Paranoia Agent peut faire figure d’oeuvre somme et globalisante, sorte de synthèse de tout ce pourquoi Kon Satoshi est un cinéaste génial.
Un film malin, loin d’être sans défauts mais qui souffle un peu de vent frais en ce genre très prisé et propice aux boursouflures qu’est le « film noir coréen violent et esthétisant ».
Grand film. Déconseillé aux cinéphiles du dimanche – sauf bien sur à ceux qui douteraient encore de l’existence de films à la fois beaux, intelligents, profonds et novateurs.
Omnibus de dix films adapté des Dix Rêves de Natsume Soseki. Plus d’une fois surprenant et plutôt chouette dans son genre.
Du talent, c’est justement ce qui manque à Xavier Gens, dont on ne remettra en cause ni l’amour du cinoche de genre ni la volonté de bien faire. Reste qu’on ne n’apprécie pas un film sur sa seule note d’intention, et le Texas Chainsaw Massacre-wannabe est un « genre » demandant davantage à son réalisateur qu’une simple révérence au film de Tobe Hooper et au cinéma de genre des années 70.
Pas beau, platement mis en scène, mâchant honteusement le travail du spectateur, parfois bêtement incohérent mais heureusement sauvé par la bouille craquante de la miss Toda. Vous m’aurez compris, sauf peut-être pour les fans du manga (quoique) et les pervers plus ou moins refoulés, ça vaut pas un bezef.
Idéologiquement c’est pas plus abrutissant que le blockbuster impérialiste moyen, la comédie franchouillarde raciste ordinaire et autres matraquages publicitaires qui curieusement font bien moins de vagues.
Yokohama Mary est plus émouvant que n’importe quelle fiction dramatique, et en même temps en dit plus sur la société et avec infiniment plus de finesse que la plupart des films soi-disant politiques ; j’en connais des réalisateurs feraient bien d’en prendre de la graine.
Strawberry Shortcakes tire pleinement parti de son matériau de base en béton armé. Une belle écriture donc et des ajouts à l’oeuvre originale qui n’ont pas altéré la justesse des personnages, la crédibilité de leurs comportements et l’authenticité des émotions qui les habitent. Alors si on conseillera toujours en premier la lecture du manga, le film est loin de lui faire honte.
Ça n’a pas un intérêt énorme. C’est juste lent, pas hyper original, encore moins personnel et loin d’être passionnant.
Ça sera jamais un film comique comme on l’entend dans nos contrées mais The Matsugane Potshot Affair reste assez drôle et intéressant, caustique parfois. Malheureusement il n’a pas la fraîcheur de Linda Linda Linda, ni son dynamisme naïf, sa légèreté et son formidable pouvoir d’immersion.
Ido est un grand film, véritablement jusqu’au-boutiste, probablement le plus beau que j’ai vu en 2007 et sans aucun doute le plus traumatisant – dix ans d’attente ne sont pas si cher payés si c’est pour se retrouver face à une oeuvre de cette trempe. Il est même probable que dix ans ne soient pas de trop pour s’en remettre.
« Nul ». Un bon adjectif pour décrire le film. A prendre au sens propre comme au figuré, désignant le contenu comme le contenant. Tsai Ming-Liang, cinéaste du néant, créateur de films vides et poète apocalyptique.
Le plus beau film de Lee Yoo-Ki (à l’époque), le plus épuré, le plus pur, le plus poignant, le plus douloureux, le plus authentique, le plus triste, et finalement le plus vivant.
Il n’y a pas de raison de ne pas applaudir ce soporifique mais nécessaire enfonçage de portes ouvertes. Car ne nous voilons pas la face, dans nos contrées civilisées, bien pensantes et responsables, cette vérité rassure plus qu’elle ne dérange.
Après Haute tension rien ne nous empêchait d’espérer que Aja fasse mieux. Et Aja fait mieux, sans aucun doute : Haute tension était juste un mauvais film, pas de quoi en faire un fromage, mais La colline a des yeux est une merde sans nom.