Débordements #4 : Ninjas lesbiennes vs. Monstres visqueux

(un petit article racoleur au service d’un cinéma déviant comme on aime)

Séance de rattrapage pour ceux qui auraient quelque chose à rattraper :
- Débordements #1 : esclavagisme et domination (sur Nihon-eiga)
- Débordements #2 : des Fleurs et des Peaux (ici même)
- Débordements #3 : Cocktail sulfureux (sur Wildgrounds)

Dans mon premier débordement j’avais été assez classe, mettant en avant des films d’une certaine qualité artistique. Aujourd’hui vous allez me suivre dans les méandres d’un cinéma dégénéré, celui où on compense un sens de la mise en scène somme toute limité par l’absence d’inhibition et une forte propension au grand n’importe quoi.

Killer Pussy (Nakano Takao, 2004)

Dans cette spécial érotisme nawak il aurait été impensable de ne pas évoquer le grand Nakano Takao, pape de l’érotisme ras du slip, de l’humour pas drôle et du gore mal fait. Un cinéma merveilleux où les filles se baladent en sous-vêtements et ont une durée de vie proportionnelle à leur volume mammaire, et où finalement le nazissime devient synonyme de sublime.
Dans Killer Pussy – sans doute son film le plus accessible en occident, et le plus connu, parfois sous le titre Sexual Parasite – une bande jeunes gens neuneux (deux crétins et trois dindes) ont une panne de voiture en pleine forêt et s’en vont donc chercher de l’aide. Ils tombent sur une maison abandonnée où, après que les filles se soient mises en petite culotte, ils ouvrent la chambre froide où était conservé le corps d’une femme infestée par un immonde parasite plein de dents, se logeant dans le vagin de ses hôtesses et les rendant folle de baise cannibale.
Tout ça n’est évidemment que prétexte (même si on sait que Nakao s’en passe volontiers !) pour un gros délire qui oscille entre vidéo d’idol en bikini et série Z gore. Rien n’est épargné au spectateur libidineux et mentalement perturbé, des cat-fights pseudo-saphiques en milieu humide aux délires gorets à base de monstre tout pas beau et d’arrachage de mamelon, sans oublier l’indispensable plan-nichons subaquatique.
Avec en plus, summum du bon goût, des plans intra-vaginaux en images de synthèse !!!

Sukeban Boy (Iguchi Noboru, 2006)

Encore un film n’ayant d’autre ambition que d’être un grand délire rempli à ras bord de gros fan service qui tache, Sukeban Boy est adapté d’un manga de Nagai Go, bien connu chez nous en tant que papa de Goldorak mais que les gens de bon goût connaissent également pour ses oeuvres violentes (Violence Jack) et/ou déshabillées (Kekko kamen). C’est donc l’histoire d’un gamin vexé de ressembler à une fille et qui donc adopte un comportement de voyou. Le problème c’est qu’il finit par se faire virer de toutes les écoles de garçons, et alors la seul solution pour lui de continuer sa scolarité est donc de se travestir pour intégrer un lycée de filles. Et c’est là que commence le gros nawak, le lycée étant le lieu d’affrontements de gangs féminins hauts en couleurs – signalons entre autres des nonnes nue se battant avec des pinces à téton – mais aussi d’une mystérieuse ninja lesbienne topless. Que du bonheur. Et encore je vous dis pas qu’il y a des nénés-canons et des combats de femmes (presque) nues.
Il ne faut certes pas être allergique au graveleux ou à l’humour dessous la ceinture, mais Sukeban Boy est un film extrêmement drôle. Cela joue principalement sur sa manière totalement décomplexée, d’autant plus jouissive que les ficelles sont grosses, de jouer sur le fan-service et les bas instincts du spectateur. Alors en bon tâcheron généreux Iguchi s’en donne à coeur joie : la moindre technique de combat est l’occasion de plan culotte (un peu) et/ou de plan nichons (beaucoup), plutôt que de tuer les balles dégrafent les chemisiers et les actrices se tapent dessus en poussant des gémissements d’actrice porno (ce qu’elles sont pour certaines).
C’est même parfois bien plus « fin », en particulier la scène dans le club de féminité : dans une savoureuse parodie des fantasmes d’AV les filles y apprennent à cultiver leur féminité en éprouvant la honte, rougissant et jouant les mijaurées lorsqu’on les déshabille ! Une scène d’anthologie.

La Blue Girl live-action (Kobayashi Yo & Kuramoto Kaoru, 1994-1996)

Pour finir en beauté j’ai l’immense plaisir de vous toucher un mot de cette excellente trilogie qu’est La Blue Girl. Il s’agit à l’origine d’un manga de Maeda Toshio, dessinateur génial et pervers à qui on doit Urotsukidoji, bien entendu décliné en anime mais ayant également fait l’objet d’un portage en film live (hourra !).
La Blue Girl c’est le récit d’une lutte millénaire entre deux clans ninja : des méchants qui ont conclu un pacte avec les forces infernales et sont eux-mêmes devenus des démons libidineux à tentacules et un clan (les gentils) de femmes ninjas en tenues sexy. La mécanique scénaristique est fort simple, les démons débarquent toutes tentacules dehors, l’héroïne et ses copines se battent contre eux et tombent dans leur piège, se font violer dans tous les sens en poussant des gémissements par des tentacules qui leur massent les nénés et les badigeonnent de leurs fluides poisseux, avant qu’elle ne trouvent finalement la force de leur casser la figure.
Il faut avouer que cette trilogie (qui même si elle a été réalisée en deux fois constitue une seul histoire) commence un peu mollement : le premier épisode est rigolo, fait office de mise en bouche appréciable, mais est bien loin du niveau des deux suivants. Car faut dire que ça y va fort, le deuxième réservant exclusivement, à l’exception d’une petite et sympathique baston, ses quarante dernières minutes (sur un film d’une heure dix !) aux scènes de viols tentaculaires. On y trouve là aussi des plans de pénétrations vues de l’intérieur, mais cette fois réalisés avec des effets spéciaux old-school à grand renfort de caoutchouc et de gel qui fait splouch splouch ! Et c’est l’apothéose avec le troisième épisode et ses ninjas nymphomanes qui se pelotent sous la douche, guérissent leurs blessures grâce à l’énergie sexuelle et ouvrent les portails dimensionnels en se masturbant – on ne peut alors que lui pardonner une petite baisse de rythme au milieu et une apparition tardive des tentacules.
Donc vous me croirez sur parole lorsque je vous dis que La Blue Girl est un must-see pour tous les amateurs de cinématographie déviante et visqueuse. Totalement dingue, inventif et assumé, La Blue Girl est en quelque sorte la synthèse ultime de Urotsukidoji et Pretty Guardian Sailor Moon. Sugoi !

A suivre chez Hard-Boiled avec Débordements #5 : Amours Dépressifs ou le Spleen Urbain dans le Pinku

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