrer qu’il en a une grosse, il fait un bras d’honneur (ou c’est tout comme) au policier et pour échapper à sa poursuite s’engage dans une petite route. Pas de bol encore, c’est un cul de sac. Ne se laissant pas démonter, l’homme se dit que c’est un bon coin pour faire cuire des patates à la braise et pour tenter de violer son élève.<br />
Cette dernière s’enfuit donc à travers la montagne et surprend deux punks en train de battre un jeune homme enfermé dans un sac, avant de l’enterrer vivant. Sans repérer la fille les loubards finissent par sortir leur souffre-douleur de son trou et le charger sur leur 49cc customisée, pour se diriger vers la rivière, pile poil à l’endroit où le prof attend que son élève revienne. Pensez-vous, ils sont bien étonnés de trouver dans ce coin perdu une merco flambant neuve, ils commencent donc à traîner autour – avec à l’intérieur son propriétaire (déjà effrayé par la visite d’un malade mental qui chasse l’épervier à la batte de baseball) qui fait semblant de dormir en espérant que la racaille s’en aille, sans rayer la peinture métallisée si possible.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/bloody-aria-3.jpg" alt="" /></p>
<p>Le film prend donc la forme d’un <em>survival</em>. Si si, je vous assure : des citadins (avec de préférence une jolie nénette) qui se paument dans un trou sans réseau GSM, en proie à une bande de <em>rednecks </em>consanguins, ça y ressemble quand même vachement, non ? On a même droit à l’ironique panneau « bienvenue dans notre village » accueillant les insouciantes futures victimes. Un <em>survival </em>donc, et même un des plus futés que j’ai pu voir ces derniers temps.<br />
Futé parce ne prenant finalement pas la voie qu’on aurait pensé (voulu ?) qu’il prenne. Nos deux personnages se retrouvent bien aux prises avec des autochtones mal dégrossis, dans l’incapacité de s’enfuir (pire : celui à qui la fille va demander de l’aide se trouve être un ami de ceux qu’elle fuit) et constamment acculés. Mais leurs « agresseurs » n’en sont justement pas, puisque tout rustres qu’ils peuvent être (et violents avec le pauvre gamin dans son sac) ils ne demandent qu’à bien faire et à se montrer hospitaliers. Non sans maladresse, il est vrai.<br />
Ainsi, s’ils en viennent à violenter la fameuse Mercedes c’est qu’ils commencent à se demander si le bonhomme enfermé à l’intérieur ne s’est pas suicidé ! Et la rétention à laquelle ils le soumettent ainsi que son élève ne tient à autre chose qu’ils attendent la dépanneuse en l’invitant à partager leur barbecue ! Le film s’appuie alors sur une peur qui si elle n’est pas totalement injustifiée demeure (un premier temps du moins) grandement artificielle (genre quand dans le RER vous êtes assis en face d’un arabe avec un complet Tacchini et une casquette dorée portée de traviole par dessus un bandana).<br />
Du point de vue du spectateur cela joue à un autre niveau, à savoir la tension mise en place qui laisse entendre que la situation peut déraper à tout instant. Et que ce barbecue au sourire forcé a tout pour dégénérer. On a donc droit à quarante grosses minutes sur le fil du rasoir, délicieusement instables.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/bloody-aria-4.jpg" alt="" /></p>
<p>Le film n’est pas pour autant sans défauts.<br />
Je ne peux par exemple pas m’empêcher de pester contre son utilisation abusive des plans serrés. La plupart du temps il reste comme verrouillé dans un très petit éventail de valeurs de plan, c’est frustrant. D’autant plus frustrant que lorsque ponctuellement il s’en sort l’effet est percutant et réussi. Exemple tout con, le prof et son élève sont en train de s’exercer au chant, mais n’ayant pas trop la tête à ça la fille préfère la jouer taquine, changeant les paroles : hop, brutale rupture, on passe d’une succession de plans en buste (si je me souviens bien) à un plan d’ensemble. Après tout on est pas sensé être un expert en opéra et, même si on se dit bien que du coréen au beau milieu d’un chant en allemand c’est pas courant, informés par le texte seul on serait facilement passé à coté de la chose. Là, non, sans même avoir la moindre idée des paroles on sait qu’un grain de sable s’est immiscé dans une belle mécanique (et après on me dira que la mise en scène c’est juste pour faire joli et que le sens n’est véhiculé que par les actions et les dialogues).<br />
On pardonnera (ou pas) cette échelle de plan réduite en remarquant que le principal moteur de mise en scène semble se situer à un niveau « horizontal ». Il y a pas mal de va-et-vient entre les personnages, les mettant en confrontation, appuyant les répliques. C’est basique et pas nouveau, mais bien fait quand même, efficace, sans doute parce que jouant habilement avec les longueurs. Même si cela découpe trop à mon goût, donnant parfois un coté systématique à la mise en scène. C’est beaucoup plus saisissant lors des plans où cette confrontation et ce va-et-vient s’opèrent au coeur d’un même (court) plan séquence.<br />
Un mot quand même de cette sorte de <em>deus ex-machina</em> grossier qui intervient dans les vingt dernières minutes pour sortir certains personnages de leur merde (d’un coffre de bagnole pour être plus précis) – même s’il ne porte pas tant à conséquence que cela il ne demeure pas moins agaçant, surtout qu’il aurait aisément pu être contourné.<br />
Dernier chipotage, le film a son coté « film coréen avec des mandales et des insultes ». Coté qui plait à certains mais n’est plaisant qu’à petite dose, il faut bien le reconnaître.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/bloody-aria-5.jpg" alt="" /></p>
<p>Car après une première heure absolument splendide, le film finit par emprunter des chemins plus balisés. Pas forcément mauvais pour autant, sinon je n&#8217;en aurais sans doute pas fait tout un plat (vous savez combien je peux être vénère quand un film ne tient pas ses promesses), mais pendant quelques temps on a espéré que non, il ne tomberait pas dedans. C’est d’ailleurs ça qui est stupéfiant, la manière avec laquelle il retarde l’échéance de son déchaînement de violence. Une sorte de jeu avec le spectateur, stimulant autant sa frustration que son identification à des personnages fondamentalement vulnérables, avant même d’être menacés. Bel exercice d’équilibriste, mais ça je crois que je l’ai déjà dit.<br />
Du coup ouais, l’arrivée de la violence frontale (casques de moto dans la gueule et autres coups de pelle) est décevante. Mais on va faire avec ce qu’on a. Et ce qu’on a n’est pas si mal. Pas plus sur-esthétisé que cela (la photo fait déjà tout le travail), c’est même assez sec et sans grandes fioritures. Ni complaisance sur le gore d’ailleurs, ce qui fait de <strong>A bloody Aria</strong> un film bien moins violent que ce à quoi on pourrait s’attendre. Quoique. Car (malgré quelques rares petites musiques un peu décalées) ce film est totalement premier degré, ne créant presque aucune distance avec les actions qu’il dépeint (dans cette dernière partie du moins, et peut-être même malgré lui). Même pas d’humour noir. D’où mon étonnement de voir ce film vendu comme une comédie (allez jeter un oeil aux affiches coréennes, c’est stupéfiant), ce qu’il n’est en aucun cas. Ou alors j’ai pas d’humour.<br />
Par contre je sais apprécier l’ironie de la chose, lorsque je vois que lorsque la violence explose enfin elle ne se fait pas aux dépends de ce brave professeur et de sa jolie élève comme on l’a pourtant craint pendant une heure. Ils seront un peu bousculés dans l’affaire, mais plutôt comme victimes collatérales.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/bloody-aria-6.jpg" alt="" /></p>
<p><strong>A bloody Aria</strong> prend ainsi doublement à contre-pied sa nature de <em>survival</em> (à ce demander donc s’il en est vraiment un), un premier temps en représentant une « traque » non violente (hum&#8230; physiquement en tout cas), ensuite, lorsqu’il tombe enfin dedans, en n’impliquant (presque) pas ceux qu’on avait tout d’abord établis comme victimes pour en faire de simples témoins privilégiés.<br />
Un film malin donc, loin d’être sans défauts mais qui souffle un peu de vent frais en ce genre très prisé et propice aux boursouflures qu’est le « film noir coréen violent et esthétisant ». Reste une dernière question, comment ce film est sorti du même type que le calamiteux <strong>The Wig</strong> ? Et surtout, Won Shin-Yun saura-t-il transformer l’essai ?<br />
(coupons court à tout suspense, à en juger par <strong>Seven Days</strong> réalisé l’année d’après, la réponse est non)</p>
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		<title>Windstruck (Kwak Jae-Yong, 2004)</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/windstruck-kwak-jae-yong-2004/</link>
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		<pubDate>Tue, 21 Apr 2009 17:57:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Jang Hyuk]]></category>
		<category><![CDATA[Jeon Ji-Hyeon]]></category>
		<category><![CDATA[Jeong Ho-Bin]]></category>
		<category><![CDATA[Kwak Jae-Yong]]></category>
		<category><![CDATA[mélodrame]]></category>
		<category><![CDATA[portnawak]]></category>

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		<description><![CDATA[Windstruck est un grand film nawak et généreux, hyper larmoyant et de la finesse d’un rhinocéros, mais aussi plus sophistiqué et profond qu’il n’en a l’air au premier abord. C’est aussi un film superbement troussé, débordant de séquences d’anthologie jouant avec culot sur le décalage entre les situations et les codes du genre, avec une bande originale du feu de Dieu et une actrice super mignonne.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au début, je pensais intégrer cette critique dans un cycle à venir, dont le but affiché ne sera pas moins que de proposer une alternative au cinéma coréen ordinairement mis en avant. Dès le début je savais que c’était limite, mais j’ai fini par me dire que c’était vraiment<em> too much</em> : en effet, ce film représente en quelque sorte la quintessence du cinéma coréen commercial, le blockbuster <em>Seoulywood </em>par excellence. Je n’en renonce pas pour autant à publier cet article (ne serait-ce parce qu’il est déjà écrit, et qu’il faut pas gâcher).<br />
Pourquoi <strong>Windstruck </strong>donc ? Et bah justement parce qu’il s’agit du meilleur blockbuster coréen de ces dix dernières années. Et aussi parce qu’il y a quelques années j’ai parié avec quelqu’un (je ne sais plus qui, qu’il se dénonce) que si <strong>Windstruck </strong>sortait un jour en France j’écrirais un article dessus, parce qu’il le vaut bien, ma crédibilité dusse-t-elle ne jamais s’en remettre. Et justement, le film vient de sortir en DVD (une sortie au cinéma eut été tellement plus grandiose, mais on va s’en contenter).</p>
<p>Avant de se plonger dans le film à proprement parler il est nécessaire de le remettre dans son contexte. Trois années auparavant, Kwak Jae-Yong réalisait <strong>My sassy Girl</strong>, sympathique comédie romantique dont le succès monumental dans toute l’Asie changea la face du cinéma coréen – éwé, quoi qu’on puisse penser de ses qualités cinématographiques très moyennes, <strong>My sassy Girl</strong> est le film coréen le plus important de ces dernières années (rien que ça) et son influence se fait toujours sentir sur la production (même si la mode commence à passer, et c’est sans doute une bonne chose, le mal est déjà fait). Bref, difficile de poursuivre après un tel succès et un tel impact. Surtout quand Kwak Jae-Yong se lance dans un film avec la même actrice, se présentant suivant l’humeur comme une suite ou une préquelle de son film culte – une sorte de spin-off on va dire.<br />
Gardons ceci à l’esprit en regardant <strong>Windstruck </strong>– et même si cela fait parfois un peu gadget il est même préférable d’avoir vu <strong>My sassy Girl</strong> avant de s’y plonger.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/windstruck-1.jpg" alt="" /></p>
<p><strong>Windstruck </strong>c’est l’histoire d’un bonhomme qui, suite à une série de malentendus (elle le prend pour un voleur de sac à main et l’embarque au poste), rencontre une nana, une fliquette un peu <em>sassy girl</em> justement – le genre de nana qu’il faut pas trop faire chier car de toute façon avec elle vous avez tord, qui vous fait porter les sacs de courses, qui cuisine trop salé, etc&#8230; bref qui est trop chiante mais qu’on ne peut s’empêcher d’aimer car elle est kro kro mignonne et que de temps à autres elle sait vous montrer tout son amour.<br />
Enfin&#8230; même si elle est (au moins en partie) racontée en voix-off par le gars c’est surtout l’histoire de la fille. Une fille qui au delà de son apparence joviale et assurée cache des parts d’ombres non assumées, en particulier la mort de sa soeur jumelle – parallèle, encore une fois, à faire avec la <em>sassy girl</em> originale dont le petit ami était mort (oui, c’est très gai les comédies romantiques coréennes).<br />
La première partie du film est alors dans la veine de <strong>My sassy Girl</strong>, en moins enlevé sans doute, à savoir une petite comédie romantique plutôt sympa mais tout ce qu’il peut avoir de plus classique : ils se rencontrent sur un malentendu, au début le gars ne veut pas d’elle (et on le comprend) mais comme elle a la bonne idée de le menotter il va quand même tomber amoureux d’elle (et on le comprend). C’est mignon tout plein, avec une poignée de scènes romantiques et décalées comme les coréens savent le faire. C’est aussi nunuche comme tout, et la petite chose fragile et émotive que je suis en est toute émue.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/windstruck-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Cette partie de comédie romantique est rapidement expédiée (en général il leur faut deux heures de film pour commencer à se prendre la main, là non, leur relation est rapidement établie) et pour cause le film bifurque bientôt radicalement dans le mélodrame. Le spectateur attentif qui a noté que le film s’ouvre par la fille qui se suicide en se jetant du haut d’un building aurait du s’en douter. Et dans le genre, <strong>Windstruck </strong>donne sans complexe dans le gros mélo qui tache. On aura même rarement fait plus radical (il doit bien y avoir deux trois films HK allant aussi loin dans le nawak larmoyant).<br />
Il y a donc des pleurs, des cris et des violons dans tous les sens, avec une emphase peu commune. Plus que ça, <strong>Windstruck </strong>est un foutrak filmique de grande envergure, mêlant fantastique et scènes d’action à sa romance coconne et à son mélo larmoyant, sans grande finesse mais avec culot : en tournant <strong>Windstruck</strong>, l’esprit de Kwak devait être « ça passe ou ça casse » – la seule option possible après le carton de <strong>My sassy Girl</strong> si vous voulez mon avis. Et en effet, ça casse pour pas mal de monde, déstabilisés par ce film qui, tout en étant moins fun et moins prenant, donne beaucoup plus que son aîné, sans trop savoir où donner de la tête.<br />
Film sur siège éjectable, blockbuster mutant (comme j’aime bien le qualifier), <strong>Windstruck </strong>est un peu son <strong>Resurrection of the little Matchgirl</strong> (certains apprécieront l’ironie de la chose) : un film de très mauvais goût flirtant constamment avec les limites de l’acceptable, en faisant constamment trop, poussant sa mécanique putassière de gros film commercial dans ses retranchements, jusqu’au point de rupture. Tous les poncifs du mélo y passent, à la puissance mille : les personnages meurent, puis ressuscitent pour mourir à nouveau avec une reprise de &#8216;Knocking on Heaven’s Door&#8217; en fond sonore ; la caméra tourbillonne dans tous les sens autour de Jeon Ji-Hyeon en pleurs ; certaines scènes ressemblent à une pub pour bagnole, d’autres à un polar hardboiled ; on s’y fait des promesses avec le petit doigt ; y a des avions en papier et des lâchés de ballons à chaque plan ; on y poursuit les bad-guys sur un fond de lover-boy-hip-hop remixé avec les dialogues les plus émouvants du film ; &#8230; j’en passe et des meilleures, c’est hardcore.<br />
<a name="text"></a>On regrettera juste que comme bande son ils n’utilisent que &#8216;Tears&#8217; de X-Japan et pas &#8216;Forever Love&#8217; ce qui aurait été encore plus radical – incontestablement moins larmoyant, mais terrible sur le plan symbolique [<a href="#note">1</a>]. Enfin bon, je rigole mais la bande son – aussi excellente que racoleuse – est utilisé de manière plutôt intéressante, créant constamment le décalage avec l’image, tour à tour désamorçant les effets puis les exacerbant. En résulte un film peut-être pas constamment surprenant mais joliment déstabilisant.<br />
Du coup, pour quelqu’un comme moi que le nouveau cinéma coréen dégoûte par sa constante grandiloquence et son manque total de retenue, <strong>Windstruck </strong>est en quelque sorte (que cela soit délibéré ou non de sa part) le film qui combat le mal par le mal.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/windstruck-3.jpg" alt="" /></p>
<p>Mais ce n’est pas tout. Il se trouve qu’au delà de son caractère franchement outrancier, <strong>Windstruck </strong>est un film, à défaut d’être particulièrement fin, plutôt sophistiqué. Outre donc ses évidentes qualités lacrymales (je suis très client) une bonne part de l’intérêt que je lui porte et de la fascination qu’il peut exercer sur moi est à porter au crédit des rapports ambigus qu’il entretient avec <strong>My sassy Girl</strong>, et la manière avec laquelle l’articulation entre les deux films met en évidence la structure et la narration particulières de <strong>Windstruck </strong>(et/ou inversement).<br />
Et là, désolé, je vais être obligé de spoiler : ceux qui s’en soucient sont donc invités à se rendre directement à la conclusion (ils ne regretteront rien : la démonstration s’annonce ennuyeuse, lourdingue et capilotractée).</p>
<p>A la fin de <strong>Windstruck </strong>est rejouée la scène de la rencontre de <strong>My sassy Girl</strong> : Hyong-Jin (qui n’a pas de nom dans <strong>My sassy Girl</strong>) est sur un quai de métro, s’approchant dangereusement de la voie alors que le train approche (dans <strong>My sassy Girl</strong> elle est bourrée, mais cela ne change pas grand chose), et est retenue <em>in extremis</em> par un jeune homme, qui se révèle être incarné par l’acteur de <strong>My sassy Girl</strong>. Bien sur on ne pourrait n’y voir qu’un clin d’oeil aux fans du premier film (comme peut l’être l’apparition, lors de la scène où les prétendants font la cour à la princesse, de l’acteur de <strong>The Classic</strong> qui s’évanouit tout le temps), mais il y a à mon sens plus que cela. On ne peut pas décemment affirmer, sur la seule base de cette scène, que <strong>Windstruck </strong>est une préquelle à <strong>My sassy Girl</strong>, le raccord est beaucoup trop grossier. Mais cette scène, trop mise en évidence pour être anecdotique, semble exister pour nous faire comprendre que les deux films sont bien plus liés qu’ils en ont l’air au premier abord.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/windstruck-4.jpg" alt="" /></p>
<p>La clé de l’articulation entre les deux films est à mon sens à aller chercher au niveau de la gémellité de l’héroïne – celle-ci avait une soeur jumelle, extrêmement semblable au point où elles échangeaient fréquemment leurs identités malgré des personnalités différentes, dont elle n’arrive pas à faire le deuil de la mort – et d’une manière générale on se rend compte que le film est entièrement structuré autour de la notion de double, de miroir, fonctionnant comme un ensemble de pièces dont on verrait successivement les cotés pile et face.<br />
Première pièce, l’ensemble <strong>My sassy Girl</strong> / <strong>Windstruck</strong>, mais nous verrons ça plus tard. Deuxième pièce, la bipolarité du film, entre comédie romantique / mélodrame : un premier temps léger et presque insouciant, le film devient grave (et larmoyant !) à partir de la mort du jeune homme. Troisième pièce, les deux soeurs, ou plutôt la manière avec laquelle la survivante s’acharne à vivre pour la disparue. Mais aussi, et là ça commence à devenir foutrak, on remarque que toutes les scènes significatives fonctionnent par paire, l’une pendant de l’autre, présentant à chaque fois des événements similaires sous des visages différents. En vrac, sans volonté d’exhaustivité : Myung-Woo « meurt » deux fois, une où il est sauvé de justesse, l’autre où il meurt (cette phrase est géniale) ; Kyung-Jin tente par deux reprises de se jeter du toit, la première on l’en empêche, la seconde elle parvient à ses fins ; Myung-Woo part deux fois au secours de sa fiancée poursuivant des <em>bad guys</em>, la première est traitée sur un ton comique, voire absurde (il reste coincé entre deux murs), la seconde est mélodramatique au possible ; de la même manière il y a deux principaux <em>gun fights</em>, dans le premier (avec les trafiquants de drogue), projeté sur une musique guillerette qui joue sur le décalage, on ne prend pas le danger au sérieux, contrairement au second (dans le parking) où l’atmosphère est beaucoup plus lourde et le danger bien réel (d’ailleurs elle se prend une bastos en pleine carafe) ; etc&#8230; il y en a d’autres mais je m’arrête.<br />
(quoiqu’il en soit essayez, c’est un petit jeu rigolo)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/windstruck-5.jpg" alt="" /></p>
<p>Peut-être plus important, on remarque aussi que Myung-Woo revient deux fois (oh oh) d’entre les morts. La deuxième fois il revient « pour de vrai », c’est bô, c’est magique et c’est émouvant tout plein. Mais auparavant il est apparu dans le rêve de Kyung-Jin inconsciente – dans cette scène, c’est pas tant de son petit ami dont elle apprend à faire le deuil, mais de son poumon gauche (dans le rêve c’est le petit ami qui est affublé de ce handicap, mais ne nous laissons pas abuser : c’est bien elle qui l’a perdu), autrement dit sa soeur jumelle. Comme si son histoire d’amour (certes tragique) avec Myung-Woo lui permettait de ne plus se sentir coupable de la mort de sa soeur, d’arrêter de vivre en son nom, et surtout de vivre pleinement sa vie à elle (il lui peint les touches du piano en blanc, trop chou). Deux deuils pour le prix d’un. Deux fois plus de larmes aussi, tant qu’à faire.<br />
Et <strong>My sassy Girl</strong> dans tout ça ? Pseudo suite sans doute. Mais ne pouvons-nous pas considérer ces deux films, alerté par la structure particulière de <strong>Windstruck</strong>, comme des films jumeaux ? (vous le sentez l’enculage de mouches <em>cahiers du cinoche staïle</em> ?) Les deux films ne racontent-ils pas finalement la même chose, un deuil et l’histoire d’amour permettant de le surmonter ? Mais, à l’image des deux soeurs de <strong>Windstruck</strong>, ces deux films pourtant semblables (jusqu&#8217;aux gimmick d’écriture de Kwak, par exemple avec l’introduction d’histoires dans l’histoire qui font écho au film) montrent deux visages bien différents : alors que <strong>My sassy Girl</strong> joue la carte de la frivolité, ne se mouillant pas à explorer son sujet pour se contenter d’être une comédie romantique bien sympatoche, <strong>Windstruck </strong>l’aborde de manière frontale, quitte à en mettre une deuxième couche et à y aller au bulldozer – du coup, dans <strong>My sassy Girl</strong> on ferait bien de se foutre du petit ami mort comme de son premier rot (et effectivement, je sais pas vous mais moi j’y ai jamais vraiment fait attention, c’est surtout un argument scénaristique bien commode mais n’est jamais réellement incarné à l’écran). D’une certaine manière, avec <strong>Windstruck</strong> Kwak Jae-Yong refait <strong>My sassy Girl </strong>en allant au bout des choses.<br />
Enfin voilà, c’est sans doute aussi cohérent qu’un film de <a title="Sono Sion" href="http://insecte-nuisible.com/tag/sono-sion">Sono Sion</a>, mais vous savez que j’aime ça, me prendre le chou sur les oeuvres bancales (et les défendre avec des arguments tout aussi branlants).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/windstruck-6.jpg" alt="" /></p>
<p>Qu’en dire alors ?<br />
Que <strong>Windstruck </strong>est un grand film nawak et généreux, hyper larmoyant et de la finesse d’un rhinocéros, mais aussi plus sophistiqué et profond qu’il n’en a l’air au premier abord. C’est aussi un film superbement troussé, débordant de séquences d’anthologie jouant avec culot sur le décalage entre les situations et les codes du genre, avec une bande originale du feu de Dieu (même si, comme le film, elle n’hésite pas à donner dans le très mauvais goût) et une actrice super mignonne (très important).<br />
Une remarque en passant, une réflexion que je me suis faite avec le temps : j’ai l’impression que souvent les fans de <strong>My sassy Girl</strong> ne sont pas particulièrement friands de ce film, et inversement. Choisissez votre camp.</p>
<div class="note"><a name="note"></a>[<a href="#text">1</a>] pour les chanceux qui ne connaissent pas X-Japan, &#8216;Forever Love&#8217; est le morceau qui a été joué aux funérailles de hide, guitariste du groupe, devant quelques dizaines de milliers de fans en pleurs. Bref, vous voulez faire pleurer en Asie vous jouez cette chanson, c’est limite pavlovien.</div>
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		<title>La petite fille de la terre noire (Jeon Soo-Il, 2007)</title>
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		<comments>http://insecte-nuisible.com/la-petite-fille-de-la-terre-noire-jeon-soo-il-2007/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 13 Feb 2009 12:03:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[2007]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma coréen]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[Jeon Soo-Il]]></category>
		<category><![CDATA[Jo Yung-Jin]]></category>
		<category><![CDATA[Park Hyung-Woo]]></category>
		<category><![CDATA[racolage misérabiliste]]></category>
		<category><![CDATA[Yu Yun-Mi]]></category>

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		<description><![CDATA[La petite fille de la terre noire fonctionne sur un principe dégueulasse, appuyer sur l’ignominie de « voler son enfance » à un petit être innocent et adorable. En terme de narratologie, j’appelle ça du racolage actif.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour commencer, je vous dois une petite remise en contexte : j’ai une première fois vu ce film il y a quelques mois et j’avoue ne pas avoir tenu jusqu’au bout. Et le voilà qui sort en France et qu’il me prend l’idée d’en faire une critique histoire de contrebalancer un engouement critique attendu mais qui laisse toujours songeur – « <em>alliage quasi miraculeux d&#8217;exigence formelle et d&#8217;empathie avec les personnages </em>» dixit Jean-Michel Frodon (vous remarquerez que cette critique ne dit pas moins que le contraire). Alors certes, j’aurais pu me baser sur mes souvenirs déjà diffus d’une vision partielle et accoucher d’un joli et hargneux réquisitoire, mais vous méritez mieux que cela ! Je suis donc aller revoir le film (en salle et en entier) et je dois reconnaître (faut dire aussi que je ne voyais plus en lui un potentiel espoir du cinéma coréen) que cette deuxième vision s’est avérée bien moins pénible que la première.</p>
<p>Ça se passe donc dans un village minier, dans le genre bien paumé dans la montagne comme un village minier coréen peut l’être, avec des mineurs et des filles qui vendent du café au ticket (enfin&#8230; je suppose car celles-là on les voit pas). En deux mots c’est pas glamour, on est très (très) loin de la Corée moderne et urbaine avec des pubs Samsung sur écran géant. C’est au contraire misérable, avec des vieilles baraques traditionnelles un peu pourries, des papis qui ramassent des cartons, des usines qui ferment progressivement et pas vraiment de perspective d’avenir&#8230; Ken Loach y serait comme un poisson dans l’eau.<br />
La petite fille du titre y vit avec son père – mineur, forcément – et son grand frère. Et on peut pas dire que la vie y soit rose : en effet son frère est retardé mental et son père doit quitter la mine après s’être fait diagnostiquer une pneumonie (et ce n’est que le début des emmerdes).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/petite-fille-de-la-terre-noire-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Lors de cette seconde vision, en salle, le film m’a semblé mieux mis en scène que dans mon souvenir (je devais vraiment m&#8217;être levé du pied gauche ce matin là). Ou moins mal, c’est selon, car on va pas non plus dire que c’est ma came. Mais au moins on ne peut pas dire que c’est au petit bonheur la chance, même si ça reste beaucoup trop paresseux à mon goût.<br />
Je suppose que vous vous représentez très bien ce dont je veux parler, c’est après tout une mise en scène typique du cinéma d’auteur réaliste, d’autant plus qu’il se veut social. On cadre donc large, souvent fixe. On laisse traîner les plans, on coupe rarement et la plupart du temps une coupe accompagne un changement de lieu plutôt qu’un changement d’axe. Vu qu’on fait dans le réel la photo n’est pas particulièrement chiadée, au contraire – une ou deux exceptions pour quelques scènes sombres avec de jolies lumières, mais dans l’ensemble on ne peut pas dire que le film chercher l’esthétisme ou quoi que ce soit d’autre, la sécheresse réaliste prime. Pas de musique ou si peu (ce qui est bien)(inconditionnellement mieux que trop en tout cas). Bref je suppose que vous vous représentez très bien ce dont je veux parler.<br />
Il y a dans le lot quelques plans qui se distinguent, où même un type comme moi (adepte frustré d’un cinéma esthétisant) commence à se dire « ah oué là y a quelque chose », mais je ne crois pas qu’un seul d’entre eux tienne la route jusqu’au bout : à trop faire durer son plan Jeon Soo-Il finit immanquablement par le faire tomber dans la pose de l’<em>ôteur</em> qui esthétise sans vouloir en avoir l’air, c’est à dire le plus sobrement et lourdement possible. Gros sabots <em>inside </em>! Une fulgurance ça porte bien son nom, c’est fugace, et en tant que monteur il faut savoir en faire le deuil et la couper avant qu’elle ne s’essouffle.<br />
Mais ce ne sont pas ces petits points de détails qui m’agacent – pas plus finalement que tous les autres plans, eux dépourvus de toute puissance d’évocation. Ce que je reproche à <strong>La petite fille de la terre noire</strong> comme à 99% des films au parti pris visuel sobre réaliste comme détaillé juste au dessus – et d’une manière générale au cinéma qui tourne le dos à une mise en scène sensorielle – c’est de réduire les plans à des intentions de plan. Je m’explique. En regardant ces plans devant lesquels on n’éprouve pas grand chose, sinon rien, on n’en perçoit pas moins leur intention : là il veut représenter la tristesse, ici l’allégresse, ailleurs la peur,&#8230; échec ! Erreur ! Sauf film aux prétentions de mise en abîme ou de réflexion théorique, cette mécanique se doit d’être la plus invisible, insensible, indolore possible : ne faire pas comprendre que tu représentes l’angoisse, fais la ressentir ou fais ressentir au spectateur que le personnage l’éprouve. Sinon, gare (encore une fois) aux gros sabots ! « Oh ! le beau plan qui nous dit qu’il représente la mélancolie, c’est gentil à lui de prévenir ! »<br />
La cause de ce didactisme (au coeur de films qui pourtant se veulent le moins explicite possible, un comble !), un trop grand détachement de la mise en scène vis-à-vis de son sujet. Un refus d’implication par la mise en scène qui fait du film le lieu d’une plate illustration, plutôt que d’une expression. On parle souvent de pudeur, mais ceci n’est pas de la pudeur – de la pudibonderie peut-être, mais pas de la pudeur. La pudeur est dans le regard, et comment regarder quand on refuse de s’impliquer ?</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/petite-fille-de-la-terre-noire-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Mais cela ne me suffit pas, même profondément de mauvais poil, à me pousser à arrêter la vision d’un film (moi qui mets un point d’honneur à regarder les films jusqu’au bout, aussi mauvais soient-ils). Mais il s’avère que le procédé employé par <strong>La petite fille de la terre noire</strong> est proprement dégueulasse !<br />
Restons honnête, en raison du susmentionné manque d’implication le film n’est pas un tire larme ostensiblement lacrymal (quoique la combinaison des deux existe), et ça doit le sauver de la catastrophe. Mais ça ne m’empêchera pas d’en dire du mal (non mais oh). Bref, <strong>La petite fille de la terre noire</strong> est de ces films plus ou moins gauchistes (très <em>loachiens </em>en fin de compte) qui s’intéressent à une classe ouvrière en voie d’extinction, où l’exploitation des masses laborieuses est compensée par la conscience de classe, une franche camaraderie et l’amour du charbon extrait à la pioche, et où on semble se demander si cela n’est pas préférable à l’incertitude induite par l’automatisation et l’évolution vers une société plus moderne (de services donc)&#8230; avec au menu friches industrielles désolées et mineurs chantant &#8216;Arirang&#8217; autour d’un bulgogi. Ça c’est le décor (et je peux m&#8217;y faire !).<br />
Et on nous y plante une gamine mignonne comme tout et on lui inflige sans complexe toutes les misères du monde. Un frère débile mental ; une mère absente (morte ? ahah !) ; un père qui a une pneumonie, perd son boulot, se fait arnaquer sur l’assurance de sa camionnette et devient alcoolique ; en plus ils vont être mis à la rue à cause de la rénovation de leur quartier ; les rats bouffent tous les oeufs ; et rendez-vous compte la petite en est réduite à voler à la supérette pour approvisionner en soju son père poivrot&#8230; ça commence à bien faire ! Elle est pourtant si mimi, et si débrouillarde aussi ! Comme c’est affreux ça madame Michou, cette petite fille adorable (non, sérieusement, vous avez vu sa bouille ?) qui avant l’âge de raison doit déjà remplir les rôles de maman de substitution et de femme d’intérieur !<br />
<a name="text"></a>En ce moment dans les couloirs du métro on tombe parfois sur des affiches avec des enfants aux visages de vieillards, dernière campagne de sensibilisation aux maltraitance sur les enfants (non, je ne parlais pas du dernier David Fincher) : « <em>Ne les privons pas de leur enfance</em> » nous disent ces affiches. Et ben <strong>La petite fille de la terre noire</strong> fonctionne sur le même principe, appuyer sur l’ignominie de « voler son enfance » à un petit être innocent et adorable. En terme de narratologie, j’appelle ça du racolage actif [<a href="#note">1</a>], quoique semble en dire la forme extrêmement sobre du film.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/petite-fille-de-la-terre-noire-3.jpg" alt="" /></p>
<p>L’un dans l’autre, cela me suffit à trouver le film détestable.<br />
Je n’en ignore pas moins que <strong>La petite fille de la terre noire</strong> a tout pour plaire, qui plus est dans un pays qui loue volontiers la radicalité d’une démarche de production cinématographique totalement indépendante et à contre courant des tendances, en particulier si viennent s&#8217;y greffer des préoccupations sociales. Rassurons-nous, il y a des auteurs en Corée ! <a title="Rub Love" href="http://insecte-nuisible.com/rub-love-lee-seo-goon-1998/84/">Des cinéastes qui prennent leur oeuvre à bras-le-corps</a>, c’est autre chose.</p>
<div class="note"><a name="note"></a>[<a href="#text">1</a>] N’oubliez surtout pas que, tout étrange que cela puisse paraître après ce que je vient d&#8217;écrire sur le coté racoleur d&#8217;un tel pitch, un de mes films préférés (qui va jusqu&#8217;à donner son nom à ce site) est lui aussi un film pudique où une gamine toute mimi s’en prend plein la gueule.</div>
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		<title>Trois films de Bae Chang-Ho</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/trois-films-de-bae-chang-ho/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/trois-films-de-bae-chang-ho/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 07 Dec 2008 11:40:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Bae Chang-Ho]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma coréen]]></category>

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		<description><![CDATA[Trois films du réalisateur Bae Chang-Ho : Bonjour Dieu (1988), Le Rêve (1990) et Les Gens du quartier Ko-Bang (1982).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour finir cette série d’articles, la rétrospective rendait également un hommage à Bae Chang-Ho (배창호), réalisateur que je suppose important (c’est bien tout le problème de faire confiance à un programmateur, les réalisateurs mis en avant sont-ils réellement importants pour la cinématographie coréenne, ou sont-il parachutés ici sans vraie raison ?) mais dont comme d’habitude je n’ai sans doute jamais entendu parler !</p>
<p><a name="dieu"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/bae-chang-ho-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Bonjour Dieu</strong> (1988)</div>
<p>J’ai tout d’abord vu <strong>Bonjour Dieu</strong>, un film léger et pas particulièrement marquant, mais plutôt sympa. J’ai eu quand même peur au début, puisque le personnage principal est handicapé (disons qu’il a quelques troubles de motricité et boite donc bizarrement, qu’il a quelques problèmes de prononciation et que même s’il connaît la poésie il n’est pas super futé)(il cumule quoi), pas que j’ai quoi que ce soit contre les handicapés mais par contre j’ai une dent contre <a title="racolage misérabiliste" href="http://insecte-nuisible.com/tag/racolage-miserabiliste/">les films qui font pleurer avec ce genre de procédés douteux</a> (« je suis un homme tronc aveugle et cancéreux et ma femme est en train de mourir de leucémie foudroyante au terme d’une longue agonie mais je m’accroche et je veux toujours y croire avec dignité face à l’injustice du monde »). Mais comme on verra par la suite cela ne sera finalement pas le cas, hallelujah !<br />
Un beau jour notre jeune homme trompe la vigilance parentale et décide de se rendre à Kyongju pour y peindre l’observatoire astronomique. Il commence par se tromper de bus, échoue je ne sais où, où il finit par rencontrer un poète un peu à l’ouest qui décide de l’accompagner dans son périple. En chemin ils rencontreront une femme enceinte jusqu’aux yeux qui part accoucher chez sa mère mais qui finalement va elle aussi le suivre. Voilà donc nos trois compères au coeur d’une sorte de road movie au ton légèrement humoristique.<br />
Reste que le film est loin d’être une leçon de mise en scène et vous savez que ce genre de chose m’agace, c’est plus fort que moi. Je ne développerai donc pas davantage, sinon je vais vite scrogneuhgneuhiser. On va donc positiver en soulignant le ton très agréable du film. En remarquant également que s’il faudrait interdire les scènes d’accouchement au cinéma (quand je serai ministre de la culture), celle présente dans ce film est assez chouette et un peu nawak, et passerait presque pour l’exception qui confirme la règle.</p>
<p><a name="reve"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/bae-chang-ho-2.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Le Rêve</strong> (1990)</div>
<p>Deuxième film vu, <strong>Le Rêve</strong>, pas du tout dans le même genre et ma foi bonne surprise. Bon, c’est vrai qu’on se serait passé du « twist » final annoncé dans le titre, « twist » qui a beau puiser son origine dans une légende (ou un texte traditionnel)(ou un truc du genre) n’en est pas moins aussi artificiel qu’inutile. Ça a aussi un petit goût de « ne convoite pas la femme de ton prochain, surtout si t’es un moine et que c’est un chevalier » puisqu’en le rendant fantasme il désamorce le tragique pour ne garder que la morale.<br />
Un moine tombe donc amoureux d’une noble promise à un chevalier, l’enlève et s’enfuit avec elle. Au début tout ce passe bien, grâce aux bijoux vendus par la femme ils arrivent à créer une teinturerie prospère, il ont deux beaux enfants et même si la femme s’oublie parfois dans les bras du comptable on peut dire que tout va bien. Mais un jour le fiancé bafoué retrouve leur trace, les obligeant à fuir. Commence alors une succession d’errances, le couple tombant à chaque étape dans une déchéance encore plus grande.<br />
Première remarque, et ça fait du bien,<strong> Le Rêve</strong> est nettement mieux mis en scène que <strong>Bonjour Dieu</strong> (dont on dira qu’il est très fonctionnel) : on a droit à des beaux plans bien composés mais aussi à une photo loin d’être dégueulasse ! Sur le deuxième point, considéré l’état de la copie, pas toute neuve, je serai bien embêté de parler de sa finesse mais les différentes parties du film font l’objet d’un traitement particulier et, sans qu’on atteigne un extrême de caractérisation, force est de constater que dans son film Bae Chang-Ho effectue un vrai travail d’ambiance grâce à la photo. Cela dit le plus appréciable est, vous commencez à savoir que c’est une chose que j’aime bien, la manière dont les plans (relativement longs) sont découpés, faisant s’y succéder sans coupe plusieurs compositions – parfois même (première arrivée de la famille de la femme dans le temple) cette transition en plan séquence est le lieu d’une ellipse temporelle, ce qui est toujours joli.<br />
Il faut cependant admettre que d’un point de vue narratif le film s’oublie parfois un peu, les transitions entre les différentes parties (chaque pas en avant dans la déchéance) sont pour certaines amorcées d’étrange façon. Mais rien de bien grave.<br />
D’autant plus que le film développe une imagerie assez classe, que j’ai rarement vue dans ce genre de film (en Corée du moins). Entre autres j’aime beaucoup le charnier où les vieux vont mourir au milieu des squelettes ou encore le village de lépreuses (c’est toujours chouette les villages de lépreux), sans oublier le chevalier vengeur qui, parallèlement à l’homme qu’il poursuit, se détruit lui aussi totalement.</p>
<p><a name="gens"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/bae-chang-ho-3.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Les Gens du quartier Ko-Bang</strong> (1982)</div>
<p>Dernier film vu à la rétrospective, <strong>Les Gens du quartier Ko-Bang</strong>, premier film du réalisateur au titre trompeur, puisque plus qu’un portrait des habitants du quartier (quartier très pauvre, limite bidonville) le film ne sera que celui de quelques uns : une femme, son mari et l’enfant qu’elle a eu d’un premier mariage, à l’heure où justement le père du petit réapparaît après plusieurs années en prison.<br />
Un film plutôt sympa d’ailleurs, bien foutu du moins ; même si en fin de compte l’histoire vaut ce qu’elle vaut et que cela ne me touche pas plus que ça.<br />
Au niveau mise en scène on trouve aussi dans ce premier film certaines des bonnes choses qu’on verra par la suite dans<strong> Le Rêve</strong> et qu’on ne verra pas dans <strong>Bonjour Dieu</strong>. Certes, sur certains points c’est assez kitch – ahah, le bruitage de la bagarre qui évoque immédiatement les bisseries hongkongaises devant lesquelles on s’abrutissait quand on était môme ! (et toujours maintenant en fait) – mais dans l’ensemble c’est maîtrisé.<br />
Mais c’est d’un point de vue narratif que le film fonctionne vraiment. Un premier temps en mêlant différents niveaux de ton, entre comédie et drame, avec finesse (les passages entre le père et l’enfant sonnent très juste). Mais à mon sens le plus concluant est la manière avec laquelle, usant d’une série de flash-back, Bae Chang-Ho explore le passé du couple, fournissant bien entendu les informations factuelles sur ce qui s’est passé mais aussi incarnant par la répétition (le type est libéré, puis retourne en taule, etc&#8230;) l’exaspération de la femme face aux incarcérations successives de son mari, et qui malgré le fait qu’elle l’aime (c’est beau, hein ?) décide de se tirer parce que trop c’est trop.<br />
Par contre les scènes de cauchemar du second mari jurent un peu et auraient mérité d’être mieux imbriquées à la trame générale car ainsi, avec une au début une à la fin, cela tombe comme un cheveu sur la soupe. C’est tout le problème du dosage dans un film aux personnages principaux multiples, il faut équilibrer leurs participations et ne pas les délaisser trop longtemps (la révélation sur le second mari me semble aussi un peu incongrue, mais bon),&#8230; enfin, je chipote, parce qu’il y aurait eu de plus désagréables manières de clore cette rétrospective.</p>
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		<title>Films coréens en vrac #2</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/films-coreens-en-vrac-2/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/films-coreens-en-vrac-2/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 02 Dec 2008 14:50:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma coréen]]></category>
		<category><![CDATA[Kim Soo-Yong]]></category>
		<category><![CDATA[Kwak Ji-Gyun]]></category>
		<category><![CDATA[Park Kwang-Soo]]></category>

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		<description><![CDATA[Dernière fournée de films coréens vus à la filmothèque : Chil-Soo et Man-Soo (Park Kwang-Soo, 1988), Les Insurgés (Park Kwang-Soo, 1999), La Terre (Kim Soo-Yong, 1974), Le Brouillard (Kim Soo-Yong, 1967) et Voyage d'hiver (Kwak Ji-Gyun, 1986).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Non non, ma série de comptes-rendus de la rétrospective à la filmothèque du quartier latin n’est pas terminée&#8230; j’ai juste pris un peu de retard. Tout était déjà écrit pourtant, mais que voulez-vous. Outre ce deuxième article foutrak, il en reste un autre sur Bae Chang-Oh qui sera mis en ligne dans quelques jours.<br />
Entre temps vous pouvez lire <a title="compte-rendu de la rétrospective [dooliblog]" href="http://dooliblog.com/2008/11/28/retrospective-du-cinema-coreen-themes-et-bilan/">le billet que Pierre a rédigé sur l’événement</a> où, moins feignant que moi, il croise les films et fait resurgir les thèmes récurrents.</p>
<p><a name="chilsoo"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/chil-soo-and-man-soo-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Chil-Soo et Man-Soo</strong> (Park Kwang-Soo, 1988)</div>
<p><a name="text"></a>Premier film de Park Kwang-Soo, <strong>Chil-Soo et Man-Soo</strong> est aussi un des films fondateurs de la « nouvelle vague » [<a href="#note">1</a>] coréenne avec <strong>The Age of Success</strong> de Jang Sun-Woo. C’est l’histoire d’un jeune homme un peu flambeur (il a trop du regarder <strong>La Fureur de vivre</strong>), apprenti peintre en bâtiment qui s’improvise étudiant aux beaux-arts pour draguer une fille, mais qui en réalité est un vrai loser, a lâché son boulot avant de s’incruster chez un autre peintre pour devenir son assistant.<br />
La première chose qui frappe, c’est qu’avec ses faux airs de wannabe-teen-movie <strong>Chil-Soo et Man-Soo</strong> met en scène une atmosphère assez particulière, à cheval entre fascination pour la mythologie Coca-Cola Hollywood Burger-King et l’amusement distancié face à cette attirance jeuniste. Le jeune Chil-Soo est en effet souvent ridicule dans son admiration de l’Amérique et surtout sa pose permanente « je me prends pour Marlon Brando ». Mais ce qui donne un cachet étonnant à tout ça (ce n’aurait pu être qu’une petit pochade parodique) c’est que le film date d’il y a vingt ans, les années 80 cette époque qui fait la grève du bon goût, et que par conséquent le film est très kitch, en particulier niveau fringues. Double débrayage comme dirait l’autre : moquerie comique d’origine, plus patine kitch acquise avec l’âge. C’est délicieux.<br />
Soudain, le film abandonne cette teinte quasiment John-Huguesienne pour un ton moins léger, quoique toujours comique. Il prend en effet sur la fin la forme d’une comédie absurde et satirique (faisant penser, pas à un anachronisme près, à certaines scènes de <strong>The Host</strong>), se jouant d’une police constamment sur les dents qui a force de malentendus va finir par prendre les deux jeunes hommes pour de dangereux révolutionnaires et leur bouteille d’eau pour un cocktail molotov.</p>
<p><a name="insurges"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/the-uprising-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Les Insurgés</strong> (Park Kwang-Soo, 1999)</div>
<p>Un autre film du cinéaste était également présenté, réalisé quelques années plus tard : <strong>Les Insurgés</strong>. Film d’époque, situé au début du XXe siècle sur l’île de Jeju, alors que la tension entre les habitants convertis au christianisme et le reste de la population est à son comble et que certains prennent les armes pour bouter les chrétiens hors de Corée, les missionnaires français qui les ont convertis et tant qu’à faire les collecteurs d’impôts qui sont de leur coté. Oui, ceci est un résumé très grossier de la situation, mais tout ça pour dire que la situation est classique dans les films d’époque mettant en scène une rébellion qui finira forcément tragiquement (la marine française est pas loin, prête à intervenir si on touche à ses curés), y a même une histoire d’amour avec le chef des rebelles et des scènes de jérémiades sur le bon peuple qu’on asphyxie comme je les aime. Alors on se dit qu’il va avoir des scènes de bastons, au début il vont perdre, puis comme ils sont forts et fiers ils vont gagner des batailles, et comme ils sont à un contre dix il vont finir par se faire écraser.<br />
Tout faux Toto. Chose étrange que ce film, pas forcément à première vue mais frappant quand on y pense, et c’est à la fois un défaut et une qualité. Le film a donc tendance à être très elliptique, je ne sais même pas si c’est volontaire d’ailleurs puisqu’à un niveau macro cela rend le tout confus : on ne sait pas trop ce qu’il se passe, pourquoi donc alors que c’était la nuit et qu’ils allaient attaquer tout d’un coup il se retrouve à quinze bornes de là pour aller chercher sa fiancée, la barbe lui pousse entre deux plans comme la chienlit sur des fraisiers et on sait pas trop ce qu’il a bien pu se passer entre temps. C’est pas un défaut en soin, mais le cas présent ça ne fonctionne pas forcément, et laisse une impression de négligé.<br />
Par contre à une échelle plus resserrée, à l’échelle d’une scène, ça marche plutôt bien ; en particulier sur les scènes de bataille qui du coup sont quasiment inexistantes dans leur expression classiquement spectaculaire, au profit de quelques allusions et fragments. Une scène emblématique et symbolique, ça suffit. Et comme le film est joliment filmé, ces scènes – qui se succèdent de manière sans doute un peu je-m’en-foutiste, dommage – sont souvent réussies.</p>
<p><a name="terre"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/la-terre-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>La Terre</strong> (Kim Soo-Yong, 1974)</div>
<p><strong>La Terre</strong> de Kim Soo-Yong est l’adaptation d’un roman de Park Kyong-Ni qui parait-il est très connu. Parait-il aussi et surtout qu’il est très gros. Et à la vision du film on en doute pas une seule seconde : il a beau durer 2h10 on sent que le réalisateur s’acharne à faire rentrer le plus possible en le moins de temps possible. Et la mise en scène étant au coeur des scènes assez traditionnelle c’est surtout sur la narration qu’il joue. Et non de Dieu comme c’est elliptique ! C’est parfois même déstabilisant, le spectateur ne sachant pas forcément si entre deux plans il s’est écoulé deux jours, deux mois ou deux ans (voir même si c’est un flash back). Faut dire que l’histoire s’écoule sur une durée plutôt conséquente, sur trois générations (cinq me dit la plaquette, je veux bien, mais où ?)(dans le bouquin sans doute, qui a du être amputé de sa première partie, qui semble en effet parfois suggérée) d’une famille de nobles, grosso modo fin XIXe (début XXe aussi peut-être) qui se trahissent dans tous les sens, unetelle plante son mari pour aller vivre dans la montagne avec un domestique, untel (voisin éloigné) convoite la fortune familiale, certains collaborent avec les japonais, d’autres au contraire rejoignent la résistance coréenne&#8230; Ouh là.<br />
Et si le début est un drame historique bien classique, du genre qui se regarde sans enthousiasmer non plus, la seconde partie se fait plus lourde. Un premier temps lorsque le cousin fourbe commence à se taper l’incruste, ensuite lorsque le thème de la résistance anti-japonaise est clairement mis sur le tapis, le film sombre dans un manichéisme déplaisant d’autant plus lorsqu’il est assaisonné d’une bonne dose de patriotisme.</p>
<p><a name="mist"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/le-brouillard-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Le Brouillard</strong> (Kim Soo-Yong, 1967)</div>
<p>Mais passées quelque chose comme deux semaines dans les salles obscures il fallait commencer à admettre la chose : si cette rétrospective est foutrement intéressante pour ma culture on peut pas dire que j’y ai eu des révélations fracassantes. Quelques agréables surprises tout de même, comme <a title="L'Invité de la chambre d'hôte et ma mère" href="http://insecte-nuisible.com/quatre-films-de-shin-sang-ok/448#hote"><strong>L’Invité de la chambre d’hôte et ma mère</strong></a> de Shin Sang-Ok, mais c’est tout.<br />
C’est donc avec beaucoup de plaisir que je découvre <strong>Le Brouillard</strong>, toujours de Kim Soo-Yong – j’avoue que ce n’est qu’aujourd’hui, en relisant avant la mise en ligne, que je réalise qu’il est signé du même réalisateur que <strong>La Terre</strong> ! –, très joli film. Je vais d’ailleurs me faire incendier si je dis qu’on dirait parfois un film japonais ! (l’introduction fait très <em>Nikkatsu-touch</em>)<br />
Un homme – gérant d’une boite appartenant à son riche beau-père – retourne dans son village natal, un village morne au sol trop pauvre pour réellement développer une agriculture, à la mer trop peu profonde pour y construire un port de pèche et dont la seule particularité est ce brouillard qui, la nuit tombée, l’envahi ; un brouillard dense, impénétrable et fantomatique. Le type y fait la connaissance d’une jeune femme échouée ici par hasard dont il semble tomber amoureux, la fille s’accrochant aussi à lui mais sans doute dans le but qu’il la ramène à Séoul.<br />
Leur relation (et d’une manière générale la relation que l’homme entretien avec la village, village qui l’a vu naître et où il cherche à se ressourcer, mais qu’il semble également mépriser profondément) est ambiguë et leur amour semble surtout dicté par le regret et le manque plutôt que sur une attirance et des sentiments sincères (lui semble regretter son mariage opportuniste avec une riche héritière, elle aspire à échapper à sa vie de plouc). Cette ambiguïté est essentiellement due au caractère très allusif du film qui sembler préférer, à l’image du brouillard du titre, flotter au dessus des personnages, les effleurer et les envelopper, sans pour autant les observer en profondeur. A ce sujet, le film utilise de manière assez maligne la coupe dans les scènes, en montrant certaines un premier temps de manière fragmentaire, induisant un regard biaisé du spectateur, avant de les rejouer incluant de nouveaux plans ou laissant les plans précédemment coupés aller à leur terme, produisant un regard nouveau.<br />
Et tant qu’à faire, puisque je ne m’appesantirai malheureusement pas plus dessus, signalons que le film est joliment réalisé, qu’il ménage les silences et accorde de l’espace aux environnements, et forcément au brouillard. Cool.</p>
<p><a name="hiver"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/winter-wanderer-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Voyage d&#8217;hiver</strong> (Kwak Ji-Gyun, 1986)</div>
<p>Pour finir, accordons-nous un petit plaisir en reproduisant intégralement le synopsis « officiel » de <strong>Voyage d’hiver</strong> de Kwak Ji-Gyun, parce qu’après tout il vaut son poids de cacahuète : « Histoire d’amour, de haine, d’amitié trahie et de violence, relatant le destin de trois jeunes confrontés à la mort, à la séparation, et aux soubresauts tragiques de l’existence&#8230; » Rien que ça !<br />
Pas que cela soit tout à fait faux, mais fallait quand même aller la chercher. Le film, pas désagréable soit dit en passant même s’il est assez commun dans son genre, pourrait se résumer en une question : mais pourquoi qu’alors que les deux s’aiment plus fort que tout ils ne vécurent pas heureux et n’eurent pas beaucoup d&#8217;enfants ? Et oui, la vie est mal faite, surtout quand le scénariste y met du sien (et accessoirement met des bâtons dans les roues des gens).<br />
Classique donc, mais avec cette petite touche old-school qui rend ces vieux films démodés si charmants, à savoir que les recettes qu’ils peuvent utilisés sont elles même désuètes et depuis longtemps remplacé par d’autres bien plus efficaces. Un brin kitch peut-être (comme toute émanation 80s sans doute), un tantinet loubard aussi parfois (pour une raison ou une autre j’ai tiqué sur le blouson noir du type, tenue qu’il ne porte que quelques scènes), assez daté par certains cotés qui se voulaient sans doute branchés ; à confronter avec des passages à l’esthétique « réaliste provinciale » d’emblée plus immuable qui ne dépareilleraient pas dans un film d’auteur.<br />
Vous vous demandez où je veux en venir, et bien nulle part ma brave dame.</p>
<p><a name="note"></a></p>
<div class="note">[1] je ne vais pas m’étendre sur le sujet, d’autant plus que je ne suis ni un érudit ni un historien. La question a été posée sur le forum de koreanfilm.org, vous y trouverez mon petit avis.</div>
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		<title>Cinq films de Lee Doo-Yong</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/cinq-films-de-lee-doo-yong/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/cinq-films-de-lee-doo-yong/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 23 Nov 2008 11:26:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma coréen]]></category>
		<category><![CDATA[Lee Doo-Yong]]></category>

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		<description><![CDATA[Petit aperçu de la filmographie de Lee Doo-Yong : Le Mûrier (1985), Le Chemin qui mène à Chungsong (1990), Le Fils aîné (1984), Le Rouet (1983) et Les Eunuques (1986).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avouons le d’emblée, j’avais jamais entendu parler de Lee Doo-Yong (이두용), mais puisque la rétrospective lui consacre un hommage, tant qu’à faire allons voir ce que ça donne.</p>
<p><a name="murier"></a>Premier film, <strong>Le Mûrier</strong> dont le titre semble m’évoquer quelque chose mais c’est sans doute mon imagination, un film bien sympathique ma foi : une jeune femme – dont le mari passe sa vie sur les routes, courant de tripot en tripot, et ne revient que deux jours tous les six mois – doit vivre sa vie malgré tout, et à vrai dire elle s’en sort pas mal. Elle est mignonne comme tout et tous les hommes du village achètent ses faveurs à l’aide de gros sacs de riz ou de bagues en argent, ce qui ne fait pas forcément plaisir à leurs femmes.<br />
Le résultat est un film bien plaisant, en particulier grâce à une actrice douée qui sait rendre attachant un personnage pas évident, à cheval entre la garce manipulatrice et la petite fille joueuse. Mais également grâce à un scénario bien charpenté et fluide, régulièrement ponctué de touches humoristiques sans pour autant faire du film une pure comédie. Intéressant aussi le très discret arrière-plan politique (le mari se révélerait être autre chose qu’un simple joueur), jamais clairement explicité mais présent à travers des touches pince-sans-rire (le soldat japonais accomplissant sa mission avec une rectitude et un détachement tous bureaucratiques).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/lee-doo-yong-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Le Mûrier</strong> (1985)</div>
<p><a name="chemin"></a>Tout autre style avec <strong>Le Chemin qui mène à Chungsong</strong> même si, un premier temps seulement, on y retrouvera les mêmes pointes d’humour au coeur d’une ensemble plus sérieux, dues à la forte personnalité d’un personnage haut en couleurs et fort en gueule.<br />
Mais on est ici à l’époque contemporaine (celle du réalisateur, fin des années 80) où un voleur multirécidiviste et maintes fois condamné – tellement qu’il ne sait plus vivre ailleurs qu’en prison – se fait prendre une nouvelle fois à voler une chèvre. Et cette fois, en vertu d’une loi sur la récidive, il va en prendre pour douze ans, tout minime fut son délit.<br />
La quasi-totalité va donc se dérouler en cellule. Un univers en huis clos qu’il faut malgré tout filmer, ce qui n’est pas forcément évident et dont il faut le reconnaître Lee Doo-Yong se sort avec un bonheur inégal. Moins figés sont les quelques flash-back éclairant le passé de l’homme, qui auraient mérité d’être plus nombreux à la fois pour une question de rythme et de narration (c’est de la recette, mais les courts flash-back ça s’utilise en nombre sur la longueur du métrage, sinon ça donne l’impression de sortir de nulle part) mais également car il aurait été intéressant de creuser davantage les motivations de l’homme.<br />
Reste que sur la première partie ça se laisse suivre, parce que le personnage a du bagout et une bonne bouille. Par la suite ça se gâte quand même et se fait plus misérabiliste alors que l’homme tombe malade. Car comme à la sortie de la séance je le confiais à Pierre qui m’accompagnait « les films de vieux qui meurent ça m’agace ».</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/lee-doo-yong-2.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Le Chemin qui mène à Chungsong</strong> (1990)</div>
<p><a name="fils"></a>Et en terme de « film de vieux qui meurent », on peut dire que j’ai été servi avec <strong>Le Fils aîné</strong>, le troisième film du réalisateur que j’ai pu voir. Présenté par la plaquette de la rétrospective comme « l’un des chefs-d’oeuvre de son auteur », il est pourtant loin de m&#8217;avoir convaincu.<br />
Un peu bien entendu car les histoires sur la vie moderne qui met à mal le mode de vie traditionnel (et en particulier la famille), avec un regard nostalgique le plus souvent, ça me saoule rapidement – y a comme un conflit de valeur et le film a intérêt à être vachement bon. D’ailleurs pas parce que le constat fait soit erroné, c’est justement le discours tenu, le plus souvent dans la bouche des anciens, tout crédible soit-il (j’ai personnellement subit le même de la part de ma grand-mère) ne me touche absolument pas ; il me semble que pour toucher les jeunes égoïstes dans mon genre il faudrait changer d’angle d’attaque (en quelque sorte, bien que cela ne soit pas le sujet du film et ne soit présent qu’en toile de fond, <a title="Ad-Lib Night" href="http://insecte-nuisible.com/ad-lib-night-lee-yoon-ki-2006/33/">c’est ce que fait <strong>Ad-Lib Night</strong></a>).<br />
Mais le gros problème, et ça ça n’a rien à voir avec mon aversion des « films de vieux qui meurent », c’est que ça reste quand même très, très, mélo. Même dans des scènes assez chouette, comme la descente de cercueil finale qui était assez indignant en elle même (sans spoiler, c’est une belle illustration de profanation par négligence) et aurait bien mieux fonctionné sans concert de pleurs en bande son.</p>
<p><a name="rouet"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/lee-doo-yong-3.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Le Rouet</strong> (1983)</div>
<p>Autre style encore avec <strong>Le Rouet</strong> chouette film dont le sous-titre « L’histoire cruelle des femmes » m’a un temps fait penser à un film de <a title="Ishii Teruo" href="http://insecte-nuisible.com/tag/ishii-teruo/">Ishii Teruo</a> ; mais en fait on en est loin. Il n’en reste pas moins que la pauvre héroïne va s’en prendre plein la gueule.<br />
Ça commence donc joyeusement par une tentative de viol de la part du maître de maison, interrompu par le mari de la jeune femme qui d’un bon coup de faucille trucide le malotru. Les mariés n’ont alors d’autre choix que de s’enfuir. Commence alors un long flash-back revenant sur la destinée de la femme, mariée très jeune à un mort et forcée d’honorer la mémoire de quelqu’un qu’elle n’a jamais connu par une belle-mère tyrannique qui veut faire d’elle une épouse modèle digne des légendes dans la plus stricte tradition confucianiste. Puis mise à la porte de la demeure suite à un viol dont elle est la victime, mariée au premier venu (elle tombe d’ailleurs plutôt bien) et aux prises à la concupiscence de son nouveau maître (nous voilà revenu au départ).<br />
Chose presque surprenante, on a parfois du mal à croire qu’il s’agit du même réalisateur que, par exemple, <strong>Le Fils aîné</strong>. <strong>Le Rouet</strong>, surtout dans sa première moitié, fait preuve d’une grande attention esthétique (qu’on retrouve dans une moindre mesure dans <strong>Le Mûrier</strong>), aussi bien dans la photographie (beaucoup de chaleur dans les lumières, des éclairage parfois tranchés) que dans la mise en scène plus généralement (dans une ambiance volontiers contemplative, moins directement collée à l’action mais au contraire accordant une importance à l’environnement).<br />
Cette dynamique de mise en scène (ma foi réjouissante) est bien moins présente dans la seconde partie. Et pour une fois premier et deuxième moitié du film ne sont pas une vue de l’esprit, puisque le film prend un virage à quatre-vingt-dix degré au beau milieu, au prix d’un twist par ailleurs très grossier. Tellement grossier et artificiel qu’il n’est pas plus mal de le considérer comme un nouveau départ et de voir en <strong>Le Rouet</strong> deux films différents.<br />
Ce second film traite alors d’un sujet similaire à celui de <a title="La Mère porteuse" href="http://insecte-nuisible.com/trois-films-im-kwon-taek/452#mere"><strong>La Mère porteuse</strong></a> d’Im Kwon-Taek (réalisé trois ans après), la situation d’une femme au sein d’un couple noble stérile, dans une société obsédée par le culte rendu aux ancêtres à travers la perpétuation de la lignée. A ce sujet, je ne peux m’empêcher de préférer l’approche du <strong>Rouet</strong>, tout d’abord car s’appesantissant moins sur le coté purement mécanique de la superstition, ensuite parce que mettant davantage en évidence l’accablement des femmes vis-à-vis de cette responsabilité (un couple stérile c’est forcément la faute de la femme, n’est-ce pas ?) et finalement car il est quand même vachement plus sadique et injuste (mais réaliste).<br />
Et finalement le sous-titre « Histoire cruelle des femmes » au pluriel se justifie, l’héroïne vivant à la suite, comme si elle devaient cumuler en elle toutes les atteintes faites au femmes à cette époque, trois destinés d’exploitation et d’injustice qui chacune mettent en évidence un rapport de force fondamentalement asymétrique. Comme dirait l’autre, « c’était le bon temps ».</p>
<p><a name="eunuques"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/lee-doo-yong-4.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Les Eunuques</strong> (1986)</div>
<p>Dernier film présenté, <strong>Les Eunuques</strong> commence comme un film de cour des plus classique ; un genre que j’apprécie très moyennement, disons que je regarde le plus souvent d’un ennui poli, puisqu’après tout c’est toujours la même ritournelle : il faut un héritier pour le roi, sa mère lui envoie tout plein de courtisanes dans le pieu, les nobles s’escriment à y placer leur fille pour prendre du galon s’il lui arrive de tomber enceinte,&#8230; les courtisanes tant qu’à elles il y en a de deux sortes, les arrivistes qui font tout pour avoir les faveurs du suzerain et celles pour qui c’est une souffrance insupportable d’être séparées de leur fiancé pour satisfaire l’appétit de pouvoir du paternel (il y a aussi les figurantes, dont on ne sait pas grand chose)(et les lesbiennes, qui sont malheureusement fort rares dans ce genre de prod). On avance donc en terrain balisé, d’autant plus que le carton en début de film nous prévient que si le film ne prétend pas se dérouler à une période précise il n’entend pas moins donner un aperçu de la vie de la cour où autour du roi, de la reine mère et des concubines n’étaient autorisés que des eunuques.<br />
C’est le cas pendant une bonne heure, Lee Doo-Yong remplissant son contrat sans panache, mais sur le final le petit malin surprend son monde en faisant preuve d’une exubérance qu’on ne lui connaissait pas. Et je sais même pas trop si c’est volontaire de sa part (et/ou de celle de son scénariste). Mais qu’importe, car voilà qui a donné un peu de piment à la chose. Le scénario devient alors totalement nawak (je vais rien dévoiler, ça serait vache, mais y a des choses croquignolettes), avec des retournements de situation et autres révélations fracassantes à la chaîne, des comportements à la cohérence psychologique douteuse,&#8230; et même une scène de baston !<br />
Il faut donc prendre son mal en patience, mais on est finalement récompensé&#8230; cela dit ça doit être mon coté déviant et bisseux qui parle, je sais pas si ça fonctionne sur tout le monde.</p>
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		<title>Quatre films de Hong Sang-Soo</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/quatre-films-de-hong-sang-soo/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/quatre-films-de-hong-sang-soo/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 19 Nov 2008 10:28:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma coréen]]></category>
		<category><![CDATA[Hong Sang-Soo]]></category>

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		<description><![CDATA[Plongée intrépide et masochiste dans la filmographie de Hong Sang-Soo, le plus constant des cinéastes coréen : Le Jour où le cochon est tombé dans le puit (1996), La Femme est l’avenir de l’homme (2004), Turning Gate (생활의 발견, 2003) et La Vierge mise à nu par ses prétendants (2003).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je sais pas si je dois l’avouer, j’avais un premier temps prévu de me faire en une soirée la « trilogie » de Hong Sang-Soo (composée de <strong>Le Jour où le cochon est tombé dans le puit</strong>, <strong>Le Pouvoir de la province de Kang-Won</strong> et de <strong>La Vierge mise à nue par ses prétendants</strong>)(comme d’habitude on me dit rien à moi, j’étais pas au courant que ça fonctionnait « ensemble »)(ça m&#8217;a pourtant l&#8217;air de n&#8217;être simplement que ces trois premiers films). Mais arrivé à la fin du premier et ayant un petit creux je décidais d’aller au snack-crêperie place de l’Odéon histoire de me caler l’estomac pour la seconde séance : arrivé sur place je me suis dit que quand même rien que le premier ça m’avait bien lourdé et que c’est pas une malheureuse crêpe qui allait me sustenter. Finalement j’ai pris le métro jusqu’à chez moi où je me suis fait une soirée pizza-bière, afin d’éviter de prolonger mes souffrances stomaco-oculaires.<br />
Reste que le long de cette rétrospective j’ai tout de même pu voir un certain nombre de films de Hong Sang-Soo – m’étonnant à chaque fois de l’étrange unanimité de la presse (aveugle ?) à défendre ces films médiocres et chiants –, pas forcément pour mon plaisir mais par abnégation pure, pour t’apporter à toi lectrice chérie et toi lecteur chéri tout plein de croquignolets comptes-rendus de séance.</p>
<p><a name="cochon"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/hong-sang-soo-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Le Jour où le cochon est tombé dans le puit</strong> (1996)</div>
<p><strong>Le Jour où le cochon est tombé dans le puit</strong> donc – joli titre, on ne pourra enlever ça à Hong, ses films ont de jolis titres –, est un de ces films chorale avec plein de personnages (je crois me souvenir que c’était aussi le cas dans <strong>Conte de cinéma</strong>). On commence avec un écrivain raté (publié, mais au succès médiocre, avec une reconnaissance du même ordre de toute évidence) qui a des galères de fric, est considéré comme un loser par ses anciens camardes d’université (qui ne l’invitent plus aux réunions d’anciens), est amoureux d’une femme mariée (qui l’aime aussi, mais qui est&#8230; mariée) et est courtisé par une jeune femme à laquelle il fait pas attention. Second personnage, le mari de sa maîtresse, un petit employé minable et maniaque, du genre bien méprisable dans son genre. Troisième personnage, la femme. Quatrième, la « gamine » qui s’accroche encore et toujours. Voir même un cinquième, un type amoureux de la jeune femme amoureuse du type&#8230; faut suivre&#8230;<br />
J’ai cru avoir déjà sous-entendu que c’était pas terrible. Et en effet. En fait c’est (encore) surtout un film « de scénario » (sensé dépeindre, d’après la plaquette, « le malaise existentiel d’une génération de trentenaires », outch) qui ne fait que raconter une histoire. Et il le fait de manière tellement neutre et non-impliquée que jamais il ne va plus loin et jamais il ne touche. Comprendre que, comme un certain nombre de réalisateurs coréens de la même trempe (Lee Chang-Dong par exemple)(qui est quand même au dessus) Hong Sang-Soo n’est pas un grand metteur en scène. Au moins, comme c’est l’usage dans le cinéma d’auteur asiat’ (car on n’évite pas la pose auteuriste, cf le plan final), il utilise des valeurs de plan larges (beaucoup de plans moyens) ce qui rend le film moins viscéralement insupportable que les enfilades de gros plans comme on en fait chez nous.<br />
Hong Sang-Soo est donc de ceux qui ne font pas plutôt que de ceux qui font mal. Il se contente de poser sa caméra, l’action (dictée par le scénar, du moins l’histoire) lui dictant le rythme. Elle n’est donc absolument pas mise en relief, finalement sans émotion, sans subjectivité, sans force,&#8230; après on s’étonne que le spectateur reste de marbre (ou s’endorme).</p>
<p><a name="femme"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/hong-sang-soo-2.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>La Femme est l’avenir de l’homme</strong> (2004)</div>
<p>Mais j’allais pas renoncer pour si peu, j’y retourne le lendemain pour voir <strong>La Femme est l’avenir de l’homme</strong>, très beau titre encore une fois. Et moins de personnages, puisqu’il n’y en a que trois : deux amis de fac, dont l’un revient de l’étranger, et une femme dont ils étaient tous les deux amoureux lorsqu’ils étaient à l’université, à qui ils vont rendre visite.<br />
Même remarques que pour <strong>Le Jour où le cochon est tombé dans le puit</strong>, même si j’ai « préféré » celui-là (moins long déjà, il m’a également semblé moins poussif, peut-être justement car son action est bien plus simple), mais cela me permettra de préciser mes impression quand au cinéma de Hong Sang-Soo.<br />
<strong>La Femme est l’avenir de l’homme</strong> est principalement filmé en plans séquences, très fixes. Ce qui n’est pas forcément ma tasse de thé mais qui peut avoir son charme. Mais justement, et ça rejoint ce que je dis plus haut, difficile de trouver dans les plans de Hong une sensibilité, un regard particulier qui donnerait au film une contenance moins anonyme. Et ça, ça va passer par le cadre qu’il va falloir composer avec soin et sophistication/douceur/audace/&#8230; (comme dans, puisque c’est ce film qui me venait à l’esprit pendant la projection, le récent <strong>Tennen Kokekko</strong> de <a title="Yamashita Nobuhiro" href="http://insecte-nuisible.com/tag/yamashita-nobuhiro">Yamashita Nobuhiro</a>)(qui, à défaut d’être audacieux ou sophistiqué, est doux), ou encore par le travail du son (comme dans <a title="Camel(s)" href="http://insecte-nuisible.com/camels-park-ki-yong-2002/76/">l’excellent <strong>Camel(s)</strong></a> de Park Ki-Yong), d’une manière générale en fignolant un peu sa mise en scène. Ce qui n’est malheureusement pas vraiment le cas de Hong Sang-Soo.<br />
Autre chose qui me chiffonne, Hong épure énormément l’environnement de l’action, ce qui par contrecoup a tendance à tout de suite accorder de l’importance au moindre (rare) élément visible : une personne entre dans le cadre, sans même être forcément au premier plan, vous pouvez être certain qu’il aura sa (même petite) utilité, un des personnages « principaux » va fatalement lui adresser la parole (ou inversement) ou ne serait-ce que le regarder. Ce qui pourrait passer pour une qualité (tout est utile) mais est en fin de compte un défaut : le cinéma de Hong Sang-Soo manque de tout ces éléments de gratuité qui font la profondeur et la vitalité d’un cadre, voir même sa justesse.<br />
Par contre il y a un truc qu’il fait bien (je suis obligé de le reconnaître), ce sont les flash-back (et plus généralement les inserts de scènes). Ceux-ci ne sont indiqués d’aucune manière (pas de « 6 mois avant » et autre artifice faisant comprendre que c’est un flash-back)(même si les têtes/fringues/&#8230; des personnages peuvent un peu changer et donc donner un indice) et ne sont le plus souvent considérés comme tels par le spectateur qu’à posteriori, le forçant alors à reconsidérer ce qu’il vient de voir. Quelque chose de stimulant quoi. Dommage que Hong n’utilise pas plus souvent le procédé, car il permettrait justement de compenser tous les défauts suscités (en particulier le constant premier degré de son cadre) par sa sophistication narrative. Ou au moins occuper l’esprit du spectateur pour qu’il ne s’en offusque pas trop. Mais cela reste malheureusement trop parcimonieux pour vraiment insuffler au film un vraie dynamique.</p>
<p><a name="gate"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/hong-sang-soo-3.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Turning Gate</strong> (2003)</div>
<p>Je m’accroche, et je vais voir <strong>Turning Gate</strong>. Film grosso modo en deux parties : la première où un homme est invité à la campagne par un ami et couche avec la fille que son ami convoite depuis des années ; la deuxième où, pourtant en chemin pour aller rendre visite à ses parents, il suit jusqu’à chez elle une femme qu’il a rencontré dans le train. Je me disais bien que je l’avais déjà vu il y a quelques années à l’occasion de sa sortie au cinéma, mais il m’a quand même fallu une heure pour trouver un plan dont je me souvienne (le seul et l’unique d’ailleurs, pour ceux qui ont vu le film il s’agit de celui où il suit la fille jusqu’à chez elle). Rien de bien étonnant puisque, comme les deux films dont j’ai déjà parlé il s’agit typiquement de ce genre de films dont j’ai oublié jusqu’à titre deux jours après la projection.<br />
Il m’a toutefois semblé plus intéressant (tout est relatif) que les deux premiers (est-ce moi qui m’habitue, ou bien les vois-je dans le bon ordre ?), en particulier quand au dernier reproche que j’ai pu lui faire : souvent le cadre y est bien plus spontanément habité. Et il est aussi l’occasion d’approfondir encore le « mais comment qu’il fonctionne Hong Sang-Soo ? ».<br />
Hong est donc un beau je-m’en-foutiste. Au niveau de la mise en scène, mais là dessus on va pas y revenir, mais également au niveau de l’écriture. Ses films, en particulier <strong>Turning Gate</strong>, ne semblent en effet ne pas avoir de début ou de fin, ni trop savoir où ils vont. Un peu à la manière du personnage qui, prenant le train pour rejoindre se parents, descend en court de route pour la suivre jusqu’à chez elle, dit finalement qu’il part dans un quart d’heure mais en fait non ils vont manger puis copuler dans un hôtel,&#8230; bref, c’est un peu négligé comme structure, non ? Le chapitrage du film semble lui aussi fait au petit bonheur la chance, sans véritable rigueur. Idem à l’échelle des scènes qui ont pour une bonne part l’air improvisées.<br />
Et puisque le but du jeu est de quand même trouver un truc à sauver, j’ai remarqué des moments qui justement laisseraient penser à quelques jeux d’écriture, à un niveau tout réduit soit-il. Exemple dans <strong>Turning Gate</strong>, le récit de la (deuxième) femme (se rend au bord du lac, croisent deux types dont un plutôt mignon, n’ose plus monter sur le ferry) ressemble étrangement à celui que pourrait faire la jeune fille croisée par les deux hommes au début du film. Celui-ci semble alors se reboucler, ou du moins se faire écho, faire un peu joujou quoi. Dans <strong>La Femme est l’avenir de l’homme</strong> on retrouve ça dans la (les) scène(s) où les deux amis sortent tour à tour à peu près le même discours à la serveuse pour l’embobiner, cette dernière allant le rapporter à la barmaid et l’homme regardant par la fenêtre une femme (la même dans les deux cas) qui attend dehors. Ici, le film semble se dédoubler. Malheureusement, ce genre de réjouissances est quand même bien rare.</p>
<p><a name="vierge"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/hong-sang-soo-4.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>La Vierge mise à nu par ses prétendants</strong> (2003)</div>
<p>Dernière chance accordée au réalisateur, <strong>La Vierge mise à nu par ses prétendants</strong>, très beau titre encore une fois. D&#8217;ailleurs tout est dans le titre, ou presque : on a une fille, vierge donc, qui est courtisée par deux amis (enfin, surtout un) et va sans doute perdre son pucelage avant la fin du film. Un ménage à trois, tiens, comme dans <strong>La Femme est l’avenir de l’homme</strong>, voire même comme dans <strong>Le Jour où le cochon est tombé dans le puit</strong>, et on commence à se dire (comme <a title="dooliblog" href="http://dooliblog.com/">Pierre</a> à qui je vole la formule) que décidément Hong Sang-Soo fait toujours le même film et que par dessus le marché il nous fait deux fois le même film à l’intérieur d’un film ! Cela dit, ce dernier point est la chose la plus intéressante de <strong>La Vierge mise à nu par ses prétendants</strong> : au milieu du film Hong reprend au début pour le voir à travers d’autres personnages et/ou en changeant l’action. Comme je le remarquais au sujet des flash-back, cela a au moins le mérite de stimuler un peu le spectateur engourdi par l’absence de mise en scène.<br />
Cependant, il me semble que là aussi Hong loupe le coche à trop vouloir prendre le contre-pied de ce qu’il a précédemment filmé (les dialogues et les actions changent, ce qui peut être rigolo mais qui en l’état semble bien vain en plus d’être beaucoup trop systématique) au lieu de le compléter et de lui rajouter des strates de compréhension. Ça fini donc par se résumer à un jeu des sept différences, « tiens, dans la première version de cette scène c’était un autre qui s’effondre dans son vomi » (exemple inventé), sans grande conséquence. Comme je l’ai déjà souligné, Hong Sang-Soo est un sacré fumiste (il doit être drogué aussi).<br />
Tiens, autre chose que je n’avais toujours pas mise à plat en ces lignes, une chose qui m’agace pourtant profondément : dans tous ses films ou presque les personnages sont écrivains, peintres, danseuses, acteurs et autres artistes, voire même pire, cinéastes !!! L’apothéose de la complaisance auteuristo-nombriliste : t’as vu comme je suis un type qui raconte des histoires d’artiste, c’est mon milieu tu vois. J’en connais un qui ferait mieux de faire un peu de cinéma au lieu de raconter des histoires de types qui font du cinéma (question existentielle : ces types s’y prennent-ils aussi mal que lui ?).</p>
<p>Conclusion ?<br />
Le cinéma de Hong Sang-Soo on y boit beaucoup, on y baise encore plus, mais c’est pas pour autant que c’est groovy.</p>
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		<title>Trois films d&#8217;Im Kwon-Taek</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/trois-films-im-kwon-taek/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/trois-films-im-kwon-taek/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 17 Nov 2008 10:03:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma coréen]]></category>
		<category><![CDATA[Im Kwon-Taek]]></category>

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		<description><![CDATA[Retour sur trois films du vétéran des cinéastes coréens, Im Kwon-Taek : Le Chant de la fidèle Choun-Hyang (2000), La Mère porteuse (1986) et Le Ticket (1986).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En voilà un article qu’il est bien et que grâce à lui je vais recevoir des insultes et des commentaires « c’est scandaleux qu’en tapant &#8220;Im Kwon-Taek&#8221; sur google on tombe direct sur ce genre d’article stupide et mal écrit et que son auteur il y comprend que dalle » ; joie !<br />
C’est vrai que Im Kwon-Taek (dont, même pas honte, je n’avais vu, je crois, que <strong>Ivre de femmes et de peinture</strong>, film pas transcendant mais intéressant) étant un réalisateur connu (et un des plus prolifiques réalisateurs coréens, ce qui lui vaut un hommage au cours de cette rétrospective) ça m’embête de ne faire qu’une petite note expéditive sur ses films, j’aurais aimé approfondir un peu sur les films. Mais que voulez-vous, quand on se tape trois films à la suite il est difficile de vraiment tout développer, d’autant plus lorsque le réalisateur ne met pas du sien et que ses films ne nous laissent pas de grand souvenir. Mais sait-on jamais, un jour peut-être aurez-vous droit à une dissection en règle du <strong>Chant de la fidèle Choun-Hyang</strong>&#8230; Elle n’a qu’à bien se tenir.</p>
<p><a name="chant"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/im-kwon-taek-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Le Chant de la fidèle Choun-Hyang</strong> (2000)</div>
<p>Ça tombe bien puisque c’est justement par celui là qu’on commence : <strong>Le Chant de la fidèle Choun-Hyang</strong>, film très pénible, histoire d’amour entre un noble et une fille de courtisane racontée à la manière du pansori (chant traditionnel avec un chanteur, qui déclame plutôt qu’il ne chante, accompagné d’un tambour). Malheureusement pour les deux tourtereaux le jeune homme doit partir à Séoul et ne peut y amener sa belle (car elle n’est pas noble et qu’il ne pourrait alors plus passer les concours de haut fonctionnaire) qui reste dans sa province en proie à la concupiscence du nouveau gouverneur de la province. Qui se fait salement éconduire par la fidèle épouse et finit par la jeter en prison et la condamner à mort.<br />
Soyons franc, le film m’a mis la tête comme une pastèque à cause du chant pansori qui l’accompagne. J’étais donc pas dans de bonnes dispositions pour l’accueillir. Mais, en faisant abstraction de cette encombrante voix-off traditionnelle, qu’en reste-t-il ? Le fait est que l’ensemble est emprunt d’une telle artificialité, pour ne pas dire « grandiloquent avec un balai dans le fondement », qu’aucune émotion sincère et sensible ne s’en dégage. Et ressemble davantage à une compilation de cartes postales folkloriques qu’à un film. Célébrer le patrimoine culturel et s’en inspirer ne se réduit pas à plaquer un diaporama sur un chant traditionnel, non mais sans blague (cf Kitano et son <strong>Dolls </strong>inspiré du théâtre bunraku). Cela dit, ça doit plaire à ceux à la recherche de l’exotique Corée traditionnelle en costume avec des histoires d’amours entre nobles.</p>
<p><a name="mere"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/im-kwon-taek-2.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>La Mère porteuse</strong> (1986)</div>
<p>Rebelote avec <strong>La Mère porteuse</strong>, qui a le mérite de ne pas avoir de pansori en fond sonore ce qui nous permet de nous focaliser sur les défauts plus généraux de la mise en scène de Im Kwon-Taek. Je suis connu pour ne pas être client du cinéma classique, mais là c’est pire : cadrage impersonnel et totalement désincarné, réalisation dans son ensemble très prout prout, asthmatique du montage à défaut d’être totalement analphabète de l’image. Sauve quand même le film du naufrage une histoire intéressante, suivant une jeune fille qui sert de mère porteuse pour un couple de nobles dont la femme est stérile et qui doivent malgré tout prolonger la lignée pour honorer les ancêtres. Malheureusement Im en fait principalement une collection (voulue sarcastique) de superstitions et autres remèdes de grand-mère sensés apporter fertilité et héritier mâle mais qui ne font que souffrir les pauvres reproductrices et autres allusions au culte des ancêtres qui fonde la société coréenne traditionnelle. C’est bien rigolo de se moquer des ignares mais ça m’évoque surtout un type qui dans 150 ans réaliserait un film à charge sur George W. Bush (« <em>You never know what your history is going to be like until long after you&#8217;re gone.</em> », G.B. 5 mai 2006). En montrer l’absurdité n’est pas une mauvaise chose. Mais il n’en est pas de même de ne faire que ça du film ou presque, en traitant par exemple par dessus la jambe les questions humaines (alors que le personnage ne demande justement que ça !), en particulier l’histoire d’amour entre le maître et la mère porteuse qui là ne se résume qu’à une partie de jambes en l’air.<br />
(l’honnêteté me force à admettre qu’ayant vu <strong>La Mère porteuse</strong> directement à la suite du <strong>Chant de la fidèle Choun-Hyang</strong>, j’étais un tantinet énervé en entrant dans la salle, craignant le pire : il est probable que l’agacement devant l’académisme sans relief de l’oeuvre ait pris le pas sur le soulagement de tomber en fin de compte sur un film nettement moins balourd)<br />
(tant que j’y suis, sur le même sujet la deuxième partie du <a title="Le Rouet" href="http://insecte-nuisible.com/cinq-films-de-lee-doo-yong#rouet"><strong>Rouet</strong> de Lee Doo-Yong</a> m’a semblé plus convaincant)</p>
<p><a name="ticket"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/im-kwon-taek-3.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Le Ticket</strong> (1986)</div>
<p>Mais Im Kwon-Taek ce n’est pas que des films en costumes chiants, même si la programmation ne le mettait pas particulièrement en évidence (quatre ou cinq films « folkloriques » sur six !). Était donc également projeté <strong>Le Ticket</strong>, film contemporain dressant le portrait de livreuses de café dans une ville portuaire. Par « livreuses », comprenez que si effectivement vous commandez un café, vous pouvez également passer un bout de temps avec la femme qui vous l’apporte. Débarquent donc dans cette ville trois jeunes filles, dont on va un peu suivre le parcours. Mais on va également découvrir le passé tourmenté de leur patronne.<br />
Ralala, Im Kwon-Taek et ses sujets qui pourraient (pourquoi pas ?) être intéressants, qui ne sont parfois pas mal écrit – même si je ne peux m’empêcher de penser qu’il veut trop en faire, trop de personnages, trop de petites entames de pistes narratives qui ne seront pas exploitées,&#8230; et que finalement ses films n’ont pas la portée qu’ils pourraient avoir – mais surtout mis en scène avec des moufles ! Bon, ok, j’exagère, car Im n’est pas totalement manchot et il ne fait pas de fautes de goût flagrantes. Ici et là pointent même parfois quelques plans assez chouettes (le femme qui avance sur les filets, cadrée au ras du sol en plongée), mais tout cela manque d’audace ! De personnalité ! Scrogneugneuh !<br />
Cent films pour en arriver là ? Scandaleux !</p>
<p>Étaient également projetés <strong>Ivre de femmes et de peinture </strong>(plutôt regardable donc, souffrant d’un certain nombre des suscités défauts mais intéressant dans son propos sur l’art) ainsi que <strong>Chronique du Roi Yon-San</strong> et <strong>La Fille du feu</strong> (pas vus).</p>
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		<title>Films coréens en vrac #1</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/films-coreens-en-vrac-1/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/films-coreens-en-vrac-1/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 12 Nov 2008 14:45:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma coréen]]></category>
		<category><![CDATA[Jang Yoon-Hyun]]></category>
		<category><![CDATA[Lee Kang-Cheon]]></category>
		<category><![CDATA[Oh Ki-Hwan]]></category>
		<category><![CDATA[Park Heung-Sik]]></category>
		<category><![CDATA[Yoo Yun-Mok]]></category>

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		<description><![CDATA[Cinq films coréens vus à la filmothèque : La saison des pluies (Yoo Yun-Mok, 1979), I wish I had a Wife (Park Heung-Sik, 2001) , La Vallée de Pia (Lee Kang-Cheon, 1955), The Contact (Jang Yoon-Hyun, 1997) et Last Present (Oh Ki-Hwan, 2001).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Première série de films vus lors de la rétrospective cinéma coréen à la filmothèque du quartier latin. Cinq films, aucune révélation, un ou deux plutôt pourris et par un malheureux incident de disponibilité d’images indépendant de notre volonté le premier qui n’a pas droit à sa petite iconographie.</p>
<p><a name="pluies"></a><strong>La Saison des pluies</strong> de Yoo Yun-Mok commence plutôt bien. Trois cent cinquante millième film avec comme toile de fond l’affrontement nord-sud, il l’aborde (au début) avec un point de vue original : le regard naïf d’un garçon d’une dizaine d’années qui malgré le fait que sa famille n’a pas été épargnée n’y comprend pas grand chose et continue à jouer au docteur avec la fille du voisin. Autre regard, qui fait un contrepoint lui aussi décalé : celui de sa grand-mère, une vieille femme un peu médium (le film s’ouvre alors qu’elle apprend la mort de son fils dans un rêve) et peut-être un peu sénile aussi, du moins qui commence à perdre pied. Là je me dis chouette on va avoir droit à un film sur la guerre de Corée avec un point de vue périphérique, elliptique et allusif, d’autant plus que le film n’est pas mochement réalisé.<br />
Malheureusement un sale flash-back se tape l’incruste, revenant sur le départ de l’oncle/fils futur mort au champ d’honneur et les occupations successives du village par les deux armées. Et cette fois vu d’un point de vue beaucoup plus traditionnel qui sera celui du reste du film, à hauteur d’adultes. On voit donc la famille du gamin partagée entre les deux camps, son oncle maternel ayant rejoint celui des « réactionnaires » et son oncle paternel celui des « rouges », avec notamment les deux (grand-)mères qui finissent par ne plus s’encadrer, leurs fils respectifs ayant fait le choix de camps différents. Cette famille comme métaphore de la Corée déchirée par une guerre fratricide tout ça tout ça.<br />
Le film commence donc à se perdre dans une direction puis l’autre (il s’appesantit en particulier trop longuement sur le retour espéré de l’oncle paternel). Heureusement le final se trouve être assez déroutant et beau, renouant en quelque sorte avec l’ambiance du début puisque la grand-mère « sénile » revient sur le devant de la scène, accueillant puis renvoyant au royaume des morts le fils de sa rivale revenu sous la forme d’un serpent, dans une scène évoquant un rite chamanique. C’est lent, limite hypnotique, et clôt (en oubliant la petite digression joyeuse qui suit, et qui strictement constitue la fin) le film d’une bien jolie manière, hors des sentiers battus. Dommage que tout le film ne soit pas de cette trempe.</p>
<p><a name="wife"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/i-wife-i-had-a-wife-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>I wish I had a Wife</strong> (Park Heung-Sik, 2001)</div>
<p>Bien avant ça, on avait commencé tout en douceur avec <strong>I wish I had a Wife</strong> de Park Heung-Sik, une comédie romantique tout ce qu’il y a de plus classique : un employé de banque en a ras la casquette d’être célibataire et veut désespérément se marier. Il tente désespérément de se raccrocher à une ancienne camarade, en ne voyant pas qu’une instit de l’école juste en face de sa banque lui tourne autour. Classique quoi !<br />
Dommage aussi que l’idée de l’utilisation des caméras de surveillance (vous savez que c’est mon dada), pourtant mise en avant dans le pitch officiel, soit développée de façon anecdotique au lieu d’en faire (pourquoi pas) le moteur de l’action. La comédie romantique est une genre bien rodé et défriché, et justement une solution pour se distinguer est d’adopter un point de vue particulier dans la romance et la communication entre les deux personnages (ce que faisait par exemple le très chouette<strong> Il Mare</strong>, par ailleurs projeté au cours de cette rétrospective, mais que je ne suis pas allé revoir).<br />
C’est quand même l’occasion de retrouver une Jeon Do-Yeon toute jeunette (qui devait en fait déjà avoir vingt-sept ou vingt-huit ans, mais qui passerait facile pour dix de moins) et absolument charmante. Et aussi, sans doute parce que le film a été réalisé avant le grand boom de la comédie romantique en Corée (qui a entraîné force formatage), il faut avouer que le film s’il n’évite pas les clichés du genre (loin de là, mais qui demanderait ça à une comédie romantique ?) fait preuve de fraîcheur.</p>
<p><a name="pia"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/piagol-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>La Vallée de Pia</strong> (Lee Kang-Cheon, 1955)</div>
<p>On poursuit avec <strong>La Vallée de Pia</strong> de Lee Kang-Cheon, film sur la guerre de Corée réalisé directement après le cessez-le-feu (en 1953) et qui prend comme personnages une unité de combattants du Nord. Le film étant réalisé au Sud directement après les événements, ne soyons pas étonnés d’y apprendre que les communistes sont des méchants pas beaux qui vont piller les villages et forcer les honnêtes gens à tuer d’autres honnêtes gens et que par dessus le marché ce sont des fourbes puisqu’ils se tuent entre eux aussi. Le film n’oublie toutefois pas la parabole de la guerre fratricide (un soldat qui pille son village natal, avec sa mère qui lui meurt dans les bras et tout), ce qui laisse penser que malgré pourtant le caractère récent de la guerre les auteurs avaient un peu de recul. D’une manière générale, si le film reste idéologiquement très marqué on est loin de la propagande tractopelle.<br />
Pour faire vite, le film n’est pas extraordinaire, un peu le cul entre deux chaises. Pas assez profond comme point de vue et réflexion sur la guerre, ce qui visiblement n’est pas le but puisqu’il va se concentrer davantage sur les tourments humains (doutes sur la légitimité du combat et tout), toutefois sans que le jeu d’acteur (loin d’être top) et la mise en scène (distante et peu impliquée) n’arrive à faire surgir un peu d’émotion.<br />
Toutefois j’y ai apprécié l’atmosphère parfois aveuglément déambulatoire (comment ça ça veut rien dire ?), l’action se concentrant sur une petite unité n’ayant pas ou peu d’information de l’extérieur et dont l’action, au delà de l’engagement idéologique aveugle, consiste le plus souvent à vivre au jour le jour sans trop savoir où aller. On a ainsi quelques scènes plutôt chouettes, notamment la scène de pillage qui élude totalement la mise à sac (sauf sur la toute fin) pour se focaliser sur l’errance du chef de patrouille dans un village fantôme, jusqu’à ce qu’il échoue dans un temple à contempler des statues de divinités.</p>
<p><a name="contact"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/the-contact-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>The Contact</strong> (Jang Yoon-Hyun, 1997)</div>
<p>Comédie romantique encore, ou à peu près, avec <strong>The Contact</strong> de Jang Yoon-Hyun. L’occasion de retrouver une nouvelle fois Jeon Do-Yeon, quatre ans avant <strong>I wish I had a Wife</strong> mais qui cette fois fait son âge (et donc fait plus âgée alors qu’elle est plus jeune)(passons sur le vieillissement non linéaire de miss Jeon).<br />
C’est l’histoire d’une jeune femme plus ou moins amoureuse du copain de sa colocataire – copain qui flirte volontiers mais n’en projette pas moins d’épouser l’autre – qui parce qu’elle écoutait ce morceau alors qu’elle échappe à un accident de voiture est fascinée par &#8216;Pale Blue Eyes&#8217; du Velvet Underground. Incapable de mettre la main sur le disque elle prend contact avec le programmateur de la radio. De son coté le programmateur est obsédé par son ex qu’il n’a pas vue depuis six ans et qui vient le lui envoyer par la poste l’album éponyme du suscité groupe new-yorkais (c’est pour ça qu’il l’a passé à l’antenne). Les deux commencent donc une correspondance par e-mail.<br />
Je disais « à peu près » une comédie romantique car on peut pas dire que le coté comédie soit bien développé. Il brille même par son absence. Pas plus mal en fait. Ça va donc tournicoter beaucoup, les deux mettant trois plombes à se rencontrer à force de se passer à coté et de se fourvoyer dans des histoires sans espoir. Mon coté fleur bleue apprécie. Mon coté (relativement) impartial est forcé de reconnaître que c’est loin de casser des briques.</p>
<p><a name="present"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/last-present-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Last Present</strong> (Oh Ki-Hwan, 2001)</div>
<p>Sixième (oui, car je raconte pas dans l’ordre) film découvert dans cette rétrospective, et on commence à se dire qu’on a pas de bol, <strong>Last Present</strong> de Oh Ki-Hwan est un petit mélo comme on en produit par caisse de 12 au pays du matin calme. Un bonhomme apprend donc que sa femme va mourir, mais cette dernière ne lui a rien dit pour ne pas qu’il perde le moral et qu’il soit toujours dans l’esprit de faire rire les gens (il est comique). Le bonhomme va un premier temps faire semblant de ne pas savoir, tout en s’efforçant de retrouver des anciens camarades qu’elle a visiblement envie de revoir. On assiste alors à un spectacle à la mécanique artificiellement mélodramatique et malhonnête, par ailleurs assez détestable, qui consiste à faire agir les personnages comme il ne le veulent pas et ne le devrait pas, juste histoire de les faire souffrir un peu plus (comme si ça ne suffisait pas). Parfois (dans d’autres films je veux dire) ça fonctionne, mais dans ce cas la minceur de la psychologie des personnages est incapable de justifier l’absence de naturel de leur comportement. Rajoutons que par dessus le marché le film n’est absolument pas mis en scène (à l’exception de quelques violons dans les passages tristes, ce qui est quand même la moindre des choses dans un mélo) ce qui n’est pas sans faire enrager le père Epikt. Ni sans le faire bailler, mais il trouvera quand même un truc à sauver dans le film : la quête des anciens camarades de sa femme est l’occasion de flash-back sur son passé (un sur l’école primaire, un deuxième du collège, un autre au lycée), ce qui est une manière assez sympa de les introduire. Malheureusement d’autres flash-back feront par la suite leur apparition de manière moins intéressante, disons même plus balourde, un premier temps pour revenir sur leur rencontre (d’un « romantisme » de roman pour princesse Prisunic à vomir), ensuite pou nous expliquer ce que nous avons déjà deviné.<br />
(tiens, en passant et histoire de faire de la pub pour un vieil article, la fin fait penser à celle de <a title="Rehearsal" href="http://insecte-nuisible.com/rehearsal-kang-jeong-su-1995/56/"><strong>Rehearsal</strong></a> – enfin, je crois, j’arrive pas à en être tout à fait sûr sans revoir le film –, film qui n’était d’ailleurs pas trop mal)</p>
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		<title>Quatre films de Shin Sang-Ok</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/quatre-films-de-shin-sang-ok/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/quatre-films-de-shin-sang-ok/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 09 Nov 2008 18:29:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma coréen]]></category>
		<category><![CDATA[Shin Sang-Ok]]></category>

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		<description><![CDATA[Exploration de l'oeuvre de Shin Sang-Ok avec Le Riz (1963), Jusqu’au bout de ma vie (1960), Samyong le muet (1964) et L’Invité de la chambre d’hôte et ma mère (1961).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a name="text1"></a>Mis à l’honneur par la rétrospective cinéma coréen à la filmothèque du quartier latin, Shin Sang-Ok (신상옥) est sans doute un des « vieux » réalisateurs coréens les plus connus en occident, pas forcément pour son oeuvre que personne ou presque n’a vue (un coffret DVD rassemblant plusieurs films a été édité il y a un ou deux ans, pour ceux qui voudraient rattraper leur retard) mais plutôt pour son histoire personnelle assez mouvementée, puisqu’il fut avec sa femme Cho Eun-Hui (qui joue dans la plupart – tous ? – de ses films, notamment les quatre présentés ici) enlevé par le Nord (ou s’y est réfugié, forcément, d’après la version officiel nordiste) et y réalisa un certains nombre de films – dont le plutôt chouette <strong>Pulgasari </strong>[<a href="#note">1</a>], à ma connaissance unique cas de coproduction entre Corée du Nord et Japon, avec une partie du staff de <strong>Godzilla </strong>– avant de réussir à s’enfuir pour les USA (où il produira quelques films de ninja).<br />
Mais aujourd’hui c’est sa filmo sud-coréenne qui nous intéresse.</p>
<p><a name="riz"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/shin-sang-ok-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Le Riz</strong> (1963)</div>
<p>Le premier que j’ai vu, <strong>Le Riz</strong>, raconte l’histoire d’un soldat invalide (il a une jambe artificielle) qui rentre dans son village natal après la guerre et entreprend le projet de creuser un tunnel pour irriguer les champs qui depuis toujours sont bien trop secs pour pouvoir y cultiver du riz. Malheureusement son projet rencontre l’opposition de la chamane locale qui craint que le forage dérange les esprits et surtout du grand bourgeois de la province, par ailleurs père de sa fiancée (qui entre temps a été promise au fils d’un député pour aider à la carrière politique de son père), qui voit d’un bien mauvais oeil ces paysans entreprenants trouvant un moyen de sortir de la misère alors que jusqu’à présent il se faisait bien gentiment du beurre sur leur dos. Notre homme (le militaire boiteux) fera donc face avec naïveté mais droiture et abnégation à tous les obstacles, des pressions sur sa personne ou les ouvriers à l’inertie d’une bureaucratie rongée par la corruption ne s’intéressant qu’aux résultats électoraux. Avant que les gentils militaires fassent un coup d’État contre les politiciens véreux et viennent aider à la réalisation de l’ouvrage qui sera terminé dans la joie et l’allégresse.<br />
Car si pendant un temps on ne sait sur quel pied danser devant la mauvaise image donnée des politiciens sudistes (qui vont jusqu’à accuser nos braves patriotes d’être des communistes !) ce dernier coup de théâtre (qui aurait été évident si on avait pris la peine, avant la projection, de s’informer de la date à laquelle le film a été tourné, soit deux ans à peine après le coup d’État qui installera le général Park Chung-Hee au pouvoir) en fait un franc film de propagande en faveur du régime militaire fraîchement instauré et de sa politique de valorisation des campagnes. Avec un petit goût de « vous aller vous cogner vingt-cinq ans de dictature militaire mais voyez comme avant vous creviez la dalle à enrichir des bourgeois parasites et maintenant vous êtes heureux en cultivant votre terre ». Le plus troublant sur la forme, c’est qu’on n’est vraiment pas loin de l’esthétique réal-socialiste des films de l’autre coté du 38e parallèle : valorisation de la force de travail et de la dévotion patriote, mais surtout des plans (entre paysans exhibant fièrement de grandes brassées de tiges de riz et femme volontaire qui casse des rochers au fond de la mine) qui rappellent curieusement l’esthétique des campagnes de propagandes soviétiques.<br />
En fin de compte ça m’étonne pas que les rouges soient venu le chercher celui-là, il a du potentiel !</p>
<p><a name="vie"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/shin-sang-ok-2.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Jusqu’au bout de ma vie</strong> (1960)</div>
<p>Il est alors pas inintéressant de jeter un oeil à un film de Shin réalisé avant le coup d’État. <strong>Jusqu’au bout de ma vie</strong> par exemple, d’autant plus intéressant qu’on y trouve des figures similaires et les mêmes préoccupations, mais dans un cadre (à la fois dans la fiction, mais aussi du point de vue de la production) différent. On y suit donc déjà un soldat handicapé suite à une blessure de guerre qui malgré son invalidité et grâce à son opiniâtreté (un peu) et au soutien de sa femme (beaucoup)(le rapport entre les deux est d’ailleurs inversé dans <strong>Le Riz</strong> qui met en valeur la rectitude morale, le courage et la persévérance alors qu&#8217;ici le personnage masculin est bien plus « faible ») va mener à bien un projet pour venir en aide à ceux et celles qui ont souffert de la guerre. Ça, c’est la fin, ou presque. Avant il leur faudra surmonter de nombreuses épreuves (exil, mort de leur bébé, handicap, attirance de la femme pour un autre homme,&#8230;), le tout avec un ton très mélo.<br />
<a name="text2"></a>Parce que le moins qu’on puisse dire c’est que Shin Sang-Ok ne fait pas dans la finesse, faisant endurer à ces personnages tout plein de malheurs dans tous les sens – jusqu’à l’intrigue secondaire de la soeur de l’amant de la femme (faut suivre) qui se suicide, prise de remords après avoir couché avec des soldats américains (osons alors une interprétation, ce passage fait fortement penser au couplet homme castré / femme violée, souvent réservée au Japon mais ici parfaitement transposable à l’occupation américaine en Corée)[<a href="#note">2</a>]. Mais notre bon couple survivra à toutes les injustices et restera fier et droit jusqu’à la mort.<br />
*violons <em>inside</em>*</p>
<p><a name="muet"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/shin-sang-ok-3.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Samyong le muet</strong> (1964)</div>
<p><strong>Samyong le muet</strong> est plutôt différent de ces deux premiers films – et autant le dire tout de suite, plus intéressant aussi.<br />
Film historique à une époque indéterminée, disons « film en costume » : Samyong est muet et un peu simplet, serviteur d’une maison de nobles ; le fils de son maître se marie à reculons, délaissant sa nouvelle épouse (quand il ne lui tape pas dessus) pour aller batifoler avec une servante ; Samyong est de son coté subjugué par sa nouvelle maîtresse. Plus de guerre de Corée donc, plus de grands thème sociétaux non plus, plus de malheurs à grande échelle, juste une très classique histoire d’amour impossible. Mais sans pour autant tomber dans le gros mélo qui tache (contrairement à <strong>Jusqu’au bout de ma vie</strong>), même si ça reste un film triste et tragique. Un brin naïf aussi, sans doute à cause de son point de vue de personnage simple, mais c’est pas forcément gênant.<br />
En fait, sans pour autant casser des briques, <strong>Samyong le muet</strong> est un film plutôt plaisant. Il lui arrive même de temps à autre d’être drôle. Et tente sans doute d’être parfois « tendre », même si de ce point de vue il me semble qu’il se prend ses quarante et quelques bougies dans les dents. En fait, un truc appréciable est qu’il soit filmé en scope. Pas que l’utilisation du format soit époustouflante (au contraire très quelconque), mais c’est tout de suite plus flatteur pour l’oeil, plus doux. D’autant plus que la réalisation de Shin Sang-Ok est beaucoup plus posée, voir même classique, que dans les deux premiers films que j’ai vu qui en voulant adopter un ton réaliste étaient plus âpres. Là au contraire c’est léger, s’autorisant même à l’occasion quelques escapades dans le domaine du songe.</p>
<p><a name="hote"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/shin-sang-ok-4.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>L’Invité de la chambre d’hôte et ma mère</strong> (1961)</div>
<p>Le dernier film présenté confirme cette intuition selon laquelle Shin serait bien meilleur lorsqu’il ne se frotte pas aux grandes destinées du peuple coréen, mais au contraire reste dans une histoire à échelle humaine. Autre histoire d’amour impossible, <strong>L’Invité de la chambre d’hôte et ma mère</strong> est raconté par une petite fille dont la mère est jeune veuve et qui s’éprend, sans pouvoir afficher son amour au grand jour, de l’ami de son frère qui vient vivre dans la maison familiale. Semblable à <strong>Samyong </strong>sur le plan de la mise en scène et de l’ambiance qu’il s’en dégage, assez agréable donc. La plaquette de la rétrospective parlait d’un mélodrame (ça faisait peur) mais il s’agirait en fait bien plus d’une comédie romantique, ou de ce qui pourrait en tenir lieu dans une société traditionnelle confucianiste où il n’est pas question de batifoler dans les champs ! Et à mon sens c’est là que <strong>L’Invité de la chambre d’hôte et ma mère</strong> trouve son originalité : la dimension comique et romantique passe à travers la fillette qui fait le lien entre les deux amoureux. Affranchie des convenances et des bonnes manières, exprimant tout haut ce que eux pensent tout bas et faisant pour eux les gestes qu’ils n’osent faire – ce qui n’est pas sans les embarrasser terriblement, source d’humour fonctionnant sur le décalage –, elle s’improvise entremetteuse avec son regard d’enfant et toute sa naïveté, mais aussi avec toute la liberté que les adultes soucieux des apparences s’interdisent. Ce qui est une idée d&#8217;écriture plutôt maligne et donne un film plein de fraîcheur, cultivant aussi avec justesse son impertinence – je me faisais cette réflexion, bien que n’abordant pas le sujet avec engagement et virulence, ce film lance dans son esprit quelques piques bien senties à la morale traditionnelle (à travers l’idée que la femme doit rester veuve et continuer à vivre avec sa belle famille après la mort de son mari) d’une manière assez subtile et intelligente, je dirais même taquine.</p>
<p><a name="note"></a></p>
<div class="note">[<a href="#text1">1</a>] le film étant loin d’être inintéressant et surtout disponible uniquement dans un DVD japonais hors de prix et non-sous-titré dans une langue intelligible, je me permets de signaler <a title="Pulgasari [google video]" href="http://video.google.com/videoplay?docid=-4299325314122049461">sa présence sur Google Video</a>, avec des sous-titres anglais (une copie d’une VHS jadis sortie aux USA).<br />
[<a href="#text2">2</a>] tout ceci me fait penser que Adresse inconnue de Kim Ki-Duk (présenté durant cette rétrospective)(et facilement trouvable en DVD) c’est pas mal du tout.</div>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Journal d’une jeune nord-coréenne (Jang In-Hak, 2006)</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/journal-d%e2%80%99une-jeune-nord-coreenne-jang-in-hak-2006/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/journal-d%e2%80%99une-jeune-nord-coreenne-jang-in-hak-2006/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 30 Dec 2007 12:39:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[2006]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma coréen]]></category>
		<category><![CDATA[Jang In-Hak]]></category>
		<category><![CDATA[Kim Hak-Cheol]]></category>
		<category><![CDATA[Kim Yeong-Suk]]></category>
		<category><![CDATA[Park Mi-Hyang]]></category>
		<category><![CDATA[propagande]]></category>

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		<description><![CDATA[Idéologiquement c’est pas plus abrutissant que le blockbuster impérialiste moyen, la comédie franchouillarde raciste ordinaire et autres matraquages publicitaires qui curieusement font bien moins de vagues.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mon mois cinéphilique de décembre 2007 fut décidément placé sous le signe de la Corée du Nord, pays parait-il pourtant « le plus fermé du monde patati patata », avec tout d’abord trois films projetés lors de la deuxième édition du festival franco-coréen du film (qui s’est tenue la semaine du 12 au 18 décembre) qui chacun à leur manière avaient pour sujet des expatriés du nord – <strong>Dear Pyongyang</strong> de Yang Yong-Hi (sur une famille d’expatriés au Japon dont les fils sont retournés en Corée du nord), <strong>Our School</strong> de Kim Myung-Jun (sur une école coréenne, tendance nordiste, à Hokkaido) et <strong>Korean Don Quixote, Lee Hise</strong> de Choi Hyung-Jung (sur un peintre pro-nord exilé en France). Avouons tout de suite ma satisfaction de voir dans ces trois films un regard bien éloigné de la soupe qu’on nous sert habituellement (« on » désignant pêle-mêle nos JT nationaux, les entreprises de propagande sud-coréennes, et à l’occasion les deux trois communiqués officiels émanant du nord), bien plus nuancé et moins engoncé dans ses stéréotypes grossiers. Espérons que ces films bénéficient d’une diffusion digne de ce nom (ce qui n’est qu’un beau voeu pieu, considéré la diffusion des documentaires coréens hors des frontières du pays ; voir même à l&#8217;intérieur). Ensuite car ça fait pas mal de temps que l’envie me prendre de vous faire un spécial cinéma nord-coréen, du moins le peu auquel on a accès à l’étranger – ça viendra, tôt ou tard, vous en faites pas. Et finalement par ce petit événement qu’est la sortie en salles (s’il vous plait !) d’un film de fiction en provenance directe de la Corée du Nord avec la bénédiction de Pyongyang. Un pari osé et bizarre à l’heure où le cinéma (sud-)coréen ne s’est jamais aussi mal porté en salles depuis son soi-disant boom (si vous vous satisfaites de votre doublé Kim Ki-Duk / Hong Sang-Soo annuel, pas moi) et dont on peut parier qu’il ne sera pas renouvelé, tant cette sortie joue sur l’événementiel (« un événement de taille » nous dit l’affiche) et l’exotisme de la provenance de cette production (l’ajout quelque peu racoleur de la nationalité dans le titre, qui ne signifie rien d’autre que « journal d’une lycéenne », et qui dans sa version française semble encore une fois sous-entendre que le nord-coréen est réductible à sa nationalité).<a name="text"></a> Opportunisme de curiosité tout de même limité puisque le film ne sort que sur cinq écrans (dont deux sur Paris), alors on se contentera de saluer l’initiative car finalement c’est pas tout les jours que l’occasion se présente de voir un tel film en salle (même si les copies, en béta numérique, sont loin d’être top). Quand au film, il vaut ce qu’il vaut. Toutefois, d’un point de vue purement qualitatif et mettant de coté ma curiosité cinéphilique, j’aurais préféré la sortie de <strong>Host and Guest</strong> de Shin Dong-Il [<a href="#note">1</a>], un premier temps annoncé le mois dernier avant d’être repoussé à Mathusalem (en espérant au moins une sortie DVD). Monde de merde.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/journal-jeune-nord-coreenne-1.jpg" alt="" /></p>
<p><strong>Journal d’une jeune nord-coréenne</strong> c’est donc l’histoire de (suspense insoutenable) Su-Ryeon, une jeune fille, nord-coréenne comme vous avez devinez, qui finit ses années de lycée dans une maison de la campagne où habitent avec elle sa petite soeur fan de football, sa mère et sa grand-mère paternelle, son père étant la plupart du temps absent à cause de son travail de scientifique. Et justement Su-Ryeon a bien du mal à se faire à cette absence paternelle dont les recherches lui semblent ne mener à rien et qui surtout épuise sa mère qui en plus de tenir la maison passe ses nuits à traduire de la documentation pour son mari. Ajoutez à cela qu’elle aimerait bien aller à la ville vivre dans une barre de béton plutôt que dans sa maison de péquenot et que les paniers repas préparés par sa mère lui font honte devant ses camarades, et voilà notre jeune fille en pleine crise de rébellion face à ses gros <em>losers </em>de parents (qu’elle ne peut s’empêcher d’aimer quand même, surtout sa mère). Bien entendu tout se finira bien, le père retrouvera l’estime de ses filles et le Grand Leader Kim Jong-Il lui même saluera l’apport de ses travaux à la patrie.</p>
<p>Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce film, mais sûrement pas à une ouverture avec un gros plan sur un sac à dos Minnie Mouse. Car j’ai beau savoir que comme tout le monde (pas vous ?) les nord-coréens sont fan de Hello Kitty je ne pensais pas que l’étendard culturel de l’éternel ennemi capitaliste puisse s’exposer de manière si ostentatoire dans un film sur lequel le Grand Général a officié comme <em>script-doctor</em>. Mais passons, car la suite n’est bien évidemment pas marquée par la fascination pour l’occident. Cependant le film ne donne pas tant que ça dans la propagande perpétuelle. Moins que ce à quoi on pouvait s’attendre en tout cas. Forcément, <strong>Journal d’une nord-coréenne</strong> exalte une idée de la famille dans une optique <strong>La petite maison dans la prairie</strong> remixé par Staline où le sacrifice, pour les siens et pour la patrie, est la valeur première. Et on est heureux de se crever pour le pays et la famille, même sur son lit d&#8217;hôpital, c’est ce qu’apprendra Su-Ryeon. Dommage alors, la rébellion de l&#8217;adolescente (qui surprenait et faisait même plaisir) n’est acceptable et normale que si elle finit par rejoindre le bon chemin. Mais cette propagande (bien réelle) qui agace la plupart des critiques, si vous voulez mon avis, n’est ni plus présente ni plus balourde que dans un Ken Loach de base. Oui, celui-là même qui gagne des Palmes d’or, et ne me faites pas croire que c’est parce que le réalisateur anglais sait tenir une caméra.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/journal-jeune-nord-coreenne-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Cela dit, insister sur la morale patriotique et quelque peu douteuse du film (encore une fois parfaitement attendue, et bien moins martelée que prévu) n’est pas nécessaire pour descendre <strong>Journal d’une jeune nord-coréenne</strong>, dont les qualités cinématographiques se cherchent encore. J’avoue, mes précédentes expériences du cinéma du nord m’avaient fait craindre bien pire et <strong>Journal d’une jeune nord-coréenne</strong> reste assez plaisant : c’est pas plus nian-nian ni moins entraînant qu’un bon vieux drama coréen des familles (ce qui n’est pas placer la barre bien haute, c’est vrai). Forcément, pour un blockbuster la pauvreté des moyens laisse songeur, les acteurs sont très mauvais, la réalisation et le montage sont incapables de créer la moindre tension ou émotion (exemples frappants avec les scènes de l’incendie ou de la course qui font doucement sourire par leur maladresse), la gestion des axes est parfois carrément bordélique, etc&#8230; Bien la preuve que dans ce domaine de compétence le métissage et le brassage des influences sont moteur d’évolution, et qu’isolé dans son blocus de l’art extérieur la Corée du Nord a totalement perdu le sens des réalités (de la fiction, devrais-je dire), réinventant la poudre à l’ère de l’atome à l’image de ses ingénieurs tout fiers d’avoir, pour la gloire de leur pays, automatisé une ligne de production. Mais, outre la curiosité, un certain nombre d’éléments – non des moindres, sa photo et son éclairage d’un kitch très réal-socialiste, son ambiance très proprette grâce à laquelle le taudis le plus misérable reste digne comme il faut et ses chansons patriotiques un brin naïves – confèrent à ce film une aura et un charme presque désuets.<br />
En attendant donc que la Corée du Nord sorte de son isolement et se mette à faire des « vrais » films. Entre temps, si vous avez deux heures à y consacrer, idéologiquement c’est pas plus abrutissant que le blockbuster impérialiste moyen, la comédie franchouillarde raciste ordinaire et autres matraquages publicitaires qui curieusement font bien moins de vagues.</p>
<div class="note"><a name="note"></a>[1] en fait j&#8217;ai depuis pu voir ce film, on a finalement rien perdu : un film d&#8217;hauteur qui vous montre bien qu&#8217;il fait de l&#8217;Aaaart (edit du 3 avril 2009)</div>
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		<title>Yellow Flower (Lee Ji-Sang, 1998)</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Sep 2007 18:05:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
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		<description><![CDATA[Un film bizarre, très instable, aérien par intermittences.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dixième et dernier film coréen pas connu, et je sens déjà que je vas vous manquer ! Lee Ji-Sang, réalisateur de <strong>Yellow Flower</strong>, était le seul réalisateur de la selection que je connaissais de nom, mais c’était pour un film (<strong>A sudden Crash of Thunder</strong>, réalisé en 1999) dont le titre m’avait paru vachement classe mais sur lequel je n’ai jamais été capable de mettre la main (si quelqu’un à des infos, je suis preneur). Un réalisateur qui, d’après les bruits qui courent ici et là, serait spécialiste des films totalement désespérés et avec plein de cul dedans. Je demande qu’à voir ! Quoi qu’il en soit, <strong>Yellow Flower</strong> fait dans le genre plutôt bizarre.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/yellow-flower-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Le film est composé en deux parties. Dans la première « Thirty, the Martyrdom in our Time » on suit un homme et une femme d’une trentaine d’années dilapidant le butin d’un vol en ne faisant rien d’autre que l’amour et autres jeux plein d’inconsistance. Dans la deuxième « Nineteen, nothing but Satire or Emancipation » on retrouve les mêmes (enfin, je crois, c’est pas tout à fait clair)(si je suis convaincu qu’on y retrouve la fille, le résumé officiel affirme que l’homme est le même) à dix-neuf ans comme personnages plus ou moins secondaires d’un autre drame. Alors que la première partie est, mis à part ses flash-back et son final, totalement coupée de tout (les deux amants vivent dans une « maison » à l’environnement minimaliste, dans une étrange et paisible lumière verte), la deuxième se prend la réalité en pleine face : crise sociale et existentielle, drogue, violence, exclusion,&#8230; tout y passe. Et le sexe, bien entendu.<br />
Inspiré par le poète Kim Soo-Young (que je ne connaissais même pas de nom) dont il reprend des textes, <strong>Yellow Flower</strong> revêt en effet les atours de la poésie, cinématographiquement parlant. Volontiers elliptique et obscure, il s’aventure souvent sur le terrain de la métaphore et de l’image poétique. Une photo très granuleuse et presque délavée, particulièrement lors de certains flash-back, et une caméra à l’épaule souvent légère procure au film comme une impression de flottement, qui culmine dans les passages quasiment abstraits de la première partie (reclus, les deux personnages semblent aspirer à vivre hors du temps). Cette atmosphère est encore soulignée par une musique omniprésente (et accessoirement très bonne), ce qui glisse peu à peu le film dans la catégorie « film clipé soft », délaissant plus d’une fois son (semblant d’) intrigue pour s’adonner à la contemplation en musique (le plus souvent de deux personnes forniquant, mais reconnaissons que ces scènes ne donnent en aucun cas dans le <em>soft-porn</em> de bas étage).<br />
Forcément, ce style de démarche a forcément son revers de médaille, et les limites du procédé comme du film sont évidentes. Certaines scènes (moi aussi j’aime prendre l’air dans mes bras avant de me replier sur moi-même) sont aussi vaines que 99% des « performances » artistiques contemporaines. De la même manière, je regrette le systématisme du recours au sexe comme échappatoire/soulagement au monde réel, élément que l’on retrouve souvent chez ce genre de réalisateur (dont certains que j’aime d’ailleurs particulièrement, comme Jang Sun-Woo) et qui sent parfois le passage obligé du réalisateur alternatif, même si encore une fois les scènes de cul sont dans l’ensemble bien foutues. Tant qu’on parle de « réalisateur alternatif », et on en aura fini avec les petites lourdeurs de <strong>Yellow Flower</strong>, un mot du contenu anti-capitaliste qui soutend le film et qui aurait gagner à faire l’objet d’un traitement moins frivole et d’images moins lourdingues. C’est pas forcément très gênant dans l’ensemble et n’empêchera personne d’apprécier le film, mais je pense entre autre à la très (très) longue scène où l’on voit le personnage déposer des liasses de billets sous les lampadaires avant qu’elles soient ramassées par un balayeur (ça a pas l’air comme ça, mais ça dure plusieurs minutes !).</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/yellow-flower-2.jpg" alt="" /></p>
<p>En fait on est parfois pas loin de Tsai Ming-Liang (au mauvais sens du terme) et de ses thèmes de prédilection : désert existentiel, phrases obscures et vides de sens (« J’ai faim. – Oh, ne mangeons rien, ne faisons rien. – Sauf baiser ? »), délabrement affectif et finalement le sexe (beaucoup de sexe) comme seul acte véritablement libérateur et « révolutionnaire » (même si pour ma part je soupçonne tous ces réalisateurs de n’être que des gros mateurs qui s’assument pas). Mais chez Lee Ji-Sang il n’y a pas, et fort heureusement, le refus de la mise en scène que l’on observe chez le réalisateur de <a title="I don't want to sleep alone" href="http://insecte-nuisible.com/i-dont-want-to-sleep-alone-tsai-ming-liang-2006/47/"><strong>I don’t want to sleep alone</strong></a>. Au contraire, dans un esprit pourtant similaire (les deux font un cinéma à tendance underground anti-commercial et dépeignent des marginaux dans une béatitude cotonneuse, mais où le retour de bâton est d’autant plus brutal) Lee Ji-Sang prend sa mise en scène à bras le corps, n’épargnant pas sa peine dans les effets de montage, les variations dans la photographie, la gestions du rythme,&#8230; C’est particulièrement vrai du point de vue du montage, qui fait preuve d&#8217;une belle richesse. Que ce soit au niveau de la structure globale ou de la séquence, Lee Ji-Sang brise la linéarité de son film, multipliant les inserts et flash-back – parfois très obscurs, notamment la scène présente dans les deux parties et semblant faire le lien entre elles dont on ne sait pas trop d’où elle sort (même si on a bien notre petite idée). A l’échelle de la séquence aussi les inserts sont nombreux (encore plus en fait), qu’il s’agisse de très légers flash-back ou d’amorce de narration alternée. Une autre spécificité du montage de <strong>Yellow Flower</strong> est son rythme particulièrement haché. Lee Ji-Sang utilise en effet beaucoup de microcoupes, enlevant ci et là une dizaine d’image dans un plan (tout spécialement dans la scène du vol), qui semble alors sauter, à la manière d’une pellicule dans un vieux projecteur. En résulte un film très instable, aérien par intermittences. Approche similaire dans une scène où, soutenue par une mélodie indus digne de Ishikawa Chu (compositeur attitré des films de Tsukamoto Shinya), la caméra avance par bref à-coups, comme guidées par les battements d’un coeur quelque peu hésitant (un effet très efficace dans les films d’horreur). Même approche encore en ayant recourt à des images fixes, à la manière d’un photo-roman cinématographique : Lee Ji-Sang fige le cours du temps comme il le brise.<br />
Quand aux autres films du réalisateur, auxquels on aimerait jeter un oeil et qui doivent sans doute valoir le détour, j’ai bien l’impression qu’ils ne soient disponibles nul part. Alors si un jour vous avez l’occasion de croiser leur route au détour d’un festival, n’hésitez pas, vous aurez beaucoup d&#8217;autres occasions de voir le nouveau Park Chan-Wook (et dans une salle moins pleine).</p>
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		<title>Rub Love (Lee Seo-Goon, 1998)</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Sep 2007 17:17:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rub Love est kitch, mais Rub Love est beau ! Parce que finalement le beau est toujours bizarre et que titiller les rétines avec un objet qui a tout pour nous les arracher c’est plus stimulant que l’académisme lisse.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La voilà enfin ! Il m’en fallait bien une parmi tous ces films coréens pas connus, une bonne petite série B comme je les aime. Et pour le coup cette appellation n’est ni dépréciative ni condescendante, puisque toute fauchée et kitch soit-elle, cette série B diablement étonnante est réjouissante à plus d’un titre. Et oui ! D’ailleurs c’est souvent dans les petits films qu’on fait les grandes surprises, non ? Pour le reste, <strong>Rub Love</strong> est le premier (et pour l’instant dernier, presque dix ans après le méfait, ça commence à sentir le sapin) film de Lee Seo-Goon, l’année d’avant scénariste du <strong>301 302</strong> de Park Chul-Soo – le réalisateur de <a title="Bong-Ja" href="http://insecte-nuisible.com/bong-ja-park-chul-soo-2000/73/"><strong>Bong-Ja</strong></a> et éditeur du DVD de <strong>Rub Love</strong> (en gros une personne qu’il fait pas bon pour lui si je le croise), comme quoi le monde est petit.<br />
<a name="text"></a>Par contre, pestons tout de suite contre l’édition DVD (celle chez Park ChulSoo Films, la seule à ma connaissance [<a href="#note">1</a>]) de toute évidence indigne d’un tel film, et qui malheureusement nous empêche de l’apprécier pleinement. Car au-delà d’une image pas vraiment clean (bien que 1, cela ne soit pas si grave et 2, je soupçonne la photo originale d’être déjà crade) le film se voit surtout recadrer, de façon plutôt sauvage qui plus est. Et si ce genre de désagréments honteux ne pose finalement pas trop de problème pour des navets comme <a title="Truth or Dare" href="http://insecte-nuisible.com/truth-or-dare-kim-gi-yeong-2000/62/"><strong>Truth or Dare</strong></a>, il en est tout autrement pour un film qui, comme on le verra, tire à priori plutôt bien parti de l’espace de son cadre (rien de plus évident lorsque des personnages se trouve totalement décadrés d’un coté et de l’autre de l’écran). A partir de maintenant ça tient de la spéculation, mais un peu d’imagination permet de 1, reconstituer l’idée de certains plans qui manifestement doivent bien fonctionner dans leur format 1.85 original et font souvent preuve d’idée et 2, passer outre ce handicap pour apprécier tant bien que mal le film à sa juste valeur.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/rub-love-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Alors ça se passe visiblement dans le futur, même si je me rappelle pas qu’une date soit précisée, mais dès le début, pendant le générique, un spot télé nous apprend la bonne nouvelle : un scientifique serait en train de finaliser la mise au point d’un sérum permettant de supprimer certains souvenirs, la grande classe. Pour la même occasion, l’image se met en quatre pour nous convaincre qu’on est bel et bien dans le futur. Mais budget de toute évidence hyper rikiki, pas question de se faire construire une cité du futur en images de synthèse par ILM. On a donc droit à une esthétique science-fictive low-tech, un futurisme à peu de frais consistant pour une bonne part à augmenter la luminosité de l’image et à pousser certaines couleurs bien craignos (rouge, vert,…) pour noyer le tout dans une luminosité blafarde. Le tout associé à quelques touches sinoïsantes retro (les fringues de la fille, le motel, la boite de nuit,…) qui, chez les plus déviants d’entre nous, font immédiatement penser à un Wong Kar-Waï converti au cyberpunk basse-définition et perverti par les gémissements de film porno filtrant à travers les cloisons du motel (gémissement dont on découvrira, comme dans un hors-texte, la provenance complètement déviante). On est pas loin en effet d’une version « rough » de <strong>2046</strong>, débarrassé de ses oripeaux de film de riche (photo de Chris Doyle, musique jazzy et semelles compensées lumineuses) pour épouser le parti de l’enterrement vivant esthétique volontaire, dans une débauche de ce que sans jugement de valeur aucun nous appellerons un mauvais goût consommé, rappelant même parfois l’esthétique radicale d’un Nam Ki-Woong (réalisateur de <strong>Teenage Hooker became a killing Machine in Daehak-Roh</strong>, plus grand pornawak filmique que la Corée ait jamais produit). Alors forcément, ça ne plait pas à tout le monde. Mais comme je le dis souvent (et il n’y a pas si longtemps le faisait rapidement remarquer à propos <a title="ido" href="http://insecte-nuisible.com/ido-fujiwara-kei-2006/51/">du dernier film de Fujiwara Kei</a>) en matière de cinéma l’efficacité d’un effet spécial ou d’un parti pris esthétique n’est pas forcément corrélée à la finesse de sa réalisation, mais peut pourquoi pas trouver sa singularité dans le refus du réalisme, souvent privé de matière et acceptisé – malheureusement la norme de nos jours, que cela soit en science-fiction ou en animation, à l’exception notable que quelques films comme <strong>Sin City</strong>. Alors oui, je l’affirme sans honte, <strong>Rub Love</strong> est kitch, mais <strong>Rub Love</strong> est beau ! Parce que finalement le beau est toujours bizarre (comme dirait mon pote Baudelaire) et que titiller les rétines avec un objet qui a tout pour nous les arracher c’est plus stimulant que l’académisme lisse. Dommage juste que cette voie ne soit trop souvent un refuge par défaut pour petits films sans budget – mettons quand même les choses à plat, le résultat est loin d’être à chaque fois à la hauteur, et alors bonjour le ridicule. Mais ici, convoquant une esthétique pseudo futuriste immédiatement connotée (rangée dans nos gentilles cervelles juste à coté des jeux vidéos 80s et du Minitel), <strong>Rub Love</strong> se pose d’emblée comme objet <em>pulp </em>et poseur – une démarche similaire sera utilisée (pour une toute autre ambiance, beaucoup plus sérieuse) dans le très chouette <strong>Nabi </strong>de Moon Seung-Wuk, autre grand film de SF coréen fauché (détail amusant, il est comme <strong>Rub Love</strong> centré sur une « invention », ici un virus, qui efface la mémoire) qui déploie lui aussi tout un attirail de mise en scène, du travail sur la photographie au choix des environnements en passant par le cadrage et le mixage audio, pour évoquer un monde futuriste (avec brio qui plus est), se payant même le culot de montrer un banal avion de ligne comme d&#8217;autres auraient filmé une navette spatiale ; c’est beau, iconoclaste et couillu.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/rub-love-2.jpg" alt="" /></p>
<p>C’est donc l’histoire de Cho, un dessinateur de bandes dessinées qui vit dans un motel un peu pourri, et qui comme par hasard tombe follement amoureux de Mina, sa voisine de palier. Il la prend en filature jusqu’à un club où – horreur ! – il la surprend en train d’assassiner un homme. Car la belle est une tueuse à gage (redoutable, on n’en doute pas une seconde), ce que nous autres spectateurs omniscients savions déjà, l’aillant vue dézinguer un couple de danseurs dans la (très jolie) scène d’ouverture. Un peu pris au dépourvu (on le comprend), le jeune homme n’a d’autre réaction que de lui avouer son amour, donnant lieu à un instant bizarrement comique, totalement absurde et déplacé. Elle n’en a un peu rien à foutre de sa déclaration, mais se résigne à le laisser l’accompagner. Ainsi, la première partie de <strong>Rub Love</strong> est bien plus proche du buddy-movie que de la romance, et en attendant un événement qui changera le cour des choses le jeu consiste surtout pour la tueuse à s’accommoder de cet encombrant prétendant qui tient souvent du gros boulet de service. Un méga twist de la mort plus tard – plus sérieusement, la narration de <strong>Rub Love</strong> a quelque chose de totalement négligée, de telle manière qu’un changement assez radical de la dynamique du film, un effacement même, n’est jamais présenté comme exceptionnel – et le film prend enfin un ton de film d’amour (enfin !) dans lequel tout irait pour le mieux si cette idylle n’était pas peu à peu envahie par la mélancolie et le pathétique. En passant, je trouve cette rupture amener de façon plutôt futée, mais d’une certaine manière d’une déconcertante simplicité : la première partie était portée par le personnage de Mina, qui ne pouvait vraisemblablement pas céder la place à Cho, loser fini : reste alors à la priver de volonté (d’une façon parfaitement artificielle, mais c’est pas grave) pour laisser la place à un nouveau moteur narratif.</p>
<p>Alors comme je viens de le faire remarquer, <strong>Rub Love</strong> fonctionne de façon fort négligée, avec un scénario à la marabout bout de ficelle accueillant à l’occasion parfaitement bien de nouveaux éléments avec une bienveillance je-m’en-foutiste. Et c’est peut-être la que le bas blesse un peu, <strong>Rub Love</strong> manque d’un véritable rythme – même si c’est finalement anecdotique, et que le film étant court on se laisse facilement porter (et que c’est le genre de chose qui me gênent moins que d’autres) – qui aurait rendu le film plus dynamique.<br />
Reste que <strong>Rub Love</strong> recèle de petits plaisirs comme je les aime et fourmille de bonnes idées. J’ai déjà évoqué son humour pince-sans-rire. « Sans rire » et pour cause, puisqu’il semble parfaitement étranger au film (dont la réalisation fait comme si de rien n’était, ce qui renforce encore l’OVNIisme de cet humour qui semble sorti de nul part)(j’invente des mots si je veux), en totale rupture de ton avec la fausse froideur sophistiquée dont se pare le film. C’est particulièrement vrai lors du passage dans l’hôtel qui, osons le dire, devient du n’importe quoi, dans une mise en scène burlesque qui s’ignore. Signalons au passage quelques gadgets de mise en scènes très rigolos, comme toute une série de jeux avec des miroirs – c’est pour le coup assez gratuit (mais en parfaite adéquation avec l’ambiance chinoise en toc) mais c’est le genre de trucs que j’aime – ou encore cette scène ou la conversation est couverte par le bourdonnement d’une mouche – une grosse mouche horripilante en images de synthèse mal réalisées, aussi embêtante visuellement qu’auditivement… bref, un petit bonheur de mocheté visuelle, énervante au plus haut point. On est d’ailleurs pas bien loin (toute proportion gardée, mais y a de l’idée), dans l’utilisation de ce genre d&#8217;artefacts étranges au sein du film, du très grand <strong>Resurrection of the little Matchgirl</strong> de Jang Sun-Woo (film lent, je-m’en-foutiste et détraqué devant l’éternel).</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/rub-love-3.jpg" alt="" /></p>
<p>Je ne m’attarderai pas sur quelques beaux moments de mise en scène (bien foutue, mais malheureusement entachée par le recadrage subi) pour toucher un mot de la dernière scène qui finalement concentre toutes les qualités du film décrites plus haut. Ce gun-fight totalement absurde dès l’origine (puisque les assasins se trompent de cible) et persistant dans cette absurdité (les tueurs qui, une fois la mauvaise personne descendue, se confortent dans leur erreur en pointant son soi-disant désordre mental, sa psychopathologie même !) est peut-être la plus belle réussite humoristique du film (peut-être justement car elle n’en a pas l’air), mais fait aussi intervenir son plus beau mécanisme de mise en scène, un (double) split-screen (alors forcément, le recadrage y est d’autant plus évident, l’équilibre du plan y est encore plus détruit, et tel quel le résultat est très moche ; ce qui n’empêche pas de reconstituer les morceaux d’image et de se rendre compte que ça fonctionne) montrant tour à tour ou simultanément trois point de vue, dont celui de Mina (la véritable cible, à coté de laquelle tout le monde passe à coté) assise sur son banc, en plan fixe et les yeux dans le vide tout le long de la scène, indifférente à la tension qui peut régner dans les autres parties d’écrans. Et c’est finalement sur elle que le réalisateur va se focaliser, laissant l’action se dérouler en hors champ (ayant assez du son pour saisir ce qu’il s’y passe) comme si, absurde de toute façon (comme cet amour qui a tout déclenché), elle n’avait en fin de compte pas grand intérêt.<br />
Une fin étrange, qui eu été noire et désespérée sans la nonchalance que s’acharne à revêtir le film, mais qui pour le coup ressemble (et le film avec) à une gigantesque farce, gratuite, lointaine et sans conséquence. Une farce que je ne peux que vous recommander, car belle et classe, malheureusement entachée d’une édition DVD qui confine à l’attentat. Espérons qu’un éditeur sérieux et soucieux de l’intégrité des œuvres veuille bien le sortir de l’ombre un de ces jours.</p>
<div class="note"><a name="note"></a>[<a href="#text">1</a>] faux : je viens de voir ça, le film sort (pile poil maintenant) dans une édition japonaise à priori en 19/6 « letterbox » ; pouvons-nous espérer qu’il soit au format ? (à défaut d’avoir des sous-titres compréhensibles)</div>
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		<title>Running seven Dogs (Ki Ju-Man, 2000)</title>
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		<pubDate>Sat, 22 Sep 2007 16:54:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[S’il pouvait (peut-être) receler quelque originalité (pour un film coréen) à l'époque de sa sortie (et encore j’en doute), Running seven Dogs est plutôt du genre qu’on a vu cinquante fois – qui plus est en mieux.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>De tous les films de ma sélection de films coréens pas connus, <strong>Running seven Dogs</strong> est probablement celui qui a le plus rien à y faire, comprendre par là que c’est le plus commercial dans la forme comme dans le fond. Mais parait-il qu’il se soit vautré salement la gueule au box-office (peut-être après tout était-il en avance sur la <em>hollywoodisation </em>du cinéma coréen) et qu’il soit depuis resté aux oubliettes. Le cruel monde cruel du cinéma est très cruel. Cela dit, on ne peut s’abstenir de penser « tant mieux », car avouons-le d’emblée le film est plutôt mauvais.</p>
<p>Je vais avoir un peu de mal à vous résumer le bazar, étant à l’origine pas super doué à cet exercice, et en plus le film étant de cette sorte s’appliquant à toujours faire plus compliqué que cela ne l’est vraiment, poussant la tarabiscotisation (si je veux) de la trame au maximum gérable, à grand renfort de personnages plus ou moins secondaires, de flash-back et parfois même d’incohérences. En vrac, un chauffeur de taxi renverse un type transportant une mallette pleine de thunes, type qu’il s’empresse d’enterrer et thunes qu’il s’empresse de planquer dans la supérette où bosse sa copine. Malheureusement le type était poursuivit par des tueurs (dans le genre très cons mais armés de tronçonneuses) parce qu’il a sauté la femme d’un gros bonnet. Bien entendu les flics (pas très réglos eux non plus, ça serait pas rigolo sinon) s’en mêlent, informés par un receleur ripoux. Et tant qu’à faire un petit voyou et sa bande de motards à mobylettes, de même que deux jeunes pas très futés qui leur ont volé une moto, y sont mêlés bien malgré eux.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/running-seven-dogs-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Et voilà que ça se tire dans les pattes, que ça accumule les quiproquos, que les tueurs n’arrêtent pas de couper les mauvaises paires de jambes et comme de bien entendu tout ce beau monde va se retrouver tous ensemble pour se mettre sur la gueule à la fin (et vous savez quoi ? les gentils gagnent !). Ça va vite, enfin ça devrait, car il faut avouer que pour un film du genre <strong>Running seven Dogs</strong> traine un peu la patte question rythme. C’est pas faute pourtant de sauter d’un personnage à l’autre de manière frénétique, ce qui rend parfois le film carrément confus (pas grave, c’est le but vous diront les scénaristes flemmards). De la même manière, les quelques flash-back qui se dissimulent dans ses apparitions (en gros, le film commence avec le type se faisant renverser, puis on découvre ce qui s’est passé avant et après) achèvent de semer la confusion. Au sujet de ses derniers, justement, dommage qu’ils sont finalement pas assez nombreux et consistants, ne réussissant pour le coup pas à constituer une vraie trame alternative à la principale, se contentant de n’être que quelques inserts (plus ou moins bien insérés d’ailleurs). Pourtant, on tenait là une idée : mener de front en narration parallèle deux trames elles mêmes décomposées en différents points des vue alternés (le tout étant, une fois posé, mené de façon chronologiquement linéaire). C’est d’ailleurs sûrement ce qu’a tenté le scénariste (à moins que je ne lui prête des idées géniales qu’il n’aurait jamais eu, mais jamais on ne me reprochera de ne pas lui prêter de bonnes intentions), mais le tout manque comme je l’ai dit d’équilibre entre la trame flash-back et la trame principale. Car il est vrai que le film semble bien souvent monté au petit bonheur la chance, sans vraiment de volonté forte pilotant l’affaire.</p>
<p>On se retrouve alors finalement avec un film porté par ses gimmicks de film Hollywood mâtiné de <em>british-attitude branchouille-wannabe</em> (comprenne qui pourra), à grand renfort d’absurde, de bande son <strong>Pulp Fiction</strong>-<em>like</em>, de voix-off m’as-tu-vu très dispensables, d&#8217;arrets-sur-image-ralentis-accélérés pas toujours bien amenés et d’une mise en scène sans éclat mais se voulant néanmoins punchy. Reste alors la présence au casting de Lee Ji-Hyeon qui avouons-le est un joli petit lot – mais à se compte là, autant la voir dans <strong>La Belle</strong>, très jolie romance érotique, qui non seulement est cent fois plus intéressant et surtout ne cache (presque) rien de l’anatomie de la miss. Tant qu’on est à trouver des circonstances atténuantes, reconnaissons que si <strong>Running seven Dogs</strong> succombe au piège du « machin qui entube truc qui entube bidule », il nous épargne la très énervante succession de twists et de révélations fracassantes qui le plus souvent va avec, puisque le mystère de ces retournements de situation est dévoilé au spectateur bien avant de l’être au personnage. Une sublime façon de se tirer une balle dans le pied, tellement le « méga twist qui tue la mort » semble un passage obligé et attention du genre, mais de mon coté j&#8217;aime bien. Pour le reste, faut avouer que <strong>Running seven Dogs</strong>, s’il pouvait (peut-être) receler quelque originalité (pour un film coréen) à l&#8217;époque de sa sortie (et encore j’en doute), est du genre qu’on a vu cinquante fois – qui plus est en mieux.</p>
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		<title>Camel(s) (Park Ki-Yong, 2002)</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/camels-park-ki-yong-2002/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/camels-park-ki-yong-2002/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 20 Sep 2007 15:18:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[2002]]></category>
		<category><![CDATA[adultère]]></category>
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		<description><![CDATA[Radical et tirant le meilleur de ses parti-pris pourtant pas évidents, Camel(s) se trouve être un des meilleurs (le meilleur ?) avatars coréen du cinoche d'auteur austère.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après un film très honnête dans son genre malgré des petits défaut ici et là, et surtout cinq (cinq !) films au mieux plaisants à la suite, voilà enfin un film qui m’enthousiasme un peu dans ma chasse aux films coréens pas connus.<br />
<a name="text1"></a>Park Ki-Yong, à l’instar de Shin Jeong-Gyun, fait partie de happy fews dont plusieurs films avaient été retenus dans ma présélection (le deuxième étant <strong>Motel Cactus</strong>, réalisé en 1997 [<a href="#note">1</a>]). Et contrairement à <a title="Twenty" href="http://insecte-nuisible.com/twenty-shin-jeong-gyun-2000/65/"><strong>Twenty</strong></a>, <strong>Camel(s)</strong> ne déçoit pas. Tout le contraire même. Ça fait encore plus du bien que le film est le total opposé de ce à quoi je pouvais m’attendre, si tant est que je m’attendais à quelque chose, enfin, à tout sauf à ça. Pas que je le sentais mal (même si on a toujours des doutes), car avant même d’avoir fini mes recherches je savais qu’il se retrouverai dans le dernier carré. Que voulez-vous, c’est du noir et blanc et la jaquette du DVD m’intriguait (ça me faisait penser à un mix entre <strong>E.T.</strong> et <strong>Elephant Man</strong>, et ce n’est qu’en recevant le DVD que je me suis rendu compte que c’était une femme sur un lit, comme quoi l’imagination).<br />
<a name="text2"></a>Merci Google, le film fait apparemment d’un projet nommé « Digital Nega », comprenant aussi <strong>Public Toilet</strong> de Fruit Chan et <strong>Last Scene</strong> de Nakata Hideo. <strong>Camel(s)</strong> fut vraisemblablement bien accueilli par la critique (en témoigne sa carrière festivalière), mais la compagnie de production ayant parait-il fait faillite au mauvais moment il fut distribué en salle par-dessus la jambe, une salle dans tout le pays pour un résultat ridicule de moins de 500 entrées [<a href="#note">2</a>] (et ça nous on aime ça, malgré le profond sentiment d’injustice qui nous révolte, on aime défendre des films que personne n’a vu, et franchement ça aurait été dommage pour notre quota de frime que le film soit davantage connu).</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/camels-1.jpg" alt="" /></p>
<p><strong>Camel(s)</strong> est sûrement aussi énigmatique que peut l’être son titre, dont je n’ai pour l’instant pas vraiment saisi la signification – que ce soit cette histoire de chameau ou la marque du pluriel entre parenthèses –, c’est un peu le versant documentalisto-expérimental du film d’auteur. Et qui commence donc de façon étrange (rappelez-vous, j’aime les scènes d’ouverture), dans une voiture, filmé depuis la banquette arrière. Un homme va chercher une femme, dont on ne sait pas vraiment si elle est agacée par son retard ou simplement peu bavarde, pour partir en week-end. On devine un peu qu’il y a de l’adultère là dessous, de l’adultère qui se tait, mais adultère quand même. D’emblée le rythme se pose lent, très lent, beaucoup de longs plans (avec quelques inserts, très peu, dans la première scène) pas très bavards. Ça sent le film méga fun de la mort à quinze kilomètres.<br />
Et malgré le fait qu’on sente immédiatement qu’il y a du potentiel derrière (ça j’explique pas), <strong>Camel(s)</strong> prend la voie détestable et détestée du « film d’auteur auteurisant » : ça va foutre du plan séquence fixe à tout va, les trois mots prononcés pendant le film vont être cryptiques au possible, j’en passe et des meilleures. Et en effet y a du plan séquence, fixe pour un bon nombre (quelle horreur !), mais pour le reste le film ne va heureusement pas jouer sur l’hermétisme bas de plafond et nous épargnera la prétention qui plombe malheureusement bon nombre de films d’auteurs, en particulier asiatiques – et on lui en est tous très reconnaissants.<br />
On suit donc un homme et une femme qui partent en week-end. On ne sait pas vraiment comment ils se sont rencontrés (même si on peut supposer que c’est à la pharmacie de la femme), mais ils ne sont de toute évidence pas très intimes (ils ne connaissent même pas leurs noms) et on se demande bien ce qui les a attirés l’un vers l’autre (si ce n’est le vide de leurs existences). En retard pour prendre le bateau qui devait les emmener sur je ne sais plus quelle île, ils se résolvent à passer la journée dans une petite ville portuaire : il vont au resto, mangent un peu et parlent un peu, vont au karaoké, vont au motel et font ce qu’ils ont à faire, remangent un peu, ce genre de choses, avant de s’en retourner chez eux. Voui, c’est tout. Dans le genre argument scénaristique à la limite du rachitique on a vu moins vide, je vous l’accorde. N’empêche, ça le fait quand même.</p>
<p>Au sujet d’un film il est rare que je soulève un tel point, mais il me semble difficile de passer à coté : à la vision de <strong>Camel(s)</strong> on est rapidement frappé par la justesse des dialogues, particulièrement bien écrits (à supposer qu&#8217;ils aient effectivement été écrits, ce dont rien n&#8217;est moins sûr). Bien que principale source de compréhension du film et des personnages, et donc relativement nombreux, ils ne semblent cependant pas trop présents, jamais on ne ressent le scénario sur-dialogué (comme dans malheureusement trop de films), probablement grâce leur rythme particulier, ménageant des espaces entre les répliques, tout en évitant le souvent pédant et artificiel mutisme – assurément un exercice d’équilibriste. On remarquera finalement l’aisance avec laquelle ces dialogues sont introduits et menés, de façon remarquablement crédible, que ce soit par l’attention avec laquelle les protagonistes vont chercher à meubler la conversation à partir de l’environnement immédiat ou leurs (vaines) tentatives pour relancer un échange avorté. On est loin de la frénésie dialoguiste et de la sempiternelle recherche du « bon mot » qui anime une bonne part du cinéma d’hier et d’aujourd’hui, du film franchouillard à la pitrerie <em>tarantinesque </em>: <strong>Camel(s)</strong> ne contient probablement aucune réplique mémorable, jamais on n’en récitera les dialogues à un buffet de mariage, et on se doit de saluer comme il se doit ce refus bien heureux de la <em>punch line</em>. Des dialogues remarquablement écrits donc, à moins que ceux-ci ne soient pour une bonne partie carrément improvisés – ce qui est fort probable et ajoute encore au grand mérite du couple de comédiens, particulièrement convaincants. Moi qui ai horreur des acteurs et des films d’acteurs (comme des films de dialogue), je dois m’avouer vaincu par la force et le naturel de leur jeu, qui pour le coup cesse presque d’en être un, les deux interprètes se révélant totalement habités par leurs personnages.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/camels-2.jpg" alt="" /></p>
<p>Cette importance accordée aux acteurs et aux dialogues est la résultante directe d’une mise en scène particulièrement sobre. Ce parti pris ne tient pour autant pas du je-m’en-foutisme, qui a vu <strong>Motel Cactus</strong> sait que Park Ki-Yong sait tenir une caméra. D’ailleurs, du point de vue de la mise en scène, <strong>Camel(s) </strong>est le parfait contre-pied du premier film du réalisateur : à des incroyables couleurs (photo de Christopher Doyle en renfort) et à une caméra voltigeuse, succèdent donc un noir et blanc granuleux (très belle photo encore, cette fois signée Choi Chan-Min) en numérique et un cadre le plus souvent fixe ou à peine mobile, pour des plans d’une longueur dépassant le plus souvent la minute (voir carrément plus). Renonçant à les occulter au montage, la réalisation joue donc volontiers avec les longueurs, et forcément – ceci ajouté à un contenu scénaristique anecdotique – <strong>Camel(s)</strong> n’est pas un film à regarder un soir de fatigue, sous peine de s’endormir devant (ce qui n’est même pas un reproche en fait). Quoi qu’il en soit, c’est lent, mais cet « abandon » du montage (qui cela dit n’est vraiment pas bâclé dans les scènes découpées, comme la première scène dans la voiture) confère au film un rythme particulier, presque ronronnant. Et le tout acquière finalement une belle consistance, par le jeu des acteurs comme j’ai déjà dit, mais aussi grâce à un soin tout particulier accordé à l’ambiance sonore. Celle-ci est très riche, assourdissante parfois, et donne une inédite présence à l’environnement hors champ (conversation en cuisine du restaurant, hurlement des goélands,…) ou aux petits détails qui ont le don de mettre la chair de poule au plus endurci des moines zen (l’atroce « tic-tac » des clignotants, qui jamais dans un film n’aura été imposé de la sorte). Et encore une fois, ceci sans phagocyter l’action principale et lui voler la vedette.</p>
<p>Le film commence alors à dévoiler son visage, bien moins lisse et anecdotique qu’il n’en a l’air au premier abord. En fait, sous ses dehors bien policés, <strong>Camel(s)</strong> est en fin de compte un film presque glauque, sale par son trop-plein de réalité brute, jusqu’à l’indécence. Y couve une douleur sourde et écrasante, d’autant plus que prenant sa source dans le quotidien le plus banal elle se fait d’une part difficilement évitable, mais surtout de plus en plus considérée comme normale par ceux qui la subissent. Ce poids sur les épaules des personnages, et la culpabilité qui va avec, peu explicité par le réalisateur mais néanmoins extrêmement perceptible rappelle (enfin, n’oublions pas que <strong>Camel(s)</strong> est sorti avant) en quelque sorte le très beau <a title="Ad-Lib Night" href="http://insecte-nuisible.com/ad-lib-night-lee-yoon-ki-2006/33/"><strong>Ad-Lib Night</strong></a> (et de manière générale tous les films de Lee Yoon-Ki). Sensation renforcée par la similitude de structure entre les deux films, qui suivent tous les deux un voyage en aller-retour, voyage qui est autant lieu d’introspection qu’un éphémère échappatoire.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/camels-3.jpg" alt="" /></p>
<p>Quelque chose demeure tout de même un mystère pour moi, la classification « interdit aux moins de 18 ans » de ce film par le Korea Media Rating Board. Même si la frilosité de cette institution ne cessera de me stupéfier, j’arrive le plus souvent à voir ce qui peut motiver une classification, toute excessive qu’elle soit à mes yeux. Mais nous sommes là en présence d’un film parfaitement tranquille, vide de toute violence explicite infligée aux personnages – qu’elle soit physique, verbale ou psychologique (même si dans ce dernier cas, les personnages souffrent, mais encore une fois rien d’explicite) – et dont la seule scène de fesses est filmée de très loin de telle manière qu’on n’y voit même pas le quart de moitié d’un téton. En gros, ce film passe devant la commission de classification du CNC il choppe la mention « tout public » sans le moindre problème. A moins que le nerf de la guerre ne soit une quelconque « incitation au crime » mais ça serait sérieusement pousser Mémé dans les orties (rappelons qu’en Corée du sud l’adultère est passible d’emprisonnement, ça fait mal). Par fatalisme peut-être, mais on semble plus facilement accepter les égarements et le mal-être des jeunes (que cela veuille dire « ça leur passera en grandissant » ou au contraire « tout fout le camp, de mon temps on respectait les choses »), cela semble moins le cas des quadra qui sont la base de notre belle société (ceux qui bossent, élèvent des gosses et respectent les conventions… ou devrait le faire). Alors je me pose la question, est-il à ce point indécent, voir même subversif, de montrer le mal-être de l’employé père de famille moyen (à l’opposé du marginal de service, qui en fin de compte ne nous renvoie pas une si mauvaise image que ça, puisqu’on l’a écarté de la société), et sa pathétique et vaine tentative de s’y soustraire ? <strong>Camel(s)</strong> sent le rêve brisé et inavoué, la vieille rancœur d’accepter à contre cœur de n’être qu’une fraction de la masse et d’avoir dû se plier à ses obligations sociales (travail, vie de famille,…). Un moment, la discussion dérivant sur une connaissance (célibataire bien entendu, pire même, divorcée) passant une bonne part de son temps à crapahuter au Népal, la femme fait la remarque « seul un égoïste peut vivre de cette façon ». Dans une société où l’individualisme est une tare et où l’individu est étouffé par le collectif et la pression sociale (détail révélateur, les deux ont fait un mariage arrangé par leur famille) cette femme et cet homme réalisent en quelque sorte ainsi leur acte égoïste, si minime et insignifiant soit-il. Et même si finalement ils en souffriront, en silence bien entendu (de la même manière que leur crime doit resté caché leur souffrance ne peut se montrer, à ce propos je vous renvoie à la très belle scène de la douche), et peut-être malgré eux ils le regretteront (à la différence de ces sales jeunes, protégés qu&#8217;ils sont par leur inconscience), comme peut le laisser penser ( sans vouloir m’appesantir dessus) la rupture opérée entre les deux dernières scènes et leurs équivalentes au début du film (rappelez-vous, le film fonctionne symétriquement, en va-et-vient).<br />
<strong>Camel(s)</strong> est donc la première vraie bonne surprise de ma petite sélection, d’autant plus que je ne savais pas quoi en attendre, et que de toute manière il en a pris le contre-pied. Finalement, radical et tirant le meilleur de ses parti-pris pourtant pas évidents, <strong>Camel(s)</strong> se trouve être un des meilleurs (le meilleur ?) avatars coréen du cinoche d&#8217;auteur austère. Juste dommage alors que son auteur n’ait depuis plus donné signe de vie – mis à part un segment de l’omnibus <strong>Twentydentity</strong>.</p>
<div class="note"><a name="note"></a>[<a href="#text1">1</a>] assez beau film, bien que finalement assez vain<br />
[<a href="#text2">2</a>] source : <a href="http://koreanfilm.org/films2002.html">koreanfilm.org</a></div>
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		<title>Bong-Ja (Park Chul-Soo, 2000)</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/bong-ja-park-chul-soo-2000/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/bong-ja-park-chul-soo-2000/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 18 Sep 2007 14:57:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[2000]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma coréen]]></category>
		<category><![CDATA[comédie dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Kim Il-Wu]]></category>
		<category><![CDATA[Kim Jin-Ah]]></category>
		<category><![CDATA[nourriture]]></category>
		<category><![CDATA[Park Chul-Soo]]></category>
		<category><![CDATA[Seo Gap-Suk]]></category>

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		<description><![CDATA[Un film très maladroit et sans grande personnalité. Rien qui retienne l’attention, pour dire les choses comme elles sont. Bong-Ja est alors un film ennuyeux en plus d’être platement réalisé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a name="text"></a>Et là vous vous demandez : mais y a que des films de merde dans sa sélection de films coréens pas connus ? Rassurez-vous, y a du bon qui arrive. Entre temps, c’est vrai qu’on traverse une mauvaise passe – rappelez-vous, j’ai regardé ces films dans l’ordre dans lequel je vous les présente, j’ai moi aussi eu des doutes – mais on n’en mourra pas.<br />
Park Chul-Soo semble en tout cas être un réalisateur indépendant important (il a aussi une société de production et d’édition de DVD et VHS), ne serait-ce que par sa production, assez importante depuis 1979. Son film le plus connu a l’air d’être <strong>301 302</strong>, qui me titille depuis quelque temps déjà [<a href="#note">1</a>]. Tout ça pour dire que <strong>Bong-Ja</strong>, réalisé en 2000, est loin d’être sa première réalisation.</p>
<p>La Bong-Ja du titre (incarnée par So Gak-Suk, visiblement une habituée du réalisateur) vit seule chez elle au sous-sol d’un immeuble qui n’a pas l’air de super standing, travaille comme chef dans une sorte de sushi-bar, est alcoolique et est adepte de la secte de UFO 21 (visiblement ils attendent les OVNI et le gourou en profite pour forniquer avec ses disciples pas trop moches). Un jour en rentrant chez elle, elle surprend une fille (je me souviens plus si elle a un nom, appelons-la donc « la fille ») (jouée par la toute mignonne Kim Jin-Ah, que les gens de bon goût ont aperçue dans <strong>Real Fiction</strong> de Kim Ki-Duk) qui dort dans son lit, ce qui n’a pas l’air de la déranger plus que ça. Bong-Ja accueille donc l’adolescente (au passé un peu trouble, comme il se doit, et qui fait aussi un peu le tapin) et malgré leur différence d’âge les deux s’entendent vite à merveille. Mais deux événements vont bousculer la routine de la vie de Bong-Ja : elle est licenciée de son boulot et le maître UFO 21 est sauvagement assassiné.</p>
<p>Rien de bien original, mais bon. J’avoue que je m’attendais à quelque chose de plus sulfureux (bah woué, prostituée adolescente + amorce de lesbianisme, ça me titille), mais en fait non. Malgré un certain contenu sexuel, qu’il soit montré ou simplement suggéré (pas folichon mais suffisant pour faire interdire le film au mois de dix-huit ans par l’instance coréenne de classification), c’est vraiment pas le sujet du film, qui rentrerait davantage parmi ces films qui tout en suivant une histoire s’intéressent en fait à quelque chose d’autre. Ainsi le faible semblant d’intrigue (mais qui a tué UFO 21 ?) qui soutend le film est finalement très anecdotique en plus d’être cousu de fil blanc et Park Chul-Soo en bon « auteur/réalisateur indépendant » (ahah !) s’attachera davantage à brosser un portrait de ses deux héroïnes et de leur relation. Alors l’intérêt de Bong-Ja tient plus dans sa capacité à saisir quelques instants de vie – une grande idée du cinoche d’auteur ça, « saisir des instants », pas mauvaise soit dit en passant mais confinant souvent au plus superficiel. Des scènes ma foi parfois chouettes, comme celle où les filles cassent tout dans l’appartement – ça ressemble à rien, mais c’est rigolo. Dommage que d’autres soient gâchées par des actrices qui n’en sont pas vraiment, et par conséquent peinent dès qu’il s’agit de « jouer » (la scène finale est flagrante, pas mauvaise dans l’idée, mais qui aurait nécessité une vraie actrice sachant pleurer sans être ridicule). En un mot, adaptées et même parfois chouettes quand il s’agit d’être elles-mêmes, à coté de la plaque dans les autres cas : pas des actrices quoi.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://insecte-nuisible.com/images/bongja-1.jpg" alt="" /></p>
<p>Mais le gros – énorme – point faible du film, on le devine arriver dès le générique (devinez quoi ?) : la mise en scène ! Park Chul-Soo a beau avoir une vingtaine de films à son actif, il n’a visiblement pas encore réfléchi à sa mise en scène (ou, je-m’en-foutiste, a rapidement éludé la question), et celle ci ne fait visiblement l’objet d’aucune attention. Il se contente de poser sa caméra en de longs plans d’ensemble, intercalés de quelques champ/contre-champ plus serrés (le B-A-BA, quoi), sans astuces de montage ni particularités. Je hais ce genre de cinéastes qui semblent considérer que porter un peu d’attention à la mise en scène et au montage pour en faire quelque chose sophistiqué est forcément se livrer corps et âme à la branchouillitude commerciale et qui semblent penser que leur sujet et ce qu’ils en montrent suffisent à faire un film, n’accordant par la même occasion aucune attention à comment ils le montrent. Passons. Cette réalisation (et direction d’acteurs) de série télé n’est il est vrai pas aidée par un format 1.37 très mal utilisé (faut pas croire, j’adore ce format, même s’il est moins flatteur, mais faut savoir s’en servir, d’autant plus qu’il ne pardonne pas les fautes de goûts) et une photographie absolument pas travaillée (apparemment ça a été filmé en Beta numérique) qui donnent vraiment l’impression d’être devant un drama culinaire.</p>
<p>Par contre une autre chose que j’ai remarqué dès le générique, la musique, plutôt cool. Rien d’étonnant en fait, puisque j’ai par la suite découvert que la BO était interprétée par Lee Tzsche (traduction : à ma connaissance la seule chanteuse de pop coréenne qui vaille le coup), chose que j’en étais même pas au courrant ! [parenthèse « je raconte ma life » : j’ai pourtant pensé à Lee Tzsche en entendant cette musique, il n’y a pas trente-six voix comme ça en Corée, mais l’album n’apparaît pas dans la discographie de la chanteuse. Enfin, je le croyais, car l’album s’appelle en fait <strong>She wanted</strong>, film dont sur lequel j’ai rien trouvé et pour cause, étant alors convaincu qu’il s’agissait d’un film japonais (elle vivait au Japon à l’époque). Voilà qui apporte un peu d’eau à mon moulin. Soit dit en passant, pour fermer cette parenthèse, que sans être honteuse 2000 n’est pas sa meilleure période qui serait plus 93-97, même si son dernier album laisse présager du plutôt bon pour la suite]. Chose qui laisse à penser que, s’il laisse à désirer coté réalisation, Park Chul-Soo a au moins bon goût musicalement.</p>
<p>Autre élément de la scène d’ouverture (décidément, ma propension à bâtir mes chroniques uniquement à partir des scènes d’introduction des films me surprendra toujours) qui mérite attention, ce sont les quelques flashs violents et rougeâtres qui viennent troubler la tranquillité de la mise en place (Bong-Ja fait des sushis, la fille se balade et erre sur les routes), laissant présager d’un traumatisme se cachant derrière les apparences. Procédé classique, certes. Et malheureusement non exploité, car le réalisateur l’oublie durant la plus grande partie du film. C’est vraiment dommage, car cette entrée en matière semble donc très artificielle et incongrue, de même que les trois quatre inserts qui continuent à traîner ici et là – je ne suis personnellement pas partisan de la structure « éléments sombres du passé qui refont surface après un temps de bonheur ».<br />
Nous voilà donc face à un film très maladroit et sans grande personnalité. Rien qui retienne l’attention, pour dire les choses comme elles sont. Bong-Ja est alors un film ennuyeux – malgré un petit partage en couille très appréciable, les filles décidant pour une raison obscure de séquestrer un flic, par ailleurs amoureux de Bong-Ja – en plus d’être platement réalisé. Pas la joie tout ça&#8230;</p>
<div class="note"><a name="note"></a>[<a href="#text">1</a>] vu entre temps, et bien au dessus de <strong>Bong-Ja</strong> (pas difficile vous me direz), voir même recommandé à ceux qui s&#8217;intéressent à la production coréenne indépendante.</div>
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