à Deauville au moins y a la mer

4 février 2010 § 16

Il est de bon ton de taper sur le festival de Deauville, et je m’en priverai pas aussitôt la programmation dévoilée (et que dire de quand j’aurais vu les films !). Et souvent quand on nous dit « Deauville c’est tout pourri » on l’accompagne souvent d’un « Vesoul c’est trop cool ». Et en effet, si c’est le coté clinquant pour que dalle de Deauville qui gène, Vesoul semble en être le parfait opposé.

J’avoue ne jamais avoir mis les pieds à Vesoul de ma vie. Mais à regarder les programmations et palmarès, ça ne m’a pas l’air mieux que Deauville, au contraire.
Rendez-vous compte, jamais eu le moindre film japonais en compétition depuis que la catégorie « films en compétition » existe (2005). Cette année, il n’y a même pas le moindre film jap contemporain au programme (à part deux films d’animation, par ailleurs déjà sortis en salles). Scrogneugneuh. Pour un truc sensé présenter les « Visages des Cinémas d’Asie Comtemporains », c’est fort de café.

Le palmarès, qui vient de tomber, est un grand moment de lol.
On y récompense Machin et Truc « pour leur engagement courageux et talentueux au service de la liberté », et un film est primé « pour sa critique touchante des défauts de la bureaucratie et des exclus de la société, de manière ni sentimentale, ni agressive », « pour l’originalité de l’imagination du réalisateur dans sa description des petites gens et des animaux pour souligner l’inhumanité de la guerre » ou encore « pour sa capacité à traiter des conséquences de la paupérisation des fermiers du Maharashtra ».
Pas la peine d’être extralucide pour voir venir à 500 kilomètres le cinoche festivalier tiers-mondiste.

Soyons honnête, un film primé intrigue, Animal Town de Jeon Kyu-hwan, primé « pour sa représentation franche des horreurs de la vie citadine moderne [ce qui reste lol], soutenue par une mise en scène expérimentale et sincère et un jeu audacieux des acteurs [ce qui commence à donner envie] ». On va essayer de voir ça et on en reparle.
(malheureusement, il ne fait pas parti des films qui seront repris en avril à l’auditorium du Musée Guimet)

photo : un marché au poisson au Bengladesh

(promis, le prochain post ne sera pas un truc bileux, car ça commence à bien faire d’être de mauvaise humeur)

Profession : enculeur de mouche. Employeur : Allociné

17 janvier 2010 § 6

Allociné a trouvé pire comme concept d’émission que d’énumérer les anecdotes de tournage. Leur nouvelle idée géniale c’est de traquer les « faux raccords ». Passons sur l’humour absolument horripilant et sur le fait que 99% de ce qu’ils relèvent ne sont pas des faux raccords, je vous laisse regarder ça pendant que je décompresse.

(‘tain en plus leur lecteur est pourri, j’arrive pas à centrer la vidéo du coup c’est tout moche)

Que des « cinéphiles » n’ayant rien à faire de leur vie s’amusent à compter les entrées de micro dans le cadre, rien de bien nouveau (les types d’Allociné n’ont d’ailleurs pas eu à chercher loin), mais je profite de l’occasion pour pester contre l’imbécillité de ce genre d’attitude.
Pourtant, pour peu qu’on ne se contente pas de l’anecdote, il y en a des choses à en dire sur les faux raccords, des choses qui questionnent vraiment le cinéma. Et puisqu’on en parle, je me demande si la manière dont on voit les faux raccords n’est pas révélatrice de notre vision du cinéma. C’est vrai quoi, quel genre de spectateur faut-il être pour accorder la moindre importance à une bonbonne de gaz dans un char ?

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