Le Syndicat du crime 2 (John Woo, 1987)

En ce moment je comble certains trous dans ma culture. La filmo de John Woo donc, dont à peu de choses près je ne connaissais que les films américains. Rien de bien marquant par ailleurs, et je voulais volontiers croire que ses films HK avaient plus de gueule (j’avais juste vu Une Balle dans la tête, qui ne m’avait pourtant pas renversé, loin de là). J’avais même pensé à acheter le coffret DVD du Syndicat du crime quand c’est sorti, c’est dire ma bonne volonté ! Je l’aurais sans doute regretté d’ailleurs, puisqu’après un premier film moins que moyen voilà que je me farci un deuxième carrément mauvais !

Le deuxième enchaîne à la suite du premier (on a même droit à un rêve en stock-shots pour nous remettre dans le bain) : Ti Lung est en taule, Leslie Cheung est toujours un chien fou mais a mis sa femme enceinte, Chow Yun-Fat est mort, son imperméable troué de quarante impacts de balle. Et y a toujours plein de bad guys dehors. Je vous passe les détails, mais voilà donc les deux frères (Ti Lung et Leslie Cheung) qui enquêtent sur des faux monnayeurs. Comme dans le premier film, Leslie Cheung fait n’importe quoi et son frère essaye tant bien que mal de sauver les meubles. Je suis vraiment mauvais pour résumer les histoires. Et puis zut ça sert à rien.
Chose rigolote, le film a beau s’enterrer pendant une grosse heure dans des développements dramatiques, jamais ils ne sont menés à leur terme. Désir de trop mettre ? scénariste avorteur pounk ? Le premier film était grosso-modo soutenu par une idée unique : l’opposition des deux frères, l’un mafieux souhaitant se ranger mais rattrapé par son passé et l’autre flic qui ne lui fait pas confiance et le blâme pour le meurtre de leur père. Basique mais efficace, un grand classique. De cette opposition, il ne reste plus rien (le conflit est réglé à la fin du premier film), juste parfois une forme, comme dans la scène où Ti Lung doit abattre son frère pour gagner la confiance des mafieux. Bonne idée, pas vraiment exploitée.
Bref, ça ressemble à rien : début de triangle amoureux entre Leslie Cheung, sa femme et la fille qu’il est sensé protéger ? basta, la fille meurt trois minutes après. Chow Yun-Fat est mort dans le premier mais c’est le personnage le plus classe ? on lui invente un frère jumeau (ce qui reste moins pire que « en fait il est pas mort ») comme ça il est dans le deuxième film aussi !

Le film est donc en mode « comme sur des roulettes » (ce qui parfois n’est pas déplaisant). Ça sent le film fabriqué à la suite du succès du premier épisode, ne sachant pas trop comment raccrocher les morceaux.
Y a notamment tout un passage à New York, où se réfugie un type menacé par les mafieux. Il est accablé par la mort de sa fille, par la mort de la fille d’un de ses amis, de la mort de son ami par la même occasion, devient totalement catatonique et finit dans un hôpital psychiatrique ! C’est Chow Yun-Fat qui l’en sort et qui essaye ensuite de le faire manger. Ça en serait presque émouvant si c’était pas aussi grotesque, car chargeant la barque à mort et tirant sur l’ambulance aveugle cul-de-jatte séropositive mongolienne. Il faut voir le pauvre Chow Yun-Fat vider son frigo de rage, tout balancer sur le sol, et son ami neuneu se saisir d’un morceau de viande congelée pour essayer de mordre dedans ! Il faut voir le même la figure dégoulinante de la bouillie qu’il recrache ou pleurnichant en essayant de recomposer la photo déchirée de sa défunte fille ! Je ne parle même pas des acteurs cabotins au possible, d’autant plus quand ils doivent jouer en anglais. Il faut entendre la musique que le père Woo colle sur la scène où l’autre avale enfin un morceau d’orange (il a fallu que son ami lui épluche, car lui attaquait la peau avec les dents et  n’y arrivait pas !) et Chow Yun-Fat ingère un grosse poignée de… de quoi au fait ? pour montrer l’exemple. Précisons à tout hasard que tout ça est projeté au ralenti. Il faut le voir pour le croire. Et, magie de l’interoueb, vous pouvez le voir ici.

Ne pensez pas que je me focalise sur un détail, sur une scène en particulier : tout le film, ou presque, est de ce tonneau. Y a même une scène où Leslie Cheung se fait tuer en montage alterné avec sa femme qui accouche, c’est dire (quinze ans plus tard Tsui Hark, qui rappelons-le est scénariste de cette chose, redorera le blason du genre « femmes enceintes et gunfights » en tournant l’excellent Time and Tide). Je me souviens pourtant, même chez John Woo, de deux trois scènes de racolage sentimental qui fonctionnent. Les deux aveugles qui se loupent à la fin de The Killer par exemple. Mais les scènes larmoyantes du Syndicat du crime 2 n’ont pas ce coté over-the-top qui les sauverait de la dramatisation vulgaire.
Pendant se temps-là, la mise en scène se fait poussive. Ça s’enchaîne dans l’ensemble pas si mal, malgré des faux raccords grossiers ici et là, mais pas mieux que dans la série B lambda (au mauvais sens du terme). Et ça devient laid à la moindre scène voulue un peu triste, alors que les acteurs ouvrent des grands yeux et des grandes bouches de merlan, que démarre la musique nian-nian et s’enclenche le léger ralenti. On a vu moins putassier comme mise en scène.
Passée cette faute de goût récurrente, John Woo tente peu, et les quelques plans qui se détachent ne font de toute façon pas sens et/ou s’intègrent mal dans l’ensemble. Exemple avec le travelling qui suit les oranges roulant sur le sol (à 8’48″ de cette vidéo) : le plan en lui-même est pas mal, à ras le sol sur les ordures, avec la caméra puisant son mouvement dans l’action, mais que donne-t-il au coeur de la séquence ? Pas grand-chose. On pourrait penser qu’il fait le lien entre les deux personnages, mais alors pourquoi ensuite raccorder sur un plan de Chow Yun-Fat ? Ça isole le plan, le rend totalement gratuit et privé de sens. Je remarque d’ailleurs que la scène aurait parfaitement fonctionné, peut-être même mieux, sans ce travelling.
Revenons sur cette histoire de faire le lien entre les deux personnages : d’une certaine manière ce plan le fait, puisque c’est par les oranges que le type se met à manger. Mais c’est uniquement dans l’idée. La mise en scène le contredit, ou du moins passe à coté de cet effet. Ce qui à peut de chose près résume bien ce que je pense du meilleur de John Woo : de bonnes idées, mises en forme maladroitement. Parce qu’on en arrive enfin à la partie rigolote : la baston ! J’ai traîné, mais John Woo aussi : quasiment rien pendant une heure vingt, il faut attendre le dernier quart d’heure pour avoir un peu de flingue dans notre face.

Vient donc la fusillade finale, après les funérailles du jeune frère sur fond de pop langoureuse et triste. Trois (presque quatre) types face à plus de bonshommes que ne pourrait en contenir la maison dans laquelle se passe l’action, ça augure des bonnes choses et un grand moment d’exubérance. Et si la scène n’est pas avare, elle me semble quand même bien en deçà de, pour prendre un exemple comparable, la fusillade finale de The Killer – je cite encore ce film : je ne le trouve pas particulièrement bon, mais il évite les principaux travers de celui qui nous occupe et propose un final encore plus énorme.
Grosso modo, la proposition de John Woo pour cette fusillade (également pour les autres que je lui connais) : de la grosse action portnawak et de la pose. On a enfin des plans qui ont de la gueule [1], Chow Yun-Fat fait son kèk’, on se dit plusieurs fois « waouh trop cool » devant une pose bien classe ou une scène particulièrement too much. Genre quinze gugus qui surgissent simultanément pour se faire faucher par les pistolets mitrailleurs, ou un autre qui fait un bond de trois mètres en se prenant de la chevrotine dans le buffet. C’est très branquignol, avec les cascadeurs qui se jettent avant ou après l’impact et balle ou l’explosion (soit John Woo n’est pas perfectionniste, soit il n’avait pas assez d’argent pour refaire des prises sûrement coûteuses) et des acteurs qui brandissent leurs flingues comme des maracas, mais ça ne dérangera pas le cinéphile de bon goût. Mieux, c’est parfois tellement n’importe quoi (le type qui plonge à 2’57″ dans cette vidéo) qu’il y trouvera un plaisir tout particulier à ce genre d’exubérances bis. Enfin donc un peu de plaisir dans ce film qui avait pour l’instant surtout heurté notre sensibilité d’esthète.
J’ai pas pour autant l’impression de me trouver devant de la grande mise en scène. Au contraire, même remarque que pour le reste, c’est de la série B de base, assez bien emballée pour passer sans problème mais sans grand génie (désolé à tous les fans, John Woo m’a, au mieux, toujours fait cet effet). Comme dit plus haut, c’est l’idée (gunfights à un contre cent, combattants jamais à court de munition sauf quand ça sert le scénario,…) qui est intéressante, plus que la mise en forme.
Il y a notamment dans cette mise en scène aucune appréhension de l’espace. Prenons le raccord à 3’05″ de la vidéo liée supra : quand bien même la scène aurait été filmée (ou pas) dans un espace cohérent, il n’y a pas de lien spatial entre le premier plan et le second, difficile de comprendre comment d’un grand espace on tombe direct dans un petit couloir entouré de portes ! En fait c’est presque du cinoche en 2D (ce qui n’est pas une mauvaise chose en soit ; qui a dit « Tony Scott » ?) dans un environnement en 3D (ce qui commence à faire bizarre) : à cause de ce manque de conscience spatiale, les scènes, voire les plans, sont déconnectés les uns des autres, la séquence se résumant au final à une juxtaposition, qu’on peine à voir storybordée, de morceaux de bravoure consistant à vider ses chargeurs sur une foule de figurants qui gesticulent.

L’ultime test pour la trilogie restera le troisième volet, que suivant mon stupide systématisme politique-des-auteurisant je devrais a-do-rer, parce que c’est Tsui Hark qui l’a réalisé. Ça tombe sous le sens, hein ? Ou pas, car n’oublions pas qu’il est coupable du script de celui-là.
Quand à John Woo, je vais éviter de regarder ses comédies qui sortent prochainement en DVD, je crains de ne pas supporter. Pour le reste, j’ai malgré tout toujours bon feeling avec Les trois Royaumes (toujours pas vu, mais ça ne saurait tarder) et pour un soir où je me sentirais d’humeur masochiste je cherche encore des conseils sur sa vieille période hongkongaise – juste au cas où vous aimeriez jouer ;)

(‘tain, finir un article avec un smiley, c’est vraiment minable)

(comme il ne faut jurer de rien, un splendide article mis en ligne demain viendra nuancer ces affirmations péremptoires)

[1] tous les screenshots illustrant cet article sont tirés du dernier quart d’heure. Si j’avais voulu faire quelque chose de représentatif, j’aurais mis ce genre de chose, et autres du même niveau. Mais j’aime bien que mes articles soient jolis même quand on prend pas le temps de les lire.

§ 32 commentaires sur “Le Syndicat du crime 2 (John Woo, 1987)”

  • Guillaume says:

    Woo j’ai vraiment l’impression qu’il y a deux camps :
    - ceux qui ont découvert The Killer au moment de sa sortie et qui se sont pris une baffe, et ont continué à se prendre des claques avec les autres films dont le Syndicat du Crime
    - ceux qui découvrent maintenant à posteriori et qui se rendent compte que Woo est immensement surestimé.
    Perso, je suis un mélange des 2. J’ai toujours trouvé Woo passable. J’adore le coté harboiled des gunfights, mais sur le reste Woo est un pachyderme de l’emotion. Peut etre pour ça que le seul film que j’aime de lui, période HK, est Hard Boiled où il s’embarrasse le moins du decorum sentimental pour juste tout exploser.
    On notera aussi que les “meilleurs” Woo à HK en tous cas les plus chiadés bien que démonstratifs sont ceux à partir du moment où il s’adjoint les services de David Wu au montage. On en tirera la conclusion qu’on veut bien.

  • Epikt says:

    L’enthousiasme (que je me garderai bien de juger) pour une nouveauté spectaculaire mais pas si chef-d’oeuvristique que ça quand on y regarde bien n’est pas l’apanage de John Woo, même si c’est un bon cas : dans dix ans les gens regarderont Oldboy et probablement trouveront ça tout pourrite.
    (provocation gratuite : don’t feed the troll!)

    PS : tu devrais aimer l’article de demain.

  • michael says:

    “…se rendent compte que Woo est immensement surestimé”

    je trouve cette remarque surprenante sachant que Woo a été l’une des influences majeures du cinéma d’action mondial des années 90, à commencer par cette volonté de rendre l’action toujours plus spectaculaire là où depuis plusieurs années l’action revient à un côté plus terrien, moins “fantaisiste”.

    Surprenant aussi parce que le nom de Woo est immanquablement cité par des cinéastes actuels comme l’héritier direct des grandes comédies musicales américaines, pour son approche originale d’un spectacle chorégraphié.

    Autant je comprends toutes les réserves formulées ici sur Woo, autant limiter l’intérêt suscité par ses films à un simple effet d’enthousiasme de fanboy le plaçant directement au niveau d’un Zack Snyder, aïe quoi.

    (surtout quand l’un des meilleurs films d’action chinois de ces dernières années est Les trois royaumes, conviant efficacité & subtilité au coeur d’un récit épique, soit une vraie leçon de cinéma)

    :)

  • Epikt says:

    Ton post explique très bien pourquoi John Woo est estimé. Et il faudrait être culotté (et un tantinet aveugle) pour le nier.

    Nos réserves sur ses films, c’est bien ça qui nous amène à le dire surestimé : dire que c’est surestimé, c’est mettre en balance la réputation, l’influence, etc… et la qualité des films. Après, tu peux ne pas souscrire, mais rien de surprenant.

    PS : ton message m’y fait penser, c’est un truc sur lequel je tique souvent au sujet de Woo mais je l’ai pas soulevé ici (ni dans l’article de demain) : je ne vois absolument pas en quoi l’action chez Woo est “chorégraphiée”. Ce que je dis dans ce texte sur le peu de conscience spatiale va dans le sens de mon incompréhension face à cette expression récurrente.

  • michael says:

    J’ai 2 exemples en tête ;

    Dans The Killer, le coeur même de l’histoire est explicité par un voyage spatial venant relier parallèlement 2 espaces… occupés par les 2 persos principaux.

    Dans Les Trois Royaumes (cf. lien précédent), l’action va permettre le plus souvent de définir les personnages. De mettre en valeur leurs caractéristiques à travers un espace que l’on aura mentalement intégré ; disposition de l’environnement, position des enjeux & valeurs dramatiques. Autant de points qui vont prendre de l’importance selon l’évolution de l’action.

    En fait, Woo explore en partie l’espace pour révéler l’état émotionnel de ses personnages (le terme de ballet est plutôt bien trouvé, en plus d’être beau).

  • Martin says:

    Bonne remarque de guillaume qui cite le père David Wu, je trouve que le qualificatif Wooien a un peu trop éclipsé l’importance du combo David Wu / Ching Siu Tung en particulier, et du système Workshop en géneral dans le renouveau des codes de l’action apporté par le cinoche HK. Après l’ami John a aussi sans doute eu un apport propre dans la recette (sans doute dans sa manière de figurer la catharsis), mais j’ai du mal à percevoir une qlqconque vision woienne de l’action dans ses 15 premiers films (à part peut être les qlq ralentis de La dernière chevalerie). Marrant aussi de voir comment Hard-boiled porte vraiment la marque du chorégraphe Philip “j’fais tout peter” Kwok. Bref j’y vois surtout un fructueux travail d’équipe plus que l’emergence “Auteur ayant ré-invité le cinema d’action”,

  • Guillaume says:

    “En fait, Woo explore en partie l’espace pour révéler l’état émotionnel de ses personnages ”
    Au delà du coté action, que j’aime bien chez Woo (relire mon premier message), je trouve justement que Woo est un extremement mauvais passeur d’émotions (meme dans l’action). J’utilisais le mot pachyderme, mais c’est clairement ça à mon sens. Et c’est pourquoi je trouve Woo surestimé au sens large. Il a été une reférence mondiale du film d’action pour toi Michael, je dirai plus succintement que ses gunfights harboiled ont été, et sont encore, une référence mondiale du film d’action. Le reste n’est que lourdeur que cela au niveau du message, de l’emotion et de la façon de la faire passer. Ses films, période HK, sont dychotomiques comme la plupart des films de ses compatriotes de la meme époque.
    Et je plussoie la remarque de Martin qui étend ma remarque sur David Wu à un crew plus large. The Killer, qui est surement LA référence Wooienne de la majorité des spectateurs un peu avertis, est le résultat d’un travail d’équipe avant d’etre un pur produit de Woo. Tout seul, le sieur n’est pas plus manchot que d’autres (il a meme une imagerie), mais il n’est pas finalement plus doué que d’autres (Lam, Hark…..). Et avant que Michael ne ressorte l’argument Trois Royaumes, je parle bien ici des films périodes HK. Woo a largement muri depuis, et a bien appris de David Wu et consorts.

  • Epikt says:

    > J’ai 2 exemples en tête

    Oki, je vois ce qui dans cette scène de The Killer (pour Les trois royaumes j’aurais du mal à dire, n’ayant pas vu le film) peut être vu comme un ballet : l’un “marchant” sur les traces de l’autre, en montage parallèle, ça se tient (un peu comme Guillaume je trouve la scène trop appuyée, mais c’est pas le sujet).
    Mais dans cet exemple, mon problème c’est que ce n’est pas une scène d’action – à moins que je n’ai rien compris, quand “on” parle de chorégraphie à propos de John Woo c’est au sujet de ses gunfights.
    Rmq 1 : A ce niveau, je trouve Johnnie To beaucoup plus chorégraphié que John Woo. Que le second ait influencé le premier, pas de contradiction : comme je le remarque plus haut il y a chez Woo beaucoup plus d’idées que de réalisations concrètes.
    Rmq 2 : Je peine à trouver de la chorégraphie dans ses gunfights HK, par contre j’en ai en tête dans Volte Face (où il force le trait de la Woo-touch j’ai l’impression), au moins la scène autour du miroir.

    PS : quand on écrit on a tendence a attribuer le film au metteur en scène, limite par convention, même quand c’est pas heureux. Merci donc de vos remarques sur l’influence de ses collaborateurs, je connais trop peu le cinéma HK pour pouvoir les faire moi même.

  • michael says:

    La scène de The Killer est bien une scène d’action, avec une rupture de ton et une confusion volontaire de ces 2 espaces temporelles pour renforcer la violence finale (l’un des assistants de DL portera l’ombre d’un tueur d’ailleurs).

    Derrière toute la construction émotionnelle, il y a l’aspect technique quasiment invisible de ces scènes. Parce que Woo pense l’action en terme d’espace, il pose des répères afin d’explorer l’environnement en toute fluidité par la suite, avec une tonne de raccords fluides. C’est là qu’un Hard Boiled assure totalement son spectacle. L’action n’est jamais laissée au hasard malgré le bordel ambiant (il y a un côté vidéo-ludique avant l’heure).

  • Guillaume says:

    Reflexion émise dans l’apres midi avec un pote apres la lecture des commentaires, et en rebondissant plus particulierement sur le commentaire de Michael mais sans remettre en cause son avis :
    “Woo pense l’action en terme d’espace, il pose des répères afin d’explorer l’environnement en toute fluidité par la suite”
    Il en ressort que si je suis plutot d’accord sur le storyboardage efficace, je rajouterai quand meme que l’exploration de l’espace est character-centered ce qui fait que au final l’espace est anonyme et ne joue pas forcément dans la “chorégraphie”. Il est faire valoir au mieux, alors que je pense que le décor, l’espace, doit etre acteur et support à l’action. Tsui Hark l’a compris et assimilé de belle façon. Woo pense sa choregraphie en fonction de l’espace, mais lors du tournage ça n’est plus effectif. Et forcément quelque part, ca me gene enormement.
    Un ou deux bieres plus tard on est aussi arrivé à une seconde idée corrolaire de la premiere : Woo concentre son film sur ses personnages et occulte non pas le décor d’une action mais quasiment le décor du film, en anonymisant HK (j’exagere un peu) là où justement le polar HK a pour habitude d’etre ultra fier de sa ville, ses décors….

  • Epikt says:

    > La scène de The Killer est bien une scène d’action

    Non. La première partie de la scène est une scène d’action mais on ne l’a pour jusqu’à présent pas évoquée. La deuxième partie, celle du “ballet” dont tu parles, est au mieux l’ombre d’une scène d’action. Et quand bien même tu ne voudrais pas en démordre qu’elle ne serait ni représentative ni généralisable.

    ———

    Prenons-nous le chou et mettons les mains dans le cambouis.
    Prenons donc la scène finale de The Killer, une scène qui à la fois est bien fichue et peut parfois servir d’illustration aux défauts que je souligne.
    Si besoin, voici la vidéo sur youtube.

    Au début, la scène est peu située. Même s’il est vrai que la chapelle a déjà été vu plusieurs fois dans le film et qu’une chapelle c’est une chapelle. Mais en tout cas il n’y pas de plan globalisant ni de séquence permettant de se faire une idée claire de l’espace du lieu.
    Peu importe en fait car les premiers échanges de coups de feu auront lieu selon un axe unique, les deux “héros” dans le coeur et les bad guys arrivant par la porte ; d’ailleurs quelques plans auparavant Woo semble insister sur cette porte ouverte (un des points de repère dont parle Michael). De plus les hostilités s’ouvrent sur un plan situant les deux camps et mettant en évidence cette ligne. Rien à redire.
    [Enfin presque : en fait la première attaque vient d'une fenêtre et, malgré un raccord regard, est assez déconnectée du reste ; aussi, CYF fait à moment un bond assez incompréhensible de traviole. Ces deux plans cassent un peu la belle mécanique que j'ai décrite.]
    Vient ensuite le plan vraiment spatialisant, le travelling circulaire autour des deux personnages. Par ce plan Woo indique d’où vont surgir les ennemis : les fenêtres, la passerelle et le balcon (points de repère again).
    [Grain de sable dans la mécanique encore : la sorte de jup-cut (avant, après) concluant ce plan me semble terriblement maladroit en 2D-isant l'échange (les raccords ne sont pas si fluides) ; plus important, deux attaques décontextualisées (par une fenêtre et la passerelle) interviennent avant cette spatialisation, ce qui me fait douter du fait que John Woo ai clairement pensé ce que je suis en train de décrire.]
    Suivent une poignée de plans qui sont parfaitement ma came, puis ça se gâte. Pas que ça devienne incompréhensible, le spectateur pouvant toujours réfléchir à où l’action se situe (tous les éléments lui ont été donnés) mais plus jamais la mise en scène ne le lui fera sentir l’espace.
    On se retrouve avec des blocs d’actions (1a, 1b, 1c, 1d ; 2a, 2b, 2c, 2d) fonctionnant par eux-mêmes mais qui, même dans le cas où comme les deux en exemple ils sont enchâssés par le montage, 1/semblent parfaitement étrangers les uns les autres et 2/ ne se situent plus dans l’espace de la scène.
    Et encore, ce défaut passe bien mieux dans The Killer que dans Le Syndicat du crime 2, de par la nature même de la scène (au delà du fait qu’elle est de toute façon mieux conçue) : la scène de The Killer est pour ainsi dire fixe, ce qui réduit cet éclatement ; alors que dans le Syndicat du crime 2, parce qu’on suit les attaquants et non pas les défenseurs, la scène est mobile, passant de pièce en pièce et d’étage en étage [la scène dont je parle dans mon article (un et deux) est la première à l'étage de la maison : n'allez donc pas me parler de point de repère].
    En passant, là où A toute épreuve marque une évolution par rapport à The Killer, c’est en ce que A toute épreuve se déroule dans un environnement constamment exploré et donc constamment nouveau, où il n’est forcément pas question de point de repère mais dans lequel l’espace est malgré tout appréhendé et ressenti.
    Je rebondis sur le post de Guillaume (et en profite pour avouer que tout ce que je peux raconter ici est fortement marqué par le cinéma de Tsui Hark) quand il dit que chez Woo l’action est “character-centered”. C’est vrai. J’ai l’impression que dans l’échange de coups de feu ce qui l’intéresse c’est l’échange (jeu de mot ramucho, aucune idée si ça fonctionne en chinois) et ses gunfights sont le plus souvent articulés en champ-contrechamp et/ou suivant un principe d’action-réaction (cause-conséquence). Cette manière de faire renforce l’impression d’une confrontation en face à face, et du coup le manque de sensation d’espace.

    A présent, il faudrait refaire la même chose avec Le Syndicat du crime 2 pour observer ce qu’il se passe quand les qualités ne compensent pas les défauts.

    PS : enfin bon, tout ça pour rien puisque bien qu’ayant montré cette histoire de repères ça ne nous avance pas davantage sur le caractère chorégraphique de ces scènes :o

  • michael says:

    Cette déconstruction méthodiquement mécanique met de côté l’essence de la mise en scène, à savoir comment réagissent les personnages, la stratégie qu’ils adoptent, leurs rapports à l’environnement (tout en mettant de côté le choix des cadres, en rapport direct avec l’état des persos).

    Quand un perso saute en vidant une cartouche infinie, à l’évidence, il exploite l’espace autour de lui pour accomplir son action (il est porteur d’une ligne de fuite), en plus d’exploite son environnement (tables, murs, escaliers…qui établissent selon les instants des rapports/idées différents entre les personnages). Tout ça, c’est bien sûr chorégraphié, car organisé et pensé d’avance.

    Maintenant, pour ton plaisir de définir l’ampleur volumique d’une mise en scène, va regarder Les Trois Royaumes.

  • Epikt says:

    OK pour le méthodique (au bout d’un moment il faut bien examiner le film de près si on veut pas dire trop d’aneries), mais j’ai pas l’impression que mon analyse soit détachée de mon expérience de spectateur (pas mécanique donc).
    Par contre une analyse n’est jamais exhaustive, surtout quand comme celle-là elle est improvisée : bonne remarque donc sur l’absence des personnages dans mon blabla. Si effectivement l’action chez Woo est “character-centered” on devrait pourvoir en tirer quelque chose (mais c’est pas trop mon rayon).

    Dans ton deuxième paragraphe tu joues un peu facilement du “à l’évidence” et du “bien sûr”. Car justement non, ça ne me semble pas évident.
    Aussi, dans ton “c’est bien sûr chorégraphié, car organisé et pensé d’avance” tu sembles confondre chorégraphie et mise en scène, ce qui ne nous mènera pas très loin.

  • Epikt says:

    Juste pour signaler que la discussion continue sur le blog de HKMania : http://blog.hkmania.com/?p=6948
    Je vous laisse faire le tri (vous ne devriez pas avoir trop de mal à savoir quels interventions sauter) mais y a de bonnes choses.

  • Epikt says:

    J’ai vu Le Syndicat du crime 3 hier soir.
    Hum hum… l’honneur est sauf, il est moins pire que le 2 : la partie “histoire” ne m’a pas fait trop chier et pour une fois la musique est de bon goût. On est par contre loin du 1 pour ce qui est de la puissance et la cohérence des enjeux du récit.
    Et puisqu’on parle de gestion de l’espace dans les gunfights, y en a au moins un qui est catastrophique (celui à la fin quand ils vont chercher l’argent). Et pourtant, c’est dans une configuration “the killer” (lieu fixe) où il aurait été simple de situer un peu, ne serait-ce pour que ce soit lisible.
    J’ai l’impression bizarre – mais est-ce le fan de Tsui Hark en moi qui essaye de s’en sortir par une pirouette ? – que Tsui a voulu conserver la cohérence stylistique de la série après le départ de Woo. Ça marche sur deux ou trois points (quelques beaux plans “iconic power”) mais quand il s’essaye à des gunfights frontaux, outch.

  • Martin says:

    C’est peut être faire un peu de pro-TsuiHarkisme, mais c’est pas impossible non plus. D’ailleurs puisqu’on causait “ballet gunfight”, j’ai retrouvé cette scène de ’86 quand même sacrement lisible :p http://www.youtube.com/watch?v.....mp;t=2m39s

    Les qualités de l’espace chez Woo me semblant être d’un registre mental/abstrait portant les émotions (un recul/saut fonctionnant au même niveau qu’un regard), Je pense qu’on pourrait d’ailleurs virer tout les plans “2D avec perspectives” (ceux décrivant l’espace volumique) que ça ne changerait pas grand chose (l’espace volumique est “fonctionnel”). En gros il fonctionne exactement comme le gunfight final “mental” de My Heart is that eternal rose (Tam grand amateur de Rothko et de peinture “2D abstraite” d’ailleurs)

    De mémoire, ce 3ème volet me semblait quand même assez interressant sur le plan de l’histoire, dans la manière de revoir le “mythe” (après j’en ai strictement aucun souvenir à part la chanson titre: me souvient juste qu’il y a des bouts au Vietnam, et un personnage féminin important)

  • Martin says:

    le gunfight en question: http://www.youtube.com/watch?v=C5L_3uWWpYc#t=3m23

    (note: michael chan c’est un peu le bruce lee du polar, superbe classe féline)

    On a la même config que John Woo dans the Killer: du 1VS1 autour d’un axe unique, c’est justement cette hyper-simplicité (il n’introduit aucun mouvement “parasites” décrivant d’autres directions) qui permet aux plans “de coté” d’être parfaitement intuitifs. Ces même plans chez John Woo partent (involontairement <– mon ressenti) dans tout les sens (ils expriment le "déluge/héroisme" là où Tam exprime autre chose, un poids "terrestre"). Chose "marrante", quand je passe en mode-merej, le gunfight de the killer me parait bcp plus rapide (d'ailleurs .. on parle espace, mais la temporalité aussi mériterait d'être étudiée). Voir ce que pourrait donner un The Killer en mode "temps réel", voir comment cela impacte la lisibilité et impact émotionnel).

    Le gunfight "teahouse" de Hard Boiled est bcp plus lisible (et marche à un autre niveau, plus "stratégique" et moins "mental"), temporalité linéaire, mais surtout description de l'espace infiniment plus instinctive (voir le recours à bouts de panoramiques et travelling qui lient parfaitement les champcontrechamps).

    La où ça colle finalement très bien sur The Killer, le gunfight du syndicat2 "bloque" en partie à cause de procedés scéniques peu intuitifs. Le syndrome syndicat2 se retrouve aussi un peu sur le gunfight dans la baraque de The Killer

  • Martin says:

    Je commence à comprendre pour j’ai jamais vraiment accroché aux gunfights de Hardboiled, pourquoi j’ai tjs trouvé ça “mou”, sans variation (hormis le teahouse gunfight)… en gros je n’y retrouve pas ma vision orgiaque de The Killer. Je pense aussi que la monochromie de l’ensemble joue bcp (un bleu sombre,”mou”, constant)… sans parler de la BO “molle” elle-aussi, et bien sur de l’histoire plus “classique”.

  • Martin says:

    Un autre exemple de gunfight celèbre, inspiré du style Woo
    http://www.youtube.com/watch?v=cyQSO0gFPMw

    On est un peu dans la config “bordelique” du gunfight de la baraque de The Killer, ou encore le gunfight à l’extérieur de l’église. On n’a pas d’axe instinctif 1VS1 comme dans l’église, mais ça tient quand même car l’espace volumique n’est pas le support de l’action(ici c’est quasiment une salle noire), tout passe par l’expression des corps, et des échanges via les nombreux champcontrechamp 2D ( qui sont tous ici graphiquement moins “riche”, plus “basique”, et avec une charge émotionelle nulle .. ce en quoi The Killer brille)

  • Epikt says:

    > De mémoire, ce 3ème volet me semblait quand même assez interressant sur le plan de l’histoire, dans la manière de revoir le “mythe”

    Tu me fais penser à quelque chose que j’avais jamais formalisé : si effectivement c’est Chow Yun-Fat le plus classe, les personnages portant l’histoire sont à mon avis ceux de Ti Lung et Leslie Cheung.
    L’histoire du 3 est intéressante (avec, Tsui Hark touch, une nana hyper chouette qui file des pains) mais on y retrouve pas l’intensité dramatique du premier (quête de rédemption de Ti Lung, opposition des deux frères, etc).

  • Martin says:

    Autre exemple, gunfight celèbre (antérieur au Syndicat2):
    http://www.youtube.com/watch?v=Y2-vKLF2EtU

    Même topo que le Syndicat2 (prise d’assaut), sauf qu’il n’y a aucune notion de parcours, c’est du seul bloc d’action lié par une idée instinctive (les bonhomme en blancs viennent degommer les noirs .. et bon dieu que c’est jouissif, même si c’est certainement pas un modèle de montage ). Un “support instinctif” que je retrouve pas dans le syndicat2 (faut que je cogite pour mettre tout en place –> perte de plaisir). The Killer marche un peu au même niveau “instinctif” (CYF&Danny doivent buter les mecs en fringues unies pour sortir)

    .. et en plus il y a Alex Fong!

  • Martin says:

    et pour finir .. le remake “exploitation-power” du final du syndicat2! Ca permet par jeu de miroir de voir les caractéristiques de Woo (lien mental inter-personnage, et riche “graphique/expressive … mais aussi “parcours diegetique” moins instinctif pour le spectateur non-merejien … là ou moins on les vois monter les marches ^^).

    http://www.youtube.com/watch?v=Z_6jcXNidLA

    et puis qui y va CYF au mortier c’est pas un argument à négliger :D

  • Martin says:

    >L’histoire du 3 est intéressante (avec, Tsui Hark touch, une nana hyper chouette qui file des pains) mais on y retrouve pas l’intensité dramatique du premier (quête de rédemption de Ti Lung, opposition des deux frères, etc).

    il y avait aussi certains // avec une balle dans la tête. M’enfin j’ai pas vu tout ça depuis 10 ans, c’est plutot flou ^^ Faudrait que je retrouve les papiers de Hkmag qui en parlaient plutôt bien (même si au final le film vaut surtout pour son approche, plus que par le résultat “moyen” en lui même)

  • michael says:

    Ça sent l’article sur le “gunfight HK” tout ça ?

  • Martin says:

    ça serait pas mal, il y a vraiment matière à creuser. Après faut arriver à “débroussailler” pour souligner l’essentiel. Je me laisserai bien tenter à qlq trifouillage de video pour essayer de materialiser qlq concepts.

    J’ajoute un channel qui a pas l’air degueu “Car chase And Shootout Movie” centrée sur le cinéma HK (et pour sortir un peu du polar hard-boiled 87-92)
    http://www.youtube.com/user/ylccpsalan

    le car chase de big bullet est bien boosté aux frosties notamment

  • Martin says:

    Et avant que j’oublie, le channel de kungfutriadsociety, plus axé baston, mais pas seulement. Parfait pour bien noter les formes recyclées. Voir ce Carry on Yakuza, qui montre le schéma de l’assault sous sa forme terminale, fusion improbable (boiteuse) de guns+sabre+bazooka+pieges .. un p’tit coté Shaw Brothers d’ailleurs.

    http://www.youtube.com/watch?v=XN9GGdOng5U

  • Martin says:

    David Wu sur sa collaboration avec John Woo (HardBoiled, The Killer et Once a Thief donc, si on se fie à HKmdb&Hkcinemagic)

    http://www.hkcinemagic.com/fr/.....amp;page=3

    “HKCinemagic : Vous avez souvent été considéré comme le « monteur de John Woo » Est-ce que cette étiquette vous pèse ? Qu’avez-vous appris de sa collaboration ?

    David Wu : Oui cela m’agace. Et beaucoup de gens m’étiquettent aussi comme étant son élève. Nous étions camarades de classe. Et comme je l’ai dit nous avons vu les mêmes films, nous avons été formé au même studio, par les mêmes réalisateurs. On a partagé beaucoup de bons et de mauvais moments. En fait, j’ai même créé des techniques de montage pour ses films que vous pouvez voir désormais partout, à Hong Kong, en Corée et dans certains films Américains. ”

    “J’imagine que c’est parce que nous nous sommes rencontrés et avons grandi au sein des studios des Shaw Brothers. Il était le réalisateur assistant deChang Cheh et j’étais celui de son monteur. Nous avons également regardé les mêmes films, beaucoup de films français, mais aussi ceux de Jean-Pierre Melville, Sam Peckinpah, Sergio Leone, etc.
    Donc je peux dire que nous avons été très influencés par les mêmes grands réalisateurs. C’est pourquoi on n’a jamais eu à parler beaucoup ou à discuter parce que je savais exactement ce qu’il voulait et il savait exactement comment je faisais mes montages.”

  • Martin says:

    Niveau polar workshop, notons que David Wu a participé à”the big hit” et “gunmen” , pas forcement l’impression qu’on trouvera grand chose de commun/interressants en relation (ou non) avec les gunfights Woo, mais qui sait ..

    Il a par contre monté Le syndicat du crime 3 (ce qui peut rejoindre la remarque d’epikt), et Coolie Killer (un des polars new-wave importants, award du meilleur montage ’83, mais j’ai pas souvenir que les gunfight aient un role crucial, notons quand même la présence d’un double-gun http://i25.tinypic.com/16c3sci.png :p )

    Pour les gunfights made in Ching Siu tung, c’est bcp plus compliqué à sonder les figures de style récurentes vu qu’il n’a pas fait d’autres polars. il y a peut être des brides de gunfights à extraire dans The Raid, Executionners, Terracotta Warriors, Dr Wai, Wonder Seven .. mais j’ai peur qu’on trouve au mieux un truc verticalisé/aérien, un peu comme ce qu’il a fait dans Peking Opera blues.

  • Martin says:

    Après relecture d’un HK mag, Il y a peut être des bouts de gunfight Harkien dans Gunmen (“grand film schizophrénique portant, par séquence, la marque de Wong & Hark”, enfin c’est ce qui est marqué, j’en ai pas trop souvenir)

    un bout de Maggie Cheung aussi: “Il est complétement fou. En fait son problème c’est qui pense bcp plus vite qu’il ne parle” :D

  • MK says:

    “Exemple avec le travelling qui suit les oranges roulant sur le sol (à 8’48″ de cette vidéo) : le plan en lui-même est pas mal, à ras le sol sur les ordures, avec la caméra puisant son mouvement dans l’action, mais que donne-t-il au coeur de la séquence ?”

    Je n’arrive pas à croire que tu relèves un plan d’une seconde. Et que tu t’en rappelles. Et que tu ailles trouver exactement ce plan sur Youtube.

    Sinon, savais tu que tu pouvais caler l’exact moment de la vidéo avec eLive et ensuite embed eLive sur ton blog ? Du coup, au lieu d’écrire blablabla lien youtube allez à XminYs, tu balances soit l’embed soit l’url et ils peuvent directement voir exactement ce que tu veux montrer (et si plus, ils peuvent aussi voir la vidéo Youtube originale).

    Non, ce n’est PAS de la promo (www.elive.pro).

  • wootsuibrick says:

    “Voir ce que pourrait donner un The Killer en mode “temps réel”,

    du temps réel ça n’est possible qu’en plan séquence peut-être.

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