Contre la science-fiction ? Vraiment ?

A l’origine, je ne pensais que relayer l’info mais puisqu’on m’y a gentiment invité et surtout puisque je me suis rendu à l’évidence que cela me démangeait d’écrire sur le sujet, me voilà apportant ma petite pierre à la N-ème nouvelle vraie fausse guéguerre du fandom SFFF (Science-Fiction Fantasy Fantastique) français.
(donc oui, toi qui espérais un blabla sur un film japonais avec des couettes, désolé mais c’est pas pour aujourd’hui)
Le fond de la discussion ne me semble pas particulièrement nouveau, mais on peut espérer que cette fois elle fasse plus de bruit que d’habitude, portée qu’elle est par la plume d’un écrivain unanimement salué et reconnu, une plume qui espérons-le aura plus de poids que la notre, simples « fans », tout actifs pouvons nous être.
(en espérant donc que le même Colin se trompe lorsqu’il écrit sur son blog « je gage pour ma part qu’il ne suscitera pas grand-chose – quelques baillements peut-être, une vague rumeur de protestation : rien de grave, sans doute, cqfd »)

A lire donc avant de continuer, la tribune de Fabrice Colin sur le Cafard Cosmique, au doux nom de Esthétique du lâcher-prise.
Viennent ensuite des réactions d’amis camarades blogueurs :
La troisième dépossession, par Bruno sur son blog Systar
La fin de l’underground, par Daylon sur le MoonMotel
Notons pour finir Fabrice Colin réagissant sur son blog aux premières réactions provoquées par son article.

Addenda : d’autres articles sont venus s’ajouter à la discussion, s’intéressant principalement à la question métaphysique, plus qu’à l’esthétique (car comme le fait remarquer le transhu dans son introduction, si les textes de Lehman et Colin ont été publié plus ou moins en même temps et ont été associés je ne sais comment, il s’agit bien de deux questions différentes) :
Lehman Brothers (+ part.2), sur Shalmaneser
La guerre des genres n’a pas (vraiment) lieu, sur Russkaya Fantastika
Retour sous l’horizon (+part.2), sur Fin de partie

Disclaimer :
1/ Ici, je ne prends absolument pas en compte le lecteur. Il va sans dire que j’espère que le lecteur ne se formalise pas des étiquettes, et lit « des bons livres » avant tout.
2/ Il n’est pas non plus question d’une quelconque mort de la SF – je sais que l’expression revient beaucoup. Bien au contraire. Il s’agit de penser l’évolution du genre, d’agir pour sa vitalité, non pas de chercher à s’en extraire. Vous vous en rendrez compte, ma réflexion revendique son appartenance à la science-fiction, fortement même.
(ce qui, sans doute, énervera davantage qu’un bête discours sécessionniste)

Avertissement toujours :
Si on excepte un rôle de chroniqueur dans une célèbre émission de radio, dans laquelle je/on ne parle d’ailleurs pas si souvent de SF, je n’ai plus vraiment l’impression de faire partie de ce fandom. Cela fait déjà quelques temps que j’ai déserté les principaux forums spécialisés ; celui d’ActuSF tout d’abord, auquel je n’étais de toute façon pas très attaché ; puis du Cafard Cosmique, un lieu sans lequel je ne serai sans doute pas celui que je suis aujourd’hui et donc particulièrement spécial à mes yeux, mais qui depuis trop longtemps file un mauvais coton, l’autosatisfaction d’une connardise élitiste désormais mythique s’exhibant toujours davantage à mesure que, bien au contraire, le forum s’enfonçait dans la mollesse et la connivence, cessant d’être un espace pointu et alternatif.
(bon ok, j’avoue, je suis aussi un sale con qui supporte de moins en moins la discussion, en particulier avec d’autres cons idéologiquement incompatibles)
Du coup – vous m’en voyez bien gêné – j’écris ici un peu en aveugle, n’ayant que rapidement et en diagonale lu les récents débats, en particulier les réactions (que dénonce Bruno dans son billet) à la préface de Serge Lehman à son anthologie, préface que je n’ai pas lu davantage !

Mais là où je me sens légitime, ne serait-ce qu’un peu, pour ouvrir ma gueule sur le sujet, c’est en me reconnaissant particulièrement dans le texte de Fabrice Colin. Il me semble d’ailleurs que, parmi les jeunes en tout cas, nous sommes un certain nombre dans le milieu à ne pas (plus) lire tant de SF que ça, voire à ne pas apprécier le genre tant que ça – du moins dans sa composante pure, scientifique, puisque nous verrons que nous y sommes attachés par ailleurs. Oui, c’est étrange, mais la SF c’est comme la France, c’est un peu plus subtil que « tu l’aimes ou tu la quittes ».
D’où ce texte, sans doute un peu bancal car écrit pour répondre à l’urgence, mais loin d’être improvisé quand à son fond, qui synthétise les positions qu’à plusieurs reprises j’ai pu prendre ici et ailleurs avant de disparaître (temporairement, visiblement).

Racontons un peu ma vie. Déjà alors que, découvrant le genre, je me cantonais aux oeuvres classiques (majoritairement anglo-saxonnes) les interrogations mystiques de Philip Dick (la « trilogie divine ») ou la folle liberté de Raphaël Lafferty (Tous à Estrevin, d’où est tiré mon pseudo si vous ne le saviez pas) me touchaient bien davantage que toutes les aventures spacialo-scientifiques imaginables. La tendance n’a fait que se radicaliser à mesure que j’accédais à la création contemporaine, en particulier française, des auteurs comme David Calvo ou Fabrice Colin (tiens tiens) pour ne pas les citer, des auteurs qui n’eut été le contexte de leur publication ont plus de rapport avec Murakami Haruki ou Chuck Palahniuk qu’avec Roland Wagner et Stephen Baxter. Ainsi, aujourd’hui, même s’il m’est arrivé de souhaiter leur donner une seconde chance, je suis absolument incapable d’accorder la moindre attention à des cycles aussi interminables qu’illisibles comme Dune ou Fondation. Pensez donc, même Robert Charles Wilson me tombe des mains.
De toute évidence, la fiction m’intéresse plus que la science, et ce qui m’interpelle dans la science-fiction c’est davantage le fantastique technologique/futuriste que la spéculation scientifique. Je ne le cacherai pas, en bon cinéphile, même en littérature je suis principalement motivé par des raisons esthétiques – c’est ainsi que ponctuellement un texte de hard-science peut m’émouvoir par sa puissance vertigineuse (Face aux ténèbres de Greg Egan par exemple), tout en ne remettant pas en cause mon désintérêt pour la face scientifique du genre.

A ce sujet, j’ai déjà eu l’occasion de l’affirmer à plusieurs reprises, la science-fiction n’est pas un genre. Ou plutôt, la science-fiction prise par le bout qui m’intéresse n’est pas un genre. C’est un outil littéraire (ou, élargissons, artistique), si ce n’est même une disposition d’esprit du créateur, d’une certaine manière une sensibilité.
C’est du moins ainsi que, à mon sens, a évolué et devrait évoluer la SF, qui dans son acceptation originelle est de plus en plus dépassée – certains devraient admettre que ce que James Ballard qualifiait de « littérature authentique du XXe siècle » n’a peut-être plus sa place au XXIe, plus sous la même forme – et qui chez les auteurs les plus intéressants et innovants de ce début de siècle est réduit (sans que cela soit péjoratif) à un background, à un corpus d’influences parfaitement assumées (si si) et digérées.
Cette influence science-fictive a donné naissance chez ces auteurs – à l’opposé de certains de leurs collègues issus de la littérature générale qui, ignorants de la production, ont investi la SF par le biais de ses archétypes, en gros en ont fait « du genre » et/ou réinventèrent la roue – à une approche décomplexée de la littérature, consciente du fait que l’imagination ne s’arrête pas au réalisme ; que les barrières cloisonnant le véridique, le possible, l’invérifiable et l’impossible ne demandent qu’à être sautées. De plus, davantage qu’un ancrage dans une tradition fantastique très ancienne, l’héritage SF incite à être constamment moderne, à la pointe, est comme une invitation à une approche expérimentale, du moins audacieuse.

Fabrice Colin conclu sa tribune par « Avec la SF, je n’irai jamais très loin ailleurs. », ce qui peut paraître étrange aux yeux de certains : la SF n’est-elle justement pas ce qui permet d’aller ailleurs ? C’était sans doute le cas il y a 50 ou 70 ans, alors que la SF était abreuvée de conquête spatiale et découvrait, par la pensée, les nouveaux espaces. C’était sans doute le cas lorsque la simple mention, toute maladroite soit-elle, d’un univers merveilleux suffisait à transporter le lecteur. Un lecteur qui aujourd’hui en a vu d’autres, et dont la propension à l’émerveillement n’est plus ce qu’elle était.
Mais à défaut d’ailleurs, la SF peut-elle, en l’état, amener quelque part ? Il serait naïf et particulièrement stupide d’affirmer que le questionnement de la science et de la technologie est obsolète, dans notre monde qui en est chaque jour plus imprégné, donc que la science-fiction n’a plus lieu d’être. Cependant, cela ne veut pas dire que la SF doit rester telle qu’elle est. Au contraire, dans un monde ou la technologie se banalise et perd son potentiel merveilleux, elle semble aujourd’hui se trouver dans des impasses dont elle doit se sortir sous peine de se retrouver hors du coup. Bien entendu, je ne fais pas référence à cette fameuse « réalité qui rattrape la fiction », concept aussi facile qu’incorrect, mais la proximité technologique de notre culture condamne plus ou moins la SF comme prospective à court terme. Car justement, cette proximité technologique (et proximité de l’image technologique) est le point de convergence de la SF light et de la littérature générale concernée par la technologie.
Quand à la prospective à long terme, ses enjeux n’ont, naturellement, pas bougés d’un iota depuis un siècle. Mais cette SF manque cruellement de conscience de l’absolu – ce depuis toujours, à quelques exceptions près (comme Olaf Stapledon ou James Blish) qui n’ont malheureusement jamais fait école. Je vous laisse (re)lire le billet de Bruno, qui revient en long, en large et en travers sur cette SF qui refuse la philosophie et la métaphysique.
Parlons une bonne fois pour toute d’une autre SF, archétypale et de pur divertissement, qui ne s’embarrasse pas de tout cela tant qu’il lui reste une bataille au pisto-laser, une chasseuse de vampires sexy et autres elfes pour satisfaire au sens of wonder. Cette prise de chou ne la concerne que de loin, puisque ce que nous défendons ici, c’est une littérature pointue et exigeante, mais je me dois de la mentionner. En passant, j’ai l’air de la prendre de haut, mais soyez surs qu’elle n’a rien de honteux – d’autant plus que ses auteurs, éditeurs et lecteurs (dont je suis, de temps à autre) assument en général plutôt bien. Mais si les acteurs du milieu persistent dans leurs combats d’arrière-garde elle risque de demeurer la seule et unique SF effectivement intéressante, ce dont je doute que quiconque se satisfasse.
Nous voyons donc que si ses fondements (questionnement de la science, et du monde à travers la science) sont toujours pertinents, la SF a des défis à relever : d’un coté une SF devant renoncer à son exclusivité du discours littéraire sur la science, la littérature blanche investissant le terrain et ayant les armes pour le faire mieux ; de l’autre une SF devant renoncer à ses certitudes scientistes.
Je laisse de coté la seconde (vous renvoyant une nouvelle fois vers l’article de Systar) et ne me focalisant que sur la première (je confesse, c’est celle qui m’intéresse en premier lieu), reprenant la conclusion de Colin là où je l’avais laissée, je dirai que – de la même manière que la maturité et l’épanouissement de l’écrivain – la maturité et l’évolution de la science-fiction passe par son abandon de la pensée de genre et son investissement dans la chose littéraire.
Car en effet, en sus des travers déjà évoqués, la SF doit également pallier une forme souvent – du moins chez les tenants de la SF pure – pauvre et didactique (didactisme qui, s’il permet en effet au lecteur de se cultiver autrement qu’en lisant Science et vie, est la mort de l’art), se remettre en question sur le plan formel et littéraire. Après tout, si on fait oeuvre romanesque ce n’est pas pour renoncer aux outils du roman.

La Science-Fiction n’est pas un genre, donc (désolé pour la construction décousue), mais un outil – et la culture SF la disposition à utiliser cet outil. En bon outil, elle doit être choisie en fonction du projet, et non l’inverse : on ne se saisit pas d’un marteau pour se demander ce qu’on va bien pouvoir en faire. Même si la SF possède de nombreuses cordes à son arc, en se déclarant « auteur de SF » avant d’être auteur tout court on se ferme des possibilités ; tôt ou tard on se trouvera contraint de, sagement, ne pas emprunter notre genre de prédilection, ou de donner dans l’exotisme pour grimer en SF un texte qui n’en demandait pas tant et qui sans doute y perdra. Or on a vu que, si la SF comme genre, par les codes qui la définissent, cadre la création (aidant sans doute à sa rigueur, mais bridant intensément sa créativité artistique), la SF comme outil et sensibilité la désinhibe.
(il est évident que la SF n’a pas l’exclusivité de cette désinhibition ; tout comme l’influence SF n’est pas forcément directe)

Serge Lehman parle de la Science-Fiction comme créatrice de vertige logique – le petit aparté que j’ai fait sur Greg Egan devrait vous convaincre que j’adhère à l’idée.
Toutefois, parce que fond et forme fonctionnent de concert, pour être complet ce vertige se doit également d’être esthétique et formel. Certains (dont moi) iront même jusqu’à affirmer que ce vertige science-fictif et fantastique peut être une pure création de la forme. Cela mériterait d’être développé plus en longueur, ce dont j’ai pas la place ici – je me contenterai donc de vous renvoyer vers un article à venir (il devrait être publié au court des dix prochaines années) où je m’efforcerai de bâtir une définition formelle d’un cinéma fantastique (affaire à suivre). Avançons également qu’il n’y a parfois pas de meilleure façon d’exposer un concept que de le traduire en acte : c’est, notamment, la vocation de l’art comme recherche esthétique fondamentale (un peu extrême pour le roman, qui relèverait plutôt, pour continuer l’analogie, de la recherche appliquée, mais parfaitement applicable à des formes plus courtes).
On en vient tout naturellement à une idée pour laquelle je n’ai jamais caché mon intérêt, celle de « transfiction », popularisé par l’ouvrage de Francis Berthelot Bibliothèque de l’Entre-Mondes. Séduit par la cause avant même la lecture du livre, il m’avait pourtant interpellé sur la définition même du terme, me faisant mettre le doigt sur une intuition que je n’avais jusqu’alors jamais su formuler : Berthelot ne définit pas les transfictions comme des ouvrages trans-genres (rien de sexuel) comme je m’y étais attendu, mais les envisage sous l’angle de la transgression (d’où le « trans », qui n’a donc rien de transversal, pas plus qu’il ne se fonde sur la notion de genre). Une double transgression pour être plus précis : celle de l’ordre du monde (SF, fantastique,…) et celle de l’ordre du récit (expérimentation littéraire). On remarque que la transfiction rempli nos exigences d’une science-fiction formellement consciente de son effet vertigineux ; l’erreur de la science-fiction semblant alors d’avoir négligé la seconde subversion pour ne s’intéresser qu’à la première, dissociant fond et forme.

Pour conclure, revenons à nos petites affaires de milieu (éditorial, critique, fanique). Dans son article, Daylon donne trois alternatives :
– la première, nous nous rangeons des bagnoles, et nous délectons de resucées de Heinlein (probabilité quasi nulle) ;
– le deuxième, la science-fiction nous déroule le tapis rouge (probabilité proche de un à Bisounoursland)
– la troisième, la science-fiction nous rejette, forçant la sécession.
Je parie, sans grand risque, sur un mélange de 2 et 3. Mais c’est sur la troisième que j’aimerai revenir, puisque c’est souvent ce que les gardiens du temple nous opposent : « vous n’êtes pas contents de la science-fiction, allez ailleurs ! » nous disent-ils, inconscients de la difficulté dans laquelle ils me mettent pour éviter le point Godwin. Mais ce dont ils ne se rendent pas compte c’est que ce que nous proposons, tous en rupture avec le genre et tout ouvert sur la littérature général soit-ce, n’est rien d’autre que de la science-fiction. Enfonçons le clou, la transfiction est de la science-fiction, voire même plus science-fictive que la science-fiction, puisque qu’elle prend en compte la nécessité d’un pendant formel à son vertige logique.
Les courants artistiques et littéraires évoluent au fil du temps, parfois même au mépris de et en contradiction avec leur définition originelle. C’est le cas de la science-fiction. La question est donc : devons-nous figer le terme « science-fiction » et en forger un nouveau (que, vous me direz, nous avons déjà) ? Dans ce cas, il faudra se résoudre à admettre que la SF est désormais un mouvement d’arrière-garde.

Quand au mouvement que nous défendons, transfictionnel ou peu importe, n’en déplaise à certains, il me semble que les choses avancent – rien n’est gagné, si tant est qu’il y ait quelque chose à gagner (je doute que cela soit une saine manière de voir les choses), mais ça avance. Nous ne sommes pas naïfs, nous ne pensons pas militer pour quelque chose de fondamentalement nouveau. La new-wave en Grande Bretagne, le groupe Limite en France, et d’autres ailleurs, ont déjà par le passé souhaité l’investissement littéraire et formel de la science-fiction (je ne pense pas trop dire de bêtise en affirmant que de ces initiatives sont nées des oeuvres parmi les plus intéressantes et innovantes qu’ait donné la science-fiction). Ces mouvements ont eu besoin pour s’épanouir de canaux de diffusion (éditeurs, revues,…), qu’ils les ait créé de toutes pièces ou qu’on les y ait accepté : fort heureusement, ces derniers temps ont vu un certain nombre de structures éditoriales issues du giron SF (La Volte, la collection Interstices chez Calmann Levy, plus loin de nous Le Diable Vauvert, d’autres encore…) taquiner ce genre de littérature, bâtissant notre moitié de pont qui nous sépare de, sur l’autre rive, collections comme L’Imaginaire chez Gallimard (pour ne citer que la plus prestigieuse). De plus, au moment même où le milieu semble faire le point avec la publication de Retour sur horizon, que la problématique soit saisie par des acteurs reconnus montre bien, si besoin était, que ce n’est pas seulement l’idée farfelue de trois gugus immatures sur un forum, qu’on pourrait négligemment balayer d’un revers de main.

Illustrations :
L’Origine (détail d’une planche), de Marc-Antoine Mathieu
Outer Space, de Peter Tscherkassky
Scienza contra obscurantismo, de Giacomo Balla
2046, de Wong Kar-Wai
Avalon, de Oshii Mamoru

§ 18 commentaires sur “Contre la science-fiction ? Vraiment ?”

  • MK says:

    Voilà, à cause de vous je n’ai pas pu dormir et je vais rien capter au cours de Finance.

    Sinon, pour la faire à la Délon :

    1-ma soeur n’a jamais réussi à lire Asimov ou je ne sais quel vieux sans style
    2-ma soeur lit en ce moment Calvo (IRL LOL ELLE ROOOX)
    3-je demande à ma soeur : tu préfères quoi entre la SFFF et la lité-blanche et elle me répond : “who cares”.

    Voilà,
    13 ans et rox déjà.

  • Efelle says:

    Le commentaire con du jour me retrouvant plutôt dans le point 1 du disclamer :
    J’ai beau avoir vu et revu Avalon, je n’avais pas percuté sur l’affiche du concert. C’est en lisant ton article et regardant la photo que le déclic s’est produit…

  • Guillaume says:

    Ai je le droit d’avouer sans honte que, là, le débat, sa finalité mais surtout son origine me depassent totalement ?
    Bon Ok je suis un lecteur d’imaginaire futuriste assez rétro. J’aime K. Dick, Asimov etc… Mais là je pige pas de quoi ce débat cause.
    En gros, il existerait un fandom lourd et puissant qui n’accepterait pas que la SF soit traitée non pas en genre pur et dur, mais en une façon d’aborder un texte litteraire ? en gros que la SF puisse etre libre d’acces (freeware ?) pour n’importe quel auteur ?. C’est juste completement débile, autoritaire et fascite…. enfin si c’est bien ça, ce sont un peu des tueurs d’imaginaires ces gens là.

  • Daylon says:

    Guillaume > Ces gens existent, je le crains, mais je pense qu’on peut en trouver dans chaque “microcosme” dont le cœur concerne la création. Et c’est un problème complexe vu que ce sont majoritairement ces mêmes personnes qui transmettent le patrimoine, ce qui amène aux idées traitées par Epikt: c’est une situation proche du double-bind où couper radicalement les ponts n’est pas forcément une bonne chose, mais où accepter les choses en l’état nous étouffera forcément à un moment où à un autre. En gros.

  • Guillaume says:

    Je ne suis pas littéraire comme toi ou Epikt, ma consommation se résumant majoritairement à de la fantasy et du theatre anglais, mais je pensais naivement que le clivage des subgenres était mort et enterré, que seul restait une façon pertinente de raconter une histoire, faire passer un message, quelque soit l’outil de genre employé. Ca me laisse perplexe le “débat” en cours, sur le fond. D’ailleurs a t’il ieu d’etre, alors que finalement tout pourrait se passer en douceur selon l’orientation que donneront les fututs auteurs, ou textes, à succes.

  • Gilles says:

    Moi, je voulais rebondir sur trois points de l’article :
    1)”Je suis absolument incapable d’accorder la moindre attention à des cycles aussi interminables qu’illisibles comme Dune ou Fondation.”

    2)”Un lecteur qui aujourd’hui en a vu d’autres, et dont la propension à l’émerveillement n’est plus ce qu’elle était.”

    3)”La Science-Fiction n’est pas un genre, mais un outil – et la culture SF la disposition à utiliser cet outil. En bon outil, elle doit être choisie en fonction du projet, et non l’inverse”

    Tiens, je voulais faire trois réponses, mais je me rends compte qu’elles se recroisent toutes.

    Si je n’ai (volontairement) jamais voulu dépasser les deux romans originels de Dune (je n’ai pas trouvé d’intérêt à pousser ma curiosité plus loin que l’univers décrit, d’une manière particulièrement douée d’ailleurs (VO lover spotted) par Herbert, surtout quand c’est pas lui qui a continué), je n’en ai pas moins dévoré Fondation juste qu’au bout. Si je peux faire une grande différence entre ces deux cycles, c’est tout d’abord sur le contexte d’écriture : Fondation est à la base une série de nouvelles écrites pour un magazine (et par en seul auteur jusqu’au 7ème et dernier volume) alors que Dune est à la base un roman. De plus, Fondation est terminé et n’est pas si long. Même si je lui reconnais qu’il n’est pas rédigé par une main littéraire (à la différence de Dune justement), il n’en ai pas moins une oeuvre exploitant plus les sciences humaines que les sciences dures. D’où le deuxième point : tu critiques (enfin tu as l’air de te désintéresser du “space opera”) ce “genre”, mais le coté cosmique du récit n’est qu’un outil, un décor pour développer une histoire plus basée sur la sociologie, l’anthropologie et la linguistique, d’autant plus que Fondation n’est ni plus ni moins l’adaptation de la chute de l’empire romain à l’échelle galactique (et la Fondation est l’image du développement de la religion chrétienne).

    Comme Guillaume, je ne comprends pas vraiment la finalité du débat. Il y aurait donc des gens qui veulent se barrer avec leur SF pour en faire un art pointu et d’autre qui veulent l’intégrer dans des récit ordinaires ? Et ce serait un débat nouveau ? Ben je vais donner mon avis de petit con de lecteur : je m’en contrefous. Pour le lecteur, il y aura toujours les deux clans en rayon cote à cote à la fnac, n’en déplaise aux aigris. La SF et la littérature imaginaire (fantasy et compagnie) a toujours servi la reflexion des gens et croire que cela s’arrêtera demain était déjà dans la tête des écrivains du 19ème siècle, qui a vraiment connu l’essort de la science. Penser qu’il est impossible de faire rêver les gens parce qu’ils sont trop habitués au progrès, c’est un point de vue que je trouve non seulement ringard, mais insultant envers ceux qui ont plus d’imagination qu’on ne voudrait leur en accorder. Le jour où la science arrêtera de faire rêver les gens, c’est quand elle arrêtera de progresser. Et marrant, c’est également une critique d’Asimov (scientifique renommé en son temps avant d’être écrivain) dans le cycle fondation, accusant en gros ses confrères de prédire la fin proche du progrès. Je pense au contraire que plus la science progressera vite, et plus elle donnera du grain à moudre aux écrivains.

    Je m’amusais récemment en lisant le Dracula de Bram Stocker, qui tombe à pique dans la discussion puisqu’il a été édité à la fin du siècle des lumières, donc à un moment où la SF va bon train mais également à un moment où les gens commencent à perdre la foi pour la remplacer par la science “qui bientôt répondra à toutes les question, voire expliquera l’existence de Dieu”. Stocker critique justement cette mentalité qui, déjà à cette époque, voyait la science dépasser la science fiction et tuer l’imagination. Au lieu de cela, il montre que la science répondra toujours aux questions les plus urgentes en s’affinant au cours du temps, mais qu’il y aura toujours des terrains à explorer. Et cette oeuvre, qui finalement chatouille la SF, a été publié en… 1897. Je pense pas que ce soit le premier à s’être penché sur la question, et nous ne serons certainement pas les derniers. Encore un faux débat qu’on se refera dans 500 ans (si on meurt pas tous le 21 décembre 2012 hein), comme l’identité nationale…

    드림 ^^

  • Epikt says:

    Attention Guillaume, il n’est pas question de clivage entre « sous-genres », mais de clivages entre manière de considérer la SF.
    Rapidement :
    Il y a tout d’abord ce que j’abord dans mon article, le rapport de la science-fiction à la littérature et à la forme. Coté français, le débat actuel est héritier du groupe Limite fin des années 80, et a fait son bonhomme de chemin grâce à Francis Berthelot (il revient sur ce parcours dans cette conférence, datée de 2003).
    Ensuite, il y a le rapport de la SF à la métaphysique (grossièrement donc, science vs métaphysique), ravivée par la préface de Serge Lehman à son antho Retour sur l’horizon (qui vient de sortir). Il y formule l’hypothèse que la SF est le dernier refuge de la métaphysique, ce qui n’a pas plus à tout le monde.
    On pourrait aussi parler du débat sur l’esthétique SF, des illustrations notamment. Certains aimeraient bien mettre un coup de pied dans tout ça et débarrasser les librairies des couvertures avec fusées.
    Et puisqu’on parle de librairie (qui est peut-être le seul endroit où la tension entre sous-genres se cristallise encore, certains dénonçant l’invasion de la fantasy aux dépends de la SF), il y a controverse entre les partisans de l’ouverture, voire de la disparition du rayon, et celle de son maintien (certains éditeurs te diront que si en rayon SF ont ne vend pas des masses, que le lectorat soit captif limite la casse).
    Bref, entre autres, c’est ça.

    Gilles, je n’ai pas le temps de te répondre tout de suite, mais je le fais au plus vite.
    Une chose quand même (j’avais pourtant mis un disclaimer) : ici je ne m’intéresse absolument pas au point de vue du lecteur, mais à celui de l’auteur. Le lecteur fait bien, comme toi, de s’en contrefoutre – et j’espère qu’il lit aussi bien Greg Egan, Gene Wolfe, Vladimir Sorokine et Haruki Murakami.

  • Guillaume says:

    Oui mais l’auteur en quoi ça l’interesse réellement ? je suis peut etre betement basique, mais l’auteur il prend les outils qu’il désire pour raconter son histoire, de la meilleure façon possible. Que l’outil employé soit metaphysique, hardsience, space op, cyberpunk ou je ne sais quoi d’autre, c’est juste un habillage pour developper une idée, un discours et peut etre faire réfléchir, voire émouvoir. L’etiquette SF ce n’est pas forcément lui qui la colle au dos de son livre, afin que la fnac le classe dans un rayon adequat.
    Ou alors on rentre dans des considérations de philosophico-structurelles, et je n’ai pas les capacités à m’exprimer dans ce débat.

  • MK says:

    Car en se considérant soi-même comme un auteur de SF, il se détermine un environnement et des règles précises. En
    d’autres termes, il se construit une prison.

    Cependant, il faut avant tout que le terme SF doit être explicité et la SF évolue, est dynamique.

    Or, le problème est que les auteurs se revendiquant “SF” refusent d’évoluer et se cantonnent à une approche sf = science.
    Ce qui fait la différence entre un roman de SF et mon livre de Physiques, c’est justement la part de Fiction. Ou la manière de raconter.

    Refuser de considérer la SF comme de la Littérature ou refuser une approche littéraire est donc insta-epic-fail.

    PS : par contre j’aime bien Baxter. Temps, ça rox et le héros poutre sa mère.

  • Epikt says:

    Gilles > Sur Dune et Fondation, j’ai pas grand chose à dire, je les ai lu à ma découverte du genre, ils n’avaient déjà pas emballés à l’époque.
    Quand au fait que l’espace n’est qu’un décor (cela dit ce n’est pas non plus QUE ça dans les deux bouquins en question), justement je trouve ça assez con, j’ai jamais été fan de l’exotisme SF.

    Sur la capacité de la science à faire rêver, désolé mais tu caricatures ce que j’écris (en plus d’être grandiloquent).
    Le progrès de la science, dis-tu ? Mais qui peut apprécier le progrès scientifique de nos jours ? Je veux dire, le vrai progrès. 10000 personnes à tout casser, dans le monde. Ah bah ça, il y en a des malades qui souhaitent une SF à la pointe de la science, mais pas grand monde – écrivains comme lecteurs – pour suivre. Le fossé se creuse entre la recherche scientifique et ce que le bonhomme lambda, convenablement informé mais n’ayant pas de doctorat en physique nucléaire, peut envisager. Et, autant le dire franchement, si la SF doit être un truc pour physiciens, je laisse tomber tout de suite.
    J’aurais du aborder ça dans mon texte, car c’est vrai que ça manque.
    La Science a fait rêver, c’était parce que le fruit de ses recherches pouvait créer une image forte et extraordinaire, en plus du fait qu’à certaines époques on a vécu un certain enthousiasme technophile. Aujourd’hui, c’est plutôt le désenchantement – y a même plus de conquête spatiale ! La science appréhendable, c’est aujourd’hui celle de tous les jours, la technologie. C’est ici que la littérature générale entre en scène.

    Sinon, ton troisième paragraphe me laisse sceptique :
    - le siècle des Lumières, c’est le XVIIIe (pas le XIXe), pas un siècle connu pour sa production de SF (par contre son enthousiasme scientiste, sans doute) ;
    - parler de théorie sur la SF avant qu’elle n’ait même commencé à être théorisée (début XXe), c’est faire fausse route (cela dit, Verne reprochait bien à Wells d’être un charlatan, ce qui peut préfigurer la position d’un Campbell par exemple) ;
    - la science expliquant Dieu, au pire c’est la discussion d’à coté (chez Systar), mais pas ici.
    Il me semble que tu cernes mal le débat (ou que tu fais d’un point de détail dans le présent débat un débat à part entière).

  • Epikt says:

    Guillaume > Tu commences à me connaitre, que ce soit en cinéma ou en littérature je ne pense pas que la fiction soit uniquement raconter une histoire (ou alors ça n’est pas de l’art, ce dont on a le droit de se foutre).
    On est d’accord sur le fait que l’auteur utilise la SF en premier lieu parce que cela sert son but, pas parce qu’il utiliserait ce genre par défaut (je le dit dans mon article d’ailleurs), et que sans doute il se fout de l’étiquette posée sur son livre (d’un point de vue littéraire en tout cas, car mon petit doigt me dit que ça intéresse son portefeuille).
    Par contre, il me semble intéressant pour l’auteur de réfléchir sur les outils qu’il a à sa disposition – analogie foireuse, le contraire serait comme utiliser un four sans lire le mode d’emploi, c’est un coup à le mettre en micro-onde quand on veut faire un gratin (j’avais prévenu que l’analogie était foireuse). Bref, comment pousser ses outils dans leurs retranchements ?
    Prenons par exemple Le Déchronologue de Stéphane Beauverger : il parle de voyage dans le temps, de dérèglements temporels, ce qui n’est pas une idée neuve, mais ici il applique ce dérèglement à la structure même de son texte, ce qui lui donne une toute autre dimension, en parfaite cohérence avec son sujet (dans le même genre d’idée, on pourrait citer Le Temps incertain de Michel Jeury). C’est tout à fait ce dont je parle.
    Grosso merdo, j’avance qu’exprimer par la forme le vertige logique caractéristique de la SF est une piste à suivre.

    Après, ça intéresse bien entendu le critique (et autres de la même espèce). J’avoue que cet article est également une réponse à ceux qui reprochent aux transfictonneux de trahir la SF, de ne pas faire de la SF, d’assimiler à la SF quelque chose qui n’a rien à voir (je caricature un peu). Je leur réponds que non, bien au contraire, appliquer le principe de la transfiction à la SF c’est encore plus de la SF. D’où le titre. Oui, je sais, c’est un truc de petit malin.

  • Gilles says:

    Bon, je reconnais que je me suis emballé un peu sur certains points. Mais concernant les progrès de la science, qu’il n’y ait plus de projet de conquête spatiale (et encore, vu comment ça reparle de Mars et compagnie, rien n’est moins sûr, et qu’on n’en parle pas dans la presse n’empêche pas d’écrire sur le sujet) et que les progrès d’aujourd’hui se cantonne surtout à la vie quotidienne n’en est pas moins un sujet de SF utilisable, aux nombreuses possibilités. La science d’un point de vue militaire est également un sujet facilement abordable, et la cyberSF est bien un truc contemporain.

    Ensuite je pense que le bonhomme lambda qui n’est pas suffisamment informé sur la recherche scientifique n’en est pas moins capable d’imaginer, même si cela se démarque de la recherche. En fait je n’y vois pas du tout un frein à l’écriture. Donc si je comprends bien, il y a ceux qui veulent plus coller à la science et s’informe dans les revues scientifiques (c’est pas difficile, faut juste comprendre ce qui est écrit) ou qui sont eux-mêmes scientifiques, et il y a ceux qui sont simplement écrivains avec beaucoup d’imagination et pas forcément portés sur la science mais qui souhaitent l’intégrer. Et les deux groupes se battraient ; enfin surtout le premier voudrait bannir le deuxième, parce que j’imagine que le deuxième s’en contrefous autant que moi de l’attitude élitiste des scientifiques (mise à part les quelques uns qui doivent être immanquablement attirés par les débats). Je pense pas qu’ils arrêteront de faire ce qu’ils font parce qu’un petit groupe de scientifique les emmerde. En tout cas, ça me surprendrait.

    Finalement, quelle est la différence entre ce débat et n’importe quel autre débat “élite contre le reste du monde”, C’est toujours les élites qui pleignent dès qu’elles voient leur suprématie inquiétée par les autres.

    PS : Moi j’aime la SF exotique (enfin les space opera surtout), mais là c’est une simple question de goût, pas de quoi condamner un genre. Et vu comment Hamilton vend son cycle de Pandore, je pense pas que le space opera soit en voie de disparition ; comme quoi, ça en fait encore rêver certains.

  • Boebis says:

    Article intéressant même si pas très choupi. Je me retrouve un peu dans les débats, moi qui ai lu énormément de SF durant mon adolescence, et qui aujourd’hui n’en lit presque plus, même quand je trainais encore sur le cafard cosmique…

  • Chocapic says:

    @Efelle:
    Au risque de passer pour le boubourse de service, j’ai beau aussi avoir vu et revu et re-revu Avalon, je ne vois pas ce qui t’as interpellé sur cette photo. Même après avoir lu rel et re-relu le texte à son niveau.
    Quelqu’un peut-il éclairer ma lanterne?
    Sinon je ne vais pas en dormir de la nuit, merci! ;o)

  • Efelle says:

    Le chien sur l’affiche, on retrouve le cabot dans quasiment tout les films d’Oshii. Ca m’interpelle d’autant plus qu’il s’agit du chien de l’héroïne dans le film et que cette séquence se passe dans le niveau supérieur du jeu : le monde réél.
    Bref j’ai pas fini de me creuser la tête…

  • Epikt says:

    Chocapic > l’image n’a pas de résonance particulière avec le texte, si ce n’est peut-être illustrer le “vertige logique” avec les films de Oshii. Mais c’est un prétexte, en bon fanboy il me fallait utiliser un film de Oshii, et comme Bruno avait déjà pris GitS j’ai pris Avalon ^^

    Efelle > les chiens chez Oshii c’est tout un programme. Les Bassets en particulier. Oshii en a un, Gabriel de son petit nom, le même que, si je ne m’abuse, celui de Avalon et/ou de GitS 2 (ça c’est pour l’anecdote).
    En fait il y a deux figures du chien chez Oshii. La première c’est celle du paria, qu’on trouve principalement dans sa saga Kerberos. Dans Stray Dogs il erre à la recherche de son maitre, dans Tashiguishi Retsuden il fait l’objet d’épuration, dans Jin-Roh, Lunettes rouges et Stray Dogs il devient loup, révolutionnaire.
    La seconde est plus symbolique et se trouve dans ses films cyberpunk où il est un indice de (distorsion de la) réalité, à la fois que ce qui transcende le dilemme réel/pas-réel. C’est cette “divinité” (tu remarquera que dans ces films, le chien est l’être le plus précieux qui soit) qui est représentée sur l’affiche de Avalon.

  • Epikt says:

    Petit commentaire pour signaler que j’ai ajouté au texte des liens vers d’autres articles de camarades blogueurs. Ils ne prolongent pas particulièrement le mien puisque plus tournés vers la question métaphysique qu’esthétique (forcément, ils sont écrits par des intellos), mais lisez quand même.

  • Jérôme says:

    Bon, j’arrive carrément à la bourre. Parce que tout ce bouillonnement forumesque et bloguesque a provoqué une réflexion en moi qui commence tout juste à s’organiser, et que je refais donc le tour des copains pour voir si je peux y piocher des trucs.

    Je viens donc juste de lire ton article. D’un côté, tu fais chier : j’aurais bien aimé écrire le même. D’un autre côté, je te remercie : je n’aurais pas à écrire le même. Bref, je suis quasiment d’accord avec tout ce que tu dis, notamment sur le fait que la SF est un outil. Ou plutôt, qu’il y a un genre SF et un outil SF et qu’il n’y a pas bijection entre les deux. J’y reviendrai peut-être un jour sur mon blog quand j’aurai l’esprit plus clair.

    Juste pour ceux qui se posent la question du pourquoi du débat. Certes, ça peut sembler absurde, inutile, abscons pour les “simples” lecteurs (j’utilise “simple” sans connotation péjorative). C’est peut-être juste un débat d’initiés. Mais il n’en est pas moins important à mes yeux. Un courant artistique est, me semble-t-il, toujours une affaire d’initiés avant de se diffuser auprès du public. Or le genre SF n’a presque plus de public (2 ou 3000 lecteurs à tout casser – chiffres de moi-même selon la méthode du doigt mouillé). Et les réactions des “gardiens” du genre devant toute tentative de dévier l’outil SF de sa fonction d’origine (construire un genre SF) est suffisament agaçante pour qu’on ait envie de lutter contre. Ca ne servira peut-être à rien mais ça évitera de se sentir dépossédé de notre choix de lecteur/critique/auteur de faire ce que l’on veut, y compris au sein du milieu, sans qu’on se fasse traiter de charognard fossoyeur.

    Quant aux auteurs, je crois, mais peut-être que j’extrapole complètement à côté de la plaque, que certains ont envie de rester dans le milieu car ils aiment la SF, qu’ils en viennent, mais que dès qu’il font un truc à côté des clous, on en profite pour les stigmatiser et sortir les kalachnikov. Et j’ai l’impression (mais là c’est tout personnel) que ce sont ces auteurs qui ont aujourd’hui le plus à donner à la SF. Je rejoins encore une fois Epikt là-dessus : il y a ceux qui ont créé la SF, qui l’ont vu naître, et il y a ceux qui sont nés avec et qui l’ont digérée, intégrée. Les seconds me semblent plus à même de porter et diffuser la sensibilité SF. La SF n’est plus un but en soi, c’est devenu un moyen. Et ce n’est en aucune façon un reniement du genre. Juste la constatation qu’il n’est plus autosuffisant.

    Je vous renvoie (et là il va me maudire, mais j’assume) à l’excellent texte de Daylon, Penchés sur le berceau des géants, paru dans Retour sur l’horizon, que j’ai fini de relire hier. Le pendant fictif à l’article d’Epikt… Un des plus beaux textes de l’année.

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