Quand c’est mieux que bon, c’est Aibon

Double programme #2 : Ju-on: Kuroi Shojo de Asato Mari, suivi de Kung-Fu Chefs de Yip Wing-Kin
(assister au double programme #1)

Aujourd’hui on suit les premiers pas au cinéma de notre ex-Mini-Moni préférée, Kago Ai (« Aibon » pour les fans). La demoiselle doit encore se contenter de moitiés de rôles dans des films de seconde zone, ce qui est triste quand on connaît son potentiel. En attendant donc son premier AV tentaculaire.

Ju-on: Kuroi Shojo (Asato Mari, 2009)

Ou « la fille noire » en bon françois, N-ème film de la série Ju-on / The Grudge (que j’aime pas particulièrement, comme 99% des films de fantômes japonais), franchise qui a institué le remake de remake de remake en art de vivre. Là, on est un peu soulagé, car c’est une histoire originale. Enfin, je crois. Et façon de parler, car c’est aussi original qu’un kebab frites mayonnaise est riche en fibres : une gamine qui est possédée par une malédiction, ça se passe dans un hôpital, y a des gamines à cheveux longs,… n’en disons pas plus.
Ce nouveau Ju-on est un DTV fait à l’arrache, mais au moins fait-il ce qu’il peut pour le maquiller. Entourloupe principale, la photographie super méga sombre, du genre qu’au moindre sceenshot on sait qu’on est dans un film d’horreur et qu’avec ce traitement même la suite royale du Hilton a l’air d’un taudis. Ma foi, ça marche plutôt pas mal, l’ambiance est bien glauque. Malheureusement, le chef-op doit être le seul dans l’équipe à tenter de sauver le film du naufrage. Certes, le scénario se débat comme il peut : l’histoire est bateau ? qu’à cela ne tienne, on balance tout ça dans le désordre en faisant des segments s’intéressant tour à tour à chacun des personnages ! J’ai rien contre le procédé (Noriko’s Dinner Table utilisant exactement le même j’aurai du mal à le désavouer dans l’absolu), mais encore faut-il qu’il s’appuie sur une base solide et ne fasse pas que brasser du vent. Mais au moins, en le rendant moins explicite, cela rend regardable un film qui peut-être sans cela n’aurait pas grand intérêt.
Parce que le reste… je suis pas du genre à pouffer devant les films foireux mais cela m’est arrivé plusieurs fois devant celui-là, tant certaines situations, en particulier les scènes horrifiques, sont boiteuses. On sent vraiment les types en panne d’inspiration, qui ont déjà essayé toutes les combinaisons possibles et imaginables « petite fille avec les cheveux contre la gueule + drap de lit + fantôme d’enfant mort né qui grince des dents et se planque sous le lit » et qui se demandent bien comment ils vont pouvoir faire cette fois. La mise en scène est suiviste, du coup on ne saurait même pas en dire du mal. Quand aux acteurs, lololol comme disent les jeunes, on dirait un concours à qui sera le plus à la ramasse. L’avantage pour Aibon, c’est que vue la concurrence elle fait pas pire que les autres.

Kung-Fu Chefs (Yip Wing-Kin, 2009)

A ceux qui à la lecture de cette humble critique se disent qu’en plus de faire des photobooks cochons la miss Kago est pas gâtée par sa carrière cinématographique naissante ne se doutent pas qu’elle a fait bien pire ! Mais qu’existe-t-il de pire qu’un film de fantôme japonais, demande le lecteur naïf. Mais une comédie hongkongaise, bien entendu ! Et avec Sammo Hung par dessus le marché ! Un Sammo qui a maintenant besoin de câbles et de défilement accéléré pour bouger sa graisse, c’est moche la déchéance…
Mais revenons au sujet : comédie de kung-fu cuisine typique, Kung-ju Chefs met en scène un maître en cuisine exilé suite à une machination (on a empoisonné un de ses banquets !) qui revient (enfin, je crois, j’avoue avoir eu un moment de flottement), un jeune apprenti à qui il va apprendre l’art de découper les lardons en dés en respectant les règles feng shui, deux nanas qui tiennent un restaurant, tout se beau monde aux prises avec une sorte de mafieux (le neveu du maître, forcément, sinon c’est pas drôle) à la tête d’un conglomérat de restos cantonnais. Et comme il se doit, tout ça finit avec un concours du meilleur cuisinier de Chine. Comme c’est original.
Comme c’est mauvais aussi ! Bon, j’avoue que la comédie HK et moi, ça fait quinze, et que celle-là n’est pas tout à fait insupportable. Ce qui n’empêchera pas le genre même de la comédie cuisine kung-fu d’être une débilité sans nom. Rahalala, ces cuistos qui ne manquent aucune occasion pour faire un duel de cuisine, ces techniques indignes du plus mauvais épisode de Naruto, ces permanentes leçons de vie à base de sauce aigre-douce !
Mais ne perdons pas le nord, ce film est plus généreux en fan-service que Ju-on. On regrettera juste que Aibon y soit doublée en cantonais (!!!), mais on ne s’en formalise pas trop parce qu’elle fait du kung-fu ! Oui oui, vous avez bien lu. Dieu soit loué, le ridicule ne tue pas.

Cet article est lamentable, toutes mes excuses.
Les choses sérieuses reprennent en fin de semaine.

(assister au double programme #3)

§ 2 commentaires sur “Quand c’est mieux que bon, c’est Aibon”

  • Guillaume says:

    Il est joli son photobook (le making of en images qui bougent est pourri comme tous les trucs de ce genre). Et les films, eux, sont pas jolis. Du tout.

  • Martin says:

    Elle a une bonne trogne sur la photo de Ju-on. Je sens que ce Kungfu Chef me tombera dessus un jour ou l’autre, il y a des films comme ça qui nous lachent pas :(

À propos de ce texte