A deux vitesses

Aoi lit Wildgrounds et comprend soudainement pourquoi ses films ne sortent pas en France

Voici le billet d’humeur véreux et injuste du jour, pensé alors que je lis l’interview que Wildgrounds a fait de Wild Side (interview que je vous invite à lire d’ailleurs, plein de bonnes choses dedans).
Wild Side est un éditeur qui fait bien son travail, plutôt deux fois qu’une et personne ne peut décemment affirmer le contraire, je ne voudrais surtout pas donner l’impression de mettre en cause leur boulot. Mais il y a quelque chose qui me fait tiquer, moi qui suis davantage intéressé par le cinoche contemporain et me désole toujours de voir que ce domaine n’est quasiment pas investi par les éditeurs/distributeurs, et qui à mon sens est symptomatique de la manière avec laquelle le cinéma japonais est considéré chez nous :

Il y a 2 axes qu’on a toujours travaillé. D’un côté le patrimoine, de l’autre, le cinéma actuel récent. [...] on sort un film qui pour moi est un monument absolu, super rare, qui s’appelle Hitokiri [...] on sort la série des Crows Zero de Miike qui marche très très bien, c’est un film de gangs, ça plait, c’est bien foutu, c’est pas révolutionnaire mais on va dire que c’est Miike à un niveau acceptable [...] En gros, voilà les 2 spectres.

Donc si je comprends bien, on fait un vrai boulot sur le patrimoine, on sort des chefs-d’oeuvre indispensabeul, quand au contemporain c’est juste bon à faire du commercial à moitié pourri, « acceptable », pour équilibrer les comptes…

§ 7 commentaires sur “A deux vitesses”

  • Gilles says:

    Et ouais, ça ne m’étonne même pas dis donc.

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  • Guillaume says:

    Epikt, reste un peu réaliste. Tu sais bien que le ciné japonais est mort aux environs de 1980. Avant il n’y a avait que des chefs d’oeuvre, avec des cadres, compositions, montages, musiques, acteurs etc… de folie et tout plein de messages dedans (l’erotisme devenant meme esthetique et humaniste, cf les roman porno à 20 Euros les 50′). Apres il y a un trou noir d’environ 10-12 ans pendant lequel le Japon a interdit la production cinématographique, et encouragé celle de l’animation. Heureusement ensuite quelques rares réalisateurs géniaux ont réussi à emerger, soit 5-6 films par an. Et depuis la situation n’a pas changé. Il n’y a pas de cinéma au Japon. Il y a du divertissement, certes, mais de l’art….. seulement quand Libé le décide.

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  • Martin says:

    N’oublie pas les Inrocks (qui en prenne aussi pour leur grade ^^). On oppose souvent le cinoche classique avec celui plus recent, mais quid de celui de la fin 70s, des années 80 et 90s? Il y a de superbes films qui sont en train de dépérir sur leur pauvre support VHS … :’(

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  • Epikt says:

    Ah mais je dis pas qu’il ne faut pas se préoccuper du “vieux” cinéma. Je note par contre une flagrante dissymétrie dans l’investissement vis-à-vis du “patrimoine” et du cinéma “récent”. On pourrait détailler par décennies, ça ne m’étonnerait pas que le désintérêt soit progressif (sauf pour les 90s, qui pour le coup me semblent absolument oubliées et doivent être à pire enseigne que les 2000s).

    Quand au changement de support, c’est une calamité pour la conservation et la visibilité des films. Forcément, en rendant tout d’un coup obsolète le moyen de diffusion, on force l’oubli.
    Et le phénomène a tout pour s’aggraver alors qu’on se lance dans la course au “toujours plus”. Pas plus tard que maintenant, je suis en train d’écrire sur un film de 2002 qui, déjà inconnu, ne passera sans doute jamais le cap du bluray (le DVD a déjà une tête de VCD ^^).
    Ce film est absolument splendide. Sauf miracle, dans moins de 10 ans plus personne ne le regardera. Cherchez l’erreur.

    Mais on s’éloigne du sujet.
    A moins qu’on ne soit en plein dedans : au lieu de faire du patrimoine dans 20 ans (mwuarf, sortie en 2025 d’un coffret regroupant les films live de Anno Hideaki !), mettons dès à présent en valeur le contemporain.

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  • Martin says:

    >sauf pour les 90s, qui pour le coup me semblent absolument oubliées et doivent être à pire enseigne que les 2000s).

    et un réal comme Shinji Somai represente bien ce creux monumental qu’il reste à explorer. Le cinoche fin 70s et 80s a vraiment livré de bonnes peloches .. bien loin du ‘creux’ (quantitatif peut être mais certainement pas qualitatif) que la critique occidentale a souvent souligné. Tout ce qui tourne autour de la generation PIA festival recèle surement de bien bonnes choses.

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  • yooy says:

    Tout pareil, quand je me balade en France dans certains magasins je constate le même tropisme. C’est lassant.

    C’est pas différent ici en Amérique du Nord, en fait c’est pire : plus hécléctique mais quasi inexistant.

    Et on dirait que les japonais en ont pris leur parti, de moins en moins de DVD sortent avec des soustitrages en anglais, et on dépend de plus en plus du fansubbing ou des releases coréennes (qui en plus sont beaucoup moins chers) voire thaï (merci ebay)… et bien sûr de certaines communautés web mais chut! ;-)

    Bonne nouvelle pour l’avenir, au Canada on a vu apparaître de nouvelles boites de distri focalisées sur l’asie et qui commencent à pousser. On a pu voir Adrift in Tokyo en salle à Montréal (hors festival) ce qui est tout un exploit, et une autre boite organise une retrospective Jeon Soo-Il sur la côte Est du continent. J’espère que ça va prendre, on a envie de les voir en salles ces films!

    Dernier coup de coeur : Strawberry Shortcake :-) M’attendait pas à une telle surprise

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  • Martin says:

    >Dernier coup de coeur : Strawberry Shortcake
    Tiens, bah en voila un bel exemple de réal de la génération PIA issu de la fin 70s (un bon pote de Sogo Ishii dans le cas présent) et complètement oublié dans le creux 80/90s.

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