
Aoi lit Wildgrounds et comprend soudainement pourquoi ses films ne sortent pas en France
Voici le billet d’humeur véreux et injuste du jour, pensé alors que je lis l’interview que Wildgrounds a fait de Wild Side (interview que je vous invite à lire d’ailleurs, plein de bonnes choses dedans).
Wild Side est un éditeur qui fait bien son travail, plutôt deux fois qu’une et personne ne peut décemment affirmer le contraire, je ne voudrais surtout pas donner l’impression de mettre en cause leur boulot. Mais il y a quelque chose qui me fait tiquer, moi qui suis davantage intéressé par le cinoche contemporain et me désole toujours de voir que ce domaine n’est quasiment pas investi par les éditeurs/distributeurs, et qui à mon sens est symptomatique de la manière avec laquelle le cinéma japonais est considéré chez nous :
Il y a 2 axes qu’on a toujours travaillé. D’un côté le patrimoine, de l’autre, le cinéma actuel récent. [...] on sort un film qui pour moi est un monument absolu, super rare, qui s’appelle Hitokiri [...] on sort la série des Crows Zero de Miike qui marche très très bien, c’est un film de gangs, ça plait, c’est bien foutu, c’est pas révolutionnaire mais on va dire que c’est Miike à un niveau acceptable [...] En gros, voilà les 2 spectres.
Donc si je comprends bien, on fait un vrai boulot sur le patrimoine, on sort des chefs-d’oeuvre indispensabeul, quand au contemporain c’est juste bon à faire du commercial à moitié pourri, « acceptable », pour équilibrer les comptes…

Ce samedi l’émission Mauvais Genres était consacrée à Wakamatsu Koji, en raison bien entendu de son activité éditoriale fournie : ces derniers mois Blaq Out a en effet sorti coup sur coup un coffret rassemblant quatre de ses films et sa dernière réalisation, le fleuve United Red Army.
L’émission est téléchageable et podcastable sur le site de la radio (pendant un mois, si je ne m’abuse).

Grande nouvelle pour les amateurs de nipponeries déviantes, Amano Daikichi, l’auteur des films pornos les plus bizarres du monde (il est inutile de préciser que son site est interdit aux mineurs et déconseillé aux âmes sensibles, mais si vous êtes curieux c’est ici), expose en ce moment et jusqu’au 24 octobre à la galerie Bongout de Berlin.
Ceux qui comme moi ne pourront s’y rendre se rabattront sur le bouquin à paraître dans les mois qui viennent, publié par cette même galerie.
Via Baby Art
Pour ceux qui n’auraient pas suivi ou qui débarquent à la bourre, ce mois de juillet fut l’occasion d’un cycle multiblog consacré au cinéma japonais. Rékapépète.
Cinq films se sont vu dédier un long papier rien que pour eux, les veinards :
Douze autres l’ont été plus brièvement dans le cadre des cycles Chambardements et Débordements (une des grandes réussites du cycle) :
Cela a aussi été l’occasion d’un article théorique :

Nice no Mori (Ishii Katsuhito, 2005)
Vous n’avez sans doute pas lu la totalité des textes publiés dans le cadre de ce cycle (plus de deux cents !), je vous rappelle donc qu’ils sont tous recensés sur cette page. Mais je me dis que vous avez probablement du mal à savoir où donner de la tête, voici donc une petite sélection, forcément drastique et frustrante, d’articles qu’ils sont bien :
- Comme je le disais plus haut les deux séries thématiques Chambardements (chambara : #1, #2, #3, #4, #5, #6, #7 & #8) et Débordements (cinéma érotique : #1, #2, #3, #4 & #5) sont une des grandes réussites du cycle et constituent deux bons (quoique bien entendu fort incomplets) panoramas des genres explorés.
- A tout seigneur tout honneur, notre hôte Wildgrounds a écrit quelques bien jolies analyses de séquences, en particulier des introductions de différentes adaptations du Passage du grand Buddha par Uchida Tomu (Souls in the moonlight), Misumi Kenji (Satan’s Sword) et Okamoto Kihachi (Le Sabre du mal).
- Nihon-eiga nous a pondu tout plein de trucs déments, difficile de n’en garder qu’un mais jetez un oeil à ses billets consacrés aux films de Hiroki Ryuichi : L’Amant, Tokyo Trash Baby et It’s only talk.
- Un peu de controverse, sur Asiaphilie Carcharoth n’est pas d’accord avec moi au sujet du pourtant brillant Eros + Massacre.
- Par contre HKCinéma a la bonne idée d’attaquer Teshigahara Hiroshi par Le Visage d’un autre, et ça j’approuve.
- Dans l’enfer du genre se penche sur le kaidan-eiga à travers cinq films de Nakagawa Nabuo.
- Autre genre bien japonais, Once upon a Time c’est intéressé à l’ero-guro (yummy !).
- Bilouff a profité du cycle pour mettre en ligne une interview où il est question du court-métrage au Japon.
- Les amateurs d’iconographie seront aux anges avec les sélections d’affiches japonaises du Funky Ronin (ici et là) et de Wildgrounds (là et ici).
- Impossible pour finir de ne pas évoquer la mise à jour de l’indispensable Eigagogo, très riche comme d’habitude (signalons le commencement d’un dossier consacré au roman-porno).
Bonne lecture.
Comptes-rendus de séances lors de la deuxième édition du festival Kinotayo – festival qu’on aime bien, puisqu’il doit s’agir du seul en France à s’intéresser au cinéma japonais contemporain.
Une sélection 2007 très honnête dans l’ensemble, dont je retiendrai particulièrement Life can be so Wonderful de Minorikawa Osamu et Yokohama Mary de Nakamura Takayuki.

How to become myself (Ishikawa jun, 2007)
Programme :