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	<title>Insecte Nuisible &#187; Ailleurs et Pas-tout-de-Suite</title>
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	<description>Le cinéma qui grouille</description>
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		<title>Festival du cinéma asiatique de Deauville 2010</title>
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		<comments>http://insecte-nuisible.com/festival-du-cinema-asiatique-de-deauville-2010/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 17 Mar 2010 23:20:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Compte-rendu du 12e festival du film asiatique de Deauville (mars 2010).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite, ep.8</strong><br />
(<a href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-1/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>Le festival est terminé, nous sommes de retour à Paris et après quatre jours de glande dans les salles et sur la plage il est temps de se sortir les doigts du cul pour écrire un joli compte rendu. Comme pour l’année dernière ça sera un peu à l’arrache, ayant cessé de prendre de notes à partir du deuxième jour. Je m’excuse à l’avance pour le coté bâclé de l’affaire.<br />
Soulagement, cette édition 2010 est bien au dessus de la 2009 (<a title="Festival du film asiatique de Deauville 2009" href="http://insecte-nuisible.com/festival-du-cinema-asiatique-de-deauville-2009/">il est vrai très moyenne</a>). Pas que des chefs-d’oeuvre évidemment, loin de là même, mais assez de bonnes surprises et de petits films sympas pour qu’on ait pas l’impression de perdre son temps. Et si nous ne sommes définitivement pas <em>stalker-proof</em>, cette escapade deauvilloise a surtout été l’occasion de revoir des gens bien et de mettre un visage sur quelques pseudos – j’en profite pour saluer mes camarades de projection et de pizza. Seule déception majeure : les trois films japonais présentés étaient mauvais, ce qui fait toujours mal. Pour le reste le Morny était de retour (petite salle malheureusement =&gt; souvent complet), la fréquentation fort honorable et la météo agréable quoique fraîche. Pour le reste des banalités, la composition des jury est toujours aussi tarte, <a href="http://www.deauvilleasia.com/2010/pdf/PALMARES-FFA-2010.pdf">le palmarès</a> coussi-coussa et les <a title="LOL inside" href="http://www.deauvilleasia.com/2010/pdf/FFA12-Dossier-de-presse.pdf">communiqués de presse</a> LOL :</p>
<blockquote><p>« Le cinéma asiatique, à l’instar des grands vins, et quel que soit le millésime reste au sommet des cimes.<br />
Ces auteurs, aux points de vue affirmés, élèvent nos regards de discrets frissons, fleurissant le plérôme de nos imaginales pâmoisons.<br />
Ce plaisir d’un cinéma hors limite, dont la langueur n’est jamais monotone, nous laisse atone et joyeux d’une promesse à venir. »</p></blockquote>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/castaway-in-the-moon.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Castaway in the Moon</strong> (Lee Hey-Jun, 2009)</div>
<p><span class="titrerevue">Jour 1.</span></p>
<p>Ça commence mal : <strong>Purple Butterfly</strong> (de Lou Ye) est déprogrammé, probablement pour retard de copie. Quand on est sensé rendre hommage au réalisateur avec une rétrospective, ça la fout plutôt mal. C’est con car j’avais pas vu ce film et qu’il me tentait.</p>
<p><a name="tactical-unit"></a>On se rabat alors sur <strong>Tactical Unit: Comrades in Arms</strong> de Law Wing-Cheong (2009), N-ème (cinquième ?) déclinaison du <strong>PTU </strong>de Johnnie To (2003). Cette fois nos flics de choc se retrouvent à traquer des méchants en pleine forêt. Un cadre sous-exploité – les passages dans les tunnels pimentent un peu l’affaire, mais ça reste très paresseux (dans le genre, même <strong>Tunnel Rats</strong> d’<a href="http://insecte-nuisible.com/long-live-uwe-boll/">Uwe Boll</a> était plus intéressant !). D’une manière générale, c’est vraiment du sous-Johnnie To (ici simple producteur). La scène finale est un bonne exemple : elle semble s’inscrire dans la tradition du <em>gun-fight</em> « ballet » à la John Woo, où le réalisme est mis au placard pour se concentrer sur les mouvements de personnages, mais ça sonne ici tellement toc qu’on a plutôt l’impression d’avoir affaire à des braques incapables de viser.<br />
D’autant plus que le film est mis en scène avec les pieds, les scènes étant soit surdécoupées hors cadre, donc illisibles, soit pleines de ralentis et de musique, donc ridicules.<br />
Le film, pas forcément désagréable, est du coup sauver par son humour. Volontaire ou non, l’humour.</p>
<p><a name="castaway-in-the-moon"></a>Beaucoup plus intriguant est le film suivant, <strong>Castaway in the Moon</strong> de Lee Hey-Jun (2009). Ça commence avec une bonne idée – un homme tente de se suicider en se jetant d’un pont, mais s’échoue sur une île au milieu du fleuve Han et devient ainsi naufragé au beau milieu d’une grande ville – mais de manière assez pataude. J’ai pensé (sans l’avoir vu en fait), au film avec Tom Hanks. Il y a quand même quelques trucs chouettes, comme ces champs-contrechamps où le premier montre l’homme dans un environnement sauvage, le second la ville au loin.<br />
Si le film s’était contenté de cette situation j’aurais sans doute pas tenu le coup, d’autant plus que la photo est dégueulasse. Enfin non, comme celle de tous les films coréens elle est techniquement très clean, mais fait ici preuve d’un sérieux mauvais goût : c’est tout jaune poussin (on se croirait dans un film de Jean-Pierre Jeunet) et le réal ne résiste jamais à filmer à contre jour pour faire des petits halos sur l’image. Lourd.<br />
Heureusement alors que le film rajoute un personnage, une sorte d’<em>hikikomori</em> qui, à part inventer sa vie sur son blog ne fait que photographier la lune. Et, deux fois par an lors des exercices d’alerte qui laissent les rues vides, photographier la ville désertée. C’est ainsi qu’elle tombe sur l’homme sur son île. Elle le prend pour un extraterrestre et décide de rentrer en contact avec lui.<br />
Le film vire alors à la comédie romantique, et vous savez que j’aime ça. D’ailleurs, si tout le film avait été du niveau de sa partie centrale, il aurait peut-être été mon préféré de la compétition. Cette comédie romantique n’a pourtant pas d’implication particulière (si ce n’est l’éternelle rencontre de marginaux) mais son dispositif, comme souvent avec les comédies romantiques coréennes, est plutôt malin et bizarre, avec tout un tas d’idées sympas. Bref, bon moment, même quand le final tombe dans les clichés habituels du genre.</p>
<p><a name="lola"></a>Dilemme pour la séance suivante : revoir le très joli <strong>Suzhou River</strong> de Lou Ye (2000), parce qu’en salle ça doit le faire (même au Morny), ou bien se faire <strong>Lola</strong>, le nouveau Brilliante Mendoza. Ce sera finalement le second, par pure dévotion pour ce blog et son inextinguible soif de nouveauté et d’exclu.<br />
De Mendoza je n’avais vu que <strong>Serbis</strong>, très chiant (à part deux trois plans) mais avec des scènes de cul non simulées avec des transsexuels. Ici, point de transsexuels. Par contre c’est chiant. Tiens, vous vous souvenez de <a href="http://insecte-nuisible.com/festival-du-cinema-asiatique-de-deauville-2009#jay"><strong>Jay</strong>, le truc philippin imbitable de l’année dernière</a> ? Bah c’est un peu pareil, avec une meilleure caméra. J’ai souvenir de deux bons plans : le premier rappelle les bons moments de <strong>Serbis</strong>, puisqu’on y suit un personnage de dos dans les couloir, et à la fin il y a un bon petit jeu avec le son et un mouvement de caméra rigolo ; le deuxième est peut-être totalement involontaire, car ce qui m’a accroché l’oeil n’est que l’apparition furtive d’une personne dans l’ouverture d’une porte, au troisième plan. Pour le reste, Dieu que ce dispositif de mise en scène pseudo-docu est mou, chiant et sans grand intérêt !<br />
Mais plus que tout, c’est le misérabilisme de la chose qui est dégoûtante – chez Mendoza « misérabiliste » est plus qu’un adjectif, c’est le genre du film ! Bref, ça filme les quartiers pauvres de Manille, ça charge la barque sur les malheurs qui accablent les personnages, ça insiste avec une belle lourdeur sur les dispositifs insistant les gens à s’endetter et sur la fracture sociale,&#8230; n’en jetez plus !</p>
<p><a name="symbol"></a>On achève la journée avec <strong>Symbol </strong>de Matsumoto Hitoshi (2009), première vraie déception puisqu’il s’annonçait à priori comme le « film japonais bizarre » du festival. Jugez par vous même, c’est l’histoire d’un type qui se réveille dans une chambre toute blanche avec des petits pénis d’angelots sortant des murs. En appuyant sur les pénis, il y a quelque chose qui se passe dans la pièce ! En parallèle à cela, il y a une histoire au Mexique avec des catcheurs masqués et une nonne badasse en pick-up Chevrolet.<br />
Malheureusement le film ne ressemble à rien, ne mène à rien – sauf à un final prétentieux qui se prend pour le <strong>2001 </strong>du film avec des bites de chérubins –, pratique le comique de répétition avec un matériau qui remplirait honorablement un sketch de dix minutes mais sûrement pas un film d’une heure trente, est réalisé sans grande folie (sauf quelques passages BD à la <a href="http://insecte-nuisible.com/tag/ishii-katsuhito/">Ishii Katsuhito</a>),&#8230; résultat des courses : on attend à chaque fois le retour à la séquence mexicaine, pas forcément mieux foutue mais pas désagréable (parce que le catch et les bonnes soeurs c’est cool).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/paju.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Paju </strong>(Park Chan-Ok, 2009)</div>
<p><span class="titrerevue">Jour 2.</span></p>
<p><a name="true-noon"></a>Un peu de masochisme n’ayant jamais fait de mal, je me rend à neuf heures à la projo d’un film Tadjik : <strong>True Noon</strong>, de Nosir Saidov (2010). C’est dans un paisible village au fin fond du bout du monde là haut dans la montagne, un mariage doit se dérouler le lendemain mais tout d’un coup des soldats débarquent avec des barbelés et des mines antipersonnelles pour tracer une frontière séparant les village en deux, et bien entendu les deux futurs mariés. Un pitch que dans un film coréen on aurait trouvé ça <span style="text-decoration: line-through;">un joli symbole</span> un peu lourd quand même, et que même en l’état on trouve pas hyper finaud.<br />
Sinon, pas grand chose à en dire (l’amnésie me guète), si ce n’est que la mise en scène est très naïve, comme souvent dans ces films venant de pays où le cinéma n’est peu ou pas développé, mais au moins ne tombe pas ni dans l’auteurisme ni dans l’ushuaiaisme.</p>
<p><a name="paju"></a>Je retrouve les faignasses ne se levant que pour la projo de onze heures et on va voir <strong>Paju</strong>, de Park Chan-Ok (2009). Une histoire de famille, principalement entre deux soeurs et le mari de l’aînée, sur fond de gentils habitants expulsés de leurs immeubles par des promoteurs mafieux protégés par un pouvoir public démissionnaire. Le coté gauchiste de l’affaire est poussif, comme souvent, mais donne au moins lieu à un plan séquence avec ralenti et cocktail molotov sous la pluie, plutôt joli. Ce qui n’est pas le cas de tous les ralentis du film d’ailleurs (quoiqu’il n’y en ait pas tant que cela). Quand aux embrouilles de famille, c’est nettement plus intéressant.<br />
Particularité du film : sa structure totalement de traviole – flashback de 7 ans, flashforward de 8 ans, re-flashback de 3 ans,&#8230; parfois explicites parfois pas – qui semble-t-il n’existe que pour préserver, inutilement, un mini-twist final qui ne mérite pas de faire tant de bruit. C’est con, le film se tient et a ses petits moments, mais y avait moyen de faire mieux.</p>
<p><a name="missing-gun"></a>Prochain sur la liste, <strong>The Missing Gun</strong> (2001), présenté dans le cadre de l’hommage à Lu Chuan. Le pitch rappelle <strong>PTU </strong>(réalisé deux ans après !) puisqu’il s’agit d’un flic ayant perdu son arme de service.<br />
J’avoue avoir dormi pendant cette séance (en fait j’ai dormi à toutes les séances de 14h~15h, à l’heure de la sieste digestive), sans que le film en soit vraiment responsable d’ailleurs car quand je me réveillais j’y trouvais de bonnes choses. C’est un peu <em>cheap </em>quand même, mais ça ne nous dérange pas puisque c’est pas mal mis en scène et non dépourvu d’ironie.</p>
<p><a name="all-to-the-sea"></a><strong>All to the Sea</strong> de Yamada Akane (2010) est un film qui aurait pu être sympa. Après tout c’est une petite romance japonaise, ce qu’on apprécie dans le coin. Pas désagréable un premier temps, il se traîne laborieusement sur la fin, jusqu’à ne plus me laisser grand souvenir. Dur dur, je vais devoir broder. En gros : c’est télévisuel.<br />
Mon coté fanboy apprécie quand même des seconds rôles féminins très Sono-sion-esques : Ando Sakura (qui aime la bite), Yoshitaka Yuriko (qui n&#8217;apparait que 30 secondes mais est toute kawaii quand même), Ando Tamae (dix secondes à moitié hors cadre, de qui se fout-on ?) et Watanabe Makiko (en schizophrène soumise et kléptomane). Hop, c’est tout.</p>
<p>La séance suivante nous donne l’occasion d’admettre qu’on n’est même pas arrivé à la moitié du compte-rendu et qu’on est déjà à court de formule de transition, mais surtout de pester un peu (car sinon c’est pas drôle) contre certaines détestables habitudes des festivals.<br />
Bref, on se rend à la séance de <strong>City of Life and Death</strong> dans la grande salle du CID, où devait accessoirement être remis à je ne sais quel officiel un prix à remettre au réalisateur, et on est cordialement accueillis par une demoiselle qui nous invite à nous placer sur le coté, ce sont des bonnes places nous assure-t-elle, avant d’ajouter que comme ça fera une belle salle pour les caméras, ce dont on a rien à battre, ce qu’on lui dit en ajoutant qu’on est là pour les films et pas pour faire plaisir au service communication de l’ambassade de Chine et que donc on se placera au centre, c’est vrai quoi à la fin (et j’arrête mes phrases quand je veux). Têtue, la nana nous conseille alors de nous placer dans la partie haute, parce que parait-il les professionnels les considèrent comme les meilleures, mais lâchez-nous la grappe mademoiselle on est des pros et on va se poser au quatrième rang !<br />
Et laissez-moi vous dire qu’on ne regrette absolument pas, la salle étant bien faite et avec du recul c’était sans doute les meilleures places pour un film aussi physique. Enfin non, pas tout à fait, les meilleures devaient être quelques rangées au dessus : celles qui étaient réservés à tout le gratin. Deuxième objet de scrogneugneuh donc : ces officiels et autres partenaires commerciaux à qui on garde les meilleures places, quand bien même ils ne sont là que pour serrer quelques mains au nom de la diplomatie franco-chinoise, n’en ont pour un certain nombre rien à battre du film (la preuve : ils téléphonent) et n’entendent rien au cinoche, mais on s’en fout (enfin, c’est pas pire que Kinotayo qui réserve parfois des films en projections uniques pour ce genre de petits spectacles, là au moins il y a de la place et les gens concernés peuvent rentrer). En plus on doit se taper un discours chiant du directeur du festival sur la grandeur de l’« empire du milieu » (sic) et le <em>bullshit </em>de je-ne-sais-quel diplomate chinois. Qu’ils crèvent tous dans d’atroces souffrances.</p>
<p><a name="city-of-life-and-death"></a>Le film quand à lui – <strong>City of Life and Death</strong> de Lu Chuan (2009) – vaut vraiment le détour, il enterre tout ce qui était projeté d’autre durant ces quatre ou cinq jours. C’est même dommage d’en parler comme ça à l’arrache, avec dix films vus entre temps, sans pouvoir faire quelque chose de joli et construit.<br />
Enfin bref, le film relate le fameux massacre de Nankin, durant lequel l’armée japonaise à tué, violé et tout ce que vous voulez quelques centaines de milliers de chinois. Je n’accorde en général peu d’intérêt à ce genre de films (non, je n’irai pas voir <strong>La Rafle</strong>), que certains trouveront « nécessaires » mais qui n’ont rien à voir avec le cinoche. Mais heureusement pour lui, il y en a du cinoche dans <strong>City of Life and Death</strong> ! Bon, il n’en détrône pour autant pas le splendimissime <strong>Requiem pour un massacre </strong>de Elem Klimov (sur des faits similaires d’ailleurs) au sommet de mon panthéon des films avec des femmes et des enfants brûlés vifs dans les églises, mais même pour un type qui comme moi n’aime pas les films de guerre, ébé ça a de la gueule.<br />
D&#8217;ailleurs pour un type qui aime pas les films de guerre, j’aime beaucoup la première partie, pourtant entièrement guerrière. Notamment une scène d’embuscade particulièrement terrifiante. Bref, ça colle au siège. D’autant que, en plus de faire exploser de l’obus, Lu Chuan fait des beaux plans. C’est limite esthétisant ; iconicisant plutôt, puisqu’il cherche l’image forte. Ajouté à un son puissant et bien travaillé, ces scènes sont particulièrement physiques. Quand à la photo, en noir et blanc, elle est vraiment très chouette, un peu vieillie crado, pas au point d’en faire une parodie de film d’époque mais évitant une image lisse qui n’aurait pas été appropriée.<br />
Ensuite le film se calme un peu (forcément il n’y a plus de soldats chinois vivants). Enfin, façon de parler car le massacre à proprement dit commence : exécution des prisonniers, rafles, viols collectifs,&#8230; tout y passe, âmes sensibles s’abstenir.<br />
De la part d’un film chinois on aurait pu craindre la surcharge patriotique. Deux-trois « gloire à la Chine éternelle » superflus, mais on y échappe la plupart du temps. La bonne idée de Lu Chuan, c’est de mener son film des deux cotés, chez les chinois mais également chez les japonais : sans pour autant enlever à la monstruosité de leurs actes, ce dispositif permet de conserver assez de leur humanité pour faire un film crédible. Du coup, ça sonne juste, même dans les séquences chargées en émotion (et il y en a).<br />
Bon aller j’arrête ici les frais parce que j’écris de la merde. Voyez-le.</p>
<p>Fin de soirée en se heurtant à la petitesse de la salle du Morny, complète bien avant qu’on se présente à la projo de <strong>The Sword with no Name</strong>. Mais c’est pas grave, c’est un film de sabre coréen.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/city-of-life-and-death.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>City of Life and Death</strong> (Lu Chuan, 2009)</div>
<p><span class="titrerevue">Jour 3.</span></p>
<p><a name="judge"></a>On se pensait masochiste en se faisant le Tadjik le jour d’avant, mais on découvre la vraie souffrance devant <strong>Judge </strong>(Liu Jie, 2009), également programmé à 9h. Un truc sur la peine de mort, qui montre qu’en Chine quand même on applique la loi avec rigueur pour le plus grand bien du peuple et qu’on est pas des barbares (la preuve, les voleurs de voitures ne sont plus condamnés à la peine de mort), avec moultes plans fixes où les gens font la gueule. Au secours !<br />
Pour info, le film a reçu le prix du meilleur film, ce qu’on explique par l’amour des jurys pour les caricatures de films d’auteur et/ou par la volonté systématique de récompenser un film du pays mis à l’honneur.</p>
<p><a name="clash"></a>C’est alors avec un enthousiasme non dissimulé qu’on accueil <strong>Clash</strong> de Le Thanh Son (2009), film de tatane viet plutôt cool, avec une joli nana qui cogne bien et des boxeurs français Le Banner staïle.<br />
Bon, OK, c’est un peu pourri quand même. Je veux dire, le scénar, les inévitables flash-back pourris en sépia, les acteurs qui cabotinent,&#8230; ce genre de choses qui font un film respectable. Mais le coté poseur, tronche de <em>badguy </em>vénère et clopage badasse, s’il aurait pu être un défaut dans un film moins nawak donne ici au film une petite et pas déplaisante tonalité <em>yakayo</em>. Et surtout – n’est-ce pas le plus important ? – les scènes de combats sont souvent cool. Et lisibles avec ça, le film n’étant pas surdécoupé dans tous les sens.</p>
<p><a name="king-of-jailbreakers"></a>Troisième et ultime déception nippone : <strong>The King of Jailbreakers</strong> (Itao Itsuji, 2009).<br />
C’est l’histoire d’un type qui passe son temps à s’évader de prison, pour se faire reprendre juste après. La question étant : mais pourquoi ? Pitch rigolo. Mais le film souffre de ce qu’on pourrait appeler le « Symbol syndrome » : bonne idée, mais film répétitif au possible – la première partie n’est effectivement qu’une succession d’évasions – et surtout ne menant absolument nulle part – ici la fin n’est pas psychée prétentieuse comme celle de <strong>Symbol</strong>, mais au contraire du genre qu’on se demande « tout ça pour ça ? », tellement c’est en mousse.<br />
Séance post-déjeuner oblige, j’ai dormi. Ce qui m’a joué un mauvais tour, puisqu’au beau milieu, pile poil quand je me réveille, le film reprend sa scènes d’ouverture, ainsi que son panneau de titre. Moment de flippe sous la forme « mince, auraient-ils rembobiné le film rien que pour moi, que j’en loupe pas la moitié ??? ». La seconde partie est moins poussive que la première il me semble, moins répétitive et plus linéaire en tout cas. Et avec quelques <em>freaks </em>et un nain, malheureusement sous-exploités.</p>
<p><a name="au-revoir-taipei"></a>Mais preuve que le Ying accompagne toujours le Yang (ça va, j’ai rempli mon quota d’exotisme) et qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre, le film suivant se révèle une vraie bonne surprise. <strong>Au revoir Taipei</strong> (Arvin Chen, 2010) est une comédie, un peu romantique et un brin déjantée, juste légèrement. L’histoire d’un type qui, la veille de partir à Paris pour retrouver la meuf qui vient de le larguer, se retrouve embringué dans un mic-mac mafieux avec son meilleur ami et une fille secrètement amoureuse de lui.<br />
Mise à part la photo, très zoulie mais qui en fait des tonnes (pour notre plus grand plaisir en fait), le film est d’une modestie vraiment rafraîchissante. Je devrais alors ajouter « un peu » ou « un brin » devant chaque adjectif que je lui accolerai, si seulement je n’avais pas peur de la répétition : <strong>Au revoir Taipei</strong> est de ces films qui picorent, effleurant un genre puis un autre, changeant légèrement de ton ici et là, sans vraiment s’en formaliser ni en faire tout un plat. Et paradoxalement ça n’en est même pas superficiel, mais c’est gourmand et mignon comme tout.<br />
Un peu mutin aussi parfois, puisqu’il aborde ses situations avec une légère dérision, en particulier quand il manipule les clichés, sans pour autant donner dans la parodie. La dernière scène (classique scène de comédie romantique) est très représentative de ce genre de léger détournement qui n’en est pas. C’est joli et taquin, quoi.<br />
(et une telle finesse dans un premier long métrage laisse augurer de bonnes choses pour la suite)</p>
<p><a name="chengdu-i-love-you"></a>Pour le film suivant, y a un truc que j’ai pas compris : on m’avait dit que <strong>Chengdu I love you</strong> était un omnibus en trois parties, mais on n’en a vu que deux (celle de Hur Jin-Oh étant passé à la trappe, pas que je m’en plaigne mais ça fait toujours bizarre). Mais passons.<br />
Le premier film (réalisé par Ciu Jian) est une sorte de romance kung-fu SF qui ne ressemble à rien. Au mauvais sens du terme. C’est méga kitch (en particulier les gadgets futuristes pourris et les incrustations de tigres par dessus les types qui font des katas !), pas rythmé, et en plus y a tout un patacaisse inutile reliant le film au séisme du Sichuan en 2008 (il y a un tremblement de terre dans le deuxième segment : est-ce un thème imposé ?), genre t’as vu mon film comme il est concerné. En deux mots, c’est risible de bout en bout. Et il a de la chance que je m’en souvienne pas.<br />
Le deuxième ne pouvait pas être pire, il est donc un peu mieux (Captain Obvious in da place). C’est réalisé par Fruit Chan, ça se passe cette fois dans le passé (si j’ai bien compris le troisième et manquant segment se passe à notre époque), avec un fou qui apprend à un gars et une fille à servir le thé manière kung-fu. Ça ne mène pas à grand chose pour autant que je m’en souvienne, c’est même un peu long dans la deuxième partie, mais la première moitié contient quelques effets de montage plutôt pas mal, et ludiques. Ça a suffit à mon bonheur après la désolation du film de Ciu.</p>
<p><a name="bad-blood"></a>Dernière projo de la journée avec <strong>Bad Blood</strong> (Denis Law, 2009), le nanar du festival, forcément agréable. D’autant plus LOL qu’il nous fut projeté en mandarin, ce qui pour un film d’action HK est une sorte d’aberration mais rendait l’ensemble encore plus surréaliste.<br />
Le début est prout prout, tellement prout prout que le scénariste nous rajoute deux bastons sans aucune justification (la première : Machin entre dans un appart’ et se fait attaquer par celle qui y habite, mais en fait ils sont copains c’est juste pour le <em>lulz </em>qu’ils se sautent dessus avec des couteaux ; la deuxième : les mêmes décident d’aller chambrer des racailles histoire de s’entraîner un peu) afin de soutenir un peu le rythme. Ensuite ça se bastonne un peu plus – les scènes auraient même été pas dégueues si la moitié des acteurs n’avaient pas rien d’artistes martiaux (mention spécial à Simon Yam et son manteau jaune qui se bat contre une méchante très <strong>Resident Evil</strong>).<br />
Rajoutez des flashback vraiment moisis (en comparaison ceux de <strong>Clash</strong> retrouvent toute leur dignité), et en général des scènes atrocement écrites, vous avez là un petit film un peu nul mais rigolo dans son genre, avec des pizza et des bières.<br />
(fait remarquable dans ce film : Lam Suet ne mange pas)</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/au-revoir-tapei.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Au revoir Taipei</strong> (Arvin Chen, 2010)</div>
<p><span class="titrerevue">Jour 4.</span></p>
<p><a name="my-daughter"></a>On pensait avoir connu le pire avec <strong>Judge</strong>, mais <strong>My Daughter</strong> (Charlotte Lim Lay Kuen, 2009) dépasse tout ce qu’on pouvait imaginer. A neuf heures du mat ça cueille à froid : j’en connais pas mal qui en ont profité pour finir leur nuit mais de mon coté j’ai pas réussi à m’endormir tellement j’étais pétrifié par ce que je voyais.<br />
Ça raconte que dalle ; c’est atrocement filmé ; y a des inserts noirs avec du son qu’on se demande ce que c’est et en fait c’est l’annonce de l’accident que va avoir la mère et que quand on en arrive là on se tire une balle tellement l’artifice est foireux ; les gens ne parlent pas mais par contre ils vomissent ; de toute façon, comme dans tout bon film d’auteur pudique et sobre avec des dépressifs, les personnages agissent en dépit du bon sens, car voyez vous c’est le reflet de leur psyché perturbée ; &#8230;<br />
Ce film a reçu un prix, c’est juste pas croyable.</p>
<p><a name="eternal"></a>La flemme, l’embourgeoisement qui nous guète et nous pousse à aimer la grande salle du CID, l’appréhension d’encore une fois se retrouver à la porte du Morny pour cause de salle comble et le fait qu’après tout si on a envie de voir <strong>Bodyguards and Assasins</strong> on ira le chopper en divx, tout ça nous amène à aller voir <strong>The Eternal</strong> (Rituparno Ghosh, 2010). Ah bah ça c’est certain, un film indien sur les états d’âme d’un réalisateur de cinéma avec histoire mise en abyme, même en divx on en veut pas. Quoique je pousse un peu, ça aurait pu être cool, même si on sait que ce genre d’exercice est délicat.<br />
Ça commence avec une discussion où on apprend, perplexes, que la latitude est plus grande en pellicule qu’en vidéo. Puis suit une sorte de chronique familiale sur un cinéaste qui visiblement fait des films doteurdarédécai, puisque ses films sont peu vus mais sont influents, parce que ceux qui les voient sont des cinéastes. Il a aussi une histoire de fesse avec l’actrice qu’il a lancé, mais c’est tout en finesse vous pensez bien, genre quand elle téléphone il quitte la table pour prendre le coup de fil dans les toilettes.<br />
Sinon c’est pas trop moche, mais ça se regarde un peu trop pisser. C’est un film qui parle de cinéma quoi, c’est de l’art.</p>
<p><a name="sawasdee-bangkok"></a>Ultime projection, celle de l’omnibus thaïlandais <strong>Sawasdee Bangkok</strong> (2009).<br />
Le premier segment est signé Wisit Sasanatieng (un réal avec qui j’ai un peu de mal, sauf peut-être avec son <em>eastern </em><strong>Les Larmes du tigre noir</strong>), qui fait une nouvelle fois dans l’étrangeté : une SDF aveugle ayant échappé de justesse à un viol rencontre un ange qui lui explique que, contrairement à tout ce qu’elle peut entendre, Bangkok est une ville merveilleuse et luxuriante ; et il décide de lui faire visiter Bangkok. Rigolo, mais sans plus, avec un final un peu lourdaud.<br />
Le deuxième est signé Aditya Assarat, réal de <a href="http://insecte-nuisible.com/fim-juin-2008/#town"><strong>Wonderful Town</strong></a>. J’ai un peu dormi pendant celui là (projo de digestion, rappelez-vous) mais ce que j’en ai vu était assez mignon. Les amourettes, j’aime. Un peu statique quand même, paresseux plutôt. Enfin c’est ce qu’il me semble car je m’en souviens qu’à moitié.<br />
Le troisième, d’un réal dont j’ai jamais entendu parler (Kongdej Jaturanrasamee), est pas trop mal non plus, sans casser des barres : un jeune homme débarque à Bangkok, flashe sur une fille dans un quartier chaud, couche avec elle pour de l’argent, puis lui propose d’aller se balader avec lui. On ne sait pas trop où ça mène, et malheureusement ça mène vers un twist sans grand intérêt sensé justifier tout ça.<br />
Dernier segment, et largement le meilleur, celui de Pen-Ek Ratanaruang. Tout d’abord parce que le film change de ton, de rythme et de forme comme de chemise (enfin, pas tant que ça, mais il y a bien trois ou quatre « parties » en vingt cinq minutes). Ensuite parce qu’il y a des plans cools, genre un plan séquence en vue subjective d’une nana bourrée. Puis parce que les filles sont chouettes. Enfin parce que le final, s’il est un peu moraliste, est beau quand même.<br />
Mais le meilleur reste à venir : après le générique toute l’équipe du film se tape un délire genre lip-dub d’ivrognes, avec un escabeau et une bagnole sur une remorque.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/niigaki-risa.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">(parce que ce compte rendu manque cruellement de choupiness et de joues)</div>
<p><span class="titrerevue">Ze Palmarès</span></p>
<p>Afin de rendre l’Insecte Nuisible encore plus <span style="text-decoration: line-through;">pédophile</span> glamour, cette année Ze Palmarès sera présenté par Niigaki Risa, élue miss « plus belles joues du Hello!Project » à l’unanimité de moi-même.</p>
<ul>
<li>Grand Prix « Ah ouais quand même ça calme » : <strong>City of Life and Death</strong> ;</li>
<li>Joli Prix du film qu’il est mimi comme tout : <strong>Au revoir Taipei</strong> ;</li>
<li>Prix spécial « trois jolies filles pour le prix d’une » : Seo Woo (<a title="choupiness inside" href="http://insecte-nuisible.com/images/seo-woo.jpg">♥♥♥</a>), Sim I-Yeong et Kim Ye-Ri dans <strong>Paju</strong>, que rien que pour elles le film il vaut le coup ;</li>
<li>Prix « fumer tue donc je bouffe des champis » de la scène filmée sous psychotropes : la séquence post-générique de <strong>Sawasdee Bangkok</strong> (avec notamment Pen-Ek Ratanaruang qui donne un coup de cul en chantant yamayi yamayo) ;</li>
<li>Prix « oh mais le con ! » du type qu’en fait il est gay sinon c’est pas possible : l’autre idiot dans <strong>All too the Sea</strong> qui a <a title="bombasse inside" href="http://insecte-nuisible.com/images/sato-eriko.jpg">Sato Eriko</a> à poil juste devant lui qui lui dit « tu peux coucher avec moi si tu veux » mais qui profite même pas de l’occasion ;</li>
<li>« Caméra pute » du film tiers-mondiste : Brilliante Mendoza pour <strong>Lola </strong>;</li>
<li>Prix « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué » de la scène surréaliste : la méchante de <strong>Bad Blood</strong> pour son incroyable <em>backstab </em>grand écart entre deux murs à deux mètres du sol ;</li>
<li>Prix « marché au poisson » de l’inutilité filmique : Charlotte Lim Lay Kuen pour <strong>My Daugther</strong> ;</li>
<li>Prix « Asian Boobs » : la prostituée de <strong>Clash </strong>qui sort de sa léthargie en plein <em>gun-fight</em> et s’enfuit au ralenti avec un gros plan sur ses nénés bondissants, et au bonhomme distrait par le spectacle qui se prend une balle dans la tête pour la peine.</li>
</ul>
<p>Ayé, c&#8217;est fini.<br />
Pendant que vous y êtes, si vous êtes motivés vous pouvez aller lire les comptes-rendus de mes camarades de festival (mais je vous préviens : on a vu les mêmes films, où presque, et on en pense des choses assez similaires)(non, nous ne sommes pas formatés). Les autres traînent (j&#8217;éditerai pour mettre les liens), mais <a title="Deauville 2010 [dooliblog]" href="http://dooliblog.com/2010/03/15/compte-rendu-deauville-2010-jour-1/">Pierre a commencé le sien</a>.</p>
<p>(<em>edit : abah enfin les voilà : <a href="http://www.cinemasie.com/fr/fiche/dossier/388/">triple compte-rendu sur Cinémasie</a>, <a href="http://butterflyprod.over-blog.com/article-compte-rendu-du-festival-du-film-asiatique-de-deauville-jour-1-46962559.html">celui d&#8217;Alban</a> et <a href="http://blog.hkmania.com/?p=5445">Slimdods qui nous parle de Clash</a></em>)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss></wfw:commentRss>
		<slash:comments>9</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Cannes 2009, ep.3</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-3/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-3/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2009 22:05:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Ailleurs et Pas-tout-de-Suite]]></category>
		<category><![CDATA[Chris Chong Chan Fui]]></category>
		<category><![CDATA[festivals et rétrospectives]]></category>
		<category><![CDATA[Hong Sang-Soo]]></category>
		<category><![CDATA[Luc Moullet]]></category>

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		<description><![CDATA[Compte-rendu du festival de Cannes 2009, épisode 3.
(Karaoke, Like you know it all, La Terre de la folie)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Résumé de <a href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-2/">l’épisode précédent</a> :<br />
<strong>Independencia </strong>a beau ne pas être funky, y a vraiment des choses dedans.<br />
<strong>Navidad </strong>n’a rien de spécial, mais y a une jolie fille.<br />
<strong>A deriva</strong> c’est pas mal, mais on s’en souvient déjà plus.<br />
<strong>J’ai tué ma mère</strong> est réalisé par un ado sans talent.<br />
<strong>Yuki &amp; Nina</strong> c’est du mauvais théâtre.</p>
<p><a name="karaoke"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/karaoke-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Karaoke </strong>(Chris Chong Chan Fui, 2009)</div>
<p>Cette dernière série commence <em>hardcore </em>avec ce <strong>Karaoke</strong>, vu uniquement parce que j’aime les scènes de karaoké. Oui, c’est comme ça – le karaoké, la musique, les jolies filles, c’est peut-être un peu racoleur comme principe et un peu faible de ma part, mais j’assume mes travers. Cela dit, j’ai été bien puni avec ce film car c’est tout pourri, même les scènes de karaoké.<br />
Quoique&#8230; si on est vraiment déviant ces scènes peuvent avoir un coté LOL, un peu comme <strong>Predator </strong>à la sauce Bollywood : on a droit à de la chanson malaise toute moisie qui parle soit d’amour soit de Dieu, sur fond de vidéos <em>cheapos </em>qu’à coté les VCD de karaoké chinois c’est le nec plus ultra de la recherche esthétique et du bon goût. C’est d’ailleurs dans une de ces vidéos mielleuses et kitch que joue le personnage principal, qui vient de retourner dans son village natal pour aider sa mère qui tient&#8230; un karaoké. Tu la sens ma métaphore filée ? (métaphore de rien d’ailleurs, je sais pas trop pourquoi je dis ça). Au début ça se passe donc dans le bar-karaoké de la mère, y a des gens qui parlent, qui jouent aux cartes, accessoirement qui chantent&#8230; c’est sombre, on y voit pas grand chose, il se passe que dalle et ça commence à être chiant. Puis le mec commence à chauffer la nana, cool, mais pas tant que ça, ça reste un film d’auteur malais, hein.<br />
A ce sujet, puisqu’on parle de malais, y a des plans que n’aurait pas renier <a title="I don't want to sleep alone" href="http://insecte-nuisible.com/i-dont-want-to-sleep-alone-tsai-ming-liang-2006/">Tsai Ming-Liang à son pire</a>, genre un type qui arrange son matelas, puis se relève et continue à faire son bazar pendant trois minutes avec le haut du corps hors cadre. Mais on ne soupçonne pas jusqu’où peut aller Chris Chong, puisque sous prétexte de faire se perdre son personnage il se permet un quart d’heure de prises de vue documentaires sur une plantation (ze question : plantation de quoi ?) avec les ouvriers qui bossent, les bulldozers et tout le toutime. Là on commence à faire outch et on se dit qu’après ce truc Hong Sang-Soo <a title="Domino" href="http://insecte-nuisible.com/domino-tony-scott-2005/">ça va nous sembler du Tony Scott</a>.</p>
<p><a name="hhs"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/like-you-know-it-all-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Like you know it all</strong> (Hong Sang-Soo, 2009)</div>
<p><strong>Like you know it all</strong> me permet de continuer <a href="http://insecte-nuisible.com/quatre-films-de-hong-sang-soo/">mon petit dossier Hong Sang-Soo</a>, en en ayant quand même loupé deux entre celui-là et les derniers que j’ai vu. J’irai les voir quand l’occasion se présentera, je doute que je fasse l’effort de me les procurer. Vous n’êtes pas sans avoir que je n’aime pas Hong Sang-Soo, et c’est pas ce dernier film qui va me faire changer d’avis. Quoiqu’on y distingue tout de même que le père Hong, à défaut d’avoir du talent, a de l’humour et sait prendre du recul sur les choses. C’est toujours ça de pris.<br />
Si on a pu dire que Hong Sang-Soo faisait toujours le même film, c’est pas forcément vrai ici. Quoique, on est pas forcément loin de <strong>Conte de cinéma</strong>. Par contre il fait toujours ses films de la même manière : ici on applique le principe de <strong>La Vierge mise à nue par ses prétendants</strong> à la nuance près que l’articulation entre les deux parties en miroir s’effectue comme dans <strong>Turning Gate</strong> (cad à la va-comme-j’te-pousse, parce que hop tout d’un coup ras le cul de cette partie je passe à la suivante).<br />
Hong y met en scène un réalisateur invité à être jury d’un festival (Jeonju ?) de cinéma – de toute évidence il se met en scène lui même, du moins partiellement. L’occasion de mettre quelques piques au milieu et aux apparentes bonnes intentions, soit naïves soit calculatrices, de ceux qui y gravitent. Ce qui est troublant, c’est combien tout ce que peuvent y dire les personnages, ridicule et qu’on prendrait volontiers au second degré, est typiquement ce qui pourrait sortir de la bouche d’une personne comme Hong. Ça a le mérite d’être (parfois) drôle. Puis comme je le disais, après s’être bourré la gueule et avoir retrouvé un ancien ami et sa femme, le type se tire avant la fin du festival. On le retrouve à animer une conférence dans une école de cinéma à Jeju, où il se bourre la gueule et retrouve un ancien professeur et sa femme. Donc oué, une partie fait écho à l’autre, pas toujours avec beaucoup de subtilité d’ailleurs. Pas que les indices soient réellement disséminés avec la légèreté d’un rhinocéros, mais cela peut donner cette impression ; j’avais déjà fait des remarques dans ce sens au sujet du cinéma de Hong, il est trop peu dense pour que les éléments qu’il y met ne sautent pas immédiatement au visage avec toute leur signifiance.<br />
Mais comme je le disais, dans ce film Hong fait preuve de recul : c’est limite s’il ne nous mâche pas le travail, à nous ses détracteurs ! Notamment dans une scène où les étudiants lui posent des questions et où une en particulier l’interpelle de manière assez véhémente pour conclure la discussion sur la sentence : « Vous n’êtes pas un réalisateur, vous êtes un philosophe. » Et ça, c’est tout Hong Sang-Soo !<br />
Philosophe tout d’abord. Il aime bien causer, ses films sont super bavards (ce qui peut donner, dans un style il est vrai différent, <a title="Tachiguishi Retsuden" href="http://insecte-nuisible.com/tachiguishi-retsuden-oshii-mamoru-2006/">des choses absolument sublimes</a>) avec de temps à autre des réflexions qui se veulent (ou pas) profondes. Mais comme vous n’êtes pas sans le savoir dans les films de Hong Sang-Soo on picole pas mal, et le problème est bien là, Hong est un philosophe ivrogne qui fait de la philosophie de fond de tonneau. C’est rigolo quand comme dans ce film elle se moque d’elle-même, mais sinon ça va pas très loin. Pas un réalisateur ensuite. Car ces films sont mis en scène avec les pieds ! Ou plutôt avec une négligence même pas coupable – il place cet aveu dans la bouche de son personnage de cinéaste : ce qui l’intéresse c’est de débarquer sans trop savoir ce qu’il va faire, sans à priori, et de voir ce qui en sort (et si vous voulez mon avis il ne s’en dégage pas grand chose).<br />
Quoique dans celui là il semble vouloir davantage « découper » son film. J’utilise des guillemets car il coupe toujours aussi peu. Par contre il s’essaye parfois à, pour prendre comme exemple un de ses plans typiques avec des personnes attablées filmés de profil (dans tous ses films vous avez au bas mot cinq plans du genre), il ne va plus se contenter d’un plan séquence fixe de demi ensemble, mais va parfois zoomer et faire des panoramiques en va et vient de l’un à l’autre coté de la table sur les personnages. Je note l’effort, mais j’avoue trouver le résultat particulièrement dégueulasse. Et puisqu’on parle de zoom, une chose que j’ai noté dans celui là et qui ne m’avait pas choqué dans les autres (après la séance <a title="Dooliblog" href="http://dooliblog.com/">Pierre</a> me disait pourtant qu’il faisait déjà ça avant)(sans doute moins que dans ce film en tout cas), il y a dans ce film plus de zoom que dans un film de ninja de la Cannon ! Tout d’abord, quand il filme les personnages, il abuse de (plus ou moins) légers zooms pour ponctuer une réplique ou souligner une impression. Ensuite, lors des plans d’ensemble introduisant une séquence il lui arrive plutôt deux fois qu’une de commencer par un détail (exemple typique, une enseigne de bar) puis de dézoomer pour retrouver une valeur de plan large. Ou inversement de finir les séquences en zoomant sur un détail, comme cette scène (qui a tout pour devenir culte) qu’il conclu en zoomant sur une chenille (ravalant mon fou rire j’ai bien failli m’étouffer, on ne dira jamais assez combien l’activité de critique cinoche est dangereuse). L’un dans l’autre, ça ressemble à un film amateur (tonton Jeannot qui film les vacances au Cap d’Agde) ou à une vague réal de mauvais documentaire télé. Sérieusement c’est hideux.<br />
En fait on a la mauvaise impression que, tout occupé à essayer de saisir ce qu’il n’est pas venu chercher, Hong refuse de couper ses plans et de monter son film. En résulte ce compromis bâtard qui ne satisfait personne.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/le-pere-de-mes-enfants-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Le Père de mes enfants</strong> (Mia Hansen-Love, 2009)</div>
<p>&lt; coupure pub : le moment LOL &gt;</p>
<p>Il n’y a pas que le cinéma coréen à se gargariser de sa grand famille du cinéma : cette sélection cannoise a aussi été l’occasion rêvée de rappeler aux sceptiques l’inventivité sans cesse renouvelée du cinéma français. Ne nous attardons pas trop sur le fait qu’encore une fois Gaspar Noé a été boudé (après tout c’est un cinéaste des plus anecdotiques et inintéressants, n&#8217;est-ce pas ?) pour nous régaler du truculent <strong>Le Père de mes enfants</strong> de Mia Hansen-Love. Voici <a href="http://player.canalplus.fr/#/244709">un petit extrait</a>, mais le résumé parle de lui-même :<br />
« Grégoire Canvel a tout pour lui. Une femme qu’il aime, 3 enfants délicieuses, un métier qui le passionne. Il est producteur de films. Révéler des cinéastes, accompagner les films qui correspondent à son idée du cinéma, libre et proche de la vie, voilà justement sa raison de vivre. Sa vocation. Grégoire y trouve sa plénitude, il y consacre presque tout son temps et son énergie. Hyperactif, il ne s’arrête jamais, sauf les week-end, qu’il passe à la campagne en famille : douces parenthèses, aussi précieuses que fragiles. Avec sa prestance et son charisme exceptionnel, Grégoire force l’admiration. Il semble invincible. Pourtant sa prestigieuse société de production, Moon Films, est chancelante. Trop de films produits, trop de risques pris, trop de dettes. Les menaces se précisent. Mais Grégoire veut continuer d’avancer, coûte que coûte. Jusqu’où cette fuite en avant le conduira-t-il ? Un jour, il est obligé de se confronter à la réalité. Un mot surgit : l’échec. Et une grande lassitude. Qui va bientôt, secrètement, prendre la forme du désespoir. »<br />
Si ça c’est pas l’expression la plus pure et la plus chaleureuse de l’amour du cinéma, je ne sais à quel saint me vouer ! Merci le cinéma français !</p>
<p>&lt;/ coupure pub &gt;</p>
<p><a name="folie"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/la-terre-de-la-folie-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>La Terre de la folie</strong> (Luc Moullet, 2009)</div>
<p>Cette troisième session est décidément très cohérente, par accident je vous l’assure, car cette <strong>Terre de la folie</strong> ressemble très fort à <strong>Like you know it all</strong> ! Contre toute attente d’ailleurs, puisqu’il s’agit à priori d’un documentaire. Mais j’aurai l’occasion de revenir dessus.<br />
Le réalisateur s’attache à y recenser un certain nombre d’actes de folie ayant eu lieu dans sa région natale, partant de cas révélés dans sa famille puis élargissant. Il va même jusqu’à circonscrire un « pentagone de la folie » où les actes de folies seraient plus nombreux qu’ailleurs ! Je résume très mal, et ainsi cela a l’air encore plus abracadabrantesque que ça ne l’est réellement.<br />
Parce que si Hong Sang-Soo fait de la philo de comptoir, Luc Moullet lui fait de la socio de comptoir ! Le film s’appuie en effet grandement sur des témoignages de gars du cru qui racontent leurs petites histoires locales, sans véritable structure cohérente pour donner une forme à tout cela et dégager des axes de réflexion. Mon coté scientifique sans doute, j’aime les chiffres. Mais c’est de toute évidence pas le cas du film, qui fait son petit bonhomme de chemin sans vraie démarche rigoureuse. Il est donc temps de le prendre par un autre bout.<br />
Car assez bizarrement le film est drôle. Et sans doute plus que voulu du fait de la supériorité naturelle du cinéphile parisien sur le pécore provençal de base – j’adore me sentir bobo. Mais le réalisateur lui-même (qui se met en scène) se permet des plaisanteries. Et il semble bien que les traits de (quelques uns au moins) ces personnages typiques soient quelques peu forcés – ça alors ! Et là je ne sais plus trop que penser, le film devenant sous ses airs respectables un bon gros <em>portnawak</em>. Difficile à appréhender, d’une manière un peu similaire au Hong Sang-Soo, justement.<br />
C’est pas la scène finale qui va arranger les choses, puisque la femme du réalisateur lui dit que son film c’est du n’importe quoi, que la moitié de ses fous ne sont pas des fous, que son pentagone de la folie ne veut rien dire, et que finalement le fou c’est lui. Dont acte, moi j’y pige que dalle.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/air-doll-3.jpg" alt="" /></p>
<p><span class="titrerevue">Ze Palmarès</span></p>
<p>Après vision des films le juré s’est isolé pour délibérer. La discussion fut âpre mais ces efforts ne furent pas vain car voici un palmarès qui affiche haut et fort son engagement pour la pluralité.</p>
<p>Prix « Epikt est un gros fanboy » : <strong>Air Doll</strong><br />
Prix de la meilleure poupée gonflable : Bae Doo-Na<br />
Prix « Epikt est même pas de mauvaise foi » : <strong>Air Doll</strong><br />
Prix de la meilleure humaine : Bae Doo-Na<br />
Prix spécial « doona doona doona » : <strong>Air Doll</strong></p>
<p>Prix de consolation « je fais le film que je veux et je vous emmerde » : Raya Martin</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Cannes 2009, ep.2</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-2/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-2/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2009 22:33:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Ailleurs et Pas-tout-de-Suite]]></category>
		<category><![CDATA[festivals et rétrospectives]]></category>
		<category><![CDATA[Heitor Dhalia]]></category>
		<category><![CDATA[Hippolyte Girardot]]></category>
		<category><![CDATA[Raya Martin]]></category>
		<category><![CDATA[Sebastián Campos]]></category>
		<category><![CDATA[Suwa Nobuhiro]]></category>
		<category><![CDATA[Xavier Dolan]]></category>

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		<description><![CDATA[Compte rendu du festival de Cannes 2009, épisode 2.
(Independencia, Navidad, A deriva, J’ai tué ma mère, Yuki &#038; Nina)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Résumé de <a href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-1/">l’épisode précédent</a> :<br />
<strong>Dogtooth</strong>, c’est du gâchis.<br />
<strong>Air Doll</strong>, c’est doona doona doona.<br />
<strong>Mother</strong>, c’est prout prout malgré tout.<br />
<strong>Nymph</strong>, c’est bancal mais pas si mal, et inversement.<br />
<strong>La Merditude des choses</strong> c’est pas de la Stella, mais c’est pas non plus de la Chimay – on va dire que c’est de la Grimbergen.<br />
Les prochains films de la sélection sauront-ils se surpasser et ainsi se hisser jusqu’au prestigieux Ze Palmarès ? C’est tout de suite dans votre feuilleton préféré !</p>
<p><a name="independencia"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/independencia-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Independencia </strong>(Raya Martin, 2009)</div>
<p>On attaque fort avec <strong>Independencia </strong>de Raya Martin, bonhomme qu’on connaît bien ici puisqu’on lui doit le terriblement long et terriblement chiant <a title="Now Showing" href="http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises#now"><strong>Now Showing</strong></a>, présenté à la quinzaine des réalisateurs l’année dernière et que je vous avait succinctement chroniqué à cette occasion. D’emblée bon point : le film ne fait qu’une heure dix-sept, soit plus de trois fois moins que le précédent, on apprécie !<br />
Un film bizarre, il ressemble à un film du début du (XXe) siècle, d’abord parce qu’il est en noir et blanc et au format carré mais le mimétisme se ressent également dans le cadrage, autant les plans en pied que les plans rapprochés (les uns comme les autres étant cadrés à la manière de photographies, pas de plans au sein d’une séquence). A se demander si on est pas devant une bobine Lumière sur laquelle on aurait mis du son (et qu’on aurait sacrément restaurée). Un film historique utilisant une esthétique cinématographique correspondant à l’époque décrite, en voilà une drôle d’idée (qui poserait problème dans un péplum).<br />
Mais dans l’affaire, Raya Martin ne cherche absolument pas un rendu documentaire, même pseudo. Car – le film persiste dans son étrangeté – tout y est reconstitué en studio ! On met du temps à s’en rendre compte. Tout d’abord on se dit que l’éclairage est bizarre, et que si ça fonctionne fort joliment sur les visages (avec un coté photo <em>vintage </em>un peu lissée) l’environnement fait tache, limite si on dirait pas du plastique (à priori ça n’en est pas). Puis on se dit que mince, au premier plan y a du vent et les feuilles bougent, mais derrière là où c’est flou bah ça bouge pas beaucoup – on décide donc d’oublier le premier plan (il ne s’y passe de toute façon pas grand chose) pour scruter minutieusement l’arrière plan&#8230; verdict : ça bouge pas. Et pour cause, on réalise bientôt, au détour d’un plan plus rapproché que d&#8217;habitude et/ou d’une perspective bizarre, que ces arrières plans sont en fait des toiles peintes figurant un décor. En voilà une drôle d’idée (qui cette fois ne poserait aucun problème dans un péplum).<br />
Alors, les deux films ayant beau filmer tous deux la jungle, <strong>Independencia</strong> prend le parti pris totalement inverse de <strong><a href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-1/#nymph">Nymph</a> </strong>: ce dernier s’attachait à retranscrire la nature dans ce qu’elle a de plus brute, cherchant à saisir le moindre petit bruit, <strong>Independencia </strong>recrée une jungle artificielle sortie d’une carte postale coloniale.<br />
Et là vous commencez à vous dire que ça donne envie et que ça doit être un bon film. Oui, mais peut-être non (ça va dépendre de vous). On reprochera en effet à <strong>Independencia</strong>, et ça pourra être rédhibitoire, une faculté d’immersion proche du néant. La faute à n’en pas douter à la trop grande distance entre le sujet et le spectateur qui du coup à du mal à se sentir concerné. Une distance induite un premier temps par la grande artificialité du procédé qui parasite le film à tous les postes, du cadre au jeu d’acteur, un second temps par un récit métaphorique dont on peine à saisir les tenants et les aboutissants – le film adopte en toile de fond la guerre américano-philippine et semble vouloir la représenter de manière métaphorique (la scène d’orage finale fait penser à une scène de bataille).<br />
N’empêche, le père Raya Martin je le sens bien et je ferai en sorte de le suivre. Il a ses manies pas désagréables (comme dans <strong>Now Showing</strong> il coupe <strong>Independencia </strong>en deux parties, faisant sauter le film pour intercaler entre les deux un pseudo film de propagande où un soldat ricain tue un gamin philippin pour maintenir l’ordre et la civilisation !) et surtout il ose des choses. Le résultat est variable, mais c&#8217;est parfois fascinant et de toute façon toujours mieux qu’un film qui ressemblent à tous les autres.</p>
<p><a name="navidad"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/navidad-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Navidad </strong>(Sebastián Campos, 2009)</div>
<p>A ce sujet, c’est exactement ce que je vais reprocher à <strong>Navidad </strong>: être totalement banal. Le genre de film où une fois dix ou quinze minutes écoulées, on se demande qu’est-ce qui a bien pu motiver notre présence dans la salle. Dans ce cas, je suppose que mon détecteur de lesbienne était sur la sensibilité maximum&#8230;<br />
Un garçon et une fille donc, qui vont passer Noël (Navidad) dans l’ancienne maison du père de la fille. Le père est mort, la maison va être vendue, et la fille cherche la collection de disques de son père. Le gars, lui, a la mauvaise idée de lire la lettre attachée à un colis qu’il trouve dans le sac de sa copine, cadeau qu’une nana a fait à sa copine. Jaloux à l’idée qu’elle puisse le tromper (avec une fille en plus !) il décide de la planter là. Seulement voilà, pile quand il part il découvre une gamine évanouie dans la serre de la maison. Donc il la ramène à l’intérieur, donc il reste. En gros.<br />
Très quelconque je disais, et pourtant les <a title="teen-movie" href="http://insecte-nuisible.com/tag/teen-movie/"><em>teen-movies</em></a> j’adore ça et je suis souvent plus que tolérant à leur encontre (du coup la projo n’a pas été spécialement désagréable&#8230; enfin bon). Mais on ne peut pas dire que ça soit hyper profond. Au contraire, ça flirte parfois avec la rédac’ de terminale (moment très lol où les trois jeunes gens parlent de l’amour). Sans parler d’une méga incohérence scénaristique, que je n’explique pas et qui accuse le coup d’un gros twist de la mort qui tue comme je les déteste (cad artificiels et contredits par ce qui se déroule avant). Idem de la mise en scène, la plupart du temps trop scolaire pour convaincre.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/air-doll-2.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Air Doll</strong> (Koreeda Hirokazu, 2009)</div>
<p>&lt; coupure pub : parce que je suis un gros fanboy &gt;</p>
<p>Je suis retourné voir <strong>Air Doll</strong> à la seconde séance.<br />
Verdict : <a title="Air Doll" href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-1#air-doll">c’est toujours doona doona doona</a>.</p>
<p>&lt;/ coupure cub &gt;</p>
<p><a name="a-deriva"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/a-deriva-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>A deriva</strong> (Heitor Dhalia, 2009)</div>
<p>C’est donc les yeux encore inondés de bonheur que je me rends à la projection de <strong>A deriva</strong>, film pas dégueulasse mais dont je n’aurai pour autant pas des masses de chose à dire. Ça se passe au Brésil au bord de la mer, c’est les vacances, c&#8217;est la plage, et pile poil au moment où elle se pose la question essentielle « couchera ? couchera pas ? » Filipa, 14 ans et toutes ses dents, voit le couple de ses parents partir en sucette.<br />
Un film sympa, y a des gamines en maillot de bain, ça a un avant-goût de vacances et de soleil quoi. C’est même pas mal monté, c’est donc plutôt séduisant. On lui reprochera quand même ce qu’on reproche à 90% de la production, c’est à dire de n’être composé quasiment que de plans rapprochés et de s’en contenter sans chercher à 1/ jouer sur l’échelle de plan et 2/ aérer son cadre. C’est très con car sur les autres plan le film est bon, assez physique, mais il est étrange que le réal s’évertue à filmer au plus près un film qui n’a aucune raison d’être claustrophobe.<br />
Hum&#8230; oui, c’est tout.</p>
<p><a name="mere"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/jai-tue-ma-mere-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>J’ai tué ma mère</strong> (Xavier Dolan, 2009)</div>
<p>J’ai tué ma mère, bon programme. Belle tromperie sur la marchandise aussi, car voyez vous il va pas la tuer ! Oups, <em>spoiler</em>&#8230;<br />
Le film a au moins ça pour lui, il est drôle. Quelques bonnes répliques, et à n’en pas douter le parlé québécois décuple le potentiel comique de la chose, au moins pour nous autres métropolitains qui gloussons comme des baleines au moindre « criss de ciboire de tabarnak ». Drôle donc, mais cela n’a jamais fait un bon film. Ça n’a même jamais fait une bonne comédie.<br />
Car encore faut-il que le film fasse preuve, à défaut d’invention, d’un minimum de soin. Mais là c’est quand même très moisi ; c’est notamment cadré avec les pieds, par défaut très quelconque mais de temps à autre vraiment hideux ! Exemple con, une série de champs-contrechamps où l’ouverture est faite vers l’extérieur ça peut être une bonne idée, surtout dans le contexte du film (le personnage se heurtant au bord du cadre, cela peut marquer une opposition ou une impossibilité à dialoguer), mais c’est pas une raison pour cadrer au pif et couper le nez des acteurs (j’ai beau aimer le décadrage, là non), ni pour fournir un cadre vide et sans caractère. Et quand se présente un nouveau dialogue qui cette fois est moins fermé mais est montré de la même manière, on se dit qu’il n’y a pas des masses de réflexion sur le sens qu’on veut donner aux images.<br />
Par dessus le marché le film se permet ponctuellement des percées <em>arty </em>(ce qui jure tout de suite avec le coté négligé du reste, et pour le coup décrédibilise l’ensemble) plus ou moins agaçantes, comme des poèmes écrits en texte (car le gamin est artiste) ou son journal vidéo en n&amp;b (car le gamin est introspectif), sans même parler que le type et son pote font « du dripping à la Jackson Pollock » avant de baiser les mains les mains pleines de peinture.<br />
J’ai eu la réponse à certaines de mes questions lors du générique : le film est réalisé par le gars qui joue le jeune homme. Un gamin quoi, à peine vingt ans, pas étonnant qu’il prenne des poses pseudo arty pseudo rebelle et qu’il sache pas filmer. Quoique non, c’est même pas une excuse, <a title="Rub Love (même si j’exagère, la réal avait 21 ou 22 ans)" href="http://insecte-nuisible.com/rub-love-lee-seo-goon-1998/">certains films totalement déments ont été réalisés à vingt ans</a>.</p>
<p><a name="yuki-nina"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/yuki-et-nina-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Yuki &amp; Nina</strong> (Suwa Nobuhiro &amp; Hippolyte Girardot, 2009)</div>
<p>Coïncidence, comme <strong>A deriva</strong>, ou à peu près, <strong>Yuki &amp; Nina</strong> filme le regard d’une enfant sur le divorce de ses parents. Une vraie enfant cette fois, pas une qui a les hormones qui montent. Et figurez-vous que dans celui-là, il n’y a pas que des plans rapprochés ! Hourra ? Bah non, pas hourra. Parce que bon, cette histoire de gros plans on fait chier la moitié des films avec mais c’est pas non plus une recette miracle, hein.<br />
<strong>Yuki &amp; Nina</strong> est donc assez aéré. C’est surtout parce qu’il fonctionne par plans séquences fixe qui sont sensés embrasser toute la scène. Du théâtre qui change rapidement de décor en quelque sorte. Avec un soupçon de téléfilm France 3 qui introduirait parfaitement une soirée débat avec des sociologues télégéniques.<br />
J’avoue volontiers que ce genre de cinéma m’échappe totalement. Son intérêt je veux dire. En fait c’est sans le moindre doute plus intéressant à faire qu’à regarder : je veux bien croire qu’en mettant des acteurs dans une situation et devant une caméra pour les laisser improviser et incarner les personnages, et bien on puisse voir émerger des belles choses. Mais encore faut-il ne pas s&#8217;en contenter (ce qui ici est rarement le cas) et leur offrir un cadre fort qui en ferait <a title="Camel(s)" href="http://insecte-nuisible.com/camels-park-ki-yong-2002/">davantage que de simples rushes mis bout à bout</a>.</p>
<p>Fin de la deuxième partie !<br />
Un challenger de dernière minute saura-t-il s’imposer pour figurer dans le prestigissime Ze Palmarès ? Epikt ira-t-il revoir <strong>Air Doll</strong> une troisième fois ? Vous le saurez en lisant la <a title="Cannes 2009, ep.3" href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-3">troisième et dernière partie</a> de ce feuilleton <em>full of suspense</em> !</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Cannes 2009, ep.1</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-1/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-1/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 30 Aug 2009 22:28:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Ailleurs et Pas-tout-de-Suite]]></category>
		<category><![CDATA[Bae Doo-Na]]></category>
		<category><![CDATA[Bong Joon-Ho]]></category>
		<category><![CDATA[Félix Van Groeningen]]></category>
		<category><![CDATA[festivals et rétrospectives]]></category>
		<category><![CDATA[Koreeda Hirokazu]]></category>
		<category><![CDATA[Pen-Ek Ratanaruang]]></category>
		<category><![CDATA[Yorgos Lanthimos]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://insecte-nuisible.com/?p=633</guid>
		<description><![CDATA[Compte rendu du festival de Cannes 2009, premier épisode.
(Dogtooth, Air-Doll, Mother, Nymph &#038; La Merditude des choses)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite, ep.7-1</strong><br />
(<a title="Festival du film asiatique de Deauville 2009" href="http://insecte-nuisible.com/festival-du-cinema-asiatique-de-deauville-2009/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p><a href="http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises/">Comme l’année dernière</a> mon indécrottable sens des priorités m’a poussé à ne pas me rendre à Cannes pour son petit mais néanmoins sympathique festival (j’ai tout de même pu suivre l’aventure grâce à Allociné qui avait pour l’occasion rassemblé les plus pouêt des blogueurs cinoche dans un blog créé pour l’occasion, blog qui ressemblait plus au site officiel Philips qu’à autre chose). Mais comme l’année dernière j’ai profité des reprises parisiennes pour me faire une ou deux séances.<br />
Et oui, c’était il y a trois ou quatre mois, mais 1/ l’actualité c’est tout caca et 2/ j’ai quand même fait plus vite que Mad Movies avec le festival de Deauville</p>
<p><a name="dogtooth"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/dogtooth-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Dogtooth </strong>(Yorgos Lanthimos, 2009)</div>
<p>Je commence donc par <strong>Dogtooth</strong>. Pour y aller vite, c’est ce qu’on appel un « film gâchis » : une idée démente, un développement plutôt pas mal, un petit chat éventré au taille-haies, mais absolument aucune mise en scène !!! (&lt;= trois points d’exclamation, car il le vaut bien)<br />
En quelques mots, nous avons une famille que le père (avec la bénédiction de sa femme) a totalement retranché dans leur villa : les enfants (qui doivent être proches de la vingtaine mais sont toujours infantilisés) n’ont jamais vu le dehors et sont persuadés qu’il est rempli de gros monstres féroces. Mais voilà, le père va faire rentrer le loup dans la bergerie en engageant une femme de l’extérieur pour soulager la libido du fiston (les filles, évidemment, n’ont aucune pulsion sexuelle, hein).<br />
C’est donc atrocement filmé – avec sans doute (comme dans tout film qui ne le fait pas exprès) un ou deux plans potables par accident – avec la caméra placée au petit bonheur la chance en face d’acteurs qui récitent laborieusement leur texte. Parfois à tel point qu’on se demande s’il y a un cadreur : que penser de ces plans (au moins deux) où suite à un mouvement des acteurs le cadre leur sabre la tête ? A moins, ce qui serait croquignolet, que le réalisateur ait réellement pensé qu’il s’agissait là d’une brillante audace formelle, que ça ferait de lui un « auteur ».<br />
Dans le même genre, notre bonhomme se vautre bien souvent dans une provoc’ facile et complaisante, à travers des scènes de cul notamment. Car voyez-vous, Yorgos Lanthimos c’est pas une pédale de réalisateur hollywoodien soumis à la morale puritaine, non, lui il montre les cramouilles en gros plan et te fais des scènes lesbiennes pour bien insister sur le fait qu’il est provocateur. Soyons honnête (j’ai encore du temps pour être de mauvaise foi), certaines de ces scènes, en décrivant un rapport à la sexualité totalement déphasé, sont intéressantes dans leurs idées et le sens qu’on peut y trouver – idem d’autres scènes du film. Mais c’est encore oublier qu’un plan ne se réduit pas à une idée de plan, pas plus qu’un film ne se réduit à une idée de film.<br />
Le film a reçu le prix un certain regard, une nouvelle preuve que les jurys n’en ont absolument rien à foutre de la mise en scène.</p>
<p><a name="air-doll"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/air-doll-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Air Doll</strong> (Koreeda Hirokazu, 2009)</div>
<p>La suite est tout de suite plus heureuse, puisqu’il ne s’agit pas moins que de <strong>Air Doll</strong> de Koreeda Hirokazu, LE film que je ne voulais surtout pas rater. Pas forcément pour Koreeda, qui n’est pas particulièrement une tanche mais qui dans ses penchants classiques est à double tranchant (récemment sorti en salles, <strong>Still Walking</strong> est chiant à crever), mais pour la présence au casting de <a title="Bae Doo-Na" href="http://insecte-nuisible.com/tag/bae-doo-na/">Bae Doo-Na</a> dans le rôle principal (soit son deuxième film au Japon après <a title="Linda Linda Linda" href="http://insecte-nuisible.com/linda-linda-linda-yamashita-nobuhiro-2005/">le sublimissime <strong>Linda Linda Linda</strong></a>), actrice pour qui vous commencez à le savoir j’ai un léger penchant (qui a dit litote ?).<br />
Ça tombe bien car ce film est un grand moment de <em>fan-service</em>, comme jamais l’actrice n’avait eu droit au cours de sa carrière. Ça va même jusqu’à me faire penser à ces vidéos où une <em>idol </em>est suivie par une caméra qui capte ses moindres petits gestes (souvent mis en scène avec professionnalisme par la gamine) et grâce auxquelles le <em>fanboy </em>pourra admirer l’objet de sa dévotion boire un verre de lait et patauger dans une fontaine – en mieux mis en scène, bien sur, et le tout faisant sens, bien entendu.<br />
Bae Doo-Na y joue le rôle d’une <em>love-doll</em> (le modèle cheap, en plastoc avec de l’air dedans, pas celui en silicone hyper réaliste) qui se découvre un coeur. La nuit elle joue placidement son rôle de poupée gonflable dans les bras de son proprio frustré ; le jour elle profite de son absence pour aller explorer la ville. Elle finit par se faire embaucher dans un vidéo-club et tomber amoureuse de son collègue (dans cet ordre ou dans l’autre). Mais elle découvre aussi que la vie, et bien c’est pas si glop que ça. Pendant ce temps, alors que chaque seconde du film nous convainc qu’il n’y avait qu’elle pour incarner ce rôle, c’est le <em>Doo-Na show</em> ; la miss découvre son corps et son environnement, tout l’émerveille, et la caméra l’accompagne délicatement : Doo-Na essaye des fringues (pour finalement choisir un cosplay de soubrette !), Doo-Na respire l’air frais, Doo-Na suit les gens dans la rue, Doo-Na gazou-gazouille des mômes dans leur poussette, Doo-Na fait des pâtés de sable, Doo-Na joue aux machine à sous, Doo-Na va chez l’esthéticienne (pour masquer ses coutures !), Doo-Na déambule sur un muret, Doo-Na se promène à la plage, Doo-Na tricote, Doo-Na fouille les poubelles, Doo-Na fait un tour en péniche, Doo-Na vole dans les airs (yeah !), et surtout Doo-Na se gonfle et se dégonfle&#8230; si seulement il y avait une caméra infrarouge dans la salle vous auriez pu voir le sourire niais qui illuminait mon visage tout le long de la projection.<br />
Mais le pire, c’est que le film se défend. Certes, on pourra lui reprocher de trop vouloir mettre en scène la généralisation de son propos, insistant non sans lourdeurs sur l’incarnation réaliste de sa métaphore (et oui, autour le la poupée les gens aussi sont vides et peinent à trouver leur singularité). Alors que le film aurait fait sens malgré tout, sans avoir à s’attarder sur des personnages périphériques qui faute de développement fonctionnent comme des stéréotypes (le <em>freeter </em>humilié par son n+1 dans son boulot de merde, la <em>hikikomori </em>dépressive, la vieille fille complexée par les gamines qui chopent tous les mecs du périmètre, le petit chef frustré,&#8230;). Enfin, c’est pas si tranché que ça, car Koreeda a su les filmer. Mais, ainsi utilisées en inserts, ces scènes sentent la pièce rapportée ; elles auraient mérité à être utilisées au coeur du récit et lui apporter du contenu sans l’interrompre, comme peuvent le faire d’autres personnages secondaires (le vieil homme par exemple). Et en grand amoureux du fantastique je ne peux qu’être déçu du manque de confiance du réalisateur dans la portée de son allégorie, dont il se force inutilement à rappeler la portée.<br />
N’empêche, le film est beau. Koreeda n’est pas un réalisateur d’une grande excentricité et sans doute pour cette raison il me semble qu’une histoire fantastique lui fait du bien, décomplexant sa rigueur à la limite du balai dans le fondement (<a title="Maborosi" href="http://insecte-nuisible.com/faps-fevrier-2008#maboroshi"><strong>Maborosi</strong></a>) et/ou son classicisme paresseux de réalisateur de films contemplatifs avec des vieux (<strong>Still walking</strong>). D’ailleurs, du peu de lui que j’avais vu jusqu’à présent, c’était <strong>After Life</strong> qui m’avait le plus convaincu : par accident ou pas (j’en sais rien) la manière qu’il a eu de rabattre son argument scénaristique fantastique vers une représentation réaliste (voire même plus) me semble très intéressante. <strong>Air Doll</strong> ne prend pas moins que le chemin opposé (avec ce type on ne sait pas à quoi s’attendre, c’est agréable) : loin de contraindre sa part de fantastique, il va au contraire l’accompagner tendrement – comme il accompagne la naïveté béate de son héroïne – dans de légers travellings, presque imperceptibles. Un regard léger donc, pas particulièrement distancié mais pas non plus intrusif : il laisse le film s’épanouir.<br />
D’ailleurs c’est ça le film, l’histoire d’une fille qui s’épanouit, assez en tout cas pour ne pas avoir le sentiment d’avoir raté sa vie le jour où elle s’échoue dans le caniveau. A ce sujet la fin est très chouette, avec une scène de cul étrange et belle qui, si ma doctrine selon laquelle on peut juger des films à l’aune de leurs scènes de fesse est vraie, devrait suffire à faire de <strong>Air Doll</strong> un film qui vaut le coup d’oeil. Et qui, ce qui est finalement bien rare, parvient à réinventer les relations humaines sous un jour nouveau, comme pour nous les faire redécouvrir.</p>
<p><a name="mother"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/mother-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Mother </strong>(Bong Joon-Ho, 2009)</div>
<p>Retour à la dure réalité avec <strong>Mother </strong>de Bong Joon-Ho, un autre film que j’attendais. Et, autant le dire tout de suite, qui m’a bien déçu, d’autant plus qu’il se traînait une flatteuse réputation. Pas que ça soit honteux, mais bon, si ça reste regardable sans déplaisir c’en est pas moins très moyen.<br />
C’est comme le titre l’indique l’histoire d’une mère, du genre pour qui son fiston attardé mental est la prunelle de ses yeux, son bichounet d’amour qu’il faut pas lui faire de mal et qu’elle sentirait même pas qu’elle a les boyaux qui traînent sur le ciment si par malheur son gamin s’entaillait le doigt avec un brin d’herbe vicelard. La mère poule coréenne typique, non ? Bref, un jour son gars est accusé du meurtre d’une lycéenne et devant l’immobilisme de policiers convaincu d’avoir classé l’affaire en deux jours elle décide de mener sa petite enquête perso.<br />
Et là on se dit « ça ressemble à du Bong Joon-Ho ». En effet rien de plus typique, une histoire de prolos à coté de leurs pompes qui vont faire le boulot à la place de la police (tiens, comme dans <strong>The Host</strong>), police qui fait le service minimum et se contente du premier suspect venu qu’il suffit de faire avouer en lui tapant dessus (tiens, comme dans <strong>Memories of Murder</strong>). Bong ne se gène d’ailleurs pas pour jouer sur des références à ses films précédents, prenant souvent à contre-pied ce qu’elles pouvaient inspirer au spectateur. Bon point, du coup je ne dirais même pas qu’il s’agit de recyclage même si ce dernier pointe le bout de son nez. Bong va devoir y faire attention pour la suite, je sais pas s’il passera entre les gouttes à chaque film. Cette fois on lui accorde volontiers notre grâce car d’une manière générale <strong>Mother </strong>est bien écrit et plutôt intéressant. Quoiqu’on mettra un bémol sur les personnages, pas tellement pour un problème d’écriture que de direction d’acteurs poussant à surjouer. C’est classique dans les films de Bong et ça marche quand l’acteur en a sous le pied (Song Kang-Ho, Bae Doo-Na,&#8230;) mais forcément quand on se paye cette tanche de Won Bin c’est tout autre chose.<br />
Reste qu’il y a ce point où on se dit « ça ressemble pas à du Bong Joon-Ho », c’est la mise en scène. Enfin, j’en sais rien, j’ai pas le temps de revoir ces films que je n’ai pas vu depuis quelques temps mais qui me laissent d’honnêtes souvenirs (en particulier <strong>Memories of Murder</strong>), mais j’ai comme l’impression que pour celui-là le père Bong se ramollit franchement – limite s’il brigue pas le poste de ministre de la culture –, à moins que je ne doivent revoir ses anciens films pour les réévaluer à la baisse. A peine une poignée de trucs chouettes à nous mettre sous la dent, au coeur d’une réal pas dégueulasse mais mollassonne (quand elle se prend d’emphase c’est pour nous balancer des violons à faire s’écrouler une deuxième fois les twin towers, on en demande pas tant), c’est bien peu. Je demandais pas du Park Chan-Wook, juste quelque chose de moins plan-plan.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/oxhide-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Oxhide II</strong> (Liu Jia-Yin, 2009)</div>
<p>&lt; coupure pub : intermède masochiste &gt;</p>
<p>Comme chaque année la quinzaine des réalisateurs regorge de films à la mords-moi-le-noeud aussi extrémistes qu’hermétiques et poseurs – l’année dernière j’avions eu droit au très insupportable et terriblement long <a title="Now Showing" href="http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises#now"><strong>Now Showing</strong></a> de Raya Martin, le même Raya Martin qui cette année présente <strong><a href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-2/#independencia">Independencia</a> </strong>– tout ça sûrement dans le but de prouver que la quinzaine défend le cinéma, le vrai, celui qui met ses couilles sur la table de montage.<br />
Cette année, le défi masochiste de la sélection a sans doute été <strong>Oxhide II </strong>de et avec Liu Jia-Yin. L’unique projection ayant lieu en même temps que l’unique projection de <strong>Nymph</strong>, je n’ai malheureusement pu assister au film. Mais je ne résiste pas à l’envie de vous transmettre son synopsis, particulièrement hardcore :<br />
« Une table ; un dîner de bouchées ; une famille de trois personnes.<br />
Neuf scènes tournées autour de la table, entre chaque scène, 45 degrés.<br />
132 minutes en temps réel.<br />
Voilà le sujet de<strong> Oxhide II</strong>.<br />
La réalisatrice et ses parents jouent les trois personnages.<br />
Il n&#8217;y a pas de quatrième personnage, à part les chats. »</p>
<p>&lt;/ coupure pub &gt;</p>
<p><a name="nymph"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/nymph-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Nymph </strong>(Pen-Ek Ratanaruang, 2009)</div>
<p><strong>Nymph </strong>donc, le film qui m’a empêché de voir <strong>Oxhide II</strong>. Alors certes c’est moins hard que le film de Liu Jia-Yin, mais dans le genre auteurisant déviant gentiment vers le chiant y a quand même du niveau ! Dans un sens comme dans l’autre, car le premier plan est assez sublime : long plan séquence en caméra portée errant dans la jungle, comme en caméra subjective, surprenant du coin de l’oeil le viol d’une nana par deux types sans doute pas très nets (plus pour très longtemps en tout cas) avant de passer son chemin et d’aller faire son petit tour dans la foret&#8230; avant de, oh surprise ! s’envoler littéralement. Très joli. On se dit même que Pen-Ek Ratanaruang aurait pu ne faire son film qu’en un plan-séquence à filmer les arbres et deux trois éléments périphériques qui créeraient un sens, et que ça aurait été merveilleux.<br />
Il s’est quand même dit que raconter une histoire ça serait pas mal (quel idée biscornue !), il va donc coller aux basques d’un couple dont le mec s’apprête à aller prendre des photos de la jungle. La nana le suit je ne sais trop pourquoi car en fait elle aimerait bien être avec son amant de patron (et inversement). Un passage bien chiant. Pen-Ek Ratanaruang conserve peu ou prou la même mise en scène que pour son ouverture (sauf que c’est pas en plan séquence), le problème c’est que ce qu’on avait aimé dans la jungle ne fonctionne plus du tout dans des scènes d’intérieur et d’une manière générale les scènes montrant des interactions entre personnages : la caméra portée prend des atours de film d’auteur philippin je-m’en-foutiste et la photo délavée a vraiment une gueule de bidonville.<br />
Le film reprend (un peu) du poil de la bête lorsque le bonhomme s’enfonce dans la forêt et que le film se met à ressembler à un faux film d’horreur. Enfin, un film d’horreur d’auteur (vous avez le droit de penser « lol »). Pas de stacato ni de porte qui claque quoi. Cela dit le son est très bien, jouant beaucoup sur l’ambiance hors champ. Dans le même ordre d’idée l’image est souvent floue. C’est pas encore du Grandrieux, mais ça marche et on aime.<br />
Le film oscillera alors entre les deux tendances, balade hypnotique dans la jungle d’un coté et histoire de couple qui se défait de l’autre. La deuxième on connaît, c’est déjà dans les précédents films du réalisateur, par contre la première est assez inédite. Mais on se rassure, c’est bien du Pen-Ek : sa manière de faire partir son film dans 36 directions sans trop savoir dans quel sens aller et faire ponctuellement de jolies choses pour qu’en fin de compte cela mène nulle part, c’est tout à fait lui.</p>
<p><a name="merditude"></a><img src="http://insecte-nuisible.com/images/la-merditude-des-choses-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>La Merditude des choses</strong> (Félix Van Groeningen, 2009)</div>
<p>Quand y en a plus, y en a encore, alors on va voir <strong>La Merditude des choses</strong> – comme le dialecte peu catholique du titre laisse penser, il s’agit bien d’un film flamand. Un film raconté par un type de trente ans bien passés qui revient sur son adolescence, à l’époque où il vivait avec son père alcoolo et ses oncles alcoolos et qu’il rivalisait de bon goût en combinant coupe mulet et pull-over tricoté par Mamie. C’est donc un peu rendez-vous à <em>beauf land</em>, comme dans un épisode de Strip-Tease d’il y a vingt ans sauf qu’il y a ni tunning ni soucoupe volante. Tout ça dans une sorte de chronique matinée comédie noire, très <em>belgian touch</em> – on pense notamment à <a title="Eldorado" href="http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises#eldorado"><strong>Eldorado</strong></a> de Bouli Laners, lui aussi présenté à la quinzaine des réalisateurs (mais, pour s’intéresser au versant comédie noire, on est bien loin d’un <strong>C’est arrivé près de chez vous</strong>).<br />
Quoi qu’il en soit, c’est effectivement le coté comédie qui fonctionne le mieux. Enfin, ça doit dépendre à quel niveau on fonctionne, mais un type qui dort dans son vomi avec le chat qui s’en régale moi ça m’éclate. Cela dit on ne se claque pas la cuisse toutes les trente secondes, il serait plus juste de dire que le film s’autorise de temps à autre des incursions comiques plutôt qu’il s’agit d’une comédie à proprement parler.<br />
Du coup, je dois admettre ne pas avoir des masses de choses à dire sur le film. Avouons tout de même qu’il n’est pas moche, malgré le fait que ça se passe à Trouduc-les-Oyes. Par contre la narration est éclatée en flash-back multiples (le gars racontant son adolescence, mais revenant ponctuellement sur sa vie d’adulte), ce qui n’est pas une mauvaise chose en soit (au contraire c’est toujours bon à prendre) mais qui ici dévie le propos dans tous les sens, le film ne semblant trop savoir ce qu’il tient à représenter : chronique adolescente ? film de famille ? peinture sociale ? C’est un peu trop youplala comme ça vient. Du coup, ça m’en touche un peu une sans bouger l’autre.</p>
<p>Cette sélection commence donc pas mal du tout ! Mais cela sera-t-il suffisant pour figurer dans Ze Palmarès, classement dont on connaît la rigueur et l’exigence sans commune mesure ? Vous le saurez en lisant <a title="Cannes 2009, ep.2" href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-2/">la deuxième partie de ce trépidant feuilleton</a> !</p>
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		<title>Festival du cinéma asiatique de Deauville 2009</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/festival-du-cinema-asiatique-de-deauville-2009/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/festival-du-cinema-asiatique-de-deauville-2009/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2009 20:53:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au programme : All around us (Hashiguchi Ryosuke, 2008), Breathless (Yang Ik-June, 2008), Chant des mers du sud (Marat Sarulu, 2008), Claustrophobia (Ivy Ho, 2008), L’Enfant de Kaboul (Barmak Akram, 2008), Members of the Funeral (Baek Seung-Bin, 2008), Naked of Defenses (Ichii Masahide, 2008), The Schaft (Zhang Chi, 2008), Trivial Matters (Pang Ho-Cheung, 2007), Fireball (Thanakorn Pongsuwan, 2009), The Chaser (Na Hong-Jin, 2008), The divine Weapon (Kim Yoo-Jin, 2008), The Moss (Derek Kwok, 2008), The Sniper (Dante Lam, 2007), 24 City (Jia Zhang-Ke, 2008), All about Women (Tsui Hark, 2008), Jay (Francis Xavier Pasion, 2008), Secret Sunshine (Lee Chang-Dong, 2007) et Yamagata Scream (Takenaka Naoto, 2009)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ici et du Maintenant, ep.8</strong><br />
(<a title="ep.7" href="http://insecte-nuisible.com/fim-ete-2008/350/">lire l’épisode précédent</a>)<br />
et/ou<br />
<strong>Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite, ep.6</strong><br />
(<a href="http://insecte-nuisible.com/retrospective-shochiku-septembre-2008/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>Avant de continuer avec la deuxième partie de la critique de <a title="Ten Nights of Dream" href="http://insecte-nuisible.com/ten-nights-of-dream-omnibus-nikkatsu-2006-1/222/">Ten Nights of Dream</a>, un petit retour sur cette ensoleillée et médiocre onzième édition du festival du film asiatique de Deauville. Ca va me permettre entre autres de déterrer provisoirement mes fameux films de l’<a title="Films de l'Ici et du Maintenant" href="http://insecte-nuisible.com/ici-et-maintenant/">Ici et du Maintenant</a> et de l’<a title="Films de l'Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite" href="http://insecte-nuisible.com/ailleurs-et-pas-tout-de-suite/">Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite</a>, délaissés depuis longtemps et qui retournent immédiatement à leur léthargie.<br />
D’ailleurs, pourquoi cette catégorie bâtarde ? Simplement parce qu’on ne peut que déplorer qu’un festival, alors qu’il devrait être un espace d’exploration et de découverte de films rares et inattendus, devienne un lieu d’avant-premières de films qui sortent en salles ou DVD dans les mois qui viennent&#8230; il doit en avoir au moins quatre dans le lot (je vous rassure de suite, <strong>My dear Enemy</strong> n’est pas dans la liste) et si ça se trouve j’en loupe. D’autant plus gênant que le nombre de salles de projection a été réduit, difficile alors que ne pas penser que chaque <strong>Chaser </strong>ou<strong> 24 City</strong> programmé c’est un film qui apporte vraiment un plus à la sélection qui ne l’est pas (le nouveau Sono Sion ? Ishii Katsuhito ?). Sans même aller chercher sur le plan il est vrai subjectif de la sélection proprement dite, bien paresseuse. Enfin&#8230; sur ce sujet je vous laisse lire <a title="on touche le fond [nihon-eiga]" href="http://nihon-eiga.over-blog.com/article-29092203.html">l’article de Guillaume</a> et je m’attelle aussitôt au compte-rendu des films.<br />
En vous prévenant tout de même que, comptant à l’origine ne rien écrire, j’ai pris aucune note de la semaine et que ça risque d’être parfois folklo et/ou expédié. Les films dont le titre est suivi d’un astérisque sont ceux que j’avais déjà eu l’occasion de voir (en salle, en DVD, ou téléchargés comme un porc par torrent) et que je ne suis pas retourné voir.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/all-around-us-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Des gens qui dorment par terre, Epikt ne peut qu’aimer</div>
<p><span class="titrerevue">Compétition officielle</span></p>
<p><a name="around"></a><strong>All around us</strong> de Hashiguchi Ryosuke : hasard de l’ordre alphabétique, on commence par le dernier film vu. Et bon film en plus, même si après une entame très enlevée le film se plombe un peu au bout d’une vingtaine de minutes. La faute à un enfant mort né (ce qui devrait être interdit par la charte de la bonne conduite cinématographique) qui entraîne les personnages et le film dans la dépression. Heureusement le film reprend du poil de la bête sur la dernière heure en même temps que le couple retrouve ses marques. Et ça se finit bien, donc c’est chouette.<br />
En passant, une ou deux remarques que la mise en scène de Hashiguchi, principalement composée de longs plans séquences. La preuve que de temps à autre j’aime ça – quand cela est fait avec une certaine sensibilité et un talent d’écriture, pas uniquement parce qu’on trouve cool de montrer un type qui fume une clope en entier. D’ailleurs, le meilleur de tous (un des plus marquants en tout cas)(et, parce que ses effets jouent dessus, peut-être bien justement du fait de sa longueur)  est parmi les plus longs, une dizaine de minutes sans doute. On y voit notamment en arrière plan deux enfants qui chahutent et on devine bien qu’ils vont casser quelque chose (on se doute même de ce que cela va être), on y fait donc attention tout en suivant la discussion des adultes en premier plan. Mais le moment venu Hashiguchi braque l’attention du spectateur (pourtant vigilant) sur autre chose, de manière à ce que la casse prenne au dépourvu et surprenne malgré tout. Et le plan continue.<br />
Pour finir, le film comporte pas mal de scène de tribunal (autre chose qui devrait être interdit par la charte de la bonne conduite cinématographique) et ma foi celles-ci sont très belles ! Cela mérite d’être signalé. Le problème des scènes de tribunal dans les films, c’est qu’elles sont souvent là comme espace de débats et de déclamations, principalement focalisées sur le texte et le contenu purement informatif, en deux mots c’est hyper balourd. Dans <strong>All around us</strong> le personnage est dessinateur d’audience, croquant sur le vif le procès, et Hashiguchi relègue en arrière plan l’aspect purement judiciaire pour braquer son regard sur le public, sur des petits détails (splendide scène où le personnage observe les chaussures des gens), sur les réactions aux événements plutôt qu’aux événements eux-mêmes,&#8230; parti pris gagnant si vous voulez mon avis, qui mériterait d’être généralisé même dans les cas où le scénario n’appelle pas ce genre de regard.</p>
<p><a name="breathless"></a><strong>Breathless</strong> de Yang Ik-June : Assez rigolo ce <strong>Breathless</strong>, puisque les trois premiers quarts du métrage sont une succession quasiment ininterrompue d’insultes, de crachats et de coups de points dans la gueule ; tout le monde insultant tout le monde et tapant sur tout le monde. Une habitude dans le cinéma coréen diront certains, mais « oui, mais non ». Parce que là c’est quand même hyper poussé (ce qui n’est pas une qualité en soit, et qui par certains cotés dessert le film en le rendant un peu nawak), mais surtout parce que <strong>Breathless </strong>m’a semblé bien moins aseptisé et lisse qu’un bon paquet de films coréens récents montrant pourtant le même genre d’actes. Il y a dans le film un coté brutos qui rappelle le cinéma des années 90, un peu branquignol mais beaucoup plus vivant. Et parce qu’enfin, émergent au milieu de chaos méprisant et vantard quelques pointes d’humanité plutôt justes.<br />
<strong>Breathless </strong>aurait donc pu faire office de chouette surprise si (en plus de déjà tomber dans le mauvais goût au court du film à l’occasion de deux flashbacks ridicules) la fin n’était pas aussi naze. Non mais franchement, que le caïd se fasse assassiner pile poil le jour où il décide de prendre un taf honnête et que son neveu l’attend pour son spectacle scolaire de fin d’année, un peu comme dans le <em>drama </em>du samedi aprèm sur KBS, qui peut prendre ça au sérieux ?<br />
Prometteur donc, mais raté quand même.</p>
<p><a name="chant"></a><strong>Chant des mers du sud</strong> de Marat Sarulu : film <em>Ushuaia </em>très typé festival, avec des beaux paysages de la steppe dedans, des chevaux, la liberté tout ça&#8230; le pire c’est que c’est même pas dégueulasse, mais ça a beaucoup trop une tête de film pour bobos en soif d’exotisme.<br />
Reste que selon toute vraisemblance il s’agit de mon premier film kirghiz, ce qui se fête.</p>
<p><a name="claustro"></a><strong>Claustrophobia</strong> de Ivy Ho : le film se présente sous la forme de flashbacks successifs, ce qui peut être une bonne idée (dans <strong>Peppermint Candy</strong> par exemple, ou encore <strong>Irréversible</strong>) mais qui sonne ici comme un gimmick sans trop d’intérêt. Il manque en effet d’un vrai mystère ou d’un événement fort qui motiverait ce retour en arrière, car dans l’état actuel des choses le film n’y gagne rien et aurait été tout aussi bien monté dans l’ordre chronologique.<br />
Sinon ça se regarde (sans pour autant être mémorable), si on passe sur les scènes de pluie où les personnages font exprès d’être mouillés pour bien montrer combien ils sont tristes et malheureux.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/trivial-matters-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Du karaoke, Epikt ne peut qu’aimer</div>
<p><a name="kid"></a><strong>L’Enfant de Kaboul</strong> de Barmak Akram : ceux à qui le titre donne envie de voir le film peuvent arrêter de lire ce blog. De mon coté j’y suis allé quand même, mais seulement parce que j’avais rien à faire.<br />
Tout comme <strong>Chant des mers du sud</strong> c’est un film <em>Ushuaia </em>d’Asie centrale, mais bénéficiant en tant que film de pays en guerre d’un bonus « bonne conscience +10 », bonus doublé pour les adeptes du commerce équitable. Sinon, oui il s’agit de mon premier film afghan, mais à la sortie de la salle j’aurais préféré fêter un bon film.</p>
<p><a name="members"></a><strong>Members of the Funeral</strong> de Baek Seung-Bin : grosse déception pour un film qui avait du potentiel (après <strong>Breathless</strong>, une mauvaise habitude des films de nouveaux réals coréens). On y trouve en effet tout plein de choses bien, autant dans la mise en scène qui est plutôt pas mal que dans quelques trips bien déviants (du genre une gamine leucémique qui crache du sang dans un cahier pour faire une décalcomanie souvenir). Voilà seulement, le film se présente comme une mise en abyme de mise en abyme de mise en abyme, avec un air de « t’as vu comme je suis super intelligent et que t’y piges que dalle car mon film il est trop supérieur », ce qui à vrai dire ne mène un peu à rien si ce n’est à vouloir faire passer des vessies pour des lanternes.</p>
<p><a name="naked"></a><strong>Naked of Defenses</strong> de Ichii Masahide  : ça fait toujours du mal de dire ça d’un film japonais, mais déjà que c’est très cheap (ce qui n’est pas un défaut en soit) mais c’est surtout mené avec des gros sabots (frisbee mon amour !). En fait le film doit surtout servir de vidéo souvenir au réalisateur puisqu’on y voit sa femme, actrice principale, accoucher en frontal. J’attends avec impatience le numéro deux avec les premiers pas du gamin (quoi que le sixième, porno gay intimiste dépeignant son<em> coming-out</em> et son dépucelage dans un marché au poisson, s’annonce lui aussi bien cool).</p>
<p><a name="schaft"></a><strong>The Schaft</strong> de Zhang Chi : encore un film de « pays pauvre » du genre que les élites intellectuelles bien-pensantes françaises aiment bien, sur des gens dans un village minier de Chine occidentale cette fois (à croire que chaque édition du festival a <a title="La petite fille de la terre noire" href="http://insecte-nuisible.com/la-petite-fille-de-la-terre-noire-jeon-soo-il-2007/205/">son film de mineurs</a>). C’est pas forcément folichon mais cela a toujours plus de gueule que Chant des mers du sud et <strong>L’Enfant de Kaboul</strong> : certes il faut se taper une première partie plus lourdingue que le reste (symboles à-la-con <em>inside</em>) mais ponctuellement le film touche juste (la toute dernière séquence par exemple). C&#8217;est donc pas si mal.<br />
N’empêche que je cautionne pas pour autant. Perso j’aurai sabré le chapitrage, bancal et inutile, pour fusionner les trois histoires en une seule – mais c’est du détail. Le gros problème est que le film fait tout pour contenir la moindre émotion, ne rien laisser échapper (ce qui, en langage journalistique s’appelle une « douleur sourde », souviens-t-en z’en), à adopter le regard le plus détacher possible. Dès lors on a le droit de s’en foutre, non ?</p>
<p><a name="trivial"></a><strong>Trivial Matters</strong> de Pang Ho-Cheung : mon préféré du festival (cela dit, je n’en ai vu que deux de vraiment bons), un film à sketchs un premier temps comique et absurde, se défaisant progressivement de ces deux étiquettes en cours de route. Des films à sketch il est coutume de dire que tout ne vaut pas, et c’est sans doute un peu vrai pour <strong>Trivial Matters</strong>, mais grosso-modo tout est bon. Faut dire que j’ai particulièrement aimé le segment avec les deux amies d’enfance (le cinquième) qui n’est visiblement pas du goût de tout le monde (c’est le plus long et le seul dépourvu d’humour). Mais il y a des scènes de karaoke (je suis obligé d’aimer) et du coup c’est mon préféré après le premier sketch (splendide film qui confronte les confessions à un sexologue de deux amants, faisant ressortir des malentendus toujours très drôles). Qui plus est c’est très bien mis en scène, ce qui était rare cette semaine abonnée aux trucs plan-plan.</p>
<p>Pas vus : <strong>Firaaq </strong>(un film indien, à-la-con sans aucun doute) et <strong>Island Etude</strong> (avec un sourd qui fait le tour de Taiwan à vélo, ahah).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/fireball-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Des scènes de pluie, Epikt ne peut que <span style="text-decoration: line-through;">aimer</span> trouver ça lourd</div>
<p><span class="titrerevue">Action Asia</span></p>
<p><a name="fireball"></a><strong>Fireball</strong> de Thanakorn Pongsuwan : film de basketball de combat, incroyablement crétin et incroyablement nul, farci des séquences nunuches à trois sous, cadré par un aveugle et monté par un creutzfeldt-jakobien. Par contre c’est hyper bourrin, ça fait donc plaisir, et au coeur de cette sélection où tout était joué d’avance j’aurais bien aimé qu’un jury de sales gosses le récompense en lieu et place de <strong>The Chaser</strong>.</p>
<p><a name="chaser"></a><strong>The Chaser</strong> * de Na Hong-Jin : un thriller coréen <em>post-<strong>Oldboy</strong></em> tout ce qu’il y a de plus classique mais plutôt correct dans son genre, sans doute même le moins pire de tous ceux que j’ai pu voir ces dernières années.<br />
Cela dit sa sélection ici laisse songeur. Un premier temps parce que le film avait déjà été projeté à de multiples reprises et sort la semaine d’après. Mais surtout parce que sans véritable challenger tout ça ressemble plus à une entreprise promo lui garantissant un prix à coller sur l’affiche.</p>
<p><a name="weapon"></a><strong>The divine Weapon</strong> * de Kim Yoo-Jin : grande fresque historique où on apprend comment les coréens ont inventé une sorte de baliste à propulsion (histoire vraie, patati patata) pour défendre la patrie contre ces bâtards de chinois. C’est mou et sans grand intérêt, et bien évidemment plombé par le patriotisme gerbant typique de ce genre de productions.</p>
<p><a name="moss"></a><strong>The Moss</strong> de Derek Kwok : une ouverture splendide avec de plans de ouf de Hong-Kong, mais pas de bol le film part en sucette au bout d’une vingtaine de minutes. Et retour aux ingrédients de base : nian-nianseries, violence démonstrative et montage épileptique&#8230; mais pas autant que <strong>The Sniper</strong>.</p>
<p><a name="sniper"></a><strong>The Sniper</strong> de Dante Lam : une des pires bouses du festival, encombré de poncifs absolument splendouillets, mis en scène avec les tongs avec plein d’effets à la mords-moi-le-noeud (dont un magnifique <em>bullet-time</em> suivant une balle de fusil qui percute une pièce de monnaie, pièce qui tourbillonne dans les airs avant que la caméra ne passe à travers le trou percé par la balle)(le film préféré du réalisateur doit être <strong>Piège à Hong-Kong</strong>). Et fait malheureusement parti de ces nanars qui sont plus rigolos à se rappeler la stupidité que durant la projection, particulièrement ennuyeuse (sauf peut-être pour ceux qui aiment quand Edison Chen prend des poses).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/all-about-women-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Une fille à lunettes et coiffure Mireille Mathieu, Epikt ne peut qu’aimer</div>
<p><span class="titrerevue">Panorama</span></p>
<p><a name="24"></a><strong>24 City</strong> de Jia Zhang-Ke : intéressant parce que mélangeant sans complexe témoignage et fiction, conscient que l’un n’est pas plus vrai ou faux que l’autre. Du coup on se demande quand même ce qui le pousse à monter son film comme des entretiens en longs plans-séquences fixes, cadrés sans particularité et au final franchement chiants (à tel point qu&#8217;on se demande parfois si c&#8217;est pas avec ce film qu&#8217;on torture les dissidents politiques). Les mêmes textes en voix-off sur des vraies images (ce qui est parfois fait) aurait eu vachement plus de gueule, mais voyez-vous ça fait pas assez « film d’auteur ».</p>
<p><a name="women"></a><strong>All about Women</strong> de Tsui Hark : c’est nunuche et con comme une comédie romantique HK peut l’être, mais ça fonctionne pas mal (même si avec Tsui Hark aux manettes on aurait pu l&#8217;espérer plus perché). Le film suit trois personnages dont deux plutôt cool – une nerd atteinte de crispation paralysante dès qu’un homme la touche qui met au point des patch de phéromones pour qu’on tombe amoureux d’elle et une punkette persuadée d’être la petite amie d’un chanteur à la mode – mais je ne sais pas trop pourquoi on ne s’y accroche pas vraiment. Mais si comme moi vous êtes tolérant à ce genre de chose ça devrait passer (ou pas).<br />
Un mot quand même sur quelque chose qui m’énerve sérieusement et qu’on retrouve trop souvent dans ce genre de productions commerciales à la con, les soi-disant rockeurs et autres marginaux qui font de la musique pour adolescentes. Voilà qui me laisse sceptique, mais que puis-je y faire s’ils sont heureux avec leurs lieux alternatifs sponsorisés par des multinationales ?</p>
<p><a name="jay"></a><strong>Jay</strong> de Francis Xavier Pasion : décidément, dès qu’on sort du gros bis qui tache j’ai vraiment pas de bol avec le cinéma philippin, <strong>Jay </strong>se révélant le film LOL du festival. L’idée pouvait être drôle, puisqu’il s’agit d’une équipe de télé qui suit le deuil de la famille d’un bonhomme assassiné de la manière la plus racoleuse possible. Malheureusement la critique de la télé poubelle est bien trop convenue pour faire mouche. Et non content de finalement se résumer à 90 minutes de lamentations simulées le film se paye de luxe d’être tourné en bétacam toute pourrie.<br />
Signalons quand même LE moment fort du film, lorsqu’un petit poussin innocent décède écrasé par un couvercle de cercueil et que l’équipe de télé se fait une séance de photo kawaii avec son cadavre.</p>
<p><strong>My dear Enemy</strong> * de Lee Yoon-Ki : je reviendrai prochainement sur ce film plus en détail, mais c’est sans contestation possible le meilleur film projeté durant ces cinq jours.</p>
<p><a name="secret"></a><strong>Secret Sunshine</strong> * de Lee Chang-Dong : film honnête mais beaucoup trop paresseux, se reposant sur son scénar et ses acteurs. Pour plus de détails je vous invite à lire <a title="Secret Sunshine [cinémasie]" href="http://www.cinemasie.com/fiche/oeuvre/secretsunshine/critiques.html?showext=1#Epiktistes">ce que j’avais écrit sur Cinémasie</a> il y a un peu moins d’un an.</p>
<p><a name="scream"></a><strong>Yamagata Scream</strong> de Takenaka Naoto : LA déception du festival, puisqu’il s’agissait du seul à être vraiment alléchant sur le papier (des écolières et des zombies, forcément) mais peine à convaincre. Il peine à tenir le rythme surtout, car ça commence très bien. Lycéennes <em>kawaii</em>, de l’outrance à chaque instant, des gros délires bien régressistes,&#8230; alors ça oui, ça n’a pas la finesse d’un <strong><a title="Nice no mori" href="http://insecte-nuisible.com/nice-no-mori-ishii-katsuhito-feat-aniki-miki-shunichiro-2005/181/">Funky Forest</a></strong>, mais ça fait du bien par où ça passe (c’est fin <strong>Funky Forest</strong> ? me demande le lecteur outré). Le problème c’est qu’après une première moitié bien chouette le film s’écrase comme un gros soufflé, allant même s’enliser dans des clichés inutiles (cherchant peut-être à approfondir les personnages ? rien à battre !). Et surtout, on n’y trouve ni gros gore qui tache, ni plan culotte, ce qui pour un film de zombies avec des lycéennes est une aberration cosmique.</p>
<p>Pas vus : <strong>A frozen Flower</strong> (film historique coréen avec parait-il du cul dedans), <strong>Beasty Boys</strong> (film de gigolos coréen avec semble-t-il du cul dedans), <strong>Departures </strong>(oscar du film étranger, quelque part ça me fait peur) et <strong>Gochu le violoncelliste</strong> (un jour va falloir m’expliquer ce qui passe par la tête des programmateurs).</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/my-dear-enemy-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Un film de Lee Yoon-Ki avec Jeon Do-Yeon qui fait la gueule, Epikt ne peut qu’aimer</div>
<p><span class="titrerevue">Hommage à Lee Chang-Dong et Regards sur Lee Yoon-Ki</span></p>
<p>Un petit mot, même si je ne suis pas retourné voir les films, sur le coup de projecteur sur deux cinéastes coréens.<br />
Lee Chang-Dong, sans être de mauvais goût, est un choix prout-prout. « Auteur » mais pas mal du tout quand même, c’est le choix de la sécurité. Un peu désespérant quand on sait que tous ses films sont déjà sortis en France et on eu une certaine visibilité. Prout-prout quoi. Quitte à rendre hommage à un grand réalisateur coréen, je vais vous faire un programme moi : hommage à Jang Sun-Woo, avec ses vieux films relativement invisibles (<strong>Seoul Jesus</strong>, <strong>Age of Success</strong>, <strong>Lovers in Woomukbaemi</strong>, <strong>To you from me</strong> et <strong>A Petal</strong>), <strong>Cinema on the Road</strong> et le montage long de <strong>Timeless bottomless bad movie</strong>. Et s’il y a de la place, pour me faire plaisir, <strong>Hwaeom-kyung</strong>. Ça ça a de la gueule, et c’est utile en plus, plutôt que de projeter des films que tout le monde a déjà vu, ou au pire déjà entendu parler et de toute façon peut se procurer facilement.<br />
Par contre, et même si c’est un peu du réchauffé (deux de ses films ont déjà été montrés, et récompensés, à Deauville), la projection des films de Lee Yoon-Ki ne peut que me faire plaisir. Reste à savoir si cela va permettre de faire rentrer dans la tête des gens que Lee Yoon-Ki est de loin le meilleur réalisateur coréen de ces dernières années et qu’il serait pas mal de sortir <a title="Ad-Lib Night" href="http://insecte-nuisible.com/ad-lib-night-lee-yoon-ki-2006/33/"><strong>Ad-Lib Night</strong></a> ou <strong>My dear Enemy</strong> en France, plutôt que <a title="La petite fille de la terre noire" href="http://insecte-nuisible.com/la-petite-fille-de-la-terre-noire-jeon-soo-il-2007/205/"><strong>La petite fille de la terre noire</strong></a> ou <strong>A Tale of legendary Libido</strong>.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/kim-kkot-bi-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">De la choupiness et des joues, Epikt ne peut qu’aimer</div>
<p><span class="titrerevue">Ze Palmarès</span></p>
<p>Prix Mac Gyver de la geekette sexy : je ne sais plus qui dans <strong>Yamagata Scream</strong>, pour avoir fabriqué un pisto-laser avec un téléphone portable et un tank avec un motoculteur<br />
Prix du flashback moisi et de la fin merdique dans un film pourtant pas mal : <strong>Breathless</strong><br />
Prix de la technique de drague qui tue : Edison Chen dans <strong>Trivial Matters</strong><br />
Prix du petit poussin involontairement sacrifié sur l’autel de l’art : <strong>Jay</strong><br />
Prix des scènes de tribunal qu&#8217;elles sont même pas pourrites : <strong>All around us</strong><br />
Prix de vrac de la gamine leucémique qui crache des glaviots, du cadavre qui régurgite et du polaroïd d’animaux morts : <strong>Members of the funeral</strong><br />
Prix de l’actrice choupinette et joufflue : Kim Kkot-Bi dans <strong>Breathless</strong></p>
<div class="note">Copinage : en plus <a title="on touche le fond [nihon-eiga]" href="http://nihon-eiga.over-blog.com/article-29092203.html">celui de Guillaume sur Nihon-Eiga</a>, vous pouvez aussi lire <a title="Compte-rendu Deauville 2009 [dooliblog]" href="http://dooliblog.com/2009/03/16/compte-rendu-deauville-2009-competition/">le compte rendu de Pierre sur le Dooliblog</a>.</div>
<div class="note" style="text-align: right;"><a href="http://insecte-nuisible.com/cannes-2009-1/">Episode suivant des F.A.P.S.</a></div>
<div class="note">
<p>Images : All around us, Trivial Matters, Fireball, All about Women, My dear Enemy, Kim Kkot-Bi</p></div>
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		<title>Rétrospective Shochiku (septembre 2008)</title>
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		<comments>http://insecte-nuisible.com/retrospective-shochiku-septembre-2008/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 03 Oct 2008 10:21:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Ailleurs et Pas-tout-de-Suite]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma japonais]]></category>
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		<description><![CDATA[Au programme : Fleur pâle (Shinoda Masahiro, 1964), La Femme de la brume (Gosho Heinosuke, 1936), Coeur enchaîné (Shimizu Hiroshi, 1937), Le Samouraï du crépuscule (Yamada Yoji, 2002), Choeur de Tokyo (Ozu Yasujiro, 1931), Le Visage (Sakamoto Junji, 2000), Yae, notre petite voisine (Shimazu Yasujiro, 1934), Tora-san (Yamada Yoji, 1969 &#038;+), La Saison des mauvaises femmes (Shibuya Minoru, 1958) et Contes des chrysanthèmes tardifs (Mizoguchi Kenji, 1939).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite, ep.5</strong><br />
(<a title="ep.4" href="http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises/399/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>Ce numéro des Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite de la rentrée – le premier depuis de longs mois – sera, actualité oblige, consacré exclusivement aux films projetés lors de la rétrospective consacrée au studio Shochiku par la <a title="site de la MCJP" href="http://www.mcjp.asso.fr/">Maison de la Culture du Japon à Paris</a> du 9 septembre au 4 octobre 2008 ; deuxième d’une série de quatre, après celle de l’année dernière consacrée à la Nikkatsu.<br />
Une rétrospective dont rien que le programme avait suffit à provoquer la déception de certains, et pour cause une programmation trop peu ambitieuse quasiment dépourvue d’inédits. En espérant que les prochaines rétros (Toei et Toho) fassent preuve de plus d’audace et d’esprit de découverte, en espérant aussi que les gens se déplacent pour aller voir les films et que les médias s’y intéressent un peu, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas. Qu’à cela ne tienne, l’équipe de choc de l&#8217;Insecte Nuisible y était (de temps en temps).<br />
Et d’un certain coté, mis à part le fait que le « rôle » de ce genre d’événement n’est pas forcément de proposer des films déjà vus cinquante fois et disponibles en DVD, cette programmation convenue n’est pas une mauvaise chose : pour moi qui, c’est bien connu, ne connais pas mes classiques et vois là l’occasion de se motiver à les voir (imaginez-moi devant les bacs de DVD « Tiens ! Un Ozu, ça sera une bonne idée ça, t’as un blog de cinéma japonais et t’en as jamais vu de ta vie, ça la fout mal quand même&#8230; Oooh ! Un film avec une limace tueuse ! Y me le foooooo ! ») mais aussi pour toi ami lecteur qui ne regrettera pas de ne pas être parisien et retraité/chômeur puisque si ça te fait envie tu pourras te les procurer (la plupart en tout cas) à ton Prisunic préféré en bas de chez toi !</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/fleur-pale-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Fleur pâle</strong> (Shinoda Masahiro, 1964)</div>
<p><a name="fleur"></a>Tout d’abord un petit mot rapide du très joli <strong>Fleur pâle</strong> (Masahiro Shinoda, 1964), pas forcément frais dans mes souvenirs (j&#8217;avoue, je l&#8217;ai vu fin août, je crois) mais très joli. L’histoire d’un yakuza qui sort de prison et qui fait la rencontre d’une jeune fille dans une salle de jeu clandestine. Le genre de fille qu’on rencontre que dans les films d’ailleurs, c’est pas possible autrement. Enfin bref&#8230; j’avoue mon peu d’attirance pour les films de yakuza mais celui là est très chouette. Sans doute parce qu’il n’y est pas vraiment question de gang et autres, et qu’il s’agit surtout de leur histoire à eux deux, de la manière qu’à la fille de flamber son argent et d’enflammer les coeurs. Et tout à fait entre nous, Kaga Mariko est une demoiselle absolument ravissante. Mais à part ce genre de petits dérèglements hormonaux, ce qui est beau dans le film se sont surtout les scènes de jeu, où rien qu’avec le montage (et le son), Shinoda fait des choses sublimes.</p>
<p><a name="femme"></a>On poursuit en douceur, avec deux films de la fin des années 30 où étrangement on retrouve un même thème, des mères pour qui leurs enfants sont toute leur vie, un thème qui pour être tout à fait honnête m’agace un peu beaucoup. Mais je suis un grand garçon, je fais avec.<br />
<strong>La Femme de la brume</strong> (Gosho Heinosuke, 1936) conte l’histoire bien compliquée de ce couple de commerçants sans enfants dont l’homme va assumer la grossesse de son ex-maîtresse, tout ça pour couvrir son neveu (le véritable papa donc) auprès de sa mère (la soeur de l’oncle donc) qui ne se remettrait pas que son fils chérie en qui elle place tant d’espoir engrosse une hôtesse de bar de quinze ans son aînée. Un film assez rigolo donc et qui se laisse bien suivre. Par contre – et là je sais pas si c’est moi qui fume des choses pas nettes – sur le début du film le montage m’a semblé bien particulier, plein de sautes d’axe notamment – ce qui en fait n’est pas du tout un reproche, vous savez que <a title="Apologie du faux raccord" href="http://insecte-nuisible.com/apologie-du-faux-raccord-1-sada-de-obayashi-nobuhiko/">j’adore les faux raccords</a>, d’autant plus qu’à l’époque la grammaire cinématographique devait être moins figée qu’à l’époque. Mais dès que j’essaye d’y faire plus attentivement attention, voilà que hop y a plus de sautes d’axe&#8230; peut-être ai-je simplement été abusé par un montage parfois foisonnant. Par contre, oh mon dieu qu’est-ce que ce film est dialogué ! On aimerait bien qu’ils se taisent un peu est que la caméra prenne un peu de liberté par rapport aux lignes de texte.</p>
<p><a name="coeur"></a>Du coup j’ai préféré <strong>Coeur enchaîné</strong> (Shimizu Hiroshi, 1937) vu le même jour. Encore une hôtesse de bar, mais cette fois c’est elle la maman poule. Justement, si son fils l’aime beaucoup et est très fier que sa maman soit jeune, gentille et jolie, il commence à ne plus assumer son métier depuis que ses amis refusent de jouer avec le fils d’une femme « légère ». Classique, mais sympa. <strong>Coeur enchaîné</strong> est beaucoup plus typé « film de studio » – comprendre par là entre autres que les décors pètent à la gueule du spectateur, trop souvent sous le même angle de prise vue qui plus est – que pouvait l’être <strong>La Femme de la brume</strong> ; mais il est aussi mieux mis en scène, léché d’une manière parfois un peu figée mais pas désagréable. Et surtout il sait se ménager quelques séquences non dialoguées, et ça ça fait du bien !</p>
<p><a name="samourai"></a>On m’en avait déjà dit le plus grand bien et je confirme, <strong>Le Samouraï du crépuscule</strong> (Yamada Yoji, 2002) c’est très bien. Assez étonnant aussi. Car si dans la mise en scène, contrairement à bon nombre de films historiques ou <a href="http://insecte-nuisible.com/chambardements-5-demons-et-post-modernisme/">chanbara récents</a> qui ont tendance à dépoter un peu plus, le film de Yamada Yoji est très old-school et pourrait même presque passer pour un film des 60s, son sujet et le traitement qu’il en fait me semble tout à fait singulier. Enfin&#8230; peut-être présume-je de ma connaissance du <em>jidai-geki</em> qui a sans doute déjà abordé ce genre de thème. Après tout <a title="Les sept samourais" href="http://insecte-nuisible.com/chambardements-1-code-d-honneur-et-decadence#sept"><strong>Les sept Samouraïs</strong> de Kurosawa Akira</a>, sans doute le plus emblématique et le plus connu d’entre tous a déjà pour héros des samouraïs pauvres.<br />
Mais je me dis quand même que le film de Yamada a une patte spéciale. Situé (encore une fois !) quelques années avant la restauration Meiji et la « fin des samouraïs » il délaisse pourtant le propos historique (plus ou moins métaphorique) de fin de caste et d’occidentalisation pour en quelque sorte un glissement du samouraï vers le paysan. Un glissement qui n’a rien d’une déchéance (même si les temps sont durs que notre samouraï fait parfois pâle figure), le héros étant plein de modestie et dépourvu d’ambition autre que tranquillement voir ses filles grandir. Il y a également une touche réaliste qui va à l’encontre des grandes fresques et de la grande Histoire (ce qui n’est pas pour me déplaire), comme de l’action à tout crin.<br />
Et si on passe sur la petite faute de goût qu’est de faire raconter le film en voix-off par sa fille (superflu, légèrement larmoyant aussi peut-être) et sur le temps que le film met à se mettre en place (ce qui n’est jamais un défaut), <strong>Le Samouraï du crépuscule</strong> est plutôt beau. C’est cadré sans fioritures, très sobre même, mais avec élégance ; idem du montage loin d’être expérimental mais fluide et maîtrisé. Il y a en fait dans tout cela une simplicité et une sérénité qui siéent parfaitement au personnage, même si celui-ci présentera par la suite des failles.<br />
Et que les fans se rassurent (façon de parler) il y a quand même un duel au sabre. Mais déjouant les attentes et parfaitement inattendu dans son traitement, et pour tout dire absolument magnifique. Va falloir que je jette un oeil aux autres films de samouraï du réalisateur (<strong>La servante et le samouraï </strong>et <strong>Love and Honor</strong>), qui forment apparemment une trilogie avec ce Samouraï du crépuscule.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/samourai-du-crepuscule-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Le Samouraï du crépuscule</strong> (Yamada Yoji, 2002)</div>
<p><a name="choeur"></a>Je serais plus bref sur <strong>Choeur de Tokyo</strong> (Ozu Yasujiro, 1931) car en toute franchise y a rien de spécial à voir. Ozu il parait que ça roxe, alors pourquoi ce film anecdotique ? Parce qu’en fait je pensais commettre un énorme blasphème mais on m’a affirmé qu’en effet on était loin des meilleurs films du réalisateur.<br />
Mais revenons au film, on y voit un type se faire renvoyer pour avoir protester suite au licenciement d’un de ses collègues et aider son ancien professeur à ouvrir son petit restaurant. Et pour y aller rapidement si on excepte les quelques passages comiques pas mal foutus (on est quand même loin de la finesse et du rythme d’un Chaplin) le film n’accroche pas, d’un coté trop léger et de l’autre pas assez drôle, et mis en scène de manière très classique. En fait il est bien possible qu’on titille là mon peu d’affinité avec le cinéma muet (enfin&#8230; « non sonore »).</p>
<p><a name="visage"></a>Retour au cinéma récent avec <strong>Le Visage</strong> (Sakamoto Junji, 2000), qui suit la cavale d’une fille un peu pataude et pour tout dire par forcément finaude recherchée par la police pour avoir tué sa soeur et être partie avec les dons de la cérémonie funéraire de sa mère récemment décédée (oui, c’est glauque), tout ça dans le but de retrouver son père qui s’est tiré quand elle avait dix ans. Elle ne trouvera finalement pas son père et va donc bourlinguer d’ici et de là. Pour une raison ou une autre Le visage m’a rappelé le très chouette <strong><a title="Memories of Matsuko" href="http://insecte-nuisible.com/faps-avril-2008/392#matsuko">Memories of Matsuko</a></strong>&#8230; enfin, surtout dans ses thèmes car il lui manque justement tout ce qui faisait de <strong>Memories of Matsuko</strong> un bon film : son point de vue unique et sa mise en scène survoltée. Alors même si <strong>Le Visage</strong> n’est pas forcément une catastrophe il est surtout sans grande saveur. Ralala, quelle plaie ces films pas forcément mauvais mais qui ne nous touchent pas une seconde et qu’on aura oublié dans trois jours !</p>
<p><a name="yae"></a>On continue notre yoyo temporel avec <strong>Yae, notre petite voisine</strong> (Shimazu Yasujiro, 1934), ma foi une bonne surprise. En quelque sorte, c’est une <em>sitcom </em>: on a deux maisons qui se font face, les premiers ont deux fils, les seconds deux filles et tout le monde fait partie des meuble chez le voisin d’en face. La situation se dérègle quand la fille aînée du second couple rentre chez ses parents après avoir quitté son mari, et commence à faire de l’ombre à sa cadette (la Yae du titre) dans sa conquête du coeur du fils aîné d’en face (forcément).<br />
En fait mon impression (terriblement anachronique) de <em>sitcom </em>ne vient pas tellement de la configuration « de voisinage » de l’intrique, typique de ce genre de séries, mais plutôt de quelques scènes de comédie qu’on pourrait vaguement qualifier « de situation ». Des scènes très bien menées d’ailleurs, les éléments s’enchaînant avec vigueur, comme dans celle où après avoir renversé successivement plusieurs plats et avoir vainement tenté de camoufler sa maladresse (le film joue d’ailleurs beaucoup sur la gaucherie des personnages, dans la première partie du moins) le jeune homme se fait moquer de lui parce que ses chaussettes ont des trous puis, une fois ses chaussettes enlevées pour être reprisées, parce que ses pieds sont sales, enfin parce que ses chaussettes puent ! Ou celle de la sortie au cinéma qui tourne au calvaire pour la pauvre Yae alors qu’elle l’imaginait si romantique.<br />
On a donc affaire à un film plutôt léger (malgré une tonalité plus grave parfois introduite par la soeur ainée) et dans l’ensemble très plaisant même si on est pas forcément en présence d’un chef-d’oeuvre. Reste qu’à défaut d’être magistralement mis en scène le film est bien écrit (ses dialogues à proprement parler, mais également ses actions dans leur ensemble) et rythmé, ce qui pour le coup suffit à la bonne humeur du cinéphile.</p>
<p><a name="tora"></a>Entre temps, je ne pouvais pas faire l’impasse sur <strong>Tora-san</strong>, série hyper populaire produite par le studio à partir des années 70 et qui avec une petite cinquantaine de films au compteur est une des plus grandes séries cinématographique au monde (c’était la minute « dossier de presse »).<br />
J’ai donc commencé par <strong>C’est dur d’être un homme</strong> (Yamada Yoji, 1969) qui est sauf si je dis une bêtise est le premier de la série. Torajiro (appelé Tora) est un vagabond, un peu yakuza sur les bords à ce qu’il parait, qui revient dans sa famille (son oncle, sa tante et sa petite soeur) après de nombreuses années d’absence. Et le problème c’est que le père Tora il tient pas en place, il se mêle de tout (du mariage de sa soeur entre autres) avec des résultats qui laissent songeur et finalement crée plus d’ennuis qu’il ne résout de problèmes. Mais il a un coeur gros comme ça, donc on l’aime bien quand même.<br />
C’est pas de la grande mise en scène (bien loin du <strong>Samouraï du crépuscule</strong>, certes réalisé trente ans plus tard, du même réal)(à ce sujet et quitte à faire un petit HS, je suis impressionné par la filmographie de Yamada : quasiment intégralement consacrée à <strong>Tora-san</strong> pendant vingt-cinq ans !) mais ça se regarde. Le film étant surtout affaire de dialogues croustillants, alliés à l’entrain de Atsumi Kiyoshi dans le rôle titre. Un film bien drôle donc, en savant être émouvant de temps à autre.<br />
Comme je ne crains rien j’ai enchaîné avec <strong>Lointain pays natal</strong> (Yoji Yamada,1970). Dans ce film Tora se lance dans le projet fou d’être une personne normale avec un boulot honnête (avec de la sueur et du cambouis, sinon c’est pas du jeu) et va atterrir chez une marchande de Tofu. Il aurait même pu accéder à son rêve de vie normale si la fille de sa patronne dont il est amoureux n’avait pas décidé de se marier avec un autre. C’est d’ailleurs une chose qu’on avait déjà dans le premier (sauf que ce n’était pas à ce point central) et il semble que cela constitue un des ressorts inépuisables de la série pour constamment relancer ce brave Tora-san sur les routes.<br />
Quoi qu’il en soit, <strong>Tora-san</strong> c’est bien rigolo. On s’en farcirait pas dix à la suite, mais un de temps en temps ça doit le faire.</p>
<p><a name="saison"></a>On reste dans le léger avec <strong>La Saison des mauvaises femmes</strong> (Shibuya Minoru, 1958), une comédie du genre assez anecdotique. L’argument est aussi classique que propice à des situations cocasses, le patriarche est un gros radin pété de thunes avec une grosse assurance vie et un coffre rempli de diamants, mais du genre increvable qui vivra jusqu’à cent ans et enterrera ses enfants tellement il pète le feu, et que tout le monde veut tuer et/ou extorquer : sa femme, ex-geisha qui avait épousé un vieux dans l’espoir d’hériter plus vite ; la fille de sa femme qui veut sa part du magot avant de foutre le camp pour de bon avec sa nouvelle bagnole ; le neveu du vieux qui veut récupérer la fortune qui fut à son père ; l’ex de la femme qui se fait embarquer la dedans ; un tueur embauché par ce dernier qui essaye de doubler tout le monde,&#8230; Bon, voilà quoi. C’est parfois marrant, mais c’est bien loin de casser des briques.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/contes-chrysanthemes-tardifs-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Contes des chrysanthèmes tardifs</strong> (Mizoguchi Kenji, 1939)</div>
<p><a name="contes"></a>Pour finir, après une série de films au mieux sympatoches, enfin un joli morceau ! <strong>Contes des chrysanthèmes tardifs </strong>(Mizoguchi Kenji, 1939) – très beau titre – donc, que vous vous demandez sans doute probablement comment ça se fait que je ne l’avais toujours pas vu. Mais c’est bien sous-estimer mon ignorance et mon peu d’entrain à cultiver mes classiques (et j’assume).<br />
C’est donc l’histoire, tragique et tout, d’un acteur de théâtre, héritier d’une grande famille d’acteurs donc adulé et flatté comme il sied à son rang, sauf qu’il est très mauvais. Naïf, le bonhomme fini par tomber fou amoureux de la nourrisse de son neveu, la première à lui avoir avoué qu’il joue comme une savate et que les autres jasent derrière son dos. Quand à la fille, elle lui promet de l’aider à devenir un grand acteur (en passant, ces histoires de femmes totalement dévouées à leur mari ça commence à me gonfler un tantinet, mais passons). Malheureusement la famille du bonhomme apprend leur liaison pourtant tout ce qui a de plus platonique, s’inquiète de la rumeur et donc donne son congé à la nourrisse et la renvoie dans sa famille. Le jeune homme claque alors la porte et s’en va devenir un grand acteur loin du prestigieux théâtre familial.<br />
Récit initiatique et grand amour impossible et tout le tralala.<br />
Premier constat quand même, c’est joli. Les cadres sont beaux, composés avec soin, les mouvements de caméra amples et élégants. Ça reste toutefois un peu fixe quand même, surtout sur la partie centrale, fonctionnant pour beaucoup dans une logique de tableau : une scène est filmée en plan séquence le plus souvent fixe, cadré en pied ou demi ensemble. Alors c’est certain, mieux vaut un joli tableau bien foutu qu’un découpage sans rythme et sans surprise. Mais le problème c’est que, ne bougeant rarement la caméra dans ces scènes, ces dernières restent figées dans un état souvent neutre.<br />
Là où la mise en scène de Mizoguchi est étrange, c’est que – lui qui filme les scènes de vie quotidienne en plan fixe de demi ensemble comme sur une scène – il découpe énormément (enfin, tout est relatif) les scènes de théâtre. Celles-ci sont d’ailleurs très belles. Non seulement il coupe et il monte, montrant les spectateurs et les coulisses, jusqu’à parfois procéder en narration alternée (ce qu’il fait nulle part ailleurs dans le métrage), mais il joue également sur la valeur des plans (encore une fois ce qui n’arrive pas ailleurs)(il faudrait vérifier, mais j’ai par exemple l’impression qu’à part lors des scènes de théâtre il n’y a pas un seul gros plan du film), sur les changements d’angle de prise de vue, sur la musique également. En résulte des scènes vraiment rythmées, surtout comparées au déroulé bien patapouf du reste du film, à se demander s’il n’y a pas plus de vie dans le théâtre que dans la « vraie vie » (et alors la femme, en l’encourageant à jouer sans se soucier d’elle, doit avoir raison quelque part).<br />
Cela dit je ne voudrais pas avoir l’air de dénigrer les deux heures de film qui ne mettent pas en scène le théâtre, hein. Comme je l’ai déjà fait remarquer, c’est très élégant et maîtrisé. Et j’aime particulièrement la manière dont il effectue la transition entre deux tableaux par des mouvements de caméra très fluides (longs travellings le plus souvent), ne rompant pas le plan séquence. En fait c’est sans doute quand je vois avec quelle maîtrise il bouge sa caméra que je regrette qu’il ne le fasse pas plus souvent.</p>
<p><strong>Etaient également programmés :</strong><br />
La Vengeance d’un acteur (Kinugasa Teinosuke, 1935)<br />
Courant chaud (Yoshimura Kozaburo, 1939)<br />
Il était un père (Ozu Yasujiro, 1942)<br />
Quel est ton nom ? (Oba Hideo, 1953)<br />
Vingt-quatre prunelles (Kinoshita Keisuke, 1954)<br />
La Rivière noire (Kobayashi Masaki, 1957)<br />
Contes cruels de la jeunesse (Oshima Nagisa, 1960)<br />
Le Sang séché (Yoshida Kiju, 1960)<br />
Kyoto (Nakamura Noboru, 1963)<br />
Tora-san : La Fleur du souvenir (Yamada Yoji, 1973)<br />
Le Vase de sable (Nomura Yoshitaro, 1974)<br />
<a title="Les derniers samourais" href="http://insecte-nuisible.com/chambardements-1-code-d-honneur-et-decadence#last">Les derniers samouraïs</a> (Misumi Kenji, 1974)</p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://insecte-nuisible.com/festival-du-cinema-asiatique-de-deauville-2009/363/">Lire l’épisode suivant</a></p>
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		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>F.A.P.S. mai 2008 : revues cannoises</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises/</link>
		<comments>http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 06 Jun 2008 09:34:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Yin Lichuan]]></category>

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		<description><![CDATA[Au programme : Knitting (Yin Lichuan, 2008), Now Showing (Raya Martin, 2008), The Pleasure of being robbed (Josh Safdie, 2008), Four Nights with Anna (Jerzy Skolimowski, 2008), Eldorado (Bouli Lanners, 2008), La Fête de la fille morte (Matheus Nachtergaele, 2008), Tokyo! (Michel Gondry, Leos Carax &#038; Bong Joon-Ho, 2008), Tokyo Sonata (Kurosawa Kyoshi, 2008) et Soi Cowboy (Thomas Clay, 2008).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite, ep.4</strong><br />
(<a title="ep.3" href="http://insecte-nuisible.com/faps-avril-2008/392/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>Donc non je ne suis pas un sale privilégié qui a la chance d’être invité dans les festivals huppés pour y assister à des projos en avant-première dans une salle remplie à ras bord de types habillés en pingouins et de femmes déguisées en boules à facettes. D’ailleurs je sais même pas trop qui qu’a gagné et je m’en fous un peu (allez, je mens un peu, mais à vue de nez y a beaucoup de cinéma du réel et/ou politique, tout ce que j’aime). Mais j’ai profité des reprises organisées sur Paris – au Cinéma des Cinéastes pour la Quinzaine des réalisateurs et au Reflect Medicis pour Un certain regard – pour voir quelques films présentés cette année. Comme ça vous avez un peu l’impression d’être des VIP. Un peu.</p>
<p><span class="titrerevue">Quinzaine des Réalisateurs : pas grand chose à se mettre sous la dent</span></p>
<p><a name="knitting"></a>Dans <strong>Knitting</strong>, film chinois de Yin Lichuan, on suit les tribulations de trois jeunes gens, une fille un peu nunuche, son mec et l’ex du mec qui débarque un beau jour pour s’installer avec eux. Forcément les deux filles se détestent (la seconde trouve la première grosse et conne, la première pleurniche mais n’en pense pas moins et lui fait des coups de pute par derrière) et le gars essaye de concilier tout le monde.<br />
En bon film naturaliste social <strong>Knitting </strong>s’attache à poser sur ses personnages et son histoire un regard réaliste. Pas inintéressante pour autant, mais comme on peut s’en douter jamais transcendée par une forme qui fait tout pour être inexistante. Il y a de toute évidence une fracture idéologique entre ce genre de cinéma (qui se veut témoin réaliste donc crédible d’une situation, mais qui passé l’exotisme chez ceux qui y sont encore sensibles ne produit que de la banalité, attachante parfois) et moi. Et je crains de devoir en recroiser quelques uns au détour de cette sélection. Je m’accroche.</p>
<p><a name="now"></a>Et il fallait sérieusement s’accrocher pour aller au bout de <strong>Now Showing</strong> de Raya Martin. D’un certain coté je remercie la personne qui avant la séance a gueulé à son voisin « J’espère qu’on tiendra le coup, ça dure quatre heure quand même. », comme ça j’étais un minimum prévenu. D’ailleurs j’ai l’impression que la personne en question n’a pas tenu le coup (petit joueur !). Faut dire aussi que le film faisait en fait quatre heures quarante (soit plus de dix-sept mille loooongues secondes), et quarante minutes c’est loin d’être négligeable lorsque vous êtes au bout du rouleau.<br />
Donc c’est l’histoire de Rita, une gamine vivant dans un quartier pas très glop, sans pour autant être malheureuse non plus, mais bon, voilà, pas une riche. La première partie du film se concentre sur l’enfance de Rita, et est filmée au caméscope VHS (ou quelque chose du même style). L’image est donc assez dégueue, avec un gros grain et des artéfacts de support magnétique, mais du genre hideuse avec laquelle on peut faire des choses très belles, l&#8217;un n’empêche pas l&#8217;autre. Le problème c’est juste qu’à trois petites expérimentations près on dirait un film de famille, l’absence de mise en scène montée en série. Le problème c’est surtout que Raya Martin ne peut s’empêcher de faire durer ses plans trois fois plus que nécessaire – on comprend alors pourquoi le film dure cinq heures, ainsi qu’il ne va en fin de compte pas dire plus qu’un film d’une heure vingt convenablement structuré. La seconde partie est quand à elle filmée en DV et s’intéresse à l’adolescence de Rita, cette fois en privilégiant les plans fixes et/ou séquence à la Tsai Ming-Liang (vous vous doutez bien que <a title="I don't want to sleep alone" href="http://insecte-nuisible.com/i-dont-want-to-sleep-alone-tsai-ming-liang-2006/47/">je déteste ça profondément</a>). Bon point tout de même, le choix de la photographie et du matériel, même s’il n’est pas vraiment poussé, est visiblement conscient et porteur de sens – ça ne sauvera pas les meubles, bien entendu. Entre les deux se trouvent deux séquences plus intéressantes. La première est un montage d’extraits de vieux films en noir et blanc (et présenté sans la moindre bande audio). La deuxième, juste à la suite, est une scène tournée presque intégralement en caméra subjective dans un cimetière (dans le genre assez flippant, avec des caveaux géants de trois mètres de haut), très efficace, rappelant furieusement un FPS horrifique dont le but est de sortir du labyrinthe de tombes, avec un excellent travail du son (bruits de pierres faisant penser aux caveaux qu’on ouvre, donnant vie aux ombres rapidement entraperçues). Malheureusement comme toutes les scènes ces deux là traînent en longueur. Pour son prochain film je ne peux que conseiller à Raya Martin de s&#8217;adjoindre les services d’un monteur. Quand à moi, je préfère quand le cinéma philippin fait des pseudo <strong>Mad Max</strong> ou des films érotiques.</p>
<p><a name="robbed"></a>Heureusement pour moi, les autres films de la quinzaine qui me sont arrivés devant les yeux sont nettement plus recommandables que ces deux premiers, sans toutefois forcément casser des briques.<br />
<strong>The Pleasure of being robbed</strong> de Josh Safdie pour commencer, peut-être le meilleur des cinq. L’histoire d’une jeune kleptomane un tantinet décalée des réalités et qui forcément va voler des trucs : un cadeau que devait faire un père à sa petite fille et qui s’avérera contenir un chien (qu’elle foutra dehors) et quatre chatons (qu’elle gardera avec elle), du raisin, un sac à main rempli de billets de banque qu’elle laissera sur la banquette du bar pour ne garder que les clés de voiture, voiture qu’elle empruntera pour raccompagner dans le New Jersey un de ses amis croisé par hasard et qui en passant lui apprendra à conduire car elle n’avait jamais appris. D’autres trucs aussi. Un beau petit film donc, en forme de faux road movie (la fille part toujours « en voyage », dans le New Jersey ou au zoo, mais revient constamment sur place pour repartir). Joliment mis en scène aussi (justement, pour faire le lien avec ce que je disais sur <strong>Now Showing</strong>, la photo est assez crado et le résultat est beau) même si ce n’est pas non plus toujours sensationnel – dans la moitié supérieur du panier quand même. Avec un joli culot il arrive même à faire passer des scènes improbables et/ou ridicules comme une lettre à la poste, dont une scène (très chouette) avec un faux ours blanc très mal fait. La magie du cinéma quoi.</p>
<p><a name="anna"></a>Autre film assez cool, <strong>Four Nights with Anna</strong> (je vous épargne le titre polonais imprononçable) de Jerzy Skolimowski. Cette fois on suit un type un peu simplet amoureux d’une femme et qui va rentrer dans sa chambre pendant qu’elle dort pour la regarder. Ce qui frappe d’emblée à la vision de ce film c’est son atmosphère très très glauque, mais surtout son habileté à introduire ce glauque dans le quotidien et la normalité des personnages. Exemple marquant : une des premières scènes montre le bonhomme acheter une hache puis balancer une main coupée dans une chaudière, on le catégorise direct comme gros psychopathe ; et même lorsqu’on apprend qu’il est employé à l’incinérateur de l’hôpital et qu’il n’y a là rien d’extraordinaire l’impression peine à nous lâcher.<br />
Lui aussi est bien mis en scène, avec une caméra très fluide, très tranquille, souvent en léger mouvement et un montage dans le même esprit, sauf lors de quelques brusques ruptures de ton où il se fait subitement plus sec et brutal.</p>
<p><a name="eldorado"></a>On change totalement de registre avec <strong>Eldorado </strong>de Bouli Lanners. Rare en effet de voir des comédies intégrer cette sélection où le sérieux est le plus souvent de mise (quoique l’année dernière on a eu droit à <a title="Smiley Face" href="http://insecte-nuisible.com/fim-janvier-2008/307#smiley"><strong>Smiley Face</strong></a> qui est loin d’être très fin). Une comédie donc, un <em>buddy-movie</em> même, qui voit un homme surprendre un cambrioleur chez lui, passer la nuit à attendre qu’il sorte de dessous son lit où il s’était réfugié, avant de finalement le ramener en bagnole chez ses parents à coté de la frontière française (nous sommes en Belgique). Le film est plutôt sympa, surtout parce qu’il fonctionne bien en tant que comédie de situation, ainsi que grâce à certains seconds rôles pas piqués des hannetons (le médium collectionneur de voitures ayant renversé des gens par exemple). Malheureusement il semble vouloir prendre dans sa dernière partie un tournant plus grave et introspectif, ce qui plombe inutilement le rythme. Sympatoche quand même.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/soi-cowboy-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Soi Cowboy</strong> (Thomas Clay, 2008)</div>
<p><span class="titrerevue">Un certain Regard : c&#8217;est déjà franchement mieux</span></p>
<p><a name="fille"></a><strong>La Fête de la fille morte</strong>, film brésilien de Matheus Nachtergaele, raconte comme son nom l’indique une fête en l’honneur d’une fille morte. Celle-ci fut découverte par un « saint » local (qui aurait soi-disant ramené sa mère à la vie) et depuis, tous les ans, elle s’exprime par son intermédiaire à l’issue de la fête. Le film part pas si mal, on y voit d’un coté le frère de la morte douter de la mascarade autour de la mort de sa soeur et souffrir que le saint y accroît son influence, de l’autre le saint présenté comme irascible et capricieux, gâté par un trop plein d’admiration. Confrontation intéressante, même si le film (mise en scène et tout le tralala) n’est pas exceptionnel pour autant. Et la messe est dite lorsque le film commence à tirer en longueur en abandonnant ces personnages, pour dépeindre la fête elle-même dans un final un peu trop exotique pour être honnête.</p>
<p><a name="tokyo"></a>Second film de la sélection Un Certain Regard, et cette fois pas vu par hasard, même si j’en attendais à vrai dire moins que ce qu’il m’en a finalement donné (contrairement au film d’après, mais je saute les étapes) : <strong>Tokyo!</strong>, omnibus tokyoïte de Michel Gondry, Leos Carax et Bong Joon-Ho, sur un principe rappelant celui de <a href="http://insecte-nuisible.com/tokyo-electrique-anthologie-2006/"><strong>Tokyo électrique</strong></a>.<br />
Le premier court-métrage, <strong>Interior Design</strong>, prouve une nouvelle fois que Gondry n’est jamais aussi bon que lorsqu’il ne fait pas « du Gondry » (le film est adapté d’une BD de Gabrielle Bell qui co-scénarise). L’histoire d’une fille (la trop rare Fujitani Ayako, fille du grand Steven Seagal et qui contrairement à son père fait preuve de talent au premier degré) qui débarque à Tokyo avec son petit ami et emménage « provisoirement » chez une copine (Ito Ayumi !!!!!). Le film fait un premier temps preuve d’un imaginaire léger (à travers les récits de son copain, des jeux un peu gamins du couple,&#8230;), qui acquière au fur et à mesure une réalité (la fourrière aux dimensions dantesques, la fille qui chargée de son barda fait penser aux <em>borgs </em>de <a title="Meatball Machine" href="http://insecte-nuisible.com/meatball-machine-yamaguchi-yudai-et-yamamoto-junichi-2005/145/"><strong>Meatball Machine</strong></a> et autres délire cyberpunks, la projection du film à grand renfort de machine à fumée,&#8230;) avant de basculer dans le fantastique pur avec un final aux accents romantiques voir poétiques. Très joli.<br />
Leos Carax est un grand malade ne fait pas dans la finesse avec le second segment, subtilement intitulé <strong>Merde</strong>, en français dans le texte. Le film commence comme un pseudo <em>kaiju-eiga</em> (film de monstre géant) jusqu’à reprendre la bande originale de <strong>Godzilla</strong>, alors qu’un homme (caucasien) sort des égouts pour terroriser Tokyo, lécher les jeunes filles, manger des chrysanthèmes et balancer des grenades. Le forcené est finalement arrêté et commence alors la seconde partie du film autour de son procès, prétexte à une comédie absurde et satirique, parfois caustique (on pense à l’affaire du fichage des étrangers à leur arrivée sur le territoire et autres petites piques lancées ça et là). Malheureusement certaines scènes tirent inutilement en longueur, même si les acteurs ont l’air de bien se marrer alors que les spectateurs commencent à trouver le temps long.<br />
<strong>Shaking Tokyo</strong> de Bong Joon-Ho met en scène un <em>hikikomori </em>(bonhomme qui s’enferme chez lui pour ne plus sortir et vivre sans contact avec l’extérieur) qui tombe amoureux d’une livreuse de pizza (Aoi Yuu !!!!!) moitié androïde moitié humaine (enfin, on en est pas loin). Malheureusement pour lui la jeune fille se cloître à son tour chez elle et donc pour la revoir l’homme doit sortir de chez lui. Comme on pouvait s’y attendre ce segment est le plus esthétisant de tous, peut-être pas assez fouillé dans ses idées mais plutôt bien foutu, avec le sens de l’exagération parfois burlesque qui caractérise le cinéma de Bong. Un peu naïf par moment, mais très rigolo.</p>
<p><a name="sonata"></a>Au contraire, pour une raison ou une autre j’attendais pas mal de <strong>Tokyo Sonata</strong> de Kurosawa Kyoshi (auteur d’un certain nombre de films assez recommandables, plutôt connu pour ses thrillers fantastiques, entre autres l’excellent <strong>Kaïro</strong>) et il m’a un peu déçu. Je ne regrette pas les petites filles à cheveux longs (surtout pas), mais dans ce dernier film le tournant auteuriste de Kurosawa est par trop palpable. Kurosawa a toujours eu une mise en scène d’une austérité à la limite de l’invitation au suicide (bon, j’avoue, j’exagère ; et au moins lui il sait cadrer) et c’est probablement davantage le cas dans ce film qui fait tout pour adopter la charte du « film d’auteur japonais à sélectionner pour le festival de Venise ».<br />
Une histoire intéressante pourtant, bien que pas particulièrement inédite (un père de famille cache son chômage à sa femme), plombée donc par une mise en scène trop auteuriste. Il y a toutefois quelques très bonnes idées, notamment la manière qu’a Kurosawa de montrer l’éclatement de la cellule familiale traditionnelle devant ce coup du sort, idée qui semble être désavouée par la suite – un peu à l’image de ce flash-back à la mécanique douteuse, d’autant plus que le tournant qu’il amorce ne sera pas assumé jusqu’au bout. Reste qu’il y a une scène de piano. J’aime les scènes de piano. J’aime Debussy. Je suis faible.</p>
<p><a name="soi"></a>Pour finir, avec son troisième film (et non son deuxième comme tout le monde se plait pourtant à le rappeler) Thomas Clay, déjà réalisateur du plutôt intéressant mais passé inaperçu (pas par ceux qui l’ont vu, mais les autres) <strong>The Great Ecstasy of Robert Carmichael</strong>, prouve qu’il est un cinéaste à suivre et avec qui il va falloir compter dans les années à venir.<br />
<strong>Soi Cowboy</strong> (nom d’un quartier chaud de Bangkok) se passe donc en Thaïlande et suit un couple composé d’un énorme anglais élevé au beurre de cacahuète et d’une minette thaï pesant le tiers de son poids (pourtant elle est enceinte !), un couple un peu bancal donc – superbe scène d’ouverture, où les deux prennent tour à tour leur douche et leur petit déjeuner, qui rapidement pose les bases de la morosité de leur relation. Morosité qui sera d’ailleurs un peu modérée par la suite, Clay développant ses personnages avec une certaine finesse, évitant alors la caricature grossière. Nous ne sommes pas dans le schéma « gros porc qui fait son marché du sexe dans le tiers-monde » et/ou « petite pute qui n’est là que pour le pognon », et même s’il y a un peu de cela leurs rapports ne sont de temps à autres pas dénués de tendresse, certes maladroite mais bien réelle. On aura le droit de trouver ça glauque, mais cette situation de « bonheur beauf » fera par la suite figure d’alternative enviable.<br />
D’une certaine manière,<strong> Soi Cowboy</strong> fonctionne d’une manière similaire à <strong>The Great Ecstasy&#8230;</strong> : lent à se mettre en place, avec rigueur et sècheresse, ne semblant pas bien savoir où il mène, avant un <em>climax </em>d’où on sort en articulant silencieusement « Oh putain ! Oh putain ! Oh putain ! » (ou un tonitruant « Diantre ! » si on a grandi dans une famille de la haute). Pourtant le final de <strong>Soi Cowboy</strong> est bien moins trash que celui de <strong>The Great Ecstasy&#8230;</strong> (qui fonctionnait déjà sur le hors-champ et l’ellipse pour rendre le tout plus brutal), il serait même carrément soft pour qui ne va pas chercher plus loin que le bout de son nez. Mais en rassemblant les indices semés ci et là, en reconstruisant les incohérences, ce final est tout simplement stupéfiant – de <em>violence</em>, mais également d’ingéniosité. En espérant qu’il sorte en salles et que je vous en parle plus longuement, car le film regorge de choses sublimes.<br />
Délibérément étrange, hermétique et exigent, <strong>Soi Cowboy</strong> laissera probablement une bonne moitié de son audience sur la touche, comme il y a laissé une partie non négligeable de la critique. Le montage présenté à Cannes n’est parait-il pas définitif, j’espère que Thomas Clay ne détruira pas son film suite à cet accueil perplexe car en l’état <strong>Soi Cowboy</strong> est un des meilleurs films que j’ai vu cette année.</p>
<p style="text-align: right;"><a title="Rétrospective Shochiku" href="http://insecte-nuisible.com/retrospective-shochiku-septembre-2008/">Lire l’épisode suivant</a></p>
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		<title>F.A.P.S. avril 2008</title>
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		<pubDate>Sun, 04 May 2008 15:40:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
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		<description><![CDATA[Au programme : Hanging Garden (Toyoda Toshiaki, 2005), Exte (Sono Sion, 2007), Welcome to the quiet Room (Matsuo Suzuki, 2007), Nada Sou Sou (Doi Nobuhiro, 2006), Yomigaeri (Shiota Akihiko, 2003), Karaoke Terror (Shinohara Tetsuo, 2003), Sada (Obayashi Nobuhiko, 1998), Memories of Matsuko (Nakashima Tetsuya, 2006) et Pushing Daisies (Bryan Fuller, 2007).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite, ep.3</strong><br />
(<a href="http://insecte-nuisible.com/faps-mars-2008/382/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>Histoire de compenser un mois de mars sans films japonais, voici une édition 100% sushi. Vous êtes en droit de préférer les yakitori, mais en aucun cas le métissage culturel. Non mais oh.<br />
Avertissement : un taux anormalement élevé de « y a telle actrice super choubie dans ce film » a été détecté dans cet article, veuillez vérifier que vous avez bien pris toutes les précautions nécessaire à une telle lecture avant de vous y plonger. Noyade à vos risques et périls.</p>
<p><span class="titrerevue">Epikt est un gros boulet part.1 : il aurait pu cultiver sa cinéphilie à la rétrospective Yoshida</span><span class="titrerevue">, mais non il reste chez lui à regarder des films récents</span></p>
<p><a name="garden"></a>Nous commençons en douceur avec <strong>Hanging Garden</strong> de Toyoda Toshiaki, réalisateur avec qui j’ai déjà eu quelques bonnes expériences, en particulier avec le très bon <strong>Blue Spring</strong> (adapté de la BD de Matsumoto Taiyou). Bien moins convaincant que ce que j’avais précédemment pu voir de lui, <strong>Hanging Garden</strong> est le portrait d’une famille dont la volonté est de n’avoir aucun secret entre eux, mais dont la sérénité apparente va bien entendu se craqueler parce chacun a tout de même gardé un petit jardin secret, en particulier la mère dont le traumatisme est à l’origine de cette étrange règle de vie familiale. Malheureusement le film ira rarement plus loin que fustiger l&#8217;hypocrisie mal cachée derrière le verni de l&#8217;ouverture d&#8217;esprit. Du coup, le film tourne un peu à vide. Et comme &#8211; même si on y trouve quelques idées rigolotes &#8211; le réalisateur est amateur (au sein d&#8217;une réalisation pourtant classique) de panoramiques azimutaux qui foutent la gerbe et autres bling bling de mise en scène pas hyper heureux, on se dit que, voilà, on peut s&#8217;en passer.</p>
<p>Raison de plus de se pencher sur <strong>Noriko’s Dinner Table</strong> qui à son tour s’intéresse aussi à l’hypocrisie d’un rôle tenu en société, avec toutefois beaucoup plus de profondeur et d’originalité. Je ne vous <em>spoilerai </em>pas plus loin le papier que je mettrai bientôt en ligne sur le film. Vu il y a de cela plus d’un an et demi, cela faisait longtemps que j’attendais d’y remettre un oeil (pour la petite histoire je comptais m’acheter le DVD japonais quand peu avant sa sortie l’édition française fut annoncée, je me décidais donc d’attendre, et la sortie ayant été maintes fois repoussée croyez moi j’ai attendu  plus d’un an)(Kubik devrait me remercier de mon abnégation) et j’avoue que je reviendrai sur un certain nombre de chose que j’ai pu dire à son sujet, qui ne me semblent pas forcément hyper pertinentes. La preuve qu’un peu de recul est toujours intéressant. Je devrais m’interdire de parler des films que j’ai vu qu’une seule fois tiens&#8230;</p>
<p><a name="exte"></a>Puisqu’on parle de Sono Sion, j’ai enfin vu <strong>Exte</strong>, son film d’horreur avec des extensions capillaires tueuses. Si si, ça existe les films avec des pitchs de la sorte. En fait, Sono Sion semble avoir fait le même constat que moi en voyant le très nul <a title="the wig [cinémasie]" href="http://www.cinemasie.com/fiche/oeuvre/thewig/critiques.html?showext=1#Epiktistes"><strong>The Wig</strong></a> : dans les films d’horreur asiat ce qui fait peur ce sont les cheveux, alors autant ne garder que les cheveux c’est plus rigolo. J&#8217;avoue que j’étais curieux, un peu anxieux aussi, de voir Sono Sion s&#8217;attaquer au film de fantôme chevelu, véritable institution en Asie et qui commence à courir sur le haricot d&#8217;un peu tout le monde. Le résultat est mitigé, mais tout de même réjouissant : si Sono Sion ne chamboule pas les figures du genre le film n&#8217;en porte pas moins sa patte et on est loin d’avoir affaire à un film <em>post-<strong>Ring</strong></em>. La faiblesse du film vient de deux aspects : un premier temps des personnages qu&#8217;on n&#8217;ira pas jusqu&#8217;à dire en carton (ils sont même parfois attachants) mais manquant cruellement de profondeur, de même que les situations très bateaux, un second temps quelques emprunts malheureux au genre suscité (flashbacks syncopés déjà vus mille fois,&#8230;).<br />
Mais, et c&#8217;est là que le film devient intéressant, on ne peut s&#8217;empêcher de voir dans un démarche de Sono Sion comme une pointe de cynisme à l&#8217;égard de la mythologie qu&#8217;il manipule, mythologie de toute évidence usée jusqu&#8217;à la corde et féconde en figures qu&#8217;il devient difficile de représenter sans sourire. Les traditionnelles scènes horrifiques &#8211; plus que le théâtre d&#8217;une quelconque &#8220;flippe&#8221; artificielle, vide de sens comme d&#8217;intérêt &#8211; sont alors prétexte à des débordements graphiques dans la veine de ceux de <strong>Suicide Club</strong> ou <strong>Strange Circus</strong>, où l&#8217;exubérance semble moteur de toute action. Et quelque part, ça fait du bien.</p>
<p><a name="room"></a>Autre film qui « quelque part fait du bien », <strong>Welcome to the quiet Room</strong> de Matsuo Suzuki – pas extraordinaire non plus, mais intéressant. En bref, c’est l’historie d’une femme qui se retrouve dans une unité psychiatrique à la suite d’une tentative de suicide dont elle ne se souvient pas. On se dit tout d’abord que le film a de la gueule (une photo un brin lisse mais jolie, des cadres plutôt chouettes et un montage efficace), c’est presque du Iwai Shunji <em>soft </em>(et quand on considère l’équipe du film il est possible qu’il y ait une influence), on trouve même la narration assez intelligente (des flash-back, des révélations progressives qui ne sonnent jamais comme des gros twists de la mort qui tue). C&#8217;est alors qu&#8217;on regrette vraiment que le film prenne parfois le chemin du « film décalé » avec des scènes se voulant originales mais n&#8217;étant que d&#8217;un genre qu&#8217;on a tendance à voir trop souvent dans un certain cinéma asiatique branchouille (même si il faut avouer que certaines marchent plutôt bien, en particulier une scène de danse sur le &#8216;<a title="koi no fuga [dailymotion]" href="http://www.dailymotion.com/video/x1bxr_w-koi-no-fuga">Koi no fuga</a>&#8216; des W !!!) et qui ont pour effet secondaire de forcer la superficialité du film.<br />
On pense donc fatalement à <strong>I’m a Cybord, but that’s OK</strong> de Park Chan-Wook (film d’hôpital psychiatrique affichant outrageusement ses effets originaux), d’autant plus que les deux mettent en avant des personnages anorexiques. Avantage au film de Matsuo Suzuki, malgré ses défauts – j’admets volontiers ne pas être amateur du cinéma de Park. Deux scènes similaires sont d’ailleurs parlantes, dans les deux cas l’anorexique réapprend à manger : Park commence cela magnifiquement (je me souviens plus en détail, juste que c’est vraiment beau) mais nous gratifie d’un final indigne et gnan-gnan où tout le monde applaudi comme dans un mauvais film familial de Noël ; Matsuo fait de son coté la part belle à la démarche de reconstruction de l’individu (avec une symbolique un peu appuyé peut-être, mais pas démonstrative) pour mieux escamoter l’exploit en ellipse, uniquement représenté par l’émotion de l’infirmière lorsqu’elle ressort de la chambre. C’est grossier comme opposition mais pas si faux, <strong>I’m a Cyborg</strong> est bien trop démonstratif (sur tous les plans) alors qu&#8217;à ce niveau <strong>Welcome to the quiet Room</strong> limite davantage la casse.<br />
Vraiment dommage alors qu’il se laisse parfois aller, car le film a quelques sérieux arguments. Non des moindres étant son casting. Uchida Yuki dans le premier rôle est inconnue au bataillon (mais pas mauvaise, voir très mignonne avec ses cheveux tous pétillants) mais les rôles secondaires sont riches en acteurs talentueux : les geeks y apprécieront la présence d’Anno Hideaki  (le réalisateur de <strong>Neon Genesis Evangelion</strong>, déjà acteur dans les films de Ishii Katsuhito ainsi que dans <strong>Otaku in love</strong>, le premier film de Matsuo), les autres seront aux anges avec RYO (actrice dans <strong>Gemini</strong>, <strong>Insecte nuisible</strong> ou <strong>Canary</strong>) ou encore Tsukamoto Shinya (réalisateur de <strong>Tetsuo </strong>et cie, dont on oublie souvent de préciser qu’il est un excellent acteur). Voilà donc un homme qui sait s’entourer, d’une clique que j’apprécie tout particulièrement en plus, et qui me donne envie de m’intéresser à lui. Autre preuve du bon goût de cet homme, &lt;mode régression intellectuelle : on&gt; il y a Aoi Yuu dans le film et que les tresses lui vont trop bien ! J’avoue, je suis gaga de cette actrice (qui a l’insolence de jouer dans deux de mes films préférés, donc vous me pardonnerez bien ma faiblesse), mais voilà, en plus d’être douée cette gamine est sublimissime.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/welcome-to-the-quiet-room-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Mange moi ! Mange moi !</div>
<p><span class="titrerevue">Epikt est un gros boulet part.2 : parce qu’en plus il a loupé la projection du dernier Wakamatsu</span></p>
<p><a name="nada"></a>Epikt se tape donc des films du genre très moisi, comme ce <strong>Nada Sou Sou</strong> de triste mémoire. Réalisé par Doi Nobuhiro il a pour particularité d’être adapté d’une chanson de Moriyama Ryoko, ce qui me plait tout particulièrement (voyez-vous, c’est un de mes fantasmes de cinéaste, adapter de la musique). L’interprétation originale par le groupe BEGIN date de 2000 mais la chanson devient vraiment populaire un an plus tard avec la version de Natsukawa Rimi qui est un gros hit de la mort encore maintenant – les puristes vont s&#8217;insurger mais de mon coté et aux mépris des convenances je préfère <a title="nada sou sou [youtube]" href="http://www.youtube.com/watch?v=RGEpUBKKq0c">la version de Yaida Hitomi</a>, les autres sont beaucoup trop lisses à mon goût et la voix bien particulière de Yaiko lui donne une contenance spéciale.<br />
Mais revenons à nos moutons. C’est donc l’histoire d’un type qui héberge chez lui sa soeur (fausse soeur, fille de l’ex de sa mère mais qui a grandi avec lui) lorsque celle-ci quitte leur île « natale » pour aller à la fac. La soeur est du genre mignonne tête à claque qui appelle tout le temps son frère « niinii !!!! » (à prononcer à la manière idol pleurnicheuse) – on flirte avec le <a title="Death Note" href="http://insecte-nuisible.com/death-note-death-note-2-kaneko-shusuke-2006/132/">Toda Erika show</a>. Ça se complique quand le bonhomme se fait arnaquer alors qu’il voulait ouvrir un restaurant et qu’il a plus une thune. Commence alors le film larmoyant typiquement jap, avec un type gentil sur lequel le sort s’acharne – il a pas la leucémie mais on est pas passé loin ! En fait ce qui m’a beaucoup gêné dans ce film qui pourrait pourtant se laisser regarder, c’est 1/ l’abstraction complète des menaces et oppositions au héros et surtout (corollaire) 2/ la gentillesse généralisée dans laquelle baigne le film. Tout le monde il est gentil, tout le monde il est généreux, tout le monde il aime son voisin dans la belle fraternité populaire, c’est youpi ! C’est aussi terriblement toc et faut bien le dire limite écoeurant.</p>
<p><a name="yomi"></a>Autre film casse-gueule, <strong>Yomigaeri </strong>de l’excellent Shiota Akihiko (réalisateur de <strong>Moonlight Whispers</strong>, <strong>Insecte nuisible</strong> ou encore <strong>Canary</strong>), film que j’ai longtemps hésité à voir à cause de sa réputation peu flatteuse de production commerciale ratée. Il est en effet difficile de prétendre que Shiota ait conservé sa complète intégrité lors de la réalisation de ce métrage, qui n’en reste pas moins intéressant. Comme quoi il ne faut jurer de rien et il faut tout d’abord rendre justice à l’idée de départ riche de potentiel : pour une raison inexpliquée les morts d’un petit village reviennent à la vie et reprennent leur place dans leur famille.<br />
Il est évident que le réalisateur a du composer avec des desideratas extérieurs, voir même que la production tant au stage de l’écriture que du montage a du faire l’objet de querelles entre les différentes parties, tant le film se trouve être inégal. Ainsi certains éléments-à-la-con se retrouvent parachutés mais semblent être contenus par le réalisateur et traités par dessus la jambe comme si on avait cherché à leur faire occuper le moins de place possible (un cratère qui semblent être à l’origine du phénomène dont on parle un peu en milieu de film sans approfondir la chose ; inutile). Au contraire d’autres se taillent une bonne place et on comprend vite pourquoi : le concert à la fin du film (bien foutu ça aurait pu donner une sorte de grande messe des morts, mais là non) laisse entendre qu’une certaine maison de disque a eu son mot à dire pour cause de pognon investi dans le film et comptait bien s’en servir comme de campagne promo pour Shibasaki Kou – j’ai rien contre la demoiselle, mais elle n’a rien d’une Salyu, pas plus que son compositeur n’est Kobayashi Takeshi et forcément le résultat s’en ressent – ce qui est quand même très lourd.<br />
Mais passé outre ces désagréments (rajoutons le final un brin neuneu, qui aurait  probablement été assez joli en se passant du discours en voix-off) il faut avouer que le film est séduisant. Probablement moins abouti au niveau de la mise en scène que ce qu&#8217;à pu faire Shiota, cela reste joli principalement par sa simplicité et une certain douceur (tout le contraire de certains autres de ses films au montage très brutal). Mais en fait, le rythme lancinant de la progression narrative, loin de toute urgence, et l&#8217;éclatement de la trame sur de nombreux personnages sont les points forts du film, permettant sans trop en faire un vrai développement de ses enjeux – explorant alors différentes réactions à la résurrection des défunts, avec subtilité, sensibilité et humanité. <strong>Yomigaeri </strong>réserve alors quelques beaux moments, ça serait con de les bouder, même si cela ne fait que renforcer l’impression de gâchis. Un candidat idéal pour un remake.</p>
<p><a name="karaoke"></a>Plus léger et, autant le dire de suite, plus raté, <strong>Karaoke Terror</strong> de Shinohara Tetsuo, film dont le titre très nawak et la présence au casting de Ichikawa Miwako (actrice que pour une raison ou une autre j’aime bien) ont pu m’interpeller. Adapté d’un texte de Murakami Ryu, le film suit la vendetta que se livre une bande de jeunes et un club de femmes divorcées quarantenaires. Ça commence au couteau et ça monte dans la violence pour finir je vous dirai pas comment, mais avec une exubérance très <em>WTFesque</em>. Dommage alors que le film soit si mou entre des scènes de meurtres et de bastons souvent jouissives et explosives, car franchement on se fait chier comme un rat mort la plupart du temps. La faute à une mise en scène sans intérêt et à un scénar qui n’arrive jamais à développer de manière satisfaisante un pitch pourtant prometteur.</p>
<p><a name="sada"></a>On continue avec le très réjouissant <strong>Sada </strong>de Obayashi Nobuhiko, revu à l’occasion d’un article à paraître sous peu en ces pages (<a title="Apologie du faux raccord" href="http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises/">hop hop ! c&#8217;est ici</a>).<br />
Comme son nom l’indique (un peu) il s’agit d’une biographie de Abe Sada, connue pour avoir étranglé son amant et avoir conservé son pénis avec elle (le même fait divers a déjà inspiré deux films, dont <strong>L’Empire des sens</strong>). <strong>Sada </strong>est un film surprenant et aux partis pris formels déroutants, à la croisée de l’esthétique 30s (filmé en 1.37:1, passages en noir et blanc, cadres immédiatement connotés,&#8230;), de son détournement (surjeu outré des acteurs,&#8230;) et de son atomisation pure et simple (fulgurances graphiques, éléments en 2D, audaces de montage permanentes,&#8230;). Un véritable OFNI rétro-psyché-postmoderne, qui n’en oublie même pas de développer ses personnages (au dépend malheureusement d’une baisse du rythme dans l’expérimentation au cours de la deuxième heure), permettant à Kuroki Hitomi d’incarner une Sada personnelle et parfois même émouvante malgré l’excentrisme et la théâtralité de sa représentation.<br />
Petite anecdote pour la route : à l’époque je m’étais intéressé à ce film pour la seule raison qu’il figurait sur la filmographie de Ito Ayumi (comme quoi ce n’est pas une mauvaise idée de parcourir le cinéma en suivant des acteurs). La petite y apparaît au bout de deux heures, pour dix secondes environ dont huit où elle est vue de dos, soit deux malheureux plans. Attention, ça passe vite : <a title="Ayumi dans Sada #1" href="http://insecte-nuisible.com/images/sada-1.jpg" target="_blank">un</a>, <a title="Ayumi dans Sada #2" href="http://insecte-nuisible.com/images/sada-2.jpg">deux</a>.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/welcome-to-the-quiet-room-2.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende">Yuu me lance son regard qui tue parce que j’en regarde d’autres qu’elle&#8230; malheur&#8230;</div>
<p><a name="matsuko"></a>Alors Yuu se venge en faisant un caméo introuvable dans le brillant (dans tous les sens du terme) <strong>Memories of Matsuko</strong> de Nakashima Tetsuya, dernier film en date du réalisateur du sympatoche (mais sans plus) <strong>Kamikaze Girls</strong>. Mais encore une fois l’IMDB raconte des cracks, la miss n’y est de toute évidence pas (ma considération si vous me faite une capture d’écran avec sa trombine). Y devait aussi avoir Ichikawa Miwako (ma considération une nouvelle fois si vous trouvez) mais pas davantage – par contre il y a sa soeur Ichikawa Mikako que les gens de bon goût ont vu dans <a title="Life can be so wonderful" href="http://insecte-nuisible.com/life-can-be-so-wonderful-minorikawa-osamu-2007/110/">l’excellent <strong>Life can be so wonderful</strong></a>. Mais trêve de fan service, car je pourrais vous dire qu’en plus y apparaît Kimura Kaela. Oups.<br />
<strong>Memories of Matsuko</strong> est donc l’histoire de Mastuko (quelle surprise), jeune femme qui comme toutes les jeunes femmes fut un jour petite fille et comme certaines jeunes femmes finira sa vie vieille avant l’âge, Matsuko donc, reniée par sa famille et retrouvée battue à mort dans un parc vingt-cinq ans plus tard.<br />
Nakashima y retrouve son équipe de <strong>Kamikaze Girls</strong> (Koike Yoshiyuki au montage, Kuwashima Towako à la direction artistique et Ato Masakazu à la photo) pour un nouveau film au doux parfum pop et aux couleurs d’un autre monde. Mais alors que <strong>Kamikaze Girls</strong> n’existait que par l’outrance et la caricature pour être finalement assez vide et vain, Nakashima trouve dans <strong>Memories of Matsuko</strong> une véritable profondeur, autant dans ses personnages, même secondaires, que dans son histoire, riche, variée et pour une fois sans longueurs. La vie de Matsuko y est dévoilée au fil des découvertes de son neveu et des témoignages de ses anciennes connaissances, apportant au fur et à mesure le contrepoint des évidences, jusqu’à faire de la loque Matsuko une icône, une idole des parias, une <a title="Yokohama Mary" href="http://insecte-nuisible.com/yokohama-mary-nakamura-takayuki-2006/107/">clocharde magnifique</a> comme dirait l’autre. Le propos parfois glauquissime du film (le même scénario tourné en France devient une boursouflure ciné-vérité sociale avec des acteurs amateurs) est alors, sans être pour le moins du monde affadit, contrebalancé par la constante poésie du métrage ; une poésie qui se nourrit de multiples changements de registre et d’effets visuels souvent sublimes. Un bien joli film donc.</p>
<p><span class="titrerevue">[bonus track] Epikt est un gros boulet part.3 : il vous a menti et finalement parlera de choses pas japonaises</span></p>
<p><a name="daisies"></a>Et une fois n’est pas coutume on va parler un peu de série télé américaine, avec le plutôt délicieux <strong>Pushing Daisies</strong> (la série est annoncée sur Canal+, donc devrait sortir en DVD chez nous) produit par Bryan Fuller, déjà créateur de <strong>Dead Like Me</strong>, série que j’ai pas vu mais qui me semble par certains aspects assez proche de <strong>Pushing Daisies</strong> (y a des morts dedans quoi !).<br />
Le jeune Ned a un don : il peut ressusciter les morts en les touchant. Mais (parce qu’il y a un « mais ») s’il touche la personne une seconde fois celle-ci meurt pour de bon et s’il ne l’a pas touché au bout de soixante secondes une autre doit mourir à sa place. Le grand malheur de Ned est d’avoir découvert ce pouvoir en ressuscitant sa mère, ce qui a eu pour effet de tuer le père de sa voisine Chuck dont il est amoureux, avant de la tuer définitivement lorsqu’elle l’embrassa avant de se coucher. Ned fut donc placé dans un orphelinat et ne revit plus Chuck. Une fois adulte celui-ci est devenu pâtissier (plus précisément <em>pie maker</em>, il tient un restaurant de tartes) et évite de se servir de son pouvoir, mais un jour un détective privé découvre son secret et le force à faire équipe avec lui : ainsi, Ned ressuscite momentanément les morts et leur demande qui les a tué, ce qui est tout de même plus simple, avant de les tuer à nouveau. Sauf qu’un de ses premiers cobayes n’est autre que Chuck, la fille qu’il aime et qu’il a perdu de vue depuis l’enfance, et que dans un moment de faiblesse il laisse vivre (condamnant au passage le patron du funérarium).<br />
Avec sa photographie acidulée évoquant de temps en temps <strong>Amélie Poulain</strong> ou <strong>Citizen Dog</strong> (deux films que j’aime pas trop d’ailleurs) et sa tonalité volontiers rétro on pouvait s’attendre au pire, à quelque chose de bien neuneu, mais j’avoue ça passe pas mal. Et après quelques épisodes où on attend que la mécanique se mette en place, où on regrette un certain didactisme d’une voix-off très présente, la série trouve son rythme de croisière et on ne peut qu’être séduit par sa très belle écriture. <strong>Pushing Daisies</strong> a le défaut de ses qualités, c’est une série très (trop) écrite. Et bien écrite donc, avec des dialogues plutôt savoureux et surtout une utilisation très intelligente des intrigues secondaires. Chaque épisode correspond en effet à une enquête, offrant alors un éclairage nouveau à la relation entre Ned et Chuck (trooooop romantique ! ils s’aiment mais ne peuvent pas se toucher !)(oui, c’est girly comme série) suivant les thèmes directeurs de la sous-intrigue. Vraiment très futé. A l’heure où je vous parle (cad que la série s’est arrêtée pour cause de grève des scénaristes au bout de neuf épisodes qui constitueront visiblement la première saison) cet aspect est de plus en plus présent et globalement la qualité va croissant. Vivement la suite.</p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://insecte-nuisible.com/faps-mai-2008-revues-cannoises/">Lire l’épisode suivant</a></p>
<div class="note">Images : Welcome to the quiet Room (Matsuo Suzuki, 2007)</div>
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		<title>F.A.P.S. mars 2008</title>
		<link>http://insecte-nuisible.com/faps-mars-2008/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Apr 2008 16:04:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Ailleurs et Pas-tout-de-Suite]]></category>
		<category><![CDATA[Chang Cheh]]></category>
		<category><![CDATA[Don E. FauntLeRoy]]></category>
		<category><![CDATA[Michael Keusch]]></category>
		<category><![CDATA[Philip Cook]]></category>
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		<category><![CDATA[Tsui Hark]]></category>

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		<description><![CDATA[Au programme : Despiser (Philip Cook, 2003), Terrain miné (Steven Seagal, 1994), Vol d’enfer (Michael Keusch, 2007), Today you die (Don E. FauntLeRoy, 2005), Un seul bras les tua tous (Chang Cheh, 1967), Le Bras de la Vengeance (Chang Cheh, 1969), La Rage du tigre (Chang Cheh, 1971) et The Blade (Tsui Hark, 1996).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite, ep.2</strong><br />
(<a title="ep.1" href="http://insecte-nuisible.com/faps-fevrier-2008/374/">lire l’épisode précédent</a>)</p>
<p>La revue du mois de mars est un peu maigre et ne fait pas forcément dans l&#8217;intellectuel, mais que voulez vous&#8230; Même pas de films japonais, quelle déception ! J’ai pourtant revu (entre autres) <a title="Suicide Club" href="http://insecte-nuisible.com/suicide-club-sono-sion-2002/153/"><strong>Suicide Club</strong></a> et <strong>Noriko’s Dinner Table</strong> de Sono Sion qui sont enfin sortis en DVD, mais je vous en parle(rai) en longueur.<br />
Et pis faut vous dire que pour toi lecteur je ne sélectionne que les morceaux les plus tendres !</p>
<p><span class="titrerevue">L’OFNI du mois !</span></p>
<p><a name="despiser"></a>Quand je suis d’humeur masochiste et en attendant la <a title="Nuit Excentrique 3" href="http://insecte-nuisible.com/compte-rendu-bordelique-d%E2%80%99une-nuit-excentrique-troisieme-du-nom/248/">nuit excentrique</a> je me fait un ch’tit nanar, et ce jour là l’heureux élu fut <strong>Despiser </strong>de Philip Cook (respect : ce gars a été chef-op de Godfrey Ho !!!), petit film hallucinant plein d’effets spéciaux flashouilles dans tous les sens. Imaginez un peu si <strong>Starwars ep.1</strong> n’avait bénéficié que d’un budget de 35 000 dollars au lieu de 115 millions. Bah <strong>Despiser </strong>c’est comme ça, le film a effectivement été tourné avec 35 000 dollars et contient à peu de chose près autant d’effets spéciaux numériques que <strong>La Menace fantôme</strong> ! Même les feux de camp sont réalisés en CGI, ce type est un gros malade ! Forcément c’est über moche et on dirait une cinématique d’un jeu vidéo Playstation (la première). Et pis l’histoire est une brin conne, les dialogues débiles, les acteurs parait-il pas mal mais les doubleurs relèvent le niveau (on se comprend) et les gros monstres sont tous moches. Du tout bon. Pendant que vous y êtes, lisez <a title="interview philip cook [nanarland]" href="http://www.nanarland.com/interview/interview.php?id_interview=philipcook&amp;vo=&amp;page=1">l’interview que Cook a accordé à Nanarland</a> pour vous rendre compte combien ce type est un gros geek – cad dans le genre passionné naïf qui fait plaisir à voir, en même temps qu’il fait des mauvais films qui font passer la SF pour un genre d’adolescents attardés.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/terrain-mine-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Terrain miné</strong> (Steven Seagal, 1994)</div>
<p><span class="titrerevue">Cassage de genou intensif avec Steven !</span></p>
<p><a name="mine"></a>Oué parce que parfois j’ai comme une envie de films bien basiques, et dans ce genre de moment Steven est mon ami. J’ai donc commencé avec le flamboyant <strong>Terrain miné</strong>, de et avec Steven Seagal qui se paye tout de même un film de luxe avec des hélicoptères et un tournage en Alaska, tout ça pour faire exploser des raffineries de pétrole. Et oui, Steven y est spécialiste en explosifs et se frite contre des méchantes multinationales qui polluent le pays des esquimaux. Et donc après avoir tout fait péter, avoir séduit la fille du chef de la tribut du coin, avoir fait du cheval et s’être battu à mains nues contre un ours, Steven se paye quinze minutes de tribune pour expliquer que les méchants sont méchants et que nos vies et celle du plancton valent plus que leurs profits. Car pour ceux qui ne le savent pas encore, Steven Seagal est un artiste engagé.<br />
<a name="vol"></a>On continu avec <strong>Vol d’enfer</strong> de Michael Keusch un opus récent (2007) de la filmo du grand Steven, avec de méchants terroristes qui volent un avion furtif top-secret. Forcément « il n’y a qu’un homme pour les arrêter » et cet homme c’est Steven. Ça commence pas hyper passionnant avec des scènes d’avion à rallonge, mais le film va constamment en s’améliorant. Steven commence par pratiquer la légitime attaque contre des voyous qui ont eu la mauvaise idée de braquer la supérette où il faisait ses courses, avant de partir en Afghanistan pour empêcher les vilains de balancer des bombes bactériologiques sur le monde civilisé. Des bombes que même que si elles explosent au dessus de l’Europe elles contaminent le monde entier en 48h chrono plus vite que La Redoute, ce qui n’empêche pas les généraux responsables de la mission d’envoyer un escadron de bombardiers pour détruire la base terroriste en cas d’échec de la mission. Alors là deux solutions : soit si une bombe bactériologique explose dans se genre de pays sous-développé la contamination s’arrête aux frontières du monde musulman, soit les généraux en question sont hyper intelligents et savent parfaitement que Steven n’échoue jamais ! Le film est comme ça, farci d’incohérences pire qu’une dinde de Thanksgiving avec des types qui disent le contraire de ce qu’ils disaient 20 minutes plus tôt, alignant les dialogues plus débiles tu meurs (« nous détectons une activité militaire intense ! » alors que trois pelots, vraiment trois pas un de plus, jouent à la guéguerre) et surtout enquille les <em>stock-shots</em> de l’US Air Force comme feu Bruno Mattei les extraits de doc animaliers dans <strong>Virus Cannibal</strong>. De toute façon vous vous doutez bien qu’un film avec Steven n’a pas la thune pour se payer un tournage avec des vrais avions militaires, déjà qu’ils en sont réduits à filmer ça en Roumanie – le spectateur observateur réalise alors que dans un film de Steven il y a des forêts avec des sapins au beau milieu de l’Afghanistan. Mais la magie du cinéma opère, car un mercenaire arabe y a pas plus simple à jouer : tu castes un roumain, tu lui mets un turban sur la tête et une kalachnikov dans les mains, tu le fais crier « yallah yallah » en tirant n’importe comment en faisant de grands gestes et le tour est joué ! Le spectateur observateur remarque aussi que la base qu’ils font exploser ne ressemble pas du tout à celle dans laquelle ils s’étaient battus jusqu’à présent, et que même qu’elle se trouve dans le désert, probablement filmée dans un pays du moyen orient – <em>stock-shot</em> militaire encore. Et si je rajoute que dedans y a une (malheureusement courte) scène de cul lesbienne, vous vous dites qu’il est difficile de résister à la tentation.<br />
<a name="die"></a>Et forcément, après un tel morceau, le pourtant prometteur <strong>Today you die</strong> (« aujourd’hui tu meurs », tout un programme) de Don E. FauntLeRoy fait pale figure. Pourtant Steven y fait encore des siennes, trucidant du trafiquant de drogue à tour de bras. Il y joue un gentil malfrat tentant de raccrocher et livrer une vie honnête, qui se fait embarquer malgré lui dans une embrouille qui foire, avec plein de millions à l’appui, et Steven se retrouve en taule avec les flics, les dealers et les ripoux qui veulent tous savoir où il a planqué le magot. Mais comme Steven est pas du genre à se faire enculer dans les douches, il pète la gueule à tout le monde et s’évade. Une fois dehors il pète la gueule à tout le monde et récupère le magot pour le donner à un foyer pour enfants handicapés. Quel grand coeur ce Steven !</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/the-blade-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>The Blade</strong> (Tsui Hark, 1996)</div>
<p><span class="titrerevue">Pas de bras, pas de chocolat !</span></p>
<p><a name="bras"></a>Je ne refuse jamais un peu de culture, me voilà donc m’attaquant au classique de wu-xia-pian que constitue parait-il la trilogie du sabreur manchot (<strong>One-armed Swordsman</strong>) de Chang Cheh. Ça commence par <strong>Un seul bras les tua tous</strong> (titre français très <em>pulp</em>, j&#8217;adore), histoire d’un orphelin élevé comme son fils par un maître en art martiaux, qui à la suite d’une embrouille avec d’autres élèves et la fille du maître se fait couper un bras. Laissé pour mort il est recueilli par une femme solitaire aux cotés de qui il refera sa vie, loin des arts martiaux. C’est sans compter sur le destin patata et la fidélité au maître qui le pousseront à reprendre les armes pour mettre une raclée au <em>bad guy</em> de service. Classique éternel parait-il, mais pas grand chose à se mettre sous la dent pour autant, tellement c’est mou dans sa mise en scène et ses chorégraphies ; ça fait plus penser à de la danse moderne qu’à du kung-fu.<br />
<a name="vengeance"></a>Bien plus rigolo est le deuxième volet, intitulé <strong>Le Bras de la vengeance</strong> et qui en est la suite directe. Le manchot, qui ne demande pas mieux que de cultiver ses patates tranquillement, se retrouve embarqué malgré lui dans une guerre contre sept seigneurs de la guerre. Là où le premier volet adoptait une trame classique autour d’une figure légendaire et dramatique, <strong>Le Bras de la vengeance</strong> est un pur produit pop : méchants charismatiques avec des armes <em>custom </em>et des techniques de combat de tarés, du sang par tonneaux et démasticage massif des suscités gros méchant pas beaux et de leurs armées. Pas crédible pour un sou, un brin ridicule parfois (aaahh !!! ses ennemis se déplaçant comme des kangourou shootés à l’hélium !)(en tout cas à présent je sais d’où sont pompées les techniques de combat des « elemet ninja » de l’indispensable <strong>Ninja: the final Duel</strong> de Robert Tai), voir même un brin naif-cul-cul sur certaines scènes (du genre on est des amis on se bat tous ensemble oué !), mais inconditionnellement divertissant.<br />
<a name="rage"></a>Le troisième et dernier volet, <strong>La Rage du tigre</strong>, est considéré par beaucoup comme un sommet du genre, mais encore une fois je vois pas trop pourquoi – enfin si, encore une fois je vois pourquoi, mais ça ne m’émeut pas plus que ça. Il s’agit en fait d’un pseudo remake du premier, avec un nouvel épéiste incarné par un nouvel acteur qui à la suite d’un duel perdu est contrait de se couper le bras et de se retirer des arts martiaux. Et comme d’hab il reprendra son sabre pour venger son pote dézingué par le même méchant très méchant. Le problème, c’est que après une première scène vraiment cool (un bonhomme qui trucide tout plein de gens, avant de devoir se couper lui même un bras) il se passe vraiment que dalle dans le film avant la scène finale qui voit enfin le <em>body count</em> grimper en flèche (mais de façon pas hyper exubérante non plus). Entre les deux, des scènes d’un intérêt variable tentant probablement d’approfondir le personnage et les intrigues, mais l’angle adopté dans le premier épisode (la loyauté vis-à-vis du maître qui entre en conflit avec son nouveau serment) me semble plus intéressant comme moteur dramatique que cette nouvelle approche (mettant en scène une amitié un brin cul-cul entre frères d’armes). Reste que <strong>La Rage du tigre</strong> est bien mieux réalisé qu’<strong>Un seul bras les tua tous</strong>.<br />
Mais je crains que de toute manière je n’adhère pas au cinéma chinois. Et la mythologie mise en scène dans le wu-xia-pian me laisse le plus souvent de marbre – ça vaudra jamais <a title="L'Enfant massacre" href="http://insecte-nuisible.com/baby-cart-lenfant-massacre-mizumi-kenji-1972/178/">un bon Baby Cart</a>.</p>
<p><a name="blade"></a>Mais cette rétrospective de la trilogie du sabreur manchot fut aussi l’occasion de regarder (ce que je n’avais toujours pas fait, la grosse honte pour moi) <strong>The Blade</strong> de Tsui Hark (réalisateur que j’affectionne tout particulièrement), remake de <strong>Un seul bras les tua tous</strong>, mâtiné ici et là d’éléments tirés de <strong>La Rage du tigre</strong>. Mais il va sans dire que c’est d’un tout autre niveau, c’est même un des plus grands pieds que j’ai pu prendre devant un écran depuis quelques lustres. En quelques mots : non seulement c’est hyper brutal, très noir et très beau, avec des <em>bad guys</em> trop classes, mais c’est surtout une leçon de mise en scène comme on en voit rarement, constamment expérimentale – un travail de la photo et des lumières totalement <em>out of this world</em>, des cadres et angles de prise de vue hallucinants, un montage de fou furieux,&#8230; bref quand tu regardes ça tu pleures tellement c’est beau et t’en viens presque à trouver <strong>Time &amp; Tide</strong> trop plat (ce qui serait quand même un blasphème passible d’interdiction à vie de lecture de ce blog). Me voilà donc réconcilié, pour un temps, avec le cinéma chinois.</p>
<p style="text-align: right;">Lire l’épisode suivant</p>
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		<title>F.A.P.S. février 2008</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Mar 2008 14:12:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Epikt</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au programme : The Cherry Orchard (Nakahara Shun, 1990), Ichigo Chips (Nakahara Shun &#038; Takahashi Tsutomu, 2005), Déraciné (Nakahara Shun, 2002), Coquille (Nakahara Shun, 1999), Ichikawa Kon Monogatari (Iwai Shunji, 2006), Maboroshi no hikari (Koreeda Hirokazu, 1995), Tony Takitani (Ichikawa Jun, 2004), May 18 (Kim Ji-Hun, 2007), Virgin Snow (Han Sang-Hee, 2007), Beast of Blood (Eddie Romero, 1971) et Stryker (Cirio Santiago, 1983).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite, ep.1</strong></p>
<p>Au sommaire de ce mois de février, du 100% asiatique, très porté sur le japonais en plus, pas que je n’ai regardé que ça, mais ça faisait déjà assez de texte comme ça (ça c’est une phrase très lourde avec tout plein de « ça » dedans).</p>
<p><span class="titrerevue">Un peu de </span><span class="titrerevue">Nakahara</span><span class="titrerevue"> Shun<br />
</span></p>
<p>Ces derniers temps j’ai entrepris (de manière décousue) une petite rétrospective de la filmographie de Nakahara Shun, réalisateur japonais malheureusement peu considéré et peu diffusé hors de son archipel. C’est bien dommage, le bonhomme ayant à son actif un certain nombre de films plutôt intéressants, que je me fis un plaisir de redécouvrir (découvrir tout court pour certains) dernièrement. Comme beaucoup de monde probablement je l’ai découvert avec le très joli et étrange (bien que partiellement raté) <strong>Tomie: Forbidden Fruit</strong>, à l’origine vu pour la présence au casting de la très précieuse Miyazaki Aoi. Je vous parlerai prochainement de ce film et de la série <strong>Tomie </strong>plus en détail, j’en resterai donc là pour l&#8217;instant.<br />
<a name="cherry"></a>Vinrent par la suite un certain nombre de films, vus cette fois par curiosité pour le réalisateur. <strong>The Cherry Orchard</strong> – qui retrace la journée d’une classe de lycéennes préparant la représentation de la pièce <strong>La Cerisaie</strong> de Chekhov, leurs appréhensions, leurs aventures sentimentales et tout ça – est un film à priori innocent mais d’une sensibilité et d’une délicatesse rares, bien écrit et tout en nuances, et par dessus le marché servit par des jeunes actrices talentueuses et une mise en scène toute en douceur. Un des meilleurs films de Nakahara que j’ai pu voir.<br />
<a name="chips"></a>Quinze ans après (en 2005 donc) Nakahara retrouve deux de ses actrices (Miyazawa Miho et Kajiwara Aki), à qui il confie par ailleurs le scénario, pour <strong>Ichigo Chips</strong> qu’il coréalise avec le mangaka Takahashi Tsutomu, plus connu pour avoir inspiré plusieurs films de Kitamura Ryuhei (<strong>Alive</strong>, <strong>Sky High</strong> et <strong>Love Death</strong>) et dont c’est le premier film. Cette alchimie bizarre explique probablement la relative déception qui accompagne le film, pas forcément mauvais mais en demi-teinte, l’intrigue parfois prometteuse et parfois nian-nian, la mise en scène parfois bien plate et parfois inspirée.<br />
<a name="deracine"></a>Miyazawa Miho et Kajiwara Aki sont encore au casting d’un autre film de Nakahara, le très séduisant <strong>Déraciné</strong>. Cette histoire de peintre tirée de la rue par une galliériste qui l’héberge et devient son modèle rappelle par certains cotés<strong> Ivre de femmes et de peinture</strong> de Im Kwon-Taek, mais en moins « grande fresque historique » (ce qui n’est pas si mal) et en plus brutal (ce qui est d’autant mieux). Je soupçonne même le film d’adopter une narration assez complexe, mais le film ne bénéficiant d’aucune édition sous-titrée (ni, pour autant que je sache, de <em>fansub</em>) vous me pardonnerez d’être passé à coté de certaines subtilités.<br />
<a name="coquille"></a>Dernier film de Nakahara Shun vu dernièrement, <strong>Coquille </strong>(autre titre directement en langue française), intéressant mais, comme <strong>Ichigo Chips</strong>, ne se montrant finalement pas à la hauteur de toutes nos attentes.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/the-cherry-orchard-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>The Cherry Orchard</strong> (Nakahara Shun, 1990)</div>
<p><span class="titrerevue">Films en vrac</span></p>
<p><a name="ichikawa"></a>Tout d’abord une coïncidence troublante, j’ai appris la mort du réalisateur Ichikawa Kon le lendemain même après avoir regardé <strong>Ichikawa Kon Monogatari</strong>, le film que Iwai Shunji (un de mes cinéastes préférés) a consacré au réalisateur des <strong>Feux dans la plaine</strong>. C’est triste. Le film en lui-même n’est pas extraordinaire, trop écrit, trop discursif, pas assez approfondi. En fait, si on ressent véritablement que c’est un film que Iwai avait envie (besoin) de faire, à la fois comme une reconnaissance de dette et une déclaration d’amour, il ne s’agit pas forcément d’un film qu’on a envie de voir. Trop intime probablement, il aurait probablement du rester entre les deux cinéastes.<br />
<a name="maboroshi"></a>Rien à voir, mais j’ai rarement vu un film aussi maniaquement cadré que <strong>Maboroshi No Hikari</strong> de Hirokazu Koreeda. Sérieusement, le moindre plan est sciemment composé de manière sophistiquée, limite mathématique (tu le vois ton système de six équations à six inconnues pour déterminer l’unique endroit où placer ta caméra et comment l’orienter selon l’effet recherché ?). Et contrairement à ce que je pourrais laisser entendre, le film n’est jamais fermé ni froid, même si un peu austère quand même, il est même stupéfiant de beauté. Certes il faut aimer les films japonais contemplatifs où les personnages pansent/pensent leurs plaies en silence, mais en général ça me botte si c’est pas trop mal foutu (ce qui est le cas au delà de mes espérances). Alors pourquoi je ne suis malgré tout pas vraiment rentré dans le film ? Aucune idée, et c’est vexant car j’ai vraiment l’impression de passer à coter que quelque chose de beau.<br />
<a name="tony"></a>Le hasard du calendrier m’a amener à également regarder <strong>Tony Takitani</strong> de Ichikawa Jun (le réalisateur du plutôt sympa <a href="http://insecte-nuisible.com/how-to-become-myself-ichikawa-jun-2007/"><strong>How to become myself</strong></a>), adaptation de la nouvelle de Murakami Haruki qui tend aussi vers ce genre de mise en scène esthétisante et très strictement composée. Avec moins de réussite toutefois, malgré une vraie fluidité dans son montage (le film est pour une grande partie composé de travellings latéraux qui glissent de l’un à l’autre, donnant au film un rythme particulier), principalement à cause d’une voix off beaucoup trop présente et dirigiste, ôtant peu à peu leur signification aux images qui ne finissent par n’être qu’illustration.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/maboroshi-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Maboroshi no hikari</strong> (Koreeda Hirokazu, 1995)</div>
<p><span class="titrerevue">Le cinéma ça peut faire très mal à qui se sent un minimum concerné</span></p>
<p>Parmi les films asiat vus récemment, il y en a deux particulièrement mauvais dont j’aimerais vous entretenir, bien que vu fin janvier (c’est le premier numéro, je triche).<br />
<a name="18"></a>Le premier, c’est <strong>May 18</strong> de Kim Ji-Hun, blockbuster coréen très attendu puisque se déroulant lors du soulèvement de Kwangju en mai 1980 (l’armée tire sur la foule durant une manifestation, provoquant une insurrection sévèrement réprimée). De mon coté je n’en attendais pas des masses mais rien n’aurait pu me préparer à un tel film, un des rares qui m’ait littéralement donné mal au ventre. Pour plus de détails, lisez <a title="May 18 [cinemasie]" href="http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/splendidholiday/critiques.html?showext=1#Epiktistes">ce que j’en ai dit sur Cinemasie</a> (où il est le deuxième, après <a title="I don't want to sleep alone" href="http://insecte-nuisible.com/i-dont-want-to-sleep-alone-tsai-ming-liang-2006/47/"><strong>I don’t want to sleep alone</strong></a>, à recevoir l’honneur d’un 0/5, note que considérant réservée aux pellicules les plus indignes je n’attribue pas à la légère) qu’on pourrait résumé par cette petite citation : « <strong>May 18</strong> est de ces films heureusement rares mais gerbants qui, non contents d’être une insulte au septième art (ce dont on a l’habitude), sont surtout une insulte à l’Histoire, Histoire dont ils se proclament pourtant les hérauts. »<br />
<a name="snow"></a>Le second, c’est <strong>Virgin Snow</strong>, film nippo-coréen de Han Sang-Hee dont j’attendais à vrai dire encore moins : que voulez-vous attendre d’un film dont le titre (<strong>Hatsuyuki no koi</strong>) peut être traduit par « amour à la première (chute de) neige », sérieusement ? Mais voilà, dedans il y a la très précieuse Miyazaki Aoi  (encore), et accessoirement une bande originale interprétée par Lee Sang-Eun (pas extraordinaire cela dit). Mais que voulez-vous, ce film est une merde, une belle, carte-postalesque au possible (comment peut-on filmer le Japon contemporain sans un seul poteau électrique présent dans le cadre ? c’est stupéfiant)(par contre des kimonos et des temples, ça y en a !) et avec cette tête à claque de Lee Jun-Ki (à ne surtout pas confondre avec <a title="Lee Yoon-Ki" href="http://insecte-nuisible.com/tag/lee-yoon-ki">Lee Yoon-Ki</a>) à l’écran. Je fais une parenthèse sur ce gars, <em>idol </em>pour adolescente qui a le chic pour ne choisir que des films pourris (devinez quoi ? il joue aussi dans <strong>May 18</strong> !)(son moins pire ça doit être <a title="Le Roi et le clown" href="http://insecte-nuisible.com/fim-janvier-2008/307/#roi"><strong>Le Roi et le clown</strong></a>, c’est dire) dont le (non) jeu se résume à sourire d’un air niais soi-disant mignon comme s’il posait pour un photobook hors-commerce réservé à son fan-club de prépubères. Alors pensez bien que face à Aoi 1, il fait vraiment pale figure et 2, la chimie entre les deux acteurs est quasi nulle. La pauvre Aoi quand à elle, elle se démerde comme elle peut pour faire exister un rôle qui ne tient qu’au cliché. Une vraie torture pour un fan comme moi. Heureusement les prochains films que je verrai avec elle (entre autre <strong>Sad Vacation</strong> de Aoyama Shinji qui devrait sortir en DVD sous peu) s’annoncent d’un tout autre niveau.</p>
<p><img src="http://insecte-nuisible.com/images/virgin-snow-1.jpg" alt="" /></p>
<div class="legende"><strong>Virgin Snow</strong> (Han Sang-Hee, 2007)</div>
<p><span class="titrerevue">Du gros Bis qui tache !!!</span></p>
<p>Rien de tel pour oublier nos déconvenues que de se faire une petite soirée de cinoche bis. Et outre les chaînes câblées le must du must c’est la cinémathèque française (qui croyait encore que c’était que des gros coincés là bas ?) qui un vendredi sur deux nous propose des double-programmes parfois réjouissants, une bonne manière de patienter avant la Nuit Excentrique (j’ai mes places pour l’édition 2008 !!!! JOIE IMMENSE !!!). C’était donc le 15 février, spéciale série B philippines, une bonne occasion pour moi de voir de ce cinéma à la flatteuse réputation mais que je connais très peu (quoi que j’ai du voir un certain nombre de films sans même savoir qu’ils étaient philippins).<br />
<a name="beast"></a>Au menu donc, le très célèbre <strong>Beast of Blood</strong> de Eddie Romero (tape ton pseudo opportuniste). Le fait qu’il s’agisse du troisième film d’une série ne pose finalement pas tant de problème que ça étant donnés 1, l’incohérence du truc qui fait qu’on est pas à ça près et 2, l’archétypisme total des situations qui fait qu’on est jamais perdu. Ça part comme <strong>King Kong</strong> (un savant sur une île sauvage accompagné d’une potiche), continue comme <strong>James Bond</strong> (héros vs. méchant et autres machinations diaboliques + héros qui se tape la vahinée de service) pour finir à la <strong>Reanimator </strong>(le méchant qui ressuscite des cadavres), le tout dans la bonne humeur et l’abondance de faux raccords. Même si honnêtement le film est très chiant et long. Bref, ça usurpe un peu beaucoup sa réputation et tient malheureusement plus du navet que du nanar.<br />
Un mot de la projection qui fut épique. Dès la première bobine je me fais la réflexion « mon dieu l’image est dégueulasse ». En effet, copie trouvée dans la cave de papy oblige, les couleurs sont totalement passées pour ne laisser que le rouge, le son crachote et l’écran est zébré de rayures. Mais je ne savais pas encore que c’était la bobine la mieux conservée du lot ! Une en particulier donna énormément de mal au projectionniste, sautant au moins trois ou quatre fois (plus ?) avant qu’il se résigne et passe à la suivante. Moralité de l’histoire : je suis pas mécontent de l’avoir vu, il y a des chances que la copie soit morte et que pareille occasion ne se représente plus de si tôt.<br />
<a name="stryker"></a>Le deuxième film (dans une copie autrement plus propre) fut <strong>Stryker </strong>de Cirio Santiago, hallucinant décalque de <strong>Mad Max</strong> (le deuxième volet principalement). En effet, si on passe sur le fait que la ressource recherchée est l’eau et plus l’essence, les emprunts (entre le look des amazones, les bagnoles custom, l’attaque de la citerne, la femme du héros tuée par le méchant,&#8230;) sont flagrants et frisent parfois l’indécence. Mais le plus drôle (et c’est là que le film devient nanar) ce sont les dialogues d’un ridicule consommé et d’une vraie naïveté volontiers philosophe. Dommage, j’ai plus d’exemples sous là main&#8230;</p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://insecte-nuisible.com/faps-mars-2008/">Lire l’épisode suivant</a></p>
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