F.A.P.S. avril 2008

Films de l’Ailleurs et du Pas-tout-de-Suite, ep.3
(lire l’épisode précédent)

Histoire de compenser un mois de mars sans films japonais, voici une édition 100% sushi. Vous êtes en droit de préférer les yakitori, mais en aucun cas le métissage culturel. Non mais oh.
Avertissement : un taux anormalement élevé de « y a telle actrice super choubie dans ce film » a été détecté dans cet article, veuillez vérifier que vous avez bien pris toutes les précautions nécessaire à une telle lecture avant de vous y plonger. Noyade à vos risques et périls.

Epikt est un gros boulet part.1 : il aurait pu cultiver sa cinéphilie à la rétrospective Yoshida, mais non il reste chez lui à regarder des films récents

Nous commençons en douceur avec Hanging Garden de Toyoda Toshiaki, réalisateur avec qui j’ai déjà eu quelques bonnes expériences, en particulier avec le très bon Blue Spring (adapté de la BD de Matsumoto Taiyou). Bien moins convaincant que ce que j’avais précédemment pu voir de lui, Hanging Garden est le portrait d’une famille dont la volonté est de n’avoir aucun secret entre eux, mais dont la sérénité apparente va bien entendu se craqueler parce chacun a tout de même gardé un petit jardin secret, en particulier la mère dont le traumatisme est à l’origine de cette étrange règle de vie familiale. Malheureusement le film ira rarement plus loin que fustiger l’hypocrisie mal cachée derrière le verni de l’ouverture d’esprit. Du coup, le film tourne un peu à vide. Et comme – même si on y trouve quelques idées rigolotes – le réalisateur est amateur (au sein d’une réalisation pourtant classique) de panoramiques azimutaux qui foutent la gerbe et autres bling bling de mise en scène pas hyper heureux, on se dit que, voilà, on peut s’en passer.

Raison de plus de se pencher sur Noriko’s Dinner Table qui à son tour s’intéresse aussi à l’hypocrisie d’un rôle tenu en société, avec toutefois beaucoup plus de profondeur et d’originalité. Je ne vous spoilerai pas plus loin le papier que je mettrai bientôt en ligne sur le film. Vu il y a de cela plus d’un an et demi, cela faisait longtemps que j’attendais d’y remettre un oeil (pour la petite histoire je comptais m’acheter le DVD japonais quand peu avant sa sortie l’édition française fut annoncée, je me décidais donc d’attendre, et la sortie ayant été maintes fois repoussée croyez moi j’ai attendu  plus d’un an)(Kubik devrait me remercier de mon abnégation) et j’avoue que je reviendrai sur un certain nombre de chose que j’ai pu dire à son sujet, qui ne me semblent pas forcément hyper pertinentes. La preuve qu’un peu de recul est toujours intéressant. Je devrais m’interdire de parler des films que j’ai vu qu’une seule fois tiens…

Puisqu’on parle de Sono Sion, j’ai enfin vu Exte, son film d’horreur avec des extensions capillaires tueuses. Si si, ça existe les films avec des pitchs de la sorte. En fait, Sono Sion semble avoir fait le même constat que moi en voyant le très nul The Wig : dans les films d’horreur asiat ce qui fait peur ce sont les cheveux, alors autant ne garder que les cheveux c’est plus rigolo. J’avoue que j’étais curieux, un peu anxieux aussi, de voir Sono Sion s’attaquer au film de fantôme chevelu, véritable institution en Asie et qui commence à courir sur le haricot d’un peu tout le monde. Le résultat est mitigé, mais tout de même réjouissant : si Sono Sion ne chamboule pas les figures du genre le film n’en porte pas moins sa patte et on est loin d’avoir affaire à un film post-Ring. La faiblesse du film vient de deux aspects : un premier temps des personnages qu’on n’ira pas jusqu’à dire en carton (ils sont même parfois attachants) mais manquant cruellement de profondeur, de même que les situations très bateaux, un second temps quelques emprunts malheureux au genre suscité (flashbacks syncopés déjà vus mille fois,…).
Mais, et c’est là que le film devient intéressant, on ne peut s’empêcher de voir dans un démarche de Sono Sion comme une pointe de cynisme à l’égard de la mythologie qu’il manipule, mythologie de toute évidence usée jusqu’à la corde et féconde en figures qu’il devient difficile de représenter sans sourire. Les traditionnelles scènes horrifiques – plus que le théâtre d’une quelconque “flippe” artificielle, vide de sens comme d’intérêt – sont alors prétexte à des débordements graphiques dans la veine de ceux de Suicide Club ou Strange Circus, où l’exubérance semble moteur de toute action. Et quelque part, ça fait du bien.

Autre film qui « quelque part fait du bien », Welcome to the quiet Room de Matsuo Suzuki – pas extraordinaire non plus, mais intéressant. En bref, c’est l’historie d’une femme qui se retrouve dans une unité psychiatrique à la suite d’une tentative de suicide dont elle ne se souvient pas. On se dit tout d’abord que le film a de la gueule (une photo un brin lisse mais jolie, des cadres plutôt chouettes et un montage efficace), c’est presque du Iwai Shunji soft (et quand on considère l’équipe du film il est possible qu’il y ait une influence), on trouve même la narration assez intelligente (des flash-back, des révélations progressives qui ne sonnent jamais comme des gros twists de la mort qui tue). C’est alors qu’on regrette vraiment que le film prenne parfois le chemin du « film décalé » avec des scènes se voulant originales mais n’étant que d’un genre qu’on a tendance à voir trop souvent dans un certain cinéma asiatique branchouille (même si il faut avouer que certaines marchent plutôt bien, en particulier une scène de danse sur le ‘Koi no fuga‘ des W !!!) et qui ont pour effet secondaire de forcer la superficialité du film.
On pense donc fatalement à I’m a Cybord, but that’s OK de Park Chan-Wook (film d’hôpital psychiatrique affichant outrageusement ses effets originaux), d’autant plus que les deux mettent en avant des personnages anorexiques. Avantage au film de Matsuo Suzuki, malgré ses défauts – j’admets volontiers ne pas être amateur du cinéma de Park. Deux scènes similaires sont d’ailleurs parlantes, dans les deux cas l’anorexique réapprend à manger : Park commence cela magnifiquement (je me souviens plus en détail, juste que c’est vraiment beau) mais nous gratifie d’un final indigne et gnan-gnan où tout le monde applaudi comme dans un mauvais film familial de Noël ; Matsuo fait de son coté la part belle à la démarche de reconstruction de l’individu (avec une symbolique un peu appuyé peut-être, mais pas démonstrative) pour mieux escamoter l’exploit en ellipse, uniquement représenté par l’émotion de l’infirmière lorsqu’elle ressort de la chambre. C’est grossier comme opposition mais pas si faux, I’m a Cyborg est bien trop démonstratif (sur tous les plans) alors qu’à ce niveau Welcome to the quiet Room limite davantage la casse.
Vraiment dommage alors qu’il se laisse parfois aller, car le film a quelques sérieux arguments. Non des moindres étant son casting. Uchida Yuki dans le premier rôle est inconnue au bataillon (mais pas mauvaise, voir très mignonne avec ses cheveux tous pétillants) mais les rôles secondaires sont riches en acteurs talentueux : les geeks y apprécieront la présence d’Anno Hideaki (le réalisateur de Neon Genesis Evangelion, déjà acteur dans les films de Ishii Katsuhito ainsi que dans Otaku in love, le premier film de Matsuo), les autres seront aux anges avec RYO (actrice dans Gemini, Insecte nuisible ou Canary) ou encore Tsukamoto Shinya (réalisateur de Tetsuo et cie, dont on oublie souvent de préciser qu’il est un excellent acteur). Voilà donc un homme qui sait s’entourer, d’une clique que j’apprécie tout particulièrement en plus, et qui me donne envie de m’intéresser à lui. Autre preuve du bon goût de cet homme, <mode régression intellectuelle : on> il y a Aoi Yuu dans le film et que les tresses lui vont trop bien ! J’avoue, je suis gaga de cette actrice (qui a l’insolence de jouer dans deux de mes films préférés, donc vous me pardonnerez bien ma faiblesse), mais voilà, en plus d’être douée cette gamine est sublimissime.

Mange moi ! Mange moi !

Epikt est un gros boulet part.2 : parce qu’en plus il a loupé la projection du dernier Wakamatsu

Epikt se tape donc des films du genre très moisi, comme ce Nada Sou Sou de triste mémoire. Réalisé par Doi Nobuhiro il a pour particularité d’être adapté d’une chanson de Moriyama Ryoko, ce qui me plait tout particulièrement (voyez-vous, c’est un de mes fantasmes de cinéaste, adapter de la musique). L’interprétation originale par le groupe BEGIN date de 2000 mais la chanson devient vraiment populaire un an plus tard avec la version de Natsukawa Rimi qui est un gros hit de la mort encore maintenant – les puristes vont s’insurger mais de mon coté et aux mépris des convenances je préfère la version de Yaida Hitomi, les autres sont beaucoup trop lisses à mon goût et la voix bien particulière de Yaiko lui donne une contenance spéciale.
Mais revenons à nos moutons. C’est donc l’histoire d’un type qui héberge chez lui sa soeur (fausse soeur, fille de l’ex de sa mère mais qui a grandi avec lui) lorsque celle-ci quitte leur île « natale » pour aller à la fac. La soeur est du genre mignonne tête à claque qui appelle tout le temps son frère « niinii !!!! » (à prononcer à la manière idol pleurnicheuse) – on flirte avec le Toda Erika show. Ça se complique quand le bonhomme se fait arnaquer alors qu’il voulait ouvrir un restaurant et qu’il a plus une thune. Commence alors le film larmoyant typiquement jap, avec un type gentil sur lequel le sort s’acharne – il a pas la leucémie mais on est pas passé loin ! En fait ce qui m’a beaucoup gêné dans ce film qui pourrait pourtant se laisser regarder, c’est 1/ l’abstraction complète des menaces et oppositions au héros et surtout (corollaire) 2/ la gentillesse généralisée dans laquelle baigne le film. Tout le monde il est gentil, tout le monde il est généreux, tout le monde il aime son voisin dans la belle fraternité populaire, c’est youpi ! C’est aussi terriblement toc et faut bien le dire limite écoeurant.

Autre film casse-gueule, Yomigaeri de l’excellent Shiota Akihiko (réalisateur de Moonlight Whispers, Insecte nuisible ou encore Canary), film que j’ai longtemps hésité à voir à cause de sa réputation peu flatteuse de production commerciale ratée. Il est en effet difficile de prétendre que Shiota ait conservé sa complète intégrité lors de la réalisation de ce métrage, qui n’en reste pas moins intéressant. Comme quoi il ne faut jurer de rien et il faut tout d’abord rendre justice à l’idée de départ riche de potentiel : pour une raison inexpliquée les morts d’un petit village reviennent à la vie et reprennent leur place dans leur famille.
Il est évident que le réalisateur a du composer avec des desideratas extérieurs, voir même que la production tant au stage de l’écriture que du montage a du faire l’objet de querelles entre les différentes parties, tant le film se trouve être inégal. Ainsi certains éléments-à-la-con se retrouvent parachutés mais semblent être contenus par le réalisateur et traités par dessus la jambe comme si on avait cherché à leur faire occuper le moins de place possible (un cratère qui semblent être à l’origine du phénomène dont on parle un peu en milieu de film sans approfondir la chose ; inutile). Au contraire d’autres se taillent une bonne place et on comprend vite pourquoi : le concert à la fin du film (bien foutu ça aurait pu donner une sorte de grande messe des morts, mais là non) laisse entendre qu’une certaine maison de disque a eu son mot à dire pour cause de pognon investi dans le film et comptait bien s’en servir comme de campagne promo pour Shibasaki Kou – j’ai rien contre la demoiselle, mais elle n’a rien d’une Salyu, pas plus que son compositeur n’est Kobayashi Takeshi et forcément le résultat s’en ressent – ce qui est quand même très lourd.
Mais passé outre ces désagréments (rajoutons le final un brin neuneu, qui aurait  probablement été assez joli en se passant du discours en voix-off) il faut avouer que le film est séduisant. Probablement moins abouti au niveau de la mise en scène que ce qu’à pu faire Shiota, cela reste joli principalement par sa simplicité et une certain douceur (tout le contraire de certains autres de ses films au montage très brutal). Mais en fait, le rythme lancinant de la progression narrative, loin de toute urgence, et l’éclatement de la trame sur de nombreux personnages sont les points forts du film, permettant sans trop en faire un vrai développement de ses enjeux – explorant alors différentes réactions à la résurrection des défunts, avec subtilité, sensibilité et humanité. Yomigaeri réserve alors quelques beaux moments, ça serait con de les bouder, même si cela ne fait que renforcer l’impression de gâchis. Un candidat idéal pour un remake.

Plus léger et, autant le dire de suite, plus raté, Karaoke Terror de Shinohara Tetsuo, film dont le titre très nawak et la présence au casting de Ichikawa Miwako (actrice que pour une raison ou une autre j’aime bien) ont pu m’interpeller. Adapté d’un texte de Murakami Ryu, le film suit la vendetta que se livre une bande de jeunes et un club de femmes divorcées quarantenaires. Ça commence au couteau et ça monte dans la violence pour finir je vous dirai pas comment, mais avec une exubérance très WTFesque. Dommage alors que le film soit si mou entre des scènes de meurtres et de bastons souvent jouissives et explosives, car franchement on se fait chier comme un rat mort la plupart du temps. La faute à une mise en scène sans intérêt et à un scénar qui n’arrive jamais à développer de manière satisfaisante un pitch pourtant prometteur.

On continue avec le très réjouissant Sada de Obayashi Nobuhiko, revu à l’occasion d’un article à paraître sous peu en ces pages (hop hop ! c’est ici).
Comme son nom l’indique (un peu) il s’agit d’une biographie de Abe Sada, connue pour avoir étranglé son amant et avoir conservé son pénis avec elle (le même fait divers a déjà inspiré deux films, dont L’Empire des sens). Sada est un film surprenant et aux partis pris formels déroutants, à la croisée de l’esthétique 30s (filmé en 1.37:1, passages en noir et blanc, cadres immédiatement connotés,…), de son détournement (surjeu outré des acteurs,…) et de son atomisation pure et simple (fulgurances graphiques, éléments en 2D, audaces de montage permanentes,…). Un véritable OFNI rétro-psyché-postmoderne, qui n’en oublie même pas de développer ses personnages (au dépend malheureusement d’une baisse du rythme dans l’expérimentation au cours de la deuxième heure), permettant à Kuroki Hitomi d’incarner une Sada personnelle et parfois même émouvante malgré l’excentrisme et la théâtralité de sa représentation.
Petite anecdote pour la route : à l’époque je m’étais intéressé à ce film pour la seule raison qu’il figurait sur la filmographie de Ito Ayumi (comme quoi ce n’est pas une mauvaise idée de parcourir le cinéma en suivant des acteurs). La petite y apparaît au bout de deux heures, pour dix secondes environ dont huit où elle est vue de dos, soit deux malheureux plans. Attention, ça passe vite : un, deux.

Yuu me lance son regard qui tue parce que j’en regarde d’autres qu’elle… malheur…

Alors Yuu se venge en faisant un caméo introuvable dans le brillant (dans tous les sens du terme) Memories of Matsuko de Nakashima Tetsuya, dernier film en date du réalisateur du sympatoche (mais sans plus) Kamikaze Girls. Mais encore une fois l’IMDB raconte des cracks, la miss n’y est de toute évidence pas (ma considération si vous me faite une capture d’écran avec sa trombine). Y devait aussi avoir Ichikawa Miwako (ma considération une nouvelle fois si vous trouvez) mais pas davantage – par contre il y a sa soeur Ichikawa Mikako que les gens de bon goût ont vu dans l’excellent Life can be so wonderful. Mais trêve de fan service, car je pourrais vous dire qu’en plus y apparaît Kimura Kaela. Oups.
Memories of Matsuko est donc l’histoire de Mastuko (quelle surprise), jeune femme qui comme toutes les jeunes femmes fut un jour petite fille et comme certaines jeunes femmes finira sa vie vieille avant l’âge, Matsuko donc, reniée par sa famille et retrouvée battue à mort dans un parc vingt-cinq ans plus tard.
Nakashima y retrouve son équipe de Kamikaze Girls (Koike Yoshiyuki au montage, Kuwashima Towako à la direction artistique et Ato Masakazu à la photo) pour un nouveau film au doux parfum pop et aux couleurs d’un autre monde. Mais alors que Kamikaze Girls n’existait que par l’outrance et la caricature pour être finalement assez vide et vain, Nakashima trouve dans Memories of Matsuko une véritable profondeur, autant dans ses personnages, même secondaires, que dans son histoire, riche, variée et pour une fois sans longueurs. La vie de Matsuko y est dévoilée au fil des découvertes de son neveu et des témoignages de ses anciennes connaissances, apportant au fur et à mesure le contrepoint des évidences, jusqu’à faire de la loque Matsuko une icône, une idole des parias, une clocharde magnifique comme dirait l’autre. Le propos parfois glauquissime du film (le même scénario tourné en France devient une boursouflure ciné-vérité sociale avec des acteurs amateurs) est alors, sans être pour le moins du monde affadit, contrebalancé par la constante poésie du métrage ; une poésie qui se nourrit de multiples changements de registre et d’effets visuels souvent sublimes. Un bien joli film donc.

[bonus track] Epikt est un gros boulet part.3 : il vous a menti et finalement parlera de choses pas japonaises

Et une fois n’est pas coutume on va parler un peu de série télé américaine, avec le plutôt délicieux Pushing Daisies (la série est annoncée sur Canal+, donc devrait sortir en DVD chez nous) produit par Bryan Fuller, déjà créateur de Dead Like Me, série que j’ai pas vu mais qui me semble par certains aspects assez proche de Pushing Daisies (y a des morts dedans quoi !).
Le jeune Ned a un don : il peut ressusciter les morts en les touchant. Mais (parce qu’il y a un « mais ») s’il touche la personne une seconde fois celle-ci meurt pour de bon et s’il ne l’a pas touché au bout de soixante secondes une autre doit mourir à sa place. Le grand malheur de Ned est d’avoir découvert ce pouvoir en ressuscitant sa mère, ce qui a eu pour effet de tuer le père de sa voisine Chuck dont il est amoureux, avant de la tuer définitivement lorsqu’elle l’embrassa avant de se coucher. Ned fut donc placé dans un orphelinat et ne revit plus Chuck. Une fois adulte celui-ci est devenu pâtissier (plus précisément pie maker, il tient un restaurant de tartes) et évite de se servir de son pouvoir, mais un jour un détective privé découvre son secret et le force à faire équipe avec lui : ainsi, Ned ressuscite momentanément les morts et leur demande qui les a tué, ce qui est tout de même plus simple, avant de les tuer à nouveau. Sauf qu’un de ses premiers cobayes n’est autre que Chuck, la fille qu’il aime et qu’il a perdu de vue depuis l’enfance, et que dans un moment de faiblesse il laisse vivre (condamnant au passage le patron du funérarium).
Avec sa photographie acidulée évoquant de temps en temps Amélie Poulain ou Citizen Dog (deux films que j’aime pas trop d’ailleurs) et sa tonalité volontiers rétro on pouvait s’attendre au pire, à quelque chose de bien neuneu, mais j’avoue ça passe pas mal. Et après quelques épisodes où on attend que la mécanique se mette en place, où on regrette un certain didactisme d’une voix-off très présente, la série trouve son rythme de croisière et on ne peut qu’être séduit par sa très belle écriture. Pushing Daisies a le défaut de ses qualités, c’est une série très (trop) écrite. Et bien écrite donc, avec des dialogues plutôt savoureux et surtout une utilisation très intelligente des intrigues secondaires. Chaque épisode correspond en effet à une enquête, offrant alors un éclairage nouveau à la relation entre Ned et Chuck (trooooop romantique ! ils s’aiment mais ne peuvent pas se toucher !)(oui, c’est girly comme série) suivant les thèmes directeurs de la sous-intrigue. Vraiment très futé. A l’heure où je vous parle (cad que la série s’est arrêtée pour cause de grève des scénaristes au bout de neuf épisodes qui constitueront visiblement la première saison) cet aspect est de plus en plus présent et globalement la qualité va croissant. Vivement la suite.

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Images : Welcome to the quiet Room (Matsuo Suzuki, 2007)

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